27 08 14

Cannibale

devoration-nicolas-destienne-dorves-L-wIfjws.jpeg" Oui, Nicolas. Voilà des années que tes lecteurs, que les critiques, que certains amis te le répètent, sur un ton de plaisanterie gêné: tes livres sont des meurtres. Tes inspirations sont des pulsions. Ces images si frappantes qui fascinent tes lecteurs, ces tableaux de carnage ne te demandent aucun effort: ils s'imposent à toi avec le naturel d'une mémoire inconsciente."

Pas vraiment faux - Un propos dérangeant, cannibale jusque dans sa sexualité mais un style qui pourrait valoir à Nicolas d'Estienne d'Orves un prix académique, si les jurés ne font profession de végétarisme.

Soulagé - fragilisé? - par sa rupture avec Sonia, le narrateur, Nicolas Sevin, écrivain à succès, est invité par son éditrice Judith, à renouveler sa veine d'inspiration.

" La souffrance est mon jardin. La douleur porte mes mots. Je ne vois là ni fatalité, ni complaisance. Telle est juste ma nature: je suis chez moi dans le carnage."

S'impose à sa mémoire l'histoire d'une dynastie de bourreaux, celle des  Rogis dont il remonte la lignée de Rouen,  1278 à nos jours.

Alternant le présent du narrateur, d'une vie débridée et la généalogie des Rogis, les chapitres se succèdent, sanglés, sanglants, nourris de réflexions sur le processus d'écriture et de son inéluctable dévoration.

L'abolition de la peine de mort, en France,  scelle la fin de la dynastie des Rogis; pas de l'inspiration de Nicolas.. Sevin et d'une fascination - morbide, forcément - pour "l'affaire Morimoto",  as Issey Sagawa,  nom de cet étudiant nippon, cannibale, qui dévora à coup de petits plats en sauce, l'amie néerlandaise qu'il avait fraîchement tuée le 11 juin 1981. Rien de plus envoûtant comme sujet de roman.

Un thème qui n'est pas sans danger: 

"Ne comprend-elle pas que je vais faire mon autoportrait en me servant de Morimoto"

 Une lecture déconcertante, qui consume à  l'abyme, le génie d'écriture -avéré - de Nicolas d'Estienne d'Orves.

AE

La dévoration, Nicolas d'Estienne d'Orves, roman, Ed. Albin Michel, août 2014, 310 p

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23 08 14

Bien de saison

" Franck Secondi ressassait la même considération, celle d'une existence placée sous le sceau de l'inutilité et du cocasse, qui allait donc prendre fin en une conclusion tout à fait adéquate"

L'automne s'ouvre sur un échec: Franck Secondi - dont la vie même est une succession de ratages - échoue à l'examen d'admission en la République humaniste indépendante du Vorukhstan. Verdict: il est condamné à l'exécution capitale.

Comment en est-il arrivé là? 

Auditeur volant auprès de la société Skyscope, Franck a pour mission d'évaluer services et catering des compagnies aériennes, de les classer selon une grille de critères définis, qui va  du confort des sièges à la qualité des repas servis. Conséquence: il voyage à longueur de temps, empruntant le plus souvent, les chiches assises de la classe économique:

"Seuls un contorsionniste masochiste ou un gnome tétraplégique pouvaient survivre à un tel environnement."

Promu en classe business, il fait la connaissance d'une superbe et mystérieuse  jeune femme, Kirsten Van Heurn dont la plastique rivalise avec une intelligence hors du commun.  Mue d'un effarant égarement, cette dernière cède au charme - inexistant - de Franck. Il va falloir assurer.

" La probabilté  que ce manège pût duper son amante d'un jour équivalait aux chances de survie d'un myopathe hémophile nageant parmi un banc de requins affamés"

Le ton est donné. La marche vers un destin inéluctable, amorcée...

Nappant ce premier roman d'une plume très sûre, dense et pétrie d'humour et d'auto-dérision, Hugo Ehrhard opère  une entrée assez irrésistible en littérature. Ce faisant, il fustige aimablement les régimes intégristes, les incohérences de la séduction... et les compagnies low cost.

Apolline Elter

L'Automne des Incompris,  Hugo Ehrhard, roman, Ed. Le Diletttante, 20 août 2014, 256 pp

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22 08 14

Retour aux sources

"A première vue, la tâche consistait à déplacer la montagne"

En proie à une crise conjugale larvée, Sonia accompagne une amie à Grenade. Ce faisant, elle se prend de passion pour la danse ...

C'est par ce biais, et celui de longues conversations avec le patron du café "El Baril", que revient à la surface un passé familial dont elle n'avait connaissance, celui de la famille Ramirez et d'une Espagne des années '30 déchirée par le franquisme et la guerre civile.

Lue d'une voix mélodieuse par Laetitia Lefebvre, cette fresque, certes un peu longue, d'une époque effroyable, revêt un intérêt historique évident. Impeccable,  prononciation des patronymes et toponymes espagnols ajoute un charme imparable à l'audition du roman

Une "audio-lecture" recommandée

AE

Une dernière danse, Victoria Hisloop, roman traduit de l'anglais par Séverine Quelet, texte intégral lu par Laetitia Lefebvre,  Audiolib 2014,  2 CD - durée :14h50 

 

 

 

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21 08 14

Leben oder Theater

Charlotte S.jpgIl paraît tout frais, ce jour et s'affirme d'emblée comme une des surprises de la rentrée. David Foenkinos, écrivain cher à notre blog, change en effet radicalement de registre, de poétique et nous offre un portrait, celui de Charlotte Salomon, peintre décédée tragiquement à Auschwitz, en 1943, dès son arrivée dans le camp. Elle avait 26 ans et elle était enceinte.

Lancée tels des coups de pinceaux, les phrases, hachées, essoufflées, épousent la courte vie de l'artiste, depuis la malédiction suicidaire qui pèse sur sa famille, jusqu'à celle d'être née juive, berlinoise, en une époque qui ne le lui pardonnera pas.

" Pendant des années, j'ai pris des notes

J'ai parcouru son oeuvre sans cesse

J'ai cité ou évoqué Charlotte dans plusieurs de mes romans

J'ai tenté d'écrire ce livre tant de fois. 

Mais comment? 

Devais-je être présent? 

Devais-je romancer son histoire? 

Quelle forme mon obsession devait-elle prendre? 

Je commençais, j'essayais, puis j'abandonnais.

Je n'arrivais pas à écrire deux phrases de suite. 

Je me sentais à l'arrêt à chaque point.

Impossible d'avancer.

C'était une sensation physique, une oppression.

J'éprouvais la nécessité d'aller à la ligne pour respirer."

Tout est dit. Percée sur le processus cathartique qui permet à Charlotte de sublimer son désespoir par la réalisation de centaines de gouaches réunies sous le titre générique de Leben? Oder Theater ? (La vie ou le Théâtre) le roman de David Foenkinos nous offre, à l'évidence, une voie d'accès sur sa propre vérité, sa quête existentielle.

Subtilement reconstitué, le présent de Charlotte - il ne mentionne à dessein que son prénom - devient don d'intimité.

Charlotte, David Foenkinos, roman, août 2014, 222 pp

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20 08 14

Réveil d'un fauve

Couv-On ne voyait que le bonheur-6.jpg" C'est ce soir-là que je t'ai perdu, papa, que nos faiblesses ont triomphé. Ce soir-là que mon adolescence orpheline a commencé"

Mandaté par les compagnies d'assurances pour évaluer dommages matériels et lésions corporelles, Antoine, le narrateur, a pris l'habitude singulière de traduire en espèces, tous les moments de la vie. Une vie dont il fait le bilan doux-amer, marquée d'un déficit d'amour parental, d'une famille implosée, de lâchetés répétées et d'une impossibilité à exprimer ses difficultés, à pleurer, tout simplement. La bête gronde en son inconscient qui pourrait prendre l'allure d'un fauve.Viré de son boulot, de son couple, Antoine sent sourdre une colère, un désespoir irrémédiables. Va-t-il commettre l'irréparable? 

" Le mal qui infusait alors. Le fauve qui se réveillait.

On ne voyait que le bonheur"

Monologue entrecoupé d'apostrophes à son père, malade, à son fils, perdu , Léon, la narration se partage en trois volets, qui d'une plongée en solution violente,  désespérée, oeuvre à la reconstruction, au sublime pardon.

Avec ce nouveau roman dense, maîtrisé, Grégoire Delacourt frappe où on ne l'attendait pas.

"Notre vie s'écrivait à coups de post -it indifférents sur la porte du réfrigérateur."

Et toujours ce sens de la formule qui frappe, fouette et fustige..

Apolline Elter

On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt, roman, Ed. JcLattès, 20 août 2014, 360 pp

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02 08 14

Cent ans, c'est passé si vite...

Elle fait figure de grand-mère délicieuse - et elle l'est : sa famille (nombreuse) tient une place primordiale dans la vie de la pétillante centenaire - Gisèle Casadesus (prononcez "Casadzu") incarne l'amour, la vie dans leurs  plus belles expressions, la longévité, dans ses plus gracieuses déclinaisons.

"[...]lorsque je pense que j'ai un petit-fils qui est lui-même grand-père, je me dis que le temps passe bel et bien si vite." 

  Conçu comme un abécédaire, fruit d'entretiens avec Eric Denimal, l'ouvrage parcourt en quelque 90 entrées, un parcours riche - forcément - nourri  d'Amour, de bienveillance, droiture,  fidélité, foi, santé et de beaucoup de travail.  Entrée à la Comédie française à l'âge de 20 ans, l'actrice s'illustre aussi dans de nombreux films dont La (célèbre) Tête en Friche (2010) . Elle garde toutefois  une prédilection pour le jeu des planches , "proche de l'offrande mais pas du sacrifice." 

Mariée 72 ans avec Lucien Probst (as Lucien Pascal) , décédé centenaire,  en 2006, Gisèle Casadesus conçut quatre enfants, dont le célèbre chef d'orchestre Jean-Claude Casadesus, créateur et encore actuel directeur de l'Orchestre national de Lille. Elle a huit petits-enfants, 9 arrière-petits-enfants et déjà un arrière-arrière-petit-fils.  Elle se définit fièrement comme le  " potomitan" (poteau central) de cette famille tendrement aimée.

" Je suis à un âge où les bougies reviennent bien plus cher que le gâteau."

Si la longévité qui la frappe, ainsi que son proche entourage - outre un mari centenaire, son  cher frère Christian, décédait, en mars 2014, à l'âge de 102 ans - procède pour une bonne part d'un capital de chance, de confort affectif  et de santé, on peut y voir aussi un effet de volonté: portée vers l'optimisme et la bienveillance , Gisèle Casadesus sait alléger son esprit de  réminiscences toxiques: " Je refuse d'ajouter à ces souvenirs un poids qui n'est nullement nécessaire ".  Des priorités de vie, clairement définies " l'amour, l'honnêteté, la simplicité, le travail."

 De cette vie que Dieu lui "prête", la merveilleuse centenaire confectionne un bijou digne de notre plus joyeuse admiration

 

Apolline Elter 

Cent ans, c'est passé si vite..., Gisèle Casadesus, entretiens avec Eric Denimal, Ed. Le Passeur, juin 2014, 256 pp

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01 08 14

L'elisir d'amore

L'Elixir d'amour, de Eric-Emmanuel Schmitt, lu par Odile Cohen et Adrien Antoine

"(...) s'il y a des amours qui meurent de doute, le mien est mort de certitude. J'ai rompu"

 

Eric-Emmanuel Schmitt aime la correspondance - Le Festival de Grignan aussi, qui constitue pour lui une étape récurrente vers son Avignon estival . L'échange de lettres entre Adam et Louise, anciens amants,  séparés par un Océan  constitue la matière de son nouveau roman. 

Soucieux de transformer une passion de cinq ans,  morte abruptement, Adam, psychiatre de son état,  propose à Louise de la convertir en amitié durable. Cette dernière le  refuse , qui n'arrive visiblement pas à faire le deuil de son amour.

lls se lancent dès lors le défi de trouver chacun la personne idoine, conférant à l'échange épistolaire des allures de Liaisons dangereuses (Choderlos de Laclos) ou plus simplement de relations  libres et assumées  à la Jean-Paul Sartre et Simon de Beauvoir.

Lue à deux voix, celles d'Odile Cohen et d'Adrien Antoine, la version audio de ce court roman  (2 CD pour 1h24 d'audition totale) évoque  décidément  l'atmosphère des lectures du Festival de la correspondance ... L'occasion de s'y essayer..

 

AE

L'élixir d'amour, Eric-Emmanuel Schmitt, roman épistolaire, Ed. Albin Michel avril 2014, Audiolib, juin 2014 - 1h24 

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19 07 14

Horizon

Après la parution du récit autobiographique Même le silence a une fin (Ed. Gallimard, sept. 2010 - chronique sur ce blog) Ingrid Betancourt publie un premier roman, aux accents très personnels.

" Ce qui t'est arrivé, ma grand-mère l'appelait "le troisième oeil" C'est un don. Comme un grand cadeau. Seules quelques petites filles de notre famille le reçoivent.. Moi je l'ai reçu, toi aussi, mais personne d'autre. Nous ne savons pas qui nous donne ce cadeau, nous savons seulement que c'est toujours un peu difficile de l'avoir."

Dotée d'une particularité génétique - elle la partage avec sa chère grand-mère Mama Fina-  Julia possède une  vision prémonitoire des événements et dangers qui vont s'abattre sur elle et son entourage.

"Non. Nous ne sommes pas comme cela!"

Séquestrée et torturée par les agents de la junte militaire qui prirent le pouvoir, en Argentine, en  mars 1976, elle est parvenue à reconstruire sa vie, avec son fils, Ulysse, né durant sa captivité.  Ce n'est pas le cas de Théo, son mari, dont elle cherche la trace de longues années durant...

Alternant les flashbacks sur les années '70 et l'actualité des années 2000, la relation se fait quête. Quête d'une possible réunion du couple, catharsis des horreurs endurées.

Une percée de douleur et d'espoir  sur un pan sanglant de l'Histoire argentine.

La ligne bleue, Ingrid Betancourt, roman, Ed. Gallimard, juin 2014, 368 pp

AE

 

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30 06 14

Surtout pas !

Demain j'arrête !, de Gilles Legardinier, lu par Ingrid Donnadieu 

 

Pas question !

Vous connaissez ma nouvelle passion pour les livres audio....

Un mode de lecture qui accompagne  depuis peu de nombreux trajets en voiture - quand je suis seule - et les interminables séances de repassage hebdomadaire...

Alors, pour la longue route des vacances qui se profile à votre horizon, je me fais une joie de vous conseiller un petit bijou d'audition, d'humour, de tendresse, de bien-être au monde, tout simplement.

Intriguée par le patronyme incongru d'un nouvel habitant de l'immeuble - Ricardo Patatras - Julie,  la narratrice, une jeune femme de 29 ans tente d'en percer l'identité et  d'en sonder  la  personnalité. Elle en tombe raide amoureuse, habitée par cet aimable et beau jeune homme, jusque dans ses moindres pensées.  Pour lui plaire, elle se sent prête à gravir des montagnes,  à enchaîner, dans une même foulée..de jogging, gaffes et actes héroïques.

Mené avec brio, le récit défile plans, chapitres courts  et situations cocasses  selon un rythme sautillant, merveilleusement négocié.   Mélodieuse, pourvue de registres adaptés à chacun des protagonistes, la voix d'Ingrid Donnadieu nourrit le texte d'intonations idoines... Elle nous devient amie. Gilles Legardinier aussi qui trace le portrait loufoque et attachant d'une si belle humanité...

 Apolline Elter

Demain j'arrête , Gilles Legardiner, roman, Ed. Fleuve noir, 2011, Audiolib, janvier 2014 - interprétation d'Ingrid Donnadieu  - 78 plages - durée 8h50

Billet de faveur

AE : Gilles Legardinier, votre roman entier se déroule dans la tête de Julie, une jeune femme. Nous pourrions toutes nous retrouver en elle.Comment faites-vous pour restituer à ce point la psychologie féminine, dans ses méandres, ses hyperboles ?

Gilles Legardinier :Mon roman est effectivement écrit à la première personne par une jeune femme. J’ai reçu beaucoup de questions et de commentaires à ce sujet. Cela me touche et m’honore. Les hommes ont la réputation de ne pas comprendre les femmes… Le métier d’un auteur consiste pourtant à se glisser dans la peau de personnages qu’il n’est pas. Tous mes valeureux confrères qui écrivent sur des tueurs psychopathes n’en sont pas – enfin pas toujours ! Pour comprendre un personnage, il faut se placer de son point de vue, observer, écouter et aimer. S’agissant des femmes, ce n’est pas un problème pour moi, au contraire. Depuis que je suis petit, je vous regarde, avec bonheur. Et puis je crois que même si nos codes d’expression sont différents, sur le fond, les femmes et les hommes ont besoin des mêmes bases : affection, loyauté, sécurité… Nous ne l’explicitons pas du tout de la même manière mais nous ne sommes pas aussi opposés que certains le prétendent. Je l’ai découvert grâce au regard des lectrices sur mon livre, et c’est une découverte fantastique !

 AE : Vous publiez un livre à la rentrée, sur la vengeance, au féminin… Pouvez-vous nous en toucher un mot ?

Gilles Legardinier :« Ça peut pas rater ! » raconte l’histoire de Marie, qui a toujours été une femme gentille, tournée vers les autres, toujours prête à se servir en dernier et à qui cela n’a rapporté qu’une rupture injuste. Elle a tout donné à un sale type. Elle est arrivée au bout de ses illusions, elle se prend tout dans la figure. Maintenant qu’elle ne croit plus en rien, elle règle ses comptes, avec son ex à qui elle ne va rien épargner, et avec les hommes en général. Mais la nature d’une femme ne peut pas se résumerà la guerre, et puisque ses rêves sont morts, elle va enfin pouvoir découvrir ce qui compte vraiment… J’espère que vous allez rire et ressentir autant que moi en l’écrivant. Écrire ce livre a été un bonheur. 

 AE : Quelle est votre madeleine de Proust ?

Gilles Legardinier :Très franchement, je ne crois pas en avoir. J’ai besoin du présent, du vivant, des gens. Je ne suis pas du tout tourné vers le passé même si je n’oublie rien. Ma madeleine de Proust, c’est le futur. Je suis impatient de ressentir, de partager, et je crois que la fin commence à venir lorsque l’on se dit que c’était mieux avant. J’ai eu une enfance heureuse mais je n’ai pas eu une vie simple. Tout a été riche, fort, structurant, douloureux souvent. Je n’oublie jamais que si on se donne à fond, demain sera meilleur.

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28 06 14

Sur la route de la vie

Marc Levy aime les titres énigmatiques, les vieilles (voitures) Américaines aussi, ... peut-être...

S'invitant dans l'Oldsmobile ancêtre de Milly, une jeune employée...routlinière , de l'université de Philadelphie, aidée par la force de conviction de son revolver et d'une réelle sympathie pour la jeune femme, la quinquagénaire Agatha va parcourir les Etats-Unis, propulsée par une quête vitale.  

Echappée de prison, à quelque cinq  années du terme de sa peine, elle retrouve, un à un, les membres du groupe estudiantin révolutionnaire, pour lequel elle a payé trente années de prison, coupable expiatoire d'un crime qu'elle n'a sans doute pas commis. Un carnet existe, écrite de la main de sa soeur défunte qui pourrait la blanchir.

"La liberté n'est pas un jeu, c'est une nécessité, il faut en avoir été privé pour comprendre ce qu'elle représente."

Périple à travers les Etats-Unis, voyage à travers le temps, les années "Nixon" et la soif de justice de la beat génération, de ses émules postérieurs, le nouveau  roman de Marc Levy construit une complicité intergénérationnelle, entre deux femmes liées par un secret

Une autre idée du bonheur, Marc Levy, roman, Ed. Robert Laffont/Versilio, avril 2014, 404 pp

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