30 06 15

Dives bouteilles…

La bouteille de vin – Histoire d'une révolution.jpgMembre de l'Institut, président de l'Académie du vin de France et président de la Société de géographie, Jean-Robert Pitte est un éminent spécialiste de la géographie culturelle. De l'Histoire du paysage français (1983) à Le Vin et le Divin (2004) et à Bordeaux-Bourgogne. Les passions rivales (2007), il mène depuis 30 ans une grande recherche sur la géographie de la gastronomie et du vin.

On lui doit chez Tallandier à Paris un essai passionnant intitulé La bouteille de vin – Histoire d'une révolution qui retrace les grandes étapes du conditionnement du vin (d’abord dans des outres, des dolias, des amphores et des tonneaux, mais aussi dans des pots, des pichets, des cruches, des gourdes et des carafes, jusqu’à l’invention de la bouteille à Chirâz en Perse au XVIIe siècle dont l’usage persiste de nos jours) et en décrit les conséquences économiques, sociales, artistiques et culinaires.

Voici ce qu’il nous dit de son ouvrage :

« Par leurs formes qui varient dans le temps et d'une région à l'autre, les bouteilles de vin racontent une histoire passionnante. (…) Jamais les vins n'auraient pu vieillir à l'abri de l'air et de la lumière et jamais la personnalité des terroirs et des millésimes n'aurait pu se révéler avec autant d'éclat sans l'invention de la bouteille.

La révolution date du Ier siècle de notre ère, c'est la mise au point de la canne à souffler. Au début du XVIIe siècle, les productions européennes, trop fragiles, ne peuvent servir à déplacer des liquides à longue distance. C'est alors qu'un pays importateur, l'Angleterre, réalise la bouteille en verre épais et noir, élaborée dans un four chauffé au charbon. Les mêmes Anglais découvrent au Portugal les vertus du liège qui permet un bouchage hermétique et de confier aux bouteilles du vin de qualité, de les coucher, les transporter et les conserver. Bientôt, ils inventent encore le champagne mousseux que les Français ne confectionneront qu'à partir de la Régence.

Les bouteilles d'outre-Manche sont en oignon, en poire, puis cylindriques à épaules plus carrées. Les françaises, elles, sont plutôt ovoïdes, à épaules tombantes, tant en Champagne et en Bourgogne qu'à Bordeaux où, au XIXe siècle, s'impose la forme cylindrique à épaules carrées. À côté de ces deux grands modèles, certains vignobles en ont imaginé d'autres : la flûte rhénane, la fiasque paillée de Toscane, le bocksbeutel en forme de gourde de Franconie, le clavelin du Jura, la petite bouteille à col allongé du Tokaji ou du constantia sud-africain… »

Soulignons pour conclure que nous avons aussi affaire à une véritable industrie, puisqu’il se produit sur la planète plus de 30 milliards de bouteilles de vin par an !

Bernard DELCORD

La bouteille de vin – Histoire d'une révolution par Jean-Robert Pitte, Paris, Éditions Tallandier, mai 2013, 311 pp. en noir et blanc + un cahier de 34 pp. en quadrichromie au format 14,7 x 21,4 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 26,80 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 06 15

As des as…

Eddy Merckx & Jacky Ickx (Eddy Merckx 1969).jpgDans le cadre de l'exposition MERCKX-ICKX qui s’est tenue au Trade Mart de Bruxelles jusqu’au 21 juin 2015, les Éditions Racine à Bruxelles ont fait paraître deux très beaux ouvrages consacrés à ces champions sportifs belges de premier plan.

Dans le premier, Eddy Merckx 1969, paru aussi à l'occasion du 69e anniversaire d'Eddy Merckx, Tonny Strouken, spécialiste de la photographie sportive, et l'écrivain Jan Maes remontent dans le temps jusqu'en 1969, probablement l'année la plus mémorable de la carrière du plus grand champion cycliste belge. Jamais sa domination ne fut plus absolue, jamais il n’anéantit ses adversaires avec autant de suprématie.

