26 12 13

Douze femmes en conquête

 Dédié à Françoise Giroud qui portait les femmes en son coeur  "bien qu'elles puissent être dures et froides comme des pierres avec des barbelés dans le coeur" l'essai de Christine Clerc trace le portrait de douze femmes de pouvoir , douze apôtres d'une Cène politique  française singulièrement dépourvue de convivialité.

Si les portraits intimes de  Simone Veil, pionnière, Ségolène Royal, souvent trahie, Cécile Duflot, mère de famille épanouie, Christine Lagarde et Valérie Pécresse rayonnent  d'une lumière somme toute assez douce, il n'en va pas de même pour ceux de  Martine Aubry, Rachida Dati, Marine Le Pen, Aurélie Fileppetti, Christiane Taubira dont la combativité rime avec sale caractère quand ce n'est pas mensonge ou opportunisme.

" Je me remets beaucoup en cause, déclare Aurélie Filippetti. Se forger une carapace, ce n'est pas devenir insensible. Mais il y a une violence inégalée du pouvoir. Quand on fait campagne, c'est violent, exaltant, mais on s'attend aux coups. Une fois ministre, ils viennent de partout, à tout moment. Entrer au gouvernement, c'est franchir le mur du son."

S'il est certain que l'exercice du pouvoir suppose reins et santé solides, il va sans dire que la société demande aux femmes d'afficher en plus une féminité et une maternité réussies.  Rares sont les mariages qui résistent aux carrières au sommet, rares, les compagnons qui acceptent d'endosser un rôle encore résolument  dévolu à la femme.

"Voilà pourquoi, peut-être, malgré tant de diplômes et de talent, leur ascension s'est arrêtée au pied  des marches de Matignon et de l'Elysée."

De la course à la mairie de Paris ou à la présidence de la République - seules Nathalie Kosciusko- Morizet et Marine Le Pen " deux guerrières douées de charisme" semblent présidentiables - le chemin est rude pour les escarpins

AE

Les conquérantes, Christine Clerc, essai, Ed. Nil, novembre 2013, 382 p, 21.5 €

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17 12 13

En lice pour le prix Horizon du deuxième roman

 

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 Accusé d'avoir tué par défénestration, Lisandra, son épouse, incarcéré,  Vittorio essaie de découvrir  l'assassin potentiel , parmi sa patientèle de psychanalyste. 

L'action se passe en Argentine, en août 1987. Les exactions de la junte militaire sont encore présentes dans les esprits et particulièrement celui d'Eva Maria, l'une de ses patientes, qui pleure la disparition de sa propre fille, Stella.  Soucieuse d'assister Vittorio en ces moments difficiles, Eva Maria va éplucher les enregistrements des dernières séances d'analyse avec ses patients

Tendue d'un rythme soutenu et d'une intrigue bien ficelée,  la narration progresse , s'oxygénant de dialogues, flashbacks et typographies signifiantes.

 Un roman maîtrisé 

Dûment sélectionné parmi les six finalistes du Prix Horizon du deuxième roman 

A suivre..

Apolline Elter

La garçonnière, Hélène Grémillon, roman, Ed. Flammarion, septembre 2013, 358 pp, 20 €

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14 12 13

L'histoire de ma vie

"Il n'y avait  pas de mise au point, insiste Cécilia Attias,  c 'est juste l'histoire de ma vie. Et dans cette histoire, il se trouve que j'ai traversé un certain nombre de moments où j'ai eu des expériences et je raconte ce qui s'est passé à ces moments- là en espérant que les gens découvrent qui je suis à travers ces expériences et ces moments" * 

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  La lecture d'Une envie de vérité , récit autobiographique de l'ex-Première dame de France, épouse de Nicolas Sarkozy au-delà des  élections présidentielles de 2007 et  remariée, depuis 2008,  avec Richard Attias,  vous fera découvrir une femme d'exception, qui intègre un parcours riche d'expériences et de rencontres aux plus hauts niveaux , en une philosophie empreinte d'altruisme, de valeurs fortes et de tolérance. Une femme dont l'élégance et la courtoisie innées sont ancrées sur de vraies qualités de coeur.

