17 08 16

Tendresse et nostalgie !

 

couve moun lakou.jpgC'est une merveilleuse remontée dans l'enfance, une description pittoresque et si vraie d'un village en Jamaïque. Mais c'est aussi un trajet pour s'en éloigner et vivre autrement : de la Jamaïque vers la Guadeloupe et vers la Floride. « Moun Lakou » est un roman coloré et passionnant à suivre. Le « lakou » est un logement misérable.

L'auteure, Marie Léticée, est professeur de littérature et de langue à l’université de la Floride Central (UCF) ou elle enseigne depuis 1988. Dr. Léticée a publié des articles dans Callaloo, Labrys Review et dans Secolas Annals. Elle a aussi reçu plusieurs bourses d’initiative et un prix de l’enseignement à UCF. De plus, elle a créé plusieurs nouveaux cours tels que : La poésie noire des Amériques, la littérature francophone, la littérature antillaise, la littérature créole et le français des affaires. Elle écrit sur plusieurs plans : le roman et l'écriture du roman, dans un style qui ne peut que nous accrocher et nous intéresser. On est dans l'humain, avec les odeurs, les décors, les conversations. Mais aussi la profondeur qui s'en dégage : « La vie, ma chère, n'est qu'une suite de maintenant » ou l'humour, comme ce passage sur les fêtes de Noël et les cantiques pour les « blancs » !

Justement, les dialogues et souvent les mots sont dans leur langue originale, parfois en anglais, parfois en créole. Elle raconte ainsi ceux qui avaient séjourné en France : « Ils nous revenaient tous enrobés de français de Fwans, ce qui leur donnait le droit de nous considérer comme des arriérés sans avenir, emprisonnés que nous étions dans les pattes de notre créole grosso modo. Ils me fascinaient. »

Par la magie de son talent, on comprend presque tout : « Dèmen, si pwèta Dié » ne doit pas être traduit.

Le roman de Marie Léticée est truffée de petites merveilles de phrases. Pour décrire la « cour Monbruno », l'endroit où elle vit son enfance, elle écrit : « Une véritable toile d'araignée où maintes vies se perdaient, englouties par les entrailles voraces de la misère. »

Mais je ne peux pas dire mieux que ce texte d'un lecteur : « Ce roman, un délicat voyge dans les souvenirs d'une île d'avant la modernisation. Le goût des plaisirs simples : des jeux en plein air, des plats préparés pour survivre, des relations directes avec autrui et surtout ses voisins. Bref, une régression qui n'érige pas le passé en élément parfait d'une époque ou d'une existence, mais plutôt comme déclencheur de sourires et de questions sur soi-même. »

Jacques MERCIER

« Moun Lakou », roman, Marie Léticée, édition Ibis Rouge www.ibisrouge.fr , 132 pp, 14X22cm, Photo Jean-Paul Leclercq, 15 euros

 

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Récits, Romans, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

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