18 06 16

L'Autrichienne

images (2).jpg

"Tout était fini (...) Honteusement, il avait la bonne sensation d'avoir tout juste refermé une porte sur une pièce pleine de bruit."

 Décidément,  rien ne va plus dans la vie d'Attila Kiss. Séparé d'Alma, qu'il trompait d'une liaison et progéniture parallèles,  mis au chômage par la raison corollaire qu'il travaillait pour Bêla, son beau-père,  le quinquagénaire Hongrois  regagne  sa ville natale de Budapest et se fait engager pour un travail nocturne de tri de poussins. 

 Débarque dans sa vie, dans son lit, Theodora Babbenberg, "fille unique d'un des plus grands chanteurs de l'opéra de Vienne." La relation prend d'emblée le tour  d'une mutuelle fascination.

" Je savais exactement quatre choses sur toi, la peinture, les poussins, la solitude et la texture de ta peau, c'était très peu, c'était minuscule, mais l'amour est la forme la plus haute de la curiosité et je suis tombée amoureuse de toi. "

 Nourrie d'amour et de boîtes de conserve, leur relation se tisse, incongrue, au fil d'une sublime narration.- Il y a de l'Alice Ferney" (L'élégance des  veuves, Grâce et dénuement, ...)  dans l'écriture de Julia  Kerninon- qui aspire le lecteur, bienheureux, d'un souffle chaleureux, phrasé mélodique, dentelé d'énumérations...

Et puis,  surgit la répulsion. Surgit la haine atavique du Hongrois pour l"Autrichienne". Surgit l'Histoire, effroyable rempart à cet amour naissant.

 " La vérité, sans doute, était qu'Attila trouvait presque une forme de réconfort dans le fait de pouvoir la considérer comme une coupable. En la maintenant, en étant injuste, il se consolait de la fragilité de sa propre position."

Et la  différence de fortune: 

" La richesse de Théo lui offrait à lui le rôle de l'oppressé, il  disposait au minimum de la supériorité du blessé sur elle, la puissance paradoxale de la victime, puisqu'il n'en avait aucune autre. "

 Subtile analyse des rapports de domination dans le couple, le roman de Julia Kerninon a obtenu le prix 2016 de la Closerie des Lilas. Gageons qu'il n'en restera pas là .

 Une lecture fa-bu-leuse

 Apolline Elter

 Le dernier amour d'Attila Kiss, Julia Kerninon, roman Ed. Du Rouergue, janvier 2016, 126 Po

Billet de ferveur  

AE : L'écriture de ce roman vous a été inspirée , je crois, par un séjour en Hongrie, JVous stigmatisez, au sein d'un couple en devenir, la haine atavique que la Hongrie nourrit pour l'Autriche.? Est-elle encore palpable de nos jours? 

 Julia Kerninon : J'ai effectivement vécu en Hongrie l'année de mes 20 ans, ainsi que six autres mois lorsque j'avais 25 ans. Cependant, je ne parle pas magyar, et d'ailleurs, si j'avais choisi cette destination, c'était précisément pour m'isoler afin d'écrire. Je ne peux donc en aucun cas prétendre savoir exactement quel est le sentiment du peuple hongrois vis-à-vis de l'Autriche. Mais je suis romancière, et non historienne. Pour écrire ce livre, j'ai puisé à mes souvenirs, mes intuitions, j'ai aussi lu beaucoup de livres sur la Hongrie, et j'ai ensuite extrait de cette matière ce qui semblait "romançable", ce qui était déjà, intrinsèquement, poétique. Mon roman est donc une lecture parmi d'autres possibles de ce qui s'est passé et se passe entre l'Autriche et la Hongrie. Pour moi, en réalité, c'est aussi une lecture de ce qui se passe partout dans le monde entre les riches et les pauvres, les vainqueurs et les vaincus - nous autres Occidentaux cherchant à fermer nos frontières et nos portes aux réfugiés qui affluent, comme si nous étions pour rien dans ce qui leur arrive.

