27 11 13

Por favor

téléchargement.jpgJean des Cars nous enchantait l'an passé, avec une brillante 'Saga des Reines' (Ed. Perrin, 2012 - voir chronique sur ce blog), il nous revient, nous ravit , en cette fin 2013,  avec une Saga des Favorites et un captivant survol cinq siècles d'Histoire vus  par le prisme des faveurs souveraines. Il était l'invité, jeudi 21 novembre de L'Eventail et d'un déjeuner littéraire à affluence  forte et... passionnée.

D'Agnès Sorel - qui inaugure la tradition françaises des favorites et supplante les maîtresses du Valois Charles VII à Wallis Simpson, qui coûta son trône, à Edouard VIII d'Angleterre, quinze 'femmes de l'ombre, éclairées par la lumière de la puissance " voient leurs portraits - hauts en couleurs - brossés par  la plume alerte et vivante de l'historien.

Certaines exercent une action  plutôt bienfaisante sur leur amant ,le pays, telles Agnès Sorel, la marquise de Pompadour, Gabrielle d'Estrées.. tandis que d'autres lui empoisonnent plutôt l'existence, telles Lola Montez, Magda Lupescu ou la sulfureuse Wallis.

Il en est de très attachantes, songeons à Louise de Lavallière, plus éprise de l'homme que fut Louis XIV que du souverain.

Un chapitre cible particulièrement l'Histoire de la Belgique, qui met en scène Blanche Delacroix, maîtresse du Roi Léopold II, de 48 ans son aîné... Il la fera baronne de Vaughan, l'épousant à trois jours de son propre  trépas.

L'Histoire est le théâtre de singulières destinées, qui  offre à cette galerie de portraits de fabuleux atours de lecture

Apolline Elter

La saga des favorites, Jean des Cars, essai, Ed. Perrin, novembre 2013, 455 pp, 25 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 11 13

Quinqua-phonie

la_saga_de_france_inter_01.jpg

 

"Il faut bien l'admettre: l'histoire avait très mal commencé. En 1963, lorsque France Inter devient France Inter, la radio se lance dans la course à l'information dotée d'un lourd et pesant passif d'après-guerre, dont elle n'est pas débarrassée.

Elle aura 50 ans le 14 décembre prochain: fringante quinquagénaire, France Inter fête un demi-siècle d'émissions cultes - le générique de la célèbre Radioscopie chancellienne résonne encore à vos oreilles -  de turbulences, grèves et de joies. 

Consignant une cinquantaine d'interviews de membres actuels et anciens de cette grande famille radiophonique , Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet nous brossent le portrait  - alerte et attachant - d'une grande dame  investie d'une mission de service public, progressivement et partiellement affranchie, au cours des ans, de la tutelle gouvernementale.Le portrait-type de ses auditeurs - farouchement attachés à "leur" radio, celui de ses animateurs, des 140 métiers qui gravitent autour des ondes et des programmes qui font succès de la station ravivent en nos mémoires les parcours parfois initiaux  de grandes voix, de grands noms, tels Jacques Chancel, Stéphane Bern, Yves Mourousi, , Patrick Gelinet, Nicolas Demorant, Eve Ruggieri, Michèle Cotta, Laurent Ruquier...

Une belle visite des coulisses d'une grande maison.

AE

La saga France Inter,  Amours, grèves et beautés, Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet, essai, Ed. Pygmalion, oct. 2013, 290 pp, 20.9€

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 11 13

Vivre était une longue route

 

9782330024475.jpg

"...je suis un homme qui finit 

de vivre de mourir je marche

dans ma ville 

avant le passage

vivre était une fatigue

une douceur un éreintement

vivre était une longue route

mon corps brûlé

mon or répandu

j'ai tant crié contre le vide

je me suis tant cogné aux apparences

(...)  mon amour mon âme dévêtue

le temps est venu de te porter."

Louis est arrivé en fin de vie. Hospitalisé,  il confesse à Mary l'océan infini de ses amours,  émotions, souvenirs,.. en un texte continu, onirique, soutenu d'un rythme  mélodieux, ondoyant, telles des vagues qui fluent, refluent,  l'invitant doucement à effectuer le passage vers la rive inconnue.

