30 01 17

Galerie de félons…

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich.jpgSurnommé « le détective de l'histoire », Jean-Paul Lefebvre-Filleau, ancien colonel de gendarmerie, diplômé de l'université en droit, criminologie et théologie, a publié une vingtaine d'ouvrages, dont le dernier, réédité aux éditions De Borée en 2016, s’intitule La Franc-maçonnerie au cœur de la République, de 1870 à nos jours.

Il vient de faire paraître aux Éditions du Rocher à Paris Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich, un véritable Who’s who de la trahison – le parcours personnel particulièrement significatif de 77 idéologues, naïfs, antisémites, opportunistes, affairistes, stipendiés, renégats ou bandits de grands chemin – fondé sur une documentation abondante et étayé d’un impressionnant appareil de notes.

On y voit pourquoi et comment ces individus d’origines fort diverses ont basculé dans le camp de l’ennemi, allant parfois jusqu’à s’en asperger les mains de sang.

Une impressionnante enquête au cœur des ténèbres de l’âme humaine !

Bernard DELCORD

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich par Jean-Paul Lefebvre-Filleau, préface de Gilles Perrault, Paris, Éditions du Rocher, janvier 2017, 550 pp. en noir et blanc au format 15,3 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

 

LISTE DES COLLABORATEURS

Les politiques :

ALIBERT Raphaël

BAUDOUIN Paul

BEUGRAS Albert

BONNARD Abel

BOUT DE L'AN Francis

BUCARD Marcel

DÉAT Marcel

DORIOT Jacques

GABOLDE Maurice

HENRIOT Philippe, le « Goebbels » français

MARION Paul

PUCHEU Pierre

VALLAT Xavier

 

Les intellectuels :

ALGARRON André

BEAUPLAN Robert de

BENOIST-MÉCHIN Jacques

BERAUD Henri

BRASILLACH Robert

BRINON Fernand de

CÉLINE, Louis-Ferdinand

CHACK Paul

CHÂTEAUBRIANT Alphonse de

COUSTEAU Pierre-Antoine

FERDONNET Paul

HÉROLD Jean-Auguste, dit HÉROLD-PAQUIS

JEANTET Claude

LAUBREAU Alain

LUCHAIRE Jean

REBATET Lucien

SUAREZ Georges

 

Les militaires :

BASSOMPIERRE Jean

BRIDOUX Eugène

DAGOSTINI Raoul

DARNAND Joseph

DENTZ Henri

DUGÉ DE BERNONVILLE Jacques

FENET Henri

KNIPPING Max

LABORDE Jean de

LÉCUSSAN Joseph

MAYOL DE LUPÉ Jean de

PLATON Charles

PUAUD Edgar

RAYBAUD Émile

TISSOT Noël de

VAUGELAS Jean de

 

Les hauts fonctionnaires :

ANGELI Alexandre

BOUSQUET René

CHIAPPE Angelo

CUSSONAC René

DARQUIER DE PELLEPOIX Louis

FAY Bernard

LABROUE Henri

LELONG Georges

MARION Charles

SÉZILLE Paul

TOUVIER Paul

 

Les chefs d'entreprise :

BERLIET Marius

BICHELONNE Jean

BRUNETON Gaston

DEWOITINE Émile

JOANOVICI Joseph

LAGARDELLE Hubert

LESCA Charles

SZKOLNIKOFF Mandel

 

Les repris de justice :

ANDRÉ Francis, dit « Gueule-Tordue »

BONNY Pierre

CARRÉ Mathilde

DANOS Abel

DELFANNE Georges, dit Christian MASUY

FILIOL Jean

GLÈBE D'EU Guy

LAFONT Henri

MARTIN Frédéric, alias Rudy de MÉRODE

PAOLI Pierre-Marie

SOLNLEN Maurice, alias Jean MANSUY

VILLAPLANA Alexandre

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29 01 17

Bataille pour un château-fort…

Vengeance.jpg« Un château médiéval, un parc boisé, trois propriétaires, une indivision...

Louis d'Érezée vit seul avec sa mère agonisante dans cette forteresse familiale, mais son frère Maximilien et sa sœur Colienne, tenus à l'écart de sa gestion, en exigent la vente. Ils s'affrontent avec dureté, persuadés chacun que leur avenir dépend de l'issue du combat.

