30 06 17

La voix du Destin !

couverture-destins.jpeg« Celui qui a dit que le destin n’existe pas est un menteur. Car
il existe bel et bien et il est écrivain. Mais le pire dans tout
cela, c’est qu’il trouve son inspiration dans les trois milliards
de dossiers que composent nos existences. Alors vous pensez
bien qu’il ne se gêne pas pour raconter nos vies avec la suave
cruauté du chat devant la souris.
Ce livre, c’est un déferlement de secrets, un jeu de massacre
dont la partie ne se gagne qu’à grands coups d’incertitudes,
un labyrinthe où se croisent les âges, les gens et les époques.
Ouvrez-le et découvrez les destins perdus de Josiane, de
Maddox, de Janis, de René, de Lou et de bien d’autres encore. »

 

Cette présentation par l'éditeur du livre de Nancy Vilbajo « Le bureau des destins perdus » est parfaite. Le livre fut de plus « coup de coeur » des libraires lors de l'événement « Auteurs à la page ». Cette Binchoise n'est pas à son coup d'essai, mais elle nous surprend de livre en livre pour sa totale maîtrise de ce qu'on appelle « L'imaginaire belge » (à l'époque j'eus l'honneur d'être directeur littéraire d'une collection qui présentait cette mouvance : de Thomas Owen et Jean Ray jusqu'à Alain Dartelevelle, Jean-Baptiste Baronian et Jacques Crickillon. Les illustrations de François Bouton soulignent encore cette filiation.

Les séquences sont courtes, les dialogues nombreux et vivants, le suspense toujours présent. Un livre tel qu'on les aime !

Et ce Destin qui prend voix !

« Je suis toi, ta petite voix rien qu’à toi. Je suis ton enfance, je suis ta jeunesse, celle du temps où ton destin était encore un rêve. »

 

Pour vous donner le ton d'un des destins :

« Je me mis à donner des coups de pieds dans les cartables, à lancer les plumiers à l’autre bout de la pièce. Mais chaque objet revenait aussitôt à sa place comme si un doigt invisible avait appuyé sur le bouton «rewind» d’un vieux magnéto. Et vu que cela ne suffisait pas, les lettres tracées au tableau tombaient en poussière. Une à une, sournoises, mesquines et méchantes. »

 

Mais aussi :

« La pourpre d’un été finissant donnait à Calador une allure apocalyptique, un soir parfait pour la fin du monde. Et d’ailleurs, c’était bien la seule consolation du condamné, il aurait détesté mourir en hiver. »

 

Nancy Vilbajo est une de nos grandes écrivaines, qui s'affirme de texte en texte. Découvrez-la !

 

Jacques MERCIER

 

« Le bureau des destins perdus », Nancy Vilbajo, Edition Chat Ailé, 2017, de 18 à 22 euros. www.chaitaile.com

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30 06 17

Le bonheur de lire Jean d'Ormesson !

guide égarés.jpgVous avez peut-être manqué la sortie de ce merveilleux livre de Jean d'Ormesson ? C'est le moment de le découvrir. Ce « Guide des égarés » est comme toujours une source de beauté et de réflexion. Des courts textes dont les enchaînements vont de soi, comme si nous poursuivions avec l'auteur une longue et douce pensée toujours renouvelée.

Voici quelques phrases pour vous donner le ton :

 

La lumière n’est peut-être rien d’autre que le premier et le plus simple de nos bonheurs.

 

Nous ne voyons les arbres, la mer, les îles du Dodécanèse, les astres dans le ciel, les champs de lavande au printemps, les objets de chaque jour, le visage des êtres aimés que parce que la lumière nous les offre.

 

Nous pouvons vivre – plus ou moins bien – sans livres, sans rêves, sans idées, sans amour. Nous ne pouvons pas nous passer de l’air que nous respirons et que nous ne voyons pas.