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 06 16

D'Anvers à Lisbonne

  • 55_GP1_C1_b2729d4e-f73a-40bc-995a-eec37c198ebd_grande.png
  • Un titre qui fleure bon les vacances à venir...cette route empruntée par les gens du Nord ...qui ont dans le coeur ce soleil qu'ils n'ont pas dehors
  • Seul, au volant de sa voiture,  par "une nuit d'automne, froide et claire, "le narrateur voit défiler tant les paysages, réverbères et lumières de la longue route qui le mène d'Anvers à Lisbonne, que ses souvenirs et projets de vie
  • "Et si son destin à lui, c'était de se tuer tout seul sur une autoroute, en chemin vers son rêve? "
  • Et de songer à Katherine, son amour de jeunesse, qu'il retrouverait bien, après ces décennies, d'égrener  kilomètres, poids lourds et aires de stationnement à l'écoute de La Fantaisie de Schumann dont les expansions puis les subites contractions lui pressent des larmes dans les yeux, qui lui coulent sur les joues et qu'il ne sèche pas, trop heureux de se savoir sensible."

Une sorte de nouvelle - le texte ne compte qu'une trentaine de pages - poétique chronoscopie d'un long voyage solitaire

Autoroute du Soleil, Grégoire Polet, nouvelle, Onlit éditions, mai 2016,  35 pp (disponible en versions papier et numérique) 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Nouvelles | Commentaires (0) |  Facebook | |

15 06 16

Résistance

9782367621197-001-G.jpeg

S'il est un témoignage, une écoute audiolivresque que je vous recommande caniculairement, c'est bien celui de Malala Yousafsai, cette merveilleuse adolescente pakistanaise, co- attributaire du Prix Nobel de la Paix,en 2014.

Ecrit avec la complicité de Christina Lamb, grand reporter au Sunday Times, le récit, lumineux, de sa courte vie est sidérant. Il contient la promesse d'un monde meilleur, d'un accès à 'éducation à toutes les couches de la population et surtout aux filles, opprimées par des régimes extrêmistes.  Car c'est bien de cela qu'il agit: icône de la lutte pour l'éducation et de la résistance aux talibans qui s'en prirent à son père, directeur d'école et à sa vie - en 2012, elle passe à un doigt de la mort, de la paralysie à vie - Malala fait de son Prix Nobel une arme de résistance efficace.

Née en juillet 1997 au sein d'une famille aimante et libre d'esprit,  dans une province Swat du Pakistan, dotée d'un tempérament déterminé, Malala publie, dès l'âge son entrée en adolescence Le journal d'une écolière pakistanaise, via un blog relayé par la BBC.  Son quotidien subit le lot des privations, d'un exil provisoire, et le 12 octobre 2012, d'une balle talibane  qui lui traverse la joue, le cou. Soignée à Peshawar, puis à Dubai, avant d'être transportée au Royaume-Uni (Birmingham) où une neurochirurgienne la sauve de la paralysie, à vie, Malala recouvre peu à peu, la voix, visage souriant, ardeur militante.

C'est ce parcours qui nous est raconté, d'un récit sobre, factuel, tonique, idéalement porté par la voix de la comédienne Giula Clara Kissous.

10h27 d'écoute captivée.

Apolline Elter

Moi, Malala Yousafsai, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans, récit écrit avec la collaboration de Christina Lamb,  traduit de l'anglais par Pascal Loubet, Ed. Calmann-Lévy, 213, 390 pp- Audiolib, avril 2016, 10h27 d'écoute

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 06 16

Prosper, Toto , Emily et compagnie

téléchargement (12).jpg " C'est ainsi que même si je fus parfois leur adversaire, j'ai bien connu deux de vos grands hommes qui jouèrent un rôle important dans le sauvetage de vos monuments historiques, Prosper et Toto."