L’aîné s'accroche à une vision digne de l'Ancien Régime, les deux autres ne cherchent qu'à vivre avec leur temps. Ce conflit violent, lié aux particularités de letur éducation singulière, mobilise toute leur énergie. En pure perte, comme dans la majorité des conflits. »

Tel est le texte de la quatrième de couverture du passionnant roman Vengeance rédigé et publié par le marquis Charles de Trazegnies né à Bruxelles en 1946 [1].

On s’en voudrait de déflorer le scénario de cet excellent livre et ses multiples rebondissements, mais on ne peut s’empêcher d’établir un lien avec la longue bataille juridique que mena l’auteur, entre 1997 et 2008, contre son frère et sa sœur pour obtenir la sortie d’indivision et la mise en vente de la forteresse médiévale de Corroy-le-Château, finalement acquise par l’artiste Wim Delvoye [2].

Charles de Trazegnies ne dit d’ailleurs pas vraiment le contraire dans son avertissement : « Bien qu’il décrive une réalité – c’est nous qui soulignons –, ce roman est une œuvre de fiction peuplée de personnages imaginaires ».

Des fantômes fort agressifs…

Bernard DELCORD

Vengeance par Charles de Trazegnies, Bruxelles, Éditions Le Roseau vert [3], mai 2016, 314 pp. en noir et blanc au format 15 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 €

 

[1] Il a longtemps exercé la profession d'éditeur (plus de 120 livres publiés, dont certains “best sellers” en Belgique) et de traducteur (une vingtaine de livres traduits du néerlandais et de l'anglais). Il est par ailleurs l'auteur de poèmes, de récits et de nombreux contes imaginaires.

[2] http://www.lavenir.net/cnt/112576 &

http://archives.lesoir.be/wim-delvoye-se-paye-corroy_t-20080923-00J2QY.html

[3] Rue de la Tulipe, 2 à 1050 Bruxelles.

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29 01 17

Fiction nucléaire…

Le cauhemar du Président.jpgLe premier roman du Belge Denis Ralet, Le cauchemar du Président, paru à Bruxelles aux Éditions Telarcom, décrit avec force détail et d’une plume alerte l’univers post-apocalyptique qui pourrait résulter d’une explosion nucléaire dans un futur proche.

En voici le pitch :

« Né en 1963, Charles Chabrolles est élu Président de la République française en 2022. Peu après, une explosion nucléaire en Antarctique place les hommes politiques et les consommateurs devant leurs responsabilités.

Le Président Chabrolles est alors confronté à des troubles climatiques, sécuritaires et économiques et, en 2027, l’Elysée est brièvement prise d’assaut.

En 2046, depuis sa retraite à Banon dans les Alpes de Haute-Provence, le Président Chabrolles observe la vie de ses contemporains à partir de 2027 : politique, éducation, économie, loisirs, violence, migrants…

Sur un ton parfois cynique ou désabusé, il décrit les dérives d’un monde en quête d’équilibre.

Ses dernières paroles, en 2047, furent “Honte à ma génération” ».

Avis aux amateurs du genre !

Bernard DELCORD

Le cauchemar du Président par Denis Ralet, Bruxelles, Éditions Telarcom, diffusion Éditions Weyrich, novembre 2016, 240 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 €

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28 01 17

« Plus les éléments employés sont purs, plus l'œuvre est pure. » (Édouard Vuillard)

Bonnard & Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière .jpg

Les « Nabis » est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier vers 1888. Le terme Nabi, ou nebiim signifie en hébreu, dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, Nabi a été traduit par « prophète » « illuminé » ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ».

Ce cercle naît d'une controverse autour d'une peinture de Paul Sérusier, Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, réalisée sous la direction de Paul Gauguin, durant l'été 1888. Gauguin encourage Sérusier à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures et vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.

Lorsque Sérusier revient à Paris, son tableau fait naître des débats enflammés avec les autres étudiants de l'Académie Julian et de l'École des Beaux-Arts, sur le rôle sacré de l'art et de la peinture. Sérusier forme alors le groupe des Nabis, avec ses proches amis Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi ainsi que le sculpteur Aristide Maillol les rejoignent.

Ils se donnent tous un surnom, signe de leur initiation, et paraphent les lettres qu'ils échangent du sigle ETPMVMP (« en ta paume mon verbe et ma pensée ») [1].

