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Quand la bêtise crasse s'invite à la fête…

Les braves gens ne courent pas les rues.jpgFervente catholique ayant vécu au cœur de la Bible Belt fondamentaliste protestante sudiste, la femme de lettres et nouvelliste Mary Flannery O'Connor, née le 25 mars 1925 à Savannah en Géorgie et décédée à 39 ans le 3 août 1964 des suites d’un lupus érythémateux disséminé [1] à Milledgeville dans le même État, est une importante voix de la littérature américaine.

Elle est l'auteure de deux romans, de trente-deux nouvelles, ainsi que de nombreux textes courts (des commentaires d’ouvrages sur des thèmes théologiques et éthiques).

Ses Histoires Complètes ont remporté le National Book Award dans la catégorie fiction aux États-Unis en 1972, à titre posthume, huit ans après son décès.

Son style, qualifié de Southern Gothic, intimement lié à sa région, révèle à coups de caricatures cinglantes, de personnages aussi cocasses que détestables, de scènes tragiques, parfois glaçantes, souvent cruelles, toujours exquises, ce qu'il y a de pire dans le genre humain.

Ses écrits à l’humour sardonique se déroulent d’habitude dans le Sud et tournent autour de personnages truffés de défauts moraux, les questions liées à la race y apparaissant souvent dans l’arrière-plan de l’histoire.

En 1955, elle fit paraître Les braves gens ne courent pas les rues (désormais disponible dans sa traduction française par Henri Morisset en regard de la version anglaise dans une publication de poche parue aux Éditions Gallimard, dans la collection « Folio bilingue »), un recueil de quatre nouvelles [2] mettant en avant des éléments perturbants, bien qu’elle n’aimât pas être décrite comme étant une femme cynique.

« J’en ai assez des critiques qui cataloguent Les Braves gens ne courent pas les rues de brutal et sarcastique », écrivit-elle. « Les histoires sont dures parce qu’il n’y a rien de plus dur ou de moins sentimental que le réalisme chrétien… » [3]

Et que les écrits de Flannery O’Connor !

Bernard DELCORD

Les braves gens ne courent pas les rues et autres nouvelles – A Good Man Is Hard To Find and Other Short Stories par Flannery O’Connor, traduction de l’anglais par Henri Morisset, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio bilingue », février 2018, 233 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,30 € (prix France)

 

[1] C est une maladie systémique auto-immune chronique.

[2] Les braves gens ne courent pas les rues, Un cercle dans le feu, Tardive rencontre avec l’ennemi, Braves gens de la campagne.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Flannery_O%27Connor

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