25 10 16

Lettre en abyme

 

_Dugardin.jpgC'est un des cadeaux de ma fille Sophie pour mon anniversaire ; je le partage avec vous ! Si nous avons une chose en commun, c'est bien le rapport « particulier » avec notre mère. Parfois facile, heureux, parfois moins. Les textes poétiques de « Lettre en abyme » de Marc Dugardin en sont une illustration superbe. Le livre est né de la lecture de «Carta a mi madre » (Lettre à ma mère) de Juan Gelman, poète argentin mort en 2014.

 

Dans la préface, Jacques Ancet note très justement : « Ce qui fait le prix de ce petit livre bouleversant, c'est la simplicité déchirée, déchirante d'une écriture qui tente, à travers douleur et séparation, de renouer un lien rompu, le lien primordial sans lequel vivre est un déchirement infini. »

 

Je vous propose trois courts extraits pour vous donner envie de partager avec l'auteur cette relation mise en mots (et en abyme) :

 

C'est enfantin ce que je vais écrire :

Je vois une joue, la marque des griffes

et les mots me viennent

comme d'un petit fauve

en attente d'être léché

 

Je t'ai écrit

comme si l'on avait inversé les rôles

pour dévider un peu de tendresse

sur l'écheveau de ta propre histoire

 

Parfois nous nous faisons plus légers

avec des chansonnettes où le loup

est tenu à l'écart

avec des syllabes douces

sur nos écartèlements

 

Comme l'écrit Marc Wetzel dans son blog "Traversées" : "Naître, n'est-ce-pas, comme deux convois synchros, avoir sa "correspondance" dans le tunnel premier d'un corps y engageant l'autre ? Quelle plus abyssale concordance de destins qu'une série de contractions ? Et qu'est-ce que la poésie, sinon un langage aux ordres de ses propres contractions ?" 

 

 

Jacques MERCIER

 

« Lettre en abyme », poèmes de Marc Dugardin, Edition Rougerie 2016, 80 pp. 13 euros.

 

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