20 01 18

Guerres et Lettres...

Histoire, Forme et Sens en Littérature – La Belgique francophone – Tome 2 – L'Ébranlement (1914-1944).jpgVéritable Pic de la Mirandole des littératures belge et congolaise de langue française, l’universitaire [1], poète, écrivain, essayiste et critique Marc Quaghebeur (°1947) dirige les Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles tout en présidant l’Association européenne des Études francophones.

Poursuivant les recherches qu’il avait entreprises dans Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 1 : L'engendrement (1815/1914) publié en 2015 chez PIE Peter Lang et aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles, il vient de faire paraître, chez les mêmes éditeurs, Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 2 : L'Ébranlement (1914-1944), un brillantissime essai remarquablement documenté sur les transformations opérées chez les grands auteurs de l'époque léopoldienne par le viol de la neutralité belge et l’invasion allemande d’août 1914 ainsi que par la résistance imprévue de l’armée belge et les violences de la soldatesque du Reich, puis, à l’issue du conflit mondial, par l’adoption du suffrage universel.

Ensuite, il s’attache, à travers le prisme de la nouvelle génération d’écrivains, à l’affirmation du fantastique réel chez Franz Hellens (1881-1972), Marcel Thiry (1897-1977) ou Robert Poulet (1893-1989), ainsi qu’aux novations langagières et formelles des Henri Michaux (1899-1984), Paul Nougé (1895-1967), Charles Plisnier (1896-1952) et autres Fernand Crommelynck (1886-1970) ainsi qu’aux rapports pour le moins complexes entretenus par les écrivains belges avec la langue française et la France, à travers le prisme du « Manifeste du Groupe du Lundi » [2] publié à Bruxelles le 1er mars 1937 à l’initiative de Robert Poulet et, dans une moindre mesure selon nous [3], de Franz Hellens. Il rend également compte de la mise en place d’une historiographie littéraire bien plus complexe que les simplifications de ce « Manifeste ».

La seconde invasion allemande, la défaite de mai 1940 et l’Occupation qui s’ensuivit entraînèrent la reviviscence du mythique chez Maurice Maeterlinck (1862-1949), Michel de Ghelderode (1898-1962), Hergé (1907-1983) ou Pierre Nothomb (1887-1966) [4], qui surgit alors comme une réponse très belge à la faillite du réel, ce que les contrepoints de Victor Serge (1890-1947) à l’égard des deux conflits mondiaux ont confirmé à leur manière [5].

Une formidable synthèse !

Bernard DELCORD

Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 2 : L'Ébranlement (1914-1944) par Marc Quaghebeur, Bruxelles, coédition PIE Peter Lang et Archives & Musée de la Littérature, collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies/Théorie », janvier 2018, 414 pp. en noir et blanc au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 44 €

 

[1] Sa thèse de doctorat en Philosophie et Lettres, intitulée L'œuvre nommée Arthur Rimbaud, défendue à l’Université catholique de Louvain en 1975, avait fait grande sensation.

[2] Signé par Charles Bernard, Hermann Closson, Hubert Dubois, Paul Fierens, Marie Gevers, Michel de Ghelderode, Éric de Haulleville, Franz Hellens, Pierre Hubermont, Arnold de Kerchove, Grégoire le Roy, Georges Marlow, Charles Plisnier, Robert Poulet, Camille Poupeye, Gaston Pulings, Marcel Thiry, Henri Vandeputte, Horace van Offel, René Verboom et Robert Vivier.

[3] Cf. Bernard Delcord, « À propos de quelques “chapelles” politico-littéraires en Belgique (1919-1945) », Bruxelles, Cahiers du Centre de Recherches et d’Études historiques de la Seconde Guette mondiale, n° 10, novembre 1986, pp 153-205.

[4] Et, d’une certaine façon, Paul Willems (1912-1997) dans Tout est réel ici (1941) et L'herbe qui tremble (1942).

[5] Sources : dossier de presse.

