16 10 16

Pèlerinage

téléchargement.jpg

 " Son père est mort il y a cinquante ans jour pour jour, le 1er juillet 1962. Elle a voulu ce pèlerinage dans le théâtre de la maladie, et aussi du plus grand amour; mais du sanatorium d'Aincourt, il ne reste rien."

D'emblée, tout est dit: Mathilde Blanc revient sur les traces de son enfance et des séjours de ses parents dans un sanatorium du Val-d'Oise, aujourd'hui désaffecté.

" (...) et tandis qu'elle s'éloigne, rejoint à petits pas le pavillon (...), je voudrais dire son histoire d'amour déchirante, singulière, aux confins de la maladie et du plus grand amour."

 Amour filial - la petite Mathilde est subjuguée par le charisme de son père, Paul, frustrée par son manque d'attention   - amour conjugal qui unit le couple de ses parents jusqu'en  sa maladie conjointe, le roman est hommage du temps. Du temps  qui passe mais n'efface les blessures enfantines: l'annonce de la maladie paternelle, ses noms barbares, "pleurésie", "bacille de Koch",... la mise en quarantaine de la famille et sa paupérisation corollaire, le placement en famille d'accueil, ... sont tant d'obstacles au bonheur simple et joyeux que Mathilde a connu dans sa prime enfance, du temps où "Paulot"ravissait les clients de son café, "Le Balto" du jeu de son harmonica Honhner.

Les  souvenirs, les scènes s'enchaînent soutenus d'une écriture de belle et musicale facture.

Une lecture d'atmosphère recommandée

Apolline Elter

 Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, roman, Actes Sud, août 2016, 268 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 10 16

Un épicier épicurien

téléchargement (20).jpg " Si elle regarde en elle, c'est le grand n'importe quoi, le désordre complet, une chambre magmatique."

Star, riche, fiancée au multi-titré Alfonso de Talavera de Santa Cristina de Arjona, Grand d'Espagne, Cécile Renan a tout pour être heureuse, selon l'expression consacrée.

Vous devinez d'emblée la faille: elle ne l'est pas.

Pourquoi? 

Quelques pertes de mémoire viennent perturber le quotidien de son existence parisienne,  quelque malaise aussi.... Dépêché par le Samu, un médecin iranien débarque chez elle, mais quand Cécile se réveille, le lendemain, elle n'est plus sûre de la réalité des faits...

Qu'à cela ne tienne, elle décide de le retrouver et va quérir l'aide de Kamal, philanthrope épicier iranien. Las  pas de trace du médecin

Qu'à cela ne tienne, Kamal s'en va trouver Arash et le charge d'ingurgiter séance tenante La médecine pour les nuls.

Loufoque, passablement incongru, cet aimable conte urbain - un peu trop long, un peu trop bavard à mon sens -  confronte les mentalités parisienne et iranienne, en ce compris que les Persans ont peut-être un accès original au bonheur...

C'est tout celui qu'on souhaite au lecteur

Les simples prétextes du bonheur, Nahal Tajadod, roman, Ed. JC Lattès, août 2016, 400 pp 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 10 16

Transportant

téléchargement.jpg Le cheval hennit, s'arrête, il s'impatiente. Il est nerveux, mais Sibylle le pousse à continuer. Il faut continuer, continue, continue, lui murmure-t-elle, comme si elle avait trouvé en elle assez de force pour en donner aux autres, (...)"

Sibylle est quadragénaire, divorcée, velléitaire. Elle est largement passée à côté de ses desseins, ceux de son destin et élève plutôt mal Samuel, un ado, en perte de repères, lui aussi. Ce dernier commet une bêtise et  Sibylle comprend l'urgence de se ressaisir, de reprendre les rênes d'une vie qui périclite, d'un dialogue avec son fils, largement passé à la trappe. 

 Elle l'emmène partant, au Kirghizistan, chevaucher montures, plaines et montagnes - au mépris des dangers - et  regagner ces repères, lacunaires pour tous deux. Car c'est de quête identitaire qu'il agit: Sibylle et Samuel doivent d'abord résoudre leur propre rapport à eux-mêmes avant de pouvoir nouer une (nouvelle) relation. Il en va d'un rite conjoint d'initiation.

Porté par une plume sobre, subtile et factuelle,  le récit est .. transportant. Facteur d'un nouvel élan de vie.

Apolline Elter

 Continuer,  Laurent Mauvignier, roman, Ed.de Minuit, août 2016 ,  240 pp

[NDLR: Merci à Françoise Lalande, qui lors de l'anti-rentrée littéraire du 15 septembre, au Cercle Chapel - compte rendu sur ce blog - recommanda chaleureusement cette belle lecture ]

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

11 10 16

Le Reg-Art d'Emile Verhaeren

Ouvrage expo Tournai.jpg

 J'évoquai mardi passé, à votre intention,  l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Tournai, consacrée à Emile Verhaeren. Penchons-nous, ce jour, sur le très bel ouvrage qui l'accompagne, la soutient, la révèle.

"Tout Verhaeren est dans la tension au coeur des contrastes de la lumière" affirme Marc Quaghebeur, Directeur des Archives et Musée de la Littérature, Commissaire de l'exposition. 

Centrée sur la nature "consubstantielle" de la peinture dans  l'univers et donc l'oeuvre littéraire du célèbre poète, l'exposition fait part belle à la "perception charnelle du monde" à  la lumière scaldienne, particulière et différente de sa consoeur méditerranéenne, qui traduit le regard de Verhaeren, l'expression de son art, de son être.

Illustré de belles reproductions de portraits, tableaux, sculptures, .. issus pour bon nombre des collections du Musée des Beaux-Arts de Tournai, l'ouvrage déploie poèmes , extraits d'oeuvres littéraires et de correspondances de l'écrivain, en une multitude de registres, qui vont du tendre, amical,  flamboyant, à celui tumultueux, farouchement patriote de la guerre.

" Fruit d'un travail scientifique mené depuis des décennies par les Archives du Musée de la Littérature, ce livre n'entend pas accabler le lecteur de références mais l'amener à entrer de plain-pied, et dans la Joie, au coeur d'une Oeuvre-Vie qui fut celle du dialogue des Arts et des Mots."

Apolline Elter

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai - Archives et Musée de la Littérature, Bruxelles, septembre 2016, 148 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Arts, Expositions | Commentaires (0) |  Facebook | |

08 10 16

Romain, François,Osman, Marion, et les leurs..

L'insouciance.docx.jpg

 

 

S'il est un titre qui ne laisse présager le contenu, c'est bien celui du dixième roman de Karine Tuil.

Faut-il comprendre que l'insouciance, cette "forme de légèreté", ce produit de l'enfance, se désintègre sitôt que l'identité est mise à mal?

Puissante, forte et dense, malgré ses 528 pages, cette fiction si réaliste, si réelle évoque, à travers le destin des trois protagonistes, Romain Roller, François Vély et  Osman Diboula, trois hommes que tout sépare - âge, race, milieu social et religion -  l'effroyable perte des repères identitaires.

 Revenu de  "l'enfer afghan" - le mot est faible tant est dantesque la description de la barbarie qui régit le conflit afghan, Romain Roller ne parvient pas à réintégrer sa vie de famille, les retrouvailles avec Agnès, son épouse et leur tout jeune Tommy.  A la culpabilité d'avoir laissé périr ses hommes, ses amis s'ajoute une paranoïa du danger imminent, des angoisses qui le mènent, un temps à un internement psychiatrique. Seule pourrait le sauver, la liaison passionnelle qu'il entreprend  avec Marion Decker, une journaliste, écrivain, lors du séjour de décompression organisé pour les combattants dans un hôtel étoile de Chypre.

 De son côté Marion Decker a saisi d'une même attraction fatale François Vély,  puissant homme d'affaires, cynique, arrogant, imbu de  son éducation, sa toute-puissance et d'une fortune colossale.  Une passion qui va provoquer le suicide, par défenestration, de son épouse, l'éclatement de sa famille et, bientôt, de tout son édifice de vie.

 "Il était né comme ça, éduqué dans le camp des privilégiés, un camp où l'échec n'était pas une option possible. Ce qui avait longtemps déjoué les codes sociaux', c'était la prégnance du désir; sans ce magnétisme érotique, il ne l'aurait même pas regardée, allons, une fille issue d'un  milieu simple,  une fille qui n'était pas formatée comme lui, qui n'avait pas fréquenté les mêmes écoles, foulé les mêmes impasses préservées, une de celles qui exhibaient une franchise décomplexée, l'impulsivité des gens que l'éducation n'a pas corsetés, (...)

 Quant à Osman,  emblème de l'intégration raciale réussie au sein de l'Elysée, il va connaître le déchantement  de la subite perte des faveurs présidentielles, le désert socio-professionnel et conjugal corollaire.

 Analyse socio-politique corrosive, le roman décrit, avec une rare acuité - on peut compter sur Karine Tuil - les méfaits de la vassalité, version XXIe siècle, dans la sphère de la vie privée, de l'âme, de  l'identité .

 Un roman fort. Très fort.

 Apolline Elter

 L'insouciance, Karine Tuil, roman, Ed. Gallimard, août 2016, 528 pp

 

Billet de faveur

AE : Au premier plan de la fiction trois personnages, Romain, François et Osman voient leurs couples exploser et leurs repères identitaires se briser. Se dégage peu à  peu  un être empreint d’humanité, de bienveillance et de sagesse : Paul Vély, le père de François. Il a pourtant lui aussi connu l’enfer, celui de l’univers concentrationnaire :

Karine Tuil : Paul vely incarne la figure du "sage", il a de l'expérience, une certaine distance critique. C'est un ancien résistant, un juif qui a échoué à se réinventer. Il n'y a chez lui, aucun ressentiment, il a cette confiance et cette constance qui lui permettent d'affronter les épreuves de la vie. Sans doute l'un de mes personnages préférés car il a une densité psychologique et un destin romanesque particuliers....  

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

06 10 16

Roman d'amour, vous dites?

jauffret.jpg

" Je vous crois folle. Quitter mon fils ne peut être le fait d'une personne jouissant de toutes ses facultés."

Noémie vient de quitter Geoffrey - je n'ai pas dit "Jauffret" -  son compagnon, "d'autant plus odieux qu'il est architecte",  de trente ans son aîné. Elle entreprend avec Jeanne, mère de Geoffrey, une correspondance au goût étrange, corrosive et cruelle à souhait. 

" Cette lettre ne vous est pas vraiment destinée. Son écriture fut pour moi une simple excursion dans la haine de vous, une occasion de purger ma vésicule d'un peu de sa bile."

Jeanne, on le voit, n'est pas en reste, qui va bientôt changer de cap, pour ourdir avec Noémie le plan d'une vengeance...cannibale à l'égard de son fils.

D'une facture épistolaire, inventive  et corrosive, le roman a tout pour plaire à votre chroniqueuse préférée. Sauf qu'elle s'est perdue dans les méandres d'une logique affective pour le moins décousue. Propos mielleux et fielleux s'enchaînent en un tempo aussi allègre que déconcertant. La prétérition règne en maître :  " Je ne t'écris plus, je n t'écris pas. Cette lettre n'est pas une lettre, c'est une déposition." 

Il paraît que c'est un roman d'amour...

Cannibales, Régis Jauffret, roman, Ed. Seuil, août 2016, 188 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 10 16

Une voix, une conscience

2966883058.jpg

Figure mythique d'Egypte -   Piaf et Callas réunies ; bien qu'elle s'en défendit- la célèbre cantatrice Oum Kalsoum (1898-1975)  était adulée tant des grands que du peuple.

Fille cadette de l'imam Ibrahim et de sa femme Fatima, " Thuma"  doit son instruction au pouvoir de conviction maternel. Fatima croit en elle, économise les piastres nécessaires à son éducation et entraînement d'une voix tôt remarquée dans les cercles alentour.  C'est ainsi que vêtue en garçon, Oum se voit proposer des leçons par Aboul Ala Mohammed, "le cheikh le plus célèbre de l'époque". L'occasion pour la jeune fille - elle a près de 19 ans - de quitter son village de Tmaë pour découvrir Le Caire, ses fastes et revers, se lier d'une amitié à vie avec le poète Rami.

La voix d'Oum est aussi une conscience. Ambassadrice de cette Egypte qu'elle aime, elle en épouse le destin,  les turbulences et régimes successifs.  Partout où elle se produit, les foules se déchaînent, l'adulation s'exprime, la légende s'impose pour l'éternité.

Rééditée après une première parution en 1985, dix ans après le décès de la cantatrice, la biographie s'assortit du texte traduit de célèbres chansons et du relevé de sa discographie.

Oum Kalsoum, l'étoile de l'Orient, Ysabel Saïah- Baudis, biographie, Ed. du Rocher, sept. 2016 (réédition) 350 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 10 16

Que me chantait ma nounou...

A19667.jpg

Avec un titre qui ne laisse rien présager de son contenu - ne vous laissez bercer, berner, par son velouté - Leïla Slimani signe un roman fort, très fort, ...décapant, de la rentrée littéraire.

 Un deuxième roman, du reste, après la parution remarquée en 2014 du Jardin de L'Ogre (Ed. Gallimard) qui avait valu à l'auteur franco-marocaine l'attribution convoitée du Prix littéraire de la Mamounia 2015.

Venons-en au fait, au portrait sidérant de Louise, nounou hors pair, engagée par Myriam et Paul pour garder Mila et Adam leurs tout jeunes enfants. Sa candidature est appuyée de solides références:

" Louise? Quelle chance vous avez d'être tombée sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ca a été un vrai crève-coeur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l'époque, j'ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder."

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes - parisiens - Myriam va pouvoir revêtir sa robe d'avocat, Paul se consacrer intensément à son job. Chaque soir, à leur retour, ils trouvent l'appartement frais et rangé, les enfants baignés, apaisés, souriants, le repas, prêt.. Louise est un vrai cordon bleu.

Au point que très rapidement, ils ne peuvent plus se passer de sa compagnie, de ses initiatives bienvenues..

"L'appartement silencieux est tout entier sous son joug comme un ennemi qui aurait demandé grâce."

Envoûté par le tableau idyllique d'une organisation domestique sans faille, le lecteur se fait Myriam, se fait Paul, s'englue dans l'oppression larvée d'une menace croissante, indicible, insoutenable..

Il y a du Delphine de Vigan dans l'air ....

Un air dont l'oxygène se fait rare, la gêne, grandissante.

Dotée d'une plume-scalpel, précise, magistrale, Leïla Slimani dresse le portrait clinique d'une pathologie de la solitude, de la pauvreté, abandon, d'un complexe social qui ne parvient à s'exprimer,  d'une névrose de la perfection qui va virer au drame, au rythme de chapitre courts, si bien conduits que le lecteur se laisse prendre aux rêts d'une lecture addictive .. dont il ne sortira indemne

 Apolline Elter

Chanson douce, Leïla Slimani, roman, Ed. Gallimard, août 2016, 228 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

29 09 16

Radioscopie d'une rupture

9782709650526-001-X.jpeg" J'aimais assez Adrian pour accepter de tomber avec lui s'il avait dû un jour tomber. Je n'ai jamais pensé qu'il puisse être à l'origine de ma noyade."

Etre quitté (e)  pour un/une autre relève, hélas, de la banalité. La narratrice en fait la douloureuse constatation lorsque Adrian met fin à une relation de huit ans, qu'elle réalise que tous les êtres quittés, hommes, femmes, traversent une même séquence  d'états, de sentiments: abattement, colère, haine, envie de meurtre (symbolique) , de reconquête...

Encore Adrian rompt-il  finement - croit-il - avec franchise et tact ...il promet de rester soutien, ami. Ce qui n'est pas le cas de sa nouvelle amie, cette Autre qui, jubile de son statut, l'étale sans vergogne sur les réseaux sociaux. 

" L'amour est ce qu'il y a de plus incertain, sublime dans son envol, hideux quand il se brise sans prévenir."

Fascinée par sa rivale, son ennemie, la narratrice s'englue dans un processus destructif, qu'elle ne peut s'empêcher de relier aux attentats qui ont endeuillé Paris, en ce début de janvier 2015.

Et cette main qu'elle ne peut renoncer à tendre à Adrian, elle la tend pareillement à ses semblables, offrant à leur désarroi , la solidarité d'une solitude .. partagée.

AE

Beaux rivages, Nina Bouraoui, roman, Ed. JC Lattès, août 2016,  252 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

28 09 16

David Foenkinos, côté planches

9782081387881_cm.jpg

Nous connaissons - et apprécions ô combien - David Foenkinos sous son jour de romancier et même de biographe, rappelons-nous le poignant récit de vie, de mort de Charlotte Salomon (Ed. Gallimard , 2014) , nous le découvrons sous celui de dramaturge. La surprise en est savoureuse...

La pièce a pour décor une chambre de maternité, son anti-chambre et le couloir attenant. Nathalie vient d'accoucher de Jason, premier garçon du couple qui compte deux fillettes.  Pierre, le père, est aussi fou de joie que d'angoisse, à l'idée de la compétition qui ne manquera pas de s'installer,  plus tard, sur terrain de tennis.

Débarquent Michel et Sophie, sa petite amie, qui agitent leurs pieds dans le plat d'un couple qui se fissure inexorablement.... Vérités assénées, moral assommé, Pierre voit s'effriter le bonheur bourgeois que sa maigre imagination avait construit: la possession d'un pavillon, d'une belle famille et d'un tuyau d'arrosage des plus fonctionnel, "apothéose d'une vie réussie"

L'enchaînement des scènes et des révélations se réalise sur le rythme tonique, cocasse du vaudeville, abritant, sous un humour décapant - du Foenkinos à 100 % - des questions existentielles qui méritent réflexion....

Mise en scène par Anne Bourgeois, la pièce a été créée,  au Théâtre Hébertot, le 14 mai, jouée en première partie de la cérémonie des Molières 2016, aux Folies Bergères, l e16 mai  et diffusée en direct sur les ondes de Culture Box. Je vous invite à podcaster le lien: http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/theatre/coups-de...,  valide jusqu'au 24 novembre et à savourer 1h19 de représentation délirante

Excellente interprétation de Constance Dollé (Nathalie), Davy Sardou (Pierre) , Arié Elmaleh (Michel), Marie-Julie Baup (Sophie) et de Dounia Coesens qui campe Juliette, infirmière pédiatrique des plus sexy.

La scénographie est mûrement étudiée qui,  d'un jeu de transparence, permet de visualiser un jeu continu en chambre,  quand le couloir devient la scène principale. 

Le plus beau jour, David Foenkinos, théâtre, éditions Flammarion, mai 2016

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Théâtre | Commentaires (0) |  Facebook | |