D'ascendance à la fois belge - sa grand-mère était anversoise - espagnole, par son grand-père Alfonso Albéniz, fils du célèbre compositeur Isaac Albéniz - russe, par son père André Ciganer, cadette d'une fratrie de trois garçons,  Cécilia Attias nous trace l'histoire d'une enfance heureuse, malgré une lourde opération cardiaque, choyée, aussi, et de l'expérience de vie que lui apportèrent ses mariages avec Jacques Martin, père de ses deux filles, Judith et Jeanne-Marie, Nicolas Sarkozy - avec qui elle partagea près de deux décennies  et un fils, Louis - et Richard Attias, dont "la rencontre présentait le caractère de l'évidence".  Un homme de passion,  personnalité solaire et généreuse qui contribue à la force positive qui émane du  couple.

Les années passées à Neuilly, Bercy et place Beauvau et quelque cinq mois à L'Elysée, au service de la République impriment  en cette femme de convictions  les respects  de la chose politique, de l'engagement remarquable de  Nicolas Sarkozy  et l'idée qu'il y a moyen, quand on le veut,  de faire bouger les choses.  L'isolement inhérent à l'exercice du pouvoir,  les  trahisons de fausses amitiés, le spectre de la transparence  et la désinformation entretenue par une  presse malveillante seront obstacles à la sérénité d'une vie par trop privée d'intimité.

Détaillé, le chapitre consacré à la libération, fin juillet 2007 des infirmières bulgares et du médecin palestinien, incarcérés en Lybie, en dit long sur l'empathie - et le courage - de la Première dame.  Une prise de conscience vitale, qui sera à l'origine de la création, deux ans plus tard, de la Cécilia Attias Foundation,  focalisée sur l'aide à la détresse féminine. Nous y reviendrons dans l'article que consacrera l'Eventail de février à la rencontre du jeudi 5 décembre  avec Cécilia Attias.

Un  entretien chaleureux et riche qui nous permit, notamment d'évoquer l'importance vitale, constitutive de la musique dans la vie de l'arrière-petite-fille d'Isaac Albéniz.  La question "proustienne" de la musique à laquelle elle s'identifiait le plus fut dotée d'une réponse protéïforme: " Probablement un morceau de musique classique. J'aime profondément  Mozart. Je pense que la musique de Franz Liszt est une musique dans laquelle je me retrouve (...) ou Chopin peut-être. Et puis, de la musique de jazz:  je pourrais me retrouver dans une musique d'Amstrong facilement, puis dans la soul music, je pourrais vous citer Andy Crawford.. ..Je pense que la liste serait interminable puisque j'aime la musique avec un M majuscule quelle qu'elle soit  (...) J'ai besoin de ça pour vivre. "

Je vous invite à poursuivre la conversation en découvrant l'article consacré en L'Eventail de février

 

Apolline Elter

Une envie de vérité, Cécilia Attias, autobiographie, Ed. Flammarion, oct. 2013, 320 pp, 19,90 €

 

* Entretien avec Cécilia Attias, jeudi 5 décembre 2013

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11 12 13

Co-los-sal

téléchargement (1).jpgAvec un titre Lewis Carollien  et la découpe d'un engrenage en guise de jaquette, la très belle monographie  que publie Thierry Bellefroid en cette fin d'année est un hommage à l'oeuvre - colossale -  de François Schuiten, célèbre et belge dessinateur, scénographe, designer urbain,  de 10 ans son aîné.

L'ouvrage Filiation Schuiten, (Philippe Marion)  paru en 2010 aux éditions Versant Sud ( chronique sur ce blog: http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2010/02/19/schuiten-filiation.html)   avait insisté sur le rôle de Robert Schuiten, puissant patriarche, dans la formation artistique de sa nombreuse progéniture;  celui de Thierry Bellefroid , exhaustif,  illustre d'innombrables planches et dessins, le parcours d'une oeuvre riche et en mouvement, d'un univers protéiforme.

De ses douze ans date la rencontre de François Schuiten avec Benoît Peeters et le début d'une amitié profonde, jamais démentie. Elèves du collège Don Bosco, ils créent Go, un  journal , dont le ton ne plaira guère à la direction..

" Et puis, il y a le coup de poker"

Présentées au magazine bruxellois Pilote, cinq planches de l'ado de 16 ans, conquièrent la direction et sont publiées sous le titre "Mutation". Réalisées entièrement au stylo bille  - une planche est reproduite p 21 - elles permettent au jeune homme d'affronter l'autorité paternelle avec un zeste utile de confiance en soi.

