02 02 16

Prodigieuse H.J.Lim

411nxZ9dhbL._AA160_.jpg" Ce qui compte, c'est le silence intérieur. Le piano est seulement le passeur."

"H.J. Lim" (Hieon Jeong Lim) naît à Anyang, près de Séoul, en Corée du Sud, le 26 octobre  1986.  Un taemong - " rêve prémonitoire de naissance" - révèle à sa mère que le destin de sa cadette se fera hors de Corée. Dès lors cette maman aimante mettra tout en oeuvre - et en confiance- pour que s'exprime en sa fille le langage de la musique qui la saisit dès la prime enfance.

" J'ai dans mon coeur la clarté indigo du courage"

Débarquée à Compiègne à l'âge de douze ans,  seule et sans bagage linguistique - elle ne parle pas  un mot de français-  l'enfant se heurte d'emblée à l'hostilité jalouse d'une "tante",  mère d'accueil bien mal nommée. Sa passion pour la musique, son don inné, rapidement remarqué et des rencontres bienveillantes  la mènent bientôt à Rouen, Paris, Waterloo- en la prestigieuse chapelle musicale Reine Elisabeth -  et Neuchâtel, en Suisse, où elle réside désormais, au coeur de l'Europe mélomane.

Une rencontre fortuite, dans le métro bruxellois, avec le compositeur, interprète russe, Alexandre  Rabinovitch-Barakovsky, le "Maestro Céleste" va se révéler fondamentale, orienter drastiquement sa pratique pianistique, l'allégeant de l'insidieux embourgeoisement dans lequel s'enfoncent ses vingt ans pour  une quête toujours en cours de - lumineuse - liberté intérieure.

La "radicalité" de son rapport à la musique et son indissociable spiritualité nous évoque à plus d'un point celle d'Hélène Grimaud.  Il serait intéressant de comparer les parcours, soif d'absolu des deux prodiges, cette "communication d'âme à âme" que représente un art, porté par toutes deux au nirvana de l'interprétation.

Un témoignage merveilleux - une lecture que je vous conseille vivement, assortie de l'écoute de l'intégrale des Sonates pour piano de Beethoven, interprétées par l'artiste... (EMI, 2012)

Le son du silence, Hieon Jeong Lim, témoignage rédigé avec la collaboration de Laurence Nobécourt, Ed. Albin Michel, février 2016, 186 pp

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28 01 16

Trialogue

téléchargement (2).jpgAmis, ils le sont de longue date.

Réunis 9 jours en une maison, sise au "coeur  d'une forêt, en Dordogne", les psychiatre Christophe André, philosophe Alexandre Jollien et moine bouddhiste Matthieu Ricard, engagent une série d'échanges sur ces thèmes précis qui leur tiennent à l'âme:  aspirations existentielles, place réservée à l'ego, gratitude, gestion des émotions,  de la souffrance, de la vérité, pratique de l'écoute, de la bienveillance, de la simplicité...

Consignés en 12 chapitres, les dialogues sont frappés de simplicité, d'humilité et surtout de bienveillance. 

" Venez maintenant prendre place à nos côtés, sur une chaise ou, plus près de nous encore, sur l'un des fauteuils fatigués et accueillants dans lesquels nous nous sommes installés. (...) Le feu crépite dans la cheminée, la vallée s'étend de l'autre côté de la fenêtre, le soleil d'hiver commence à pâlir doucement, le thé fume dans les tasses, réchauffe les mains et stimule les esprits."

Solidaire d'une même précarité existentielle, le lecteur est donc invité à se joindre à la confrontation d'expériences, de  pratiques quotidiennes relatée par trois hommes d'univers différents, à cette quête de sagesse basée sur une notion majeure: l'altruisme.

Il méditera les citations qui parcourent les chapitres en grands caractères et les conclusions didactiques de ceux-ci frappées de mantras et de dispositions pratiques.

Trois amis en quête de sagesse, Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard, essai, Ed. L'Iconoclaste - Allary Editions, janvier 2016, 491 pp

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26 01 16

Echec et mal

Un essai engagé

"Comment pardonner à Zweig son suicide?

Comment y être sensible? Ce n'est que le geste d'un génie imbu de lui-même. Qui pense que le monde
entier va verser des larmes. Bouleversé par le déchirant suicide d'un tel artiste. Pas une larme ne doit
couler pour Stefan Zweig. Il ne mérite qu'un éternel mépris. Et avant tout de la part de ses lecteurs
qu'il a trahis aussi, bien sûr. Les larmes, on peut les verser pour la petite Scholl, pour Kolbe, pour Von
Stauffenberg, pour tant d'Allemands, d'Autrichiens qui sacrifièrent leur vie pour la dignité humaine."

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S'il est bien un geste que Francis Huster dénonce,  c'est le suicide du célèbre écrivain viennois.  Un départ de la vie perçu comme une mission, point de chute d'un parcours passée en fuite de soi.

Fin connaisseur, ardent admirateur de l'oeuvre zweiguienne, du génie avéré de l'écrivain, le célèbre comédien entend marquer le départ entre sa vie et ses écrits. Et il ne le fait pas de main morte, engageant avec Zweig une partie d'échecs implacable, fougueux dégagement de cet engluement romantique, du mythe de martyr dans lequel la postérité l'a souvent figé.

Un coup de fouet déconcertant mais aussi vivifiant.

L'essayiste s'emballe, dénonce la neutralité délétère de l'Autrichien, son absence de solidarité envers les Juifs, opérant d'une introspection intérieure, minutieuse, sans concession, une visite éclairée de sa vie, de son âme.

A l'instar d'Albert Camus, dont il a adapté, interprété La Peste, plus d'un millier de fois, Francis Huster se fond en Stefan Zweig, Joueur d'échecs peu à peu mis à mat.

Apolline Elter

L'énigme Zweig, Francis Huster, essai préfacé par Eric-Emmanuel Schmitt, Ed. Le Passeur, oct.2015, 224 pp

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23 01 16

Education sentimentale

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"La musique était considérée comme une anticipation du mariage: la métaphore de ce qu'il serait. Il reflétait l'accord parfait avec le monde."

Volodia est maître de conférences à Paris-IV. Historien, il travaille, à l'invitation de l'académicien Anténor,  le thème de l'éducation des jeunes filles, aux XVIIe et XVIIIe siècles. 

Une évidence s'impose au mélomane qui (sé)vit en lui: la pratique du piano est expression (à peine) cryptée de sensualité, de sexualité. Il lui faut dès lors en étudier place et fonction dans l'éducation féminine. La liaison  torride, allegro ma troppo qu'il amorce avec la pianiste Sonia Biasetti déborde les fantasmes,

Mais elle est suivie de trahison. 

Le parcours initiatique du narrateur, son éducation sentimentale très flaubertienne, va renaître de ses cendres et s'immoler de passion pour la virtuose Sophie Baxter, dont le portrait et le tempérament mystiques, évoquent par bien des points ceux d'Hélène Grimaud. En ce compris son génie d'interprétation de Brahms et d'une oeuvre inédite du célèbre compositeur.

Premier roman d'un écrivain supérieur - mais, journaliste, éditeur,  érudit, mélomane, Stéphane Barsacq n'en est pas à son coup d'essai en matière ...d'essais-  l'ouvrage révèle une plume fabuleuse.  Une facture qui nous évoque l'écriture d'un Nicolas d'Estienne d'Orves.  C'est dire comme nous l'avons...dévoré.

 Apolline Elter

Le piano dans l'éducation des jeunes filles, Stéphane Barsacq, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2016, 352 pp

Billet de faveur

AE : Les nombreuses références littéraires, musicales qui parcourent le roman révèlent une impressionnante érudition, l’étude maîtrisée des sujets que vous abordez. Avez-vous conçu ce (premier) roman comme une sorte de récréation culturelle, comme l’établissement d’une logique entre différentes passions ?

Stéphane Barsacq : Je voulais interroger ce que signifie l’amour à notre époque. Pour comprendre une chose, il faut être en mesure de la comparer. Nous sommes les héritiers de siècles qui ont réfléchi à cette question. Leurs réponses et les nôtres ne sont pas les mêmes.  Je voulais donc saisir ce qui sépare ou rapproche ces conceptions de l’amour – en littérature, en musique -, et ce que nos contemporains peuvent en faire, soit pour les combattre, soit pour s’y ressourcer. Il y allait de la volonté d’écrire un roman moderne, avec un fond classique, ou de donner une teinte moderne à des questions intemporelles. Autrement dit, je voulais savoir ce que nous avions fait de l’amour et si nous étions toujours capables d’un grand amour. Non une passade, joyeuse ou malheureuse, non une récréation érotique que j’analyse aussi. Un grand amour, un vrai. Celui qui donne du sens à la vie.

AE : Volodia impute à Max Jacob, la phrase dont s’inspire le titre : « Le piano dans l’éducation des jeunes filles est la cause de tous les adultères ». Le célèbre poète a-t-il vraiment prononcé ces mots ? Dans quel contexte ?

Stéphane Barsacq : Oui, cette parole est bien de Max Jacob, je l’avais lue dans un texte de son ami Jean Cocteau. Max Jacob s’adonnait à l’humour et au cocasse. Un ami de 98 ans, qui l’a vu, m’en a parlé encore récemment. Il a eu ce mot : « C’était le bouffon de Dieu ». Laissez-moi vous citer une autre parole de lui que je trouve réjouissante: « Le Paradis est une ligne de craie sur le tableau noir de ta vie, vas-tu l’effacer avec les diables de ce temps ? »

 

 

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21 01 16

Simone, Fred et les autres

téléchargement.jpgEva Kavian, notre compatriote, écrit (souvent) pour un public adolescent.  

Style tonique, sujets subtils, plume maîtrisée transcendent cependant cette cible pour offrir résonance aux adultes que nous sommes.

Débarquée dans la classe terminale d'un collège huppé, Simone sème d'emblée étonnement, envie, jalousie, amitié.... De deux ans plus âgée que la plupart de ses condisciples, la jeune orpheline a charge de famille: Fred, son tout jeune frère a échappé - expulsé par la vitre - à l'emboutissement auto-immobile qui a coûté la vie à ses parents.

Dépassée par le rythme scolaire et les événements, Simone profite sans vergogne du travail de ses camarades.

"A force de mener son propre combat de survie, elle est devenue aride, sans coeur, voilà ce qui se passe. Une machine de guerre pour sa petite victoire personnelle."

Que du contraire. 

Et puis, Fred n'est pas son petit frère...

S'il est dit que les êtres en difficultés génèrent générosité, amitiés solaires....on ne pourra qu'en découvrir la démonstration au sein du petit groupe d'être cabossés, Louise, Hugo, Thibault,  le vieux Maurice, le petit Fred et son doudou Teddy Fred....  dont Simone fédère page après page la solidarité.

Une belle, toute simple, leçon d'humanité

D'avènement à la maternité.

AE

Le frère de Simone, Eva Kavian, roman, Oskar éditeur, oct. 2015, 186 pp

 

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19 01 16

(Af)fable

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 Terrassé par le décès de son épouse, un jeune père voit débarquer un corbeau en son appartement londonien.

Dans d’autres versions je suis docteur ou fantôme.

Parfaits stratagèmes : docteurs, fantômes et corbeaux.

Nous pouvons faire ce que les autres personnages ne

 peuvenr pas, manger la tristesse par exemple, ou renfouir

 les secrets, ou mener des batailles homériques contre le

langage et Dieu. J’étais excuse, ami, deus ex machina,

lague, symptôme, fiction, spectre, béquille, jouet,

revenant, bâillon, psychanalyste et baby-sitter.

Allégorie de la souffrance qui doit s'exprimer par tous les pores, le funeste volatile se fait  projectile des tensions - chagrin, révolte, pensées incongrues- , des vibrations de trois âmes désemparées, celle du père et de ses tout jeunes garçons, des jumeaux.

" Papa nous racontait des histoires et les histoires ont changé quand Papa a changé."

Sorte de fable déconcertante, gratifiée d'un humour à la Jean-Louis Fournier,  ce roman anglais bénéficie d'une traduction imparable - une vraie prouesse d'adaptation linguistique, d'images et d'allitérations.

Une bouée pour affronter le tsunami de l'indicible.

La douleur porte un costume de plumes, Max Porter, roman traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Charles Recoursé, Ed. Seuil, janvier  2016, 122 pp

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16 01 16

Fred / Frédéric

9782226323910-x.jpg" Ce soir, je voudrais être n'importe quel type, sauf moi. N'importe lequel de ces gars dans la rue."

 Fred n'a pas la pêche. C'est un euphémisme.

Il vient d'échouer dans la chambre d'un hôtel bas de gamme, lamentable échappée à la fête-surprise qu'organise Laura, son épouse, pour ses quarante ans.

Et voici que surgit du miroir, Frédéric, alerte vieillard qui affiche deux fois son âge. Une joute verbale s'instaure qui permet peu à peu à Fred de réaliser qu'il a devant lui, l'homme qu'il sera dans quarante ans, précisément.

Peut-on infléchir son destin? 

La question est au coeur de ce drame, rondement mené.

L'argument est séduisant mais il comporte bien des écueils. Il faut la virtuosité de Véronique Olmi pour mener à maturité cette logique de l'absurdité.

La pièce,  sera créée au Théâtre de l'Atelier (Montmartre), et jouée à la rentrée de septembre,  mise en scène par Jean-Daniel Verhaege. Le rôle de  Fred sera campé par Nicolas Vaude, celui de Frédéric, par Claude Rich. Choix des plus stratégiques.

Une représentation à pointer en son agenda

Apolline Elter

Un autre que moi,  Véronique Olmi, drame, Ed. Albin Michel, janvier 2016, 140 pp

 

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07 01 16

Dona Giovanna

Pas de doute, l'année 2016 commence franco...

Avec la publication, ce jour, du quatrième roman de Murielle Magellan

 

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 Marchande d'art au nez au nez subtil, Olympe Delbord, 37 ans, confond en une même traque empressée  sa passion pour la peinture et les aventures amoureuses de tout bord.  

C'est une prédatrice-née, qui capte, consomme, rompt, toujours domine la situation.

Une Dona Giovanna, entendez, Don Juan au féminin, que rien n'arrête, pas même le sexe de son (sa) partenaire.

La rencontre avec Paul Auger, 38 ans, sorte de savant brillant et pur - directeur de recherche en bio-informatique - marié, fidèle et père de famille comblé va fasciner Olympe, l'électriser d'une attraction irrépressible...

Celle de Claude Solal,  peintre de génie, vieux, malade et aigri, itou:  en portant ses oeuvres à la lumière, les exposant sur le devant de la scène,  Olympe semble le ramener à la vie.

" Réveiller la flamme endormie d'un peintre. L'inciter à créer encore. Est-ce bien ou mal? "

Traçant avec un raffinement précis, chirurgical, les "élans" d'âme d'une personnalité complexe,  altière,  drastiquement solitaire,  ceux de ses proies, Murielle Magellan nous ravit, cette fois encore, d'une maîtrise d'introspection, d'atmosphère et de plume ..sidérante.

Les chapitres se succèdent,  parfois très courts,  d’un rythme soutenu, qui confère à la lecture, un tempo Rondo allegrissimo

Apolline Elter 

Les indociles, Murielle Magellan, roman, éd. Julliard, janvier 2016, 234 pp

Billet de faveur

AE : Claude Solal, le peintre et Olympe Delbord ont ceci de commun, d’être des « indociles », de s’échapper sans cesse au prévisible, aux conventions, à ce que l’on peut attendre d’eux.  Paul Anger est, au départ, tout le contraire qui voit sa vie, tracée d’avance et d’harmonie…  « prisonnière » d’un schéma,  à l’instar du titre de la toile qu’Olympe le fait acquérir .

Pas de vraie vie, Murielle Magellan, sans son lot.. . d’ »indocilité » ?

 Murielle Magellan : Sans doute ! L’étymologie d’ « indocile » est « qui n’apprend pas ». Je l’entends comme « qui n’apprend pas ce qu’on voudrait qu’il apprenne ». Etre indocile c’est être rétif aux dogmes, aux croyances, aux règles préétablies. C’est aller dans le monde avec étonnement, sans préconception. Ce n’est pas une posture, c’est un état d’être, mais qu’il faut chérir. L’indocilité ne consiste pas à avoir une vie débridée, comme Olympe, mais à savoir que c’est possible, et que pourquoi pas ? Dans ce sens-là, oui, sans doute y a-t-il plus d’intensité, plus de « vraie vie », car tout redevient possible. Annie Ernaux parle de l’écriture comme un art qui doit tendre, comme l’acte sexuel, à « une suspension du jugement moral », c’est ce que je tente de créer chez le lecteur avec ce texte.

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06 01 16

Vous avez dit "Kafka"?

La poupée de Kafka.jpg Connaissez-vous cette belle histoire attribuée à l'écrivain Franz Kafka? 

Tandis qu'il séjourne à Berlin auprès de sa chère Dora Diamant, fatigué par la maladie  - nous sommes en 1923, à un an de son décès- l'écrivain tchèque rencontre, dans un parc, une enfant désespérée par la disparition de sa poupée.  Kafka entreprend de la consoler, lui révélant que sa poupée est justement partie en voyage et qu'elle va écrire à la petite fille.

Trois semaines durant l'écrivain remettra à la petite fille les lettres quotidiennes de sa chère poupée; un jour, il lui faudra arrêter le commerce: il annonce alors à l'enfant que la poupée s'est mariée et qu'il lui devient difficile de poursuivre la correspondance; la petite accepte l'explication sans autre forme de procès.

Vérité ou légende?  Les lettres n'ont jamais été retrouvées et leur existence tient  au seul témoignage de Dora Diamant et aux confidences faites à deux personnes de son entourage.

Qu'importe, il y a matière à prolongation romanesque.

Fabrice Colin ne s'en prive pas qui imagine retrouver l'attributaire des lettres de la fameuse poupée. Elle s'appelle Else Fechtenberg, nonagénaire aussi alerte que revêche, juive allemande "blessée aux couleurs de la vie" et d'une guerre 40-45 particulièrement cruelle pour les siens.

Tandis qu'elle séjourne à Berlin, Julie Spileler découvre l'existence de la vieille dame et entreprend de l'apprivoiser -la tâche est abyssale- afin qu'elle lui révèle le secret des missives kafkaïennes.  L'enjeu pour la jeune fille est de faire part de ce prodige à son père, obsessionnel passionné de l'écrivain et de conduire partant leurs relations distendues vers de plus favorables horizons.

La poupée de Kafka, Fabrice Colin, roman, Ed. Actes Sud, janvier 2016, 272 pp

 

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28 12 15

Cachez ces saints...

1540-1.jpgCachez ces saints que je ne peux honorer, semble affirmer l'Eglise

Erudit ès bibliothèques et calendriers, Daniel-Charles Luytens nous offre un abécédaire de saints plus singuliers - voire incongrus - les uns que les autres.

De Sainte Apolline, patron des dentistes à Saint Willibrord, fondateur de l'abbaye d'Echternach (mais pas de sa procession) ce sont quelque quatre cents saints qui défilent, joyeusement campés sous vos yeux ébahis. Une mine également pour le choix des prénoms de vos enfants:

Jugez-en: 

Sainte Andouille, sainte Broche, sainte cheville, saint Concombre, saint Expédit, sainte Monégonde, sainte Ragenulfe suivie suivie au pas de charge par saint Rapide, saint Connebert et  saint Violet...

Ayons une pensée particulière pour les saints du jour et les personnes qui voient fêter leur anniversaire, dans un élan conjoint et sincère...

A.Elter

Les saints cachés du calendrier, D.-C. Luytens, essai, Ed. Jourdan,oct. 2015, 320 pp

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