04 06 16

C'est l'histoire d'un mec

 

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Vous en entendrez parler plus qu'à l'envi: juin célèbre, si l'on peut dire, le triste trentième anniversaire de la mort, tragique, de Coluche, ce "mec" drôle, tendre, initiateur des "Restos du coeur" et toutes enfoirades d'amitié.

 Le journaliste, écrivain, Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin, illustrateur de génie, ont allié amitié et talent, immenses, pour rendre au célèbre saltimbanque en salopette rayée, un hommage éloquent.  Ils convoquent sa vie, ses amis - innombrables - en une féerie de souvenirs, d'aquarelles sublimes et de sentences géniales dont Michel Colucci avait le secret

" Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur."

Un "généreux bouffon' qui vivait à cent à l'heure et mourut à pareille vitesse, fracassant sa moto Honda 1100 contre un 38 tonnes sur une départementale des Alpes maritimes.

Chez Coluche, Histoire d'un mec inoubliable , Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin, beau livre illustré, Editions du Rocher, mai 2016, 128 pp

 

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02 06 16

Dédé le meurtrier

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Trente années passées derrière les barreaux n'ont pas suffi à Johan Andersson, as Dédé le meurtrier, pour rentrer dans le droit chemin, sitôt sa sortie de prison....L'association avec Johanna Kjellander,  femme pasteur en rupture de confession et Per Persson - quelle  bien étrange idée  que de calquer un prénom sur un patronyme  -  réceptionniste d'hôtel peu scrupuleux a tôt fait de replonger notre homme dans ses anciens travers.  

Aussi serviable que démuni de cervelle, Dédé est corvéable à merci, exécutant sans rechigner les sombres desseins de ses commanditaires.

Oui mais un jour, sans crier gare, se bousculent  en son esprit la révélation de la Bible, la bonne parole et l'amour universel qu'il convient de porter à son semblable. Soutenu d'une consommation massive de vin de messe - c'est pour la bonne cause - Dédé va désormais prêcher la sainte parole. Charge à Johanna et Per d'arranger leur commerce avec la nouvelle donne...

Pétri d'humour et de non-sense,  le texte, certes, un  tantinet longuet, bénéficie de l'excellente lecture qu'en opère Féodor Atkine.

A cet égard, une vraie friandise 

Apolline Elter

L'assassin qui rêvait d'une place au paradis, Jonas Jonasson, roman traduit du suédois par Laurence Mennerich, Presses de la Cité, 2016 - Audiolib, avril 2016 - 73 plages - 8h25 d'écoute, texte intégrale lu par Féodor Atkine 

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28 05 16

1 km à pied, ....

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Vous connaissez Olivier BLeys, sous son jour (très heureux) de romancier. 

Invité-chronique de nos...chroniques et billets de ferveur, tant nous admirons son oeuvre, l'écrivain est aussi un "marcheur au long cours". Il a ainsi entrepris,  le 4 juillet 2010,un tour de monde, au départ de Pampelonne (FR) , sillonnant résolument à pied les "latitudes tempérées de l'hémisphère nord" , soit un peu plus de 20.000 kms d'un tracé direct, à 45 degrés de laltitude.

Vademecum du marcheur, l'essai décortique les effets, euphorisants, bénéfiques , existentiels de l'expédition, extraits de carnet de route  à l'appui. Il détaille chacune des sept étapes déjà entreprises, de France à Hongrie, offrant au lecteur de cheminer à ses côtés, de savourer le bénéfice d'une belle écriture et de conseils avisés.

Ombre au tableau: la solitude . L'écrivain se promet d'y remédier, qui nous écrit, en guise de conclusion:

"Il m'appartiendra de recruter des compagnes et des compagnons de marche désirant, comme moi, avaler l'horizon qui toujours se dérobe."

C'est le mot d'une fin provisoire puisque Olivier Bleys entend bien poursuivre, dès l'été, ce tour du monde et de l'intime - il est question de connaître ses propres limites - de haute valeur ajoutée.

Une lecture qui sied à la saison.

AE

L'art de la marche, Olivier Bleys, essai, Ed. Albin Michel, mai 2016, 234 pp

 

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24 05 16

Poste restante

téléchargement (5).jpgAu cœur du roman, la lettre d'amour de Billy à Chrissie, lui signifiant qu'il veut l'épouser et reconnaître l'enfant dont elle est enceinte.

