31 01 16

« C’est singulier, on peut dire : je serai guillotiné, tu seras guillotiné, mais on ne peut pas dire : j'ai été guillotiné. » (Danton)

Raccourcis.jpg« La mécanique tombe comme la foudre, la tête vole, le sang jaillit, l’homme n’est plus », déclara le Dr Joseph-Ignace Guillotin (1738-1814), député du Tiers-État de la ville et des faubourgs de Paris aux États Généraux de 1789 et humaniste convaincu, devant l’Assemblée nationale française le 1er décembre de la même année.

Il n'imaginait pas que cinquante mille personnes allaient périr sur sa planche fatale…

Se penchant sur leur cas dans Raccourcis Dernières paroles stupéfiantes et véridiques devant la guillotine, un recueil de paroles de condamnés à mort célèbres ou anonymes (prononcées entre la Révolution française et l’abolition de la peine de mort en 1981) paru aux Éditions Prisma à Gennevilliers, Bruno Fuligni, diplômé de Sciences-Po, régent du Collège de Pataphysique et auteur prolixe autant que passionnant, a rassemblé nombre de pieds de nez face à la mort, de cris du cœur et d’adieux grinçants qui composent un saisissant traité d'humour noir.

Écoutons ce qu’il en dit :

« Princes, tribuns ou simples truands, quelques-uns ont trouvé l'énergie d'un ultime coup de griffe ou d'un dernier coup de gueule. Soucieux de soigner leur sortie, les guillotinés ont parfois fait assaut d'esprit et de panache, de passion et d'orgueil, de défi et de gouaille, avant de basculer dans le néant.

Les plus cabots ont multiplié les prises de parole, aux différentes étapes de leur calvaire : au réveil, à la toilette, devant l’aumônier, en paraissant devant la populace avide de sang frais, ou bien, pour les mieux trempés, sur la machine elle-même. »

Un ouvrage à couper la chique !

Bernard DELCORD

Raccourcis Dernières paroles stupéfiantes et véridiques devant la guillotine par Bruno Fuligni, Gennevilliers, Éditions Prisma, avril 2015, 192 pp. en quadrichromie au format 15 x 23 cm sous couverture brochée au format inédit en biais couleur acier façon guillotine, 13,95 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié ces mots d’avant le grand plongeon :

« Quel fatal désir que la renommée, j’ai voulu être quelque chose. » (Olympe de Gouges, femme de lettres et féministe, exécutée à Paris le 3 novembre 1793)

« Canaille imbécile, qui meurs de faim, va donc à la section chercher tes quatre onces de pain : moi, je m’en vais le ventre plein ! » (Antoine Quentin Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, exécuté à Paris le 7 mai 1795)

Ayant goûté son verre d’eau-de-vie : « Ce n’est pas ça, ce n’est pas digne de Poncet ; il m’en faut de meilleure. » (Barthélemy Poncet, bagnard évadé, voleur et assassin, exécuté à Versailles le 8 février 1866)

Ayant bu le verre de rhum : « Je voudrais bien encore une cigarette. » (Aimé-Thomas Barré, maître-chanteur, voleur et assassin d’une femme, exécuté à Paris le 7 septembre 1878)

À la foule : « C’est beau, n’est-ce pas, l’agonie d’un homme ! » (Raymond Callemin alias Raymond-la-Science, membre de la « bande à Bonnot », exécuté à Paris le 21 avril 1913)

Refusant la cigarette et le verre de rhum : « Vous savez bien que je n’ai jamais été buveur ni fumeur… et puis, c’est mauvais pour la santé. » (Henri-Désiré Landru, assassin de dix femmes et d’un adolescent, exécuté à Versailles le 25 février 1922)

Au procureur qui le réveille : « – Ta gueule ! – N’avez-vous pas de déclaration à faire ? – Je viens de la faire ! » (Marcel Petiot, médecin et assassin d’au moins vingt-sept personnes, lui-même revendiquant soixante-trois victimes, exécuté à Paris le 25 mai 1946)

« Ah ! c’est ce truc-là ! » (Louis Mathiau, assassin, exécuté à Paris le 24 janvier 1956)

« Où que c’est-ce qu’il est, le bourreau ? Où que c’est-ce qu’il est, le bourreau ? » (Roger Bontemps, meurtrier d’un gardien de prison et d’une infirmière pris en otage avec son complice Buffet, exécuté avec celui-ci à Paris le 28 novembre 1972)

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31 01 16

Venez nombreux !