20 01 18

Le retour très attendu de deux grands classiques culinaires…

La Cuisine à quatre mains, tome 1.jpegNés il y a plusieurs lustres, maintes fois réédités et maintes fois épuisés après des ventes cumulées de 200 000 exemplaires, les deux tomes de La Cuisine à quatre mains de Christiane et Dédée van Goidsenhoven reparaissent en ce début d’année aux Éditions Lemaître Publishig à Bruxelles.

Une bonne nouvelle pour les amateurs de savoureuse cuisine bourgeoise à la française et à la belge qui y trouveront des centaines de recettes de cocktails, d’apéritifs et d’amuse-bouche, de fonds et de fumets, de potages, de sauces froides et chaudes, de terrines et de pâtés, d’entrées froides et chaudes, de poissons et de crustacés, de viandes et d’abats, de volailles et de gibiers, de légumes et d’accompagnements ainsi que de desserts et d’entremets, toutes clairement exposées et aisément préparables.

L’idéal pour (re)découvrir, entre autres, le punch planteur, le vin d’oranges, les allumettes au fromage, les dips à l’avocat, la crème de witloofs, la soupe de moules safranées, les rillettes des Flandres, la terrine de volaille aux ris de veau, la salade de lapereau, les rouleaux de sole aux cœurs de palmier, les croquettes aux crevettes et au fromage, les pointes d’asperges vertes et blanches aux langoustines, le millefeuille de saumon au fenouil, la truite braisée au citron vert, la blanquette de lotte, la daube de bœuf avignonnaise, le turban au chou chinois, le chapon à la bière, le lapin au cidre, la poule faisane aux choux, le râble de lièvre comme à Beauvechain, le waterzooï de poulet, le hochepot gantois, le bavarois aux concombres, le baba au rhum, la tarte au fromage blanc, le pain de Gênes ou l’omelette sibérienne…

D’immenses bonheurs culinaires !

Bernard DELCORD

La Cuisine à quatre mains, tome 1 par Christiane et Dédée van Goidsenhoven, Bruxelles, Éditions Lemaître Publishing, janvier 2018, 340 pp. en brun et blanc au format 18,3 x 24,7 cm sous couverture à spirale en couleurs, 24,90 €

La Cuisine à quatre mains, tome 2 par Christiane et Dédée van Goidsenhoven, Bruxelles, Éditions Lemaître Publishing, janvier 2018, 334 pp. en vert et blanc au format 18,3 x 24,7 cm sous couverture à spirale en couleurs, 24,90 €

La Cuisine à quatre mains, tome 2.jpeg

Pour vous, nous avons recopié de ce recueil gourmand la recette flamande suivante :

Anguilles à la crème à la manière de Damme

Pour 4 personnes

Ingrédients :

1 kg d'anguilles (poids net)

3 à 4 cuillères à soupe de moutarde douce

3 à 4 cuillères à soupe de farine

70 gr de beurre

1 à 1,5 dl de vin blanc sec

2 à 3 dl de crème

Une pointe d'ail

Persil haché

Sel et poivre du moulin

Recette :

Acheter des anguilles bien fraîches.

Demander au poissonnier de les nettoyer et de les couper en tronçons de 5 à 6 cm.

Les rincer abondamment et les sécher sur du papier absorbant.

Les rouler ensuite dans la farine, les assaisonner, et les badigeonner de moutarde.

Réserver.

Dans une grande poêle, fondre le beurre. Il en faut assez bien.

Dès qu'il cesse de chanter, y jeter les anguilles et les faire sauter 3 à 4 minutes.

Mouiller ensuite avec la crème fraîche et le vin blanc.

Ajouter la pointe d'ail et bien assaisonner de sel et de poivre du moulin.

Retourner de temps à autre les morceaux d'anguilles à l'aide d'une cuillère en bois.

Dès que la sauce se lie, vérifier la cuisson des anguilles, ajouter éventuellement encore un peu de moutarde et servir bien chaud, parsemé de persil haché et accompagné d'un bon pain gris et de beurre salé, ou d'une pomme de terre persillée bien farineuse.

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20 01 18

Flamboyant

9782226392121-j.jpg

Attributaire du  Prix Goncourt 2013( Au Revoir là-haut,  roman, Ed. Albin Michel, 2013) Pierre Lemaître publie le  deuxième volet de cette  trilogie de l'Entre-deux-guerres.  Le troisième est attendu pour la mi-2019. Nous trépignons déjà de le découvrir ...

