11 02 17

Décadence

 

décadence.jpgAyant adoré le premier volume Cosmos de la Brève Encyclopédie du monde, une fresque crépusculaire et violente sur notre civilisation, de Michel Onfray, j'attendais beaucoup du suivant Décadence.

Je vous recopie quelques phrases d'une fort belle analyse du sujet : « Un torrent qui emporte avec lui vingt siècles de civilisation judéo-chrétienne, une fresque crépusculaire qui démarre avec l'invention du christianisme et s'achève avec le transhumanisme. Évêques, princes, chevaliers: à le lire, tous usent du crime, du mensonge et de la manipulation pour écraser les plus humbles. Après 1789, «les tartuffes de la probité » (Beaumarchais) succèdent aux tartuffes de la religion. Le lecteur ; qu'il soit catholique, admirateur de Rousseau, de Robespierre ou de Mai 68, y trouvera mille et une raisons de fâcherie. Le réac s'accrochera à l'éloge des Chouans, l'anticlérical aux pages sur les croisades, le scientiste à l'inexistence de Jésus. Il regrettera parfois les facilités, les outrances, ces moments où la fougue créatrice mêle le règlement de comptes au récit, mais reconnaîtra que l'auteur tient sa monture au galop du début jusqu'à la fin, que la charge fiévreuse n'épargne personne. Il serait vain cependant de chercher les erreurs historiques, de déconstruire cette déconstruction. Décadence n'est ni un livre d'histoire ni un manifeste. C'est un roman intérieur. Une impression obsédante sourd de cette symphonie funèbre. »

Moi qui suis optimiste, qui essaie de l'être, je suis perplexe devant un tel constat, peut-être juste. Je note par exemple, à propos de notre éducation sentimentale : « Depuis son origine, l'Eglise a été bien plus vétilleuse sur l'interdiction de la sexualité libre que sur la prohibition de la guerre, bien que dans le Décalogue il existe un commandement qui interdise de tuer mais aucun qui défende de jouir librement de son corps. Mais le christianisme est moins soucieux d'imiter le Jésus de paix qui pardonne et aime ses ennemis que le Paul de guerre qui allume des bûchers et associe son nom à une arme. »

Certains citent Spinoza à propos de la philosophie de l'Histoire de Michel Onfray : « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ». Ce qui m'attire cependant en lui, ce sont les levées de boucliers qu'il suscite ; c'est qu'il doit toucher juste ! On le trouve trop philosophe pour être historien, trop littéraire pour être philosophe ! Aujourd'hui, il communique avec sa WebTV et écrit jusqu'à 25.000 signes par jour, vêtu de noir comme un moine.

Dans ce livre, Michel Onfray décrète la fin de la civilisation judéo-chrétienne. Il nous promet des solutions dans le troisième volume, que j'attends avec impatience.

 

Jacques MERCIER

 

« Décadence », Michel Onfray, Edition Flammarion 2017, 24 x 4,2 x 15,4 cm, 656 pages, 22,90 euros.

 

 

 

Les commentaires sont fermés.