Vuillard Jeune fille.jpg

 

Édouard Vuillard, Jeune fille la main sur la poignée de la porte (1891)

© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Jusqu’à la fin mars 2017, le musée d'Orsay présente pour la première fois dans ses murs l'ensemble de la donation de Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière consentie au cours de l'année 2010 et dont l'usufruit est tombé avec la disparition de Jean-Pierre Marcie-Rivière, le 6 janvier 2016.

Cette libéralité constitue un événement majeur dans l'histoire des collections publiques françaises qui coïncide avec la célébration des trente ans d'ouverture du musée.

La donation comprend 25 tableaux et 94 dessins de Pierre Bonnard [2] ; 24 tableaux, 3 pastels et 2 dessins d’Édouard Vuillard [3].

Commencée dans les années 1960 par André Levy-Despas, le premier mari de Zeineb Kebaïli, la collection a été poursuivie pendant plus de quarante ans par Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière.

Elle exprime une sensibilité aux sujets intimes et aux compositions mystérieuses parfois jusqu'à l'hermétisme ou la caricature. Soirées musicales, portraits saisis sur le vif, intérieurs avec personnages, scènes urbaines, témoignent des correspondances étroites entre Bonnard et Vuillard au temps des Nabis. Des tableaux de la maturité des deux artistes complètent cet ensemble d'œuvres créées dans les années 1890. À cette époque, Bonnard et Vuillard s'intéressent aux mêmes sujets avec une prédilection pour les scènes intimistes représentant leur univers familier [4].

Bonnard Chien sur la terrasse.jpg

Pierre Bonnard, Chien sur la terrasse (1917)

© Adagp - Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Le superbe catalogue de cette exposition, publié par les Éditions Flammarion et le Musée d’Orsay, s’intitule Bonnard/Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, rassemble 160 illustrations ainsi que des textes remarquables de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, des as de la vulgarisation artistique.

Un ouvrage somptueux !

Bernard DELCORD

Bonnard / Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, catalogue d’exposition avec des textes de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, Paris, Éditions Flammarion & Musée d’Orsay, novembre 2016, 172 pp. en quadrichromie au format 19 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)

Informations pratiques :

Musée d’Orsay

1 rue de la Légion d'honneur

75007 Paris

Salles 67, 68 et 69

Informations téléphoniques : 00 33 1 40 49 48 14

Métro : ligne 12, station Solferino

RER : ligne C, station Musée d'Orsay

Bus : 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

Horaires :

Ouverture de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche de 9h30 à 21h45 le jeudi.

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi.

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi.

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi.

Fermeture tous les lundis.

Tarifs :

Plein tarif : 12 €

Tarif réduit : 9 €

– Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

– Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Gratuit

– Pour tous le premier dimanche de chaque mois.

– Moins de 18 ans.

– 18-25 ans ressortissants ou résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Enseignants des établissements français du primaire au secondaire, munis d'un Pass éducation en cours de validité.

– L'entrée du musée est gratuite et prioritaire par la porte C pour la personne handicapée (mobilité réduite, déficience auditive, intellectuelle ou visuelle) et son éventuel accompagnateur, sur présentation d'un justificatif : cartes délivrées par une MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ou attestation étrangère équivalente, accompagnée d'une pièce d'identité avec photographie.

 

[1] [1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabi_(peinture)

[2] Peintre de personnages, figures, nus, portraits, paysages animés, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, Pierre Bonnard (1867-1947) est un artiste postimpressionniste membre du groupe des Nabis.

[3] Jean Édouard Vuillard (1868-1940) est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français. Membre fondateur du mouvement nabi, il s'est illustré dans la peinture de figures, de portraits, d'intérieurs, de natures mortes, de scènes intimistes, de compositions murales et de décors de théâtre.

[4] Plus d’informations sur http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/bonnard-vuillard...

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28 01 17

« La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid. » (Salvador Dali)

Tintin au pays des Soviets.jpgTintin au pays des Soviets (titre complet sur la couverture : Les Aventures de Tintin, reporter du « Petit Vingtième », au pays des Soviets) est le premier album de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin, créée par Hergé (1907-1983).

