11 12 14

S'abandonner à l'écoute

C'était une de nos belles lectures du début de l'année (chronique du 15 mars), elle nous revient par voie d'écoute  et la voix même, grave, modulée, posée de son auteur, l'écrivain-voyageur Sylvain Tesson.

Un recueil de nouvelles aimables, loufoques, pétries  de ruptures, de trahisons, d'exil, de situations vaudevillesques, ...rassemblées sous le thème du "pofigisme" , de la fatalité consentie, coulant d' une écriture maîtrisée.

Focus sur un chapitre intitulé " La lettre", qui recueille tous nos suffrages: 

" Il arriva à  9h58 à la boîte de la rue Paul-Vaillant-Couturier pour la levée du matin. Marieke lui rendit son salut en découvrant une de ces dentures qui confirme que l'industrie pharmaceutique nordique produit des pâtes dentifrices d'une qualité supérieure et la race scandinave des gencives irréprochables, héritage du temps où les peuplades lapones déchiquetaient les tendons d'ours, accroupies sous les tentes d'écorce."

 Facteur de métier et de (grande) conviction, le Réunionnais Maurice refuse de restituer à un jeune homme, la lettre de rupture impétueuse  qu'il a glissée dans la boîte aux lettres de la rue Paul-Vaillant-Couturier....

S'abandonner à vivre, Sylvain Tesson, recueil de nouvelles, Ed. Gallimard, janvier 2014, Ecoutez lire,  CD MP3 , novembre 2014, texte intégral lu par Sylvain Tesson, env. 5 heures

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09 12 14

Matricule 22 166

 " C'est quand le train a quitté la gare du Nord, dans un assourdissant fracas métallique, qu'elle a compris à quel point elle acceptait une existence nouvelle, rude et dangereuse. Aux antipodes de ses années de loisirs et de plaisirs, de cette vie facile qui déjà, pensait-elle,n'avait pas été la sienne."

A l'étroit au sein du milieu aristocrate et du couple peu épris de ses parents,  Susan Travers met un tempérament trempé de garçon manqué au service de la France en guerre et plus précisément de  la Légion étrangère. Ce sera la seule femme à y être admise. Forte d'un stage de quelques mois où elle apprend à dispenser les premiers secours, elle brigue le poste d'ambulancière : il lui permettra d'assouvir sa passion de la conduite et même de la mécanique. Ralliant l'Afrique dont le Général de Gaulle veut fédérer les colonies françaises au service de la France Libre,   mais aussi  la Palestine, la Syrie, le Liban,  " La Miss" s'éprend tour à tour de deux hommes mariés, le prince géorgien Dimitri Amilakvari, surnommé Amilak et naturalisé français et  le colonel Marie Pierre Koenig, futur Général dont elle devient le chauffeur attitré.

C'est au volant de sa Ford Utility qu'elle percera, sous ses ordres et avec un sang-froid inouï le front des troupes de Rommel  (l'Afrika Korps) qui tiennent Bir Hakeim  (désert de Lybie) en étau. Nous sommes en juin 1942.L'opération est suicidaire, peut-être, héroïque dans tous les cas. Elle entrera dans la légende, forgeant la gloire de Koenig et le respect pour l'action  de la France Libre.

Galvanisée par l'amour - malgré ses trahisons - et un sens de l'honneur indéfectible , l'adjudant-chef  Susan Travers porte le matricule 22 166 et le sens du devoir  à un rang d'exception. 

Enceinte de l'adjudant alsacient Nicholas Schlegelmilch - Susan l'épouse, à Saïgon, tandis qu'elle approche la quarantaine. L'occasion pour elle de de ne pas renouveler  son engagement au sein de la Légion étrangère et de concevoir, dans la foulée; un second fils.

Un destin peu commun, un récit qui ne l'est pas moins.

Apolline Elter

La Légionnaire, Gérard Bardy,récit, Ed. Pygmalion, septembre 2014, 268 pp

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06 12 14

Les femmes et la Paix

A ce jour, seize femmes figurent parmi les attributaires du Prix Nobel de la Paix

Un prix instauré par disposition testamentaire du célèbre Alfred Nobel, décerné pour la première fois, en 1901 au Suisse Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge.