La rencontre avec Claude Renard, professeur de la section BD à Saint-Luc sera aussi décisive dans la genèse de son art que celle de Camus et de Jean Grenier,  et débouche rapidement sur un travail à quatre mains.

Si la tentative première de collaboration adulte avec son ami Benoît Peeters tourne court ( Le 9e rêve)  , elle est rapidement compensée par la publication conjointe des Murailles de Samaris (publié en album en 1983, après une prépublication dans le magazine A suivre, n°s 53 à 56 chef d'oeuvre d'hommage à l'Art Nouveau.

Elle sera suivie des célèbres Cités obscures,  La Fièvre d'Urbicande, La Tour, L'Archiviste,  La route d'Armilia, ...., de conférences-fictions, de la production de récits sonores, Brüsel - "pierre angulaire de l'engagement de François Schuiten en faveur de sa ville"  et source du documentaire-fiction Le Dossier B, réalisé par la RTBF-  L'écho des cités,  L'enfant penchée - "l'album préféré" de ses auteurs -  Le guide des cités, l'ombre d'un homme,  La frontière invisible, la théorie du grain de sable, Souvenirs de l'Eternel présent, ...  témoins de cette "vision d'une étonnante limpidité"  que traduit le duo et d'une collaboration qui dure depuis plus de trente ans.

"Peeters et Schuiten sont des organismes vivants, au sens qu'ils sont "au monde" pour le recracher dans la fiction."

Tout aussi passionnante - j'oserais dire hallucinante  - est la partie de ce somptueux ouvrage consacrée aux scénographies de l'artiste. Des réalisations grandioses qui de l'opéra, du Théâtre d'Angoulême à l'exposition du Transsibérien donnent la mesure du génie schuitenien  et de son indéfectible fidélité en amitié (Benoît Peeters, Claude Renard, Marie- Françoise Plissart..) 

Inédits, planches de projets avortés, timbres postaux,  fresques urbaines, métropolitaines,  pavillonnaires  (pour trois Expositions universelles) et hotelières , vitraux, scénographie de la Maison Autrique, à Bruxelles,  de la Maison Jules Verne à Amiens, Mur lumineux de Lyon, dentelle stellaire de Lille, utopies, ... laissent le lecteur pantois, à la découverte d' une production à ce point gigantesque.

Son oeuvre impressionnante n'empêche François Schuiten de nourrir de nouveaux projets, tel ce musée des Chemins de fer belges, Train Word, à la réalisation duquel il s'attelle désormais.

" A 57 ans, Schuiten a encore faim. D'expériences. Et d'excellence."

Il fallait la passion experte  de Thierry Bellefroid et son abyssale connaissance du domaine pour donner au génie de François Schuiten - du demeurant simple et avenant - ses pleines lettres de noblesse

C'est chose faite.

Il faut saluer la parution de cette monographie comme un événement majeur de l'année 2013

L'offrir, se le faire offrir. C'en est presque un devoir citoyen.

Apolline Elter 

 François Schuiten, L'horloger du rêve, par Thierry Bellefroid, beau livre, éd. Casterman, nov. 2013, 400pp, 59 €

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07 12 13

Jouer, défier, jouir

mes-trois-zebres-alexandre-jardin-9782246804550.gifS'il se fait "une joyeuse idée de la France" c'est parce qu'Alexandre Jardin revendique une triple paternité dans ses choix d'existence. Trois zèbres , trois "maîtres à oser " incarnés par Sacha Guitry,  Charles de Gaulle et Giacomo Casanova. Trois lumineuses illustrations des verbes "jouer, défier et jouir " qui conditionnent la vie de  l'écrivain  et un triple parti-pris qu'il entend partager avec le lecteur.

" Ce trio d'enchanteurs prouve que l'on peut s'engendrer soi-même au lieu de se contenter d'être né. "

 De Sacha Guitry, le lecteur retiendra l'être démesuré, fou à ...faire exploser les zygomatiques,  qui conçut sa vie comme une scène dramatique,  garde- fou quotidien de l'ennui;  l'être décalé, aussi, qui durant l'Occupation, persista à afficher un luxe, une sympathie vichyste qui lui seront durement reprochée à la Libération.

"Charles de Gaulle est mon plus grand secret.

Mon angle mort le mieux préservé, ma fièvre.

Mon vrai père"

 Figure plus austère que celle du Général, mais également fascinante: 

" Ce gentilhomme de l'effronterie a fait de moi, dans le plus grand secret - oui, sans que les miens y aient eu quelque part- , un type hautement allergique à la fatalité, haïssant toutes les formes de statisme. Un militant associatif qui chaque matin entend l'appel permanent du 18 juin, cette invitation à nager contre tous les courants de la renonciation à soi." 

Sa passion pour Giacoma Casanova, la  parfaite anti-thèse gaulliste,  Alexandre Jardin la justifie, par cette jubilation sans borne que le Vénitien traduit, irradie, tandis qu'il taste et  tâte,  sans vergogne, tous les plaisirs de l'existence.

 Et le lecteur de savourer le brio d' une plume magnifiquement inspirée, une nouvelle fois 

Apolline Elter

 Mes trois zèbres,  Une joyeuse idée de la France, Alexandre Jardin, essai, éd. Grasset, oct. 2013, 332 pp, 20 €

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30 11 13

Mâle beau rôle

Née à Toulouse le 7 avril 1914, Madeleine Lioux affirme très jeune ses talents de pianiste surdouée, prodigieuse. Successivement mariée à Roland Malraux, mort en déportation,  puis à André Malraux, elle vit encore. 

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La journaliste Aude Terray la rencontrait à 26 reprises, en 2011, aux fins de cerner son portrait, sa vie et lever quelque voile sur les 20 ans de vie qu'elle passa aux côtés d'André Malraux, son second époux,  demi-frère de Roland,  l'amour de sa vie.

" Le basculement amoureux de Malraux laisse songeur. Le romancier est certainement attiré par l'ambiguïté de la situation. L'ambivalent tenté de vivre des sentiments mêlés, confus, inextricables. Le franc-tireur séduit par l'idée de la transgression et de la mise à l'épreuve. L'union avec Madeleine resserre le noeud gordien, elle accomplit la fatalité familiale en répétant la faute commise par Fernand avec sa belle-soeur; elle attise la culpabilité à l'égard du jeune frère mort en héros."

Epouse discrète, - modèle, bienveillante et élégante, Madeleine sut  comprendre et choyer le grand enfant capricieux, égocentrique et arriviste qu'était resté André Malraux Eduquant Vincent et Gauthier, les deux enfants qu'il conçut avec sa maîtresse,  avec son propre fils,  Alain , Madeleine tenta d'instaurer une harmonie familiale parmi ces êtres égratignés par la vie, la guerre et l'absence d'amour d'un père résolument indifférent  à leur sort.

"Quand ils seront un peu plus grands, Madeleine doit insister pour obtenir que le dimanche, ils déjeunent ensemble. Malraux met du temps à l'accepter. Noué, cérébral, tourné vers lui-même , concentré sur l'oeuvre de sa vie, père à contrecoeur, ignorant l'enfant qui n'apparaît d'ailleurs dans aucun de ses romans et ayant détesté sa propre enfance."

Jusqu'au jour où accablé par la mort accidentelle de ses deux fils, Vincent et Gauthier,  une panne d'inspiration et autres ennuis liés, André Malraux la répudie, lui donnant,sans le savoir, l'occasion de reprendre piano, concerts et une carrière reconnue, internationale  qu'elle lui avait  sacrifiée: l'on voit ainsi l'alerte nonagénaire se produire sur les scènes de Tokyo, New York , ... notamment.

Fresque passionnante d'un XXe siècle bousculé d'événements tragiques mais aussi de l'intimité d'un homme qui s'en sort parfaitement démythifié, l'essai d'Aude Terray se déguste comme un roman

Madame Malraux, Aude Terray, essai, Ed. Grasset, setp.2013, 318 pp, 20.90 €

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27 11 13

Por favor

téléchargement.jpgJean des Cars nous enchantait l'an passé, avec une brillante 'Saga des Reines' (Ed. Perrin, 2012 - voir chronique sur ce blog), il nous revient, nous ravit , en cette fin 2013,  avec une Saga des Favorites et un captivant survol cinq siècles d'Histoire vus  par le prisme des faveurs souveraines. Il était l'invité, jeudi 21 novembre de L'Eventail et d'un déjeuner littéraire à affluence  forte et... passionnée.

D'Agnès Sorel - qui inaugure la tradition françaises des favorites et supplante les maîtresses du Valois Charles VII à Wallis Simpson, qui coûta son trône, à Edouard VIII d'Angleterre, quinze 'femmes de l'ombre, éclairées par la lumière de la puissance " voient leurs portraits - hauts en couleurs - brossés par  la plume alerte et vivante de l'historien.

