28 02 16

En voiture, Simone…

Les petites âneries du permis de conduire.jpgDans Les petites âneries du permis de conduire publié à Paris chez François Bourin Éditeur, un petit livre illustré fort amusant, Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, tous trois moniteurs d’auto-école en France, ont tressé un collier des meilleures perles entendues dans l’exercice de leurs fonctions.

Florilège :

Position R comme rapide :

– Est-ce que les limitations de vitesse sont valables aussi pour les marches arrière ?

C’est mieux ainsi :

– Pour freiner, je suis obligé d’arrêter d’accélérer ?

Café du commerce :

– On m’a dit qu’à un stop, il faut que les quatre roues soient arrêtées et qu’à un cédez-le-passage, deux seulement.

La charrue avant les bœufs :

– Je me dis que, comme je n’arrive pas à apprendre à conduire, je devrais devenir moniteur. Peut-être que ça m’aiderait.

Ça passe ou ça casse :

Est-ce qu’on peut passer de la deuxième à la troisième sans reculer ?

C’est pas moi, c’est elle :

Dans une rue étroite, la roue avant droite frotte la bordure. L’élève questionne son moniteur :

– C’est moi qui ai fait ça ?

– Non, non, c’est la bordure qui a bougé…

– Ouf, tu me rassures !

Sage précaution :

Le moniteur :

– Dans quelles conditions doit-on contrôler la pression des pneus ?

L’élève :

– À l’arrêt !

Un petit bouquin qui consolera bien des profs de lycée, qui se sentiront moins seuls dans l’adversité !

Bernard DELCORD

Les petites âneries du permis de conduire par Didier Angheben, Franck Perriard et Karine Vidonne, Paris, Éditions François Bourin, collection « Humour », février 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,90 € (prix France)

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28 02 16

La puissance de la joie.

_joie lenoir.jpgFrédéric Lenoir dans « La puissance de la Joie » nous donne toutes les raisons de croire au bonheur. Avec des références, comme toujours, telles celles-ci :

« Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède déjà. »

(saint Augustin)

ou

« La nature nous avertit par un signe précis que notre destination est atteinte. Ce signe est la joie. »

(Henri Bergson)

ou enfin

« La joie est une puissance, cultivez-la. »

(Dalaï-lama)

J'aime aussi beaucoup les pistes de musiques qu'il nous donne, et qu'il a suivies lui-même pour se mettre dans un état de bonheur. Cela va de la Messe en ut mineur de Mozart au fabuleux Köln concert de Keith Jarrett (qui tourne en boucle dans ma voiture).

Comme souvent, je vous donne à picorer quelques courts extraits, qui vous donneront sans doute envie de lire l'ensemble de ce fort bel essai.

« La persévérance dans l'effort jusqu'à la réalisation de notre projet est presque toujours source de joie. »

« Certaines personnes ne sont bien que seules, d'autres doivent en permanence être entourées, alors que la plupart ont besoin, pour s'épanouir, d'alterner moment de solitude et de sociabilité. »

« Une fois qu'on a compris qu'il est stupide et vain de vouloir être aimé par tout le monde, on est déchargé d'un grand poids. »

« La joie de pouvoir être pleinement soi. »

« Si l'amour n'est pas fondé sur une joie active mais passive, donc liée à l'imaginaire, il se transforme tôt ou tard en tristesse. »

« Aimer une personne ne consiste pas à la posséder mais, au contraire, à la laisser respirer. »

« La jalousie, la possessivité, la peur de perdre l'autre sont des passions qui parasitent, voire détruisent la relation du couple. »

« La joie a l'étrange faculté de s'accroître quand on la donne. »

 

Et enfin, sous forme de conclusion à ce billet/reflet :

«Lorsqu'on aime une personne, cet amour, dans ce qu'il a de vrai, est éternel. »

 

Jacques MERCIER

 

« La puissance de la Joie », Frédéric Lenoir, Édition Fayard, 216 pp. 18 euros.

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28 02 16

L’État, c’était lui…

Louis XIV, roi de la démesure .jpgJournaliste, écrivain, chroniqueur à la télévision et à la radio, Henri-Jean Servat excelle à raconter la petite et la grande Histoire.

