31 08 16

C'est bientôt la rentrée

téléchargement (16).jpgSous ce titre - surtout ne fuyez pas - se cache un charmant "polar dédié à Prévert"

Il est signé Martine Cadière 

Et conclut bien aimablement nos lectures estivales...

Avertissement: s'il est probable que Jacques Prévert ait séjourné en Dordogne en  1955, les faits qui lui sont prêtés sont pure fiction.

*****

" Etrange, la mémoire. Cet été-là, tout se préparait."

Dynamique sexagénaire, Blanche Chardavoine-Fanlac dirige le "Vieux Manoir" une résidence de luxe pour seniors. Il fut naguère "Lion d'Or" hôtel de prestige géré par sa grand-mère. Et la narratrice de se remémorer le séjour de Jacques Prévert, en cet établissement, durant l'été 1955, "l'été des rats", particulièrement nombreux ces mois-là....Le poète accueillait avec bienveillance la petite fille qu'était Blanche, lui enseignait son art, sa vision de la vie... 

L'été 2010 - présent de la narration - va semer l'émoi et bientôt l'effroi parmi les résidents du Vieux Manoir: une série de meurtres sont commis dont le modus operandi épouse singulièrement un poème de Prévert, consigné dans le livre d'or de l'hôtel......

Que s'est-il donc passé, cinquante-cinq ans plus tôt qui pousse le meurtrier à venger son passé? 

Je vous laisse le découvrir, vous souhaitant une belle fin ...d'été

A Elter

L'été des rats, Polar dédié à Prévert, Martine Cadière, Ed. Mols, mai 2016, 250 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 08 16

Uchronie

téléchargement.jpg" Tous les ressuscités vous le diront: l'amour est le plus important."

 Belle uchronie que nous propose le romancier: imaginons qu'Arthur Rimbaud ne soit pas mort, le 10 novembre 1891, dans un hôpital de Marseille, d'une carcinose généralisée, conséquence  fatale d'une tumeur au genou, que sa vie soit prolongée de trois décennies, d'une progéniture.....

Tentant n'est-il pas? 

Prêtant à l'hôpital  de la Conception, à Marseille,  une confusion de cadavres - l'homme qui est mort est un "va-nu-pieds", renversé par un fiacre - , à son directeur la volonté d'étouffer cette fatale erreur, Thierry Beinstingel offre à Arthur une nouvelle vie, tant il est vrai que "les poètes ne meurent jamais."

Mué en Nicolas Cabanis et en ((futur) gérant d'une carrière de marbre près de la frontière belge, Arthur Rimbaud entretient le contact qui le lie à sa chère soeur Isabelle, se marie.. avec Marie, engendre deux enfants, Hortense et Justin, et surtout, assiste en témoin privilégié,  à la constitution du mythe rimbaldien.

Une fiction subtile doublée d'un récit de très belle facture.

AE

Vie prolongée d'Arthur Rimbaud, Thierry Beinstingel, roman, Ed. Fayard, août 2016,  416 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 08 16

Police ...de caractère

9782246861447-001-X_0.jpeg" Je ne pourrai pas faire ce métier, alors j'ai essayé de le raconter, explique Hugo Boris. J'avais envie d'être avec eux dans la voiture, cette fameuse nuit, lorsque leurs vies s'apprêtent à basculer."

Si le roman, merveilleuse découverte de la rentrée littéraire, sent le vécu, c'est tout simplement que son auteur a joué le jeu. Il a voulu connaître le quotidien des gardiens de la paix, l'enjeu de leurs missions, s'est introduit au "17", intégré au-delà de toute attente. C'est de "collègues" qu'il nous parle en quelque sorte.

Coup de génie, la police inversée du titre est "une invitation à traverser le miroir"

Vous serez ravis de l'avoir acceptée...

Virginie, Erik et Aristide, protagonistes de cette équipée, ont, eux, tout lieu de regretter l'acceptation d'une mission "de renfort" à haut risque de repentance: il s'agit d'amener à l'aéroport Charles de Gaulle un migrant tadjik pour qu'il soit renvoyé dans son pays. Il ne fait pas de doute qu'il y sera massacré.

Il ne fait pas plus de doute que le trio d'intervention risque tout simplement sa carrière s'il n'obéit à l'ordre de mission...

Pris en tenaille de ce drame humanitaire et de conscience, le lecteur est saisi d'irrésistible empathie. Il réfléchit lui aussi, interroge sa conscience, se révolte, se résigne peut-être...

