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Mondaines, demi-mondaines, trottins et pierreuses…

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 (cover).jpg

Catalogue de l’exposition qui se tient Musée d’Orsay à Paris au jusqu’au 17 janvier 2016, puis du 19 février au 19 juin 2016 au Van Gogh Museum d’Amsterdam, le magnifique ouvrage collectif intitulé Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 résume fort habilement ce que ses organisateurs présentent comme « la première grande manifestation qui tente de retracer la façon dont les artistes français et étrangers, fascinés par les acteurs et les lieux de ce fait social, n'ont cessé de rechercher de nouveaux moyens picturaux pour en représenter réalités et fantasmes.

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Vincent van Gogh (1853-1890), Agostina Segatori au Tambourin (1887)

Huile sur toile. H. 55,5 cm ; L. 46,  cm. Amsterdam, Van Gogh Museum

© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

"Pierreuses" officiant clandestinement sur des terrains vagues dans les profondeurs de la nuit, filles "en carte" et "insoumises" racolant dans l'espace public, "verseuses" employées par des brasseries à femmes, pensionnaires de maisons closes, courtisanes recevant leurs admirateurs dans leur luxueux hôtel particulier… Au XIXe siècle, la prostitution revêt de multiples visages. 

Reutlinger – La belle Otéro.jpg

Reutlinger, La belle Otéro (1875-1917)

1 album de photographies positives,

Album Reutlinger de portraits divers, vol. 3, PET FOL-NA-260 (3)

H. 10,5 cm ; L. 14,5 cm (tirages), H. 35,5 cm ; L. 40 cm (vol.)

Département Estampes et photographie, Bibliothèque Nationale de France, Paris

© Bibliothèque Nationale de France, Paris

Ce caractère protéiforme et insaisissable n'a cessé d'obséder romanciers et poètes, dramaturges et compositeurs, peintres et sculpteurs. La plupart des artistes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle ont porté leur regard sur les splendeurs et les misères de la prostitution, celle-ci devenant également un motif d'élection pour les médias naissants, tels que la photographie puis le cinématographe.

C'est en particulier à Paris, entre le Second Empire et la Belle Époque, que la prostitution s'affirme comme sujet dans des œuvres se rattachant à des courants aussi divers que l'académisme, le naturalisme, l'impressionnisme, le fauvisme ou l'expressionnisme. La ville est alors en pleine métamorphose : nouvelle Babylone pour certains, "Ville Lumière" pour d'autres, elle offre aux artistes quantité de lieux nouveaux (salons de la haute société, loges d'opéras, maisons de tolérance, cafés, boulevards…) où observer le ballet codé des amours tarifées. 

Édouard Manet – Bal masqué à l'Opéra.jpg

Édouard Manet (1832-1883), Bal masqué à l'Opéra (1873)

Huile sur toile. H. 59,1 cm ; L. 72,5 cm.

Washington, National Gallery of Art

© Courtesy The National Gallery of Art, Washington

De L'Olympia et du Bal masqué à l’Opéra de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne. 

Edvard Munch – Noêl au bordel.jpg

Edvard Munch (1863-1944), Noël au bordel

Huile sur toile. H. 60 cm ; L. 88 cm.

Oslo, Munch Museum

© Munch-museet/Munch - Ellingsen Gruppen/Bono

Dans ces représentations souvent contrastées se mêlent tout à la fois observation scrupuleuse et imagination, indiscrétion et objectivité, approche clinique et fantasmes débridés. Mais pour singuliers qu'ils soient, tous ces regards jetés sur le monde de la prostitution sont exclusivement ceux d'artistes masculins. Aussi, derrière l'évocation des plaisirs et des maux, des ascensions fulgurantes et des vies misérables, c'est aussi le poids de la condition féminine à l'époque moderne qui transparaît [1]. » 

Henri Evenepoel – Au café d'Harcourt à Paris.jpg

Henri Evenepoel (1872-1899), Au café d'Harcourt à Paris (1897)

Huile sur toile. H. 114 cm ; L. 148 cm.

Francfort-sur-le-Main, Städel Museum

© Städel Museum – U. Edelmann – ARTOTHEK

Le musée informe que certaines des œuvres présentées dans l'exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité des visiteurs (et tout particulièrement du jeune public).

Quoi qu’il en soit, nous pensons que cet événement artistique majeur vaut impérativement la visite, ne serait-ce qu’en raison de la notoriété des artistes et de la qualité des œuvres qu’il réunit !

Bernard DELCORD

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910, ouvrage collectif, Paris, coédition Flammarion et Musée d’Orsay, septembre 2015, 307 pp. en quadrichromie au format 25,2 x 30,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

Commissariat :

Marie Robert et Isolde Pludermacher, conservateurs au musée d'Orsay

Richard Thomson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Edimbourg,

Nienke Bakker, conservateur au van Gogh Museum, Amsterdam

Scénographie :

Robert Carsen, scénographe et directeur artistique

Informations pratiques :

Adresse :

Musée d'Orsay

62, rue de Lille

75343 Paris Cedex 07

Tél. : 00 33 1 40 49 48 14

Horaires :

Ouverture

- de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche

- de 9h30 à 21h45 le jeudi

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi

Fermeture tous les lundis et les 1er mai et 25 décembre.

Tarifs :

Billet musée :

Ce billet donne accès aux collections permanentes, et aux expositions temporaires, dans la limite des places disponibles.

Plein tarif : 11 €

Tarif réduit : 8,50 €

- Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

- Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

- Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Billetterie :

http://www.musee-orsay.fr/fr/visite/billets-dentree/bille...

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