04 06 15

Garou, garou

L'homme à l'envers, de Fred Vargas, lu par Jacques Frantz

Valeur sûre de la littérature à suspens parce qu'elle introduit, outre une écriture raffinée, des sujets et psychologies étudiées, Fred Vargas trouve en la voix du comédien Jacques Frantz une lecture idoine de son texte. Je vous en recommande vivement l'écoute.

La nouvelle enquête du commissaire Adamsberg nous mène dans le parc national du Mercantour (Alpes) à la poursuite d'un loup garou qui, non content d'égorger les brebis, s'en prend également aux humains. 

Est-ce vraiment d'un loup garou qu'il agit? 

Certains hommes lisses - entendez dépourvus de toute pilosité - ne sortent-ils pas poils et griffes, à la faveur de la nuit, trucidant, à l'instar des légendaires loups garous, qui a le malheur de croiser leur chemin? 

Sondant avec un art sûr du suspens, tous les aspects de cette malédiction, Fred Vargas ajoute - et c'est ce qui fait son art, sa haute valeur - ce supplément d'introspection et d'âme qui ajoute deux chapitres d'éclaircissement psychologique à la résolution de l'enquête..

 Une valeur sûre, vous dis-je

Apolline Elter

L'homme à l'envers, Fred Vargas, thriller, Ed. Viviane Hamy, 1999-  Audiolib, février 2015, texte intégral lu par Jacques Frantz, 1 CD MP3, 8h55 minutes d'écoute

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30 05 15

Menabilly for ever

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Elle nous toise, cigarette aux lèvres, d'un regard perçant. Méfiant. Provocant.

Telle vous convie Daphné du Maurier (1907-1989), célèbre écrivain anglaise  (Rebecca, Ma cousine Rachel, ...)  à découvrir le chemin de sa vie et de son...âme, par la grâce de l’introspection intensive qu’en opère Tatiana de Rosnay.

C'est en effet un colossal travail d'investigation qu'a mené la romancière franco-anglaise, sur les traces de celle qui est  son idole, depuis sa prime adolescence.

 Le rendu en est éblouissant.

Focalisé sur le thème de la dualité, celui de ses racines anglo-françaises, de sa sexualité, ambigüe, l'essai fait large part aux lieux de résidence de l'écrivain, à cette" mémoire des murs" si chère à Tatiana de Rosnay.

Prise de fascination pour le manoir sans doute hanté de Menabilly (Cornouailles) qu'elle découvre en 1928- modèle, conjoint avec Milton Hall,  du Manderley de Rebecca -  Daphné du Maurier a l'occasion de le louer, quelque 15 ans plus tard - elle est alors mariée au prestigieux, "Tommy", as Frederick Brownin et maman de trois enfants -  moyennant de gigantesques travaux de rénovation assumés à son entière charge. Elle y vivra plus de vingt ans. La mort dans l'âme, elle doit le restituer aux propriétaires - la succession Rasleigh-  en 1969. Resté propriété de la famille, il se soustrait farouchement, aujourd'hui encore, aux visites et à  la fascination exercée sur les millions de lecteurs de Rebecca.

 Menabilly revit, le lierre est taillé, le soleil rentre enfin dans la maison, les longues pièces retrouvent leur noblesse d’antan, et Daphné vibre d’un amour déraisonnable. Est-ce mal, d’aimer la pierre comme si c’était une personne ? Une maison qui n’est même pas la sienne, dont elle ne sera jamais la vraie propriétaire. 

 Saisissant l'urgence vitale, le "garde-fou" que représente l'écriture pour Daphné du Maurier, Tatiana de Rosnay intègre l'analyse de ses oeuvres – best-sellers et autres - de sa correspondance, au coeur de sa vie, de sa célébrité planétaire, de la chronologie des événements, rencontres, d'une époque et d'une psychologie complexes.

La lecture en est singulièrement vivante, alerte et envoûtante.

Je vous la recommande.

Apolline Elter 
 
Manderley for ever, Tatiana de Rosnay, biographie, Ed. Albin Michel, mars 2015, 464 pp

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27 05 15

Album

 Album des photos d'une vie, d'une prime enfance marquée par la guerre et les années d'exubérance qui saluent la fin du conflit, une fois la situation économique restaurée, le récit de la narratrice se fait chronique intime, intimiste. La plongée opérée par la vision des clichés s'accompagne de l'évocation des souvenirs - sortes de madeleines jaillies, libres,  de l'inconscient et de réflexions liées au temps présent .

Un texte qui s'offre comme un plateau dans lequel l'(audio-) lecteur se plait à grapiller, agréablement bercé par la belle voix et la diction impeccable de Marina Moncade

Les années, Annie Ermaux, chroniques, Ed. Gallimard, 2008- Ecouter Lire, 2015, texte intégral lu par Marina Moncade, +/- 7 heures d'écoute.

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23 05 15

Alice, Jules et Zibal

tumblr_inline_nmwg16yM751sfm0uy_500.jpg" Je n'allais pas redevenir aveugle pour lui redonner sa raison d'être"

 

C'est un roman à deux voix que nous propose Didier van Cauwelaert, celles de Zibal de Frèges, vendeur  aéroportuaire  de macarons chez Ladurée et d'Alice Gallien, future ex-aveugle, canon. Via  ces  protagonistes, il nous en  offre une troisième,  voie d'accès captivante à la psychologie canine: chien d'aveugle parfaitement dressé, le labrador Jules se voit d'un coup privé de son utilité, de sa raison d'être,  par une miraculeuse opération de la cornée qui rend la vue à sa maîtresse.

"L'enthousiasme autour de moi, l'émerveillement que suscite ma guérison me laissent un sentiment de solitude honteuse que jamais le handicap n'a provoqué."

Rendue lucide sur la relation homosexuelle- « rempart »,  en perte de vitesse,  qui l'unit à Fred Bellanger - "L'aveuglement désormais est de son côté" - Alice tente de retrouver un certain vendeur de macarons qui lui a sauvé la mise, à l'aéroport d'Orly et qui pourrait bien réparer sa vision des hommes.... Surtout que Jules a lui-même jeté son dévolu canin et encombrant sur Zibal, le seul être capable  transcender la trahison des homme....

Pétri d'humour, d'autodérision et d'un zeste d'anthropomorphisme,  le roman suscite une réflexion assez poignante sur le rapport de l'homme au chien, sur les dégâts d’une guérison inopinée, d’un sevrage forcé.

 Jules, Didier van Cauwelaert, roman, Ed. Albin Michel, avril 2015, 280 pp

Billet de faveur

 

AE : Didier van Cauwelaert, votre passion pour les chiens d’aveugles remonte à votre enfance ; dans le roman, Zibal rencontre un comportementaliste qui traduit clairement la désespérance de Jules, l’injustice qu’il ressent et son sentiment d’abandon. Vous avez rencontré un tel spécialiste pour construire le roman ?

 Didier van Cauwelaert : Souvent, j’invente d’abord et je vérifie ensuite. C’est ce qui s’est passé avec  « Jules ». Le comportementaliste auprès duquel j’ai vérifié certains détails, après coup,  s’est du reste identifié à mon personnage, comme si je m’étais inspiré de lui…

AE : Outre les malvoyants, le chien d’assistance peut également prêter patte forte aux personnes atteintes d’épilepsie :

Didier van Cauwelaert : 10% des chiens sont capables de détecterr de manière innée une crise d’épilepsie chez leur maître, 15 à 45 minutes avant qu’elle se produise. C’est sans doute un dérèglement électromagnétique qu’ils perçoivent dans son cerveau. Aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, la formation de ces chiens donne des résultats extraordinaires. Leur présence, leur action préventive empêchent un grand nombre de décès par chute, et réduit la fréquence des crises.  En France, tout reste à faire. Je m’y emploie, en tant que parrain de la Fondation pour la recherche sur l’épilepsie (500 000 malades, dont plus de 100 000 enfants)

 

 

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21 05 15

Aimer est un plaisir

Résultat de recherche d'images pour "au plaisir d'aimer boissard" Et... Au bonheur de ces dames...

"Papa est mort, hier, à 76 ans, dans les fastes rouge et or de l'été indien, au chant des oiseaux annonçant la venue de la nuit, la fenêtre de sa chambre donnant sur le parc, ouverte à deux battants."

Ains'Incipit le nouveau roman de Janine Boissard et le souci de la  dévolution du château familial de Fortjoie, assez lourde de contraintes financières.

Qu'à cela ne tienne, ses trois filles, Diane, , Margot et Filippa (la narratrice)  de Fortjoie vont trouver une solution win win de génie: fédérant autour de l'entretien du domaine et celui de quatre peintres de talent hébergés par feu leur père, la générosité des dames de Poitiers, le trio  de Fortjoie va proposer à celles-ci la réalisation de leurs portraits.  Un agenda d'ateliers et de séances de pose est prévu qui propulse les artistes dans les sphères tarifaires des artistes les plus prisés.

"Bien sûr poser nues était exclu pour les dames de l'association, trop pudiques et peu soucieuses d'exposer des charmes plus de la première fraîcheur..."

En revanche, posé sur elles, le regard des jeunes peintres - craquants - leur restitue une féminité, une sensualité dont elles se croyaient dépourvues après de longues années de carrière, d'accoutumance, d'indifférence conjugales...

Il n'en faut guère plus pour que les maris - infidèles chroniques- se réveillent et crient au scandale....

Au plaisir d'aimer, Janine Boissard, roman, Ed Flammarion, février 2015, 316 pp

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16 05 15

Il est minuit moins le quart

téléchargement.jpg«  Depuis quinze ans, je mène une double vie. On m’aperçoit sur les plateaux de télévision assurant la promotion de ma littérature et m’esclaffant trop ; mais dans mon quotidien, derrière cette pavane, je rejoins ma vocation, j’agis. Tandis qu’une part de mon cerveau fuit dans l’écriture, l’autre cherche de manière obsessive les moyens de contourner l’inertie politique qui me crève le cœur. »

 C'est à une "révolution civique et collaborative" que nous convie le célèbre romancier, Un réveil sociétal propre à contrer l'apathie de l'appareil étatique,  fédérer en "bouquets de solutions citoyennes "  les initiatives de tout bord, de toute ampleur,  visant au bien commun.

 Place aux Faizeux qui, aussi brouillons soient-ils, tentent quelque chose. Je vous le dis avec vigueur, lucidité et solennité : une société sans espoir est, qu’on le veuille ou non, un grand danger pour elle-même. Il est minuit moins le quart. Nous ne nous battons plus en temps de paix mais dans les derniers mois qui nous restent avant que Marine Le Pen fasse, peut-être, main basse sur l’un des plus grands peuples de I’ Histoire. Cette hypothèse ne peut plus être écartée dans un soupir hautain. Désormais tout est possible

Utopique pensez-vous? 
Pas tant que cela.

" La France regorge de solutions inexploitées qui n'ont rien de chimérique, de gens hors du commun qui face aux déficiences du politique, se conduisent en garants de l'intérêt général."

 Le constat est simple. Il est politique. Français en son analyse, universel en son effet:

" Profondément affecté par l'indécente léthargie du centre, de la gauche et de la droite supposément du gouvernement (on se pince pour ne pas rire de désespoir, j'ai donc décidé de sortir du cadre de ma vie tranquille pour aider à ce que se lève de partout en France, dans le sillage des Faizeux [NDLR: ceux qui agissent, à l'inverse des diseux qui se contentent de paroles] une vague d'espoir concret. Opérationnel. En investissant dans mon action le pécule de mon crédit de militant associatif." 

 C'est qu'il est sacrément convaincant le tout frais quinquagénaire, porte-flambeau d'un combat généreux. Il porte si flamboyante plume qu'on ne peut qu'adhérer à la lecture... et qui sait..adorer..  Les réalisations pratiques pullulent qui prouve que l'apostolat jardinesque ne relève pas du pur esprit.

«  Partout s’éveille donc dans ce pays ébranlé, excédé de règles, un esprit de responsabilité qui conduit les  uns et les autres à sortir du cadre, puisque le cadre institutionnel ne fonctionne plus. Chacun sent bien qu’il faut réparer soi-même la société, en usant moyens à sa portée

Il m'importe de faire la part belle, de relayer, passé l'étonnement premier, la ferveur d'extraits...  à infuser.

Confiance en ses concitoyens, enthousiasme pour la France et la grandeur de son destin, joie de lui appartenir et de vivre sont maîtres-mots de ce manifeste très engageant.

Apolline Elter

Laissez-nous faire ! On a déjà commencé, Alexandre Jardin, manifeste, Ed. Robert Laffont, avril  2015, 208 pp

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09 05 15

Service de presse

 

auteur-absent.jpg

 "La signature du service de presse est d'autant plus importante que la dédicace est peut-être la première, mais souvent la seule chose que les journalistes liront du livre"

 Le ton est donné.

Forte d'une connaissance approfondie du monde de l'édition, d'une expérience de dix ans en tant qu'attachée de presse, d'un humour décapant, tonique, irrésistible, Emmanuelle Allibert s'est donné pour mission de le démythifier, d'en révéler pratiques et coulisses. L'exercice n'est pas sans risque qui la propulse à ce rang d'écrivain… dont elle dénonce précisément la vanité. Que diable, rien ne l'arrête: l’auteur pratique allègrement l'autodérision.  Cela rend les révélations particulièrement sympathiques.

 Campant d'une majuscule générique le quatuor  Editeur-Auteur- Attachée de presse- Critique littéraire, le propos fustige en une vision satyrique les faces pratico- socio-économico-psycho- surdimension d'égo ..du métier,  les us et  nombreux chausse-trapes d'un microcosme résolûment parisien.

Terre de cocagne- et de lecture intégrale des romans ..-  la Belgique échappe au joyeux  scalpel  tant il est vrai  qu''en Belgique, l'Auteur a vraiment l'impression d'être une star. (...) car les Belges sont sympas qu'on vous dit"

Et le recueil ne l'est pas moins, que je vous dis aussi.

Une lecture recommandée

Et une recette d'anthologie: celle du best-seller mijoté aux petits oignons

Gageons que vous en redemanderez...

Apolline Elter

Hommage de l'auteur absent de Paris, Emmanuelle Allibert, essai, Ed. Léon Scheer, janvier 2015, 216 pp

Billet de faveur

AE : Emmanuelle Allibert, votre écriture est désopilante – elle révèle l’amusement, la jubilation qui ont  nourri votre plume.  Elle procède en même temps d’une certaine urgence, d’un besoin de défoulement : vous en voyez de toutes les couleurs en tant qu’attachée de presse…

Emmanuelle Allibert: Merci pour le compliment. Faire rire ou tout du moins amuser était vraiment le but que je recherchais. Il n’y avait pas particulièrement d’urgence à écrire cela. D’ailleurs je n’ai pas publié au vitriol les mémoires de l’Attachée de presse après avoir rendu mon tablier. C’est un métier que j’aime beaucoup et que je continue à faire avec grand plaisir. Il me paraissait cependant nécessaire de montrer le paradoxe qu’il y a entre ce que pense l’Auteur et la façon dont il est traité par les journalistes et la maison d’édition. C’est ce hiatus la qui m’intéressait.

 

AE : Maintenant que vous vous êtes « dévoilée », parvenez-vous à exercer votre métier avec la même innocence ? Avez-vous de retours de flammes des auteurs auxquels vous êtes « attachée »,  de vos collègues, journalistes, de la maison d’édition pour laquelle vous travaillez ?

Emmanuelle Allibert: Ce métier est tout sauf innocent ! On passe notre temps à modifier la vérité plus ou moins largement. Dans ce livre au contraire, tout est vrai. Toutes les situations que je décris, je les ai vécues au moins une fois et on me les a rapportées 15 fois. En ce qui concerne les « retours » j’ai été plus que flattée de tous ceux que j’ai reçus à commencer par ceux des journalistes. La maison d’édition et les auteurs pour lesquels  je travaille m’ont également apporté leur soutien mais il faut dire que le livre n’est pas très différent de ce que j’exprime au quotidien. Je crois qu’on m’apprécie ou non pour ça.

AE : Vous souvient-il d’un moment particulièrement heureux, dans l’exercice de votre métier :

Emmanuelle Allibert: Il y en a beaucoup. Plus que de moments heureux, je parlerai d’émotions fortes. C’est un métier qui vous amène à être très proches de vos auteurs pendant un court moment. Vous vibrez avec eux, vous vivez leurs peines et leurs chagrins. Dans le désordre, je me souviens de très beaux moments avec Grégoire Delacourt, Marc Trévidic, Francis Perrin, Dan Brown ou le chanteur Cali par exemple.

 

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07 05 15

Hep..ta vie

"Marcher sur l'eau, Eviter les péages, Jamais souffrir, Juste faire hennir, Les chevaux du plaisir."  - Alain Bashung

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 Un premier roman, signé Jérôme Collin [NDLR: l'animateur bien connu de "Hep Taxi", Entrez sans frapper" (La Première)" centré sur les observations sociologiques, philosophiques, amusées, désabusées,  existentielles d'un ...chauffeur de taxi (presque) quadragénaire au tournant de sa vie.

" Quelques mois plus tard, le printemps touchait à sa fin. Mon couple aussi. On était mi-juin. Léa et moi avions décidé de nous séparer quelques jours pour faire le point. Notre histoire d'amour n'était pas terminée. Mais elle avait été supplantée par les obligations liées au bon fonctionnement d'une famille.[...]Nous étions devenus des voisins de palier qui dorment dans la même chambre. C'est tout ce qui nous restait. Un toi commun. Des enfants communs. Un lave-vaisselle commun."

Meublant sa solitude, provisoire, de courses (de taxi) de conversations variées,  d'une amitié inopinée, filiale et touchante - celle qui le lie à Henry, un vieillard qu'il emmène régulièrement en son bar - , de résolutions, d'indécisions,  de souvenirs poignants, d'alcool et de musique... le narrateur prête au lecteur le volant de sa destinée: va-t-il céder à l'attraction irrésistible, fatale, de Marie, bousillant en cela, tout son confort de vie..

"Elle était le comble de la perfection anatomique. La promesse d'une éternelle jeunesse."

Eviter les péages, Jérôme Colin, roman, Allary éditions, mai 2015, 200 pp

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06 05 15

Saisissant

Tu me manques, de Harlan Coben, lu par Maud Rudigoz"Rien de tel que la cupidité pour causer la perte d'un homme"

Maître du suspens, de scenarii frissonnants et sordides, Harlan Coben ne faillit pas, une nouvelle fois, à sa vocation: anodine,  une situation peut rapidement virer à l'effroyable, se nimber d'une tension insoutenable.

Inscrite sur un site de rencontres par les soins d'une amie, Kat Donovan, officier de police new-yorkaise croit reconnaître son fiancé, Jeff, qui l'a abandonnée, sans crier gare, dix-huit ans plus tôt. Ses investigations la mènent au coeur de son passé et du mystère de la mort de son propre père. Mais ce n'est pas tout: le réseau de rencontres JustmyType.com semble générer de bien curieuses disparitions..

Scotchés aux modulations vocales de Maud Rudigoz, vous embarquez pour 11h33 d'écoute fébrile, bondissant de cliffhangers aux chapitres suivants - il y en a 44 et  tant de plages, dénouant peu à peu le mystère du passé et d'une arnaque  bien meurtrière...

Saisissant.

Tu me manques, Harlan Coben, thriller traduit de l'anglais par Roxane Azimi, Ed. Belfond noir, mars 2015, 146 pp, Audiolib, mars 2015, texte intégral lu par Maud Rudigoz, mars 2015, 11h33 

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05 05 15

Aistides de Sousa Mendes

Résultat de recherche d'images pour "Le consul salim bachi"C'est sur une figure historique, héroïque, "juste",  injustement oubliée de l'Histoire que se penche le romancier Salim Bachi ([NDLR dont nous avions hautement apprécié, Le dernier été d'un jeune homme, Ed. Flammarion 2013, entrée en l'âme d'Albert Camus) à savoir, celle d'Aristides de Sousa Mendes (1885-1954) consul du Portugal à Bordeaux au début de la guerre 40-45.

"Je l'avais déchirée, jetée dans la fosse d'aisance qu'elle n'aurait jamais dû quitter  cette maudite circulaire n°14 en date du 11  novembre 39, émanation méphitique de Salazar, notre démon."

Pris d'empathie, d'une sympathie frénétique pour la cause juive persécutée par le régime nazi, le diplomate, tamponne,  signe à tour de bras des milliers de passeports, en cette mi-juin 1940 et  faisant fi de la "maudite circulaire" qui le lui nterdit et des pressions de son gouvernement ( dirigé par Salazar) sauve de la sorte quelque 30 à 50.000 Juifs du destin horrible qui les attend.

Juste d'entre les Justes, ce père de 12 enfants ruine sa carrière, sa vie peut-être mais pas sa dignité.

"Je me tenais dans la cuisine de ce grand appartement qui soudain me parut vide, entouré pourtant de  ma famille et de mes amis, je déclarai à  tous, comme si le sens de ma vie en dépendait, je déclarai qu'à partir d'aujourd'hui, en ce 17 juin de l'an de grâce 1940, j'allais enfin obéir à ma conscience."

AE

Le consul, Sallim Bachi, roman, Ed. Gallimard, janvier 2015, 192 pp.

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