07 12 17

Un hommage pré-posthume

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C'est une longue, tendre,  magnifique, déconcertante lettre d'amour, d'hommage posthume que l'écrivain adresse à  " Fanou"' sa mère, Stéphane Sauvage, un temps Jardin, encore (bien) vivante. Pour ce faire, il emprunte à l'un de ses trois zèbres, Sacha Guitry, le titre d'une de ses pièces , l'adapte en mode maternel et entreprend de faire le tour - reconnaissant - de l'imparable  et fantasque héritage de liberté mentale que lui lègue sa mère.

"Peut-être est-ce cela, éduquer ses enfants?  Les rendre fous de vie."

Découvrant le portrait de cette femme-question, livre ouvert, arsenic séduisant, instinctive, sensuelle, exorbitante, délirante d'intrépidité, d'infini,  de contradictions, en guerre ouverte contre la mesquinerie, la demi-vie, ... le lecteur réalise qu'un enfant ne peut émerger indemne de pareille filiation . D'autant qu'il se souvient que du côté de Pascal Jardin,  le "zèbre", son père, le terrain n'est pas triste non plus.

" Vivre, c'est ne pas finir de naître. Voilà pourquoi je t'aime tant d'être suprêmement inconfortable. 

Plutôt que déplorer le "vide gelé " ,  l'absence répétée que Fanou - éternelle amoureuse - imprime à son enfance, son éducation, Alexandre Jardin célèbre l'appétit de vie, l'intransigeante authenticité dont cette femme hors normes irradie son entourage.

"La mesquinerie n'était pas notre horizon"

Nous l'avions soupçonné...

Touchant, sublime, lyrique, l'hommage que l'écrivain rend à sa mère est pur enchantement.

Puisse cette dernière vivre follement encore bien longtemps, tant il est dit que 

" Ta mort, je ne veux pas m'en remettre"

Ma mère avait raison, Alexandre Jardin, hommage, Ed. Grasset, oct. 2017,  216 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Alexandre Jardin, Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

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