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« Le pouvoir ne doit pas être conquis, il doit être détruit. » (Mikhail Bakounine)

Bakounine – La vie d'un révolutionnaire.jpgHanns-Erich Kaminski, né à Labiau en Prusse orientale le 29 novembre 1899, probablement mort en Argentine en 1963, est un journaliste et écrivain libertaire allemand d'expressions allemande et française.

On lui doit Zur Theorie des Dumping, sa thèse de doctorat défendue à l’université de Heidelberg en 1921, Fascismus in Italien (Berlin, 1925), Ceux de Barcelone (Denoël, Paris, 1937), Céline en chemise brune ou le Mal du présent (Les Nouvelles Éditions Excelsior, 1938), Troisième Reich, Problème sexuel (écrit en français, mais paru seulement dans une version en espagnol à Buenos-Aires en 1940), Journal de Lisbonne (manuscrit coécrit avec Anita Karfunkel et probablement perdu) et, surtout, Bakounine, la vie d'un révolutionnaire (Aubier-Montaigne, Paris, 1938), une biographie magistrale récemment republiée à Paris aux Éditions de la Table ronde dans la collection de poche « La petite vermillon ».

Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine, né le 18 mai 1814 (30 mai 1814 dans le calendrier grégorien) à Priamoukhino (gouvernement de Tver, Empire russe) et décédé le 1er juillet 1876 à Berne (Suisse), est un révolutionnaire, philosophe et théoricien de l'anarchisme qui a abondamment écrit sur le rôle de l'État et posé les fondements du socialisme libertaire.

Très influencé par la dialectique hégélienne, il fut l’adversaire déterminé de Karl Marx au sein de la Première Internationale [1] dont il sera exclu au congrès de La Haye (en septembre 1872).

Son engagement militant l’amena à participer activement à des mouvements révolutionnaires (à Paris en 1848 – puis durant la Commune de 1870 – et à Dresde en 1849, ce qui lui valut en 1850 une condamnation à mort rapidement commuée par peur de l’opinion publique et son extradition vers les geôles de la Russie tsariste qui le déporta ensuite en Sibérie jusqu’en 1859) et à propager ses idées en Angleterre, en Belgique, en France, en Italie, en Espagne et en Suisse où il mourra d'une urémie.

Voici la présentation de l’ouvrage par l’éditeur :

« La silhouette d'un colosse traverse les révolutions politiques de l'Europe. Bakounine accourt là où règne l'émeute, et la crée quand elle n'existe pas. Arrêté lors de l'insurrection de Dresde, sa tête mise à prix, il est condamné à mort puis livré au tsar Nicolas. Ses forteresses le retiendront six ans, mais pas la Sibérie, d'où il s'enfuira pour reprendre son combat contre toutes les autorités de la terre.

Inlassablement, il insistera sur la nécessité de saper les fondements juridiques de l'ordre existant pour rendre vaine toute tentative de restauration, s'attaquant aux institutions plutôt qu'à ses représentants.

Des conspirations de sa jeunesse à la “dictature invisible” qui lui paraîtra plus tard mieux adaptée à son projet d'incendier châteaux, cadastres et hypothèques, Bakounine cherchera à réunir les conditions d'une liberté qui ne doit pas être octroyée, mais conquise...

Hanns-Erich Kaminski a su décrire avec justesse et chaleur la vie étonnante de cet aristocrate russe devenu un vagabond magnifique et dépenaillé, à qui on ne pouvait refuser que de partager son rêve. »

Véritable thriller politique, cette biographie du Camarade Vitamine comme l’appelait Léo Ferré est aussi un exposé lumineux des thèses libertaires qui demeurent, au cœur des temps rétrogrades que nous connaissons, ceux du politiquement correct, du moralisme étroit, de la bien-pensance et des lobbies religieux ou sectaires de toutes obédiences, plus que jamais nécessaires !

Bernard DELCORD

Bakounine – La vie d'un révolutionnaire par Hanns-Erich Kaminski, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite vermillon », septembre 2017, 403 pp. en noir et blanc au format 10 ;8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

 

[1] L'Association internationale des travailleurs (AIT) est le nom officiel de la Première Internationale, fondée le 28 septembre 1864 à Londres au Saint-Martin's Hall.

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