09 05 15

Service de presse

 

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 "La signature du service de presse est d'autant plus importante que la dédicace est peut-être la première, mais souvent la seule chose que les journalistes liront du livre"

 Le ton est donné.

Forte d'une connaissance approfondie du monde de l'édition, d'une expérience de dix ans en tant qu'attachée de presse, d'un humour décapant, tonique, irrésistible, Emmanuelle Allibert s'est donné pour mission de le démythifier, d'en révéler pratiques et coulisses. L'exercice n'est pas sans risque qui la propulse à ce rang d'écrivain… dont elle dénonce précisément la vanité. Que diable, rien ne l'arrête: l’auteur pratique allègrement l'autodérision.  Cela rend les révélations particulièrement sympathiques.

 Campant d'une majuscule générique le quatuor  Editeur-Auteur- Attachée de presse- Critique littéraire, le propos fustige en une vision satyrique les faces pratico- socio-économico-psycho- surdimension d'égo ..du métier,  les us et  nombreux chausse-trapes d'un microcosme résolûment parisien.

Terre de cocagne- et de lecture intégrale des romans ..-  la Belgique échappe au joyeux  scalpel  tant il est vrai  qu''en Belgique, l'Auteur a vraiment l'impression d'être une star. (...) car les Belges sont sympas qu'on vous dit"

Et le recueil ne l'est pas moins, que je vous dis aussi.

Une lecture recommandée

Et une recette d'anthologie: celle du best-seller mijoté aux petits oignons

Gageons que vous en redemanderez...

Apolline Elter

Hommage de l'auteur absent de Paris, Emmanuelle Allibert, essai, Ed. Léon Scheer, janvier 2015, 216 pp

Billet de faveur

AE : Emmanuelle Allibert, votre écriture est désopilante – elle révèle l’amusement, la jubilation qui ont  nourri votre plume.  Elle procède en même temps d’une certaine urgence, d’un besoin de défoulement : vous en voyez de toutes les couleurs en tant qu’attachée de presse…

Emmanuelle Allibert: Merci pour le compliment. Faire rire ou tout du moins amuser était vraiment le but que je recherchais. Il n’y avait pas particulièrement d’urgence à écrire cela. D’ailleurs je n’ai pas publié au vitriol les mémoires de l’Attachée de presse après avoir rendu mon tablier. C’est un métier que j’aime beaucoup et que je continue à faire avec grand plaisir. Il me paraissait cependant nécessaire de montrer le paradoxe qu’il y a entre ce que pense l’Auteur et la façon dont il est traité par les journalistes et la maison d’édition. C’est ce hiatus la qui m’intéressait.

 

AE : Maintenant que vous vous êtes « dévoilée », parvenez-vous à exercer votre métier avec la même innocence ? Avez-vous de retours de flammes des auteurs auxquels vous êtes « attachée »,  de vos collègues, journalistes, de la maison d’édition pour laquelle vous travaillez ?

Emmanuelle Allibert: Ce métier est tout sauf innocent ! On passe notre temps à modifier la vérité plus ou moins largement. Dans ce livre au contraire, tout est vrai. Toutes les situations que je décris, je les ai vécues au moins une fois et on me les a rapportées 15 fois. En ce qui concerne les « retours » j’ai été plus que flattée de tous ceux que j’ai reçus à commencer par ceux des journalistes. La maison d’édition et les auteurs pour lesquels  je travaille m’ont également apporté leur soutien mais il faut dire que le livre n’est pas très différent de ce que j’exprime au quotidien. Je crois qu’on m’apprécie ou non pour ça.

AE : Vous souvient-il d’un moment particulièrement heureux, dans l’exercice de votre métier :

Emmanuelle Allibert: Il y en a beaucoup. Plus que de moments heureux, je parlerai d’émotions fortes. C’est un métier qui vous amène à être très proches de vos auteurs pendant un court moment. Vous vibrez avec eux, vous vivez leurs peines et leurs chagrins. Dans le désordre, je me souviens de très beaux moments avec Grégoire Delacourt, Marc Trévidic, Francis Perrin, Dan Brown ou le chanteur Cali par exemple.