La missive est datée du 4 septembre 1939, elle ne parvient jamais à sa destinataire, conforte son sentiment d'abandon,  conditionne son destin.  

Retrouvée quelque trente-cinq ans plus tard, par Tina, une jeune femme battue par Rick, son mari, pervers et alcoolique, la lettre va sceller le destin de cette dernière de façon assez surprenante.

 S'il adopte volontiers l'allure d'un conte, constitué de personnages aux caractères tranchés - et verse par moments dans les romans à l'eau de rose - ce premier roman jouit d'une intrigue bien ficelée -le lecteur a du mal à s'en décrocher -  et présente le portrait  fouillé, intéressant de la dépendance affective d'une épouse battue.  

 Quelques éléments de l'intrigue: l'accouchement de Chrissie dans un couvent  lugubre sis près de Tipperary et l'adoption forcée de son garçonnet par un couple américain,  évoquent singulièrement l'expérience de vie au cœur du récit-enquête Philomena, écrit par le journaliste Martin Sixmith (tard; française, 2014, Presses de la Cité) 

  Publié d'abord en auto-édition, le roman connaît grand succès auprès du public anglais. 

 Il était une lettre,  Kathryn Hugues, roman traduit de l'anglais par  Pascale  Haas, Ed. Calmann-Lévy, février 2016, 368 p 

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14 05 16

Wild Oregon

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 "C'est le problème de l'artiste avec sa création. Obscurs Frankensteins que nous sommes, attachés  de façon névrotique à nos bulles, nos cases, nos créatures. Illégalement squattés par tout ce joyeux petit monde en cavale, échappé malgré nous de nos cerveaux malades, par une porte dérobée. Une porte entrouverte dans le mur de l'asile  qui donnerait sur la cour du fond et, par-delà la palissade, sur le monde réel que je trouve parfois, moi, tellement peu crédible."

C'est bien la création, celle de Merlin Deschamps, scénariste et illustrateur de bande dessinée, qui est au coeur du nouveau roman de Marie-Sabine Roger, écrivain chère à notre blog.

Avec son épouse Prune, Merlin investit une accueillante maison de campagne - le rêve - respire avec bonheur l'impact que cette thébaïde aura sur  son travail, son inspiration. 

Las, le décès de Laurent, son meilleur ami et modèle incarné de Jim Oregon, héros de Wild Oregon, sa série à succès va non seulement priver le narrateur d'une source vivante d'inspiration mais l'obliger, le lier de deux dispositions testamentaires particulièrement contraignantes.....

" Je venais de perdre à la fois mon ami le plus proche, le principal héros de tout mon univers, et mon fan de toujours. Le deuil pèserait lourd.  Et je ne l'acceptais pas."

Avec  l'humour, la verve qui caractérise sa plume, la tendresse - pudique - qui anime son esprit , Marie-Sabine Roger offre une nouvelle fois au lecteur un havre de fantaisie bienfaisante.  

Tout en sondant profondément le processus de l'imagination, de la relation d'un créateur avec ses protagonistes.

Ce n'est pas son moindre intérêt.

Une lecture que je vous recommande

Apolline Elter

Dans les prairies étoilées, Marie-Sabine Roger, roman, Ed. du Rouergue, mai 2016, 304 pp

Billet … étoilé

AE : votre roman, Marie-Sabine Roger, nous fait entrer, dans le processus imaginatif et technique du scénario de BD. On ne peut s’empêcher d’établir un parallèle avec vos propres constructions de romans, l’idée que vos protagonistes décident eux-mêmes des événements… Avez-vous déjà travaillé la bande dessinée ou êtes-vous tentée par cet art ?

Marie-Sabine Roger : 

Non, je n’ai jamais travaillé en BD, mais je ne crois pas que ce soit si différent du travail d’un auteur de roman, si ce n’est qu’il y a une sorte d’implication « physique » en plus, puisque le geste vient appuyer le mot, ou qu’il s’y substitue.

 

Dans mon roman, Merlin est à la fois scénariste et illustrateur, il est à la manoeuvre sur tous les fronts, c’est un artiste complet qui peut jongler entre deux univers, celui du verbe et celui du dessin. C’est un très vieux fantasme pour moi, je l’avoue, comme ça l’est probablement pour beaucoup d’autres « simples » auteurs ou illustrateurs qui n’ont qu’une petite corde solitaire à leur arc. Si j’avais eu le talent pour le faire, j’aurais adoré être auteur de BD, oui, et j’aurais même poussé le vice jusqu’à composer la bande-son ! (Car la bande-son manque parfois cruellement à la BD, comme aux romans, je trouve).

