07 05 15

Un très grand livre ! Cosmos...

 

_cosmos.jpgVoici un très grand livre ! Un de ceux qui peuvent bouleverser notre façon de penser, changer notre existence. A nouveau, je ne veux pas trop vous en dire, sinon qu'on peut comprendre à la fois que Michel Onfray est le philosophe, penseur, français le plus lu et aussi celui qui est le plus mal accueilli par les « pouvoirs » en place, dans tous les domaines...

J'espère que ces quelques mots appelleront votre curiosité...

Voici quelques phrases, choisies parmi les pages de notes que j'ai écrites en parcourant « Cosmos ».

 

« Nous nous détachons de plus en plus du réel pour nous contenter de jouir des images que nous nous faisons de lui. »

 

 

« Un rapport sain, apaisé, joyeux, courtois avec soi, les autres et le monde. Voilà vers quoi devrait tendre toute culture. »

 

Proverbe manouche : « Tout ce qui n'est pas donné est perdu. »

 

« Lentes, les émissions de télévision en direct étaient majoritaires au début de ce média ; trépidantes, elles sont devenues minoritaires, voire inexistantes. »

 

« La raison permettait la réflexion et s'adressait à l'intelligence de l'auditeur ou du spectateur ; la passion n'autorise que l'affect binaire, aimer ou détester, adorer ou haïr, kiffer ou niquer en vocabulaire postmoderne – le tout dans un faux temps, virtuel, devenu vrai, réel. »

 

« La confusion des temps empêche de partir à la recherche du temps perdu et de jouir du temps retrouvé, elle interdit qu'on connaisse la douceur de la nostalgie et la violence du désir des choses à venir. »

 

Spinoza : « Les hommes se croient libres parce qu'ils ignorent les causes qui les déterminent. »

 

« Le sexe, le sang, la mort : aucun animal n'y échappe ; les humains non plus, bien évidemment, eux encore moins que d'autres, même si certains d'entre eux montrent qu'ils le peuvent en indexant plus leur vie sur Eros que sur Thanatos – la tâche de toute philosophie digne de ce nom. »

 

« Les religions du Livre n'aiment et ne célèbrent que ce qui n'aime pas la vie.

 

Pour Celse : les animaux manifestent de l'intelligence ; ils construisent et bâtissent des cités comme les hommes ; ils témoignent de compassion envers leurs semblables ; ils s'avèrent prévoyants et sont donc capables de se projeter dans le futur ; ils enterrent leurs morts ; ils communiquent et disposent d'un langage qui leur permet d'échanger des informations sans se tromper ; ils disposent d'un savoir médicinal assimilable à de la magie ; ils prévoient l'avenir ; ils passent des contrats et honorent leurs serments ; ils se montrent doués de pitié filiale.

 

Le païen Celse n'avait pas mis de livres entre le monde et lui, il le voyait tel qu'en lui-même l'éternité ne l'a pas changé.

 

 

« Le nez dans les livres, les hommes ont cessé de le lever vers les étoiles. L'invention du livre éloigne le monde. La bibliothèque détourne du cosmos. »

 

« On découvrira que les intuitions atomistes d'il y a 25 siècles se trouvent globalement corroborées par les récentes découvertes scientifiques en la matière – alors que, depuis 2000 ans, la science n'a jamais confirmé une seule hypothèse chrétienne et les a même toutes invalidées – la géologie déclasse la thèse chrétienne de l'âge du monde, l'astronomie celle du géocentrisme, la psychologie celle du libre arbitre, le naturalisme darwinien celle de l'origine divine de l'hommes, l'astrophysique celle de l'origine créationniste du monde, etc. »

 

 

« Jésus, n'ayant jamais existé historiquement mais ayant été fabriqué par des juifs qui pensaient que le Messie annoncé était venu et qu'il était tellement vrai que ce qui fut prédit dans les textes s'est réalisé dans l'histoire, a généré une façon d'être, de penser, de peindre, de sculpter.

 

Le corps chrétien s'est construit sur cette fiction devenue réalité par la volonté des constructeurs de la mythologie chrétienne. »

 

« Constantin convertit l'Empire à la secte chrétienne en fabriquant du même coup la civilisation européenne. Les artistes furent les acteurs majeurs de cette scène historique, spirituelle, religieuse, idéologique.

 

Arcimboldo paraît être le premier à échapper à l'art chrétien. On ne trouve rien, dans sa trentaine de toiles connues, qui rappelle de près ou de loin le christianisme. »

 

« Le sublime surgit dans la résolution d'une tension entre l'individu et le cosmos. »

 

Michel Onfray dit qu'il s'agit ici de son « premier livre » (après 80 autres), je dirais qu'il est le plus important. Il s'agit d'une philosophie personnelle de la nature. Une sagesse humaine en harmonie avec le monde, tel est le propos.

 

Jacques MERCIER

 

« Cosmos », « Une ontologie matérialiste », Michel Onfray, Ed Flammarion 2015, 568 pp. 22,90 euros.

 

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