Avec l’aide du journaliste Mathieu Banq, dans Louis XIV, roi de la démesure, un beau livre-objet publié chez Larousse à Paris, il partage avec le lecteur, dans de brèves notices alertes et bien informées, sa passion pour le Roi-Soleil, le Grand-Siècle et les coulisses de Versailles.

Écoutons leur invitation :

« Vous pensez tout savoir de Louis XIV ? Ses innombrables maîtresses, son goût pour les arts, la guerre contre l'Espagne, la révocation de l'Édit de Nantes, etc. Mais connaissez-vous l'existence de Marie Mancini, le premier et seul véritable amour de Louis ? Saviez-vous qu'il a dû s'exiler enfant, pendant trois ans sur les routes de France, ou qu'à l'âge de cinquante ans, il a épousé en secret Madame de Maintenon ? Auriez-vous deviné que Versailles avait été bâti et détruit plusieurs fois pour répondre aux exigences changeantes du souverain ? Et que dans les couloirs de ce fastueux palais régnait une odeur épouvantable ?

Ouvrez [avec nous] les grilles de ce château splendide pour découvrir les arcanes de la cour et suivez toute l'histoire du règne du Roi-Soleil [1], des événements politiques, économiques et culturels aux plus secrètes préoccupations du souverain. Entrez dans l'intimité de Louis XIV et découvrez comment il se lavait, s'habillait, ce qu'il mangeait, comment il se soignait… »

Leur ouvrage somptueux contient en outre plus de 300 illustrations, parmi lesquelles des documents inédits et des fac-similés exceptionnels comme des plans du château de Versailles et de ses jardins à l'époque de sa construction, une lettre de d'Artagnan à Colbert sur l'arrestation de Nicolas Fouquet, un ordre signé du Louis XIV pour payer les poètes Racine et Boileau, le dessin de la table d'un festin donné par le roi en mars 1680, une lettre de Madame de Maintenon sur la conception de l'école de Saint-Cyr...

Louis XIV roi de la démesure (portrait du roi Louis XIV enfant par Claude Mellan).jpg 

Portrait du roi Louis XIV enfant par Claude Mellan.

Craie noire sur papier, 1644.

Un magnifique voyage dans le temps, à la rencontre du fameux monarque absolu qui assurait avec un peu de désabusement que « quand on peut tout ce que l'on veut, il n'est pas aisé de ne vouloir que ce que l'on doit… »

Bernard DELCORD

Louis XIV, roi de la démesure par Henri-Jean Servat et Mathieu Banq, préface de LL. AA. RR. les princesses Béatrice et Anne de Bourbon des Deux-Siciles, Paris, Éditions Larousse, collection « Les documents de l’Histoire », octobre 2015, 127 pp. en quadrichromie au format 26 x 31 cm accompagnées de fac-similés et sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 € (prix France)

 

[1] Louis XIV est né le 5 septembre 1638 au Château Neuf de Saint-Germain-en-Laye et il est mort le 1er septembre 1715 à Versailles.

28 02 16

« Jamais le soleil ne voit l’ombre. » (Léonard de Vinci)

Ombres portées.jpgLes Éditions Gallimard à Paris ont ressorti, dans leur fameuse collection « Art et artistes », Ombres portées – Leur représentation dans l'art occidental, un essai d’Ernst Hans Gombrich (Vienne, 1909-Londres, 2001) qui dirigea le Wartburg Institute [1] de 1959 à 1976 tout en occupant à l'Université de Londres la chaire d'Histoire de la tradition classique.

Il demeure à ce jour l’un des historiens d’art les plus lus dans le monde, notamment avec deux ouvrages devenus classiques, The Story of Art (Histoire de l’art, 1950) et Art and illusion (L’art et l’illusion, 1960).

Dans cette nouvelle édition d’Ombres portées – la première date de 1996–, toutes les illustrations des plus célèbres peintures montrant des ombres sont reproduites en couleurs et 18 illustrations supplémentaires (ce qui en fait 73 en tout) accompagnent la préface de Neil MacGregor, directeur du British Museum et l'introduction de Nicholas Penny, directeur de la National Gallery de Londres.

« Il suffit de regarder autour de soi, écrit Gombrich, pour remarquer les ombres projetées par les objets sur les surfaces environnantes, aussi bien en plein jour qu'à la lumière artificielle. Ces ombres peuvent s'estomper, mais elles ne disparaissent jamais tout à fait, sauf dans la majorité des peintures. Les artistes se servent des ombres portées pour attirer l'attention sur l'éclairage du tableau et pour donner plus de solidité aux objets qui interceptent la lumière.