Celle qui nous parle - qui s'adresse à la France - se nomme Emily Dingham, jeune, veuve  et Anglaise, personnage de pure fiction. ..  Sorte d'antiquaire, elle pille copieusement un patrimoine français, mis à mal par la Révolution, achetant à vil prix des oeuvres, qu'elle vend à ses compatriotes, lestée d'une marge des plus confortables...

Ses pas et appâts croisent Prosper - entendez Mérimée - qui vient tout juste de décrocher, en cet an 1834 le poste d'Inspecteur général des Monuments historiques. S'il n'avait vocation  pour la fonction  - il se préfère écrivain - le jeune homme va rapidement se prendre de passion pour la sauvegarde du patrimoine national.  On peut prévoir qu'il ne verra guère d'un bon oeil, l'activité un peu louche d'Emily, jolie.

Quant à "Toto" - vous aurez d'emblée reconnu Victor Hugo, le grand, l'illustre poète - il nous apparaît sous un angle,  sinon neuf, du moins singulièrement vivifiant.

Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 consacre la rupture entre les deux hommes, la fin d'une amitié de quelque vingt-cinq années.  Proscrit, Victor Hugo fuit à Bruxelles, s'exile à Jersey, Guernesey  - en tout dix-neuf années -tandis que Prosper ... prospère et se dilue, dans le sillage du couple impérial.

Les portraits de Juliette Drouet, Esprit Requien, Eugène Viollet-Leduc, Eugénie et Napoléon III , ... parcourent allègrement les pages d'une narration tonique et vivace, soutenue d'une érudition assez remarquable.

Une lecture des plus agréable

Apolline Elter                                                                                                                    

 Une aventure monumentale, Olivier Dutaillis, roman, Ed. Albin Michel, mai 2016, 346 pp

Billet de faveur

AE : A travers les protagonistes – la plupart ont réellement existé  - ce sont aussi les grands chantiers de Vezelay, Notre-Dame de Paris, tracés haussmanniens que vous brossez. Ils en deviennent presque des personnages. Était-ce votre intention de départ ?  

Olivier Dutaillis :

Mais oui ! La difficulté du sujet était de donner de la chair aux pierres ! De faire en sorte que les monuments soient incarnés. De les présenter finalement dans le sillage de Victor Hugo qui a eu le génie de montrer Notre-Dame de Paris sous les traits d'Esmeralda et de Quasimodo… Je n'avais aucune stratégie en tête, au départ. Mais la nécessité de trouver des enjeux humains pour évoquer ces chantiers s'est très vite imposée. Ainsi, derrière les ruines d'un aqueduc romain, il y a l'idée qu'à cette époque l'adduction de l'eau favorisait l'érotisme… Derrière des fresques du Moyen-Age, comme à Saint-Savin, il y a des jeunes artistes confrontés aux mêmes contraintes que les tagueurs d'aujourd'hui…  Derrière Vézelay, il y a une gigantesque arnaque aux reliques et le détournement de l'argent des pèlerinages…  Dans les monuments, il y a quelque chose qui nous touche malgré nous. J'avais envie que ce roman nous rapproche des êtres humains qui nous y ont précédés.

agenda.jpg Vous souhaitez rencontrer l'auteur:

Olivier  Dutaillis sera présent, en signature,  les 

- samedi 11 juin, de 14 à 18h, au Festival d'Issy-les-Moulineaux.

Et le jeudi 16 juin à la LIbrairie La Belle Lurette, rue Saint-Antoine, 75004 Paris à partir de 19h30.

 

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 06 16

Une correspondance philosophique

 FIC115332HAB40.jpg Une  édition de correspondance est toujours un événement

Votre blog préféré ne prétendra pas le contraire

Dévoué, comme il l'est, à l'épistolaire.

