29 12 15

La chronique de Jean d'Ormesson : un régal !

_dormesson journal.jpgCe recueil d'articles écrits d'une plume talentueuse « Dieu, les affaires et nous », c'est la chronique d'un demi-siècle que nous propose Jean d'Ormesson. Dans la préface, Jacques Julliard explicite : « Quelle chance vous avez de croire, disent les bonnes gens, mais que c'est difficile ! Ils ne savent pas qu'il est non moins difficile de croire. Miterrand, comme d'Ormesson, eux, le savent. Ils ont l'athéisme ctaholique, comme un Rocard ou un Jospin ont l'athéiosme protestant. N'imaginez pas que lma différence soit négligeable : c'est toute la sensibilité de la personne qui se trouve imprégnée par les orientations religieuses de base, même chez les incroyants. » et de poursuivre : « Alors il ne suffit pas d'avoir du talent, du charme et de la chance. Il faut encore, par ces temps de conformisme morose, avoir le courage d'être heureux. »

Dans la première partie, l'auteur nous donne un choix de « moments » : Quelques phrases picorées en 1984 :

« Nous sortons d'un univers qui valait ce qu'il valait. Plein de privilèges, d'injustices et d'inégalités, il vivait au moins dans l'impatience de l'avenir et dans l'espérance de l'amélioration. C'est ce qu'on appelait le progrès. »

« Les vieilles vertus d'autrefois – le respect pour les anciens, la tradition, la famillle, l'exaltation du travail, la patrie – sont tombées au rang de sarcasmes, de matières à plaisanterie, de lubies malfaisantes. »

« La vie est merveilleuse ; il faut tout trouver en toi-même : la justice, le bonheur, la simplicité, la grandeur. Et alors, peut-être, tu reconstruiras le monde. »

Quelques autres éblouissements écrits dans Le Figaro :

En 1993 :

« Ce n'est pas leur origine, c'est leur seul comportement qui met une différence entre les hommes. »

En 2000 :

« Il est trop facile de ne tolérer que les idées et les mots sur lesquels on est tous d'accord. »

En 2002 :

(Après que Jospin soit battu par Le Pen) « La première des leçons est, une fois de plus, le caractère intuile ou néfaste des sondages. Relayés sans relâche par les médias qui partagent leurs responsabilités, ils donnent des informations toujours exactes, mais qui ne répondent jamais à la réalité. »

Dans la deuxième partie intitulée « L'histoire que nous vivons », voici encore un extrait d'article publié en 2011 :

« Il semble que notre monde moderne soit devenu non seulement, comme nous l'a appris Edgar Morin, d'une compléxité toujours croissante, mais aussi d'une imprévisibilkité assez surprenante. »

Une incroyable traversée de notre temps effectuée en compagnie d'un très grand écrivain-éditorialiste !

 

Jacques MERCIER

 

« Dieu, les affaires et nous », chronique, Jean d'Ormesson, préface de Jacques Julliard, Edition Robert Laffont, 2015, 668 pages, 24 euros.

 

 

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