Joyeuses tribus et grandes tablées.jpgAprès une formation aux Beaux-Arts en Design et Espace, Anne Loiseau a travaillé quelques années dans la communication événementielle.

Créatrice avant tout, elle a rapidement développé un petite gamme d’objets décoratifs et d’accessoires, au rythme des saisons et de ses envies.

Elle met aujourd’hui au service de la presse, de l’édition et des marques ses idées et ses créations, la plupart du temps proches du monde du loisir créatif, de l’enfance ou de la gourmandise et elle collabore très régulièrement avec la photographe Emanuela Cino.

Pour les Éditions Larousse à Paris, elles ont conçu un fort beau recueil de recettes culinaires joliment illustré et intitulé Joyeuses tribus & grandes tablées qui fourmille d’idées salées et sucrées pour recevoir 8, 12 ou 16 convives, et même plus, réalisables dans toutes les cuisines.

La variété de propositions est grande : fougasse à l’origan et aux olives vertes, velouté de moules au curry, gaspacho de betterave à l’huile de noix, acras de cabillaud, terrine de lapin à la citronnelle, brie aux figues et fruits secs, pastilla de confit de canard, quiche à la fourme d'Ambert et à la pancetta, choucroute de poisson, risotto crémeux d’épeautre aux langoustines, rôti de lotte au haddock et au citron, cocotte de bœuf fondant à l'orange, travers de porc laqués, légumes farcis à l’agneau et au muesli, poitrine de veau roulée aux herbes, bœuf en croûte de sel, tian de légumes au thym, châtaignes rôties au sésame, taboulé boulgour-quinoa aux herbes et aux noisettes grillées, salade tiède de légumes-racines et pesto d’épinard, amandes caramélisées au sel, brochette d'ananas rôti, gaspacho fraise-pastèque, crumble pomme gingembre, tiramisu à la rhubarbe, mousse au chocolat au piment d’Espelette, tarte meringuée aux groseilles, vin de pêche à la menthe…

Le tout agrémenté de listes de courses spécialement adaptées et de conseils astucieux pour réussir à tous les coups.

Un ouvrage grandement festif !

Bernard DELCORD

Joyeuses tribus & grandes tablées – 8, 12, 16 gourmands ou plus ! par Anne Loiseau, photographies d’Emanuela Cino, Paris, Éditions Larousse, septembre 2015, 242 pp. en quadrichromie au format 26,4 x 31,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,95 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la recette suivante, fort conviviale :

Cuisses de poulet laquées miel-citron-coriandre

Pour 8 personnes

Préparation : 15 minutes

Cuisson : 40 à 50 minutes

Repos : 12 heures

Ingrédients :

8 cuisses de poulet

Le jus de 3 citrons

5 cuillers à soupe de miel liquide

5 cuillers à soupe de sauce soja

5 gousses d’ail

1 bouquet de coriandre

Recette :

Dans un petit bol, mélangez le jus de citron avec le miel, la sauce soja et les gousses d’ail hachées.

Recueillez la pulpe des citrons et ajoutez-la à la marinade avec la moitié du bouquet de coriandre hachée.

Étalez les cuisses de poulet dans un grand plat allant au four et recouvrez-les de marinade en remuant le poulet pour bien l’enrober.

Réservez au frais pendant une nuit (12 heures).

Préchauffez lz four à 240°C (thermostat 8) et enfournez pour 40 à 50 minutes de cuisson.

Veillez à retourner régulièrement le poulet pour qu’il soit bien doré.

Servir aussitôt avec le reste de coriandre effeuillée.

Et si vous êtes plus nombreux ?