 

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07 05 15

Hep..ta vie

"Marcher sur l'eau, Eviter les péages, Jamais souffrir, Juste faire hennir, Les chevaux du plaisir."  - Alain Bashung

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 Un premier roman, signé Jérôme Collin [NDLR: l'animateur bien connu de "Hep Taxi", Entrez sans frapper" (La Première)" centré sur les observations sociologiques, philosophiques, amusées, désabusées,  existentielles d'un ...chauffeur de taxi (presque) quadragénaire au tournant de sa vie.

" Quelques mois plus tard, le printemps touchait à sa fin. Mon couple aussi. On était mi-juin. Léa et moi avions décidé de nous séparer quelques jours pour faire le point. Notre histoire d'amour n'était pas terminée. Mais elle avait été supplantée par les obligations liées au bon fonctionnement d'une famille.[...]Nous étions devenus des voisins de palier qui dorment dans la même chambre. C'est tout ce qui nous restait. Un toi commun. Des enfants communs. Un lave-vaisselle commun."

Meublant sa solitude, provisoire, de courses (de taxi) de conversations variées,  d'une amitié inopinée, filiale et touchante - celle qui le lie à Henry, un vieillard qu'il emmène régulièrement en son bar - , de résolutions, d'indécisions,  de souvenirs poignants, d'alcool et de musique... le narrateur prête au lecteur le volant de sa destinée: va-t-il céder à l'attraction irrésistible, fatale, de Marie, bousillant en cela, tout son confort de vie..

"Elle était le comble de la perfection anatomique. La promesse d'une éternelle jeunesse."

Eviter les péages, Jérôme Colin, roman, Allary éditions, mai 2015, 200 pp

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06 05 15

Saisissant

Tu me manques, de Harlan Coben, lu par Maud Rudigoz"Rien de tel que la cupidité pour causer la perte d'un homme"

Maître du suspens, de scenarii frissonnants et sordides, Harlan Coben ne faillit pas, une nouvelle fois, à sa vocation: anodine,  une situation peut rapidement virer à l'effroyable, se nimber d'une tension insoutenable.

Inscrite sur un site de rencontres par les soins d'une amie, Kat Donovan, officier de police new-yorkaise croit reconnaître son fiancé, Jeff, qui l'a abandonnée, sans crier gare, dix-huit ans plus tôt. Ses investigations la mènent au coeur de son passé et du mystère de la mort de son propre père. Mais ce n'est pas tout: le réseau de rencontres JustmyType.com semble générer de bien curieuses disparitions..

Scotchés aux modulations vocales de Maud Rudigoz, vous embarquez pour 11h33 d'écoute fébrile, bondissant de cliffhangers aux chapitres suivants - il y en a 44 et  tant de plages, dénouant peu à peu le mystère du passé et d'une arnaque  bien meurtrière...

Saisissant.

Tu me manques, Harlan Coben, thriller traduit de l'anglais par Roxane Azimi, Ed. Belfond noir, mars 2015, 146 pp, Audiolib, mars 2015, texte intégral lu par Maud Rudigoz, mars 2015, 11h33 

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05 05 15

Aistides de Sousa Mendes

Résultat de recherche d'images pour "Le consul salim bachi"C'est sur une figure historique, héroïque, "juste",  injustement oubliée de l'Histoire que se penche le romancier Salim Bachi ([NDLR dont nous avions hautement apprécié, Le dernier été d'un jeune homme, Ed. Flammarion 2013, entrée en l'âme d'Albert Camus) à savoir, celle d'Aristides de Sousa Mendes (1885-1954) consul du Portugal à Bordeaux au début de la guerre 40-45.

"Je l'avais déchirée, jetée dans la fosse d'aisance qu'elle n'aurait jamais dû quitter  cette maudite circulaire n°14 en date du 11  novembre 39, émanation méphitique de Salazar, notre démon."

Pris d'empathie, d'une sympathie frénétique pour la cause juive persécutée par le régime nazi, le diplomate, tamponne,  signe à tour de bras des milliers de passeports, en cette mi-juin 1940 et  faisant fi de la "maudite circulaire" qui le lui nterdit et des pressions de son gouvernement ( dirigé par Salazar) sauve de la sorte quelque 30 à 50.000 Juifs du destin horrible qui les attend.

Juste d'entre les Justes, ce père de 12 enfants ruine sa carrière, sa vie peut-être mais pas sa dignité.

"Je me tenais dans la cuisine de ce grand appartement qui soudain me parut vide, entouré pourtant de  ma famille et de mes amis, je déclarai à  tous, comme si le sens de ma vie en dépendait, je déclarai qu'à partir d'aujourd'hui, en ce 17 juin de l'an de grâce 1940, j'allais enfin obéir à ma conscience."

AE

Le consul, Sallim Bachi, roman, Ed. Gallimard, janvier 2015, 192 pp.

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03 05 15

Quand les ânes de la colline sont devenus barbus

quand-les-anes-de-la-colline-sont-devenus-barbus.jpgLe titre est déroutant, le roman, poignant: saisissante découverte de lecture, de sensations, d'atmosphère.

Inspirée de faits réels, la narration épouse le destin de Jack, enfant de Kaboul, groupie  de Jackie Kennedy, vendeur hors pair d'oeufs en étoiles ...

"Et puis la vie a basculé. La mienne. Celle de Bintou, de Asma, celle de Zahid et de Bilkis. J'allais avoir vingt ans. C'était deux jours avant mon anniversaire."

Famille éclatée, destin bousculé, double et...trouble, le narrateur/héros se voit propulser à Bruxelles, au coeur d'une église, parmi des grévistes de la faim et proposer un contrat, pour le moins,... singulier.

Avec en filigranes, la pratique afghane (mais aussi pakistanaise) des bacha posh -  je ne vous donne à dessein  d'autre précision - le spectre terrifiant de la répression barbue, le récit prend aussi un tour documentaire.

"Le destin prend parfois des formes étranges, se dit Jack. Cet après-midi-là, il avait un visage, un regard et un prénom."

Riche de surprises, d'émotions et  de rebondissements, passant allègrement de la première à la troisième personne, la narration révèle une vraie maîtrise d'écriture pour ce primoromancier encore inconnu au régiment des écrivains. Gageons qu'il n'en restera pas là.

Découvert par la maison d'édition belge  Diagonale, qui a pour vocation de sélectionner " des premiers romans de qualité" John Henry satisfait magistralement cette ambition...

Une lecture conseillée.

Apolline Elter

Quand les ânes de la colline sont devenus barbus, John Henry, roman, Ed. Diagonale, mars 2015, 196 pp

 

Billet de faveur

 

AE : S’il évoque- forcément-  l’atmosphère des merveilleux Cerfs-volants de Kaboul (Kaled Hosseini, 2003- Ed. Belfond, 2007, pour la traduction française), votre roman s’inspire de faits vécus, notamment cette grève de la faim opérée par une trentaine de demandeurs d’asile afghans, fin 2013. Pouvez-vous  nous préciser la genèse de votre écriture, les rencontres qui l’ont motivée :

 

John Henry :  Le roman a été inspiré par un documentaire dont Jack était un des personnages principaux. C’était un documentaire autour des basha posh. Tout est parti de là. C’était le déclencheur. L’histoire avait un début et un personnage principal, à Kaboul. Ensuite j’ai fouillé mon carnet de notes – des notes que je prends sans savoir très bien si je les utiliserai ou comment – et j’ai retrouvé des informations sur le mode de vie des sans-papiers à Bruxelles, sur leur logement, leur travail, la grève de la faim. J’inclus autant que je peux l’histoire dans la vie et aussi dans l’actualité. Ces personnages font partie de la vie, de nos vies, ils partagent le même univers, on partage la même actualité. Ce qui m’inspire et m’intéresse c’est la réalité du monde – un peu comme Laurent Gaudé je suppose. J’ai d’ailleurs une formation de journaliste.

L’Orient m’a toujours fasciné (et me fascine encore plus depuis que je suis marié à une Turque d’Istanbul), les décors, les odeurs, la vie quotidienne, les bruits, les odeurs, les couleurs. Je pense qu’on peut s’asseoir au milieu de la rue, observer et écrire un roman aussitôt. Et j’ai voyagé pour écrire ce roman (mais pas aussi loin à l’Est) : après avoir construit l’ossature du roman en quelques semaines, sur base de toutes ces notes et de toutes les informations du carnet, j’ai écrit le manuscrit en un mois, à Rome, grâce à une bourse, de l’autre côté de la piazza del Popolo, près de la Villa Borghese.

C’est tout cela, je pense, qui a été la genèse de ce roman.

 

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30 04 15

Théâtre d'urgences

Résultat de recherche d'images pour "alors voilà les 1001 vies des urgences"" Les urgences, parfois ont des allures de vaudevillle. Il y manque le placards et l'amant caché dedans."

Interne urgentiste dans un hôpital public du Sud-Ouest de la France, Baptiste Beaulieu voit défiler une vraie comédie humaine de patients ordinaires, singuliers, sympas, attachants, impatients, en accroc ou  fin de vie... 

L'empathie le saisit là où la distance serait de mise et pour donner à une patiente atteinte d'un cancer en stade terminal la force de vivre en attendant son fils, bloqué dans un aéroport de Reykjavík pour cause d'éruption volcanique, il lui raconte, sur le mode le plus souvent comique, les péripéties de son quotidien.

Corps médical démythifié, corps "patiental"... aussi, le récit se fait théâtre d'un quotidien bousculé, contrarié, contrariant, comique... à son corps défendant.  Il vise surtout à rendre  à la relation médecin/ patient ce supplément d'âme, de simple humanité,  si souvent porté aux oubliettes.

Blogueur actif - Alors voilà , son blog éponyme a déjà attiré plus de 5.000.000 de visiteurs et s'est vu décerner le prix Alexandre-Varney en janvier 2013 - Baptiste Beaulieu s'est inspiré de situations réelles , vécues en direct ou par procuration de ses collègues médecins.

La lecture audio-livresque des anecdotes est opérée par notre concitoyen, le comédien Emmanuel Deconninck.

Alors voilà, Les 1001 vies des urgences,  Baptiste Beaulieu, Ed. Fayard, oct.013 - Audiolib, mars 32015, texte intégral lu par Emmanuel Deconinck, 28 plages - durée: 6h44 

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28 04 15

La fratrie du Christ

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Inspiré du manuscrit "Vie de Jude", découvert en 1950, en Egypte (près d'Abydos), le roman de Françoise Chandernagor révèle la fratrie biologique - nombreuse - de Jésus, Christ des Chrétiens, supposé fils unique par une Eglise qui voulait à tout prix maintenir le dogme de la virginité perpétuelle de Marie.

Voilà qui est pour le moins nouveau pour nos yeux de cathos élevés dans la  conviction imposée d'une famille réduite.

" Nous étions cinq frères orphelins, mais un seul était fils unique." 

Narrateur d'un récit riche de Cinq Livres, Jude est le benjamin d'une famille de sept "enfants vivants".  Ses frères aînés se prénomment Jésus, Jacques, José et Simon.

" Mon père, homme juste était un charpentier qui fabriquait des portes, des jougs, des bras de meule et des manches de charrue. Ses voisins le surnommaient Netzer , « le Rejeton », car, malgré la modestie de son état, il était fier de la souche dont il sortait et des nobles ancêtres dont il avait hérité la vigueur. Mais je ne connus ni sa force ni son visage : il mourut peu de jours avant ma naissance ; et je naquis fils de veuve, suçant les larmes du deuil avec le lait."

Adoptant avec brio le parler biblique de l'époque, la romancière donne un tour évangélique au témoignage d'un cadet et à la diaspora familiale qui suit la mort de Jésus. Ce faisant, elle réalise une radioscopie de la Palestine du premier siècle, ses tensions politiques, religieuses, les premiers pas du christianisme et nous livre en un chapitre généreux, étoffé, les sources qui ont alimenté son travail et l' '"atelier" de son écriture.

Un opus colossal

AE

Vie de Jude, frère de Jésus, Françoise Chandernagor, roman, Ed. Albin Michel, avril 2015, 400 pp

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25 04 15

Mortel!!!

Histoires-assassines Des transports amoureux qui rendent bleus leurs agents,  "Un critique littéraire, à Londres, décide d'assassiner un écrivain par jour, pendant un mois.", des rapports d'observation de peuplades amazoniennes primitives et..loufoques, un corps dont les os se dissolvent, des objets qui parlent, témoignent, une femme à la vision rétroactive, les échanges épistolaires de conférenciers et la relation de leurs déboires, ceux d'un écrivain en puissance et velléités,  d'un piéton renversé qui perd toute notion de durée, la télépathie fécondante de Renouvier  et l'innombrable progéniture provoquée, .....sont  quelques  thèmes générateurs  de ces vingt nouvelles quirinyennes, fantastiques,  incongrues,  fulgurances d'imagination, de créativité, vitrines d'une logique cartésienne structurée, poussée à son comble.

Une joie de retrouver la plume, maîtrisée et les sympathiques extravagances de l'auteur des Contes carnivores...

Apolline Elter

Histoires assassines, Bernard Quiriny, recueil de nouvelles, Ed. Rivages, février 2015,240 pp

 Billet de faveur

AE : Votre apparence plutôt classique et réservée cache des trésors « nothombiens » de fantaisie, d’extravagances sous une facture cartésienne, soignée, structurée. Ce sont vos racines belges qui parlent ?

Bernard Quiriny : Possible. La belgitude agit comme un additif chimique dont on ne sait jamais quelle transformations elle provoquera dans le produit. C'est pourquoi certains Belges d'apparence terne sont parfois si fous, derrière leur imperméable gris et leurs lunettes carrées. 

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23 04 15

A la gare comme à la gare

Doigny 3DEcrit pour la sympathique collection des "Romans de gare" (Ed. Luc Pire) qui, par la plume d'écrivains - majeurs - du cru met en vedette de hauts lieux de notre patrimoine culturel, Le trésor d'Hugo Doigny s'attaque avec une jubilation contagieuse au célèbre trésor d'orfèvrerie namurois réalisé par le moine Hugo (du prieuré) d'Oignies.

Pas de doute, son auteur - Eva Kavian - s'est lâchée, allègrement,  qui met en scène un serial killer, serial lover de femmes en détresse, exécutées au moment même où elles se voient demander en mariage.

"Version wallonne de Robert Redford en brun et en plus jeune", Hugo Doignies opère, en saison, des visites touristiques de la Citadelle de Namur, repérant, à raison, les femmes peu satisfaites de leur situation conjugale. Lui-même en connaît un brin qui se remet, peu à peu du départ de Marlène et de "cette blessure sans nom qui avait vidé ses tripes quand il avait découvert [son]désarroi"

Mêlant la logique amoureuse à de sordides détails morbides, Eva Kavian nous offre un sympathique guide touristique de la cité mosane, une série de clins d'yeux (mais oui, les deux) aux autorités locales, tel Régis Delcourt, libraire-conseil passionné,  charismatique,  de la librairie Point-Virgule mais aussi et surtout une lecture récréative, tonique,  loufoque,  diantrement savoureuse.

Apolline Elter

 

Le trésor d'Hugo Doignies, Eva Kavian, thriller, Ed. Luc Pire, coll. " romans de gare", février 2015, 144 pp

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22 04 15

Fatale distraction

La Vérité et autres mensonges, de Sascha Arango, lu par Olivier Cuvellier

"Aucun silence ne ressemble à celui qui naît de l'absence de l'autre. Il n'y a plus rien en lui de familier. C'est un silence hostile et accusateur."

Impudent imposteur, Henry Hayden s'est arrogé la plume de Martha, dont il a fait sa femme, pour écrire les romans qu'il signe de son patronyme...Voilà qui nous rappellerait bien un certain Willy...

Psychopathe de surcroît, HH est aussi un fieffé distrait: il tue par mégarde Martha, tandis qu'il essaie d'attenter à la vie de Betty, sa maîtresse, dont il vient d'apprendre qu'elle est enceinte de ses oeuvres....

Vous l'aurez compris, voici les ingrédients d'un excellent thriller et d'une interrogation métaphysique sur les frontières du mensonge et de la vérité. Doté d'un sens professionnel du suspense, Sascha Arango tient le lecteur en haleine, d'un scénario machiavélique bien ficelé. Pas étonnant que l'ouvrage, traduit de l'allemand, ait obtenu le prix "Point du Polar européen" lors du récent  festival Quais du Polar de Lyon.

L'écoute en audiolivres convient parfaitement à l'intrigue et la lecture qu'en opère Olivier Cuvellier idoine. On peut juste déplorer la longueur un peu excessive des plages qui vous obligent à une station prolongée en voiture et autres lieux d'audition , si votre lecteur ne dispose pas de la fonction" pause."

 Un thriller captivant.

Apolline Elter 

La vérité et autres mensonges,  Sascha Arango, thriller, traduit de l’allemand par Dominique Autrand,  Ed. Albin Michel, février 2015, 332 p, Audiolib, mars 2015, texte intégral lu par Olivier Cuvellier,  durée : 8h31 

 

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