Malgré cela, deux événements jetèrent une ombre sur cette prédominance : sa lourde chute à Blois et le « cas de dopage » de Savone.

À travers douze lettres originales adressées à Eddy Merckx, Jan Maes évoque à nouveau les moments charnières de cette année exceptionnelle.

En 1968 et 1969, Tonny Strouken accompagna Eddy Merckx sue les routes. Il a sélectionné, spécialement pour cet ouvrage, les images fortes de ses abondantes archives. Merckx 69 offre pour la première fois un regard sur ce trésor visuel capté dans la roue du Cannibale.

Dans le second, Jacky Ickx, avec une préface d’Eddy Merckx, Pierre Van Vliet trace le portrait du survivant d'une époque où la mort guettait les pilotes au détour de chaque virage.

Eddy Merckx & Jacky Ickx (Jacky Ickx).jpgMiraculeusement ressorti des flammes dévorant sa Ferrari en 1970 en Espagne, Jacky Ickx s'est bâti en un quart de siècle un des palmarès les plus riches de l'histoire de la course automobile : deux fois vice-champion du monde de Formule 1, vainqueur de huit Grands Prix, deux fois champion du monde d'endurance, vainqueur du Paris-Dakar... Il détient aussi le record des victoires aux 24 heures du Mans, avec six triomphes à  compter de celui, mythique, de 1969.

Sa carrière éclectique, d'une longévité exceptionnelle, est retracée dans ce beau livre en 24 moments-clés illustrés d'images superbes et souvent inédites [1].

Bernard DELCORD

Eddy Merckx 1969 par Tonny Strouken et Jan Maes, Bruxelles, Éditions Racine, mai 2014, 180 pp. en quadrichromie au format 30 x 3’ cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 €

Jacky Ickx par Pierre Van Vliet, préface d’Eddy Merckx, introduction de Jacky Ickx, Bruxelles, Éditions Racine, décembre 2014, 240 pp. en quadrichromie au format 25 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €



[1] Sources : Éditions Racine.

Écrit par Brice dans Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 06 15

Cuisine du pays des sombreros…

Tacos et fajitas.jpgLe dictionnaire Larousse définit le taco comme une crêpe de farine de maïs généralement garnie de viande, de fromage et de sauce piquante. (Cuisine mexicaine.)

De son côté, Wikipédia indique qu’une fajita est un mets de cuisine tex-mex constitué d'une tortilla généralement de farine de blé pliée et remplie de viande (le plus souvent, de poulet, ou bien aussi de bœuf, de porc et même parfois remplacée par des crevettes), et de crudités diverses (salade, tomates, avocat, oignons), salsa, etc.) et condiments.

Par ailleurs, lintern@ute.com dit qu’une enchilada est une tortilla faite à base de farine de maïs, généralement garnie de viande et de légumes, puis recouverte de sauce épicée.

Un burrito est une tortilla à la farine de blé garnie de divers ingrédients (Wiktionnaire). Le mot burrito signifie « petit âne » en espagnol et, parce que dans les burritos, les tortillas sont complètement enroulées autour de leur garniture, l’appellation est sans doute une référence aux sacs de couchage que transportaient ces bêtes de somme (Carla Bardi).

Le mot tostada peut faire référence à une tortilla de maïs frite, au Mexique et en Amérique centrale, ou à des toasts en Amérique du Sud (Wikipédia).

Une quesadilla (de l'espagnol queso, qui signifie « fromage ») est un antojito (en-cas) mexicain réalisé à partir de tortillas et de fromage (le plus souvent du fromage Oaxaca, mais aussi parfois du Chihuahua  ou du Monterey jack), éventuellement agrémenté d'autres ingrédients. Les quesadillas sont cuites sur une plaque chauffée (comal) ou une poêle (Wikipédia).