Ces ombres peuvent contribuer au climat d'une peinture. Elles peuvent révéler la présence de quelqu'un ou de quelque chose en dehors de l'espace représenté. Pourtant, elles n'apparaissent que çà et là dans l'art occidental, qui a plutôt tendance à les oublier ou à les éliminer. »

Et Gombrich de les sortir de l’ombre !

Bernard DELCORD

Ombres portées – Leur représentation dans l'art occidental par Ernst Hans Gombrich, traduit de l’anglais par Jeanne Bouniort, préface de Neil Mac Gregor, introduction par Nicholas Penny, Paris, Éditions Gallimard, collection « Art et artistes », février 2016, 101 pp. en quadrichromie au format 16 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 39,90 € (prix France)

 

[1] L'institut Warburg est un centre de recherche qui fait partie de l'Université de Londres, School of Advanced Study ; il est spécialisé dans l'étude des influences de l'Antiquité classique sur la civilisation occidentale.

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27 02 16

L'égérie de Proust

téléchargement.jpg

 Une femme remarquable.

Une biographie qui ne l'est pas moins.  

Je vous l'affirme d'emblée, je suis saisie d'admiration pour Elisabeth Greffulhe et le travail colossal qu'a accompli l'historienne Laure Hillerin,  triant à bout de bras une montagne d'archives, traçant, à pointe de plume, un récit sobre, fluide, captivant ...

Femme riche, cultivée et splendide,  la comtesse Greffuhle (1860-1952), née Princesse (belge)  de Caraman-Chimay règne en souveraine sur le Paris de la Belle Epoque.  Si elle doit sa fortune à son mariage avec le comte Henry Greffulhe, elle ne lui doit pas son bonheur conjugal. Sitôt marié, ce fils unique, pourri - gâté par sa Félicité de Maman, révèle le "pervers narcissique " qui sévit en lui; le jaloux possessif aussi: s'il est fier de la beauté, de l'élégance de son épouse - délicieux trophée de sa réussite - il ne supporte à ses côtés qu'hommes d'âge très mûr. C'est plus sûr. 

La comtesse est fidèle pourtant et endurera le feu d'un amour platonique (avec le Prince Roffredo Caetani) et ceux des courroux maritaux, déployant une immense énergie créatrice à la peinture - elle a du talent -  à la culture - le salon Greffuhle est très prisé -aux mécénats scientifiques et musicaux. Elle soutiendra de la sorte Edouard Branly, Pierre et Marie Curie. En 1891, elle fonde la "Société des grandes auditions musicales de France" qui vise la promotion de musiciens méconnus.  La Société sera dissoute en 1913, à la veille de la Grande Guerre.

Une Grande Guerre qui la voit déployer ardeur diplomatique - aux côtés du Gouvernement en exil à Bordeaux - mais aussi couturière puisqu'elle crée de nouveaux uniformes adaptés à l'usage des Poilus.  Elle se rend dans les hôpitaux, à l'instar de la Reine Elisabeth de Belgique dont sa soeur, Ghislaine de Caraman-Chimay est dame d'honneur. Et puis, elle transforme Bois-Boudran, la propriété de chasse de sa belle-famille,  en centre de convalescence pour les blessés.

Passent la guerre... et la gloire

Les Années folles auront raison de sa suprématie. Elisabeth Greffulhe serait - injustement - passée aux oubliettes de la postérité si Marcel Proust, admirateur de la première heure - " Je n'ai jamais vu une femme aussi belle" déclare -t-il en 1893 -n'avait fait de la comtesse, la clef de voûte de ll'édification de La Recherche.  Déclinée sous les traits de la duchesse de Guermantes mais aussi de sa cousine, princesse et -  déduction intéressante de Laure Hillerin-  d'Odette de Crécy, la comtesse sera quelque peu vexée de cette notoriété développée à son insu.  Vexée aussi  de ne pas avoir mesuré le génie de Marcel Proust, de son vivant.  En réaction, elle affirmera l'avoir "très peu connu"- les preuves du contraire pullulent - et guère lu : "(...) je m'embarrasse les pieds dans ses phrases."