D'un défi de taille - il est périlleux de donner une suite à un roman si hautement  primé-  l'écrivain conçoit un récit flamboyant, parfaitement maîtrisé, à l'humour corrosif, .. parfaitement addictif.

Tandis que les obsèques de son de son père, le banquier Marcel Péricourt, battent, si l'on peut dire, leur plein, Madeleine, soeur d'Edouard, ex - épouse de ce fumier d'Henri d'Aulnay Pradelle,  assiste, avec effroi, à la défenestration de son fils, Paul, âgé de sept ans. Ce n'est là, las, que la première manifestation d'un acharnement du sort qui la verra, grugée par ses proches, perdre la fortune -colossale- héritée de son père.

La crise de 1929 se profile et met à (très) mal ses trop confiantes victimes.

L'enjeu de ce roman, rondement mené, sera de voir si Madeleine va s'enfoncer dans la déchéance ou s'en redresser avec véhémence, affichant une force de caractère surprenante,  incendiaire, digne de sa lignée. 

Vous soupçonnez déjà le parti-pris....

Vous savourerez les rebondissements des nombreux événements, vous délectant de l'art de conter, typique de la plume de l'auteur, de son sens des formules, des condensés diantrement efficaces.

Elle se consolait en constatant que la maison avait repris une vie à peu près normale, du moins, autant que pouvait l'être un lieu qui voyait cohabiter un enfant à demi paralysé, une nurse qui ne parlait pas un mot de français, un journaliste appointé pour ne rien faire, une dame de compagnie qui avait tapé dans la caisse plus de quinze mille francs, l'héritière d'une banque familiale qui n'avait aucune idée de ce qu'étaient un seuil de cession ou une valeur nominale de créance.

Une lecture hautement recommandée

Apolline Elter

Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaître, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2018, 536 pp

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18 01 18

Les mots de l’École...

Les 100 mots des Arts Déco.jpgFondés en 1766 et ouverts en 1767, les « Arts déco » ont fêté récemment leurs deux siècles et demi d’existence.

Derrière ce surnom, il faut reconnaître l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD), une grande école d'art et de design située 31 rue d'Ulm à Paris, relevant du ministère de la Culture et ayant pour mission la formation de haut niveau, artistique, scientifique et technique d’artistes et de designers, un établissement prestigieux dont sont issus, entre autres, Hector Guimard – l’auteur des entourages en fonte des bouches du métro parisien –, le sculpteur Auguste Rodin, les peintres Fernand Léger, Henri Matisse et Francis Picabia, le cinéaste Maurice Pialat, le bédéiste Jacques Tardi, le chanteur Gérard Manset ou encore le graphiste Jean-Paul Goude, et où ont enseigné des pointures comme Eugène Viollet-le-Duc, Marcel Gromaire, Jean Widmer, Philippe Starck…

L’occasion pour Laurent Cauwet [1] de revenir, dans Les 100 mots des « Arts déco » paru aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », sur son histoire, sa pédagogie et ces savoir-faire et ces métiers qui joignent l’utile à l’agréable : architecture intérieure, mobilier, design graphique, textiles et vêtements, multimédia, scénographie…

Un univers artistique à mi-chemin entre l’artisanat et l’industrie, qui contribue à donner des formes et des couleurs à l’environnement quotidien des humains…

Bernard DELCORD

Les 100 mots des « Arts déco » par Laurent Cauwet, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », octobre 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

Liste des 100 mots :