C'est le prodige de l'écriture de Hugo Boris,  factuelle, précise et puissante et d'un pouvoir d'introspection assez remarquable.

Un vrai coup de coeur dans le rentrée-viseur.

Apolline Elter

 

Police, Hugo Boris, roman, Ed. Grasset, août 2016, 198 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 08 16

« Comprimé d'aspirine, dans la force de l'âge, cherche bonne migraine avec qui se mesurer. » (Pierre Dac)

La méthode anti migraine.jpgLe Dr Elizabeth Leroux est neurologue spécialisée en médecine des céphalées. Elle dirige la Clinique de la migraine et des céphalées à Montréal où elle est également chercheuse et enseignante.

Elle a fait paraître chez Flammarion à Paris, préfacé par le Dr Dominique Valade, ancien chef de service du Centre Urgences Céphalées de l’hôpital Lariboisière, La méthode anti migraine, un beau guide abondamment illustré destiné à prévenir et combattre cette maladie neurologique qui touche près de 15% de la population mondiale.

Écoutons-la :

« Invisible mais bien réelle, la migraine n'est pas “un petit mal de tête ordinaire”. Elle est douloureuse et invalidante. Les avancées de la science permettent aujourd'hui de mieux en comprendre les causes et de déconstruire les idées reçues. Si le traitement miracle n'existe pas, la prise en charge globale et l'autogestion de la migraine sont possibles. »

Son livre répond aux questions fréquentes sur la définition de la migraine, ses déclencheurs, ses différentes catégories et ses mécanismes.

Les conseils et traitements qu’elle y fournit s'articulent autour de trois axes :

– la modification des habitudes de vie ;

– les traitements de crise ;

– les traitements de fond et de prévention.

Destiné aux personnes atteintes de migraines, à leurs proches et aux professionnels de la santé, cet ouvrage insiste sur l'importance de la collaboration patient-médecin. Il vise à donner des outils pratiques aux migraineux et à redonner espoir à ceux d'entre eux qui souffrent sans oser le dire.

Bernard DELCORD

La méthode anti migraine par le Dr Elizabeth Leroux, préface du Dr Dominique Valade, Paris, Éditions Flammarion, janvier 2016, 191 pp. en quadrichromie au format 17,6 x 21,6 cm sous couverture Intégra en couleurs, 19,90 € (prix France) 

Sommaire : 

INTRODUCTION - Comprendre pour mieux vivre

CHAPITRE 1 -Migraine ou mal de tête ?

Le diagnostic des maux de tête

Le diagnostic de la migraine

Les autres diagnostics

CHAPITRE 2 -Histoire de 1a migraine et épidémiologie

La migraine dans 1a société

Pourquoi ne prend-on pas 1a migraine au sérieux ?

CHAPITRE 3 -Les symptômes et la biologie de la crise migraineuse

Les techniques de recherche

À l'échelle macroscopique : les structures cérébrales

À l'échelle microscopique : l'électricité et la communication chimique

Les phases de la crise migraineuse

CHAPITRE 4 -Les catégories migraineuses et les liens avec d'autres maladies

La migraine selon la fréquence des crises

Les facteurs de chronicisation

La migraine et les autres maladies

CHAPITRE 5 -Des choix thérapeutiques complexes

La communication médecin-patient : un défi de taille !

Comment choisir la bonne approche thérapeutique ?

L'approche globale de la migraine : les trois axes de traitement

Quelques concepts de base sur les médicaments

L'efficacité des traitements : les études scientifiques, l'effet placebo et l'effet nocebo

Les médicaments et les produits naturels

Les interventions difficiles à étudier scientifiquement

S'ouvrir l'esprit et collaborer

CHAPITRE 6 -Les habitudes de vie anti migraine

Les déclencheurs des crises

Les habitudes de vie antimigraineuses

CHAPITRE 7 -Casser la crise

L’objectif du traitement de crise

Les traitements disponibles

Les autres techniques : optimiser le traitement

Quelques réflexions sur le traitement de crise

Le status migrainosus : une crise qui n'en finit plus

CHAPITRE 8 -Prévenir les crises

Les traitements disponibles

Comment utiliser 1es traitements préventifs ?

La neuromodulation, une nouvelle approche

Le parcours du combattant

CONCLUSION - Éducation, collaboration, structures et recherche !