Alors responsable du Petit Vingtième, le supplément jeunesse du journal belge Le Vingtième Siècle, Hergé reçoit, de son rédacteur en chef l'abbé Norbert Wallez, la commande d'une bande dessinée dont le héros ferait un reportage en URSS. L'abbé fournit à Hergé le pamphlet Moscou sans voilesNeuf ans de travail au pays des Soviets publié en 1928 par Joseph Douillet (1878-1954), ambassadeur de Belgique en Russie [1], dont l'auteur s'inspire très fortement, ce qui fait de cette aventure une critique particulièrement virulente du régime communiste.

Hergé considère cette œuvre comme une « erreur de jeunesse ». En effet, il fait preuve d'inconstance dans le caractère des personnages et dans le ton anticommuniste, mais il introduit néanmoins l'usage exclusif du dessin et des phylactères dans la bande dessinée européenne, comme Alain Saint-Ogan avant lui, et il montre un réel talent pour représenter le mouvement et le son. Outre la première apparition des célèbres personnages Tintin et Milou, plusieurs moments de l'album sont passés à la postérité, par exemple la scène de la manipulation des élections.

L’histoire est prépubliée dans Le Petit Vingtième du 10 janvier 1929 au 8 mai 1930, puis paraît en album en septembre 1930. Elle est également publiée dans le magazine français Cœurs vaillants à partir d'octobre 1930. Rapidement introuvable en librairie et victime de la contrefaçon sur le marché noir, l'album n'est réédité par les éditions Casterman qu'en 1973, au sein des Archives Hergé. Jamais redessinée par les Studios Hergé, cette histoire reste dans son format original, en noir et blanc, jusqu'en 2017 [2], quand les éditions Casterman et la société Moulinsart SA, chargée de l’exploitation commerciale de l’œuvre d’Hergé, en publient une version colorisée [3].

La mise en couleurs amplifie la lisibilité du récit, la clarté des dessins et surprend par sa modernité, comme s'il s'agissait d'un nouvel album. Elle a été confiée dans le cadre des Studios Hergé à Michel Bareau, assisté de Nadège Rombaux [4].

Bien que cette publication se fonde sur des motifs purement commerciaux, le filon des aventures de Tintin et Milou s’épuisant, et qu’elle s’apparente fortement à un raclage de fonds de tiroir, force est de constater qu’elle constitue une belle réussite graphique…

Bernard DELCORD

Tintin au pays des Soviets par Hergé, Bruxelles, Éditions Casterman-Moulinsart, janvier 2017, 137 pp. en noir et blanc au format 22,6 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,95 €

Moscou sans voiles.jpg

[1] Douillet lived in Russia from 1891 to 1926. He served as the Belgian consul in Rostov-on-Don. It has been said that he "had spent so long in the country that he was almost more Russian than Belgian." In 1925 he was arrested in the USSR and was imprisoned for nine months before being expelled from the country.

In 1928 he published a book Moscou sans Voiles Neuf ans de travail au pays des Soviets, which condemned the Bolshevik regime. Among the charges recorded in the book are that the Soviet government created false factories to deceive foreign visitors. "The first part of Douillet's book was called: 'How the red paradise is portrayed', and is full of examples of how foreign visitors are deceived.

Another part of the book recorded how one Oebijkon coerced people into assenting for Communist rule during an election. "We see the communist comrade Oebijkon (who is resigning from the presidency) delivering a speech. This is what he says: 'We have three lists: one of these comes from the communist party. Let anyone who is against this list raise their hand!' At the same moment Oebijkon and four of his comrades pull their revolvers and direct them menacingly at the peasant audience. Oebijkon continued: 'Who votes against this list? No one? Then I declare that anyone voted for the communist list. There is no need to vote for the other two lists anymore.'" This episode would later be used in Tintin in the Land of the Soviets. (Source – en anglais uniquement : https://en.wikipedia.org/wiki/Joseph_Douillet)

[2] Année du centenaire de la Révolution d’Octobre.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tintin_au_pays_des_Soviets

[4] Source : http://www.decitre.fr/livres/les-aventures-de-tintin-tint...

