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Un ouvrage pionnier...

L'automne de Moyen Âge.jpgL’historien néerlandais Johan Huizinga (1872-1945), l'un des fondateurs de l'histoire culturelle dans la lignée de Jacob Burckhardt (1818-1897), est également l'auteur de L’automne du Moyen Âge (paru en 1919), un essai aussi novateur que magistral.

Huizinga a fait ses études de lettres à Groningue et a passé ensuite quelques mois à Leipzig, où il a suivi les cours du linguiste allemand Karl Brugmann (1849-1919). Durant ses études, il s'intéresse à l'Inde et apprend le sanskrit. Il soutient en 1897 une thèse sur le rôle du bouffon dans la dramaturgie indienne.

Ensuite, il enseigne pendant huit ans l'histoire dans un collège de la ville d'Haarlem. En même temps, il donne des cours à l'université d'Amsterdam en études orientales. En 1905, il devient professeur d'histoire générale et néerlandaise à l'université de Groningue, poste qu'il quitte en 1915 pour une chaire d'histoire à l'université de Leyde où il enseigne jusqu’en 1942. À cette date, il est emprisonné par les nazis à Sint-Michielsgestel. Il est décédé en février 1945, sans avoir pu vivre la libération de son pays.

À partir de 1905, Johan Huizinga effectue des recherches en histoire du Moyen Âge et de la Renaissance. Il s’intéresse beaucoup à l’art et au spectacle. Dans L'Automne du Moyen Âge, son approche diffère de l’interprétation alors dominante, entre autres, de celle de Jules Michelet.

Huizinga remet en cause la définition de la frontière qui sépare le Moyen Âge de la Renaissance. Il décrit également le Moyen Âge tardif non comme une période de renaissance, mais comme une période pessimiste et décadente, notamment du point de vue démographique. Cette lecture du Moyen Âge va être développée plus tard par de nombreux historiens médiévistes et par son « vieil ami », José Ortega y Gasset.

Pour ce faire, Huizinga analyse les idées, les rêves (l’idéal chevaleresque ou l’idéal courtois), les émotions, les images produites durant cette période. Cet ouvrage, qui lui apporte une renommée importante, est largement reconnu comme une contribution de première importance à l’histoire de cette période, et comparable à l'autre classique, Civilisation de la Renaissance en Italie (1860), de Jacob Burckhardt.

Le livre se distingue également par la présentation de la vie culturelle dans une langue riche aux qualités littéraires, et traite principalement l’histoire de la France et de la partie sud des Pays-Bas de la période du bas Moyen Âge, (XIVe et XVe siècles) jusqu’à la Réforme et à la période de la Renaissance [1].

Un essai majeur, salué par Marc Bloch et Lucien Febvre, où Johan Huizinga révèle les nouveaux domaines de l'histoire : le corps, les saveurs, les sens, les rêves, les idées, les émotions et l'imaginaire.

Bernard DELCORD

L'automne du Moyen Âge par Johan Huizinga, précédé d’un entretien de Claude Mettra avec Jacques Le Goff, Paris, Éditions Payot & Rivages, collection « Petite biblio Payot Histoire », juin 2015, 494 pp. en noir et blanc au format 11 x 17 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 10,70 € (prix France)

Table des matières :

Chapitre I – L’âpre saveur de la vie

Chapitre II – L’aspiration vers une vie plus belle

Chapitre III– La conception hiérarchique de la société

Chapitre IV – L’idée de chevalerie

Chapitre V – Le rêve d’héroïsme et d’amour

Chapitre VI – Ordres de chevalerie et vœux

Chapitre VII – Importance de l’idéal chevaleresque dans l’art militaire et dans la politique

Chapitre VIII – L’amour stylisé

Chapitre IX – Les conventions amoureuses

Chapitre X – Le rêve de vie idyllique

Chapitre XI – La vision de la mort

Chapitre XII – La pensée religieuse se cristallise en images

Chapitre XIII – Types de vies religieuses

Chapitre XIV – Émotions et phantasmes religieux

Chapitre XV – Le symbolisme à son déclin

Chapitre XVI – Vers l’abandon des images

Chapitre XII – Les formes de la pensée reflétées dans la vie pratique

Chapitre XVIII – L’art et la vie

Chapitre XIX – Le sentiment esthétique

Chapitre XX – Le verbe et l’image (1)

Chapitre XXI – Le verbe et l’image (2)

Chapitre XXII – L’avènement de la forme nouvelle

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_Huizinga

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