 

Tout passe. Rien ne dure. Mais, dans un triangle, le carré de l’hypoténuse est égal, a toujours été égal et sera toujours égal à la somme des carrés des deux autres côtés.

 

Mais, au lieu de considérer le mal comme la rupture scandaleuse d’un ordre universel dominé par le bien, peut-être devrions-nous inverser la perspective. Et voir le bien comme une exception lumineuse dans un monde où règne le mal.

 

Vivre, c’est d’abord essayer d’éviter le pire. Et le pire n’est pas toujours la mort.

 

Entrer dans ce monde est un mystère. En sortir est un mystère. Et l’entre-deux, que nous appelons la vie, est encore un mystère.

 

Chacun a le droit, et peut-être le devoir, d’être heureux.

 

Le bonheur n’est pas un but, encore moins une carrière ou une obligation, mais un don gratuit, une surprise et la récompense de ceux qui ne passent pas leur temps à le cultiver.

 

Rien n’échoue comme le succès.

 

Mieux vaut parfois aimer les autres que de leur dire notre vérité. Il y a quelque chose de supérieur à la vérité – comme d’ailleurs à tout le reste : c’est l’amour.

 

Nous ne savons ni pourquoi nous sommes nés ni ce que nous devenons après la mort. Nous sommes tous des égarés.

 

Jacques MERCIER

 

« Le guide des égarés », Jean d'Ormesson, Edition Gallimard, 2016. 118 x 185 mm , 128 pp. 14 euros.

30 06 17

Tout commence à Sumer

 

 

histoire sumer.jpgOn n'en finit pas de découvrir la richesse de la civilisation sumérienne. Elle date de 3000 ans avant notre ère ! Certains pensent qu'une civilisation plus avancée de l'univers est venue donner l'impulsion nécessaire pour cet épanouissement. Ce qui est sûr c'est qu'une série impressionnante de « premières » dans nos civilisations actuelles sont nées à Sumer.

Ce livre « L'histoire commence à Sumer » est la référence historique, écrite il y a déjà quelques décennies par Samuel Noah Kramer, qui enseignait à l'Université de Pennsylvanie. Depuis lors bien des découvertes ont eu lieu, de nouveaux écrits, mais c'est une excellente base pour explorer les nouveaux rebondissements...

Quelques exemples de premières :

 

Les premières écoles :

Après que Sumer eut été progressivement conquis, dans le dernier quart du IIIe millénaire, par les Sémites akkadiens, les professeurs sumériens entreprirent la rédaction des plus vieux « dictionnaires » que l'on connaisse. Les conquérants sémitiques, non seulement avaient emprunté aux Sumériens leur écriture, mais ils en avaient conservé précieusement les œuvres littéraires, qu'ils étudièrent et imitèrent longtemps, après que le sumérien eut disparu comme langue parlée. D'où le besoin de « dictionnaires » dans lequel les expressions et les mots sumériens fussent traduits en akkadien.

 

Le premier Moïse :

Quand le monde eut été créé et que le sort de Sumer et de la cité d'Ur eut été décidé, An et Enlil, les deux principaux dieux sumériens, nommèrent roi d'Ur le dieu de la lune, Nanna. Celui-ci à son tour choisit Ur-Nammu comme son représentant terrestre pour gouverner Sumer et Ur. Les premières décisions du nouveau chef eurent pour objet d'assurer la sécurité politique et militaire du pays.

 

La première cosmologie :

Pour expliquer la marche et le gouvernement de l'univers, les philosophes sumériens avaient recours non seulement à des personnalités divines, mais aussi à des forces impersonnelles, à des lois et règlements divins, les « me ». Ce mot est attesté dans un grand nombre de documents : on constate notamment que des « me » président au devenir de l'homme et de sa civilisation.