Ce jeudi 9 juin salue donc l'édition intégrale - plus de deux cents lettres - de la correspondance  d'une dizaine d'années (de 1929 à +/- 1940 ) entre deux philosophes catholiques, Jacques Maritain  (1882-1973) et Emmanuel Mounier (1905-1950), son cadet de vingt-trois années. Tête pensante du personnalisme et fondateur de la revue "Esprit", Emmanuel Mounier voue une affection très respectueuse à son aîné) passant très progressivement du "Cher Monsieur" à "Bien cher ami", summum de ce que la familiarité peut endurer.

Véhicule d'idées, d'ouvertures spirituelles  et de confrontations, parfois complexes, la correspondance est facteur essentiel dans l'amitié des deux hommes.

De Grenoble, Emmanuel Mounier écrit le 15 avril 1940 à Jacques Maritain parti aux USA

" Bien cher ami, 

Etes-vous revenu d'Amérique ? Quels silences la guerre établit dans les plus sûres amitiés! (Mais elles ont cette assurance - même pour les contrôler )(..) "

La riche couverture de l'édition range illico celle-ci dans catégorie des beaux livres

AE

Correspondance de Jacques Maritaini & Emmnauel Mounier,  édition établie, annotée et présentée par Sylvain Guena, juin 2018, 472 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 06 16

Des contes à manger....ravi

123935_couverture_Hres_0.jpg

De tout temps, l'homme (et la femme) ont accordé aux plaisirs de la table, place de choix en leur vie.

L'abstinence , les privations de nourriture renforcent, par leur défaut, la notion de plaisir liée à l'ingestion des aliments.   Plaisirs excessifs, privations du même ordre, il nous faut raison garder.

Ecoutons Saint François d'Assise.

" Tout comme nous devons nous abstenir d'une nourriture excessive, nocive au corps et à l'âme, de même, et même encore plus, nous devons nous garder d'un abstinence excessive, car le Seigneur préfère la miséricorde au sacrifice."

Le saint Homme.

Les contes de la table, Massimo Montanari, essai traduit de l'italien par Jérôme Nicolas, Ed. Seuil, mai 2016, 256 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 06 16

C'est l'histoire d'un mec

 

téléchargement.jpg

Vous en entendrez parler plus qu'à l'envi: juin célèbre, si l'on peut dire, le triste trentième anniversaire de la mort, tragique, de Coluche, ce "mec" drôle, tendre, initiateur des "Restos du coeur" et toutes enfoirades d'amitié.

 Le journaliste, écrivain, Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin, illustrateur de génie, ont allié amitié et talent, immenses, pour rendre au célèbre saltimbanque en salopette rayée, un hommage éloquent.  Ils convoquent sa vie, ses amis - innombrables - en une féerie de souvenirs, d'aquarelles sublimes et de sentences géniales dont Michel Colucci avait le secret

" Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur."

Un "généreux bouffon' qui vivait à cent à l'heure et mourut à pareille vitesse, fracassant sa moto Honda 1100 contre un 38 tonnes sur une départementale des Alpes maritimes.

Chez Coluche, Histoire d'un mec inoubliable , Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin, beau livre illustré, Editions du Rocher, mai 2016, 128 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 06 16

Dédé le meurtrier

9782367621159-001-G.jpeg

Trente années passées derrière les barreaux n'ont pas suffi à Johan Andersson, as Dédé le meurtrier, pour rentrer dans le droit chemin, sitôt sa sortie de prison....L'association avec Johanna Kjellander,  femme pasteur en rupture de confession et Per Persson - quelle  bien étrange idée  que de calquer un prénom sur un patronyme  -  réceptionniste d'hôtel peu scrupuleux a tôt fait de replonger notre homme dans ses anciens travers.  

Aussi serviable que démuni de cervelle, Dédé est corvéable à merci, exécutant sans rechigner les sombres desseins de ses commanditaires.