Une oeuvre poétique.

Une oeuvre qui façonne la langue, l'illumine et l'embarque en un poignant, dense et  dernier voyage... initiatique.

Apolline Elter

Avant le passage, François Emmanuel, monologue poétique,  Ed. Actes Sud, oct., 86 pp, 12.8 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

19 11 13

La vilaine soeur

 

téléchargement (5).jpg

Assurément un roman marquant de la rentrée littéraire: féerique, onirique, saugrenue, sensuelle, décalée,  belle, la plume ovaldienne virevolte, au gré d'une concordance temporelle variable, d'un tâtonnement narratif et  d'une ingénuité volontairement entretenue..

 " (J'ai abandonné le projet d'écrire l'histoire de Maria Cristina Väätonen comme s'il s'était agi d'une biographie, d'une notice, ou d'un document bourré de références impératives et de notes de bas de page. J'ai décidé de faire avec l'approximation. J'ai décidé de faire avec ce que je sais d'elle. Et avec ce qu'on m'a dit d'elle. Je ne suis peut-être pas la personne la plus à même d'aller au bout de cette entreprise."

Ecrivain consacrée par la publication, en 1978, d'un roman d'inspiration autobiographique, La vilaine soeur, Maria Cristina Väätonen est rappelée à Lapérouse, son village canadien natal, pour adopter son neveu Peleete, abandonné par sa soeur aînée. Cette dernière avait eu jadis la  "tête cassée" par un accident en forêt dont Maria Cristina s'estime responsable.

Résistant à cette maternité imposée , Maria Cristina s'offre, par voie de narration, un retour sur sa prime jeunesse, son avènement à la publication, la relation ambigue et sensuelle qui la lia au célèbre écrivain déchu, Rafael Claramunt.

Gracieuse, analytique, bavarde, attachante, pimentée d'humour,  l'intrigue se meut  en une ambiance impressionniste , une veine  d'écriture élégante qui évoque celle d'Alice Ferney .

 "... il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les brigands"

AE

La grâce des brigands, Véronique Ovaldé, roman, Ed. de l'Olivier, août 2013, 285 pp, 19,5 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

16 11 13

Goncourt ... de circonstances

 

Frais nommé  - en 2012 - membre de l'Académie Goncourt , au couvert de feue Françoise Mallet-Jorris, l'écrivain, journaliste Pierre Assouline nous trace l'histoire des cent dix ans du prix le plus prestigieux de la France littéraire. Ce faisant, il nous restitue l'argument et le contexte d'attribution  - nourri de  quelques anecdotes croustillantes  - de chacun des romans primés depuis 1903, qui mit à l'honneur  Force ennemie, de John-Antoine Nau.

Voilà qui est intéressant.

Réunis autour d'une table, au coeur du célèbre restaurant Drouant, place Gaillot, les dix membres exécutent aujourd'hui encore les dispositions testamentaires d'Edmond Huot de Goncourt, à ceci près qu'ils ne sont plus rémunérés, les lauréats non plus qui doivent se contenter d'un chèque de 10 € et ... de la multiplication exponentielle des ventes que le prix génère.

"Le jury est meilleur lorsqu'il est composé d'écrivains de qui leurs éditeurs ont besoin, plutôt que d'écrivains qui ont besoin de leurs éditeurs."

Souvent décrié, calomnié,  taxé de complaisance envers certaines maisons d'édition, le jury  - et je le crois - s'affranchit de plus en plus de ce genre de pression, conscient que sa mission première est de prescrire une lecture juste et belle,  qui pratique une langue soignée, digne représentante de la littérature contemporaine.

NDLR : Les choix du Sermon sur la chute de Rome ( Jérôme Ferrari - Goncourt 2012) et d'Au Revoir Là-Haut (Pierre Lemaître, Goncourt 2013)  répondent, à mon sens, pleinement,  à cette vocation.

