07 01 16

Dona Giovanna

Pas de doute, l'année 2016 commence franco...

Avec la publication, ce jour, du quatrième roman de Murielle Magellan

 

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 Marchande d'art au nez au nez subtil, Olympe Delbord, 37 ans, confond en une même traque empressée  sa passion pour la peinture et les aventures amoureuses de tout bord.  

C'est une prédatrice-née, qui capte, consomme, rompt, toujours domine la situation.

Une Dona Giovanna, entendez, Don Juan au féminin, que rien n'arrête, pas même le sexe de son (sa) partenaire.

La rencontre avec Paul Auger, 38 ans, sorte de savant brillant et pur - directeur de recherche en bio-informatique - marié, fidèle et père de famille comblé va fasciner Olympe, l'électriser d'une attraction irrépressible...

Celle de Claude Solal,  peintre de génie, vieux, malade et aigri, itou:  en portant ses oeuvres à la lumière, les exposant sur le devant de la scène,  Olympe semble le ramener à la vie.

" Réveiller la flamme endormie d'un peintre. L'inciter à créer encore. Est-ce bien ou mal? "

Traçant avec un raffinement précis, chirurgical, les "élans" d'âme d'une personnalité complexe,  altière,  drastiquement solitaire,  ceux de ses proies, Murielle Magellan nous ravit, cette fois encore, d'une maîtrise d'introspection, d'atmosphère et de plume ..sidérante.

Les chapitres se succèdent,  parfois très courts,  d’un rythme soutenu, qui confère à la lecture, un tempo Rondo allegrissimo

Apolline Elter 

Les indociles, Murielle Magellan, roman, éd. Julliard, janvier 2016, 234 pp

Billet de faveur

AE : Claude Solal, le peintre et Olympe Delbord ont ceci de commun, d’être des « indociles », de s’échapper sans cesse au prévisible, aux conventions, à ce que l’on peut attendre d’eux.  Paul Anger est, au départ, tout le contraire qui voit sa vie, tracée d’avance et d’harmonie…  « prisonnière » d’un schéma,  à l’instar du titre de la toile qu’Olympe le fait acquérir .

Pas de vraie vie, Murielle Magellan, sans son lot.. . d’ »indocilité » ?

 Murielle Magellan : Sans doute ! L’étymologie d’ « indocile » est « qui n’apprend pas ». Je l’entends comme « qui n’apprend pas ce qu’on voudrait qu’il apprenne ». Etre indocile c’est être rétif aux dogmes, aux croyances, aux règles préétablies. C’est aller dans le monde avec étonnement, sans préconception. Ce n’est pas une posture, c’est un état d’être, mais qu’il faut chérir. L’indocilité ne consiste pas à avoir une vie débridée, comme Olympe, mais à savoir que c’est possible, et que pourquoi pas ? Dans ce sens-là, oui, sans doute y a-t-il plus d’intensité, plus de « vraie vie », car tout redevient possible. Annie Ernaux parle de l’écriture comme un art qui doit tendre, comme l’acte sexuel, à « une suspension du jugement moral », c’est ce que je tente de créer chez le lecteur avec ce texte.

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

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