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Vie pratique | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 08 16

Le roi de la comédie musicale...

Mr Gershwin – Les gratte-ciel de la musique.jpegIntitulé Mr Gershwin – Les gratte-ciels de la musique, le conte musical de Susie Morgenstern illustré par Sébastien Mourrain publié à Paris aux Éditions Didier Jeunesse est une belle réussite, propre à faire découvrir par les jeunes et les moins jeunes l’univers créatif de l’un des plus grands compositeurs américains du XXe siècle, né et 1898 et mort en 1937 des suites d'une désastreuse intervention chirurgicale au cerveau.

En voici l’argument :

« La famille Gershwin fait l’acquisition d’un piano. La mère, Rose, veut faire de son fils aîné Israël, dit Ira, un grand musicien. Mais voilà que George, le fils cadet, s’installe devant l’instrument et se met à jouer…

Et le piano sentimental de relater la vie du jeune George Gershwin, enfant dissipé de Brooklyn, qui devint un immense musicien. Un destin extraordinaire porté par la voix chaude et facétieuse de Susie Morgenstern, et une occasion unique de découvrir les plus belles comédies musicales de Broadway ! De Rhapsody in Blue à Un américain à Paris, en passant par Porgy and Bess, sans oublier les débuts déjà prometteurs et moins connus de Gershwin.

À travers le regard bienveillant d'un piano complice et admirateur, Susie Morgenstern qui, avec son accent américain aux teintes chaudes, campe avec brio une mère drolatique, redonne vie à ce musicien touche-à-tout, de ses débuts à Tin Pan Alley jusqu'aux grands chemins de la comédie musicale. Gershwin vit, compose et expérimente sans cesse, ne veut pas perdre de temps et fait sonner son piano comme personne, nous portant au-delà des flèches des gratte-ciels. »

Les illustrations de Sébastien Mourrain reconstituent à merveille l'univers du New York des années 1920 et 1930.

Une belle œuvre initiatique !

Liste des chansons :

1 - LE PIANO * Girl Crazy (ouverture) * Sweet and Low-Down 2 – IRA * Prélude pour piano n°3 3 – GEORGE * Prélude pour piano n°1 * Sweet and Low-Down 4 – MORRIS * When Do We Dance? 5 – ROSE Humoresque de Dvorak * When You Want ‘em, You Can’t Get ‘em * Tra-la-la 6 - LE PROFESSEUR * Tra-la-la (instrumental) * I Got Rhythm 7 – BROADWAY * I Got Rhythm (variations) Mazel tov, Malcolm Laws, Nainita Desai * Hello Good Mornin’ 8 – FRANCES Freylekhs, Robin Jeffrey, Roddy Skeaping * ’S Wonderful 9 - TIN PAN ALLEY * The Supreme Court Judges * Street Exhibit 10 – HARLEM * The Real American Folk Song * Fascinating Rhythm 11 - NEW YORK * Swanee * Rhapsody in Blue * I’ll Build a Stairway to Paradise 12 – PARIS * An American in Paris

Titres en versions intégrales :

13– * Rhapsody in Blue (16’27) 14 – * Summertime (4’49) 15 – * I got plenty o ’ Nuttin ’ (2’52) 16 – * I got rhythm (3’46) 17 – * Heaven on Earth (2’11)

Bernard DELCORD

Mr Gershwin – Les gratte-ciels de la musique, un conte musical de Susie Morgenstern illustré par Sébastien Mourrain, Paris, Éditions Didier Jeunesse, collection « Un livre, un CD », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 27,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 23,80 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Musique | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 08 16

Tendresse et nostalgie !

 

couve moun lakou.jpgC'est une merveilleuse remontée dans l'enfance, une description pittoresque et si vraie d'un village en Jamaïque. Mais c'est aussi un trajet pour s'en éloigner et vivre autrement : de la Jamaïque vers la Guadeloupe et vers la Floride. « Moun Lakou » est un roman coloré et passionnant à suivre. Le « lakou » est un logement misérable.