 

Dans Tacos et fajitas (et enchiladas !) publié aux Éditions Larousse à Paris, Carla Bardi a réuni 60 recettes de ces diverses préparations tex-mex composées de poissons, de fruits de mer, de viandes, de volailles ou d’œufs et agrémentées de piments, de poivrons, de maïs, d’avocats, de haricots rouges ou noirs, d’épinards, de concombres, de champignons, d’asperges, de chou rouge, de mangues, de pommes de terre, de patates douces ou bien de riz..

Un festival de plats goûteux et épicés !

Bernard DELCORD

Tacos et fajitas (et enchiladas !) par Carla Bardi, Paris, Éditions Larousse, janvier 2015, 128 pp. en quadrichromie au format 29,2 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 10,90 € (prix France)

Voici une recette d’une belle simplicité :

Tacos à la dinde

Pour 4 personnes

Préparation : 10 minutes

Cuisson : 10 minutes environ

Ingrédients :

2 cuillers à soupe d'huile d'olive

1 petit oignon blanc, émincé

500 g de chair de dinde, hachée

1/2 cuiller à calé de chili en poudre (mélange d'épices mexicain)

8 coquilles à tacos prêtes à l'emploi, réchauffées

1 petite laitue romaine finementciselée

180 g de cheddar râpé

1 grosse tomate cœur de bœuf coupée en dés

Salade de mesclun et salsa de tomates, pour l'accompagnement

Sel et poivre noir du moulin

Recette :

Faites chauffer l'huile dans une sauteuse à feu moyen.

Faites suer l'oignon environ 3 minutes, en remuant de temps en temps.

Ajoutez la dinde et poursuivez la cuisson de 5 à 7  minutes, en remuant à la spatule pour bien l’émietter.

Incorporez le chili, du sel et du poivre.

Répartissez le contenu de la sauteuse dans les coquilles à tacos avec la salade, le fromage et la tomate.

Servez les tacos sur un lit de mesclun, accompagnés de la salsa de tomates.

Variante :

Vous pouvez remplacer la dinde par du poulet dans cette recette simple et rapide.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 06 15

Douceurs angéliques…

Angel cakes.jpgL’appétissant ouvrage qu’Anne Loiseau a consacré chez Larousse aux Angel cakes, ces petites pâtisseries rondes très à la mode (venues du Japon, elles font un tabac aux Usa et en France où elles ont été élues récemment dans le top 4 des pâtisseries de la rentrée par le magazine Elle à table), rassemble 30 recettes aux ingrédients très variés : à la pêche, à la cerise, à la pomme verte, à l’orange sanguine, à la fleur d’oranger, à la guimauve, à la lavande, à la cacahuète, aux épices, à la fraise et au basilic, au sésame et à la châtaigne, au sirop d’érable et aux noix, à la carotte at au cream cheese, à la noix de coco et à la mangue, aux amandes, au caramel et à la fleur de sel, à la crème au beurre, à la fraise et à la violette, à la confiture…

Des conseils y sont aussi donnés quant au choix et à l’utilisation des moules à angel cakes, des ingrédients, des colorants et des arômes ainsi que pour le montage des décors…

Une profusion de saveurs aériennes !

Bernard DELCORD

Angel cakes par Anne Loiseau, photographies d’Emmanuela Cino, Paris, Éditions Larousse, collection « Tendances gourmandes », février 2015, 72 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 19,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 7,90 € (prix France)

Voici une recette aux accents acidulés :

Angel cakes au citron

Pour 4 angel cakes

Préparation : 20 minutes

Cuisson : 30 minutes

Ingrédients :

90 g de farine

150 g de sucre en poudre

1 pincée de sel

6 blancs d'œufs à température ambiante

1 cuiller à café de jus de citron

1 pointe de colorant jaune

Le zeste râpé de 1 citron bio

Pour le décor :

1 petit pot de lemon curd

Zestes râpés de citron bio

Recette :

Préchauffez le four à 160°C (thermostat 5-6).

Tamisez ensemble la farine, la moitié du sucre et le sel.

Fouettez les blancs avec le jus de citron et le colorant d'abord doucement, puis à pleine vitesse.

