25 03 14

La musique adoucit les moeurs

images.jpgParu en 1999 auprès des éditions Scaldis, l'essai de Dominique Huybrechts fait l'objet d'une seconde édition, révisée, en ce centenaire de commémoration de la grande Guerre.

 Il relate le destin, durant les hostilités,  de quelque 50 musiciens, toutes nationalités confondues,  Français, Anglais, Belges, Allemands, Autrichiens, Italiens, Américains et Australiens et leur contribution concrète à l'effort de guerre.

Eugène Ysaÿe joue pour les blessés de l'hôpital de L'Océan (La Panne). Affecté d'un cancer et d'un sentiment d'inutilité, Claude Debussy compose une Berceuse héroïque pour le King Albert's Book d'hommage à l'action de notre Roi, ainsi qu' un Noël des enfants qui n'ont plus de maison (1915), Maurice Ravel fait des pieds et des mains pour être incorporé à l'armée, malgré une taille et un poids déficients...

Considérés, par nature, moins belliqueux, les musiciens oeuvrent souvent comme brancardiers, risquant leur vie pour transporter les blessés ; l'exercice de leur art apporte aussi  réconfort et apaisement au plus noir de l'horreur. Ils n'hésitent pas, pour ce faire, à fabriquer des instruments de fortune, avec les moyens du ..front: boîtes de conserve, à savon, à cigares,  caisses de munitions,  crins de chevaux...

  Intéressantes aussi sont les pages consacrées à la musique militaire, de guerre et celle diffusée dans les camps d'internement. Destinée à galvaniser les ardeurs, à l'instar de la cornemuse écossaise ou tout simplement  à adoucir les moeurs,  la musique a fait oeuvre majeure.

AE

 

1914-1918 Musiciens des tranchées, Dominique Huybrechts, essai, Ed. Scaldis 1999, 2e édition revisée, Racine, 2014, 286 pp, 22.95 €

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22 03 14

De la passion à la spéculation

 

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"Siècle après siècle, les œuvres les plus décriées ont souvent été la source de courants picturaux révolutionnaires: nymphéas, déconstruction cubiste, photos repeintes par Andy Warhol, lyrisme de Miró, bien mal avisés ceux qui brocardent la création artistique: elle est un acte de foi qui grandit l'homme."

Les accros de Yann Kerlau - dont je suis -   ne seront pas déçus: le  rendez-vous que nous propose  le passionné d'histoire, esthète éclairé,  procède une nouvelle fois d'une recherche documentaire  abyssale et d'une culture qui ne l'est pas moins.

Chercheurs d’art. Les marchands d’art hier et aujourd’hui.

Rendu passionnant par l'effet  cumulé d'un talent de conteur et d'une plume magistrale, l'essai, tout frais paru, ce 12 mars, auprès des Editions Flammarion, dresse le portrait de sept marchands d'art,  Théodore Duret, Paul Durand-Ruel, Ambroise Vollard, Daniel-Henry Kahnweiler,  Peggy Guggenheim, Charles Saatchi et Larry Gagosian , trace l'atmosphère de leurs époques respectives.  De Paris à New York, du XIXe siècle à nos jours, c'est le portrait d'une profession qui se dessine , celui d'un génie aussi, nourri de passion, de flair, de flammes et de son inéluctable évolution vers la spéculation.

Point de départ de cette puissante fresque : le scandale de la Maison Knoedler. Parangon d'honorabilité en matière de vente d'oeuvres picturales, la célèbre galerie new-yorkaise fermait ses portes en 2011, ruinée et taxée de trafic de faux.

«  Les leçons de Kahnweiler, d’Ambroise Vollard et de leurs émules ont porté leurs fruits depuis des décennies : l’art moderne est un formidable jackpot qui fait fantasmer collectionneurs, marchands, hommes d’affaires et néophytes. Même si nombre d'artistes crèvent de faim, les gains faramineux des heureux élus font oublier la déconvenue des laissés-pour-compte »

Une épopée passionnante dont je vous recommande vivement la lecture

Apolline Elter

Chercheurs d’art. Les marchands d’art hier et aujourd’hui, Yann Kerlau, essai, éd. Flammarion,  mars 2014, 300 pp, 20 €

 

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20 03 14

Je leur montrerai comment une femme belge sait mourir

D'emblée l'auteur modère l'affirmation contenue dans le titre. Il ne s'agit pas d'opérer le recensement, hélas impossible, de tous les comportements héroïques de la Grande guerre, mais bien, via un choix reconnu arbitraire , de tracer le portrait de quelques personnalités dont l'attitude suscita l'admiration en son temps, et encore aujourd'hui, quelque cent ans après les événements.

