02 09 15

C'est donc son frère

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"C'était le propre des illuminés de se faire duper. Christian était pris de vertige. Sa tête tournait. Il avait chaud à la figure. Degrelle lui avait tapé dans l'oeil (...) Christian s'était enflammé aussi vite qu'une mèche d'amadou. Un monde nouveau venait de se révéler à lui. "


On n'en parle guère...

Préféré de sa mère, Henriette Simenon, Christian naît en 1906. Exact contemporain de Léon Degrelle, fondateur du parti REX - il est de trois ans le cadet de Georges, illustre  père du commissaire Maigret

Saisi de fascination pour Léon Degrelle, le tristement célèbre fondateur du parti REX, Christian Simenon décide d'adhérer au mouvement. Cette résolution détermine son attitude durant la (seconde) guerre et son engagement dans la collaboration.


" Le Reich du Führer était un rêve de dément. Les rexistes étaient plus allemands que belges. Ils infiltraient la police et la gendarmerie. Ils occupaient les postes clefs dans l'administration. Echevins, conseillers municipaux, bourgmestres, gouverneurs provinciaux. Ce qui suscitait la colère des citoyens. Certains étaient attaqués de nuit. D'autres étaient frappés à mort ou abattus d'une balle."

Il participe, entre autres exactions,  à la boucherie punitive que constitue " la tuerie de Courcelles", le 18 août 1944 : 27 civils sont sauvagement exécutés en représailles des meurtres perpétrés contre les rexistes.

" Christian était arrivé au terme de sa descente dans l'abjection. La catastrophe annoncée s'était produite ...) Il avait basculé dans l'irrémédiable (..) le dégoût le gagnait. Il sentait le sang. Il en avait sous les ongles. C'était le début de la chute"

Intégré par l'entremise de son frère Georges et d'André Gide, en  la légion étrangère, Christian meurt, en pleine guerre d'Indochine. Il est âgé de  41 ans

Un portrait d'un être peu recommandable, et, en filigranes, celui d'un Georges Simenon, davantage épris de confort que de patriotisme.....

Et toujours l'allègre verve de la plume "roegiersienne" , son ryhtme sautillant et une jubilation verbale ....exubérante.

Apolline Elter

L'Autre Simenon, Patrick Roegiers, roman, Ed. Grasset, août 2015, 302 pp

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01 09 15

Tricentenaire

En ce jour de rentrée scolaire,  nous célébrons également le tricentenaire du décès, à Versailles, de Louis XIV, illustre souverain solaire.

Les publications sont pléthore qui soulignent l'événement.

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Original et passionnant, parce que refusant la vision restrictive de l'année 1715 qu'en offre la traditionnelle Histoire de France, l'essai de Thierry Sarmant, docteur de l'université de Paris-I,  conservateur en chef du musée du Carnavalet, nous ouvre des horizons méconnus et de singuliers rapprochements avec 2015.

 " S’interroger sur l’année 1715, c’est donc, au-delà de la  mort de Louis XIV et de ses conséquences immédiates, s’interroger sur une césure du temps, réelle ou imaginaire, perçue par les contemporains ou inventée par les historiens. C’est ensuite mettre en regard ces deux grandes conceptions historiques du « Grand Siècle »et des « Lumières »  pour voir ce qui les oppose et ce qui les rapproche. C’est enfin mesurer la pertinence de ces conceptions en dehors de la France et la place effective que cette  France « prépondérante » a occupée en Europe et dans le monde, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles.

Pour ce faire, il faut laisse le cadavre allongé sous le relief de  Coustou, sortir de Ia chambre du roi, quitter Versailles et partir à la découverte des hommes de toutes nations qui firent ou subirent la grande histoire, il y a trois siècles de cela.