Lorsqu'ils commencent à monter en neige, incorporez petit à petit le reste de sucre et fouettez quelques instants jusqu'à ce qu'ils brillent.

À l'aide d'un fouet à main, incorporez les ingrédients secs en trois fois, en les tamisant à nouveau au-dessus des blancs en neige, puis ajoutez le zeste de citron.

Dans un mouvement souple, soulevez la masse et laissez-la retomber en tapant le fouet sur le bord du récipient pour ne pas casser les blancs.

À l'aide d'une cuillère à soupe, remplissez les moules jusqu'à quelques millimètres du bord.

Avec une pique en bois, donnez quelques tours dans la préparation pour éliminer les grosses bulles prisonnières et tapez le fond des moules sur le plan de travail pour les faire remonter à la surface.

Enfournez les angel cakes dans le bas du four pour 30 minutes.

Pour vérifier la cuisson, appuyez avec le doigt sur le dessus du gâteau : il doit reprendre sa forme.

Selon la taille des moules, prolongez la cuisson de quelques minutes.

Laissez refroidir les gâteaux renversés sur une grille, puis démoulez-les en passant la lame d'un couteau le long des côtés.

Versez 1 cuillerée à soupe de lemon curd sur chaque angel cake et décorez avec quelques zestes de citron.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Cuisine | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 06 15

Corsaires en corsage

Barbe rousse, barbe noire et jambe de bois, oreille percée, gueule balafrée, telle est l’ image populaire de la piraterie dans I’inconscient collectif. Un imaginaire nourri d’une exubérante iconographie, d’une impressionnante filmographie et d’une non moins abondante littérature en tout genre.

Mais la piraterie présente également un autre visage. Un visage féminin qui n’ en est pas plus tendre. Les femmes qui sont entrées en piraterie y sont venues pour les mêmes raisons que les hommes : la cupidité ou la misère, la soif d’aventures, la fuite d’un monde trop étroit pour leurs expectations."

D'emblée le propos est campé. Un propos maîtrisé: notre compatriote, Marie-Eve Sténuit est historienne de l'art, archéologue, passionnée des fonds sous-marin mais aussi des  "écumeuses" de surface. Elle nous brosse,alerte et précise,  le destin d'une quinzaine de femmes hors du commun, d'Altfhild de Gotland à Lai Cho San, flibustières, éprises de grand large, de ravages et liberté.

 Jeanne de Belleville a traversé l’univers de la piraterie comme une météorite incandescente. Sa carrière fut brève mais d’une extrême violence. Au grand maximum, son activité de pirate a duré un an de l’automne 1343 à fin 1344, probablement moins, mais ces quelques mois suffirent à la faire entrer dans l’Histoire.

Une magnifique plume pour s'envoler aux côtés de ces femmes et flibustes à la poupe téméraire,  fougueuse..  une façon pimentée d'aborder des vacances que je vous souhaite merveilleuses

Femmes pirates, Les écumeuses des mers, Marie-Eve Sténuit, récit, Editions du Trésor, février 2015, 190 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Récits | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 06 15

Magie noire...

Guide Petit futé de la République démocratique du Congo.jpgLa quatrième édition actualisée et complétée du Guide Petit futé de la République démocratique du Congo (la première est parue en 2006) par Caroline Thirion, Philippe Wyvekens et Médard Tambwe vient de sortir, et c’est un émerveillement que d’en parcourir les pages si bien informées et fort bellement illustrées.

Écoutons les auteurs :

« Oui, le Congo touristique fait encore rêver. Avec prudence certes, puisque comme nombre de pays africains, tout est loin d’y être parfait et certaines zones restent fragiles.

Mais des investissements ont redémarré et une prise de conscience, dans et hors du pays, témoigne de cette volonté de donner de l’impulsion dans tous les secteurs. Y compris dans le tourisme et l’environnement.

Au Congo, le maître mot, c’est “authenticité”. L’authenticité d’une population accueillante et chaleureuse, dont on ne rend pas assez hommage au courage, à la résilience, à l’inventivité, et à la débrouillardise... Avec une diversité de cultures et de langues qui forment un patrimoine hors du commun, entre tradition et modernité.