 

Je suppose que beaucoup de créateurs rêvent ainsi d’agrandir leur champ d’expérience, de repousser leurs propres barrières. D’aller brouter ailleurs l’herbe toujours plus verte qui pousse dans les prairies (étoilées) du voisin...

Et puis le dessin, comme la musique, sont magiques pour un auteur.

Pensez : pouvoir tout dire - et plus encore - sans un seul mot !

 

Ceci dit, je ne connais pas grand-chose en BD, je ne suis pas du tout spécialiste du genre, loin de là. J’en ai lu beaucoup lorsque j’étais jeune, (autant dire hier), mais je n’en lis presque plus aujourd’hui. Faute de temps, faute d’avoir évolué avec cette culture foisonnante, dans laquelle je n’ai plus de points de repères.

Mais je ne pense pas que mon manque de références en la matière change quoi que ce soit à l’histoire, puisqu’elle ne parle pas de moi mais de Merlin qui, lui, connaît bien son affaire.

 

D’une façon plus générale, ce qui m’intéressait surtout c’était de parler de la création, ce qui fédère tous les artistes quelle que soit l’expression de leur art.

Tenter de parler de ce profond mystère, de tout ce qui s’élabore doucement en cuisine, de tout ce qui mijote à feu doux sur le fourneau. D’où ça vient, et surtout : comment ? 

C’est une chose que je fais assez souvent - lorsque je suis amenée à rencontrer des lecteurs - et pourtant je me sens toujours aussi démunie, maladroite, misérablement floue, pour expliquer ce qui se passe dans la tête d’un auteur (en tout cas dans la mienne, qui est celle que je connais le mieux), lorsque le roman est en train de se construire.

 

Lorsque j’écris, je vis exactement ce que vit Merlin, cette invasion intempestive des personnages, ce sentiment de ne rien maîtriser, d’être – au mieux – leur complice, quand je ne suis pas seulement le témoin silencieux et surpris de leurs faits et dires.

Et puis, la création se tisse au jour le jour sur la trame de la vie. Elle se nourrit de ce qui nourrit l’artiste, elle fait écho, amplifie, rejoue différemment, ré-interprète.

L’anecdote du facteur régulièrement martyrisé dans la BD de Merlin, parce qu’il laisse des avis de passage sans jamais sonner au portail, montre bien les interactions entre la « vraie » vie et la vie inventée. Ce jeu d’aller-retour perpétuel, cette fusion intime entre fiction et réalité.

Il y a une résonnance particulière du réel pendant tout le processus de création.

Chez certains auteurs, c’est voulu, réfléchi, le réel est convoqué, cité à comparaître, mis en scène.

Chez d’autres, dont Merlin et moi faisons partie, l’irruption est totalement fortuite, ou ressentie comme telle.

 

Je suppose que pour un certain nombre d’illustrateurs BD le processus est le même, que les personnages évoluent, bougent, ont des expressions ou des attitudes qui n’étaient pas forcément prévues par l’artiste, lorsqu’il s’est mis à sa table de travail.

Choisir un illustrateur comme héros ne m’a pas posé de problème, bien au contraire, cela m’a permis de garder la petite distance nécessaire, la touche d’exotisme qui alimente l’inspiration.

Je me serais peut-être sentie moins libre si Merlin avait été un auteur, comme moi ?

Je ne sais pas.

 

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07 05 16

Cher inconnu

41Xy1LifYvL._SX339_BO1,204,203,200_.jpgPromu grand-père par l'adoption d'un garçonnet - sa fille s'est découverte stérile - le narrateur entreprend la rédaction d’une longue, très longue missive - elle couvre l'intégralité du roman - à ce "cher inconnu".

Bilan d'une vie de "brave gars", le récit explore séquentiellement , "par ordre d'apparition dans [sa] vie" les relations de l’épistolier avec tous les êtres qui ont compté pour lui  mère,  père (tôt décédé) soeur complice, grands-mères contrastées,  voisins, amis, profs, collègues, épouse, enfants, .. et événements marquants. 

