22 11 14

Prix Femina 2014

La saison des prix littéraires a ceci d'heureux qu'elle met l'accent sur des romans dont la lecture pourrait nous échapper tant est grande, infinie, toujours insatisfaite,  la sollicitation éditoriale.  Doté du prix Femina, Bain de Lune de l'écrivain haïtienne Yanick Lahens semble à nos yeux, LA révélation de la cuvée 2014. Un sésame de lecture qui met en lumière la sympathique et éclectique maison d'édition dirigée par Sabine Wespieser.

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Polyphonique, exotique, incantatoire, par moments féérique à la manière d'un conte, le roman décline sa narration en Haïti, patrie de Yanick Lahens, et un vingtième siècle - un rien atemporel - traversé par quatre générations de femmes.

Ecrits en italiques,certains chapitres ont pour voix, déclinante, celle d'une jeune femme mourante, échouée sur la plage, victime expiatoire de faits violents. Ils interrompent, énigmatiques,  le fil de la narration portée par une de ses parentes, membre de la communauté familiale des Lafleur, établie à Ti Pistache, non loin du village d' Anse Bleue.

Tout commence par le coup de foudre qui assaille Tertulien Mésidor tandis qu'il rencontre, au marché de Ti Pistache,  la jeune et ravissante Olmène Lafleur, tout frais jaillie de son adolescence.  Mais Messidor et Lafleur paraissent aussi irréconciliables que les clans Montaigu et Capulet au temps de Roméo & Juliette. Evitant d'emblée l'écueil d'un remake shakespearien, Yanick Lahens explore, avec la perspective de cette liaison, l'âme des protagonistes, les racines familiales, moeurs et croyances qui confèrent au récit une singularité remarquable, fluide, chantante et harmonieuse dans l'authenticité d'une écriture, pétrie d'idiomes et d'une onomastique  savoureuse.

"Une lignée naîtra de cet après-midi brûlant. D'un seigneur que le désir obligeait à plier les genoux et d'une paysanne qui s"ouvrait à un homme pour la première fois."

Une lecture envoûtante, qui enveloppe le lecteur d'une sorte de cocon maternel et bienfaisant.

Bain de Lune, Yanick Lahens, roman, Ed. Sabine Wespieser, sept 2004, 274 pp

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15 11 14

Quand l'écrit se joint au geste...

 Tandis que s'approchent fin d'année et listes de beaux livres à offrir, pointons ce très bel album de photos sportives  - et lesquelles ..- figées dans l'éternité d'exploits fabuleux, de rencontres exceptionnelles,  mises en lumière par la sensibilité d'un passionné de sport, écrivain magistral et généreux, Philippe Delerm.

Difficile de paraphraser des commentaires mais il est tant de photos saisissantes... celle qui unit , de franche complicité, l'athlète noir américain Jesse Owens au blond aryen Luz Long tandis que se déroulent les JO de Berlin (août 1936) et l'irrépressible fureur du Fürhrer.

Celle d'une Nadia Comaneci, déployée en plein salto, sur poutre ensorcelée : " Et malgré tous ses pièges de silence brut, la poutre ne peut rien, vaincue par ce feu follet d'insolence idéale."

La beauté du geste, Philippe Delerm, beau livre, Ed. Seuil, octobre 2014, 152 pages et illustrations.

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12 11 14

L'écrivain de Donzières

 

Invité en résidence d'écrivain à Donzières, une bourgade bourguignonne, le narrateur se promet de savourer  en toute  - et bienvenue - quiétude la bienveillance de Marie et Michel, le couple de libraires, initiateurs de l'invitation,  de leur stagiare, Nadège, de Madame Meunier, l'hôtelière du Grand Monarque... se prêtant avec obligeance aux cocktails, rencontres et ateliers d'écriture programmés à son agenda.

 La réalité le saisit - on pouvait s'y attendre - d'une toute autre ambition : fasciné par la mystérieuse disparition d'un vieil autochtone et la beauté fatale de Dora, compagne du présumé coupable d'homicide , l'écrivain multiplie les mauvaises initiatives, les  faux pas,  semant autour de lui une méfiante croissante.

" J'avais devant moi ce petit public bien campé sur ses chaises fragiles, un doux tribunal tout prêt à m'acquitter, à condition toutefois que je ne bluffe ni ne mente, ils avaient fait la démarche de ressortir de chez eux un soir de pluie et de match, quand même, tout ça pour voir parler un auteur même pas connu, national certes mais pas connu, des bienveillants suffisamment courtois et magnanimes pour me faire la grâce de supposer que j'avais quelque chose à dire. Je me redressai sur ma chaise."

Sorte de polar nimbé de mystère et d'une réflexion nourrie , tantôt amusante, tantôt désabusée, sur le métier d'écrivain et les nombreuses obligations auxquelles il doit se prêter, le roman de Serge Joncour offre un vrai agrément de lecture.

Je vous le recommande.

Apolline Elter

L'écrivain national, Serge Joncour, roman, éd. Flammarion, août 2014, 390 pp

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08 11 14

25 ans déjà..

C'était, il y a 25 ans,  le 9 novembre 1989

Pris au dépourvu d'une annonce dont il découvre le texte lui-même, lors de la conférence de presse qu'il anime,  le camarade Günter Schabowski, porte-parole des autorités est-allemandes va déclencher un mouvement incontrôlé, irrépressible, la chute du mur et à court terme, la réunification des deux Allemagnes.

"C'est ainsi que nous sommes résolus aujourd'hui à adopter une réglementation qui permet à tout citoyen de RDA de quitter le pays en passant par les postes-frontières de la RDA" dit le communiqué. La prise d'effet en sera immédiate, créant panique et liesse, selon les camps.

Analysant jour par jour, les événements de l'automne 1989,  les soubresauts du Rideau de Fer, qui menèrent Egon Krenz  à la soirée fatidique du 9 novembre , les journalistes, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin restituent l'ambiance de l'époque et la satisfaction tacite d'un MiKhaïl Gorbachev et de sa politique d'avant-garde.

La chute du mur, Olivier Guez et Jean-Marc Gonin, essai, Ed Fayard, 2009, Le Livre de Poche, 2011, 348 pp

 A découvrir: l'article que consacre votre magazine L'Eventail-web  à la chute du mur, ses enjeux, assorti d'un bref rappel historique des faits. Il est signé.. qu vous savez

Lien: http://www.eventail.be/art-culture/item/806-la-chute-du-m...

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04 11 14

Aliénor, quand tu nous tiens...

téléchargement.jpg" Aliénor d'Aquitaine a vécu plus de quatre-vingts ans. Ce roman couvre la première partie de sa vie, depuis son mariage avec Louis VII (elle a treize ans jusqu'à son divorce, quinze ans plus tard. J'ai pris le parti de considérer ces quinze années comme celles  de l'ennui, de l'impatience, de la maturation jusqu'à cette reine qu'Aliénor deviendra aux côtés d'Henri Plantagenêt"

Qui mieux que l'auteur peut nous camper le propos, celui d'un roman à deux voix - et même trois vers la fin tandis que Raymond de Poitiers, seigneur d'Antioche prend la parole - celle d'Aliénor, la narratrice et la voix intérieure de  Louis VII qui s'adresse à elle.

Dotée d'un tempérament de feu, de colère, partant de guerre, la jeune Aliénor éprouve d'emblée une sorte de répulsion pour son frais mari, frais monté sur le trône royal : 

"Mon avenir se tient là, pâle et languide dans un écoeurant parfum de menthe. Car la vérité m'apparaît: je vais épouser un moine".

Epris autant qu'effrayé, fasciné par la personnalité de son épouse, le  roi comprend d'emblée qu'il a fini la partie avant même que de la commencer : " On ne marie pas impunément le pouvoir et l'innocence."

Enlevée à ses terres d'Aquitaine et ses chères forêts, la toute jeune fille découvre le Nord, Paris, "Plus grouillante que Bordeaux et Poitiers réunis" , la méfiance voire l'hostilité de certains courtisans. Elle introduit à la cour poésie, chants, musique ainsi que quelques usages de luxe et de liberté.Elle corrompt le Roi dans son rapport à l'Eglise, dans son intégrité même, dans son humanité: "Je hais cet attirail de clémence et de bouche tordue qui usurpe le trône."  La" calamiteuse croisade" de Damas aura raison de leur union: le 21 mars 1152 le couple obtient l'annulation de son mariage pour raison de consanguinité . Aliénor épouse alors , le 18 mai de cette même année, Henri Plantagenêt , à Poitiers .

Une lecture recommandée qui révèle un souffle épique maïtrisé.

Le roi disait que j'étais diable,  Clara Dupont-Monod, roman, Ed. Grasset, août 2014, 240 pp, 18 €

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25 10 14

Suffocant

l-amour-et-les-forets-504078.jpg"Quand, dans dix ans, on évoquera devant moi le printemps 2006, ce ne sera pas comme des accords plaqués sur un harmonium, mais plutôt comme les grandes orgues de Notre-Dame. Le 9 mars 2006, entre treize heures et dix-neuf heures, l'apothéose de ma jeunesse."

Persécutée par un mari pathologiquement possessif, Bénédicte Ombredanne vit avec Christian, rencontré au hasard d'une recherche sur un site de rencontres, une après-midi  en tout point fabuleuse.La réintégration du foyer conjugal n'en est que plus infernale, la pousse à se confier à un écrivain dont la lecture lui fait du bien, un certain...Eric Reinhardt.

Fusionnant les témoignages édifiants de lectrices, victimes de harcèlement conjugal, en un tableau effroyable de torture psychologique, Eric Reinhardt se (con) fond dans la peau d' un narrateur aussi interdit qu'impuissant face à la tragédie intime qu'il découvre lentement. Dans le même temps, il interroge son propre processus d'écriture;

"Si bien que ce roman, je n'en puis plus douter maintenant qu'il est fini, est un peu comme un tombereau monumental, majestueux, en pierre de taille (et magnifique, diront certains) , le tombeau de celui que j'ai été durant deux ans et demi et qui doutait de lui au point d'en mourir."

Une écriture dense, précise au phrasé par moment, incontestablement  proustien.

Il pourrait lui valoir un beau prix de cette fin d'année..

AE 

L'amour et les forêts, Eric Reinhardt, roman, Ed. Gallimard, août 2014, 367 pp 

 

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23 10 14

Déracinement

 

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"(...) ils disent d'où ils viennent, ils ne savent pas où ils vont, ils jouent à être des soldats fringants, mais la chaleur sous la bâche les alourdit et leur impose le silence qui a déjà gagné ceux qui se taisent, ceux qui savent qu'ici n'est pas leur place, pas parmi ces jeunes gens , pas dans l'armée, qu'elle soit française ou non , mais ils ont honte même de le penser, ils rouleront plusieurs heures entre le ciel et les rochers, dans un paysage désolé qui les assigne à leur solitude nouvelle."

Tel est le sort que partage Jacob Melki, jeune Juif de Constantine. Agé de 19 ans, il est enrôlé dans l'armée française, en cet été de 1944 qui suit le débarquement des Américains en Normandie.Enlevé à sa mère Rachel dont il est le dernier, tant aimé  et à une famille écrasée sous le despotisme  d'Haïm, le patriarche, Jacob entend libérer cette France dont il admire la culture.

Fresque lumineuse d'un certain pan de la Libération, du déracinement, du choc des cultures et des attentes avortées, le roman de Valérie Zenatti nous fait vibrer d'empathie, au diapason d'un phrasé harmonieusement cadencé.

Une écriture magistrale.

AE

Jacob, Jacob,  Valérie Zenatti, roman, Ed. de l'Olivier, août 2014, 166 pp

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21 10 14

Insoutenable ?

 

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  Le roman  n'est pas nouveau, il fut publié en 1982 dans sa version thèque originale, en 1984 en français, avec le succès phénoménal qu'on lui connaît.

Ce qui est neuf - et magnifique- c'est la lecture qu'en opère Raphaël Enthoven. Le philosophe, animateur radiophonique, écrivain, .. possède une tessiture vocale chaude, sobre et idoine à la lecture d'un texte qui mêle en une succession infinie de plans, les rapports passionnels, purs, libertins, graves ou frivoles qu'entretiennent Tomas, Tereza, Franz et Sabrina.

Et quand toutes les trahisons sont permises, la vie ne revêt-elle pas une légèreté insoutenable? 

Une façon de revisiter le mythe de Don Juan

AE

L'insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera,  roman, 1982, traduit du tchèque par François Kérel, Gallimard, 1894 nombreuses rééditions - Ecoutez lire, Gallimard, 11 septembre 2014 - 2 CD MP3 - lu par Raphaël Enthoven, 10h30 d'écoute

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18 10 14

Une amitié d'autrefois

 Vienne, 1938

S'il enjoint ses disciples, membres de la Société psychanalytique de Vienne, à fuir les méfaits du nazisme qui déjà fait rage dans la capitale autrichienne, le célèbre psychanalyste répugne à faire de même.

Il est pourtant grand temps: dépêché par les nazis, le "Kommissar" Anton Sauerwald opère une perquisition en son domicile, avec pour ambition marquée de le confondre d'un placement de fonds à l'étranger, délit majeur dans le chef des Juifs.

Pressé par l'amitié que lui porte la Princesse Mathilde Bonaparte, l'une de ses patientes, et les fonds qu'elle met à sa disposition pour lui permettre de gagner la France, accablé des horribles douleurs que suscite son cancer de la mâchoire et ses opérations répétées,  Sigmund Freud redoute par dessus tout que soit révélée au grand jour la raison de la brusque interruption de son amitié avec le docteur Wilhem Fliess et,  partant, le secret enfoui dans l'abondante  correspondance qu'il lui a adressée, primordiale pour la connaissance du génie de la psychanalyse.

"(...) les missives qu'il lui avait adressées ne contenaient pas seulement de longs échanges théoriques par lesquels il construisait son oeuvre et sa méthode, elles cachaient également des secrets. Des révélations intimes, des confidences, des confessions - de celles qu'on ne fait à personne. Même pas à sa femme. Même pas à soi-même."

Si elle habille de fiction les dialogues, l'accès aux pensées intimes de Freud, Eliette Abécassis nous ouvre une percée claire et passionnante sur sa biographie, son entourage et quelques concepts-clefs de ses théorie et pratique psychanalytiques. Elle nous révèle surtout - le point est primordial pour un blog comme le nôtre - la passion épistolaire du grand homme.

Une lecture hautement recommandée

Apolline Elter

Un secret de Freud, Eliette Abécassis, roman, Ed. Flammarion, août 2014, 196 pp, 18 €

Billet de faveur

AE : L’amitié, la relation épistolaire sont au cœur de ce superbe roman.  Un débat, aussi, celui de savoir si la lettre est propriété de celui qui l’écrit ou de celui qui la reçoit.  Quelle est votre position à ce sujet, Eliette Abécassis ? 

Eliette Abécassis : C'est tout le problème. Surtout quand il s'agit d'un homme de la stature de Sigmund Freud, dont les écrits ont marqué l'histoire de l'humanité. Je crois que ses lettres lui appartiennent intimement, et en même temps, elles appartiennent au patrimoine de l'humanité. C'est quelque chose qui lui échappe, comme son génie. Mais ses secrets lui appartiennent. C'est la part romanesque de ce roman.

AE : votre maman, Janine Abécassis, enseigne et professe la psychanalyse.  Quelle part a-t-elle pris dans l’élaboration de ce récit? 

Eliette Abécassis : Une grande part. Elle est à l'origine de ce roman. D'une certaine façon, elle en est aussi la destinataire. Elle m'a beaucoup aidé concernant la documentation. Elle m'a initiée à Freud dès mon plus jeune âge. Elle le connaît intimement, comme s'il était un personnage de la famille. Elle le fait vivre à mes yeux. C'est une grande psychanalyste et une grande psychologue qui m'a beaucoup inspirée pour écrire ce roman et qui m'a captivée depuis toujours par sa passion pour Freud, les enfants et la psychothérapie. En plus d'être une excellente clinicienne, elle est aussi un professeur d'université qui  a marqué ses élèves par la qualité de son enseignement et de ses recherches.Dans ce roman, je lui rends hommage. 

 

 

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16 10 14

Surprenant..

Conférencier et passionné d"histoires curieuses" de la grande Histoire, Daniel-Charles Luytens révèle, au gré d'un essai ponctué de chapitres courts et alertes, le secrets de quelques énigmes liées, principalement à Adolf Hitler, mais aussi à la seconde guerre mondiale, à Mussolini et même à Staline, dont on apprend que des sosies dûment drillés l'ont remplacé lors de certaines manifestations publiques...

Premier amour autrichien du Fûhrer, ses maîtresses, vraies et fausses, ses admiratrices...  confirment le pouvoir hallucinant de séduction du dictateur (rappelez-vous la lecture du premier essai de Diane Ducret, Femmes de dictateurs - Ed. Perrin, 2011) .

Le témoignage de fidèles de Berchesgarten et des derniers moments d'Hitler  en son bunker, l'auto-analyse de sa défaite à laquelle il se serait livré trois mois avant sa mort.. sont tant de chapitres sidérants. Ils mettent à bas certaines légendes dont celle qui voulait que le Führer ne fût pas mort mais simplement enfui: Heinz Linge, son valet, affirme avoir brûlé son corps, ainsi que celui d'Eva Braun, sitôt après leur mort, devant le fameux Fürherbunker.

Les + étonanntes histoires du IIe Reich, D-C Luytens, essai, Ed. La boîte à Pandore, juillet 2014, 246 pp

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