 

Notre auteur en énumère environ cent. (Une soixantaine est intelligible aujourd'hui)

 

Les premiers animaux des fables :

Ces compilations de proverbes et de dictons ne nous traduisent qu'un aspect de la littérature sapentale des Sumériens. Ils connaissent d'autres genres d'écrits utilitaires destinés à inculquer la « sagesse » et par là l'exercice d'une vie équilibrée et heureuse.

L'almanach du fermer offre un exemple de traité didactique ; et sous son air de narration sans autre but que le plaisir littéraire, la Vie d'un écolier est au fond une sorte de portrait moral. Autre genre : la controverse.

 

Premiers parallèles avec la Bible, le paradis :

Il est passionnant de suivre le cheminement des idées et des œuvres à travers ces vieilles civilisations, des Sumériens aux Babyloniens et aux Assyriens, aux Hittites, aux Hurrites et aux Araméens. Les Sumériens n'exercèrent évidemment pas une influence directe sur les Hébreux, puisqu'ils avaient disparu bien avant l'apparition de ces derniers. Mais il n'est guère douteux qu'ils influencèrent profondément les Cananéens, prédécesseurs des Hébreux en Palestine. C'est ainsi qu'on peut expliquer les nombreuses analogies relevées entre les textes sumériens et certains livres de la Bible.

 

Le premier Noé :

Le déluge via Babylone et remontant à Sumer.

 

Le premier symbolisme sexuel :

Les chants érotiques qui célébraient le mariage d'un roi-berger et de la déesse de la fertilité pourraient fort bien être les précurseurs du Cantique des Cantiques, cette suite disparate de chants d'amour sensuels dont la présence dans l'Ancien Testament, aux côtés du Livre de Moïse, des Psaumes où domine la prière et du Livre des Prophètes plein d'appels tonnants à la morale, a toujours surpris et laisse encore perplexe plus d'un spécialiste de la Bible.

 

La première légende de la résurrection :

La déesse de l'amour, que ce soit la Vénus romaine, l'Aphrodite grecque ou l'Ishtar des Babyloniens, a toujours enflammé l'imagination des hommes et surtout des poètes. Les Sumériens l'adoraient sous le nom d'Inanna, la « Reine du ciel ».

 

Le premier saint Georges :

Avant Saint Georges : Héraclès et Persée.

La mise à mort du Dragon était un thème familier de la mythologie sumérienne dès le IIIe millénaire avant Jésus-Christ.

 

L'été est une période propice à la découverte, n'hésitez pas à vous ouvrir de nouveaux horizons sur notre passage sur Terre !

 

Jacques MERCIER

 

« L'histoire commence à Sumer », Samuel Noah Kramer, Essai, Champs Histoire, Flammarion 86/94. 320 pp. 9 euros.

 

28 06 17

Le bras vous en tomberont

Ce n'est vraiment pas ce que je vous souhaite, en cette veille des vacances d'été.

Je préfère vous inviter à une aimable balade , " à la bonne franquette" dans ce recueil de 100 expressions populaires dont Catherine Guennec, infatigable traqueuse de bons mots nous révèle l'origine, depuis la nuit des temps.

Guennec.jpg

"C'est Byzance" me direz-vous .

Certes.

D'autant que parfois, "les bras vous en tomberont"  en constatant les glissement de sens, de sons, de certaines expressions.

Du ton alerte et enjoué qui signe ses écrits, Catherine Guennec ne se contente de vous signifier l'origine des métaphores - souvent argotiques - elle vous nourrit également - c'est que du bonheur - de synonymes. Vous apprendrez ainsi qu'au lieu de rouler [la viande$ dans la farine , vous pouvez simplement la "singer'"

Prenez-en de la graine plutôt que pour votre grade.

Loin de ramener sa fraise, Catherine Guennec a la culture aussi généreuse qu'elle est abyssale.

Vous boirez du petit-lait, à la lecture de ce sympathique recueil. C'est tout le bien que je vous souhaite.