Quelque peu mécanique, le procédé de galerie de portraits laisse progressivement le champ libre à l'expression d'émotions fortes, profondes, de celles qui vous arracheront des larmes si vous n'y prenez garde. Tels les portraits de MM. Arioso, Macé, de  Madame Marguerite,.... Un chapitre consacré à sa femme, véritable traité d'amour ... sur la durée,  résonne comme une déclaration aussi sobre qu'hautement flatteuse:

"Lorsque j'essaye de disséquer l'amour que j'ai pour ma femme, j'y trouve une connivence patinée par le temps, améliorée au jour le jour. C'est l'un des ciments de notre union. Cette alliance muette n'est pas spectaculaire. Elle se nourrit d'un rien, d'un regard et de petits gestes qui nous montrent combien nous nous comprenons."

Assez rare dans le chef d'un homme, cet épanchement introspectif humble et lucide,  se fait, tour à tour acte de sympathie, de bienveillance, de contrition. 

Une lecture recommandée.

Apolline Elter

Par ordre d'apparition, Thierry Bizot, roman, Ed. du Seuil, 6 mai 2016, 352 pp

Billet de ferveur

AE : La forme épistolaire adoptée pour la rédaction du roman accentue son côté « dépôt de bilan », lui confère une  indéniable allure testamentaire. Est-ce pour cela que vous l’avez choisie ?

Thierry Bizot : La forme d'une longue lettre, que ce vieil homme écrit à son petit fils sans l'avoir encore rencontré lui permet tout d'abord de la légèreté, un récit au fil de la plume, au gré des pensées vagabondes et des souvenirs souriants. Mais une lettre autorise aussi une certaine profondeur, car on n'écrit pas tout à fait comme on bavarde.

Oui, vous l'avez dit, cette lettre peut ressembler à un testament. Et cela m'a fait réfléchir à ce qu'on pouvait laisser comme trace à ses héritiers.

Notre parcours professionnel, qui pourtant nous accapare, nous anime, nous préoccupe, parfois nous glorifie, et pompe beaucoup de notre énergie... nous finissons toujours par l'oublier. Quand je me retourne sur mon passé en entreprise, je peux en dessiner les grands contours, me rappeler quelques dates marquantes... mais plus aucun souvenir émotionnel.

Il y aurait bien la somme de toutes les petites sagesses que nous avons accumulées tout au long de notre vie : en réalité elles ne servent qu'à nous-mêmes et nous serions bien incapables d'épargner à quiconque de faire ses propres erreurs, sa propre expérience...

Que reste-t-il de valable à donner alors ? Que reste-t-il, qui ait laissé une trace vivante, palpitante, dans notre vie ?

Il reste toutes les histoires d'amour et d'amitié, petites ou grandes, toutes ces chaleurs humaines partagées qui nous ont construit, révélé à nous-même et grandi."

 

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04 05 16

Programmation neurologique

 

téléchargement (9).jpg " Quand fond la neige où va le blanc? "

Ains'Incipit le nouveau roman de Pierre Assouline, sorte de thriller sur fond de traque, de jeu d'échecs - l'ombre de Zweig plane - et de programmation neurologique....

Accusé du meurtre de son épouse, Marie, Gustave Meyer fuit tant la police qu'Emma, sa fille, accablée d'inquiétude. 

Grand maître international d'échecs  - " (...) il possédait en mémoire environ cinquante mille positions et schémas de jeu " - Meyer découvre que Klapman, son neurochirurgien et ami, a trafiqué son cerveau, à son insu, lui implantant dans une zone saine une électrode destinée à accroître ses capacités de mémoire et de traitement des informations. Est-il devenu un "Golem" , avatar du héros mythique et de la légende née, au XVIIIe siècle, dans le Ghetto juif de Prague? 

" Alors seulement il prit conscience du monstre que son meilleur ami avait fait de lui."

Ca fait beaucoup pour un seul homme.

Et le romancier d'explorer les affres mentales  d'une errance, d'un conditionnement qui risque bien de faire basculer sa victime dans le pathologique...

Golem, Pierre Assouline, roman, Ed. Gallimard, janvier 2016, 260pp

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03 05 16

Tardive paternité

9782367621050-001-G.jpeg" Il faut vieillir un peu pour connaître la valeur du moment et savoir qu'il ne revient jamais." 

S'il est un leit-motiv, fil conducteur des romans de Gilles Legardinier, c'est celui d'une convivialité existentielle. Avec humour, tendresse pudique, l'écrivain, aime rapprocher les générations. Exit les cloisons, les êtres de bonne volonté sont destinés à vivre ensemble, à partager tranches de vie, de tracas, et plus... si affinités.

Son dernier-né - Quelqu'un pour qui trembler - ne fait pas exception au principe, qui aborde le thème de la tardive paternité. 

Médecin en mission en Inde, Thomas apprend, fortuitement, qu'il a une fille, Emma, âgée de 20 ans. Il rentre en France afin d'endosser, incognito, cette nouvelle donne, fascination, soucis, fierté,  petit copain compris...

" Je n'ai plus peur de la vie. Je me contente de trembler pour ceux que j'aime"

Pour ce faire, il reprend la direction d'une résidence pour seniors, établie dans une ancienne crèche, aux côtés d'une usine désaffectée.  Avec la complicité pétillante, de Pauline, l'infirmière, il apprend à gérer lubies, santé et  joyeuses incongruités des résidents...

Du Gilles Legardinier, pure facture.

Une lecture - audiolivresque, en ce qui me concerne - qui fait du bien

AE

Quelqu'un pour qui trembler, Gilles Legardinier, roman, Ed. Fleuve noir, oct. 2015, Audiolib, février 2016. Texte intégral lu par Fabien Briche, Durée: 11 h 23 min.

 

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30 04 16

Le monde d'hier,... aujourd'hui et demain

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L'essai ne date pas d'aujourd'hui; nous ne pouvons que célébrer de liesse la réédition qu'en opèrent les éditions Gallimard, en leur collection "Folio essais" et ce frileux avril.

D'édition posthume(1942), rédigé au Brésil, peu avant le suicide du célèbre écrivain viennois, Le Monde d'hier  consigne les Souvenirs d'un Européen, d'un être traumatisé par la barbarie de la guerre, la fracture d'un rêve d'Europe unie, qui lui était si cher. A large portée autobiographique, l'essai fait office de longue lettre testamentaire.

Nous en infuserons deux courts extraits représentatifs, aujourd'hui et demain (HIgh Tea de 17 h- blog du Pavillon de la Littérature): 

" Or c'est dans cet air étouffant et malsain, saturé de miasmes parfumés, que nous avons grandi. Cette morale hypocrite du silence et de la dissimulation, dénuée de toute psychologie, est celle qui a pesé tel un cauchemar sur nos jeunes années, et comme les documents authentiques sur la littérature et l'histoire de la civilisation font défaut du fait de cette technique du silence solidaire, il n'est sans doute pas facile de reconstruire ce qu'on a déjà du mal à croire."

Le monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Stefan Zweig, essai, Ed. (posthume 1942) , rééditions Gallimard dont La Pléiade (2013)  et Folio Essais, avril 2016, texte traduit de l'allemand par Dominique Tassel, avril 2016, 592 pp

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28 04 16

Co-living

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Veuve d'Augustin, militaire corse un rien volage, la narratrice, Line - 55 ans - se voit contrainte d'adhérer au co-living, entendez partager  L'Escale, sa chère maison, située près d'Angers, avec trois célibataires.  

 Sa bouillonnante fille Columba ne lui en laisse pas le choix: c'est cela ou vendre l'Escale en ce compris, Paul, l'arbre confident de tous ses émois.....

Elle n’y songe pas

 Reléguée de la sorte dans le "foutoir", ancien bureau de son mari, nanti d'une porte secrète.... "Mamounette " va  affronter le quotidien  de Priscille, adepte de l'othorexie, extrêmiste de la santé et de l'alimentation,  Claudette, éthologue, spécialiste du comportement des poissons et Yuan Po Po Sushima, réflexologie plantaire chinois.

 

" Comme tu as pu le constater, trois êtres à la fois hors du commun et parfaitement sociables, le but du co-living, conclut ma fille. "

 Et le lecteur de constater, descriptions drôles et loufoques à l'appui? que le co-living comporte certains écueils.

Si peu..

 Avec le style vivant qu'on lui connaît, Janine Boissard dresse un portrait alerte et sympathique d'une veuve quinquagénaire loin d'avoir baissé pavillon.

Apolline Elter
Voulez-vous partager ma maison? Janine Boissard, roman, Ed. Flammarion,  mars 2016, 298 pp

 

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