A ce double rendez-vous raté - l'homme et l'oeuvre - Laure Hillerin consacre des pages extraordinaires

D'une biographie qui ne l'est pas moins.

Elle offre sur la genèse de la Recherche, un éclairage fabuleux.

Gageons que nous y reviendrons.

Apolline Elter

La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes, Laure Hillerin, biographie, Ed. Flammarion, oct. 2014, 572 pp

  Billet de ferveur

AE : la famille de la comtesse vous a donné large accès à ses archives et donc à sa correspondance. Vous en publiez des extraits magnifiques dans l’ouvrage. La publierez-vous un jour  à part entière ?

Laure Hillerin :

Cette correspondance, quasi quotidienne durant les sept années qui se sont écoulées entre le mariage d’Elisabeth et la mort de sa mère, est en effet très émouvante et mériterait d’être publiée. Elle témoigne d’une relation d’une intensité et d’une qualité rares entre la mère et sa fille.  Toutes les deux étaient des épistolières pleines d’esprit, d’humour et de spontanéité, ce qui rend ces lettres extaordinairement vivantes. Chose exceptionnelle, nous avons les deux côtées de la correspondance, car chacune d’entre elles conservait soigneusement les lettres reçues ; Elisabeth récupéra donc à la mort de sa mère les missives qu’elle lui avait envoyées. Les archives recèlent également la correspondance entre Marie de Montesquiou et sa propre mère, également très intéressantes.

Peut-être m’attellerai-je un jour au travail de bénédictin que serait la publication de ces lettres — si Dieu me prête vie..

 

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 02 16

La tentation totalitaire de l’écologie

L’idéologie du réchauffement.jpgFormé à HEC et à Harvard, Rémy Prud’homme est devenu professeur d’économie à l’Institut d’Urbanisme de Paris, à l’Université Paris XII et au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a occupé ensuite le poste de directeur adjoint de l’Environnement à l’OCDE.

Il a fait paraître aux Éditions du Toucan à Paris L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure, un ouvrage solidement documenté dans lequel, sans nier le réchauffement de la planète – l’auteur affirme même qu’au cours du XXe siècle, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,6 à 0,8 degré –, il s’en prend vertement aux tenants du « réchauffisme » (un mot-valise mariant réchauffement et alarmisme) qui tiennent pour une certitude absolue que la hausse des températures est anthropique.

Après le démontage de quatre catastrophismes qui ont laissé, en dépit de leurs erreurs techniques et de leur inanité dans les faits, une trace indélébile dans les esprits contemporains, sans doute parce que leurs auteurs étaient considérés comme des « savants » alors qu’ils n’étaient que de simples prophètes de malheur quelque peu illuminés à la manière du professeur Philippulus annonçant le châtiment dans Tintin et l’étoile mystérieuse (Thomas Malthus et son Essai sur le principe de population [1798], Stanley Jevons et Sur la question du charbon [1865], Rachel Carson et Le printemps silencieux [1962], Dennis et Dorabella Meadows et The Limits of Growth [1972]), Rémy Prud’homme dénonce la dérive idéologique du « réchauffisme » qui, comme toute idéologie, porte en lui une tendance dangereusement totalitaire.

Écoutons-le :

« Ce mouvement d’idées présente les 5 caractéristiques d’une idéologie, selon les critères établis par Hannah Arendt :

– il est monocausal : les rejets de CO2 causés par l’homme expliquent à eux seuls le réchauffement dramatique de la planète.

– il est scientifiste : il prétend s’appuyer sur une science unique, irréfutable.

– il est étatique : à la différence des religions, les idéologies sont toujours capturées, instrumentalisées par des États.

– il est révolutionnaire : il faut tout changer pour « sauver » la Terre.

– il est populaire : l’adhésion des peuples est forte. »

Rémy Prud’homme décrit aussi le catéchisme « réchauffiste » et montre ses nombreuses failles, basées notamment sur des approximations méthodologiques, des contre-vérités scientifiques et une récupération politique autant qu’affairiste.

Enfin, il détaille par le menu les causes et les conséquences du réchauffement climatique, ainsi que l’aspect chimérique, voire dangereux, des solutions préconisées par le GIEC, par les ONG, par les médias et par les églises de tout poil, tous et toutes peu ou prou stipendiés, qui se sont emparés de la question pour en faire une véritable religion inquisitoriale…

À l'en croire, vivement la révolution des idées, l’abolition de la religion bobo, l’abandon de ses privilèges et le renversement de ses ayatollahs !

