06 03 16

Au fil de la mémoire

_colmant mémoire.jpgPhilippe Colmant publie beaucoup, des poèmes, et il a raison de s'exprimer et de faire partager ses frémissements de l'âme. Il a le goût des mots et celui du temps qui passe. « De mémoire longue », ce sont les échos du passé qui résonnent comme des pas dans le couloir du présent, comme le dit justement son éditeur. Le premier texte est, d'entrée de jeu, sublime :

A cette heure du jour

La lumière coud un velours

Comme crinière aux murs

Et l'arbre enflamme sa ramure

En couronne dorée.

 

Dans de beaux reflets mordorés,

Le soleil et la mer

fondent sous un feu éphémère,

Car la nuit va descendre.

 

C'est qu'il faut ramasser les cendres

Sur la terre sans voix

Dans son déshabillé de soie

(Nuit de soie)

 

J'aime qu'il ose faire rimer « volutes » avec « last minute ».

J'aime qu'il prenne position, le poète le peut et le doit : « De cette vie, il ne restera rien : Ni corps, ni coeur, ni ombre, à peine l'âme »

J'aime qu'il ose la sensualité : « Tu es la bouche vive/ Qui mord et qui embrasse/ Les seins offerts de l'aube »

J'aime qu'il me fasse rouvrir le dictionnaire pour y trouver la définition du mot « varangue » : une pièce de charpente d'un bateau.

 

Mais je voudrais aussi souligner les photos magnifiques qui soulignent, appuient le travail des mots par l'image. C'est une autre passion de l'auteur. Les réunir multiplie notre bonheur de lecture. Et puis, il reste à savourer :

Fatigué de traquer et tuer des chimères,

J'ai défriché en moi comme un lopin d'enfance

A cultiver tout seul dans le plus grand silence.

 

 

Jacques MERCIER

 

« De mémoire longue », Philippe Colmant, poèmes, éditions Demdel, 104 pp, 12 euros.www.demdel-editions.com

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.