Sa vocation pacifique se double d'une promotion des droits de l'Homme, de l'aide humanitaire et de la liberté.

La première attributaire de cette distinction suprême est une aristocrate austro-hongroise, la baronne Bertha von Suttner, amie d'Alfred Nobel et surtout vice-Présidente du Bureau international de la Paix. Elle se le voit attribuer le 10 décembre 1905, pour la cinquième édition du Prix, le recevra à Oslo.  Notons que traditionnellement le PNP est remis à Oslo et non Stockholm.  Les  deux villes étant réunies sous une même couronne avant 1905, il fut décidé qu'elle se partageraient la cérémonies de remises, Oslo pour la paix, Stockholm pour les autres distinctions. Il en va toujours ainsi aujourd'hui.

Quinze autres femmes se verront décerner  le Prix dont la bienheureuse Mère Térésa en 1979.  

 S.A.R La Princesse Esmeralda de Belgique s'est penchée sur les portraits et parcours de dix d'entre elles, encore en vie et en activité, les a rencontrées  en Irlande, à Londres, Paris, Rangoun, Bruxelles, ... et consigne en un récit alerte, structuré et passionnant leurs parcours respectifs et le fruit de chaleureuses conversations.  La journaliste était l'invitée du déjeuner littéraire de L'Eventail, ce vendredi 5 décembre au B 19. J'eus le privilège  - et le bonheur - de m'entretenir avec elle et vous invite à découvrir le reportage-photo de l'événement dans une prochaine édition de notre magazine.

Vif, interactif et enjoué le dialogue révéla, une nouvelle fois, la gentillesse innée de la Princesse, un parler franc, direct et plein de tact, une simplicté, royale.

 

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Surprise par le faible nombre d'attributaires féminines du prix,  S.A.R La Princesse Esmeralda décide de creuser les raisons de cette "apparente discrimination à l'égard des femmes" et surtout les dénominateurs communs aux combats de ces personnalités exceptionnelles.

Elle rencontre de la sorte les Irlandaises,  Mairead Corrigan et Betty Williams (PNP  1976) qui jugulèrent  la violence en Irlande du Nord , la célèbre opposante birmane, Aung San  Suu Kyi ( PNP 1991), assignée à résidence forcée pendant 15 années,  la Guatémaltèque , Rigoberta Menchu (PNP 1992), fervente militante  d’une  justice sociale et ethno-culturelle, qui dénonça le génocide maya, l’Américaine Jody Williams (PNP 1997),  ardente éliminatrice des mines antipersonnelles,  la juge iranienne Shirin Ebadi, (PNP 2003),  défenderesse des droits de la femme et des enfants, ainsi que  les Libériennes, Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee et la Yéménite Tawwakul Karman, conjointes attributaires du Prix Nobel de la Paix 2011, « Pour leur lutte non-violente pour la sécurité des femmes et leurs droits à une participation entière dans la construction de la paix ».

  Professionnelle jusqu'au bout de sa plume, la journaliste adjoindra un dixième chapitre à son opus, consacrant la toute récente attribution du prix à la très jeune Pakistanaise, Malala Yousafzai, 

Consacrés à chacune des dix attributaires, les chapitres se concluent d'une claire synthèse du parcours historico-politico-sociologique du pays concerné. 

Une approche humaine, tonique, captivante, du rôle des femmes dans le processus de la Paix.

Une publication majeure de cette fin d'année

Je vous en conseille  instamment la lecture.

Apolline Elter

Femmes Prix Nobel de la Paix, Esmeralda de Belgique, essai, Ed. Avant-Propos, novembre 2014, 192 pp

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04 12 14

Ca peut pas faire de mal

 Et même grand bien, je vous le certifie.

Paru en cette fin d'année propice aux idées de cadeaux, l'ouvrage co-édité par les éditions Gallimard et France Inter, offre le bonheur conjoint d'une lecture visuelle et acoustique d'extraits de La Recherche du temps perdu - dont Guillaume Gallienne nous dévoile l'irrésistible faconde - des Misérables et de La Princesse de Clèves 

L'intérêt littéraire de pareille sélection se dote d'une mise en perspective des extraits,  des plus pédagogique.

Une façon bien aimable de redécouvrir les classiques : le comédien, sociétaire de la Comédie française,  module voix et interprétations dans les registres les plus variés.

Une façon aussi de (re)découvrir l'admirable émission  Ca peut pas faire de mal  diffusée sur France Inter, chaque samedi, de 18h10 à 19 heures et.... d'en podcaster les précédentes diffusions.

Apolline Elter

Ca peut pas faire de mal, Proust, Hugo et Madame de La  Fayette lus et commentés par Guillaume Gallienne, Tome 1 - le roman, Ed Gallimard - France Inter, nov. 2014, 224 pp + 2 CD 

 

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29 11 14

Korvnaya

 Il est de tradition de considérer l'attribution du Prix Interallié comme conclusion de la période des grands prix littéraires.

Soit. 

Primoromancier, neurobiochimiste de formation, Souabe (Danube)  par ascendance maternelle,  le lauréat 2014, Mathias Menegoz (46 ans) renoue, visiblement heureux,  avec la tradition des grands romans du XIX e siècle. Et la magie opère car la langue nette,  soignée, farcie de descriptions analytiques et très évocatrices, est soutenue d'une tension impeccable. On pourrait juste lui reprocher un certain bavardage, un nombre de pages porté à 697... ce qui est tout de même  un peu long.

L'argument.

Années 1830:

Désireux de reprendre possession du domaine familial de Korvanya (Transsylvanie), le comte Alexander Korvanyi quitte l'armée et Vienne, avec sa jeune et toute fraîche  épouse, Cara von  Ampecht.  Ils y parviennent au terme d'un voyage de 16 jours.

Géré par l'intendant Lanffy, le domaine comprend un château noir, abandonné depuis une cinquantaine d'années (1784). Korvanyi se rétablit  souverain d'un fief encore pleinement géré sur le mode féodal médiéval.   

Tandis que le couple organise une grandiose Jadgfest, invitant pour plusieurs jours, toute la noblesse chassant des environs, il se voit rapidement confronté aux haines et querelles radicales des factions valaques, magyares et saxonnes des serfs.  L'épopée se double alors d'une investigation sociétale.

" La robustesse des hiérarchies locales apparaissait dans le maintien instinctif de la séparation des nobles et des serviteurs, des officiers et des soldats, même dans les circonstances tragiques. Seuls les morts étaient alignés sans ordre au dehors et nul ne pouvait songer à s'inspirer de cette égalité-là."

Et d'une réflexion psychologique  diffuse sur la construction d'un couple.

"Enfin, Cara et Alexander étaient, à ce moment, également intoxiqués par l'intensité que les événements et la lutte partagée donnaient à leurs amours. Ils étaient enivrés par l'impression de n'avoir jamais été si proches alors qu'ils ne faisaient que se raccrocher l'un à l'autre."

Karpathia, Mathias Menegoz, roman, Editions P.O.L, août 2014, 697 pp

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25 11 14

Une royale union

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Deux prénoms - certes royaux - unis d'une simple esperluette,  affichent le parti-pris  jeune, tonique, singulièrement vivant de ce portrait de couple que S.A.R la Princesse Esmeralda de Belgique dédie à ses grands-parents paternels, avec la complicité de notre confrère, Christophe Vachaudez,  bien connu des lecteurs de L'Eventail. 

Richement illustré de photos officielles mais aussi intimes, instantanées et denses, ce beau livre trace le destin d'un couple uni d'amour mais aussi d'un sens du devoir hautement éprouvé en ces années de Grande Guerre. Le peuple belge célébrera l'ardeur guerrière de son "Roi-Chevalier" occultant quelque peu le pacifisme qui était sa vraie nature. Bavaroise de naissance, Elisabeth Wittelsbach épouse,  avec le futur roi des Belges, le destin de son peuple d'adoption. Qui ne se souvient des clichés qui la présentent proche des tranchées ou vêtue d'une tenue d'infimière. 

Musicienne, présidente du célèbre concours international éponyme, la souveraine peignait, sculptait, tissait skiait, patinait - une magnifique photo illustre ses prouesses - s'adonnait au golf, à la chasse,  aux voyages lointains, à sa  passion pour l'égyptologie, les philosophies orientales .. mais aussi multipliait les rencontres scientifiques, culturelles et amicales avec  ces grands de l'époque que furent Albert Einstein, Albert Schweitzer, Jean Cocteau, Romain Rolland, Camille Huysmans et Colette; quand il pouvait s'échapper, le Roi Albert assouvissait sa passion pour l'alpinisme, passion qui le rapprochait de son fils aîné, le futur Roi Léopold III et de sa belle-fille , Astrid, sa " Linda nueva",  conjointement épris de courses en montagne. C'est au cours d'une échappée solitaire, qu'il trouve la mort, le 17 février 1934,  chutant du tristement célèbre rocher de Marche-les-Dames, près de Namur.

Abordant sans tabou mais avec tact, sobriété et une joyeuse affection,  l'histoire d'une royale union et d'une lignée qui régna tout le XXe siècle, S.A.R la Princesse Esmeralda et Christophe Vachaudez  offrent, à la lecture et au regard, un très beau livre.

De ceux qui trouveront place chaleureuse, bien avantageuse sous le sapin..

Apolline Elter

Albert & Elisabeth, Esmeralda de Belgique- Christophe Vachaudez, beau livre, édition Racine, octobre 2014, 196 pp + illustrations.

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22 11 14

Prix Femina 2014

La saison des prix littéraires a ceci d'heureux qu'elle met l'accent sur des romans dont la lecture pourrait nous échapper tant est grande, infinie, toujours insatisfaite,  la sollicitation éditoriale.  Doté du prix Femina, Bain de Lune de l'écrivain haïtienne Yanick Lahens semble à nos yeux, LA révélation de la cuvée 2014. Un sésame de lecture qui met en lumière la sympathique et éclectique maison d'édition dirigée par Sabine Wespieser.

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Polyphonique, exotique, incantatoire, par moments féérique à la manière d'un conte, le roman décline sa narration en Haïti, patrie de Yanick Lahens, et un vingtième siècle - un rien atemporel - traversé par quatre générations de femmes.

Ecrits en italiques,certains chapitres ont pour voix, déclinante, celle d'une jeune femme mourante, échouée sur la plage, victime expiatoire de faits violents. Ils interrompent, énigmatiques,  le fil de la narration portée par une de ses parentes, membre de la communauté familiale des Lafleur, établie à Ti Pistache, non loin du village d' Anse Bleue.

Tout commence par le coup de foudre qui assaille Tertulien Mésidor tandis qu'il rencontre, au marché de Ti Pistache,  la jeune et ravissante Olmène Lafleur, tout frais jaillie de son adolescence.  Mais Messidor et Lafleur paraissent aussi irréconciliables que les clans Montaigu et Capulet au temps de Roméo & Juliette. Evitant d'emblée l'écueil d'un remake shakespearien, Yanick Lahens explore, avec la perspective de cette liaison, l'âme des protagonistes, les racines familiales, moeurs et croyances qui confèrent au récit une singularité remarquable, fluide, chantante et harmonieuse dans l'authenticité d'une écriture, pétrie d'idiomes et d'une onomastique  savoureuse.

"Une lignée naîtra de cet après-midi brûlant. D'un seigneur que le désir obligeait à plier les genoux et d'une paysanne qui s"ouvrait à un homme pour la première fois."

Une lecture envoûtante, qui enveloppe le lecteur d'une sorte de cocon maternel et bienfaisant.

Bain de Lune, Yanick Lahens, roman, Ed. Sabine Wespieser, sept 2004, 274 pp

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15 11 14

Quand l'écrit se joint au geste...

 Tandis que s'approchent fin d'année et listes de beaux livres à offrir, pointons ce très bel album de photos sportives  - et lesquelles ..- figées dans l'éternité d'exploits fabuleux, de rencontres exceptionnelles,  mises en lumière par la sensibilité d'un passionné de sport, écrivain magistral et généreux, Philippe Delerm.

Difficile de paraphraser des commentaires mais il est tant de photos saisissantes... celle qui unit , de franche complicité, l'athlète noir américain Jesse Owens au blond aryen Luz Long tandis que se déroulent les JO de Berlin (août 1936) et l'irrépressible fureur du Fürhrer.

Celle d'une Nadia Comaneci, déployée en plein salto, sur poutre ensorcelée : " Et malgré tous ses pièges de silence brut, la poutre ne peut rien, vaincue par ce feu follet d'insolence idéale."

La beauté du geste, Philippe Delerm, beau livre, Ed. Seuil, octobre 2014, 152 pages et illustrations.

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12 11 14

L'écrivain de Donzières

 

Invité en résidence d'écrivain à Donzières, une bourgade bourguignonne, le narrateur se promet de savourer  en toute  - et bienvenue - quiétude la bienveillance de Marie et Michel, le couple de libraires, initiateurs de l'invitation,  de leur stagiare, Nadège, de Madame Meunier, l'hôtelière du Grand Monarque... se prêtant avec obligeance aux cocktails, rencontres et ateliers d'écriture programmés à son agenda.

 La réalité le saisit - on pouvait s'y attendre - d'une toute autre ambition : fasciné par la mystérieuse disparition d'un vieil autochtone et la beauté fatale de Dora, compagne du présumé coupable d'homicide , l'écrivain multiplie les mauvaises initiatives, les  faux pas,  semant autour de lui une méfiante croissante.

" J'avais devant moi ce petit public bien campé sur ses chaises fragiles, un doux tribunal tout prêt à m'acquitter, à condition toutefois que je ne bluffe ni ne mente, ils avaient fait la démarche de ressortir de chez eux un soir de pluie et de match, quand même, tout ça pour voir parler un auteur même pas connu, national certes mais pas connu, des bienveillants suffisamment courtois et magnanimes pour me faire la grâce de supposer que j'avais quelque chose à dire. Je me redressai sur ma chaise."

Sorte de polar nimbé de mystère et d'une réflexion nourrie , tantôt amusante, tantôt désabusée, sur le métier d'écrivain et les nombreuses obligations auxquelles il doit se prêter, le roman de Serge Joncour offre un vrai agrément de lecture.

Je vous le recommande.

Apolline Elter

L'écrivain national, Serge Joncour, roman, éd. Flammarion, août 2014, 390 pp

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08 11 14

25 ans déjà..

C'était, il y a 25 ans,  le 9 novembre 1989

Pris au dépourvu d'une annonce dont il découvre le texte lui-même, lors de la conférence de presse qu'il anime,  le camarade Günter Schabowski, porte-parole des autorités est-allemandes va déclencher un mouvement incontrôlé, irrépressible, la chute du mur et à court terme, la réunification des deux Allemagnes.

"C'est ainsi que nous sommes résolus aujourd'hui à adopter une réglementation qui permet à tout citoyen de RDA de quitter le pays en passant par les postes-frontières de la RDA" dit le communiqué. La prise d'effet en sera immédiate, créant panique et liesse, selon les camps.

Analysant jour par jour, les événements de l'automne 1989,  les soubresauts du Rideau de Fer, qui menèrent Egon Krenz  à la soirée fatidique du 9 novembre , les journalistes, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin restituent l'ambiance de l'époque et la satisfaction tacite d'un MiKhaïl Gorbachev et de sa politique d'avant-garde.

La chute du mur, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin, essai, Ed Fayard, 2009, Le Livre de Poche, 2011, 348 pp

 A découvrir: l'article que consacre votre magazine L'Eventail-web  à la chute du mur, ses enjeux, assorti d'un bref rappel historique des faits. Il est signé.. qu vous savez

Lien: http://www.eventail.be/art-culture/item/806-la-chute-du-m...

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