Accessoires - Affiches - Anciens - Architecture - Architecture intérieure -Argentique - Art-espace - Art industriel - Art mural - Artistes - Arts - Arts appliqués - Arts décoratifs - Arts graphiques - Arts plastiques - Atelier - Ateliers de rencontres - Automobile - Bain - Bâtiment - Béton - Bibliothèque - Blog - Bois - Carton - Céramique - Cinéma - Cinéma d’animation - Classe - Collage - Colle - Colloque - Communication visuelle - Concours - Conférence - Contrat - Couleur - Couture - Crayon - Création - Culture - Décor - Design - Dessin - Directeur, -trice - Éclairage - Écran - Éditions - Ensad - Ensadlab - Enseignement - Esthétique - Événements - Grande masse - Gravure – Identité visuelle - Illustration - Impression - Infographie - Installation - Instances - Internationale - Maquette - Massicot - Matériauthèque - Métal - Mobilier - Mode - Modelage - Modèle - Modernité - Morphologie - Morphostructure - Moulage - Multimédia - Ornement - Papier - Partenariat - Patron - Peinture - Performance - Perspective - Photographie - Pinceau - Plastique - Projection - Publicité - Réseau - Résine - Scénographie - Sculpture - Sérigraphie - Tableau - Tapisserie - Textile - Transdisciplinarité - Typographie - Vidéo - Wifi - Workshop

 

[1] Laurent Cauwet a fondé et dirige la maison d’édition de poésie Al Dante depuis 1994. Comme auteur, il a publié La Domestication de l’art (La Fabrique, 2017).

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18 01 18

« Faire battre le cœur de la France. » (Benoît Hamon, slogan politique)

Les couples illustres de l'histoire de France .jpgCopublié par les Éditions Perrin et Le Figaro Histoire, Les couples illustres de l'histoire de France, un plaisant ouvrage collectif rédigé sous la direction des historiens et journalistes Patrice Gueniffey et Lorraine de Meaux, se penche avec humour [1], intelligence et sagacité – le premier n’ayant pas ici vocation à exclure les deux autres – sur les liens plus ou moins sentimentaux qui ont uni avec plus ou moins de grâce et de fidélité une vingtaine de couples (voire de trios ou de quatuors) politiques, littéraires ou artistiques dont les partenaires ont laissé une trace plus ou moins profonde dans la mémoire collective des habitants de l’Hexagone et d’ailleurs, du Moyen Âge à nos jours.

Un essai qui n’est pas sans rappeler les 10 tomes, parus entre 1954 et 1965, des Histoires d'amour de l'histoire de France du regretté Guy Breton (1919-2008), dont les ventes totalisèrent plus de 6 millions d’exemplaires.

Souhaitons-lui un succès équivalent !

Bernard DELCORD

Les couples illustres de l'histoire de France, ouvrage collectif sous la direction de Patrice Gueniffey et Lorraine de Meaux, Paris, Éditions Perrin et Le Figaro Histoire, octobre 2017, 453 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 21 € (prix France)

 

Liste des couples :

Héloïse et Abélard

Aliénor, Louis VII, Henri II

Catherine de Médicis et Henri Plantagenêt

Henri II et Diane de Poitiers

Louis XIV et Mme de Maintenon

Louis XV et Mme de Pompadour

Louis XVI et Marie-Antoinette

Germaine de Staël et Benjamin Constant

Napoléon et Joséphine

Adolphe Thiers et les Dosne, mère et filles

George Sand et Alfred de Musset

Napoléon III et Eugénie

Colette, Henry et Bertrand de Jouvenel

Louis Aragon et Elsa Triolet

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir

Jean Cocteau et Jean Marais

Yves Montand et Simone Signoret

Charles et Yvonne de Gaulle

Georges et Claude Pompidou

François et Danielle Mitterrand

 

[1] Par exemple, les sous-titres « Les trois moitiés de Monsieur Thiers » du chapitre consacré par Laurent Theis aux rapports entretenus par le massacreur de la Commune avec une nommée Sophie Dosne et ses deux filles ou bien « La guêpe et l’architecte » de celui consacré par Robert Schneider au couple pour le moins agité des Mitterrand, qui prend toute sa saveur si l’on se souvient que le Président français avait commis un livre intitulé L’abeille et l’architecte

18 01 18

Yé-Yesssssss

GdC.jpg Après nous avoir fait swinguer au rythme de la génération zazou (Zazous, roman, Ed Albin Michel, 2016) voir chronique sur ce blog )  Gérard de Cortanze nous propose de twister , et même"kili Watcher"  avec les "baby-boomers" des années '60.