Authenticité et diversité également des paysages et du patrimoine naturel : un fleuve mythique, des forêts profondes, des savanes, montagnes, volcans, lacs et rivières, et l’ensemble d’une exceptionnelle faune et flore. Le tout encore quasi à l’état brut ! Même si de nombreuses menaces pèsent sur cet héritage incroyable, patrimoine de l’humanité…

Précisons que d’une manière générale, nous excluons les relents de nostalgie ou les polémiques et nous ne donnons pas de leçon de morale à qui que ce soit. Ce n’est ni notre rôle ni notre objectif. Simplement, nous souhaitons montrer, sans complaisance et avec empathie, que le Congo est vivant, que la dimension de son territoire, la jeunesse de sa population et l’extraordinaire potentiel agricole, économique et touristique, peuvent être autant d’atouts pour les générations futures.

Gageons que vous serez avide de découvrir cette destination fascinante et attachante !

Quant aux Congolais de la diaspora, toujours plus nombreux et motivés à vouloir (re)découvrir leur pays, ils y trouveront leur compte. »

Structure du guide

INVITATION AU VOYAGE : présentation générale du pays, ses atouts et des idées de séjours avec quelques propositions détaillées pour des escapades.

DÉCOUVERTES : 110 pages d’une présentation plus générale, le pays en 30 mots-clés, son histoire, sa population, son économie, l’art et la culture, la cuisine, la nature et les parcs…

PROVINCE PAR PROVINCE : on pénètre au cœur de chacune des 11 provinces afin d’en extraire l’essentiel pour une immersion totale. Mise en valeur des points d’intérêts propres au tourisme. C’est ici que l’on trouvera la localisation des sites et les adresses sélectionnées pour se loger, se restaurer, sortir. Gros chapitre sur Kinshasa.

PENSE FUTÉ : tout ce qu’il y a lieu de faire, de préparer ou de lire avant de partir, les conseils pratiques, comment voyager...

Bernard DELCORD

Guide Petit futé de la République démocratique du Congo – 4e édition par Caroline Thirion, Philippe Wyvekens et Médard Tambwe, Bruxelles, Éditions Neocity, mai 2015, 528 pp. en quadrichromie au format 12 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,95 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Guides | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 06 15

Demandez l’édition des 160 ans !

Petit Larousse illustré 2016 avec carte.jpgIl y a 160 ans, en 1856, le pédagogue, encyclopédiste, lexicographe et éditeur française Pierre Larousse (1817-1875), un libertaire de la plus belle eau – c’était un ami très proche de Pierre-Joseph Proudhon –, faisait paraître son Nouveau Dictionnaire de la langue française, l’ancêtre du Petit Larousse.

L’ouvrage est aussitôt condamné par l’Église et mis à l’Index des Livres Interdits par le Saint-Office de l’Inquisition romaine.

L’œuvre majeure de Pierre Larousse fut le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, fort de 22 700 pages, qui fut d’abord publié en fascicules entre 1864 et 1866, avant que notre homme les regroupe en 17 volumes qui parurent de 1866 à 1876.

Dans le droit fil de ses versions antérieures, Le Petit Larousse illustré 2016– et son jumeau de luxe Le Grand Larousse illustré 2016 – constituent le plus complet des dictionnaires de la langue française, avec des définitions claires et précises, accompagnées d'exemples, compilant plus de 62 800 mots, 125 000 sens et pas moins de 20 000 locutions et expressions, tout en fournissant les étymologies, des synonymes et des analogies. Les niveaux de langue sont par ailleurs précisés pour un emploi correct des mots. En outre, et dans l’esprit du fondateur, toutes les difficultés et les particularités grammaticales sont expliquées pour aider à maîtriser l'orthographe et la syntaxe.

