06 06 15

Le déchirement de l'Alsace

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 .... et d'un village alsacien. Découverte d'une romancière qui,  à coup sûr,  a la plume dans le sang.

 C'est son deuxième roman.

Chronique de vie de la famille Muller, au sein de la bourgade de Mittelheim, des années 1940 à 1953, les événements sont relatés par le prisme d'entendement de Joseph, alias Seppi, enfant de 7 ans, au début des événements.

"Récupérée"par le Reich, dès le début des hostilités, l'Alsace doit totale obédience au Führer. L'usage du français et du patois alsacien est proscrit, prénoms et patronymes prennent une tournure germanique,  assez ..comique. Les autorités dissidentes sont exclues de la population.

" Le cauchemar français est fini ! lui déclara l’Hauptmann de la Wehrmacht en examinant son livret militaire. Nous savons que dans leurs cœurs les Alsaciens ont toujours souhaité être parmi nous. Nous connaissons vos souffrances, votre isolement. Mon père m’ a raconté toutes les horreurs subies par vos compatriotes après le traité de Versailles"

Certains (vieux) habitants, ravis de retrouver l'autorité et l'élégance prussienne,  déchantent rapidement devant les exactions commises par l'Occupant.

Une lecture captivante qui dévoile un pan méconnu de la guerre et la situation intenable d'une Alsace, écartelée entre deux nations.

Je vous la recommande.

Apolline Elter

A l'ombre des vainqueurs, Marie-Laure de Cazotte, roman, Ed. Albin Michel, novembre 2014, 298 pp

 

Billet de faveur

 

AE : Marie-Laure de Cazotte, vous dédiez ce roman à votre ascendance maternelle. Avez-vous puisé ce récit d’événements vécus par votre famille ?

 Marie-Laure de Cazotte : Le lieu du récit est inspiré de notre village familial en Alsace. Pendant sept ans j’ai sillonné la campagne pour m’entretenir avec des « anciens », incorporés de force ou simples témoins de l’annexion, et c’est à eux que ce livre rend principalement hommage. 

Les personnages principaux – les membres de la famille Muller- se sont imposés à moi. Le chanoine est inspiré d’un personnage réel et le Baron a la voix de mon grand-père.

J’ai voulu retranscrire la sonorité de ce temps, parler de ces destins oubliés de l’Histoire, transmettre  une mémoire qui ne soit pas seulement un ensemble de faits. 

Je me suis attachée à comprendre ce que la guerre change en l’homme ou fait disparaître à jamais et la façon dont les liens familiaux se transforment.

 

 

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