 

1715, La France et le monde, Thierry Sarmant, essai, Ed. Perrin, nov. 2014, 461 pp

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20 08 15

Monsieur Zhang

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La mort conjointe et inopinée de ses parents, Bao et Fang et l'ensevelissement de leurs dépouilles sous le sumac - entendez l'arbre à laque - qui domine la cour de la masure familiale, lient Wei - as Monsieur Zhang- le héros du roman,  d'un serment contraignant.  Il leur  a juré de devenir propriétaire des lieux, aux fins d'honorer et de protéger leur sépulture.

 Chez les Zhang, vivants et morts faisaient bon ménage ; et l’on pourrait dire : se trouvaient en bonne intelligence tant les nouvelles qu’ils échangeaient  à leur insu (les uns foulant le sol du jardin, les autres dépêchant taupes et lombrics vers le soleil ou remuant par leur terminaison les racines du sumac), tant ces signes donc établissaient entre eux un genre cl’ intimité.

Il amasse, pour ce faire, tous les yuans qu'il peut soustraire à la survie du petit clan familial dont il a la charge, à savoir Yun, sa chère épouse, Meifen, leur délicieuse ado, Madame Cui, sa belle-mère et le vieil oncle Hou-Chi, scotché en permanence devant son poste de TV.

Mais des forces contraires vont entraver la route et les résolutions  de ce patriarche don quichottesque de la Chine contemporaine: à peine a-t-il réuni la somme d'acquisition du bien, exigée par Monsieur Fan, son richissime propriétaire, que Monsieur Zhang le voit frapper d'un avis d'expropriation.  Perché sur une mine de terbium, le quartier va être rasé, qui  permettra à une importante compagnie  minière d'exploiter le minerai providentiel.

Tel David contre Goliath, Sisyphe contre son rocher, Wei entre en résistance totale, immodérée, contre ce monstrueux avatar d'un capitalisme chinois en pleine action.

Maniant la plume, la syntaxe, l'humour et le style avec une maîtrise imparable, Olivier Bleys, signe, je vous le certifie, un roman-phare, conte singulier, fabuleux, envoûtant, de notre littérature contemporaine.

Vous l'aurez compris: je vous en recommande vivement la lecture.

Apolline Elter

Discours d'un arbre sur la fragilité des hommes, Olivier Bleys, roman, Ed. Albin Michel, août 2015, 296 pp

 

Billet de faveur

AE : Olivier Bleys, sous le prétexte d’une acquisition à tout crin, c’est la vanité du capitalisme que vous fustigez en un chapelet de perles et de  de contes subtils. En  filigranes,  deux histoires d’amour, celui qui unit Wei et Yun mais aussi celui qui réunit,  pour l'éternité,   Bao et Fang, nouveaux Philémon et Baucis  [NDLR , conte d’Ovide] de la Chine contemporaine. L’amour a donc raison de l’éphémère ?

Olivier Bleys : Oui, assurément. Je ne crois pas que l’amour soit jamais vaincu, malgré des apparences souvent contraires sur l’imposture desquelles nombre de religions nous mettent en garde. L’amour est à mes yeux une force majuscule, une énergie puissante et souveraine à l’égal par exemple de la gravité qui nous attache au sol. Vaincre l’amour, en avoir raison, me paraît une ambition aussi vaine que d’effacer l’eau de la surface de la Terre. L’amour est là, pour toujours, et commande essentiellement à la plupart de nos actes — du moins, à ceux qui demeurent. Voilà pourquoi ce roman, malgré encore ce qui semble, est moins une fable sociale ou un conte écologique, moins une méditation économique ou un traité capitaliste qu’un  récit d’amour. Tel, du moins, je l’ai voulu... C’est la première fois, depuis vingt-trois ans et vingt-deux livres, que je dépeins un couple heureux, serein, solidaire, un couple amoureux en somme. Cela pourrait être un aspect très secondaire du roman or, comme vous l’avez deviné, c’en est le cœur et le foyer secret — au propre comme au figuré, le centre de gravité.

