22 11 13

Vivre était une longue route

 

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"...je suis un homme qui finit 

de vivre de mourir je marche

dans ma ville 

avant le passage

vivre était une fatigue

une douceur un éreintement

vivre était une longue route

mon corps brûlé

mon or répandu

j'ai tant crié contre le vide

je me suis tant cogné aux apparences

(...)  mon amour mon âme dévêtue

le temps est venu de te porter."

Louis est arrivé en fin de vie. Hospitalisé,  il confesse à Mary l'océan infini de ses amours,  émotions, souvenirs,.. en un texte continu, onirique, soutenu d'un rythme  mélodieux, ondoyant, telles des vagues qui fluent, refluent,  l'invitant doucement à effectuer le passage vers la rive inconnue.

Une oeuvre poétique.

Une oeuvre qui façonne la langue, l'illumine et l'embarque en un poignant, dense et  dernier voyage... initiatique.

Apolline Elter

Avant le passage, François Emmanuel, monologue poétique,  Ed. Actes Sud, oct., 86 pp, 12.8 €

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19 11 13

La vilaine soeur

 

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Assurément un roman marquant de la rentrée littéraire: féerique, onirique, saugrenue, sensuelle, décalée,  belle, la plume ovaldienne virevolte, au gré d'une concordance temporelle variable, d'un tâtonnement narratif et  d'une ingénuité volontairement entretenue..

 " (J'ai abandonné le projet d'écrire l'histoire de Maria Cristina Väätonen comme s'il s'était agi d'une biographie, d'une notice, ou d'un document bourré de références impératives et de notes de bas de page. J'ai décidé de faire avec l'approximation. J'ai décidé de faire avec ce que je sais d'elle. Et avec ce qu'on m'a dit d'elle. Je ne suis peut-être pas la personne la plus à même d'aller au bout de cette entreprise."

Ecrivain consacrée par la publication, en 1978, d'un roman d'inspiration autobiographique, La vilaine soeur, Maria Cristina Väätonen est rappelée à Lapérouse, son village canadien natal, pour adopter son neveu Peleete, abandonné par sa soeur aînée. Cette dernière avait eu jadis la  "tête cassée" par un accident en forêt dont Maria Cristina s'estime responsable.

Résistant à cette maternité imposée , Maria Cristina s'offre, par voie de narration, un retour sur sa prime jeunesse, son avènement à la publication, la relation ambigue et sensuelle qui la lia au célèbre écrivain déchu, Rafael Claramunt.

Gracieuse, analytique, bavarde, attachante, pimentée d'humour,  l'intrigue se meut  en une ambiance impressionniste , une veine  d'écriture élégante qui évoque celle d'Alice Ferney .

 "... il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les brigands"

AE

La grâce des brigands, Véronique Ovaldé, roman, Ed. de l'Olivier, août 2013, 285 pp, 19,5 €

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16 11 13

Goncourt ... de circonstances

 

Frais nommé  - en 2012 - membre de l'Académie Goncourt , au couvert de feue Françoise Mallet-Jorris, l'écrivain, journaliste Pierre Assouline nous trace l'histoire des cent dix ans du prix le plus prestigieux de la France littéraire. Ce faisant, il nous restitue l'argument et le contexte d'attribution  - nourri de  quelques anecdotes croustillantes  - de chacun des romans primés depuis 1903, qui mit à l'honneur  Force ennemie, de John-Antoine Nau.

Voilà qui est intéressant.

Réunis autour d'une table, au coeur du célèbre restaurant Drouant, place Gaillot, les dix membres exécutent aujourd'hui encore les dispositions testamentaires d'Edmond Huot de Goncourt, à ceci près qu'ils ne sont plus rémunérés, les lauréats non plus qui doivent se contenter d'un chèque de 10 € et ... de la multiplication exponentielle des ventes que le prix génère.

"Le jury est meilleur lorsqu'il est composé d'écrivains de qui leurs éditeurs ont besoin, plutôt que d'écrivains qui ont besoin de leurs éditeurs."

Souvent décrié, calomnié,  taxé de complaisance envers certaines maisons d'édition, le jury  - et je le crois - s'affranchit de plus en plus de ce genre de pression, conscient que sa mission première est de prescrire une lecture juste et belle,  qui pratique une langue soignée, digne représentante de la littérature contemporaine.

NDLR : Les choix du Sermon sur la chute de Rome ( Jérôme Ferrari - Goncourt 2012) et d'Au Revoir Là-Haut (Pierre Lemaître, Goncourt 2013)  répondent, à mon sens, pleinement,  à cette vocation.

Développé à partir d'une série d'émissions radiophoniques diffusées, cet été, sur France- Culture, ce plaisant ouvrage présente, en annexes, la liste des romans primés depuis l'origine du prix, l'attribution chronologique des couverts, les statuts de l'Académie, ainsi qu'une copie du testament fondateur.

Apolline Elter

Du côté de chez Drouant- Cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt, Pierre Assouline, Ed. Gallimard- France Culture, sept. 2013, 216 pp, 16,9€

Billet de faveur

AE: Pierre Assouline, pouvez-vous nous préciser comment s’opère la première sélection du prix Goncourt ?  Sont-ce les jurés qui proposent leurs propres coups de cœur littéraires ?

Pierre Assouline: Chaque juré lit ce qu'il veut durant l'été ; les jurés échangent leurs impressions par écrit pendant les vacances ; chacun dresse sa propre liste de sélection ; à la première réunion de rentrée, nous votons pour établir une liste de 15 titres. Y figurent ceux qui ont récolté le plus de voix, tout simplement. 

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14 11 13

Féministe avant la lettre

 

" L'incognito est la première règle. Elle doit avoir l'air d'une mendiante tibétaine jusque dans les moindres détails. Son déguisement est fabriqué avec les moyens du bord: elle teint ses cheveux bruns en noir avec des bâtons d'encre de Chine, les épaissit avec des crins de yack pour former des lourdes nattes, puis recouvre son visage et ses mains d'une épaisse couche de suie récupérée au fond d'une marmite de charbon, voire de cacao. Les Tibétains étaient d'une saleté à la limite du vraisemblable, il lui fallait afficher  à la fois un teint hâlé et une bonne couche de crasse..."

Si l'histoire retient avant tout  d'Alexandra David-Néel, qu'elle fut la première femme européenne à pénétrer, en 1924, accompagnée de son fidèle Aphur Yongden dont elle fera son fils adoptif , dans la cité tibétaine interdite de Lassa, la biographie que lui consacre Jennifer Lesieur révèle l'incroyable palette de vie de l'exploratrice, aventurière, chanteuse d'opéra, journaliste, philosophe mystique et boudhiste, franc-maçonne, écrivain, parisienne et... bruxelloise, qui mourut centenaire, en son sanctuaire  de méditation provençal, Samten Dzong,  de Digne-les-Bains.

Une personnalité forte, indépendante, érudite qui porta haut et fort la cause féministe.

Une biographie alerte, enjouée, fabuleuse.

Alexandra David-Néel,Jennifer Lesieur, biographie  Ed. Folio biographies, Inédit, oct.2013, 300 p.

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13 11 13

Moshe-Moïse-Maurice

Le marcheur de Fès, ce devait être toi. Ce sera moi. Je vais marcher plus vite, moins profond. Tu vas me guider à distance. [...]Le Fès qui vit dans ton souvenir n'existe plus. C'est étrange d'aller seul dans la ville où tu as fait tes premiers pas, maintenant que ton corps te lâche."

 Quand il entreprend le pèlerinage en la ville impériale qui vit naître " Moshe- Moïse le Fassi devenu Maurice le Français", Eric Fottorino sait déjà que son père, invalide des jambes,  ne pourra l'y accompagner.

Il entreprend le récit topographique, précis, minutieux de ses découvertes  et les consigne en une longue lettre adressée à ce père biologique dont il a appris l'existence tard.  Ce faisant, il explore ses propres racines, juives, marocaines, progressant, à son  étonnement croissant, à la rencontre de lui-même.

"Je sais pourtant qu'il existe en moi un Juif que je ne connais pas, que je ne comprends pas."

Le marcheur de Fès, Eric Fottorino, récit, Ed. Calmann-Lévy, sept.2013, 186 pp, 16 €

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12 11 13

Kouhouesso

 Le hasard de la programmation nous amène à publier, ce jour, la chronique de l'ouvrage attributaire du Prix Médicis.  Signe? Coïncidence ? 

"Est-ce que je suis amoureuse de lui? Est-ce que c'était ça l'amour, cette façon d'attendre et maintenant, de regarder bouger les belles lèvres sur les belles dents sans écouter? Elle avait envie de l'embrasser. Il parlait avec animation, élocution ardente, rondeur un peu mouillée et gravité de gorge. Comme si l'intention de son premier silence vibrait désormais dans ses  mots."

Revenue sur le devant de la scène et pas des moindres - nous sommes à Holywood - l'ado Solange de Clèves  (P.O.L. 2011) est trentenaire. Sur le plateau de tournage, elle tombe  amoureuse de Kouhouesso, "citoyen canadien, né au Cameroun anglophone", second rôle, magnétique d'ébène beauté.

Le roman se fait alors passion- presque à sens unique car Kohouesso est enceint d'un projet qui l'accapare entier: réaliser, au Congo, le film du roman de Conrad, Au coeur des ténèbres-  il est aussi attente.

Affrontant de plein fouet les tabous -dont celui de l'asservissement féminin  - Marie Darieussecq prolonge le paradoxe exprimé  par Marguerite Duras, dans Une vie matérielle - Marguerite Duras parle à Jérôme Beaujour , P.O.L 1987 ) :  "  Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter"

AE

Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darieussecq, roman, P.O.L,sept. 2013, 315 pp, 18 €

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26 10 13

Un sommet

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 " Pays de défis, le Népal est devenu le pays sacré, mystique et exceptionnel, celui où il faut aller pour atteindre le nirvâna, le toit du monde, dont le sommet touche le ciel, l'Everest."

S’il fait fantasmer tous les candidats à l'ascension des sommets supérieurs, le Népal cache en son sein des violences inouïes. Celle d'un système de castes, d'abord, qui codifie les relations sociales sur un mode extrêmement rigide. Celle de la condition féminine, ensuite,  désavantagée  par un système patriarcal archaïque. Celle, enfin, d'assassinats iniques et sauvages perpétrés par des ombres.

Construisant son roman , en un jeu de miroirs poignants, sur les assassinats sauvages de trois membres de  la famille royale népalaise, le 1er juin 2001 et de la journaliste Uma Singh - incarnée en la jeune et belle  Ashmi - le 11 janvier 2009, Bernadette Pecassou livre de Kathmandou, de  ses  réalité quotidienne,  richesses, et beauté, une vision percutante.

La route  d'Ashmi, universitaire de basse caste,  rencontre celle  de Karan, journaliste français d'origine népalaise, fondateur d'un quotidien d'expression nouvelle et libre, témoin qui porte un  regard neuf sur la patrie de ses ancêtres. Tout juste sortie d'une guerre civile, le pays n'est pas prêt à entendre ses vérités, encore moins à remettre en question la condition féminine et le scandale du système des dots . La collaboration avec le Summit News précipitera le destin tragique de la jeune femme.

Un roman poignant bâti sur trame de faits historiques et d'un regard bouleversant sur un pays qui fascine.

Apolline Elter

Sous le toit du monde, Bernadette Pécassou, roman, Flammarion, octobre 2013, 314 pp, 20 €

Billet de faveur

AE : Votre roman offre une vision alarmante, Bernadette Pécassou,  de la réalité népalaise - violence rentrée ou exprimée sauvagement, mépris de la femme, rigidité du clivage social – et  révèle en même  un  profond attachement pour Katmandou, ses habitants, ses femmes. Qu’est-ce qui vous lie à cette ville ?

Bernadette Pécassou :Rien avant que je n’y sois allée. Tant de choses depuis. Elle est le monde disparu, le chaos d’aujourd’hui. Des murs de parpaings et des toits de tôle y côtoient des éléments d’architecture exceptionnels jusque dans les plus humbles maisons, des sculptures anciennes de bois au coin des rues, devant les maisons, dans une entrée entrouverte.  Le passé se dissout devant nos yeux, « la maléfique négligence », celle dont parlait Orhan Pamuk quand il se plongeait dans le vieil Istanbul. Des constructions galopantes et anarchiques ont tout enseveli. Et pourtant, Katmandou est une magie. Le Népal tout entier est une magie. A en avoir les larmes aux yeux d’émotion. On mesure quand on y est tout ce que nous avons accompli ici, en occident. Mais on  touche aussi de très prés ce que nous avons perdu. L’enchantement de la vie ensemble.

 

AE :  Institution mythique, le Katmandou Guest House est le passage obligé des candidats à l’ascension des sommets. Y avez-vous séjourné ?

Bernadette Pécassou : Oui, et ce fut aussi incroyable que de se retrouver dans un vieux film. L’hôtel n’est pas très confortable. Matelas durs comme du bois, couvertures lourdes, salles de bains datant des années 50. Mais tout est parfaitement entretenu et l’ambiance est là, la beauté du lieu. Les boiseries cloisonnées dans les chambres aux couleurs d’acajou, les ventilateurs d’époque, le jardin impeccable, les hautes fenêtres cintrées. Le Katmandou Guest House au cœur de Thamel était un ancien palais Rana, cette dynastie qui a régné sans partage sur tout le Népal pendant  104 longues années. Son atmosphère est encore chargée de cette histoire et de celle des résidents célèbres qui y sont passés. On sent la charge d’une forte atmosphère particulière dés qu’on y pose le pied. Il est l’hotel préféré des trekkeurs et alpinistes qui savent son histoire et veulent y avoir séjourné. Tant pis pour le matelas et la salle de bain. Un peu d’inconfort vaut bien pareille magie.

 

AE : Votre roman paraît un mois après que le cerveau présumé de l’assassinat perpétré sur Uma  Singh ait été arrêté.  Y voyez-vous le gage d’un avenir plus serein  pour le pays?

Bernadette Pécassou :Oui, bien sûr, et il faut l’espérer car ils ont trop souffert.  Quand à mon roman, il venait juste  d’arriver de l’impression chez Flammarion quand la dépêche de RSF annonçant l’arrestation du meurtrier d’Uma Singh est tombée. Le jour même, le 23 septembre. Avec  une incroyable précision. Il m’arrive de croire au destin. Car cette annonce  de l’arrestation prouve que la fragile démocratie du Népal fait son chemin, avec une détermination incroyable malgré son peu de moyens et le peu d’intérêt que cela soulève hors de ses frontières. Sous le toit du monde, un ultime royaume est en train de devenir une république. Le Népal s’organise, et s’apaise. 

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24 10 13

Mélétos versus Socrate

" Le prof doit-il mourir?"

 

Tel est l'enjeu de ce débat théâtral rythmé d'humour et de réflexions sur le rôle de l'enseignement.

Menacé de mort par Mélétos, père d'Anytos, un de ses élèves, le "Prof" - on ne connaîtra pas son nom - expose, à coups d'envolées lyriques maîtrisées, sa vision socratique, libératrice de l'éducation:

"Parce que tu décris là, Mélétos, c'est le fonctionnement même de la réflexion. Parce que penser, c'est d'abord penser contre soi, contre ses certitudes d'où qu'elles viennent , contre ses croyances les mieux enracinées, contre ses impulsions les plus naturelles, de père, de mari, de prof, comme on se dédouble devant le miroir de la salle de bain pour devenir, en effet, quelque chose comme sa première victime, ou son meilleur ennemi."

Invitant Socrate, Platon et ses détracteurs - dont le fameux Mélétos - sur le devant d'une scène contemporaine, Gernot Lambert,  professeur de littérature,  esquisse un nouveau procès de l'enseignement. Il dote sa pièce,  alerte, d'un dossier d'accompagnement, nourri de la pensée de Socrate et de la célèbre Apologie qu'en fit Platon.

Une façon plaisante de s'adonner à la réflexion philosophique.

AE

Apologie de Mélétos, Gernot Lambert, Théâtre - texte + dossier, éd. De Boeck, 2013, 158 pp

 

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23 10 13

Sur les traces d'Hawthorne

9782226249715-j.jpgMystérieusement rescapé de l'incendie criminel  de son appartement, l'ouvrage La Lettre écarlate (de Nathaniel Hawthorne) attire l'attention fébrile de Pauline, la narratrice, à son retour de l'hôpital.

"J'ai toujours pensé que si la vérité existait, elle ne pourrait se trouver que dans les livres, ces mêmes livres qui avaient emporté leurs secrets avec eux."

Focalisé sur l'indignité d' Hester Pryne, une femme adultère, marquée d'une lettre écarlate, le roman d'Hawthorne  (1850) émeut à ce point la narratrice qu'elle se rend à Boston (Nouvelle-Angleterre), "à la source du livre." et des lieux chers à Hawthorne.

" J'avais failli mourir. La hiérarchie des choses avait changé. Une révolution copernicienne s'était opérée en moi, autour de moi, qui m'entraînait dans des mouvements singuliers, inédits, me faisant traverser des paysages nouveaux où je ne reconnaissais plus rien."

Une quête initiatrice, baptême d'après feu, en quelque sorte, qui au hasard d'investigations et de rencontres fortes - celle de Georgia Oblotchnik, vieille femme serviable,  fantasque et transcendentaliste, de  Blake et de Waldo, un libraire  "cyclope" et dément , la mèneront à la découverte ...transcendante d'elle-même.

Un roman baigné de littérature et de sa force cathartique.

AE

La Transcendante, Patricia Reznikov, roman, Albin Michel, août 2013, 280 pp, 19 €

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22 10 13

NKM

 Personnalité fascinante que   celle de Nathalie Kosciusko- Morizet, volontiers attachante sous son apparence de soldat fragile et vaillant à la fois.

Que du contraire, nous affirment les journalistes politiques Gaspard Dhelemmes et Olivier Faye, NKM est une "guerrière sans état d'âme", une cérébrale, froide et déterminée...

Forts d'une centaine de témoignages, de proches et autres de la candidate à la Mairie de Paris, mais pas de celui de la principale intéressée, les auteurs de cet essai behavioriste  et... déconcertant, détaillent le parcours - presque sans faute - d'une élève modèle, matheuse brillante, habituée des premiers rangs. 

Forte d'une ascendance familiale prestigieuse - son grand-père était conseiller de Jacques Chirac - et d'une solide formation en Polytechnique, la jeune quadragénaire fait de son combat en faveur l'écologie, l'échelle d'une carrière qui la propulse  rapidement aux plus hautes instances de la politique.

Une Ségolène Royal, version de droite? 

Peut-être - NKM partage des points communs - à commencer par une certaine rigueur militaire -  avec la candidate malchanceuse des élections présidentielles 2007 mais elle affiche une intelligence incontestable et ... supérieure.

Une grande communicatrice aussi qui sait utiliser toutes les canaux utiles à la diffusion des ses faits et idées.

"Incarnation  d'un certain renouveau dans la classe politique française- malgré un parcours classique - Nathalie Koosciusko- Morizet a construit son image autour du numérique et de l'écologie. Deux thèmes sur lesquels elle a su capitaliser pour se présenter en femme politique moderne."

Une analyse intéressante qu'on aimerait voir confrontée avec l'avis de l'intéressée.

AE

NKM la femme de premier rang, Gaspard Dhelemmes et Olivier Faye, essai, Editions Jacob-Duvernet, septembre 2013, 190 pp, 17,9 €

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