Ainsi qu'un merveilleux été

Apolline Elter

Marcher à côté de ses pompe et 99 autres expressions populaires, Catherine Guennec, recueil, Ed. First, mai 2017, 208 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

27 06 17

Un emblème des années 1950…

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954.jpgL’album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 sorti aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble les aventures – passionnantes – du détective pour les compagnies d’assurance Jean Valhardi qu'Eddy Paape dessina à l’époque pour le Journal de Spirou.

Ce troisième volume rassemble, après un important volet introductif de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Jean Valhardi et les êtres de la forêt (1950-51, scénario d’Yvan Delporte), Le château maudit (1951-52, scénario de Jean-Michel Charlier, une BD cultissime…), Le rayon super-gamma (1952-53, scénario de Jean-Michel Charlier) et La machine à conquérir le monde (1953-54, scénario de Jean-Michel Charlier). Y est adjoint un conte illustré de deux pages, inédit en album, intitulé Au feu !... (septembre 1952, scénario de Xavier Snoeck).

Un monument de la bande dessinée belge des Golden Fifties !

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 par Eddy Paape, Jean-Michel Charlier et Yvan Delporte, introduction de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2017, 300 pp. en quadrichromie, au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 06 17

Intime conviction

9782367623214-001-X.jpeg Poussé à bout par un enchaînements d'événements toxiques - son divorce, le délire qui a mené son fils, Erwan en prison , son licenciement et l'arnaque opérée   par Antoine Lazenec,  un promoteur immobilier véreux,  Martial Kermeur précipite ce dernier à la mer.

Il va de soi que cela ne se fait pas et qu'il devra répondre de cet homicide devant la Justice.

Interrogé par le juge di'instruction , Martial  décline,, méthodiquement et par la voix sublime de Feodor Atkine - la séquence des événements qui l'ont conduit à accomplir le geste fatal. La séance semble relever davantage d'un entretien psychanalytique que d'un interrogatoire judiciaire.

Va-t-il convaincre le juge, dans l'intime liberté de son verdict du bien-fondé de son ressentiment? 

Vous le saurez en écoutant ce roman fascinant.

Article 353 du code pénal,  Tanguy Viel, roman, , Ed. Minuit, février 2017, Ed. Audiolib, avril 2017, texte intégral lu par Féodor Atkine, , durée: 4 heures.

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Audio Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 06 17

Un alerte bicentenaire…

Le Petit Larousse illustré 2018.jpgCélébrant le bicentenaire de la naissance de son créateur (1817-1875) qui a incarné l’esprit des Lumières et rendu la langue française et le savoir accessibles au plus grand nombre, Le Petit Larousse illustré 2018 constitue le plus complet des dictionnaires de la langue française, avec des définitions claires et précises, accompagnées d'exemples, compilant plus de 63 000 mots, 125 000 sens et pas moins de 20 000 locutions et expressions (dont 2 000 régionalismes et mots de la francophonie) ainsi que 1 500 remarques de langue ou d’orthographe, tout en fournissant les étymologies, des synonymes et des analogies.

Les niveaux de langue sont donc précisés pour un emploi correct des mots alors que toutes les difficultés et les particularités grammaticales sont expliquées pour aider à maîtriser l'orthographe et la syntaxe.

Toutefois, il s’agit avant tout d’un dictionnaire encyclopédique réunissant des milliers de notices sur tous les domaines de la connaissance (sciences, économie, philosophie…), parmi lesquelles 28 000 noms propres (personnalités, œuvres, lieux, pays, événements historiques…) et 4ؘ 500 compléments, doublé d’une formidable banque d'images avec 5 500 photos, cartes, dessins, schémas, et plus de 150 planches illustrées, le tout complété d’un répertoire de citations et de proverbes, d’un atlas, de la reproduction des drapeaux du monde et d’une chronologie universelle.

Mais aussi d’une carte d’activation donnant jusqu’au 1er janvier 2020 un accès gratuit à la version en ligne avec des mises à jour régulières.