"Dans cette France apaisée, la génération dont fait partie Lorenzo est en attente d'événements. En attente d'une dose quotidienne d'Histoire. En demande d'épopée."

Elle sera tôt comblée.

Du 22 juin 1963 qui voit le  rassemblement de plus de 100.000 "baby boomers" sur la place  de la Nation, à l'occasion du concert organisé par le frais magazine Salut les Copains à la grande manifestation "Je suis Charlie" du 11 janvier 2015, se déclinent cinquante années de vie, d'amitié, d'amour et de destins croisés de quatre mousquetaires,  Lorenzo- qui présente avec l'auteur plus d'un point commun - , Antoine, François et Michèle .

Etayée d'événements marquants de ces cinquante-deux ans - ceux de mai 68, la chute du mur de Berlin, .. - la saga restitue, force détails à l'appui, l'atmosphère de chaque décennie.

La lecture est soutenue - ô liesse - de l'écoute d'un CD nourri de 22 titres yéyé...

Difficile de ne pas succomber à l'envie de danser

A Elter

Laisse tomber les filles, Gérard de Cortanze, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2018,  440 pp + CD

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17 01 18

Kriegsspiel...

Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme .jpgDocteur en histoire [1] et grand spécialiste de la Première Guerre mondiale, Jean-Yves Le Naour (°1972) lui a consacré de nombreux ouvrages, qui font aujourd'hui autorité, dont Les Soldats de la honte (Grand Prix du livre d'histoire Ouest-France-Société générale, 2011) et une série en 5 volumes (1914. La grande illusion, 1915. L'enlisement, 1916. L'enfer, 1917. La paix impossible et 1918. L'étrange victoire) publié chez Perrin à Paris entre 2011 et 2016.

Chez le même éditeur, il a fait paraître Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme, un essai particulièrement documenté sur un pan largement méconnu de l’histoire de la Grande Guerre.

En voici le pitch :

« Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.

Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, au sein d'un Empire ottoman en décomposition comme au Maghreb : Marocains, Tunisiens et Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun. »

Ce brillant ouvrage qui restitue les plans allemands et qui ressuscite les questions ayant alors traversé le monde musulman sous domination européenne fournit aussi par la bande un éclairage nouveau sur l’histoire des rapports entre l’Occident et le Moyen-Orient à l’époque de la Déclaration Balfour (2 novembre 1917). [2]

Bernard DELCORD

Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme par Jean-Yves Le Naour, Paris, Éditions Perrin, novembre 2017, 301 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)

 

[1] Sa thèse, intitulée Régénération ou dépravation ? Moralisation, angoisse sexuelle et anomie dans la France de la Première Guerre mondiale, a été défendue à l’Université de Picardie (Amiens) en 2000.

[2] La déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte datée du 2 novembre 1917 et signée par Arthur Balfour, le Foreign Secretary britannique. Elle est adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), éminence de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste, aux fins de retransmission. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national juif. Cette déclaration est considérée comme une des premières étapes dans la création de l'État d'Israël. En effet, la promesse qu'elle contient sera mise en œuvre durant la conférence de Paris (1919), préalable au traité de Sèvres (1920), confirmé par la conférence de San Remo (1920). À propos des motivations de cette déclaration, Jacob Yeredor, a écrit qu’une Palestine en partie juive permettrait d’assurer une présence d'origine européenne au Moyen-Orient, région arabe et principalement musulmane (in « La Palestine et la politique des grandes puissances », Politique étrangère, n°3, 1948, pp. 235-244, consultable sur http://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1948_num_13_3_2854 ).

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17 01 18

Les mots pour le lire...

Les 100 mots du roman.jpgAgrégé de lettres modernes et docteur d'État ès lettres [1], Yves Stalloni (°1944) a en charge certaines classes préparatoires à Toulon, dont les « prépas-HEC’ (culture générale) et la classe de Première supérieure (khâgne). Dans cette fonction, il est nommé professeur de chaire supérieure. Parallèlement, il est chargé de cours à l'université de cette ville dans diverses sections. Auteur de plusieurs dizaines d'ouvrages de méthodologie et de critique littéraire [2], il a aussi écrit trois romans [3]. Depuis 2004, membre titulaire de l'Académie du Var. Il exerce désormais une activité de conférencier, essentiellement dans la région sud-est. [4]

Il a publié récemment Les 100 mots du roman, un petit essai paru aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », qui s’adresse à un très vaste public, celui des lecteurs, des étudiants, des enseignants, des apprentis écrivains et des auteurs confirmés au moyen d’un abécédaire qui passe en revue les grandes notions permettant de circonscrire ce genre protéiforme qu’est la forme littéraire la plus répandue, d'en raconter les origines et d'interroger ses problèmes spécifiques.

Grâce à lui, vous saurez quelles différences il y a entre le roman policier, le roman épistolaire et le roman de science-fiction, quelles sont les recettes du best-seller ou encore comment remporter un prix littéraire…

Bernard DELCORD

Les 100 mots du roman par Yves Stalloni, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », novembre 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

Liste des 100 mots :

À thèse (roman) - Actant - Anachronies narratives - Analepse - Antihéros - Antiroman - Apprentissage (roman d’) - Autobiographique (roman) - Autofiction - Aventures (roman d’) - Bande dessinée - Best-seller - Chronique - Cinéma - Composition - Conte - Courtois - Défauts du roman - Description - Détail - Dialogue - Diégèse - Ellipse - Énonciation - Épistolaire (roman) - Épopée - Érotique (roman) - Espionnage (roman d’) - Existentialiste (roman) - Exotique (roman) - Fait divers - Fantastique (roman) - Féminin (roman) - Fin - Focalisation - Héros - Historique (roman) - Horizon d’attente - Illusion romanesque - In medias res - Incipit - Initiation (roman d’) - Intrigue - Intrusion d’auteur - Journal intime - Libertin (roman) - Mémoires - Métatexte - Météo - Mise en abyme - Mœurs (roman de) - Monologue intérieur - Morale - Mouvements narratifs - Mythe - Narrateur - Narration - Naturaliste (roman) - Noir (roman) - Nom d’auteur - Nom propre - Nouveau roman - Nouvelle - Novel - Pacte romanesque - Paratexte - Passé simple - Pastorale - Pause - Personnage - Picaresque (roman) - Poétique (roman) - Policier (roman) - Populaire (roman) - Portrait - Préface - Première personne (roman à la) - Prix littéraires - Prolepse - Psychologique (roman) - Réaliste (roman) - Récit - Réel - Robinsonnade - Roman - Roman-feuilleton - Roman-fleuve - Romancier - Romanesque - Rustique (roman) - Scène - Science-fiction - Sentimental (roman) - Sommaire - Témoignage - Temps - Tiroir - Titre - Troisième personne (roman à la) - Utopique (roman).

 

[1] Sa thèse défendue en 1996 à l'université de Nice s’intitule Des formes au sens parcours critique de Prévost a Perec.

[2] Parmi lesquels Précis de littérature française, (en collaboration), Armand Colin, 1995 (rééditions 2009, 2013), Les Romans-clés de la littérature française, Éditions du Seuil, 1998, La Contraction de texte, Ellipses, 1998, Écoles et courants littéraires, Armand Colin, 2002 (rééditions 2009, 2015), Dictionnaire du roman, Armand Colin, 2006 (réédition 2013), 365 éponymes expliqués (avec Paul Desalmand), Chêne, 2015.

[3] Les Nuages de Magellan, L'Harmattan, 1998, Eudoxe ou une initiation toulonnaise, Géhess, 2010, réédition Sudarènes, 2015, L'homme des phares –  La vie très riche et très romanesque de Michel Pacha, Sudarènes, 2017.

[4] Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Stalloni

16 01 18

Un amour...effrayant

product_9782070197613_195x320.jpgPhilippe Sollers a vingt-deux ans quand il rencontre,  le 28 octobre 1958, notre compatriote, Dominique Rolin (1913- 2012)  Cette dernière a quarante-cinq ans, elle est veuve, depuis plus d'une année, de Bernard Milleret.

Un amour passionné, total, absolu unit dès lors les deux écrivains, qui ne passera pas par la case 'mariage"  Quand ils ne se retrouvent à Paris - en l'appartement de la rue Verneuil, où vit Dominique Rolin - ou à Venise,  les amoureux s'écrivent.  Leur riche correspondance, entre 1958 et 2008,  s'élève à des milliers de lettres  - il leur arrivait de s'écrire plusieurs fois sur une même journée, après  ..échanges téléphoniques. Elle fut acquise en 2013 par la Fondation (belge)  Roi Baudouin et fait l'objet d'une édition prévue en trois volumes, auprès des éditions Gallimard.

Le premier volet de cette trilogie rassemble 256 lettres écrites de la plume de Philippe Sollers, entre 1958 et 1980. On peut regretter le parti-pris de sens unique, attendre avec ferveur le volume suivant qui contiendra les lettres de Dominique Rolin, mais il faut admettre que cette dernière est déjà présente en filigranes, attributaire d'un amour incandescent, vital  dans le chef de Philippe Sollers.

 

" (...)il n'y a que toi qui me retienne de ce côté-ci de la vie " s'exclame-t-il fin février 1962

Présente en filigranes aussi dans les réactions "sollersiennes" à ses lettres, dans leurs échanges intellectuels,  et dans la construction de l'esthétique que l'écrivain expose à son âme soeur.  Et c'est là un grand intérêt du recueil, que de voir Philippe Sollers affirmer ses positions, ses postures d'écrivain, à la veille, notamment, de publier Le  Drame, lui dédié.

" Tu ne peux pas savoir combien et à quel point je t'aime. C'est effrayant".

C'est assez exaltant...

A Elter

 Philippe Sollers - Lettres à Dominique Rolin 1958-1980 - Edition établie, présentée et annotée par Frans De Haes, Ed. Gallimard avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin,  oct. 2017, 392 pp

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15 01 18

« Bruxelles, ma belle… » (Dick Annegarn)

Bruxelles – Tome 1 - Des Celtes aux ducs de Bourgogne .jpgBasée sur une riche documentation historique rassemblée et présentée par Arnaud de la Croix et sur un scénario d’Hugues Payen illustré par six dessinateurs, la docu-bd intitulée Bruxelles –Des Celtes aux ducs de Bourgogne parue à Rouen aux Éditions Petit à petit raconte, en huit courts récits bien ficelés l’histoire chahutée, entre 25 avant J.-C. et 1478 après J.-C., de la future capitale de la Belgique et de l’Europe.

Il y est question de l’usage de la cervoise comme potion magique par les Celtes de la Gaule Belgique en 25 avant notre ère, de la proclamation par ses troupes de Postumus comme empereur en 260, de l’empoisonnement, en 695 à Bruocsella et avec de la bière, de Vindicien d’Arras, évêque de Cambrai, la venue à Brossella en 979 de  Charles de Lotharingie, prétendant au trône de France, l’érection, minée vers 1047  par une grève des maçons et des brasseurs, d’une maison forte sur la colline du Coudenberg par Lambert II Balderic, comte de Louvain, l’alliance commerciale entre les ports de Bruxelles et de Londres en 1130, la construction des fortifications de la ville par les ducs de Brabant au XIIIsiècle, la rivalité guerrière entre le comte de Flandre et le duc de Brabant en 1356, l’assassinat en 1430 du comte de Worcester, membre de l’Ordre de la Toison d’Or, sur ordre du roi de France Charles VII et l’alliance en 1477 de Marie de Bourgogne et Maximilien de Habsbourg pour déjouer les visées de Louis XI.

Le tout entrecoupé de documents iconographiques et explicatifs d’une grande précision et d’une belle clarté…

Passionnant !

Bernard DELCORD

Bruxelles – Tome 1 - Des Celtes aux ducs de Bourgogne – De 25 avant J.-C. à 1478 après J.-C., documentation d’Arnaud de la Croix, scénario d’Hugues Payen, dessins de Chandre, Alcove, Théo Dubois d’Enghien, Cynthia Ventura, Arnaud Jouffroy et Thomas Balard, Rouen, Éditions Petit à petit, collection « L’histoire dans l’Histoire », octobre 2017, 80 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 €

Écrit par Brice dans B.D., Bernard Delcord, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |