08 11 15

L'ange Gabriel

L'Homme idéal existe. Il est québécoisOn connaît Diane Ducret  essayiste, philosophe, auteur du best-seller Femmes de dictateurs (1 et 2), on la découvre romancière et d'une drôlerie ir-ré-sis-ti-ble.

Ben mince, ça fait du bien!

"J'ai déjà fait un stage de survie en milieu hostile, je vais y arriver. Le secret pour tenir en cas de danger imminent, hors de sa zone de contrôle et sans renfort, c'est de rester concentré sur sa cible. L'homme célibataire, beau, adorable, sensible et piquant est une denrée des plus rares, une espèce en péril, en voie d'extinction. Je suis prête à me geler les extrêmités, s'il le faut, pour Gabriel."

Ainsi se rassure, la narratrice,  qui vient de surmonter son aérodromophobie,  traverser l'Atlantique, pour passer une semaine de fol amour et de rêve, avec Gabriel,  craquant Québécois croisé quelques jours plus tôt à Paris. 

 Consciente que le graal - amoureux- ne court pas les boulevards parisiens, elle n'entend pas voir s'échapper l'opportunité d'une très belle histoire...

Oui mais..

L'irrésistible Gabriel est père d'un bibounet - William, 5 ans - a conservé la garde-robe de son ex-compagne et, pour couronner le gâteau, parle un sabir québécois parfaitement abscons ...

Ajouté au tableau que le grand froid, la rigueur du climat, l'isolement ont raison de toute coquetterie féminine.

Pour l'intellectuelle qui sévit  en la jeune femme, le choc est rude, il est existentiel.

D'une incongruité hilarante...

Une lecture qui ne se prend pas la tête, se pose ... les bonnes questions, savoureux cocktail d'autodérision, méthodologie d'approche amoureuse,  comique de situations et métaphores subtilement assaisonnées...

Apolline Elter

 L'homme idéal existe. Il est québécois, Diane Ducret, roman, Ed. Albin Michel, oct.2015, 186 pp

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29 10 15

Promenade littéraire

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« Toute une partie du XIX e siècle procède de Rousseau, à commencer par George Sand bien sûr, et ces scènes d’amour au jardin qui se répondent de Stendhal à Flaubert, de Balzac à Hugo  et Zola. Pour la première moitié du XXe siècle,  s’imposent Marcel Proust, André Gide, Colette, Simone de Beauvoir,  et, paradoxalement, Jean-Paul Sartre, l’homme qui détestait les arbres.  Le choix est plus difficile quand on se rapproche de notre époque : Marguerite Duras, Patrick Modiano et Christian Bobin. Leurs jardins s’enracinent dans l’imaginaire, se nourrissent de leurs rêves, de leurs souvenirs, ils se déploient dans un espace fantasmé ou poétique souvent lié à l’enfance. »

D'emblée, l'herbe est semée, le propos, campé.

Chère à notre blog, la biographe Evelyne Bloch-Dano nous propose une promenade littéraire passionnante parmi les jardins d'illustres écrivains. Un essai paru au printemps dernier que nous pouvons savourer, en ce temps retrouvé d'un automne rougeoyant et des lectures.. de coin de feu.

 Jardins et papiers, De  Rousseau à Modiano, Evelyne Bloch-Dano, essai, Ed. Stock, avril 2015, 250 pp

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28 10 15

Chuqui-Paris

Soeurs de miséricordeElle est une mère séparée de ses enfants depuis un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, dix mois, dix-huit mois, vint-cinq mois et dans chaque mois, chaque jour compte."

Exilée de Chuqui-Chuqui (Bolivie)  la lumineuse Azul tente de gagner, à Paris, le salaire (de bonne) qui lui permettra d'entretenir les siens. Courageuse, généreuse, elle vient en aide à toute personne en détresse et se prend d'amitié - sincère, désintéressée - pour Madame Isabelle, sa patronne, bourgeoise coincée par les diktats de son milieu, et pourtant, généreuse, elle aussi..

" Azul lui a raconté l'histoire d'Evelyne devenue soeur Marie, du professeur d'anglais de Santa Cruz, juif homosexuel, et madame Isabelle l'écoute. Azul lui apporte le monde entier dans son appartement de la rue de l'Assomption."

Un roman qui revêt l'allure d'un récit : " Elle se dit que si par une étrange idée quelqu'un raconte son histoire dans un livre (elle se trouve bien orgueilleuse, on ne consacre pas des livres à des femmes de ménage), elle serait heureuse de pouvoir témoigner que des inconnus, vivants ou morts, par leurs actes ou leurs mots, l'ont aidée." 

Soeurs de miséricorde, Colombe Schneck, roman, Ed. Stock, août 2015, 210 pp

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27 10 15

Bougon Guy

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Pas toujours aisé de faire fi du passé d'une maison, de la mémoire de ses murs - thème cher à Tatiana de Rosnay. La narratrice de ce beau roman en fait les frais, qui quitte Paris pour s'installer dans une maison de charme et de province, "en périphérie d'une ville portuaire".

Atteint de sénilité, Guy, l'ancien occupant des lieux, a été placé dans une maison médicalisée tandis que ses filles se dépêchent de mettre la maison en vente;  sanctuaire des générations passées, la cave conserve encore le bric à brac des anciens propriétaires...

La surprise est grande pour la narratrice, de voir le vieillard débarquer, à l'improviste.Ce dernier a conservé la clef de la maison qu'il tient encore farouchement pour sienne. L'en chasser et changer les serrures pourrait l'achever... la narratrice - auteur de thrillers à succès modéré - ne s'en sent pas la force.

S'installe alors un curieux rapport d'autorité: bougon et ombrageux, le vieillard se réfugie de longues heures dans "sa" cave , ne prêtant à son hôtesse qu'une attention rare et plutôt désagréable.

Lentement, progressivement, la glace va se rompre - mais jamais totalement... et les protagonistes vont se découvrir des blessures communes qui vont mutuellement les aider à mieux comprendre leur entourage.  Meurtri par la mort violente et barbare de son père, sous la torture gestapiste;  Guy fera subir à sa femme et ses filles le désastre affectif qu'elle a engendrée; de son côté, la narratrice retrouve en ce vieil homme;  les attitudes de ses grand-père et père,  qui ont abîmé sa jeunesse. Et le dialogue de les faire progresser par petites touches anodines, vers un  apaisement respectif

Le style est simple, fluide, la tension narrative, parfaitement négociée, le roman, des plus - subtilement-  attachant.

Une belle lecture en lice, peut-être, pour le Prix Horizon

L'importun, Aude Le Corff, roman, Ed. Stock, avril 2015,  198 pp

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24 10 15

Quatre étoiles

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"Les premiers clients arrivaient. Les talons aiguilles de dames joyeusement agrippées à leurs compagnons trébuchaient sur les graviers. Le directeur s’inclinait avec élégance, et les serveurs accouraient. »

Construit par un Juif, au début du XXe siècle, l'Hôtel Mahrajane voit converger touristes fortunés, membres de la bonne société de Nari et regards admiratifs des habitants de la station balnéaire égyptienne.  Il stigmatise  la coexistence pacifique qui règne entre les communautés musulmane, chrétienne et juive de la ville.

 Pétri d'admiration et de fascination pour le luxe qui se déploie en ce palace, le narrateur, adolescent de petite bourgeoisie chrétienne, va assister, fin des années cinquante et toute la décennie suivante, à la détérioration progressive du climat de tolérance,  aux départs successifs des résidents non-musulmans, au déclin inexorable de ce lieu mythique. Il consigne observations,  événements et portraits - dont celui de Louca, son jeune oncle, aussi entreprenant, créatif, qu'attachant - en une succession de tableaux de lumineuse facture.

" Si Louca battait les records de la légèreté et de la fantaisie, il n'avait pas le monopole de l'insouciance. Avec le recul, l'attitude des adultes qui nous entouraient me déconcerte. Ils vivaient dans une bulle - une bulle mélangée, cosmopolite, mais une bulle quand même."

Et le lecteur de retrouver la plume sobre, précise, fluide, en un mot magistrale des romans de Robert Solé, la tension narrative imparable qui la caractérise.

Un pur joyau de lecture

Je vous le certifie.

 Apolline Elter

Hôtel Mahrajane, Robert Solé,  roman, Ed. Seuil, oct. 2015, 264 pp

Billet de faveur

AE : la tendance littéraire est à l’autofiction ; partant, nous sommes tentés de voir dans le regard du narrateur,  celui que vous portez vous-même à l’Egypte de votre enfance. Un regard dénué d’amertume, empli de tendresse pour un paradis perdu…

Robert Solé : Disons que cette famille, comme celle du Tarbouche, aurait pu être la mienne… Nari est une ville imaginaire, et l’hôtel Mahrajane n’a existé que dans mes rêves. Mais, pour écrire ce livre, je me suis naturellement inspiré de souvenirs d’enfance : à Héliopolis, la ville magnifique où j’ai grandi, dans le désert du Caire ; et à Alexandrie et ses environs où nous passions nos grandes vacances d’été. C’est un paradis perdu, en effet. J’ai tenté de l’oublier pendant une vingtaine d’années, avant d’être rattrapé par lui. Grâce à la littérature en quelque sorte : les recherches entreprises pour écrire mes premiers romans m’ont conduit peu à peu à faire de l’Égypte un objet d’étude. Je ne cesse de la scruter sous tous les angles, essayant de la comprendre. Et de comprendre pourquoi l’univers cosmopolite de mon enfance s’est évanoui. J’éprouve de la nostalgie, pas de l’amertume. Je retourne régulièrement en Égypte, que je vois avec d’autres yeux. Ce pays a beaucoup changé. Mon regard aussi…

 

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22 10 15

Métamorphose

 

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(...)

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

(...)

Inspiré du poème "Marie " d'Apollinaire, Alcools, 1913 le titre du nouveau roman d'Agnès Desarthe évoque également le conte flaubertien Un coeur simple (1877) .

Il épouse dans tous les cas le destin de Rose Maisonneuve. Un destin  plombé d'une ascendance maternelle et  danoise singulière: une grand-mère épaisse, Mama Trude,  au physique monstrueux, témoin mort-vivant du décès de quatre de ses enfants, une mère énigmatique et méprisante, Kristina ; quant à René Maisonneuve...il est quelque peu dépassé par les événements

"Ainsi poussent les arbres généalogiques, par à-coups, par coups du sort"

Débarquée à Paris en 1900 - elle a 20 ans et le désir de s'émanciper- Rose devient d'emblée la bonne, puis le jouet de femmes aux moeurs glauques et  intentions ... tranchées. Une vie de misère s'installe qui entame sa santé et la rupture avec le milieu protégé de son enfance, sous la tutelle bienveillante de sa gouvernante, Zelada. Elle devra son salut à l'avènement de la maternité.

Porté par une écriture maîtrisée ,un souffle romanesque imparable, le roman se fait témoin de trois décennies chahutées - de 1900 à 1931 - et d'existences débridées.

Un témoin lumineux.

Apolline Elter

Ce coeur changeant, Agnès Desarthe, roman, Ed. de l'Olivier, août 2015, 338 pp

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20 10 15

Evénement officiel

Conviant le lecteur à assister à l'agonie du célèbre poète, aux dispositions prises pour ses funérailles, sa mémoire,  Judith Perrignon offre un point de vue assez original sur la vie du grand homme, l'affection qui le liait à son entourage et à ses chers petits-enfants, à Louise Michel, ..

Dépossédée de son intimité avec le grand homme par l'événement officiel que constitue même de son décès, la famille devra s'incliner..

" C'est un peu  sa faute, il aimait tant les honneurs. Déjà son anniversaire, il y a quatre ans, fut fête nationale, on célébra ses soixante-dix-neuf ans en grande pompe, on baptisa l'avenue qu'il habitait de son nom, six cent mille personnes défilèrent sous les fenêtres de cette maison blanche où il vient de mourir."

Plume sobre, Judith Perrignon expose et enchaîne l'agencement des événements de manière factuelle, précise et somme toute, bien agréables à découvrir

Victor Hugo vient de mourir, Judith Perrignon, essai, Ed. de Iconoclaste, août 2015, 250 pp

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17 10 15

Profession...mytho

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" La mort de Charles de Gaulle avait été planifiée pour le 1er janvier 1963, à 11 heures. Les neuf hommes participant à l'opération seraient consignés chez mes parents dès la veille, avec interdiction de ressortir ou de communiquer avec qui que ce soit.  Chaque membre du commando avait reçu un ordre individuel."
 
Homme de convictions - bornées- , ex- "bras droit"  de Charles de Gaulle, ceinture noire de judo, footballeur professionnel, pasteur pentecôtiste, paranoïaque et parachutiste, agent secret et surtout...mythomane, le père d'Emile Choulans, le narrateur de 13 ans, est pour le moins, un personnage hors du commun.  Il tyrannise son entourage, restreint,  d'une violence de chaque instant, l'étouffant de ses délires et mises en scène rocambolesques.
 
Trahi par le Général, dont il se proclame l’intime, sur la question algérienne qui pourrit l'atmosphère du début des années soixante, André Choulans en est devenu l'ennemi juré.  Pour lui plaire, pour qu'il soit fier, son fils envisage tout naturellement de trucider le grand homme....
 
La grande force de ce roman - largement inspiré de la propre enfance de l'écrivain - est qu'il parvient à conjuguer le regard porté par un jeune adolescent sur son père, pétri d'admiration, d'effroi et de candeur et celui de l'adulte devenu lucide, "abimé"... A alléger d'humour les séquences cruelles, glauques,  terrifiantes.
 