Pour 12 personnes :

12 cuisses de poulet

Le jus de 4 citrons

8 cuillers à soupe de miel liquide

8 cuillers à soupe de sauce soja

8 gousses d’ail

1 bouquet de coriandre

Pour 16 personnes :

16 cuisses de poulet

Le jus de 6 citrons

10 cuillers à soupe de miel liquide

10 cuillers à soupe de sauce soja

10 gousses d’ail

1 bouquet de coriandre

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30 01 16

Lettres de Mme de Rémusat

téléchargement (5).jpgIl faut  convenir que je suis une bien bonne personne. Je t’ai un peu grondé avant-hier, et cela m'a mise mal à l'aise toute la journée d'hier, et cependant j'avais raison d'être mécontente, et, mon ami, c'était mal à toi de m'avoir causé ce petit chagrin. Après tout, c'est toi qui m'as rendue si difficile, qui m'as habituée à tant de délicatesse dans l'amour, à tant de  de confiance. Dans une union comme la nôtre, tout est senti, tout est apprécié; et les légers nuages qui s'élèvent entre nous seraient, à coup sûr, le beau temps de tous les autres »

Ainsi s'exprime Claire de Vergennes, comtesse de Rémusat qui,  d'Aix la Chapelle, ce 12 août 1808, gourmande  son époux, Auguste, Premier Chambellan de l'empereur Napoléon. Précipité à travers l'Europe entière, à la suite de ce dernier, Auguste de Rémusat sera séparé de son épouse plus de dix ans durant.

Du vouvoiement au tutoiement, la comtesse lui conte les petits riens du quotidien,  les impressions sociologiques d'une Cour dont elle s'écarte au fil des années. Dame de Palais de l'impératrice Joséphine, Claire de Rémusat était réputée femme austère; le ton de sa correspondance nous la révèle autrement chaleureuse.

Témoin d'un nouveau mode de relations entre conjoints en ce début de XIXe siècle, sa plume court, raffinée, magistrale, à la rencontre de l'homme aimé.

Une belle révélation

Apolline Elter

 " Je vous dirai, cher ami..." Lettres de Madame de Rémusat à son mari (1804- 1813), édition établie, présentée et annotée par Hannelore Demmer, Ed. Mercure de France, janvier 2016, 364 pp

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28 01 16

Le merveilleux "LUDICTIONNAIRE"

_ludictionnaire.jpgOn en n'attendait pas moins de Bruno Coppens : un merveilleux Ludictionnaire, qui propose des définitions de noms propres, de noms communs, d'expressions latines et françaises. Je qualifiais souvent sur antenne Bruno Coppens, habitué des délires verbaux, de "nouveau Raymond Devos". Je maintiens, mais il va plus loin que son maître : alors que Devos jouait autour de quelques jeux de mots pour en faire un sketch, Bruno ne cesse de penser en mots, en les triturant, en leur faisant dire plus que ce qu'ils sont, mais toujours avec un humour fou. Il fait partie, comme Geluck, de ces personnes qui font des gags qu'on aurait aimé faire, mais surtout auxquels ont s'en veut de ne pas avoir pensé avant eux ! Voici quelques exemples, au hasard :

Adulte : Adolescent ayant mis l'acné sous le paillasson.

Alzheimer : Magasin d'efface et à trappes.

Humour : Essuie-glace que l'on actionne lorsqu'on roule dans une tempête de neige. Cela ne supprime pas la tempête mais cela permet d'avancer.

Et un petit nom propre pour la route !

Obama (Barack) : Vedette de la série télé "Desperate house white", l'histoire d'un couple errant dans la Maison Blanche et suscitant les plus grands espoirs. Dans les saisons 1 et 2, Obama réussira à débarrasser la planète de ben Laden, à rafler le prix Nobel de la paix et à négocier un accord avec l'Iran. Il n'y aura hélas pas de troisième saison. Mais le couple demeure charismatique au point qu'on l'appela "le couple le plus belge de la planète, les "Barack Michelle" !

Vous pouvez retrouver Bruno sur scène et à la radio dans "Un samedi d'enfer" ou "les Cafés serrés".

Jacques MERCIER

Ludictionnaire, Bruno Coppens, Ed. racine, 160 pp. 14,95 euros.

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Dictionnaires, Humour, Jacques Mercier, Langues | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 01 16

Trialogue

téléchargement (2).jpgAmis, ils le sont de longue date.

Réunis 9 jours en une maison, sise au "coeur  d'une forêt, en Dordogne", les psychiatre Christophe André, philosophe Alexandre Jollien et moine bouddhiste Matthieu Ricard, engagent une série d'échanges sur ces thèmes précis qui leur tiennent à l'âme:  aspirations existentielles, place réservée à l'ego, gratitude, gestion des émotions,  de la souffrance, de la vérité, pratique de l'écoute, de la bienveillance, de la simplicité...

Consignés en 12 chapitres, les dialogues sont frappés de simplicité, d'humilité et surtout de bienveillance. 

" Venez maintenant prendre place à nos côtés, sur une chaise ou, plus près de nous encore, sur l'un des fauteuils fatigués et accueillants dans lesquels nous nous sommes installés. (...) Le feu crépite dans la cheminée, la vallée s'étend de l'autre côté de la fenêtre, le soleil d'hiver commence à pâlir doucement, le thé fume dans les tasses, réchauffe les mains et stimule les esprits."

Solidaire d'une même précarité existentielle, le lecteur est donc invité à se joindre à la confrontation d'expériences, de  pratiques quotidiennes relatée par trois hommes d'univers différents, à cette quête de sagesse basée sur une notion majeure: l'altruisme.

Il méditera les citations qui parcourent les chapitres en grands caractères et les conclusions didactiques de ceux-ci frappées de mantras et de dispositions pratiques.

Trois amis en quête de sagesse, Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard, essai, Ed. L'Iconoclaste - Allary Editions, janvier 2016, 491 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Philosophie | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 01 16

Le Zola des années 1930-1940…

L'empreinte du dieu.jpgNé à Roubaix le 4 mai 1907 et mort le 14 janvier 1951 au Touquet où il s'était établi pour soigner sa tuberculose, Maxence Van der Meersch est l'écrivain des paysages et des gens de la Flandre française.

Il connut un grand succès populaire de son vivant, mais est aujourd'hui – très injustement –oublié en dehors de sa région natale.

Il est notamment l'auteur de La Maison dans la dune (1932, une description de la lutte implacable opposant contrebandiers et douaniers dans le Wetshoek, l'histoire d'un amour pur et sincère et la recherche d'une rédemption impossible ; il a été adapté au cinéma à trois reprises : en 1934, 1952 et 1988), de Quand les sirènes se taisent (1933, sur les grèves des ouvrières d'usines), d’Invasion 14 (1935, sur l'occupation allemande du Nord de la France durant la Grande Guerre), de Maria, fille de Flandre (1935), de L'Élu (1936), de la Vie du Curé d'Ars (1936, hagiographie), de Pêcheurs d'hommes (1940, sur la Jeunesse ouvrière chrétienne), de Corps et Âmes (1943, sur le monde de la médecine, Prix de l'Académie française, son plus grand succès, traduit en treize langues), de La petite sainte Thérèse (1943, une biographie de Sainte-Thérèse de Lisieux violemment contestée par le clergé catholique), de Femmes à l'encan (1945, essai contre la prostitution), de Masque de chair (1958, publication posthume, roman sur l'homosexualité masculine) et d'un triptyque autobiographique, La Fille pauvre (tome I : Le Péché du monde, 1934, tome II : Le Cœur pur, 1948, tome III : La Compagne, publication posthume, 1955).

Il fut lauréat du prix Goncourt en 1936 pour L’empreinte du dieu que les Éditions des Presses de la Cité à Paris ont eu l’excellente idée de remettre à la disposition du public.

Il s’agit de l'histoire tragique de Karelina, timide paysanne belge au joli visage, mariée de force à un colosse brutal, qui doit subir une vie faite d'expédients et les humiliations de son mari. Quand son bourreau est mis sous les verrous, elle s'enfuit. Elle trouve refuge chez son oncle Domitien, écrivain célèbre, dont l'épouse, Wilfrida, reçoit avec joie la jeune femme, qu'elle considère bientôt comme sa propre fille. Les deux femmes ignorent alors qu'elles viennent de sceller leurs destins...

Une œuvre magnifique à (re)découvrir !

Bernard DELCORD

L'empreinte du dieu par Maxence Van der Meersch, Paris, Éditions des Presses de la Cité, collection « Trésors de France », avril 2015, 239 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

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26 01 16

Krieg, gross malheur !

Quelle connerie la guerre.jpgDéfenseurs infatigables des valeurs fondamentales de l'humanité, Jean-Pol Baras [1] et Denis Lefebvre [2] ont réuni dans Quelle connerie la guerre ! – Anthologie d'écrits sur la tolérance, le pacifisme et la fraternité universelle une série de textes – fondateurs ou de circonstance – de personnalités du monde entier, de tous les temps et de tous les horizons, mettant en valeur les sentiments humains et les actes humanistes au service de la paix et de la coexistence entre les peuples.

Des dessins de Plantu [3], président et fondateur de Cartooning for Peace, viennent les illustrer ou proposer d'autres approches.

Écoutons les auteurs :

« À la suite de l'attentat de Charlie Hebdo, les initiatives d'écrivains et de dessinateurs furent nombreuses pour défendre la liberté d'expression. Depuis lors, cette tragédie nous a incités à la réflexion. Et voilà que brutalement, le 13 novembre 2015, nous avons de nouveau été confrontés à un acte de barbarie pure qui donne un triste regain d'actualité à notre message. Cette anthologie souhaite élargir le débat à la tolérance, au combat pour la paix, à la fraternité universelle. »

La rencontre entre les dessins de Plantu pour la plupart inspirés par l'actualité et la sélection de textes d'hommes et de femmes – disparus pour beaucoup d'entre eux – met en évidence l'intemporalité et l'universalité du message.

Cet ouvrage est une initiative de la Fondation Henri La Fontaine, prix Nobel de la paix en 1913 et l'un des inspirateurs de la Société des Nations, à laquelle se sont associées les éditions Marot et Omnibus.

Bernard DELCORD

Quelle connerie la guerre ! – Anthologie d'écrits sur la tolérance, le pacifisme et la fraternité universelle par Jean-Pol Baras, Denis Lefebvre et Plantu, préface d'Henri Bartholomeeusen, Paris, Éditions Omnibus, janvier 2016, 288 pp. en noir et blanc au format 18 x 25 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,95 € (prix France)

Table des matières :

Préface d'Henri Bartholomeeusen

Henri La Fontaine

La guerre est une torture

Discours à la SDN, 1920

CHAPITRE 1 –LES PÈRES PENSEURS, LES TEXTES FONDATEURS

1149, Hildegarde de Bingen, ‘Nun höre und lerne, damit du errötest...

1509, Érasme, Éloge de la Folie

1686, John Locke, Lettre sur la tolérance

1763, Voltaire, Traité sur la tolérance

1849, Henry David Thoreau, La Désobéissance civile

1868, Léon Tolstoï, La Guerre et la Paix

1889, Bertha von Suttner, « Bas les armes ! »

1912, Alain, « L’amour de la paix »

1914, Bertha von Suttner, Première assemblée de l'Union des Femmes de la Société allemande pour la Paix

1914, Romain Rolland, « Au-dessus de la mêlée »

1914, Romain Rolland & Stefan Zweig, Correspondance

1915, Congrès international des Femmes, La Haye, 28 avril-1er mai 1915

1918, Woodrow Wilson, Message du 8 janvier 1918 devant le Congrès des États-Unis

1930, Gandhi, Lettres à l'Ashram

1932, Albert Einstein & Sigmund Freud, Pourquoi la guerre ?

1948, André Malraux, « Que sont devenues, dans l'Europe d'aujourd'hui, les valeurs de culture et de lucidité ? »

1955, Bertrand Russell & Albert Einstein, Correspondance

1955, Le Manifeste Russell-Einstein

1957, Martin Luther King, « Le choix de la non-violence contre le racisme »

Février 2015, Abdennour Bidar, « La fraternité comme sacré »

CHAPITRE II – LES MIROIRS DU TEMPS QUI PASSE

1588, Montaigne, Les Essais

1778, Denis Diderot, Essai sur les règnes de Claude et de Néron

1905, Anatole France, « Discours prononcé à la grande soirée pacifiste organisée par un groupe d'artistes, le 12 février 1905, dans la Salle du Trocadéro, à Paris »

1906, Anatole France, « Discours prononcé au meeting pour la Paix, au sujet de la conférence d'Algésiras, le 20 janvier 1906 »

1915, Rosa Luxemburg, « Socialisme ou Barbarie ? »

1943, Lanza del Vasto, Le Pèlerinage aux sources

1978, Raymond Aron, « Prix de la Paix ? »

1979, Jean Daniel, « Que faire de l’Histoire ? »

1991, Régis Debray, « Je ne me range pas parmi les pacifistes »