Bernard DELCORD

L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure par Rémy Prud’homme, Paris, Éditions du Toucan, collection « L’Artilleur », novembre 2015, 282 pp. en noir et blanc au format 14 x 22 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 € (prix France)

Sommaire :

I. INTRODUCTION

Quatre catastrophismes

Le réchauffisme comme idéologie

Contenu de l'essai

II. LE CATÉCHISME RÉCHAUFFISTE

La notion de catéchisme

Le contenu du catéchisme

Une version médiatique du catéchisme

III. LES GARDIENS DU TEMPLE

Les organisations internationales

Les hommes politiques

Les chercheurs

Les ONG, les médias et les églises

Le GIEC

Le système réchauffiste

IV. LE RÉCHAUFFEMENT ANTHROPIQUE

Les fondements scientifiques de la doctrine

Les mesures de la température

Les températures avant le XIXe siècle.

La faible corrélation C02-températures

La stagnation des températures au XXIe siècle

Les réactions réchauffistes

V. LES CONSÉQUENCES DU RÉCHAUFFEMENT

Mise en perspective

Glaces et niveaux des mers

Précipitations et inondations

Évènements extrêmes

Bienfaits du C02

Dommages aux pays pauvres

VI. LE PAYS DES CHIMÈRES

La chimère de la planification intégrale

La chimère des réductions massives

La chimère de l'électricité sans C02

La chimère de la croissance verte

VII. LA TENTATION TOTALITAIRE

La propagande réchauffiste

L'endoctrinement réchauffiste

L'intolérance réchauffiste

Le colonialisme réchauffiste ?

VIII. CONCLUSION

Une science fragile

Une idéologie dangereuse

RÉFÉRENCES

SITES

SIGLES

23 02 16

Un Internet de papier…

Le livre sur le livre.jpgLe juriste, bibliographe, pacifiste et utopiste belge Paul Otlet (1868-1944), dont l’ambition était de permettre aux hommes de mieux se connaître, de ne plus avoir peur les uns des autres et de vivre en paix, est l’inventeur en 1905 de la CDU (Classification décimale universelle), toujours en usage aujourd'hui, et il est aussi le père du fameux standard de 12,5 x 7,5 cm pour les fiches bibliographiques.

Après avoir créé le Palais Mondial-Mundaneum de Bruxelles, situé dans l'aile sud de ce qui est devenu ensuite le « Cinquantenaire », il a développé dans l’entre-deux-guerres le projet d'une Cité mondiale, entièrement dédiée à la connaissance, avec, entre autres, la collaboration de Le Corbusier.

Son objectif était de réunir les peuples par une civilisation universelle, considérée métaphoriquement comme un « pont mondial » (1937). Il rejoignait en cela les projets d'encyclopédie universelle élaborés à la même époque par H. G. Wells dans World Brain et par le philosophe et sociologue Otto Neurath.

Souhaitant établir un réseau et une coopération internationale entre les bibliothèques et les bibliothécaires, il avait créé en 1895, avec Henri La Fontaine (1854-1942), l’Office international de bibliographie et mis en place un « répertoire bibliographique universel » (RBU), rassemblant tous les ouvrages publiés dans le monde, quels que soient le sujet et l'époque. Cet Office visait également à faire reconnaître l'information comme discipline scientifique.

Il a aussi travaillé avec La Fontaine à l'établissement d'une Bibliographica sociologica, qui visait à répertorier l'ensemble des « faits » et des « écrits » concernant la société. En 1895, celle-ci comprenait 400 000 notices.

En 1910, il a mis au point avec son collègue Robert Goldschmidt la Bibliophoto, sorte de bibliothèque portable de microfiches [1].

L'intérêt pour Paul Otlet, considéré comme le père des sciences de l'information, n'a cessé de grandir ces dernières années, particulièrement aux États-Unis, où son œuvre a été comparée dans le New York Times à un « Web oublié du temps ».

Son Traité de documentation – Le livre sur le livre (1934), ouvrage fondateur et fondamental récemment reparu en fac-similé aux Impressions nouvelles à Bruxelles avec des préfaces de l’écrivain Benoît Peeters, de l’universitaire Sylvie Fayet-Scribe, maître de conférences à Paris I, Panthéon-Sorbonne, et d’Alex Wright, collaborateur du New York Times, est l'aboutissement de son travail inlassable pour rassembler, classer et partager les connaissances.