Un récit de haute facture
 
Apolline Elter
 
Profession du père, Sorj Chalandon, roman, Ed. Grasset, août 2015, 320 p
 
Billet de faveur
 
Profession de la mère...
 
AE: Personnage effacé - forcément - la mère d'Emile Choulans est totalement inféodée à son mari.  Au point de bientôt pratiquer le déni : "Tu étais malheureux quand tu étais enfant" s'étonnera-t-elle?  
 
Votre Maman est-elle toujours en vie? A-t-elle lui le récit? 
 
Sorj Chalandon: Non seulement elle a lu le roman, mais je lui avais envoyé le manuscrit en juin. 
Un pour elle, un autre pour Yves, mon frère, à qui ce livre est dédié. 
Lui, a « beaucoup ri ».  Ce sont ses mots. Le terrible lui revenait en mémoire, dans ce qu’il avait de délirant. Elle a simplement déclaré : « ce livre, je te propose qu’on en parle plus ».
Ensuite seulement, j’ai proposé mon texte à l’éditeur
 

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14 10 15

Quand le passé vous revient de plein fouet

Boomerang, de Tatiana Rosnay (de), lu par Julien Chatelet

Parution conjointe du film,  inspiré du best-seller de Tatiana de Rosnay, et de sa version audio-livresque; cette dernière a fait mes délices.  Elle nous renvoie, en "boomerang" le passé familial dont on ne peut jamais s'affranchir totalement.

Pour fêter dignement les quarante printemps de  Mélanie, sa soeur cadette, Antoine Rey l'emmène en l'Ile de Noirmoutier, haut lieu de leurs vacances familiales d'enfance. Il conçoit cette escapade comme un break salutaire dans sa propre existence, malmenée par une récente séparation..... Au volant de la voiture,  Mélanie s'apprête à révéler à son frère un lourd secret, mais en est empêchée par un accident qui aussitôt la plonge dans le coma...

L'occasion pour Antoine de se poser mille questions existentielles tandis qu'il attend le retour à la conscience de sa soeur, de revisiter son passé, le décès prématuré de Clarisse, leur lumineuse maman, le changement radical d'attitude qu'il provoquera auprès de leur père.

Une enquête sur un passé qui n'est guère limpide, on pouvait s'y attendre.

Il n'empêche que l'auditeur (le lecteur) suit avec une sorte d'envoûtement les révélations successives qu'Antoine endurera.

Excellente lecture de Juliien Chatelet

Boomerang, Tatiana de Rosnay, roman traduit de l'anglais par Agnès Michaux,  Ed. Héloïse d'Ormesson, 2009 (rééditions en poche, 2015), Audiolib, sept. 2015, CD MP3,  texte intégral lu par Julien Chatelet, durée: 9h49 min

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14 10 15

Francisco de Goya (1746-1828)

 

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 "Aucun homme n’est fait d’une seule pièce, mais, chez  Goya, on dirait que plusieurs personnalités cohabitent. Il pouvait être dans le même moment conventionnel et bourgeois, ostentatoire et modeste, véhément et rusé, populaire et grand seigneur, d’une fidélité touchante et d’une injustice criante. Ce qui unissait ces éléments disparates, ce qui fondait sa personnalité, c’était une force dont la puissance stupéfie. Rien ne l’arrête, aucun obstacle ne le décourage. Il va de l’avant, massif, muscles bandés. Il va jusqu’au bout, lutte, s’il sent une résistance, à revenir en arrière, à calculer les risques, jusqu’où ne pas aller trop loin. La tête toujours près du bonnet : rien de l’aventurier ou du rêveur."

Vous l'aurez compris, plus qu'une simple biographie du peintre espagnol Francisco de Goya (1746-1828),  c'est un récit de lumière et de passion que nous offre l'essai de Michel Del Castillo.  Rédigé de plume de maître, il consigne les synthèses et interprétations des diverses vies que ses biographes lui  prêtent, les  étapes de son parcours artistique et l'atmosphère socio-politique et artistique de l'Espagne de la fin du XVIIIe siècle.  Né en 1746, Goya vécut 82 ans en une époque et contrée qui affichaient  une espérance de vie de 27 à 37 ans....

S'il  il réfute quelques  rumeurs et procès d'intention dirigés contre le héros de ses pages, Michel Del Castillo s'abstient tout autant de tabou que de fausse complaisance.

Un récit brillant.

Apolline Elter

Goya. L'énergie du néant, Michel Del Castillo, essai, Ed. Fayard, sept. 2015, 350 pp

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