1997, Saci Belgat, « De l'intégrisme au fascisme »

2000, Federico Mayor, « Entretiens du XXIe siècle »

2000, Ilya Prigogine, « Flèche du temps et fin des certitudes »

2001, John Rawls, « Quatre rôles de la philosophie politique »

2006, Zygmunt Bauman, La vie liquide

2013, Bernard Maris, L'Homme dans la guerre : Maurice Genevoix face à Ernst Jünger

2015, Abdennour Bidar, « La France et l'Islam sont une chance l'un pour l'autre »

CHAPITRE III – LA VIE ET RIEN D’AUTRE

1915, Elsa Brandstrom, Mémoires

1916, Henri La Fontaine, Magnissima Charta

1916, Kathe Kollwitz, Die Tagebücher (1908-1943)

1940, Léon Werth, 33 jours. Récit

1942, Stefan Zweig, Souvenirs d'un Européen

1944, Ernst Jünger, Premier et second journaux parisiens (1941-1945)

1945, Anonyme, Une femme à Berlin, Journal, 20 avril-22 juin 1945

1945, Albert Camus, Éditorial, dans Combat, 8 août 1945

1962, Albert Memmi, Portrait d'un Juif. L'impasse

1964, Hans Magnus Enzensberger, Les rêveurs de l'absolu

1971, Tilla Durieux, Meine ersten neunzig Jahre. Erinnerungen

1972, Lida Gustava Heymann & Anita Augspurg, Erlebtes und Erschautes. Deutsche Frauen kämpfen für Freiheit, Recht und Frieden 1850-1940

1991, Yehudi Menuhin, Paroles prononcées devant la Knesset, le 5 mai 1991

1992, Christiane Amanpour Dans Henriette Schroeder, Ein Hauch von Lippenstift für die Würde. Weiblichkeit in Zeiten grosser Nat.

1997, Benamar Médiène, « C'est en Algérie que ça se passe »

2006, Emily Wu, Une plume dans la tourmente de la Révolution culturelle

2009, Malala Yousafzai, Extraits de son blog

2015, Seirai Yüichi, « La difficile littérature de la bombe atomique »

CHAPITRE IV – DE LA RÉSISTANCE À LA RIPOSTE

1914, Jean Jaurès, « Sang-froid nécessaire », L'Humanité

1923, Isabelle Blume, « Combien de marks pour un homme ? », Le Peuple

1938, Le Libertaire, « Cette paix n'est pas notre paix ! Révolutionnaires du Front populaire »

1938, Jean Giono, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix

1943, Kurt Huber, « La Rose Blanche, tract n°6 »

1951, Jean Van Lierde, « Pourquoi je refuse d'être soldat »

2002, Salwa Hdeib-Qannam « Frauen und Sicherheit - Brauchen wir einen Weltfrauensicherheitsrat ? »

2008, Slimane Benaïssa, Au-delà du voile

CHAPITRE V – LE CHANT DU POÈTE

1855, Walt Whitman, « Battez, battez tambours ! »

1910, Rabîndranath Tagore, L'Offrande lyrique

1915, John McCrae, “ln Flanders Fields”

1919, Roland Dorgelès, Les Croix de bois

1928-1929, Erich Maria Remarque, À l'Ouest rien de nouveau

1945, Gaston Baccus, Carnets d'un combattant sans armes

1946, Jacques Prévert, « Barbara »

1948-1950, Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien

1954, Léo Ferré, « Merci mon Dieu ! »

1954, Boris Vian, « Le Déserteur »

1962, Carlos Fuentes, La Mort d'Artemio Cruz

1965, Georges Brassens, « Les Deux Oncles »

1970, Yannis Ritsos, « Hélène »

1989, Gao Xingjian, La fuite

 

[1] Jean-Pol Baras est né à La Louvière en 1948. Fondateur du mouvement d’éducation permanente Présence et Action culturelles (PAC) qu’il a présidé jusqu’en 2007, il a beaucoup participé à la gestion d’institutions culturelles comme membre et comme président. Secrétaire général du Parti socialiste belge de 1996 à 2007 puis Délégué général de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Paris jusqu’en 2013, il a publié de nombreux articles sur la culture et sur la politique dans des revues belges et étrangères. Il compte à son actif sept livres dont des essais sur François Mitterrand, un roman (Le Dernier Goncourt), une chronique (Pour Mai, lettre à ma fille sur le mois de son prénom). Dernier titre paru : En lisant le Nouvel Obs (Genèse, 2015).