Grâce à elle, on accède sur le Net à un dictionnaire de français de 80 000 mots (135 000 définitions, 34 000 expressions) et 9 600 tableaux de conjugaison, à la sonorisation de tous les mots difficiles, à plus de 250 vidéos de L'INA sur les évènements qui ont marqué le XXe siècle, à des dossiers encyclopédiques sur les grandes notions de la culture et du savoir, à de nombreuses photographies et à des animations ludiques ainsi qu’à un hypertexte total pour passer d’un mot à un autre en un clic.

S’y ajoutent cette année deux grands quiz, l’un d’orthographe et l’autre de culture générale.

Pour « instruire tout le monde sur toutes choses », selon la devise de Pierre Larousse…

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse illustré 2018, ouvrage collectif, préface de Bernard Cerquiglini, Paris, Éditions Larousse, mai 2017, 2 040 pp. en quadrichromie au format 16 x 23,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

Écrit par Brice dans Bernard Delcord, Dictionnaires | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 06 17

Conscience professionnelle

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"Le 6 janvier 2014, Eugène passe commande d'une cocotte lrone, fonte émaillée intérieur et extérieur, couleur rouge, vingt-huit centimètres, utilisable sur tous feux dont induction et au four, répartition homogène et progressive de la chaleur, lavable au lave-vaisselle,garantie à vie.

Il exerce alors le métier de comptable depuis plus de dix-neuf ans."

  Ains'Incipit le roman savoureux de Nathalie Peyrebonne, tout frais paru en ce joyeux premier mois de l'été.

D'emblée, la commande d'Eugène Benengeli  revêt une  portée dramatique qui préfigure une séquence d'événements aussi loufoques que distrayants. Car vous vous en doutez, l'envoi ne se réalisera pas telle  une lettre à la poste...

S'ensuivent une série d'échanges de mails entre Eugène, inquiet de la non-réception de son colis et Lucia, consciencieuse conseillère-clientèle auprès de la firme de commercialisation desdites cocottes .

On peut comprendre notre infortuné comptable : "L'absence de cet objet dont il s'est jusqu'alors parfaitement bien passé l'irrite un peu plus chaque jour."

Et l'on ne peut que se réjouir de la tournure épistolaire que prend alors le roman. Des échanges à ce points réussis, adaptés, que les scripteurs décident de se voir - à Biarritz, où vit Eugène - passant de la sympathie virtuelle à la rencontre incarnée.. Elle est belle, la vie..

Plus belle, à coup sûr, que celle décrite dans cette émission de télé-réalité, version seniors, qui investit, par épisodes, la toile du roman.

Et la cocotte, me demanderez-vous, est-elle arrivée à bon port? 

Je ne vous réponds pas... me contentant d'affirmer : " Votre commande a bien été expédiée"

A Elter

Votre commande a bien été expédiée, Nathalie Peyrebonne, roman, Ed Albin Michel, juin 2017, 222 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 06 17

De Vilnius à Paris

004564577.jpg

 Son père demeure une intrigue. Le garçon n'arrive pas à le voir comme celui que Nina lui décrit, un être ignoble, un lâche dont les valeurs morales ont été corrompues par la concupiscence et la luxure.
Roman reste persuadé qu'un jour, ayant soudain mesuré la gravité des faits qui lui sont reprochés, l'homme se reprendra, réintégrera le domicile familial pour retrouver la place qui est la sienne. Le fils a foi en son père. Il nourrit l'espoir de revivre à ses côtés les splendeurs du temps d'avant."

S'il est lié à sa mère, Nina,  par une relation fusionnelle que ses biographes ne manquent  de souligner, Roman Kacev, as Romain Gary ( 1914-1980) as aussi Emile Ajar, ... notamment .. n'était pas le fils de cet acteur célèbre qu'il s'est inventé. Arieh, son père, était fourreur - Roman pense, un temps, lui succéder en son métier - mais surtout, il a déserté le foyer conjugal pour refaire sa vie avec une autre femme.