Développé à partir d'une série d'émissions radiophoniques diffusées, cet été, sur France- Culture, ce plaisant ouvrage présente, en annexes, la liste des romans primés depuis l'origine du prix, l'attribution chronologique des couverts, les statuts de l'Académie, ainsi qu'une copie du testament fondateur.

Apolline Elter

Du côté de chez Drouant- Cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt, Pierre Assouline, Ed. Gallimard- France Culture, sept. 2013, 216 pp, 16,9€

Billet de faveur

AE: Pierre Assouline, pouvez-vous nous préciser comment s’opère la première sélection du prix Goncourt ?  Sont-ce les jurés qui proposent leurs propres coups de cœur littéraires ?

Pierre Assouline: Chaque juré lit ce qu'il veut durant l'été ; les jurés échangent leurs impressions par écrit pendant les vacances ; chacun dresse sa propre liste de sélection ; à la première réunion de rentrée, nous votons pour établir une liste de 15 titres. Y figurent ceux qui ont récolté le plus de voix, tout simplement. 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 11 13

Féministe avant la lettre

 

" L'incognito est la première règle. Elle doit avoir l'air d'une mendiante tibétaine jusque dans les moindres détails. Son déguisement est fabriqué avec les moyens du bord: elle teint ses cheveux bruns en noir avec des bâtons d'encre de Chine, les épaissit avec des crins de yack pour former des lourdes nattes, puis recouvre son visage et ses mains d'une épaisse couche de suie récupérée au fond d'une marmite de charbon, voire de cacao. Les Tibétains étaient d'une saleté à la limite du vraisemblable, il lui fallait afficher  à la fois un teint hâlé et une bonne couche de crasse..."

Si l'histoire retient avant tout  d'Alexandra David-Néel, qu'elle fut la première femme européenne à pénétrer, en 1924, accompagnée de son fidèle Aphur Yongden dont elle fera son fils adoptif , dans la cité tibétaine interdite de Lassa, la biographie que lui consacre Jennifer Lesieur révèle l'incroyable palette de vie de l'exploratrice, aventurière, chanteuse d'opéra, journaliste, philosophe mystique et boudhiste, franc-maçonne, écrivain, parisienne et... bruxelloise, qui mourut centenaire, en son sanctuaire  de méditation provençal, Samten Dzong,  de Digne-les-Bains.

Une personnalité forte, indépendante, érudite qui porta haut et fort la cause féministe.

Une biographie alerte, enjouée, fabuleuse.

Alexandra David-Néel,Jennifer Lesieur, biographie  Ed. Folio biographies, Inédit, oct.2013, 300 p.

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 11 13

Moshe-Moïse-Maurice

Le marcheur de Fès, ce devait être toi. Ce sera moi. Je vais marcher plus vite, moins profond. Tu vas me guider à distance. [...]Le Fès qui vit dans ton souvenir n'existe plus. C'est étrange d'aller seul dans la ville où tu as fait tes premiers pas, maintenant que ton corps te lâche."

 Quand il entreprend le pèlerinage en la ville impériale qui vit naître " Moshe- Moïse le Fassi devenu Maurice le Français", Eric Fottorino sait déjà que son père, invalide des jambes,  ne pourra l'y accompagner.

Il entreprend le récit topographique, précis, minutieux de ses découvertes  et les consigne en une longue lettre adressée à ce père biologique dont il a appris l'existence tard.  Ce faisant, il explore ses propres racines, juives, marocaines, progressant, à son  étonnement croissant, à la rencontre de lui-même.

"Je sais pourtant qu'il existe en moi un Juif que je ne connais pas, que je ne comprends pas."

Le marcheur de Fès, Eric Fottorino, récit, Ed. Calmann-Lévy, sept.2013, 186 pp, 16 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 11 13

Kouhouesso

 Le hasard de la programmation nous amène à publier, ce jour, la chronique de l'ouvrage attributaire du Prix Médicis.  Signe? Coïncidence ? 

"Est-ce que je suis amoureuse de lui? Est-ce que c'était ça l'amour, cette façon d'attendre et maintenant, de regarder bouger les belles lèvres sur les belles dents sans écouter? Elle avait envie de l'embrasser. Il parlait avec animation, élocution ardente, rondeur un peu mouillée et gravité de gorge. Comme si l'intention de son premier silence vibrait désormais dans ses  mots."

Revenue sur le devant de la scène et pas des moindres - nous sommes à Holywood - l'ado Solange de Clèves  (P.O.L. 2011) est trentenaire. Sur le plateau de tournage, elle tombe  amoureuse de Kouhouesso, "citoyen canadien, né au Cameroun anglophone", second rôle, magnétique d'ébène beauté.

Le roman se fait alors passion- presque à sens unique car Kohouesso est enceint d'un projet qui l'accapare entier: réaliser, au Congo, le film du roman de Conrad, Au coeur des ténèbres-  il est aussi attente.

Affrontant de plein fouet les tabous -dont celui de l'asservissement féminin  - Marie Darieussecq prolonge le paradoxe exprimé  par Marguerite Duras, dans Une vie matérielle - Marguerite Duras parle à Jérôme Beaujour , P.O.L 1987 ) :  "  Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter"

AE

Il faut beaucoup aimer les hommes, Marie Darieussecq, roman, P.O.L,sept. 2013, 315 pp, 18 €

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 10 13

Un sommet

sous_le_toit_du_monde_01.jpg

 " Pays de défis, le Népal est devenu le pays sacré, mystique et exceptionnel, celui où il faut aller pour atteindre le nirvâna, le toit du monde, dont le sommet touche le ciel, l'Everest."

S’il fait fantasmer tous les candidats à l'ascension des sommets supérieurs, le Népal cache en son sein des violences inouïes. Celle d'un système de castes, d'abord, qui codifie les relations sociales sur un mode extrêmement rigide. Celle de la condition féminine, ensuite,  désavantagée  par un système patriarcal archaïque. Celle, enfin, d'assassinats iniques et sauvages perpétrés par des ombres.

Construisant son roman , en un jeu de miroirs poignants, sur les assassinats sauvages de trois membres de  la famille royale népalaise, le 1er juin 2001 et de la journaliste Uma Singh - incarnée en la jeune et belle  Ashmi - le 11 janvier 2009, Bernadette Pecassou livre de Kathmandou, de  ses  réalité quotidienne,  richesses, et beauté, une vision percutante.

La route  d'Ashmi, universitaire de basse caste,  rencontre celle  de Karan, journaliste français d'origine népalaise, fondateur d'un quotidien d'expression nouvelle et libre, témoin qui porte un  regard neuf sur la patrie de ses ancêtres. Tout juste sortie d'une guerre civile, le pays n'est pas prêt à entendre ses vérités, encore moins à remettre en question la condition féminine et le scandale du système des dots . La collaboration avec le Summit News précipitera le destin tragique de la jeune femme.

Un roman poignant bâti sur trame de faits historiques et d'un regard bouleversant sur un pays qui fascine.

Apolline Elter

Sous le toit du monde, Bernadette Pécassou, roman, Flammarion, octobre 2013, 314 pp, 20 €

Billet de faveur

AE : Votre roman offre une vision alarmante, Bernadette Pécassou,  de la réalité népalaise - violence rentrée ou exprimée sauvagement, mépris de la femme, rigidité du clivage social – et  révèle en même  un  profond attachement pour Katmandou, ses habitants, ses femmes. Qu’est-ce qui vous lie à cette ville ?

Bernadette Pécassou :Rien avant que je n’y sois allée. Tant de choses depuis. Elle est le monde disparu, le chaos d’aujourd’hui. Des murs de parpaings et des toits de tôle y côtoient des éléments d’architecture exceptionnels jusque dans les plus humbles maisons, des sculptures anciennes de bois au coin des rues, devant les maisons, dans une entrée entrouverte.  Le passé se dissout devant nos yeux, « la maléfique négligence », celle dont parlait Orhan Pamuk quand il se plongeait dans le vieil Istanbul. Des constructions galopantes et anarchiques ont tout enseveli. Et pourtant, Katmandou est une magie. Le Népal tout entier est une magie. A en avoir les larmes aux yeux d’émotion. On mesure quand on y est tout ce que nous avons accompli ici, en occident. Mais on  touche aussi de très prés ce que nous avons perdu. L’enchantement de la vie ensemble.

 

AE :  Institution mythique, le Katmandou Guest House est le passage obligé des candidats à l’ascension des sommets. Y avez-vous séjourné ?

Bernadette Pécassou : Oui, et ce fut aussi incroyable que de se retrouver dans un vieux film. L’hôtel n’est pas très confortable. Matelas durs comme du bois, couvertures lourdes, salles de bains datant des années 50. Mais tout est parfaitement entretenu et l’ambiance est là, la beauté du lieu. Les boiseries cloisonnées dans les chambres aux couleurs d’acajou, les ventilateurs d’époque, le jardin impeccable, les hautes fenêtres cintrées. Le Katmandou Guest House au cœur de Thamel était un ancien palais Rana, cette dynastie qui a régné sans partage sur tout le Népal pendant  104 longues années. Son atmosphère est encore chargée de cette histoire et de celle des résidents célèbres qui y sont passés. On sent la charge d’une forte atmosphère particulière dés qu’on y pose le pied. Il est l’hotel préféré des trekkeurs et alpinistes qui savent son histoire et veulent y avoir séjourné. Tant pis pour le matelas et la salle de bain. Un peu d’inconfort vaut bien pareille magie.

 

AE : Votre roman paraît un mois après que le cerveau présumé de l’assassinat perpétré sur Uma  Singh ait été arrêté.  Y voyez-vous le gage d’un avenir plus serein  pour le pays?

Bernadette Pécassou :Oui, bien sûr, et il faut l’espérer car ils ont trop souffert.  Quand à mon roman, il venait juste  d’arriver de l’impression chez Flammarion quand la dépêche de RSF annonçant l’arrestation du meurtrier d’Uma Singh est tombée. Le jour même, le 23 septembre. Avec  une incroyable précision. Il m’arrive de croire au destin. Car cette annonce  de l’arrestation prouve que la fragile démocratie du Népal fait son chemin, avec une détermination incroyable malgré son peu de moyens et le peu d’intérêt que cela soulève hors de ses frontières. Sous le toit du monde, un ultime royaume est en train de devenir une république. Le Népal s’organise, et s’apaise. 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |

24 10 13

Mélétos versus Socrate

" Le prof doit-il mourir?"

 

Tel est l'enjeu de ce débat théâtral rythmé d'humour et de réflexions sur le rôle de l'enseignement.

Menacé de mort par Mélétos, père d'Anytos, un de ses élèves, le "Prof" - on ne connaîtra pas son nom - expose, à coups d'envolées lyriques maîtrisées, sa vision socratique, libératrice de l'éducation:

"Parce que tu décris là, Mélétos, c'est le fonctionnement même de la réflexion. Parce que penser, c'est d'abord penser contre soi, contre ses certitudes d'où qu'elles viennent , contre ses croyances les mieux enracinées, contre ses impulsions les plus naturelles, de père, de mari, de prof, comme on se dédouble devant le miroir de la salle de bain pour devenir, en effet, quelque chose comme sa première victime, ou son meilleur ennemi."

Invitant Socrate, Platon et ses détracteurs - dont le fameux Mélétos - sur le devant d'une scène contemporaine, Gernot Lambert,  professeur de littérature,  esquisse un nouveau procès de l'enseignement. Il dote sa pièce,  alerte, d'un dossier d'accompagnement, nourri de la pensée de Socrate et de la célèbre Apologie qu'en fit Platon.

Une façon plaisante de s'adonner à la réflexion philosophique.

AE

Apologie de Mélétos, Gernot Lambert, Théâtre - texte + dossier, éd. De Boeck, 2013, 158 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Rentrée littéraire | Commentaires (0) |  Facebook | |