L'auteure, Marie Léticée, est professeur de littérature et de langue à l’université de la Floride Central (UCF) ou elle enseigne depuis 1988. Dr. Léticée a publié des articles dans Callaloo, Labrys Review et dans Secolas Annals. Elle a aussi reçu plusieurs bourses d’initiative et un prix de l’enseignement à UCF. De plus, elle a créé plusieurs nouveaux cours tels que : La poésie noire des Amériques, la littérature francophone, la littérature antillaise, la littérature créole et le français des affaires. Elle écrit sur plusieurs plans : le roman et l'écriture du roman, dans un style qui ne peut que nous accrocher et nous intéresser. On est dans l'humain, avec les odeurs, les décors, les conversations. Mais aussi la profondeur qui s'en dégage : « La vie, ma chère, n'est qu'une suite de maintenant » ou l'humour, comme ce passage sur les fêtes de Noël et les cantiques pour les « blancs » !

Justement, les dialogues et souvent les mots sont dans leur langue originale, parfois en anglais, parfois en créole. Elle raconte ainsi ceux qui avaient séjourné en France : « Ils nous revenaient tous enrobés de français de Fwans, ce qui leur donnait le droit de nous considérer comme des arriérés sans avenir, emprisonnés que nous étions dans les pattes de notre créole grosso modo. Ils me fascinaient. »

Par la magie de son talent, on comprend presque tout : « Dèmen, si pwèta Dié » ne doit pas être traduit.

Le roman de Marie Léticée est truffée de petites merveilles de phrases. Pour décrire la « cour Monbruno », l'endroit où elle vit son enfance, elle écrit : « Une véritable toile d'araignée où maintes vies se perdaient, englouties par les entrailles voraces de la misère. »

Mais je ne peux pas dire mieux que ce texte d'un lecteur : « Ce roman, un délicat voyge dans les souvenirs d'une île d'avant la modernisation. Le goût des plaisirs simples : des jeux en plein air, des plats préparés pour survivre, des relations directes avec autrui et surtout ses voisins. Bref, une régression qui n'érige pas le passé en élément parfait d'une époque ou d'une existence, mais plutôt comme déclencheur de sourires et de questions sur soi-même. »

Jacques MERCIER

« Moun Lakou », roman, Marie Léticée, édition Ibis Rouge www.ibisrouge.fr , 132 pp, 14X22cm, Photo Jean-Paul Leclercq, 15 euros

 

Écrit par Jacques Mercier dans Jacques Mercier, Récits, Romans, Société | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 08 16

Le monde comme il fut et comme il va...

Bescherelle Chronologie de l'histoire du monde contemporain .jpgParu sous la direction de Marielle Chevallier et rédigé par une équipe d’agrégés d’histoire comme elle [1], le Bescherelle Chronologie de l'histoire du monde contemporain – De 1914 à nos jours, abondamment illustré, aborde son sujet à travers 142 dates clés particulièrement emblématiques pour mieux en comprendre les enjeux.

Le récit démarre le 28 juin 1914, avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand pour se clore le 27 janvier 2015, quand l’organisation État islamique est chassée de Kobané.

C’est un Bescherelle : l’organisation en est donc claire, et la mise en page efficace.

Au début de chacune des six parties (1914-1920 : la Première Guerre mondiale ; 1920-1939 : la montée des totalitarismes ; 1939-1946 : la Seconde Guerre mondiale ; 1947-1972 : la guerre froide et l’émergence du tiers- monde ; 1973-1991 : les « années grises » ; 1992-2015 : vers un nouvel ordre mondial ?), une grande frise chronologique permet de repérer visuellement les dates clés de la période.

Puis, au fil des doubles pages, chaque événement est exposé avec précision, en textes et en images, avec des encadrés pour restituer le contexte et expliquer la portée des faits.

À intervalles réguliers, des dossiers approfondissent des moments ou des tendances clés de la période.

À la fin de l’ouvrage, on trouve une chronologie détaillée, déroulant 800 dates significatives, et un index pour faciliter la recherche d’un événement, d’un personnage ou d’un lieu marquant.

L’histoire pour tous !

Bernard DELCORD

Bescherelle Chronologie de l'histoire du monde contemporain – De 1914 à nos jours, ouvrage collectif sous la direction de Marielle Chevallier, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », août 2015, 434 pp. en couleurs au format 15 x 22,5 cm sous couverture Integra en quadrichromie, 15,99 € (prix France). Existe en version e-book au prix de 10,99 €

 

[1] Axelle Guillausseau, Jean-Philippe Renaud & André Robert.

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 08 16

Déesse du stade...