Mais il s’agit avant tout d’un dictionnaire encyclopédique réunissant des milliers de notices encyclopédiques sur tous les domaines de la connaissance (sciences, économie, philosophie…), parmi lesquelles 28 000 noms propres (personnalités, œuvres, lieux, pays, événements historiques…), doublé d’une formidable banque d'images avec 5 500 photos, cartes, dessins, schémas, et plus de 150 planches illustrées.

Grand Larousse illustré 2016 .jpgL’ouvrage se complète d’un répertoire de citations et de proverbes, d’un atlas, de la reproduction des drapeaux du monde et d’une chronologie universelle.

Mais aussi d’une carte d’activation donnant un accès gratuit à la version en ligne jusqu'au 1er janvier 2018 avec des mises à jour régulières.

On y trouve un dictionnaire de français de 80 000 mots et 9 600 tableaux de conjugaison, plus de 200 vidéos de L'INA sur les évènements qui ont marqué le XXe siècle, des dossiers encyclopédiques sur les grandes notions de la culture et du savoir, de nombreuses photographies et des animations ludiques.

Formidable, non ?

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse illustré, Paris, Éditions Larousse, mai 2015, 2 044 pp. en quadrichromie au format 16 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 33,55 €

Le Grand Larousse illustré, Paris, Éditions Larousse, mai 2015, 2 110 pp. en quadrichromie au format 19 x 28 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49,95 €

Nouvelles entrées

Pour les amateurs de nouveautés, voici une liste de quelques-uns des 150 noms communs et des 56 noms propres qui font leur entrée dans l’édition 2016 :

Noms communs :

Nouveaux mots :

anthropocène, big data, bistronomie, bitcoin, bolos, capitaliser, chneuquer, chouiner, circulation alternée, community manager, crudivore, dédiabolisation, durabilité, écopastoralisme, électrosensibilité, écopastoralisme, égoportrait, faucheur volontaire, glamouriser, goji, guar, gyropode, lose, mémériser, open data, particule fine, rétropédaler, selfie, siester, surréagir, tomate cœur-de-bœuf, tuto, végan, VTC, zadiste, zénifiant…

Nouvelles définitions :

Amarrer (séduire quelqu’un).

Ferme (regroupement de dispositifs identiques dans un même lieu et à même échelle. Exemples : ferme de serveurs, ferme photovoltaïque).

Melon (grosse tête).

Moléculaire (cuisine).

Oubli (numérique)

Responsable (qui respecte les valeurs de développement durable).

Noms propres :

Nouveaux entrants :

BANSKY (street artiste britannique).

Michael CAINE (acteur britannique).

Novak DJOKOVIC (tennisman serbe).

Pierre HERMÉ (pâtissier français).

KIRAZ (dessinateur de presse français).

Renaud LAVILLENIE (athlète français)

Lynda LEMAY (chanteuse québécoise)

Bernard Henri-LÉVY (philosophe français).

Alain PASSARD (cuisinier français).

PIXAR (studios de cinéma).

Pierre RABHI (pionnier de l'agroécologie).

Pierre RICHARD (acteur français)

ROSETTA (sonde spatiale).

Malala YOUSAFSAI (Prix Nobel de la Paix pakistanaise).

Nouveaux entrants belges :

Ingrid DAUBECHIES, mathématicienne et physicienne belge, naturalisée américaine.

Olivier GOURMET, acteur.

Pierre MARCOLINI, pâtissier et chocolatier.

Charles MICHEL, homme politique (Premier ministre depuis octobre 2014).

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 06 15

Résiliences...

Au moins, il ne pleut pas.jpgNée au Caire, membre du jury du Prix Femina depuis 1996, Paula Jacques est productrice sur France Inter du magazine culturel Cosmopolitaine depuis 1999. Romancière, elle est l'auteure, entre autres, de Deborah et les anges dissipés (Prix Femina 1991), Gilda Stambouli souffre et se plaint (2002) et Rachel-Rose et l'officier arabe (Prix Simenon 2006).