Source : http://www.marginales.be/jean-pol-baras/

[2] Historien et journaliste professionnel né à Arras en 1953, Denis Lefebvre est rédacteur en chef des publications de l'OURS, et directeur de la revue Histoire(s) socialiste(s). Il préside depuis 1996 le centre Guy Mollet (association créée en 1976) et, depuis 1992, il exerce les fonctions de secrétaire général de l'Office universitaire de recherche socialiste (OURS, fondé en 1969 par Guy Mollet). Il fonde en 2003 la collection L’Encyclopédie du socialisme, dont il assure la direction. Cette collection a publié depuis cette date une quarantaine d’ouvrages dans des genres très différents : biographies, essais contemporains et historiques, recueil de textes choisis, etc. Il collabore à de nombreuses publications (Gavroche, Communes de France, Historia, La Chaîne d'union, Humanisme, L’Idée libre...) dans lesquelles il publie des chroniques littéraires et des essais historiques. Ses livres, articles et conférences couvrent deux champs principaux : l'histoire du socialisme et celle de la franc-maçonnerie. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Lefebvre

[3] Le Français Jean Plantureux, dit Plantu, né en 1951 à Paris, est un célèbre caricaturiste et dessinateur de presse (dans Phosphore, Droit de réponse, L’Express et Le Monde, notamment) formé à l'école Saint-Luc à Bruxelles où il eut pour professeur Eddy Paape (1920-2012) principalement connu pour les séries BD Jean Valhardi, Marc Dacier et Luc Orient. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Plantu

26 01 16

Echec et mal

Un essai engagé

"Comment pardonner à Zweig son suicide?

Comment y être sensible? Ce n'est que le geste d'un génie imbu de lui-même. Qui pense que le monde
entier va verser des larmes. Bouleversé par le déchirant suicide d'un tel artiste. Pas une larme ne doit
couler pour Stefan Zweig. Il ne mérite qu'un éternel mépris. Et avant tout de la part de ses lecteurs
qu'il a trahis aussi, bien sûr. Les larmes, on peut les verser pour la petite Scholl, pour Kolbe, pour Von
Stauffenberg, pour tant d'Allemands, d'Autrichiens qui sacrifièrent leur vie pour la dignité humaine."

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S'il est bien un geste que Francis Huster dénonce,  c'est le suicide du célèbre écrivain viennois.  Un départ de la vie perçu comme une mission, point de chute d'un parcours passée en fuite de soi.

Fin connaisseur, ardent admirateur de l'oeuvre zweiguienne, du génie avéré de l'écrivain, le célèbre comédien entend marquer le départ entre sa vie et ses écrits. Et il ne le fait pas de main morte, engageant avec Zweig une partie d'échecs implacable, fougueux dégagement de cet engluement romantique, du mythe de martyr dans lequel la postérité l'a souvent figé.

Un coup de fouet déconcertant mais aussi vivifiant.

L'essayiste s'emballe, dénonce la neutralité délétère de l'Autrichien, son absence de solidarité envers les Juifs, opérant d'une introspection intérieure, minutieuse, sans concession, une visite éclairée de sa vie, de son âme.

A l'instar d'Albert Camus, dont il a adapté, interprété La Peste, plus d'un millier de fois, Francis Huster se fond en Stefan Zweig, Joueur d'échecs peu à peu mis à mat.

Apolline Elter

L'énigme Zweig, Francis Huster, essai préfacé par Eric-Emmanuel Schmitt, Ed. Le Passeur, oct.2015, 224 pp

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23 01 16

« Les mathématiques sont une gymnastique de l'esprit et une préparation à la philosophie. » (Isocrate)

Histoire des mathématiques.jpgSpécialiste de l'histoire des sciences et des techniques et membre du Centre national belge d'histoire des sciences, Jean C. Baudet est un philosophe, écrivain et poète belge né à Bruxelles le 31 mai 1944.

Après une double formation en chimie et en philosophie, J.C. Baudet a enseigné l'histoire des sciences et la philosophie au Congo ex-belge (de 1966 à 1968) puis au Burundi (de 1968 à 1973). Tout en poursuivant son enseignement, il a étudié la biologie à l'Université de Bujumbura.