".. nous avons donc choisi ceux dont à une époque on parla le plus et ceux qui illustrent le mieux ce que fut l'attitude du peuple belge plongé dans la tourmente."

Un devoir de mémoire, en quelque sorte, et le récit d'actions de héros oubliés, aux côtés de ces grands noms dont sont baptisés nos artères et bâtiments publics: Adolphe Max,  le Cardinal Mercier, Gabrielle Petit, le général Leman, Jules Bastin, Antoine Depage.. pour ne citer que ceux-ci.

Si Edith Cavell, célèbre infirmière, exécutée à Bruxelles, le 12 octobre 1915 ne figure en tête de chapitre, c'est parce qu'elle est de nationalité anglaise. Elle apparaît cependant clairement, aux côtés de son compagnon d'exécution, Philippe Baucq, dont elle a croisé le destin et le réseau d'évasion  vers l'Angleterre de soldats blessés alliés.   Architecte de formation, Philippe Baucq entrera également en résistance, en participant à l'aventure de " La Libre Belgique". Le célèbre quotidien fut en effet lancé en 1915, notamment par Victor Jourdain, et édité de façon clandestine..

Quant à Gabrielle Petit, exécutée le 31 mars 1916,  malgré le tollé qu'avait suscité la mise à mort d'Edith Cavell, elle écrivait, la veille,  à sa soeur:  ' Je serai fusillée demain. Je leur montrerai comment une femme belge sait mourir"

Et elle tint parole.

AE 

Les plus grands héros belges de la première guerre, Alain Leclercq, essai, éd. Jourdan,  février 2014, 302 pp, 15,9 €

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19 03 14

Phénoménal

" Philomena raconte l'histoire extraordinaire d'une femme hors du commun. Philomena Lee était une adolescente naïve dont le seul crime fut de tomber enceinte hors mariage. Escamotée dans un couvent par une société irlandaise où régnait en maître l'Eglise catholique, elle donna naissance à un beau garçon. Pendant trois ans, elle s'occupa de lui tout en travaillant à la buanderie du couvent. Puis, comme des milliers d'autres "femmes déchues" qui partageaient son sort, elle fut contrainte d'abandonner son enfant pour racheter sa liberté et quitter le quasi-esclavage dans lequel on la maintenait"

Ce beau résumé est écrit de la plume de Judi Dench, l'actrice qui incarne Philomena dans le film  - poignant - de Stephen Frears inspiré du récit de Martin Sixsmith.

Journaliste britannique, ce dernier a mené, aux côtés de la "vraie" Philomena Lee,  une enquête de 5 ans pour retrouver la trace d'Anthony, le bambin qui lui fut arraché, à l'âge de 3 ans, rebaptisé Michaël Hess. A la différence du film, le focus est davantage porté sur la vie qui fut sienne, depuis sa naissance, en 1952,  dans le couvent de Roscrea (abbaye irlandaise de Sean Cross) , son adoption par un couple américain, sa nouvelle fratrie,  sa naturalisation américaine , brillante carrière, homosexualité jusqu'à sa mort, en  1995 - du sida. 

La vision manichéenne d'une certaine Eglise catholique, pétrie de principes rigides et de cruauté, en est (légèrement) nuancée.

Un document assez saisissant

AE

Philomena, Martin Sixsmith, récit traduit de l'anglais par Marion Roman, Ed. Presses de la Cité, janvier 2014, 506 pp, 22.5 € 

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19 03 14

Babou

 Promue arrière-grand-mère par le biais d'un couffin posé devant sa porte et d'une Adella rugissante, Babou tente de fédérer l'harmonie au sein de la Chêneraie  et d'une progéniture qui tient d' Une famille formidable. Elle est discrètement  et efficacement aidée en ses desseins, par Grégoire, son mari, le "Pacha" 

" Mes petits-enfants adorent m'entendre "parler mal", ils adorent tout autant entendre leur grand-père "parler bien, allez vous y retrouver!"

N'ayant ses yeux pas plus que sa langue en poche, Babou mène avec entrain ce microcosme sociétal qui souvent la ravit à son atelier de peinture.  

Le décès de Fée, as Félicitée, sa maman, est l'occasion d'un émouvant rassemblement familial, pétri de nostalgie heureuse et  de l'alerte tonus que Janine Boissard exprime de sa plume.

Belle arrière-grand-mère, Janine Boissard, roman, Ed. Fayard, février 2014, 350 pp, 20 €

 

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15 03 14

Pofigisme

 

" L'essentiel dans une double vie, c'est qu'on ne soit jamais trois à la vivre"

Il est revenu des Forêts de Sibérie (Gallimard, sept 2011) et de Russie,  le regard empli de mille réflexions de vie.   Des réflexions  aimables et désabusées, que Sylvain Tesson consigne dans un recueil de nouvelles,  pleines de fulgurances et d'un état d'esprit qui prône le "pofigisme", "la résignation joyeuse, désespérée",  la fatalité consentie. Mariage et son lot de trahisons, exil glacé,  courrier de rupture fatal, sauvetage forcé, ,...   rendent vaudevillesque si ce n'est infernale, cette vie à laquelle il vaut peut-être mieux...s'abandonner

" Dans les matins humides où il fallait se remettre debout, le ventre vide, sans même la longue brûlure du thé dans la gorge, il se demandait à quoi rimait cette existence qui offrait l'alternative de cuire jusqu'à la mort sous le soleil d'Allah ou de pourrir de froid dans les fossés infidèles."

Une écriture maîtrisée qui confère au loufoque des allures jubilatoires.

S'abandonner à vivre, Sylvain Tesson, recueil de nouvelles, Ed. Gallimard, janvier 2014, 222 pp, 17.9 €

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13 03 14

Anniversaire

 Il y a un an, le 13 mars 2013, Jorge Mario Bergoglio était élu au pontificat, qu'il exerce - avec un charisme remarquable - sous le prénom de François.

L'occasion de vous présenter un sympathique  abécédaire - paru fin 2013 - qui, sous la plume de David Alliot, nous décrit les us, langages et coutumes de la papauté, à travers les siècles, les événements liés à quelques personnalités majeures des 266 souverains pontifes répertoriés, évoquant, spiritualité oblige..., quelques anecdotes résolument insolites...

Vous apprendrez ainsi que la durée moyenne d'un pontificat est de 6 ans et 4 mois.  Le Pape Philippe (768) , aumônier proclamé pape par les soldats lombards, ne règnera qu'une journée, aussitôt désavoué par le parti clérical...

" Telle est l'histoire de la papauté, où se mêlent grandeurs et bassesses; gloires et corruptions; le merveilleux et le sordide. Mais pouvait-il en être autrement? Non. Car les papes sont des hommes avant tout; et ces deux mille ans de travers humains et de traditions délicieusement surannées n'ont pas fin de nous passionner" déclare L'auteur

Et de vous inviter à le suivre

AE

Habemus papam, Histoire insolite et anecdotique de la papauté, David Alliot, ed. Horay, 2013, 96 pp (dont illustrations) , 12 €

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12 03 14

Chastel-croisé

la_bete_01.jpgVisitant une légende - celle de la bête de Gévaudan, semeuse de terreur et de mort, Catherine Hermary Vieille nous invite à raisonner le mystère, en  percer le secret. 

Nous sommes au XVIII, dans le village français de La Besseyre-Saint-Mary.

Fils de Jean Chastel, Simon revient au village après une absence de quelques années. Tue aux siens, une captivité l'a enchaîné à l'entretien de la ménagerie d'un dey algérois, l'a castré.  Il s'en est échappé,  accompagné d'une bête féroce et vengeresse: 

"La Bête est presque adulte, elle sera grande, puissante avec des mâchoires redoutables, des dents acérées. Antoine la sort en laisse la nuit, elle hume les odeurs, écoute les sons, apprend le monde. Pour aiguiser son agressivité, d'un claquement de langue, il la lance contre des chats errants, des poules égarées, des rats. A l'instant, elle lui obéit, ramène sa proie. Antoine ne la lui laisse pas toujours. Il veut qu'elle puisse tuer pour tuer, imposer sa propre force, lui procurer la jouissance d'être le maître de la vie et de la mort."

 Pris d'une hystérie assassine, Antoine va perpétrer, par le biais de sa bête et d'une deuxième bientôt,   les meurtres sanguinolents, d'enfants, de jeunes et fraîches chairs....

" Tuer une femme est une forme d'amour, tuer un homme un châtiment." 

De la pure et saisissante jubilation sanguinaire. Et une terreur  qui lentement s'instille parmi les habitants du village, un soupçon délétère, dans le chef du père.

Un pacte pervers d'amour (contrarié) et de mort.

La bête, Catherine Hermary-Vieille, roman, Ed. Albin Michel, février 2014, 156 pp, 15 €

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11 03 14

Vagues à l'âme

Mannequin des années 90, Marilyne,  "dégage[ait] "encore un mystère agaçant et une beauté tenace". Avec son mari , William, elle a échappé à la fièvre new-yorkaise  des célébrités pour installer une paisible maison d'hôtes en Bretagne et vivre avec leur fille Georgia une vie  familiale apaisée.

C'est compter sans  la découverte d'un cadavre, celui d'une jeune femme tatouée,  Evelyne Folenfant,   échouée sur la plage et l'enquête qui va en résulter.

C'est compter sans les retrouvailles d'avec Simon Schwartz, l'inspecteur de police et amour de jeunesse..

" Simon était un homme compact et solitaire, l'inverse de William qui lui, se promenait depuis vingt ans sur le corps de Maryline avec des mots magiques et des effleurements, propageant une vie légère poudrée de drogue et de paillettes, un rêve tordu et beau. Simon lui, sentait la mer, énervait comme le vent du large et il était sa jeunesse. Elle se dit que Simon était quelqu'un à qui on appartenait ou rien, alors que William n'avait jamais eu aucun sens de la propriété."

C'est compter avec une mer passablement agitée

AE

Mer agitée à très agitée, Sophie Bassignac, roman, Ed. JC Larrès,janvier 2014, 260pp, 14.5 €

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01 03 14

Le nouvel Armel Job: un grand cru

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Armel Job n'ose se qualifier d'écrivain. Il a cette modestie.  Il se voit romancier, conteur d'histoires... Il l'est bien davantage, je vous le certifie.

Plongeons dans son nouveau roman, au coeur de Liège qu'il chérit et d'une page sombre de notre Histoire, à savoir, la seconde guerre mondiale, l'Occupation et la délation corollaire.

Soustraits à la persécution antisémite par la générosité respective d'un couvent de religieuses, de Madame Guignard, une concierge à la Muriel Barbery et de Maître Desnoyer, un notaire téméraire, la petite Anna et ses parents, Volko et Fannia voient s'écrouler ce fragile édifice de la solidarité par l'action malfaisante de Baumann, un indicateur de la SIPO:

"Des Juifs, il en a dénoncé des dizaines, avec la prime à la clé. Ca lui fait un bon magot pour plus tard, quand la guerre sera finie, après la victoire du Reich" 

Prêtre de l'âme humaine, d'une conscience qu'il sonde dans ses plus intimes mouvements et surtout grand conteur devant l'Eternel, Armel Job nous offre une nouvelle fresque palpitante d'un chassé-croisé de destins. En point de mire, "des gens ordinaires confrontés à une situation extraordinaire" et cette tendresse goguenarde dont l'auteur enveloppe ses protagonistes.

" Ce qu'il y a de terrible dans la guerre, c'est qu'il ne s'agit plus du bien et du mal, comme on se l'imagine, mais seulement de différentes sortes de mal entre lesquelles il faut se décider."

Un grand roman.

Un grand écrivain

Tout simplement.

Dans la gueule de la bête, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, février 2014, 310 pp, 19.5 €

 

Billet de faveur

 

AE: Liège est protagoniste à part entière de ce nouveau roman, déclinée de belles descriptions de quartiers, d'âme et  de cette Meuse qui la traverse. On y déguste des "gosettes". Une envie de promouvoir la Cité ardente auprès d'un public français? 

 

Armel Job: Mon histoire se passe à Liège pour la simple raison que la documentation dont je dispose à propos de mon sujet concerne Liège. C’est une ville que je connais relativement bien, où j’ai vécu. Cela facilite la narration. Les lieux que je décris me sont familiers.

Ensuite, ce n’est pas une ville connue pour la question juive pendant la guerre comme Amsterdam, par exemple. On peut même s’imaginer qu’il n’y avait pas de population juive significative à Liège. Je pense que la jeune génération liégeoise, par exemple, ignore tout de l’histoire des Juifs de Liège. Dans un roman, c’est intéressant d’aborder les questions par un angle inattendu. Quoi, il y avait des Juifs à Liège !  Déjà, on bouscule le lecteur dans ses stéréotypes. Pour lui, les Juifs de Belgique étaient à Anvers. Liège est une bonne entrée en matière. Dès lors, on peut poser la loupe romanesque sur les circonstances, les personnes pour aller vers d’autres découvertes déconcertantes.

Pour le reste, aucun chauvinisme liégeois de ma part. Je ne suis pas subventionné par l’office du tourisme !  Liège est une grande ville francophone. Demande-t-on à un auteur marseillais qui situe l’action de son roman à Marseille s’il veut faire la promotion de sa ville ?  S’étonne-t-on que ses personnages aient un faible pour la bouillabaisse ? Je pense que le public français se sent très à l’aise à Liège. Ce n’est pas très exotique pour lui. C’est peut-être plus le public belge, vu sa légendaire modestie, qui se demande si vraiment les Français peuvent s’intéresser à une ville belge. Je pense qu’il faut faire un sort à ce complexe d’infériorité que les écrivains belges eux-mêmes ont trop souvent cultivé.

 

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