Riefenstahl Qui suis-je.jpgSculpteur et photographe, écrivain et formateur dans les arts du dessin, fervent pratiquant de danse, d'arts martiaux et de sports de montagne, Gérard Leroy a, de son propre aveu, subi l’influence artistique de Leni Riefenstahl (1902-2003) et d’Arno Breker (1900-1991) [1], deux artistes aujourd’hui traités en pestiférés pour avoir été associés aux menées et à la propagande du nazisme.

Il a fait paraître chez Pardès à Grez-sur-Loing un essai fort intéressant et très documenté intitulé Riefenstahl – Qui suis-je ? dont nous ne saurions trop conseiller la lecture en cette période de Jeux olympiques.

Écoutons-le :

« Leni Riefenstahl demeure la cinéaste la plus controversée de l'histoire du cinéma parce qu'elle côtoya en amie Adolf Hitler et que ses monuments filmiques furent bâtis au temps du IIIe Reich.

Née au sein d'une famille bourgeoise, jeune fille sportive, elle devient une danseuse expressionniste célèbre avant de devoir renoncer à une brillante carrière à la suite d'un accident au genou. En 1926, Arnold Fanck lui confie son premier rôle d'actrice (dans La Montagne sacrée), faisant rapidement d’elle une égérie du cinéma muet [2].

En 1932, elle réalise son premier film : La Lumière bleue, appel à la tolérance et au respect d'autrui (Lion d'argent à la Mostra de Venise). Sous le régime national-socialiste, elle connaît une immense renommée en tournant l'un des plus grands films de propagande, Le Triomphe de la volonté (1935) [3], sur le congrès du Parti à Nuremberg en 1934 – il sera récompensé par la médaille d'or du cinéma, à Paris, en 1937 –, ainsi que Les Dieux du stade (Olympia, 1938) [4], sur les Olympiades de Berlin, certainement le plus grand film sportif jamais réalisé [5].

Après la guerre, poursuivant toujours sa quête du Beau, elle devient la photographe émerveillée du peuple africain des Nouba et la cinéaste des fonds sous-marins (elle passe son brevet de plongée sous-marine en 1973, à 71 ans). Femme pionnière, elle a suscité admiration, haine et jalousie. Son dernier film, Impressions sous-marines, date de 2002, quelques mois avant son décès à 101 ans. »

Ajoutons que l’ouvrage de Gérard Leroy contient de nombreuses illustrations inédites (dont quelques dessins de l’auteur) tout en fournissant une bibliographie et une filmographie très complètes.

Bernard DELCORD

Riefenstahl Qui suis-je ? par Gérard Leroy, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », novembre 2015, 127 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

 

[1] Auquel il a consacré un essai biographique chez le même éditeur, dans la même collection.

[2] C’est le début d’une carrière relativement prolifique d’actrice de films de montagne. Elle acquiert une grande popularité auprès du public en jouant les personnages principaux de films comme Le Grand Saut, L'Enfer blanc du Piz Palü, Tempête sur le mont Blanc et L'Ivresse blanche, pour lesquels elle doit apprendre l’alpinisme et le ski. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Leni_Riefenstahl)

[3] Après La Victoire de la Foi (Sieg des Glaubens, 1933). Pour Le Triomphe de la volonté, elle mobilise 16 équipes de tournage (plus de 100 personnes) et récolte plus de 60 heures de documents.

[4] Pour le réaliser, elle met en œuvre une pratique jusqu’alors inédite, puisqu’elle filme les différentes épreuves. L'équipe du film comprend plus de 300 personnes, dont 40 cameramen. Ces derniers travaillent plusieurs mois avant les débuts des compétitions afin de mettre au point des techniques inédites, comme l’utilisation de la caméra catapulte pour les épreuves de saut et de caméras sous-marines pour celles de natation, ou la mise en place de rails de travelling le long des pistes d'athlétisme. Le budget du film est de 1,8 million de Reichsmarks, entièrement couvert par le régime nazi. Le travail de montage, qui durera 18 mois, donnera naissance à deux parties distinctes du film Olympia : Fête des peuples (Fest der Völker) et Fête de la beauté (Fest der Schönheit). Les images sportives y exaltent la virilité et la force martiale, notamment à travers l'esthétique du corps masculin athlétique et par le recours à différentes techniques de cadrage innovantes. La première projection du film (les deux parties durant en tout près de quatre heures) aura lieu le 20 avril 1938, en hommage à l’anniversaire du Führer.