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 01 17

Léon Bakst, un homme-orchestre prodigieux

L'exposition organisée dans la bibliothèque de l'Opéra Garnier - voir billet d'hier sur le blog du Pavillon de la Littérature - est soutenue d'un (très) beau livre somptueusement illustré, collectif d'auteurs, mené sous la direction de ses commissaires, Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq  L'ouvrage entretiendra la gloire d'un personnage, homme-orchestre hors du commun,  la mémoire de ses oeuvres et influences, au-delà de l'événement par trop éphémère organisé au Palais Garnier

Attention, il est encore largement temps d'en programmer la visite en votre agenda: l'exposition ne fermera rideau que le dimanche 5 mars.

Bakst.jpg" De fait, Bakst a mené sa carrière artistique sur tous les fronts: peintre de chevalet, décorateur de théâtre, portraitiste, illustrateur, il fut aussi l'une des figures de l'art décoratif dans ses aspects les plus divers."

Et Stéphane Barsacq de révéler l'art de l'aménagement de son arrière-grand-oncle (1866-1924) des décors intérieurs - chez des particuliers - à ceux de la scène et  des scénographies événementielles (expositions). Un art, un souci de cohérence, d'harmonie poussés jusqu'à la fabrication de meubles.

Son exubérance chromatique marque ses contemporains, Gide, Proust et Rodin. Il veille paternellement sur Picasso, forme Marc Chagall, son disciple. Il est ami de Cocteaun Apollinaire, Matisse et même de notre cher Emile Verhaeren, qu'il rencontre en 1912,à l'occasion de l'adaptation scénique par Ida Rubinstein de son fameux Hélène de Sparte.

Dieu que la guerre est jolie, Dieu que le monde est petit...

Survolant sa vie, son parcours, de Saint-Petersboug à Paris, sa pensée, toutes les faces de son art et d'une créativité sans bornes, qui l'aurait conduit à Holywood si la mort n'avait interrompu son envol, l'ouvrage, richement illustré, rend digne hommage à son génie.

Bakst, Des ballets russes à la haute couture, collectif sous la direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq, co-édition BNF/ Opéra de Paris, Albin Michel et AROP, nov.2016, 192 pages (dont 100 illustrations), 39 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 01 17

L'Univers, notre maître à penser ?

 

heymans.jpgA la fois scientifique et philosophique, le dernier essai de André Heymans « L'univers, notre maître à penser » est une (comme le dit le sous-titre) «Une nouvelle compréhension de l'existence pour une Terre heureuse. » Le livre n'est pas qu'une démonstration, qu'une théorie, puisque il s'achève avec « Une Charte de l'Humanité ».

J'avais déjà apprécié pour leur clarté les trois ouvrages précédents de cet essayiste (belge et plusieurs fois diplômé – maîtrise en philosophie, doctorat en droit, etc -, il vit à Ostende) : L'univers et l'homme. Pourquoi la Vie ? En 1997, L'universalisme ou la philosophie de l'espoir, En 2006 et La Révolution pour une nouvelle Civilisation, En 2011.

La présentation du livre en quatrième de couverture nous donne fort bien le propos : « Trop de problèmes majeurs aux effets désastreux se posent actuellement à l'humanité. Persévérera-t-elle à s'accroître impunément, à surexploiter les richesses naturelles de la Terre, à ne pas lutter efficacement contre le réchauffement de la planète ? Comment atteindre des solutions heureuses qui en plus mettront fin aux pénibles conflits territoriaux et religieux ? Comment résorber les inégalités offensantes entre quelques puissants dominateurs et la majorité des individus ? Aucune réussite n'est à espérer sans une nouvelle conception de l'existence qui telle une lame de fond assurera plus de solidarité, d'entraide, de confiance mutuelle. Il s'agit de repenser le plus loin possible le pourquoi et le comment de la réalité, à commencer par le phénomène grandiose et éblouissant qu'est l'univers : il est en mesure de nous donner des leçons magistrales. Mêlant vulgarisation scientifique et réflexion, cet ouvrage incite à aller de l'avant sur base d'une perception envoûtante de l'existence. Il ne manque pas de l'analyser sous ses aspects particulièrement attrayants, ceux que révèlent l'astronomie, la biologie, l'évolution des espèces. Et si l'auteur porte un regard très critique sur notre monde, il conclut néanmoins à la valeur exceptionnelle de l'être humain, pouvant se hisser au-delà des antagonismes et apporter son savoir et son dynamisme pour résoudre les difficultés les plus épineuses. Instructif, riche et accessible à tous, un message d'espoir malgré les défis, laissant deviner l'universalisme de l'homme de demain. »

 

En exergue de l'ouvrage, nous lisons : « Une grande espérance se lève pour ceux qui pensent » (Jean Guitton.)

Voici quelques courtes phrases qui donnent le ton et quelques idées de l'essai. Mais bien sûr, ce ne peut être qu'un pâle et rapide reflet du livre vraiment passionnant (et optimiste, finalement, ce qui nous change des décadences ou autres apocalypses du moment).

« Nous apprendrons que l'infini est indissociable de son contraire, les finitudes, qu'en respectant des constantes la force créatrice qui est régulatrice, que loin d'être dominée uniquement par la matière, l’existence est pénétrée d'immatérialité qui l'oriente et assure son plein épanouissement, que le bonheur, l'amour, la beauté constituent des objectifs majeurs. L'univers est notre maître à penser. »

« De l'inexistence du néant se déduit que l'existence en sa totalité est éternelle, indestructible, plénitude absolue, omniprésente, infinie. »

« Si l'Univers était sans conscience, il ne surgirait pas, alors que se différenciant du néant, il se déploie avec éclat. Ou bien, s'il s'exprimait sans se conformer à des règles qu'il s'est imposées, rien de valable ne s'organiserait. Tout échouerait lamentablement en confusions et destructions brutales incessantes, contrairement à l'existence qui de façon intrinsèque cherche à réussir avec abondance des ensembles structurés, tant minuscules qu'imposants. »

«Les particules élémentaires, les atomes, les molécules possèdent outre leur matérialité des propriétés immatérielles. La sensibilité, qui aboutit à la conscience, qui est accentuée par la connaissance. Indispensable aussi est la mémoire. »

«Si l'existence se manifestait uniquement comme infinité absolue, elle serait d'une morosité indescriptible. Les abondances de compositions et d'agencement décèlent au contraire une ivresse créatrice qui s'éteindrait rapidement sans stimulants procurant de hautes satisfactions. Ce sont le bonheur, l'amour, la beauté qui aident à surmonter et oublier la durée des expériences, le côté négatif des tentatives infructueuses, les échecs par la complexité des choses. Ce sont eux qui poussent l''existence à persister pour rayonner, se sentir heureuse, atteindre une plénitude d'être. Ils sont indissociables des propriétés immatérielles, depuis les particules élémentaires jusqu'aux champs et intelligences cosmiques. »

« L'être humain est tout un monde. Par son intelligence et sa sensibilité l'homme se sent uni aux fondements du majestueux système dont il dépend. »

« Par sa courte durée la vie incite à se parfaire en culture et humanisme pour recueillir les fruits savoureux d'un parcours réussi. »

« Certes, la mort est inévitable, mais elle n'est pas le critère décisif ; c'est la vie. »

« L'humanité doit se repenser. Tous nous sommes appelés à nous ouvrir pour plus de disponibilité, de fraternité, de paix, tous invités à être porteurs de valeurs pour assurer justice et bonheur. »

Pour tout vous avouer, c'est un livre tellement riche, complet et enthousiasmant, que je vais le relire pour mieux l'appréhender encore. Il fera donc partie des quelques rares livres que j'ai eu l'envie (et le temps) de relire !

 

Jacques MERCIER

« L'Univers, notre maître à penser », essai, André Heymans, Ed Société des écrivains 2015, 200 pp, Version papier 18,95 euros, Numérique 9,49 euros.

 

21 01 17

« Un coup de dés jamais n'abolira le hasard. » (Stéphane Mallarmé)

Le hasard a un goût de cake au chocolat.jpgAprès l’excellent Monsieur a la migraine publié chez Luce Wilquin en 2015 et centré sur le plaisir sexuel féminin, Valérie Cohen (°Bruxelles, 1968), qui est sans nul doute une des écrivaines belges les plus subtiles de ce début de siècle, a fait paraître chez le même éditeur un nouveau roman particulièrement succulent, intitulé Le hasard a un goût de cake au chocolat, dans lequel elle traite en touches pointillistes la question du hasard et de sa nécessité.

En voici le pitch :

« Le hasard existe-t-il ? Les coïncidences peuvent-elles avoir un sens ?

Impossible, vous dirait Roxanne. La charmante jeune femme vit aux côtés d'un compagnon peu loquace, d'une mère angoissée et d'une inséparable sœur. Lorsqu'elle reconnaît, sur un marché aux puces, une photographie de son arrière grand-oncle, ses certitudes sont ébranlées. Cette improbable rencontre la bouleverse.

Persuadée que les signes du destin guident ses pas, sa tante Adèle mettra tout en œuvre pour en convaincre sa protégée. Entre simples coïncidences et clins d'œil de l'existence, le quotidien tranquille de la jeune femme vacille... »

On admirera tout particulièrement le style de l’auteure, empreint de grâce et de simplicité, pour décrire des événements du quotidien avec une touche de fantaisie.

La lire est un plaisir !

Bernard DELCORD

Le hasard a un goût de cake au chocolat par Valérie Cohen, Avin, Éditions Luce Wilquin, janvier 2017, 138 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 €

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Romans | Commentaires (0) |  Facebook | |

21 01 17

Une femme engagée

 9782873869847 (1).jpgCe livre n'est pas un livre qui raconte la grande Histoire. Les historiens s'en sont déjà chargés. D'autres suivront. Ce livre raconte les souvenirs d'une petite fille, d'une adolescente, d'une femme qui voua à son père un amour, une admiration sans bornes. Une femme qui vécut dans son ombre, qui l'accompagna dans tous ses combats, ses victoires et ses défaites. Une femme qui se lança, elle aussi, en politique. Pour s'y faire un prénom, Antoinette, dans un parti fédéraliste, le dernier engagement de son père. Mais non le moindre.

D'entrée de propos Francis Van de Woestyne balise le contenu des quelque quinze entretiens réalisés en l'appartement d'Antoinette Spaak, de la lecture des carnets et notes que la femme d'Etat lui a confiés.  Les questions sont précises,directes, vives, les réponses fusent, sans tabou, qui donnent à la lecture un tour alerte, vivifiant. Prodigieusement intéressant.

De ce virus de l'action politique injecté par son  célèbre père, Paul-Henri Spaak,  la jeune femme ne fera usage qu' après son décès - le 31 juillet 1972 - la quarantaine passée, ses deux enfants élevés, vie de femme au foyer et de mondanités assumée... Elle embraie  sur la "conscience fédéraliste" que le grand homme lui a inculquée, entre au FDF,  à l'invitation conjointe de Lucien Outers et André Lagasse,  et poursuit parallèlement l'oeuvre de construction de l'Europe dont il fut un des pères fondateurs.

Si elle quitte officiellement la  vie politique en 1999, Antoinette Spaak garde une conscience aiguë de son évolution, du danger que représenterait pour les francophones une séparation entre les Wallons et les Bruxellois,  de l'asphyxie de gestion d'une Commission européenne dépassée par le nombre de ses pays membres .

Agnostique, républicaine, "femme engagée" et de tempérament, Antoinette Spaak  se révèle sans faux-semblants. Elle traduit une vraie ouverture d'esprit, un respect de la chose politique, de ses acteurs, qui dépasse les clivages traditionnels.  Ce faisant, elle offre  au lecteur une leçon de maturité, une leçon de vie des plus bénéfique

Apolline Elter

Antoine Spaak, Entretiens avec Francis Van de Woestyne, Ed. Racine, décembre 2016, 136 pp

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20 01 17

Lignée présidentielle

 

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 A l'heure où les Etats-Unis s'apprêtent à investir leur 45e président dans ses fonctions, il est bon de se pencher sur la lignée constituée par ses 44 prédécesseurs, les plus illustres, tels George Washington, premier président des States,  Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt, Abraham Lincoln, JFK, Richard Nixon, Bill Clinton,  Barack Hussein Obama... mais aussi ceux que l'Histoire a tus, John Tyler, James Buchanan, .. et je les passe, à mon tour aussi.

Galerie de portraits et de tempéraments, bilans d'actions et de mandats, étayés d'une solide documentation, l'essai offre un regard intéressant sur une séquence peu ordinaire: celle des "hommes les plus puissants du monde." Il s'assortit d'un précieux  glossaire commenté .

Les présidents des Etats-Unis, Histoire et portraits, Georges Ayache, essai, Ed Perrin, août 2016,  45 pp

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