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04 08 15

L'Art de la cuisine

Résultat de recherche d'images pour "la meilleur d'entre nous"" Cuisiner est un moyen de choyer ceux que l'on aime. De développer un talent plaisant et désirable. Cuisiner permet de découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles cultures, de vous former l'esprit e de vous ouvrir à d'autres univers"  

Ainsi parle Kathleen Eaden l'auteur d'un certain Art de la cuisine, paru en 1966. Un art dont les préceptes vont parcourir l'ouvrage et servir de guide, de  modèle absolu aux quatre candidats- 3 femmes un homme-au concours qui désignera sa digne représentante. A moins que ce ne soit elle qu ne remporte tous les suffrages, candidate à sa propre succession 

Une joute culinaire s'installe , qui trouve, avec la multiplication actuelle des compétitions télévisuelles une gourmande résonnance

En filigranes, un art de vivre un peu désuet, ô combien délicieux.

La meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan, roman traduit de l’anglais par Alice Delarbre, éd. Préludes, avril 2015, 540 pp

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01 08 15

Vies - et récit - d'exception

Résultat de recherche d'images pour "alain decaux fabuleux destins"Avec la verve, le brio qu'on lui connaît, l' Académicien Alain Decaux nous brosse les portraits saisissants de huit personnages -  et tant de destins - hors du commun: César Borgia, fils de pape....notamment , Gandhi, Winston Churchil, Ibn Séoud, roi d'Arabie, Nicolas II, dernier tsar de Russie, Stavisky (as Serge Alexandre), Birger Dahlerus, ce fils d'un haut fonctionnaire suédois qui voulait empêcher la seconde guerre et Louis Renault, le génie de la mécanique, tragiquement exécuté en prison, lors de la Libération- il laissera pour testament la future célèbre Renault 4:

 "Ainsi, devant la mort, il aura dit : l’usine. Ce mot résume à lui seul la tragédie de Louis Renault. Peut-être fallait-il à cette vie d’exception précisément une fin d’exception. Rien n’avait jamais été banal chez Louis Renault. Délibérément il avait choisi de vivre dans un paroxysme. Sa réussite allait bien au-delà de toutes les autres réussites. Aujourd’hui, sa chute se révélait à la mesure  de l’ascension. Tout cela autour d’une seule idée, d’un seul mot : l’usine."

Un chapitre est consacré à l' organisation mystérieuse de la "Cagoule", à un portrait d'Eugène Deloncle, son principal leader,  dont la finalité fut clairement,  fin des années '30, le renversement de la IIIe République ...

Passionnant  vous dis-je

AE

Fabuleux destins - Neuf vies d'exception qui ont marqué l'histoire du Monde, Alain Decaux, essai, Ed. Perrin, juin 2015, 386 pp

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26 07 15

Stefan Zweig à Ostende

Ostende 1936

"Stefan Zweig à l'été 1936. Il regarde la mer par la grande fenêtre et pense, avec émotion, appréhension et joie mêlées, à la communauté des réfugiés qu'il s'apprête à rejoindre."

Une communauté d'amis, d'esprits , Joseph Roth, Irmgard Keun, Hermann Kesten, ....qui se retrouvent au café Flore.  Stefan Zweig séjourne dans un appartement d'Ostende; il a emmené sa secrétaire et maîtresse Lotte Altmann, munie de son indispensable machine à écrire.

Radioscopie d'un été en la célèbre station balnéaire belge,  celle où réside le peintre James Ensor, qui voit la montée en puissance du fascisme et le coup d'Etat perpétré par Franco, le 17 juillet 1936, le récit de Voler Weidermann préfigure l'inéluctable fin d'une époque, profile le conflit à venir

 AE

Ostende 1936, Un été avec Stefan Zweig, Volker Weidermann, essai, traduit de l'allemand par Frédéric Joly, Ed Piranha, avril 2015, 160 pp

 

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27 06 15

Corsaires en corsage

Barbe rousse, barbe noire et jambe de bois, oreille percée, gueule balafrée, telle est l’ image populaire de la piraterie dans I’inconscient collectif. Un imaginaire nourri d’une exubérante iconographie, d’une impressionnante filmographie et d’une non moins abondante littérature en tout genre.

