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Patronymes hydrologiques…

Les noms de rivières de Wallonie.jpgRédigé par Jean Loicq [1], membre de la Section wallonne de la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie et professeur ordinaire émérite de l’Université de Liège [2], le dictionnaire analytique et historique consacré aux noms de rivières de Wallonie y compris les régions germanophones paru chez Peeters à Leuven étudie pour la première fois l'ensemble des noms de cours d'eau de la Région Wallonne telle qu’elle est définie dans la Belgique fédérale d’aujourd’hui, en ce compris donc les territoires germanophones (actuels ou qui l’ont été), de Gemmenich à Athus en passant par Eupen et Saint-Vith..

Précédé d'une introduction sur le passé linguistique de la Wallonie et de sa lisière germanophone, cet ouvrage savant replace chacun d'eux dans sa situation hydrographique, reproduit avec leur contexte les formes les plus anciennes de son nom et, autant que possible, en précise l'étymologie et la signification première.

La Wallonie, et surtout l'Ardenne, étant riche en hydronymes d'origine celtique, voire « paléo-européenne », cette enquête prend une dimension comparative qui fait de l'ouvrage une contribution à l'histoire ethnolinguistique de l'Europe.

D'un autre côté, l'attention portée à nombre de petits cours d'eau oubliés, souvent de dénomination dialectale, restitue leur mémoire, les introduit dans la recherche internationale et contribue à la sauvegarde d'une part méconnue du patrimoine wallon.

Conçu dans une perspective principalement onomastique, le répertoire met en évidence l’archaïsme de cet aspect de notre patrimoine linguistique et fait connaître aussi nombre d’hydronymes secondaires à demi oubliés, mais intéressants, et perdus dans des monographies locales. Ce travail, qui n’a jamais été entrepris à pareille échelle, n’entend donc pas se borner à la nomenclature actuelle [3].

Une contribution à la science qui intéressera les géographes, les historiens, les linguistes comparatistes et les dialectologues.

Bernard DELCORD

Les noms de rivières de Wallonie y compris les régions germanophones par Jean Loicq, Leuven, Éditions Peeters, collection « Mémoires de la Commission Royale de Toponymie et de Dialectologie. Section Wallonne », n°26, décembre 2014, XIX-406 pp. en noir et blanc au format 17,5 x 25,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 75 €

Pour vous, nous avons recopié dans ce dictionnaire érudit la notice suivante, en supprimant les abréviations pour faciliter la lecture :

L’Inson

Parfois Hinson, Linson, wallon a inson : ruisseau à Grupont (Luxembourg, Neufchâteau), affluent droit de la Lomme formé de plusieurs branches à Awenne, dans la forêt de Saint-Hubert. - 1618 « rieux d'enson », 1669 « au ruisseau d 'Enson » (Lesse, n°13). - Ce nom, visiblement ancien et qui rappelle Hingeon, suggérerait un original *hag in-is-on- « ruisseau de la forêt » (cf. Haine), bien que H manque aux graphies du XVIIe siècle ; mais, dans cette région, la prononciation wallonne sans aspiration initiale n'enseigne rien. L'étymologie proposée par Carnoy (germanique hehn­ is-on, « ruisseau des prés », cf. vieux slave, « regain ») n'est appuyée par aucun élément de comparaison.


[1] Licencié-agrégé en philosophie et lettres ULG (philologie classique) [1956] ; candidat en histoire et littératures orientales (Inde-Iran) [1957] ; élève titulaire de l’École des hautes études de la Sorbonne (linguistique indo-européenne, italique, celtique ; antiquités romaines et gallo-romaines ; protohistoire européenne) [1962] ; stagiaire CNRS auprès de la Direction des antiquités de Haute-Provence (1962) ; docteur en philosophie et lettres ULG (1972).

[2] Professeur d’histoire et archéologie romaines et de civilisation celtique [1980-1998] ; professeur honoraire resté titulaire de cours de 3e cycle (1998-2003).

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