De 1973 à 1978, il est chercheur en biologie à la Faculté agronomique de Gembloux et à l'Université Paris-VI. En 1978, il revient à la philosophie et fonde, à Bruxelles, la revue Technologia, consacrée à l'histoire des sciences, des techniques et de l'industrie. Depuis 1996, J.C. Baudet est membre de la rédaction de la Revue Générale (Bruxelles).

Comme biologiste, J.C. Baudet a surtout travaillé sur la taxonomie, la chimiotaxonomie et la génétique de la tribu botanique des Phaseoleae. On lui doit la découverte des « ancêtres » des haricots, notamment Phaseolus lunatus L. var. silvester Baudet. Il a également étudié les graminées vivrières (céréales).

Comme philosophe, J.C. Baudet étudie le problème de la connaissance, selon l'approche de l'épistémologie historique, à ne pas confondre avec l'épistémologie génétique de Jean Piaget. Il a spécialement mis en évidence le lien entre science et technique dans la constitution des savoirs. Son « analyse des discours » distingue quatre périodes : les discours de plaisir (poésie), de souffrance (mythes), d'ordre (idéologies et droit) et les discours contre les discours, c'est-à-dire la philosophie et la science. Il a développé les concepts d'éditologie et de STI.

Auteur prolifique, il a fait paraître de nombreux ouvrages de vulgarisation, parmi lesquels, aux Éditions Vuibert à Paris, une passionnante Histoire des mathématiques qui résume vingt-six siècles de découvertes sur les figures et sur les nombres et dont la lecture ne requiert aucune connaissance préalable.

On y retrouve l'intérêt accordé aux mathématiques par des savants comme Euclide, Descartes ou Pascal et on y apprend de quelle manière elles ont permis à Einstein de bouleverser notre vision du monde ou encore comment elles ont rendu possible les plus récents développements de l'informatique et des télécommunications.

« Il n'y a pas de meilleure introduction aux mathématiques que l'étude de son histoire », assure l’auteur…

Et il a fameusement raison !

Bernard DELCORD

Histoire des mathématiques par Jean C. Baudet, Paris, Éditions Vuibert, juin 2014, 346 pp. en noir et blanc au format 17 x 23,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

Sommaire :

Les origines de la pensée mathématique

Les Grecs

Les Romains

Le Moyen Âge

La Renaissance : l'algèbre

Le XVIIe siècle : l'analyse

Le XVIIIe siècle : les fonctions

Le XIXe siècle : l'abstraction

Le XXe siècle : la synthèse

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23 01 16

« Il pousse plus de choses dans un jardin qu’on en a semé. » (Proverbe serbo-croate)

Mon agenda du jardin 2016 .jpgJardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles, Alain Baraton anime aussi des chroniques radiophoniques consacrées au jardin et aux plantes.

Il a fait paraître chez Flammarion Mon agenda du jardin 2016, un bien bel outil énumérant le sui vi des travaux à effectuer au jardin (dates de semis, météo, mouvements de la lune…) et illustré de conseils pour soigner ses plantes ainsi que d'anecdotes sur l'histoire des différentes espèces. Conçu comme un livre de bord du jardinier, il peut être conservé pour permettre une comparaison, d'une année sur l'autre, des poussées, des variétés semées ou des récoltes.

Le livre de bord des mains vertes !

Bernard DELCORD

Mon agenda du jardin 2016 par Alain Baraton, Paris, Éditions Flammarion, août 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 16 x 22,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 17,90 € (prix France)

Nous avons recopié dans ce précieux vade-mecum ces quelques lignes instructives :

Pourquoi la digitale s'appelle-t-elle ainsi ?

Si vous glissez un doigt dans une fleur, vous constaterez qu'il s'adapte merveilleusement, un peu comme un dé de couture et dans les campagnes les enfants jouaient avec, bien évidemment. D'où les innombrables surnoms de la digitale ! Elle est aussi appelée gants de coucou, gants de bergère, gants de la Vierge, doigts de loup ou encore cloche, poupée, et cette liste est loin d'être exhaustive. Mais attention, c'est une des fleurs les plus toxiques. Donc, pas de digitale dans les jardins fréquentés par les tout-petits.

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