Mais la piraterie présente également un autre visage. Un visage féminin qui n’ en est pas plus tendre. Les femmes qui sont entrées en piraterie y sont venues pour les mêmes raisons que les hommes : la cupidité ou la misère, la soif d’aventures, la fuite d’un monde trop étroit pour leurs expectations."

D'emblée le propos est campé. Un propos maîtrisé: notre compatriote, Marie-Eve Sténuit est historienne de l'art, archéologue, passionnée des fonds sous-marin mais aussi des  "écumeuses" de surface. Elle nous brosse,alerte et précise,  le destin d'une quinzaine de femmes hors du commun, d'Altfhild de Gotland à Lai Cho San, flibustières, éprises de grand large, de ravages et liberté.

 Jeanne de Belleville a traversé l’univers de la piraterie comme une météorite incandescente. Sa carrière fut brève mais d’une extrême violence. Au grand maximum, son activité de pirate a duré un an de l’automne 1343 à fin 1344, probablement moins, mais ces quelques mois suffirent à la faire entrer dans l’Histoire.

Une magnifique plume pour s'envoler aux côtés de ces femmes et flibustes à la poupe téméraire,  fougueuse..  une façon pimentée d'aborder des vacances que je vous souhaite merveilleuses

Femmes pirates, Les écumeuses des mers, Marie-Eve Sténuit, récit, Editions du Trésor, février 2015, 190 pp

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20 06 15

Omaha crimes

Gravé dans le sable, de Michel Bussi, lu par Olivier Prémel

Paru en octobre 2014 auprès des Presses de la Cité, le thriller de Michel Bussi  a vu le jour, en 2007, sous le titre Omaha Crimes (Ed. de la Falaiser - aujourd'hui épuisé) . Découvrons ce que nous en révèle l'auteur:

" Mon premier roman. Je l’ai écrit en 1994 et, à l’époque, je ne savais pas s’il serait publié un jour. Roman né d’une illusion de cinéma… En effet, en construisant l’intrigue j’étais persuadé que mon point de départ était une scène, qui m’avait frappé, provenant du Jour le plus long. En réalité, il n’est est rien ! Cette fameuse scène, je l’ai bel et bien inventée ! 
J’ignorais à l’époque les codes de l’écriture d’un roman policier, je les inventais, et Internet n’étant pas l’outil de référence qu’il est devenu, j’inventais encore… des lieux, des noms… 
Le manuscrit a dormi dix ans dans un tiroir avant d’être publié et que le monde du roman policier m’accueille à bras ouverts : cinq prix littéraires l’ont couronné ! 
Aujourd’hui, il vit sa troisième vie, et j’en suis très heureux." ( extrait puisé sur le site de l'auteur)

Il est désormais disponible à l'écoute, intégralement lu par la voix chaude, rauque d'Olivier Prémel, impeccable de diction, de préhension du texte. 11h39 d'écoute qui passent comme lettre à la poste, tant la tension du récit nous prend aux rêts d'une intrigue bien ficelée.

Veuve du soldat américain  Lucky, son (futur) mari, tué en juin 1944 sur les plages du débarquement (Normandie), Alice Queen découvre, vingt ans plus tard,  que ce dernier avait contracté une bien sordide convention: il consentait à se faire tuer à la place d'Oscar Arlington, lâche rejeton d'une richissime sénatrice, moyennant versement à sa compagne d'une somme d'à peu près 1 million et demi de dollars.... De cette somme, pas de trace. Non plus que d'aveux d'Oscar, opportunément suicidé...

Traquant tous les "rangers" susceptibles de témoigner du contrat, Alice parcourt Etats-Unis et Normandie aux fins de réunir , sinon la somme promise, le puzzle d'une vérité qui fera que l'homme de sa vie ne sera pas mort pour rien...

Un scénario haletant

 

Apolline Elter

Gravé dans le sable, Michel Bussi, thriller, Ed. Presses de la Cité, 2014, Audiolib, février 2015, 11h39 d'écoute. Texte intégral lu par Olivier Prémel.

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13 06 15

La tentation du départ

 

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« Je m’appelle Esther Vidal. Je suis née à Strasbourg, de parents sépharades, et de cette anomalie découle la série d’oxymores qui ont défini les principaux traits de mon caractère : calme et impulsive, réservée et passionnée, distante et chaleureuse, rationaliste et sentimentale, cartésienne et intuitive. J’ai une certaine rigidité, mais aussi une faculté d’adaptation au milieu dans lequel je me trouve. Je suis une Alsacienne du Sud, une sépharade de l’est de la France, et aussi une vraie Parisienne. »

Les événements des 7 au 9  janvier ont secoué la France entière, bien au-delà de ses frontières. Pour Eliette Abécassis qui lance ce constat par la biais d’ Esther Vidal,  la narratrice, l’attaque de l’hypermarché cacher, et surtout son (moindre) impact dans les esprits, face à celle de Charlie Hebdo,  fait  resurgir la question, la quête de son identité française : comment combiner harmonieusement sa double appartenance à la communauté juive, d’obédience sépharade et à une lignée établie sur le sol français depuis bientôt deux mille ans, alors que se déploie le spectre d’un antisémitisme guère larvé. Qui se confond avec l’antisionisme.

«  Nous sommes une génération qui n’a pas connu de combat. Nous sommes nés après 68. Nous n’avons pas fait la guerre. Nous ne sommes pas préparés à ce qui nous arrive. En général, nous n’avons pas de culture politique, et toute forme d’engagement nous paraît dérisoire. Nous avons appris dans les livres ce qu’était la barbarie. Mais nous ne l’avons jamais vue en face. Nous la connaissons et, pourtant, nous ne la reconnaissons pas. »

Une quête saisissante,  déroutante, dérangeante, … qui fait poindre la tentation de l’Alyah, du départ et partant, un vrai cri de détresse.

«- Dans dix ans, je ne serai plus en France. 

          - Alors dans dix ans, ce ne sera plus la France. »

 

-          Alyah, La tentation du départ, Eliette Abécassis, Ed. Albin Michel, mai 2015, 246 pp

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10 06 15

Bal à Venise

Le bal du siècle

  Inspiré du mémorable bal organisé en septembre 1951 par l'excentrique et mécène Charles de Beistegui - Un Mexicain qui se prend pour un Anglais et vit dans un château de France- en son palais de Venise, le roman de Stéphanie des Horts est avant tout quête: amoureuse de Jack O'Hara, meilleur ami de son père, amant de sa mère, tandis que la famille vit à Lahore (Inde) les événements annonciateurs de la Partition, Nancy Stanley espère retrouver son amant, dans la foule des invités du bal masqué.

Elle ne l'a plus vu depuis quatre ans et mise éperdument sur leurs retrouvailles..

 Ce soir le Grand Canal est noir cl’ encre. Seuls l’argent de la lune et l’or des flambeaux se mirent dans les eaux ténébreuses, la Sérénissime est aux balcons, au Bal du Siècle. Le maire communiste a mis à la disposition des hôtes les gondoles anciennes qui firent la splendeur de la Cité. On dit que les costumes sont créés par Schiaparelli, Christian Dior, Cardin, Nina Ricci ou encore ]acques Fath. Les photographes se nomment Robert Doisneau, Cecil Beaton, Henry Clarke, André Ostier. Les décors sont conçus par Emilio Terry et Giambattista Tiepolo. Les entrées sont orchestrées par Boris Kochno et Serge Lifar. Quant aux aquarelles qui immortalisent Ia fête, elles sont signées Alexandre Serebriakoff.

Le bal du siècle, Stéphanie des Horts, roman, Ed. Albin Michel, mai 2015, 266 pp

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