[5] Le film a reçu le Deutschen Filmpreis 1937-38, le prix suédois Polar-Preis 1938, une médaille d'Or olympique du Comité international olympique en 1938 et un diplôme olympique en 1948 au Festival de Lausanne. Après la Seconde Guerre mondiale, Olympia est avant tout considéré comme une œuvre de propagande du IIIe Reich. Plus tard, dans les trois dernières décennies du XXe siècle, les qualités techniques et esthétiques du film trouvent davantage d'écho, marquant la réhabilitation de Leni Riefenstahl en tant que cinéaste. La revue Les Cahiers du cinéma lui accorde une interview dès septembre 1965. Plusieurs auteurs soutiennent cette évolution, notamment Jonas Mekas, qui écrit en 1974 : « Et voici ma dernière déclaration à propos des films de Riefenstahl : si vous êtes un idéaliste, vous y verrez de l'idéalisme ; si vous êtes un classique, vous verrez dans ses films une ode au classicisme ; si vous êtes un nazi, vous y verrez du nazisme ». Les droits du film ont été rachetés en 2003 par le Comité international olympique et en 2005 Time.com a classé Olympia parmi les 100 meilleurs films de tous les temps. Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dieux_du_stade_(film)...

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 08 16

Le premier de la rentrée

 CLERMONT_c.jpg

"La première chose que je vis d'elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu'enserrait la bride d'une sandale bleue."

Ains'Incipit le roman d'Adelaïde de Clermont -Tonnerre, deuxième de sa plume, qui d'emblée saisit le lecteur aux rêts d'une intrigue passablement addictive, l'entraîne de l'Allemagne vaincue de 1945 au New York des années '70, celui des magnats de l'immobilier et de la warholienne Factory.

Et le même lecteur d'osciller d'une époque à l'autre, en une pendule adroitement alternée de chapitres flashbacks et de narrateurs.

Mais encore

"Il s'appelle Werner. Werner Zilch Na changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres."

 Né de la plus tragique manière, d'une mère mourante,  en un Dresde bombardé , "une nuit de disgrâce de février [1945]", Werner Zilch est recueilli dans un premier temps par sa tante,  Marthe Engerer, puis adopté par un couple d'Américains, middle class.

Avec Marcus, son ami d'enfance, il va gravir avec aplomb et sans scrupules, les échelons d'accès à la fortune.

Côté coeur, il engrange une relation passionnelle avec Rebecca Lynch, une jeune fille richissime aussi belle qu'imprévisible . Le destin s'infléchit lorsque Werner rencontre Judith, la mère de Rebecca:  l'effroi de cette dernière à sa vue précipite le jeune homme dans une quête douloureuse de ses origines : est-il né d'un père tortionnaire nazi? 

Avec, en filigranes, la figure historique de Wernher von Braun, un des concepteurs du missile V2,  récupéré par les Américains après avoir servi le IIIe Reich nazi, la narration prend d'emblée l'allure implacable, impeccable d'un thriller, sur fond d'amour et de dilemme inextricables.

Il y a du best-seller dans l'air

Apolline Elter

 Le dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont- Tonnerre, roman, Ed. Grasset, août 2016, 492 pp

Écrit par Apolline Elter dans Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 08 16

« L'amour est un plat tonique. » (Jean Richepin)

Toute une vie d'amour.jpgÉcrit à quatre mains par Jacques Mercier et sa fille Sophie, Toute une vie d’amour paru chez Academia-L’Harmattan à Louvain-la-Neuve fait le tour de la vie d’un couple d’aujourd’hui, du coup de foudre jusqu’au bout de l’existence, en se focalisant sur dix étapes saisies en brefs instantanés :

– La rencontre

– La lune de miel

– La « discute »

– Les tâches

– L’attente d’un enfant

– Devenir parents

– Comme d’habitude

– L’âge ingrat

– Nous vieillirons ensemble

– L’amour est éternel

Chacun de ces chapitres commence avec une description de la situation, joliment romancée par Jacques Mercier, et se conclut par l’opinion de sa fille qui est conseillère conjugale et familiale diplômée et thérapeute à Marcinelle.

Une manière originale et vivante de réfléchir à la vie comme elle va… ou comme elle devrait aller !

Bernard DELCORD

Toute une vie d'amour par Sophie et Jacques Mercier, Louvain-la-Neuve, Éditions Academia-L’Harmattan, collection « Livres libres », avril 2016, 110 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 13 €