Oui mais un jour, sans crier gare, se bousculent  en son esprit la révélation de la Bible, la bonne parole et l'amour universel qu'il convient de porter à son semblable. Soutenu d'une consommation massive de vin de messe - c'est pour la bonne cause - Dédé va désormais prêcher la sainte parole. Charge à Johanna et Per d'arranger leur commerce avec la nouvelle donne...

Pétri d'humour et de non-sense,  le texte, certes, un  tantinet longuet, bénéficie de l'excellente lecture qu'en opère Féodor Atkine.

A cet égard, une vraie friandise 

Apolline Elter

L'assassin qui rêvait d'une place au paradis, Jonas Jonasson, roman traduit du suédois par Laurence Mennerich, Presses de la Cité, 2016 - Audiolib, avril 2016 - 73 plages - 8h25 d'écoute, texte intégrale lu par Féodor Atkine 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 05 16

1 km à pied, ....

images.jpg

Vous connaissez Olivier BLeys, sous son jour (très heureux) de romancier. 

Invité-chronique de nos...chroniques et billets de ferveur, tant nous admirons son oeuvre, l'écrivain est aussi un "marcheur au long cours". Il a ainsi entrepris,  le 4 juillet 2010,un tour de monde, au départ de Pampelonne (FR) , sillonnant résolument à pied les "latitudes tempérées de l'hémisphère nord" , soit un peu plus de 20.000 kms d'un tracé direct, à 45 degrés de laltitude.

Vademecum du marcheur, l'essai décortique les effets, euphorisants, bénéfiques , existentiels de l'expédition, extraits de carnet de route  à l'appui. Il détaille chacune des sept étapes déjà entreprises, de France à Hongrie, offrant au lecteur de cheminer à ses côtés, de savourer le bénéfice d'une belle écriture et de conseils avisés.

Ombre au tableau: la solitude . L'écrivain se promet d'y remédier, qui nous écrit, en guise de conclusion:

"Il m'appartiendra de recruter des compagnes et des compagnons de marche désirant, comme moi, avaler l'horizon qui toujours se dérobe."

C'est le mot d'une fin provisoire puisque Olivier Bleys entend bien poursuivre, dès l'été, ce tour du monde et de l'intime - il est question de connaître ses propres limites - de haute valeur ajoutée.

Une lecture qui sied à la saison.

AE

L'art de la marche, Olivier Bleys, essai, Ed. Albin Michel, mai 2016, 234 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 05 16

Poste restante

téléchargement (5).jpgAu cœur du roman, la lettre d'amour de Billy à Chrissie, lui signifiant qu'il veut l'épouser et reconnaître l'enfant dont elle est enceinte.

La missive est datée du 4 septembre 1939, elle ne parvient jamais à sa destinataire, conforte son sentiment d'abandon,  conditionne son destin.  

Retrouvée quelque trente-cinq ans plus tard, par Tina, une jeune femme battue par Rick, son mari, pervers et alcoolique, la lettre va sceller le destin de cette dernière de façon assez surprenante.

 S'il adopte volontiers l'allure d'un conte, constitué de personnages aux caractères tranchés - et verse par moments dans les romans à l'eau de rose - ce premier roman jouit d'une intrigue bien ficelée -le lecteur a du mal à s'en décrocher -  et présente le portrait  fouillé, intéressant de la dépendance affective d'une épouse battue.  

 Quelques éléments de l'intrigue: l'accouchement de Chrissie dans un couvent  lugubre sis près de Tipperary et l'adoption forcée de son garçonnet par un couple américain,  évoquent singulièrement l'expérience de vie au cœur du récit-enquête Philomena, écrit par le journaliste Martin Sixmith (tard; française, 2014, Presses de la Cité) 

  Publié d'abord en auto-édition, le roman connaît grand succès auprès du public anglais. 

 Il était une lettre,  Kathryn Hugues, roman traduit de l'anglais par  Pascale  Haas, Ed. Calmann-Lévy, février 2016, 368 p 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |