26 02 15

Enigma

9782221156193.jpg "Il n'est jamais trop tard pour la vérité. Alan mérite cette reconnaissance posthume"

Retrouvé mort en 1954 dans sa chambre d'hôtel, une pomme - empoisonnée au cyanure- croquée,  laissée à  son chevet, Alan Turing est Le génial inventeur de l'ordinateur. Le logo bien connu d'Apple serait une allusion directe mais non assumée à ce drame.

Il a aussi aidé les services secrets alliés, durant la guerre à décoder les messages secrets allemands, cryptés sous le nom d' Enigma et à déjouer partant les plans de l'ennemi.

Portant ces faits avérés à la rédaction d'un roman futuriste, d'espionnage et de réhabilitation historique, Laurent Alexandre et David Angevin, allient médecine et journalisme d'investigation scientifique pour revisiter le portrait - malmené- du génie des mathématiques, sujet britannique de sa Royale Majesté

Un roman qui se dévore tel un thriller

AE

L'homme qui en savait trop, Laurent Alexandre et David Angevin, roman, Ed. Robert Laffont, janvier 2015, 336 pp

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07 02 15

La vie est un spectacle

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Lever de rideau sur le nouvel Armel Job.

" Ah! que vienne, que vienne le spectacle!"

Une scène magistrale,  je vous l'annonce d'emblée.

Une plongée dans les années 1999-2000, le quotidien de deux bourgades liégeoises, Jalbour et Brul, d'une troupe de théâtre amateur, le Royal Sillon, dirigée pendant plus de vingt ans par un personnage glauque et malfaisant, Arsène Chockier et les viols perpétrés par ce dernier.

"Ce qui nous est arrivé, ce sont les aléas de la vie. De regrettables incidents, j'en conviens. On est tous victimes."

La mise en scène d'une nouvelle pièce - Le Cheval de retour, d'Haakon Ibsen-  et l'intégration d'une famille de Kazachs, Irène, Jakob et leurs deux filles, Olga et Vika Touzenbach seront  le théâtre d'une douloureuse résurgence du passé et du poison que la loi du silence,  les non-dits, ont infiltré dans les relations conjugales. Elle consacre le difficile départ entre la scène et la vie réelle, l'inévitable fusion des acteurs dans leurs rôles et les dérapages qui s'ensuivent.

D'une plume précise, alerte et enjouée, Armel Job sonde, une nouvelle fois, les tréfonds de l'âme des braves gens et ...des autres, les secrets de leurs relations, de leurs méfaits. S'il le fait, sans concessions, il ne peut s’empêcher d'éclairer chacun de ses protagonistes de cette  tendresse caustique qui signe ses écrits.

Le roman d'un conteur - brillant - qui prend tôt l'allure d'un thriller -passionnant - et qui pose une nouvelle fois les jalons de multiples interprétations.... Et la question morale des fausses innocences....

 De regrettables incidents, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, février 2015, 288 pp

Billet de ferveur

 « La vie est un théâtre. A la fin les masques tombent. Mais c’est trop tard. La pièce est finie. »

 AE: C’est sur cette sentence que tombe le rideau du roman.  Nos  relations, nos actes ne seraient finalement que des jeux de rôles ?  Seule la mort en conclurait l’équivoque ?  

Armel Job :La vie est un spectacle. Dès que nous paraissons devant les autres, nous sommes en représentation. Nous devons nous montrer. Nous nous exposons et, donc,  nous nous protégeons. Nous portons un costume, nous nous composons un visage, nous devenons un personnage qui s’exprime conformément au rôle qu’il a choisi. Tous, nous savons qu’il y a une grande différence entre ce que nous sommes, ce que nous voudrions être, ce que nous choisissons que les autres perçoivent de nous et, sans doute, ce qu’ils en perçoivent réellement.

Ce masque que nous portons est à la fois choisi et imposé. Par exemple, dans le roman, Chockier veut se donner les allures d’un intellectuel. Il porte le masque du professeur de philosophie. C’est son choix, sans doute, mais c’est aussi le choix de sa mère. Il n’a pu décevoir les ambitions que sa mère mettait en lui.

À telle enseigne, le théâtre est une expérience très intéressante à la fois pour le comédien et pour le public. Le comédien change de masque quand il monte en scène. Il abandonne le masque qu’il porte dans sa vie ordinaire et en adopte un autre. Dans cet échange, il prend conscience de la fragilité de son masque ordinaire. Par exemple, Olga est obligée dans la vie quotidienne de porter le masque de la sœur dévouée qui veille sur sa petite sœur et, du coup, lui sacrifie sa féminité. Quand elle monte sur la scène, elle porte un autre masque, cynique, séducteur, qui est celui de son personnage dans la pièce, mais dont elle s’aperçoit qu’il lui apporte une vive satisfaction. D’où la question que le comédien peut se poser : qui est-il en définitive ?  De même, le public, surtout dans le contexte du théâtre amateur limité à une petite ville, est tout à coup confronté à la métamorphose d’une personne qu’il connaît dans la vie courante, mais qui brusquement devient une autre personne tout aussi plausible. Alors qui est mon voisin en vérité ?

La vérité n’émerge que lorsque quelqu’un laisse tomber le masque qu’il porte dans la vie. Quand il va mourir, par exemple. Ou, sans aller à cette extrémité, quand le masque à la suite de certains événements devient intolérable. On veut l’arracher, dire la vérité. Une femme victime d’un viol peut porter longtemps un masque derrière lequel elle cache la violence subie. Il peut se produire quelque chose, comme dans la vie de Marianne, qui lui rend ce masque insupportable. Mais il faut encore savoir si les autres accepteront qu’on arrache son masque. Pour eux, c’est peut-être la vérité qui est insupportable. La plupart du temps, ils prient donc les personnes qui s’avisent de retirer leur masque de le remettre au plus vite.

La vie est un spectacle. 

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03 02 15

Optimisme

Comme un chant d'espérance, de Jean Ormesson (d'), lu par Daniel Nicodème

 

A ceux qui lui reprochent de publier son énième dernier ouvrage, de répéter ses propos, Jean d'Ormesson rétorque que tel Mauriac, il ne se voit guère produire autre chose que de l'Ormesson...

« Je chanterai maintenant la beauté de ce monde qui est notre tout fragile, passager, fluctuant et qui est notre seul trésor pour nous autres, pauvres hommes, aveuglés par l’orgueil, condamnés à l’éphémère, emportés dans le temps et dans ce présent éternel qui finira bien, un jour ou l’autre, par s’écrouler à jamais dans le néant de Dieu et dans sa gloire cachée. »

 

Résolument optimiste, admiratif de cet univers dans lequel gravite l'homme dont il préfère imputer l'existence au mystère qu'au hasard, Jean d'Ormesson nous invite à une humilité frappée de gaieté

Un propos abyssal  -  l'écrivain nous emmène aux origines de la Création - et pétillant

A l'image de son auteur

Je vous invite à en écouter la version orale et la lecture qu'en opère le comédien, Daniel Nicodème.  Une lecture idoine dont les intonations évoquent de façon manifeste, celles de l'écrivain.

 

Comme un chant d'espérance, Jean d'Ormesson, roman, Ed. Héloïse d'Ormesson, 2014

Version orale: Audiolib, janvier 2015, lu par Daniel Nicodème, suivi d'un entretien avec l'auteur, 2 h 14.

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29 01 15

Radioscopie d'une vie heureuse

" J'ai été vieux trop tôt, je suis jeune trop tard"

Conçu comme un journal d'événements, de réflexions, miscellanées, mantras-  quelques emportements, quelques grands emballements et toujours, en fond d'écran, un inextinguible goût de la vie, un optimisme farouchement  ancré-  Pourquoi partir? revêt, avec le récent départ de Jacques Chancel, l'allure d'un testament, d'une lettre ouverte.

A nous d'en faire bon usage.

S'il consigne les événements  sportifs - sa passion - politiques, musicaux, .... survenus entre janvier 2011 et juin 2014, le génial animateur de Radioscopie et du Grand Echiquier nous ouvre une fenêtre sur sa famille, Martine, son épouse et ses chers petits-enfants, sa jeunesse et l'écriture de son récit autobiographique, La nuit attendra, basé sur les huit années terribles et marquantes passées en Indochine. Affecté de cécité après avoir sauté sur une mine, Jacques Chancel recouvre la vue quelques mois plus tard. Une nouvelle crise optique viendra le frapper durant l'écriture de son journal qui le privera à nouveau, cinq mois durant,  de lecture. 

" L'Indochine m'avait fait adulte, le XXe siècle me rend enfant."

Radioscopie d'une vie entière - dont le sursis lui est donné  lorsqu'il échappe à la mort, voici plus de soixante ans  - de grandes et fidèles amitiés, celles qui le lient à Bernard Pivot, Philippe Bouvard, Florian Zeller, François Busnel .. mais aussi feux Maurice André, Maurice Genevoix, ..,  de nombreuses  passions,  de l'attachement à sa Bigorre natale, les (menus) propos de Jacques Chancel sont empreints de bienveillance et du feu sacré de l'enthousiasme. 

Une leçon de vie. Celle d'un homme qui savait écouter.

"Mourir ne serait rien s'il n'y avait tant à perdre"

 

Apolline Elter

Pourquoi partir, Jacques Chancel, essai, Ed. Flammarion, novembre 2014, 408 pp

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28 01 15

Sur la route...

 

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Il faut une bonne dose de passion ..et de  témérité pour réaliser le "rêve" américain qui saisit la romancière Pauline Guéna - imprégnée dès l'enfance des lectures de Croc-Blanc, Les raisins de la colère, L'attrape-coeur.... - et le photographe Guillaume Binet.

Armés d'un camping-car et de leur quatre jeunes enfants,  les Français parcourent, un an durant (de mi- 2013 à mi-2014) Le Canada et les Etats-Unis et  rencontrent 26 écrivains en leurs sweet home. Et non des moindres, jugez-en

Gilles Archambault- Margaret Atwood- Russell Banks-John Biguenet- Joseph Boyden-T.C. Boyle-James Lee Burke-Craig Davidson-Patrick deWitt-Jennifer Egan-Richard Ford-James Frey-Ernest J. Gaines-Siri Hustvedt-Laura Kasischke-William Kennedy-Dennis Lehane-Thomas McGuane-Dinaw Mengestu-George Pelecanos-Ron Rash-Joanna Scott-Jane Smiley-David Vann-John Edgar Wideman-Martin Winckler

Des rencontres dont Pauline Guéna consigne les cadres, atmosphères, péripéties  et dialogues - des questions courtes, ciblées qui s'effacent devant leurs interlocuteurs - persuadée que le cadre de vie, le terroir est le terreau d'écriture de ces grands écrivains.

"Je pense lentement, je parle lentement, je vis lentement... c'est parfait pour un romancier" affirme Richard Ford

Une expérience didactique,et unique.

Une magnifique approche du processus d'écriture.

L'Amérique des écrivains. Road trip, Pauline Guéna et Guillaume Binet, Beau livre, Ed. Robert Laffont, novembre 2014, 352 pp

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24 01 15

Oh My Lord

Frédéric Ferney -  

 Avec un titre à la Kipling - contrarié- l'essai de Frédéric Ferney nous offre une incursion flamboyante - quelle plume, quel style - dans l'âme d'un personnage mythique, Winston Churchill himself (1874-1965)  décédé voici tout juste 50 ans, jour même du décès de son propre père, 12 ans auparavant.  

Un père, Lord Randolph,  qui n'a pour lui qu'indifférence, mâtinée de mépris. Ce dernier aurait pu anéantir le jeune Winston - assez cancre et assez laid - il  décuple son ardeur: Winston  n'aura de cesse, toute sa vie, de combattre le spectre de ce père si peu aimant, de se tailler une réputation  - un mythe, celui du "lion victorieux"  - qui ferait rosir de fierté les fantômes les plus exigeants.

" Always savor the thrill"

Doté d'un tempérament  susceptible,  belliqueux, intrépide, déconcertant mais pas au point d'en être cynique, farouchement optimiste, pragmatique,  radicalement patriote - le sang des Marlborough coule en ses artères- Winston va trouver dans l'exercice militaire, en Indes, Afghanistan, Egypte, Afrique du Sud,  durant la Grande Guerre,...  le terrain idoine pour assouvir ses passions, le tremplin de son ambition politique.

" Pour lui, le Mal n'est pas une affaire de morale, c'est un agent actif et un principe éternel qu'il faut se résoudre à combattre s'il menace l'Angleterre, c'est-à-dire l'ordre et la paix mondiale."

Parodoxe de l'Histoire:  Hitler, son meilleur ennemi, participera activement de la construction du mythe "Churchill".

" Hitler détrôna l'ennemi intérieur de Winston. En suscitant une haine exemplaire, il fut un avatar providentiel qui exhaussa son courage et son amoralité souveraine. Hitler lui offrit un rôle, une vocation, un rang dans le tourbillon de l'Histoire;"

Une lecture que je vous recommande instamment

Apolline Elter

"Tu seras un raté, mon fils!", Churchill et son père, Frédéric Ferney, essai, Ed. Albin Michel, janvier 2015, 264 pp

 Billet de faveur

AE: Il y a du Shakespeare - Hamlet en l'occurrence - en Winston Churchill. Le rejet de son père, son tempérament sanguinaire... auraient pu faire de lui un délinquant.  Mais le sang anglais, patriote coulait en ses veines. Ce sont les guerres -  et principalement Hitler -  mais aussi la foi de son épouse Clémentine qui l'ont sauvé de lui-même? 

Frédéric Ferney: Orphelin et roi, c’est tout un !... Enfant, Churchill n’a cessé de vouloir conquérir l’affection d’un père, Lord Randolph, qui non seulement n’a pas su l’aimer mais n’a cessé de le repousser et de l’humilier. Et si sa vaillance au combat, ses bravades, qui ont été le mirage de sa jeunesse – en Afghanistan, en Haute Egypte, en Afrique du Sud – ne traduisaient que le souci de briller aux yeux d’un père longtemps aveugle et disparu prématurément ? En tous cas, pas de musique plus douce à ses oreilles que le fracas d’une charge de lanciers et le sifflement des balles de l’ennemi ! La guerre, c’est aussi une façon de tenir en laisse son démon, le Chien Noir, la malédiction ancestrale des Marlborough, ces crises de dépression, ces pannes de la volonté aggravées par l’alcool, qui parfois l’accablent. L’inaction, l’ennui, c’est sa hantise. En suscitant une haine exemplaire, Hitler a été le remède qu’il n’attendait pas et que l’Histoire lui a offert. Si la Seconde Guerre mondiale n’avait pas éclaté, Churchill n’aurait été, peut-être, devant le jugement de la postérité qu’un raté mondain comme le lui prédisait son père ! Il a puisé dans la guerre une énergie, et même une forme de bonheur, une vérité, qu’il n’a jamais trouvées ailleurs. Quant à Clémentine, sa femme, Winston n’a jamais déposé les armes que devant elle. Winston a toujours cru en son étoile mais sans elle, il serait mort de froid…

 

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23 01 15

Entrées en matière

" Stendhal se dévoile autant par ses goûts que ses dégoûts"

C'est sous le couvert de la table, de ses voyages et d'une vie dont Henri Beyle - as Stendhal - voulait croquer la beauté que Gonzague Saint Bris nous dresse le portrait alerte, vivant, hautement savoureux du célèbre auteur du Rouge et du Noir (1830), de La Chartreuse de Parme (1839) et de l'inachevé Lucien Leeuwen. 

Il s'est adjoint, en cette allègre entreprise, la complicité de Jean-Claude Ribaut, critique gastronomique et de Guy Savoy, le célèbre chef, issu du terroir natal de Stendhal, le Dauphiné. 

" Quel volupté gourmande d'être là quand il a interprété, restitué, réinventé et réenchanté les recettes de Stendhal , (...)"

Né à Grenoble, le 23 janvier 1783 - il aurait aujourd'hui, tout juste 232 ans - Henri Beyle perd tôt une Maman passionnément aimée. Il en recherchera la  trace parmi ses multiples conquêtes.  Des conquêtes militaires également que le jeune officier entreprend dans l'armée napoléonienne et qui le mènent à Berlin, Brunswick, en Russie....  et lui permettent d'incarner une bravoure exemplaire.

Féru de musique et d'Italie - les concepts sont liés - l'écrivain ne signera son premier roman, Armance, qu'à 44 ans.

Plus épris de la sociabilité qu'offre la table que du contenu de l'assiette , Stendhal semble vouer une prédilection aux épinards ... et auxpommes de terre frites qu'il découvre à Brunswick.

Distribuant quarante recettes inédites en "Entrées en matière", "Avant goûts", "Au coeur de l'action" et "Epilogues savoureux." , Guy Savoy décline un art multi-étoilé au firmament de la Littérature.

Apolline Elter

Le goût de Stendhal, Gonzague Saint-Bris et Guy Savoy, beau livre, éd. Télémaque, nov. 2014, 178 pp

22 01 15

Vous avez dit "étrange"...

.. et autres histoires incroyables, vraies et inexpliquées

 " Louis XIV possédait une très belle pendule qui fonctionnait à merveille.

Lorsque le roi mourut, le 1er septembre 1715 à 7 h 45, elle s'arrêta net. Et personne ne réussit jamais à la remettre en marche."

Vous l'aurez compris, Marc Pasteger, nous offre, dans ce petit recueil aussi noir que sympathique, une bonne cinquantaine d'anecdotes étranges, voire inquiétantes et macabres... qui feront frissonner ce janvier finissant..

" A Riyad, à la fin des années 80, un homme a été enterré vivant par erreur. Son cauchemar a duré vingt-sept heures! Après quoi, ses cris, même étouffés, ont fini par être perçus par des paysans des alentours. Ravi de sa délivrance, le garçon est rentré chez lui. Il a frappé à la porte. Sa mère et sa soeur ont ouvert et, sous le choc, ont été victimes d'une crise cardiaque. Elles en sont mortes..."

Le cadavre qui portait son cercueil .. et autres histoires incroyables, vraies et inexpliquées, Marc Pasteger, recueil, Ed. La Boîte à Pandore, 2014, 128 pp

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21 01 15

Une nouvelle Comédie humaine

Chucho a poussé comme un épi. Long et maigre. Un mètre soixante-neuf, et chaque jour un peu plus. Mais encore une voix d'alouette. Parfois brisée par la mue"

C'est au coeur de la célèbre métropole catalane - où il réside - que notre compatriote Grégoire Polet situe l'action de son sixième roman et le focus sur les destins croisés de quelque vingt personnages saisis dans des présents souvent chaotiques, tout simplement, en devenir.

Les lecteurs retrouveront Chucho, la Dumbre, Hans Reiter - bourrelé de remords - le Docteur Chandeblez et son inévitable Annabelle, dignes représentants de cette Comédie humaine dont l'écrivain sonde les âmes et les interactions.

Avec, en filigranes, un portrait historique, urbanistique, socio-politique d''une ville merveilleusement fasicnante. Celle qui vit naître le fabuleux Gaudi.

"Au Moyen Age, heure de gloire où, en Méditerranée, Barcelone valait Gênes, valait Pise et valait Venise, existait hors les murs, à quelque trois cents mètres du rempart, le plus grand et le plus charitable des hôpitaux de l'époque."

Barcvelona!, Grégoire Polet, roman, Ed. Gallimard, janvier 2015, 476 pp

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17 01 15

Et nous quand c'est vous...

J'aimais mieux quand c'était toi, de Véronique Olmi, lu par Véronique Olmi 

 

 Véronique Olmi nous a habitués à la polysémie de ses titres, à leurs interprétations graduelles, luminosité progressive. Son nouvel opus nous offre un texte riche, dense, particulièrement propice à une lecture orale: l'auteurE ne s'y trompe pas, qui prête sa voix et une diction sobre et rodée au récit de la narratrice, Nelly, comédienne comme elle, à peine relevée d'une histoire d'amour passionnelle.

 Tandis qu'elle entre en scène, mater dolorosa  des Six personnages en quête d'auteur (Luigi Pirandello), Nelly Bauchard, aperçoit, Paul, son ex-amant, au centre du cinquième rang... 

"Il me semble entrer lentement sous l'eau, dans un espace transparent et sans dimension. L'homme qui ne s'est pas retourné est celui qui m'a fait perdre, non pas la tête, non pas la raison, ni le sens commun. Mais la ligne même de ma vie.

L'homme que j'ai quitté,  rayé, enterré.

Est là.

Dans les répliques des acteurs et leurs silences, dans chaque respiration. Cette ingérence."

 Tsunamisée par la résurgence d'un amour enfoui, Nelly puise dans sa fragilité même la ligne d'un possible retour à la vie...

A lire mais surtout... à écouter

Apolline Elter

 J'aimais mieux quand c'était toi, Véronique Olmi, roman, Ed. Albin Michel, janvier 2015, 140 pp - version orale Audiolib - janvier 2015 - texte intégral lu par l'auteur - Durée: * 

 

Billet de faveur

 

AE :  Le texte semble prédestiné à une lecture orale – en aviez-vous conscience lors de son écriture ?  Est-il aisé pour un auteur de lire son propre texte ?

Véronique Olmi :  Il  était presque de l'ordre de l'évidence pour moi de lire ce texte. La narration à la première personne, le fait que l'héroïne s'adresse elle-même à quelqu'un, qu'elle soit actrice et qu'elle déroule un drame... Comment ne pas avoir envie de lui prêter ma voix, puisque lorsque j'écris, j'écris à l'oreille. Pour le rythme. La scansion. Qui accompagnent et disent l'état intérieur du personnage. J'ai lu le texte comme un aveu. Et j'ai aimé ça...

 

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