18 04 17

Tournai, une ville en poésie

 


_m Dictionnairepoéticon.jpgDeux sorties « poétiques » donnent des couleurs à la littérature. Tout d'abord « Poéticon », qui son éditeur, François Van Dorpe, définit comme un « magalivre » (à la fois magazine et livre) : « C'est un terrain de jeux poétiques, proposant des expériences ou permettant aux lecteurs de proposer leurs idées ». Dans ce numéro zéro, on trouve par exemple cette belle expérience : quatorze artistes ont relevé le défi – dans le cadre de Tournai Ville en Poésie 2017 – de prendre un extrait d'un livre de la collection « Musique des Mots » et de créer une œuvre miniature inspirée par le texte. On peut suivre le résultat : l’œuvre et l'extrait du texte remis dans son contexte. Un exemple : Pascale Loiseau a créé une installation de nœuds et macramé avec caillou, fils de laiton, bronze, inox et cuivre pour ce texte de Jean-Louis Keranguéven : « Il faut toujours remettre en place chaque caillou chaque rocher afin qu'il nous surprenne encore disait mon père à marée basse. »

 

_traces fugace.jpg« Traces du fugace » est précisément édité pour garder la mémoire de créations poétiques courtes, nées de projets souvent spontanés grâce au Printemps des Poètes, à la ville de Tournai et à la Wallonie. Vous y découvrirez « Affiche ton poème », réalisé avec des écoles primaires de la ville. Savourons quelques trouvailles d'enfants de 3° et 4° primaires : « Comment dessiner un cauchemar ? / Avec un crayon ordinaire » (Apolline Ardennois), « Comment toucher la lune ? / Avec des mots tristes. » (Zoé Derycke), « Dans le jardin / J'ai ramassé l'univers. » (Mathias Dubois), « Qui écrit un poème dans l'arbre ? / Le printemps. » (Suzane Parent).

Vous avez peut-être suivi cette opération « Panneaux électroniques », une activité en cours d'Unimuse, de la Maison de la Culture et de la Ville. De courts textes furent diffusés sur les panneaux électroniques, tels ceux-ci : « Voir fourmiller Tournai et se dire : Il ne manque que le chant des cigales » (Olivier Delcourt), « Cabossés / Les mots ont leur beauté / Ils dissimulent leur vérité » (Jacky Legge), « Ce que j'aime dans la fermeture éclair, c'est l'éclair » (Françoise Lison-Leroy), « Écrire c'est s'ancrer en pleine terre pour mieux déployer ses ailes » (Colette Nys-Mazure).

Entre autres, dans ce livre très riche et passionnant, on découvre le résultat d'installations d'incises littéraires dans les 33 cimetières de Tournai. Un seul exemple : « Le vrai tombeau des morts c'est le cœur des vivants » (Jean Cocteau).

Les extraits des discours de l'échevin de la Culture, Tarik Bouziane, que l'on peut relire ici prouve que la poésie peut être au centre de toutes nos activités et qu'elle marquera profondément les citoyens que nous sommes ! Je suis particulièrement fier de cette ville poétique, où j'ai accompli une partie essentielle de mes propres études, il y a longtemps déjà...

 

Jacques MERCIER

 

Poeticon, N° 0, Les Déjeuners sur l'herbe, 54 pages, 20cm/21cm, 15 euros. www.poeticon.be

Traces du fugace, Les Déjeuners sur l'herbe, 94 pages, 20cm/21cm, 5 euros.

www.lesdejeunerssurlherbe.com

 

 

 

 

Écrit par Jacques Mercier dans Belge, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

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