Elle a publié récemment chez Stock un roman passionnant intitulé Au moins, il ne pleut pas, dont voici le résumé qu’en donne l’éditeur :

« Hiver, 1959. Nous sommes au port de Haïfa. Deux adolescents, Solly et Lola Sasson, débarquent sous une pluie glacée. Deux orphelins venus d'Égypte, perdus, apeurés, qui ne savent rien du monde sur lequel ils viennent d'atterrir. Solly, le petit frère, c'est de la graine de voyou, séducteur, résolu à se tailler une place au soleil. Lola, son aînée de treize mois, rêveuse et timorée, estime que la vie dans les livres est plus intéressante que la réalité.

Où aller ? Où les portera cette nouvelle vie de déracinés ? À Wadi Salib, sur les hauteurs de Haïfa, chez deux femmes étranges, Ruthie la silencieuse et Magda la bavarde, qui vivent comme des sœurs, liées par un pacte de la mémoire : ce sont deux rescapées des camps.

Du moins, c'est ce que le lecteur va croire au début de ce roman foisonnant, humain, émouvant et provocateur à la fois. Les déportées le furent-elles vraiment ? Quel est le prix à payer pour survivre ? Et dans l'Israël des pionniers et de la coexistence difficile entre les communautés sépharade et ashkénaze, comment s'adapter, que choisir et qui être ? »

De son côté, la navigatrice Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire et en course. Elle est l'auteur de romans, de contes et d'essais, dont Kerguelen (2006), L'Amant de Patagonie (2012), et avec Erik Orsenna : Salut au Grand Sud (2006), Passer par le nord (2014). Elle préside la fondation WWF France.

Soudain, seuls.jpgElle a fait paraître, chez Stock également, un roman tout aussi passionnant intitulé Soudain, seuls dont voici l’accroche :

« Un couple de trentenaires partis faire le tour du monde. Une île déserte, entre la Patagonie et le cap Horn. Une nature rêvée, sauvage, qui vire au cauchemar. Un homme et une femme amoureux, qui se retrouvent, soudain, seuls. Leurs nouveaux compagnons : des manchots, des otaries, des éléphants de mer et des rats.

Comment lutter contre la faim et l'épuisement ? Et si on survit, comment revenir chez les hommes ? Un roman où l'on voyage dans des conditions extrêmes, où l'on frissonne pour ces deux Robinson modernes. »

Si nous avons choisi de recenser ensemble deux textes aussi différents, c’est parce qu’ils ont en commun de poser une question essentielle, dont la réponse suscite immanquablement dans l’opinion la polémique et les jugements les plus péremptoires : jusqu’où peut-on aller pour sauver sa peau – ici, dans un camp d’extermination ou bien au cœur d’une nature grandement hostile – et, une fois celle-ci sauvée, comment faut-il gérer le regard des autres sur des événements qu’ils ne pourraient comprendre ? Et que vaut ce regard ?

Le dépassement des limites et la situation de celles-ci – où faut-il placer les curseurs ? – se trouvent au centre d’un autre questionnement encore plus interpellant : qu’est-ce que la trahison, et où commence-t-elle ?

Bien malin qui le sait…

Bernard DELCORD

Au moins, il ne pleut pas par Paula Jacques, Paris, Éditions Stock, février 2015, 355 pp. en noir et blanc au format 14 x 21,5 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 20 € (prix France)

Soudain, seuls par Isabelle Autissier, Paris, Éditions Stock, mai  2015, 249 pp. en noir et blanc au format 14 x 21,5 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 18,50 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 06 15

Omaha crimes

Gravé dans le sable, de Michel Bussi, lu par Olivier Prémel

Paru en octobre 2014 auprès des Presses de la Cité, le thriller de Michel Bussi  a vu le jour, en 2007, sous le titre Omaha Crimes (Ed. de la Falaiser - aujourd'hui épuisé) . Découvrons ce que nous en révèle l'auteur:

" Mon premier roman. Je l’ai écrit en 1994 et, à l’époque, je ne savais pas s’il serait publié un jour. Roman né d’une illusion de cinéma… En effet, en construisant l’intrigue j’étais persuadé que mon point de départ était une scène, qui m’avait frappé, provenant du Jour le plus long. En réalité, il n’est est rien ! Cette fameuse scène, je l’ai bel et bien inventée ! 
J’ignorais à l’époque les codes de l’écriture d’un roman policier, je les inventais, et Internet n’étant pas l’outil de référence qu’il est devenu, j’inventais encore… des lieux, des noms… 
Le manuscrit a dormi dix ans dans un tiroir avant d’être publié et que le monde du roman policier m’accueille à bras ouverts : cinq prix littéraires l’ont couronné ! 
Aujourd’hui, il vit sa troisième vie, et j’en suis très heureux." ( extrait puisé sur le site de l'auteur)

Il est désormais disponible à l'écoute, intégralement lu par la voix chaude, rauque d'Olivier Prémel, impeccable de diction, de préhension du texte. 11h39 d'écoute qui passent comme lettre à la poste, tant la tension du récit nous prend aux rêts d'une intrigue bien ficelée.

Veuve du soldat américain  Lucky, son (futur) mari, tué en juin 1944 sur les plages du débarquement (Normandie), Alice Queen découvre, vingt ans plus tard,  que ce dernier avait contracté une bien sordide convention: il consentait à se faire tuer à la place d'Oscar Arlington, lâche rejeton d'une richissime sénatrice, moyennant versement à sa compagne d'une somme d'à peu près 1 million et demi de dollars.... De cette somme, pas de trace. Non plus que d'aveux d'Oscar, opportunément suicidé...

Traquant tous les "rangers" susceptibles de témoigner du contrat, Alice parcourt Etats-Unis et Normandie aux fins de réunir , sinon la somme promise, le puzzle d'une vérité qui fera que l'homme de sa vie ne sera pas mort pour rien...

Un scénario haletant

 

Apolline Elter

Gravé dans le sable, Michel Bussi, thriller, Ed. Presses de la Cité, 2014, Audiolib, février 2015, 11h39 d'écoute. Texte intégral lu par Olivier Prémel.

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (1) |  Facebook | |

20 06 15

Procès en vue...

Vin, gloire et bonté .jpgScénarisée par Isabelle Bunisset et dessinée par Giuseppe Liotti, l’album de bandes dessinées intitulé Vin, gloire et bonté paru chez Glénat à Grenoble fera sans nul doute grincer bien des dents – et des râteliers – de la gent viticole du Bordelais, version classement de 1855.

En voici l’argument :

« Annabelle est drôle, jolie, névrosée, très psychanalysée, et... en instance de divorce.

Parisienne jusqu'au bout des ongles, elle est aussi journaliste pour un très grand hebdomadaire français. Alors qu'elle n'y connait absolument rien en matière de vin, son patron (qui est également son père) lui commande un dossier de 50 pages sur le vignoble bordelais.

Ni une, ni deux, Annabelle fourgue ses deux ados à son ex-mari avant de se catapulter, valise sous le bras, sur le quai de la gare Montparnasse. Direction Bordeaux pour trois mois d'immersion totale dans le milieu viticole local. »

Un reportage criant de vérité où tout le monde en prend pour son grade, et pas qu’un peu !

Des journalistes spécialisés y sont montrés comme corrompus, des producteurs s’avèrent être d’habiles tricheurs, d’autres sont ignorants de leur métier et d’aucuns sont qualifiés « dégénérés », des courtiers pratiquent la flibuste des prix tout en se faisant traiter de « trous du cul », on en passe et des plus joviales !

Nul doute que bien des protagonistes se reconnaîtront dans l’ouvrage – d’autant que les dessins y ont tout de portraits, eux aussi – pour la plus grande joie des avocats…

Et des lecteurs avertis, bien entendu !

Bernard DELCORD

Vin, gloire et bonté par Isabelle Bunisset et Giuseppe Liotti, préface de Bernard Magrez, Grenoble, Éditions Glénat, juin 2015, 135 pp. en noir et blanc au format 20 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,50 € (prix France)

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |