06 06 14

Bon anniversaire, Sire

 

L'anniversaire de notre très cher Roi Albert II nous offre l'occasion de nous (re)plonger dans l'ouvrage que Vincent Leroy consacre à son règne: Le règne d'Albert II, Editions Imprimages, sept.2013, 186 pp, 10 €

Consignant 20 années de règnes, de discours de Nouvel An et d'événements marquants en 200 pages de facture très agréable, le passionné de la monarchie conclut son propos d'un hommage appuyé: "... Albert II était la personne adéquate pour accompagner une Belgique devenue fédérale vers le XXIe siècle, et pour dépoussiérer une monarchie un peu terne et austère sous le règne précédent. [...] Il fut bien plus qu'un "roi de transition" et a réussi pleinement sa mission."

Bon anniversaire, Sire

AE

 

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05 06 14

Amour ... enfin

Achevons de manière..ascensionnelle, une trilogie thématique fortuite - celle de l'Amour -   induite par la séquence des chroniques de la semaine..

Grand conquérant devant l'Eternel, le jeune Bonaparte - alors âgé de 26 ans - accumule les victoires tandis qu'il dirige la campagne d'Italie; il lui manque une conquête et de taille, celle du coeur de Joséphine de Beauharnais, sa toute fraîche épousée.

"Je me réveille plein de toi. Ton portrait et l'enivrante soirée d'hier n'ont point laissé de repos à mes sens.

Douce et incomparable Joséphine, quel effet bizarre faites-vous sur mon coeur! Vous fâchez-vous? Vous vois-je triste? Etes-vous inquiète? Mon âme est brisée de douleur et il n'est point de repos pour votre ami.. Je puise sur vos lèvres, sur votre coeur, une flamme qui me brûle.

En attendant, mio dolce amore, un millier de baisers mais ne m'en donne pas, car ils brûlent mon sang"

Mio dolce amore, Raoul Mille, roman, Ed. Albin Michel, février 2014, 204 pp

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04 06 14

Amour encore...

Les jours se suivent, les chroniques se ressemblent..

D'amour encore il est question ce jour et de sa maladie quand il vire à la folie....

Pour protéger son amie Alice des dangers d'un amour délétère, celui qu'elle éprouve pour le mystérieux Dr Daniel Costes, chirurgien esthétique. Camille se livre dans une enquête périlleuse, passablement déstabilisante: son amie est-elle folle, a-t-elle rêvé un amour purement imaginaire? 

"Que pouvait-il faire?  De quelle façon devait-il se comporter pour éviter le pire? Le Pr Crespin  lui répondit que la seule consigne qu'il pouvait lui donner, la seule règle à suivre, c'était l'absence totale de contact: ne pas répondre, ni aux lettres, ni aux messages ou aux cadeaux, ne donner aucune prise à la maladie."

La maladie d'amour, Nathalie Rheims, roman, Ed. Léo Scheer, janvier 2014, 300 pp

 

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03 06 14

Amour ..toujours

 " Comblée et meurtrie tour à tour par ma vie amoureuse, je continue à m'interroger sur l'amour.. J'ai regardé autour de moi. J'ai tendu l'oreille, j'ai épié les gens, découvert leurs histoires. Je constate qu'on chante l'amour sur tous les tons, mais qu'il demeure pour beaucoup une énigme et un danger redouté"

Amour gourmand, charnel, filial, maternel,  conjugal, amical, virtuel, contrarié, dru, pervers, maternel, narcissique, incestueux, africain ou posthume, ... Macha Méril décrit sans langue de bois, avec la plume alerte et directe qu'on lui connaît trente-trois faces d'un sentiment universel, éternel, souvent controversé, toujours recherché.

AE

L'amour dans tous ses états, Marcha Méril, essai, Ed. Flammarion,  février 2014, 314 pp, 19 €

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01 06 14

Haute volée

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"Tant il tombait d'eau pendant la nuit, les roues des voitures baignaient jusqu'au moyeu dans les flaques, qui avalaient aussi les jarrets des chevaux."

Nouveau roman de ... haute volée pour un auteur cher à notre blog ( Le maître de café, Concerto pour la main morte, Semper Augustus, Pastel, Le fantôme de la Tour Eiffel..) et une incursion dans Paris de ce XIXe siècle qu'il affectionne, dont il pratique la langue -revisitée - les descriptions flaubertiennes - soignées et pimentées d'humour, de tendresse et certaines tournures syntaxiques aux inversions...acrobatiques.

Acrobate fauché, Samson Vaillant peine à nourrir sa famille. Les pluies diluviennes qui arrosent Paris et le chômage forcé qu'elles imposent à la caravane foraine ont raison de leurs dernières rations alimentaires. Il se voit alors contraint d'exécuter, pour vivre, une attraction inouïe: décliner un alphabet de ses membres, depuis un trapèze suspendu à un aérostat.

Si la fortune est bientôt au rendez-vous, l'implacable loi des forains aussi, qui ne supporte la défection.

"C'est sous les yeux du public qu'un artiste naît et vit son existence; "

Un roman saisissant.

 Apolline Elter 

Haut vol, Olivier Bleys, roman, Ed Gallimard, mai 2014, 214 pp

Billet de faveur

AE : Chacun de vos romans, Olivier Bleys, ancrent (et si joliment encrent) un sujet bien précis ; en l’occurrence, l’engouement pour les montgolfières qui sévit en cette fin de XIXe siècle mais aussi l’existence précaire des saltimbanques. Quelle fut, cette fois, votre source documentaire ? 

Olivier Bleys : j’ai toujours été passionné d’aviation et d’aéronefs, terme aujourd’hui vieilli par lequel on désigne les engins « plus lourds que l’air » permettant à l’homme de s’arracher de la surface du sol. Si la vie d’auteur n’était pas si précaire et n’interdisait donc ce genre de fantaisie (car c’est un sport fort onéreux), j’apprendrais sûrement à piloter les avions de tourisme. L’altitude, les nuages, l’azur, les aspects mouvants du ciel… revêtent à mes yeux une poésie inouïe. D’ailleurs, natif de Lyon et fils de montagnard, j’ai besoin de m’élever et d’avoir sur le paysage un point de vue dominant : les cimes fouettées par le vent constituent mon milieu naturel. Haut vol est un hommage à ces rêveries d’enfance. Mais il y aura d’autres livres, d’autres histoires, pour célébrer l’élément subtil où dansent les oiseaux…

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24 05 14

A poin(g)-ter...

Marcel Pagnol, un autre regard

Il décédait le 18 avril 1974. Le père (très) spirituel de Marius, Fanny et de César reste à jamais associé, en nos esprits, aux Provence,accent chantant,  cigales et hyperbole des sensations.

Doctorante en lettres, Karine Hahn a longuement travaillé l'oeuvre de l'écrivain et nous en livre une exégèse thématique et conviviale, intéressante. Ce n'est donc pas une biographie: l'auteur de l'essai ne retient, de la vie de Pagnol, que les éléments utiles à la compréhension de son oeuvre.

" Pagnol alterne élasticité humoristique et tension poétique, dans toute son oeuvre. Sa poésie repose en grande partie sur des images ou des métaphores qui peuvent être regroupées en plusieurs catégories"

 Une peuvre éclectique et une carrière de cinéaste qu'on a tendance à occulter pour ne retenir que la cultissime Partie de cartes ( Marius)  Les magnifiques Château de ma mère et Gloire de mon Père, ... Le regard de Karine Hann en restitue les pans oubliés.

" Pagnol a eu au cinéma une carrière semblable à nulle autre. Il a joui d'une liberté absolue, assumant, on l'a vu, tous les postes de la chaîne de fabrication d'un film, ce qui était sans précédent et ne se renouvellera pour personne, le milieu du cinéma se complexifiant, les coûts de production devenant de plus en plus exorbitants."

Il apparaît surtout  qu"un peu l'héritier de Molière ou de Marivaux", Marcel Pagnol avait une science aiguë de la psychologie humaine et de ses réparties. Alliée à un appétit de vie, de nature - méridionale - , d'écriture - plus élaborée qu'il n'y paraît - et un talent inné de conteur, sa verve reste inégalable.

Passionné d'Histoire, l'écrivain plancha les dernières années de sa vie sur l'énigme du Masque de fer, célèbre prisonnier du donjon de Pignerol , compagnon d'infortune de Nicolas Fouquet. Il en tira la certitude que l'hôte masqué n'était autre qu'un ...jumeau caché de Louis XIV .

Un regard qui donne envie de relire ses "classiques"

 

Apolline Elter

Marcel Pagnol, Un autre regard, Karine Hann, essai, Ed. du Rocher, février 2014, 300 pp, 21 €

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13 05 14

14 ...raisons de l'écouter

 Tandis que foisonnent à souhait les commémorations de l'entrée d'août 1914 en la Grande guerre, je vous conseille vivement l'écoute du court roman de Jean Echenoz, 14 (Ed. de Minuit, oct .2012, 128 pp) édité en version CD auprès d'Audiolib (prix conseillé 18 € - durée 2h30)

Opérée par l'auteur lui-même, la lecture du roman paraît habillée de sa voix, sobre et chaude,  offrant une nouvelle fois à l'imagination une puissance suggestive étonnante.

Mobilisés dès les premiers jours d'août 14, cinq jeunes poilus, Anthime, Charles, son frère aîné, Pardioleau, Bossis et Arcenel partent au front. Le focus est porté sur Anthime, sa découverte progressive des conditions de combat, la section de son bras droit, tranché par un obus, et sa lente réintégration de la société civile.

Descriptions minutieuses, fouillées, poétiques, parfois humoristiques se succèdent, véritable radioscopie des premiers mois des combats La langue est soignée, marquée de l'emploi du passé composé et du futur antérieur qui teintent la relation d'une atmosphère singulière

Apolline Elter 

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10 05 14

Le triple "O"

 

 

" Ce livre raconte le début d'une nouvelle vie. J'ai été un homme d'affaires accompli à qui tout réussissait et un sportif en bonne santé; mais cette vie-là est terminée. Il y a un "point à la ligne" gros comme un saut de page. Fin du "Tome 1". Ma deuxième vie commence" 

Lorsqu'il apprend, à la veille de ses quarante ans, qu'il est atteint de la maladie de Parkinson, Patrick Demoucelle est, dans un premier temps, abattu: pas question de fêter le cap d'une nouvelle décennie grevée d'une maladie réservée normalement aux personnes plus âgées . L'homme d'affaires belge réalise rapidement - soutenu par l'énergie et la confiance quasiment inébranlables de son épouse, Anne-Marie - qu'il doit changer son mode de vie. Radicalement. Trouver coûte que coûte du "positif" , des avantages,  dans le présent de la vie, malgré cette dégradation assortie de souffrances physiques inéluctables. 

Un objectif qu'il atteint par le biais du "triple "O",  trois clefs séquentielles d'affrontement de la réalité: 

- L'objectivité 

- L'ouverture d'esprit 

- L'optimisme

Au constat préalable de la situation , dans sa réalité la plus objective ( constat dénué de déni ou de vaine euphorie) suivra une phase de questionnement  (inquiry) qui permettra d'affiner,  approfondir, voire changer la perspective en fonction de ce que l'entourage, les événements et les différents interlocuteurs peuvent apporter. Ainsi solidifié d'un ancrage et d'une confiance en l'avenir  raisonnable, l'optimisme - réfléchi, cultivé- pourra se  déployer et contribuer réellement à l'amélioration de la situation si ce n'est son remède.

Soucieux de partager cette expérience de mieux-être avec un maximum de personnes en souffrance et détresse, Patrick et Anne-Marie dispensent désormais, notamment en entreprises,  des "coachings" formations à la mentalité positive.

Clair, didactique et assorti de maints propos philosophiques, exemples concrets, exercices pratiques, l'essai remet à l'happy hour les pendules de la confiance en la vie

"Ainsi, sourire et résilience sont mes deux ingrédients pour un optimisme contagieux"

(Anne-Marie) 

Positif, Patrick & Anne-Marie Demoucelle, essai, Ed. Racine, mars 2014, 216 pp

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08 05 14

Savoureuses

9782260021186.jpg" José n'a jamais été aussi présent dans ma vie que depuis que nous ne vivons plus ensemble"

C'est le quotidien d'une jeune Parisienne aussi attachante que bordélique, que décrit Mazarine Pingeot  dans ce savoureux  roman : auteur de livres pour enfants, prof de philo, Joséphine Fayolle vient de se séparer de José,  père de ses adorables bambins, Adrien et Gabriel. 

Elle tente, en vain, de trouver la sérénité, de quoi nouer ses fins de mois et contrer les aléas d'un sort  qui la persécute. En ce comprise la mauvaise foi délétère de son ex-mari, celle du banquier et d'un site de vente de lave-vaisselle "intégrés", ... dépourvus de porte.

Tonique, alerte, pétrie d'auto-dérision, l'écriture de Mazarine Pingeot crée une heureuse surprise. 

Spirituelle, tout simplement.

Les invasions quotidiennes, Mazarine Pingeot, roman, Ed Julliard, mars 2014, 240 p

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03 05 14

Du grand DvC

 

Le principe de Pauline.jpg

Le principe de Pauline, il est tout simple: transformer l'amour que lui portent deux hommes, Maxime De Pleister, un loyal taulard et Quincy Farriol, le narrateur,  romancier un brin "loser", en une amitié virile et sans faille.

Reconnaissons que ce n'est pas donné.

"Décidément, j'étais condamné à n'avoir d'elle que des lettres de rupture sous forme  de déclarations d'amour"

Les situations s'enchaînent, plus improbables les unes que les autres,  en un joyeux imbroglio, tonique, comique,  conduit de main de maître par un Didier van Cauwelaert, en forme souveraine. Usant des différents registres des langues écrite et orale, ce dernier pimente son propos d'une subtile dose d'auto-dérision, d'humour, de tendresse et de métaphores inventives. C'en est jubilatoire

Un lecture vivement recommandée

Apolline Elter

Le principe de Pauline, Didier van Cauwelaert, roman, Ed. Albin Michel, 2 mai 2014, 302 pp

Billet de faveur

AE :   Vous avez doté, Maxime,  l’un des protagonistes, d’un nom bien belge, puisque  « De Pleister « signifie « le sparadrap » en néerlandais ..Outre que Maxime est très …attachant, avez-vous voulu rappeler par ce choix, vos propres origines belges ?

Didier van Cauwelaert : J'aime rappeler aux lecteurs français que l'ébullition extravertie n'est pas que méridionale. Il y a dans ma part belge une bonne dose de surréalisme loufoque mâtiné de loyauté brute de décoffrage (ce courant qui va de Magritte à Poelvoorde en passant par Devos…), et c'est une des clés de ma personnalité. Je suis assez "présent" dans Maxime. C'est un déraciné qui s'attache, un fidèle qui s'accroche, un démesuré qui se met en quatre pour faire votre bonheur malgré vous. Capable du pire au nom du meilleur.

 

AE : Ce premier roman dédicacé que Quincy découvre chez un bouquiniste, vingt ans après les faits,  agit comme une lettre  de retrouvailles.  L’épistolaire semble baliser les moments-clés de ce roman :

Didier van Cauwelaert : Un livre de jeunesse réactualisé par la lettre qui lui sert de marque-page… Je suis hanté par ces moments-clés du passé qui surgissent au présent pour vous redonner la perspective (et l'envie) d'un avenir…

AE :  L’énergie du ver de terre, L’extase du moucheron, La compassion des rats…  les titres des romans et essai de Quincy sont des plus..vendeurs … vous nous gâtez.. :

Didier van Cauwelaert : Il y a chez Quincy une obstination quasi suicidaire qui est encore plus grave que la mienne. C'est un obsédé de l'autoflagellation. Nous avons en commun une lucidité parfois dommageable, mais personnellement je m'arrête à l'auto-dérision.

AE  Clin d’œil à votre propre « Goncourt » de 1994, Quincy prend finalement, un « aller simple » pour Douvres, histoire de débuter une nouvelle vie.   Même s’il représente l’exacte antipode de votre réussite, ce roman regorge d’allusions au processus de l’écriture. Une façon cathartique de vous libérer de la pression qu’exerça peut-être l’attribution de ce prix prestigieux ?

Didier van Cauwelaert : Le Goncourt a été un merveilleux cadeau, et la pression n'est fatale qu'aux personnes mal pressurisées. Je n'ai rien à reprocher aux réussites que mes lecteurs et mes pairs m'ont offertes. En revanche, comme tout le monde, je suis porteur de nombreux échecs intérieurs, et c'est à eux souvent que je donne la parole pour voir comment mes personnages s'en sortent. Les échecs nous en apprennent tellement sur nous… Rester fidèle à soi-même, demeurer têtu, confiant et ouvert aux coups de théâtre que le destin nous ménage, c'est souvent, comme pour Quincy, le meilleur moyen de surnager. Les malheurs nous cernent souvent, mais parfois le bonheur nous rattrape. A condition de ne pas le fuir au nom du principe de précaution - le contraire du Principe de Pauline. Il faut savoir se mettre ponctuellement en danger, pour résister aux terribles effets secondaires de la sécurité passive. Quant à l'écriture, c'est le seul moyeu efficace que j'aie trouvé pour tout à la fois retenir le temps, revenir sur mes pas et me projeter en avant sous d'autres formes Elle est chez moi indissociable de la vie amoureuse. Il est normal qu'on la retrouve au coeur des obsessions de Quincy, pour qui elle est tour à tour remède, poison et antidote.

 

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