A l'heure où il dit adieu à son propre  père, le romancier Laurent Seksik nous plonge dans le  milieu de années '20 et ce ghetto de Wilno ( Vilnius en Lituanie) dont Nina tente de s'extraire pour emmener son fils à Paris, ville de tous les espoirs.

Sa mère répétait qu'à Paris on ouvrait sa porte aux étrangers, on partageait le pain et l'eau; on vous disait français à peine aviez-vous entonné La Marseillaise, ou si vous récitiez un seul vers de Victor Hugo – il connaissait par cœur six poèmes des Feuilles d'automne. À Berlin, affirmait Nina, on avait compté un grand ministre juif du nom de Rathenau.
L'homme était mort assassiné. Roman, lui, saurait vendre cher sa peau.

ô mythes, qui nous tenez..

A Elter

Romain Gary s'en va-t-en guerre, Laurent Seksik, roman, Ed. Flammarion, janvier 2017, 230 pp

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19 06 17

« La littérature est une affaire sérieuse, pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage… » (Louis Aragon)

De la Révolution à la Belle Époque.jpgAlain Viala est historien et sociologue de la littérature française. Professeur émérite à la Sorbonne, il enseigne à l'université d'Oxford. Il est l'auteur de Naissance de l'écrivain. Sociologie de la littérature à l'Age classique (Éditions de Minuit), du Dictionnaire du littéraire et de La France galante (Presses universitaires de France). Paul Aron est professeur de littérature à l'Université libre de Bruxelles. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont, aux Presses universitaires de France, Histoire du pastiche. Ensemble, ils ont publié Sociologie de la littérature (Presses universitaires de France) et Les 100 mots du littéraire (Presses universitaires de France).

Ces deux spécialistes se sont associés une nouvelle fois pour faire paraître chez cet éditeur le troisième volume de la collection « Une histoire brève de la littérature française », intitulé De la Révolution à la Belle Époque dans lequel ils passent au peigne fin le contexte (historique, sociologique, politique, culturel…) et l’histoire de la production foisonnante des œuvres littéraires et artistiques françaises entre 1789 et 1914, issues d’auteurs et d’artistes innombrables qui ont marqué et marquent encore l’histoire de la pensée mondiale.

C’est qu’à cette époque, comme l’écrit Alain Viala : « Avec la Révolution française, triomphe de la liberté comme idéal, nous entrons dans une longue période faite de turbulences politiques et de bouleversements sociaux, durant laquelle le littéraire est, plus que jamais, investi dans les débats. Les romantiques crient leur “mal du siècle”, les réalistes dressent le portrait d'une société inégale, les naturalistes dénoncent et accusent. Les poètes établissent des canons qu'ils s'empressent de transgresser et les dramaturges expérimentent ».

Un essai passionnant qui mène le lecteur à (re)découvrir l’impact des Maximilien Robespierre, Jacques-Louis David, André Chénier, Madame de Staël, Alphonse de Lamartine, François-René de Chateaubriand, Charles Fourier, Victor Hugo, Stendhal, Honoré de Balzac, Alfred de Vigny, George Sand, Alfred de Musset, Alexandre Dumas fils, Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Émile Zola, Gustave Courbet, Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans, Jules Vallès, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Ernest Renan, Lautréamont, Maurice Maeterlinck, Claude Debussy, Léon Bloy, Stéphane Mallarmé, Maurice Barrès, Marcel Proust, Charles Péguy, Pierre Loti, Francis Jammes, Georges Rodenbach, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, Alfred Jarry, Blaise Cendrars, et bien d’autres encore…

Une synthèse éclairante et éclairée !

Bernard DELCORD

De la Révolution à la Belle Époque par Alain Viala avec la collaboration de Paul Aron, Paris, Presses universitaire de France, collection « Une histoire brève de la littérature française », mai 2017, 397 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,00 € (prix France)