Paul Otlet y propose une remarquable synthèse du savoir sur le livre et le document, en même temps qu'il anticipe Internet et l'hypertexte. La réédition du Traité de documentation, 70 ans après la disparition de son auteur, coïncide avec la réouverture du Mundaneum à Mons [2], capitale européenne de la Culture en 2015, ville où le fabuleux héritage documentaire légué par Paul Otlet et Henri La Fontaine est conservé.

Un ouvrage visionnaire qu’il faut voir… et avoir !

Bernard DELCORD

Le livre sur le livre – Traité de documentation par Paul Otlet, préfaces de Benoît Peeters, Sylvie Fayet-Scribe et Alex Wright, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, août 2015, 431 pp. en noir et blanc au format 20,5 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 38 €

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Otlet

[2] 76, rue de Nimy à B- 7000 Mons. Téléphone : 0032 65 31 53 43 Fax : 0032 65 39 54 86 Email : info@mundaneum.be

23 02 16

Miséricorde

1540-1.jpgOn l'attendait comme un événement, la publication de l'entretien que Sa Sainteté, Le Pape François accordait au journaliste vaticaniste, Andrea Tornielli.

Traduit en quelque quatre-vingts langues, l'ouvrage est disponible dans 86 pays. C'est dire l'ampleur médiatique de la publication.

D'emblée, de titre, le propos est campé: le message majeur de Dieu et de son fils, Jésus, procède du pardon, et plus précisément de la miséricorde, forme d'indulgence  divine, innée,  constituée de bonté.  

Considérant l'Eglise comme "un hôpital de campagne où l'on soigne en priorité les blessures les plus graves" , le souverain pontifical inaugurait le 8 décembre dernier, une Année sainte extraordinaire - hommage au cinquantenaire de conclusion du Concile Vatican II- spécialement dévouée à la miséricorde.  Il édictait à l'occasion de ce "Jubilé de la Miséricorde"  une bulle, ,Misericordiae Vultus, dont le texte est intégralement reproduit en annexe de l'entretien.

Divisé en neuf parties et tant de chapitres, le propos de l'entretien accordé au journaliste évoque le thème dans toutes ses déclinaisons, l'étaie de nombreuses anecdotes vécues  et passages bibliques, ce qui lui donne un tour, certes vivant mais aussi ..redondant.

Corollaire au pardon est la nécessité de la confession, démarche qui exprime par elle-même un début de repentir. Le Pape entend en réactiver la pratique, insistant conjointement sur l'impérieuse indulgence que doit manifester le confesseur.

Un propos donc éminemment consensuel, rassembleur, bienveillant, empreint d'humilité ... mais qui, mal interprété,  pourrait induire une certaine banalisation de la faute...

C'est ce qui nous pose question, toute pharisienne que nous ne sommes pas... espérons-le..

 

AE

 Pape François : Le nom de Dieu est Miséricorde- Conversation avec Andrea Tornielli,  traduite de l''italien par  Marguerite Pozzoli,, suivie de Misericordiae Vultus, , bulle d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, Co-éd. Robert Laffont- Presses de la Renaissance, 174 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 02 16

Inhumains, trop inhumains...

Le vampire de Clichy.jpgAinsi que nous l’avons attesté dans M… Belgique, notre compatriote Véronique Janzyk excelle dans les histoires courtes, comme le montrait son recueil de nouvelles intitulé Les fées penchées, paru chez Onlit Books à Bruxelles en 2014.

Elle est récemment revenue sur le devant de la scène littéraire avec un nouvel opus très réussi, Le vampire de Clichy, publié chez le même éditeur, une succession de short stories qui versent cette fois dans le fantastique, avec une approche très personnalisée :

« La dernière nuit de l'an dernier, j'ai été mordue à la gorge par un vampire. Les mois qui ont suivi ont été émaillés de rencontres particulières. Les objets eux-mêmes semblaient dotés de vie. J'ai tenté d'en rendre compte ici. Je me dois d'ajouter que le vampire appartenait à une lignée dont je compris plus tard qu'elle n'attendait pas le coup fatal porté avec un pieu. Les vampires de sa trempe devançaient la mort. Ce ne sont pas, malheureusement, les moins cruels. »

Depuis cette morsure, la narratrice multiplie les rencontres de personnages étranges, dont certains sont morts ou croient l'être : un bouquiniste, un directeur de festival littéraire, un acteur, une personne déprimée par l’affaire Dutroux, une femme qui change de voix, une strip-teaseuse, un homme qui se filme, un type qui regarde un film porno, un autre qui réalise qu’il a 44 ans, l’utilisatrice d’un GSM « tombé du camion », un couple d’esthètes, un gars qui va à la foire, une cycliste dans un tunnel et bien d’autres encore…

Une galerie des glaçants…

Bernard DELCORD

Le vampire de Clichy par Véronique Janzyk, Bruxelles, Éditions Onlit Books, octobre 2015, 141 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 02 16

Au cœur des pierres…

Romantisme – Mélancolie des pierres .jpgProfesseur d'histoire de l'art, journaliste, conférencier et, depuis 2011, directeur scientifique de la Fondation Pierre Arnaud [1], Christophe Flubacher a dirigé la réalisation de l’ouvrage collectif intitulé Romantisme – Mélancolie des pierres paru chez Fabre à Lausanne, splendide catalogue de la magnifique exposition éponyme organisée sous sa houlette par cette Fondation à Lens, sur le plateau de Crans-Montana, en Suisse.

Écoutons sa présentation :

« La vague romantique déferle sur l'Europe dans les dernières décennies du XVIIIe siècle. Venue d'Allemagne et d'Angleterre, elle bouleverse fondamentalement les conceptions artistiques, tant littéraires que musicales et picturales. Aux canons classiques, le romantisme oppose la liberté individuelle de l'artiste. À la primauté de la raison, il substitue l'expression des passions et des sentiments.

Cette nouvelle approche s'accompagne d'une conscience aigüe de la destinée humaine et de la condition éphémère de toute chose, y compris la nature dans ce qu'elle a de plus indestructible de prime abord : la pierre. Hommes et pierres sont ainsi liés par un même destin, celui qui conduit à la ruine et ramène tout à la poussière.

Cette exposition et cet ouvrage mettent en scène ce double drame, en deux actes.

L'histoire s'ouvre sur les cimes rocheuses et les flèches des cathédrales. L'homme y apparaît sous les traits du héros. Il gravit les sommets, domine la nature et élève des monuments spectaculaires. La seconde partie raconte la lente, mais inéluctable dégradation : montagnes érodées par les intempéries, bâtiments tombés en ruines. Première victime de l'œuvre du temps, l'homme, héros déchu, repose désormais sous une pierre devenue sa tombe.

Autour de cette thématique originale et inédite, sont rassemblées des œuvres de grands artistes romantiques européens : Théodore Géricault, Francisco Goya, Gustave Doré, Johann Heinrich Füssli, Victor Hugo, Johann Wolfgang von Goethe, Philips James Loutherbourg, John Ruskin, Carl Friedrich Lessing, Caspar Wolf, Giambattista Piranèse, Alexandre Calame, Carl Gustav Carus, François Diday... »

Tant il est vrai que, comme l’a écrit Garcia Lorca, que « la pierre est un dos fait pour porter le temps… »

Bernard DELCORD

Romantisme – Mélancolie des pierres par Christophe Flubacher, Cäsar Menz et Maïlis Favre, préface de Daniel Salzmann Lausanne, Éditions Favre, février 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 18,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 € (prix France)

Informations sur l’exposition :

Jusqu’au 17 avril 2016

Adresse :

Fondation Pierre Arnaud

1, route de Crans

1978 Lens, Suisse

Case Postale 39

Tél. + 41 (0)27 483 46 10

info@fondationpa.ch

Horaires :

Centre d’art (durant les expositions)

Du mercredi au dimanche de 10h00 à 19h00

Fermeture le lundi et le mardi.

 

[1] Cette Fondation d’utilité publique, établie en 2007 en mémoire du collectionneur et mécène Pierre Arnaud, a pour objectif de promouvoir les beaux-arts tout en mettant spécifiquement en relief la peinture suisse qu’elle présente dans un contexte européen. Elle a construit, gère et finance un Centre d’art à Lens afin d’y organiser un programme international d’expositions temporaires et de divers événements culturels.

Écrit par Brice dans Arts, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |