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Massacre à la machette…

Le génocide des Tutsi au Rwanda.jpgConstitutionnaliste et politologue belge, Filip Reyntjens est professeur émérite de droit et de sciences politiques à l'université d'Anvers. Ancien expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda, il a aussi participé à l'élaboration de la Constitution rwandaise.

Il a fait paraître à Paris, aux Éditions des Presses universitaires de France, dans la collection « Que sais-je ? », une brillante synthèse historique sur Le génocide des Tutsi au Rwanda, perpétré d'avril à juillet 1994 et qui fut exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d'un demi-million de victimes ont été exterminées en cent jours.

Elles sont généralement tombées sous les coups d'un très grand nombre d'assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires.

L’auteur tente de comprendre les ressorts de cette tragédie en répondant à des questions simples : comment s'est-elle déroulée ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Quelles séquelles a-t-elle laissées, au Congo notamment ?

Il montre aussi que ce génocide n'appartient pas qu'à l'histoire, car il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu'ailleurs, notamment en France où les controverses restent intenses et où les termes du débat sont souvent violents [1].

Et insultent la mémoire des victimes, Tutsi, Hutu modérés, Twa et casques bleus belges…

Bernard DELCORD

Le génocide des Tutsi au Rwanda par Filip Reyntjens, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », avril 2017, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

 

[1] Le gouvernement français était alors dirigé par Édouard Balladur tandis que François Mitterrand exerçait la présidence de la République, et leur attitude face aux crimes perpétrés par les génocidaires hutu, très nombreux dans l’armée rwandaise dont beaucoup de cadres avaient été formés dans l’Hexagone, est à tout le moins sujette à caution, voire pire…

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