Certaines exercent une action  plutôt bienfaisante sur leur amant ,le pays, telles Agnès Sorel, la marquise de Pompadour, Gabrielle d'Estrées.. tandis que d'autres lui empoisonnent plutôt l'existence, telles Lola Montez, Magda Lupescu ou la sulfureuse Wallis.

Il en est de très attachantes, songeons à Louise de Lavallière, plus éprise de l'homme que fut Louis XIV que du souverain.

Un chapitre cible particulièrement l'Histoire de la Belgique, qui met en scène Blanche Delacroix, maîtresse du Roi Léopold II, de 48 ans son aîné... Il la fera baronne de Vaughan, l'épousant à trois jours de son propre  trépas.

L'Histoire est le théâtre de singulières destinées, qui  offre à cette galerie de portraits de fabuleux atours de lecture

Apolline Elter

La saga des favorites, Jean des Cars, essai, Ed. Perrin, novembre 2013, 455 pp, 25 €

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26 11 13

Quinqua-phonie

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"Il faut bien l'admettre: l'histoire avait très mal commencé. En 1963, lorsque France Inter devient France Inter, la radio se lance dans la course à l'information dotée d'un lourd et pesant passif d'après-guerre, dont elle n'est pas débarrassée.

Elle aura 50 ans le 14 décembre prochain: fringante quinquagénaire, France Inter fête un demi-siècle d'émissions cultes - le générique de la célèbre Radioscopie chancellienne résonne encore à vos oreilles -  de turbulences, grèves et de joies. 

Consignant une cinquantaine d'interviews de membres actuels et anciens de cette grande famille radiophonique , Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet nous brossent le portrait  - alerte et attachant - d'une grande dame  investie d'une mission de service public, progressivement et partiellement affranchie, au cours des ans, de la tutelle gouvernementale.Le portrait-type de ses auditeurs - farouchement attachés à "leur" radio, celui de ses animateurs, des 140 métiers qui gravitent autour des ondes et des programmes qui font succès de la station ravivent en nos mémoires les parcours parfois initiaux  de grandes voix, de grands noms, tels Jacques Chancel, Stéphane Bern, Yves Mourousi, , Patrick Gelinet, Nicolas Demorant, Eve Ruggieri, Michèle Cotta, Laurent Ruquier...

Une belle visite des coulisses d'une grande maison.

AE

La saga France Inter,  Amours, grèves et beautés, Anne-Marie Gustave et Valérie Péronnet, essai, Ed. Pygmalion, oct. 2013, 290 pp, 20.9€

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22 11 13

Vivre était une longue route

 

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"...je suis un homme qui finit 

de vivre de mourir je marche

dans ma ville 

avant le passage

vivre était une fatigue

une douceur un éreintement

vivre était une longue route

mon corps brûlé

mon or répandu

j'ai tant crié contre le vide

je me suis tant cogné aux apparences

(...)  mon amour mon âme dévêtue

le temps est venu de te porter."

Louis est arrivé en fin de vie. Hospitalisé,  il confesse à Mary l'océan infini de ses amours,  émotions, souvenirs,.. en un texte continu, onirique, soutenu d'un rythme  mélodieux, ondoyant, telles des vagues qui fluent, refluent,  l'invitant doucement à effectuer le passage vers la rive inconnue.

Une oeuvre poétique.

Une oeuvre qui façonne la langue, l'illumine et l'embarque en un poignant, dense et  dernier voyage... initiatique.

Apolline Elter

Avant le passage, François Emmanuel, monologue poétique,  Ed. Actes Sud, oct., 86 pp, 12.8 €

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19 11 13

La vilaine soeur

 

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Assurément un roman marquant de la rentrée littéraire: féerique, onirique, saugrenue, sensuelle, décalée,  belle, la plume ovaldienne virevolte, au gré d'une concordance temporelle variable, d'un tâtonnement narratif et  d'une ingénuité volontairement entretenue..

 " (J'ai abandonné le projet d'écrire l'histoire de Maria Cristina Väätonen comme s'il s'était agi d'une biographie, d'une notice, ou d'un document bourré de références impératives et de notes de bas de page. J'ai décidé de faire avec l'approximation. J'ai décidé de faire avec ce que je sais d'elle. Et avec ce qu'on m'a dit d'elle. Je ne suis peut-être pas la personne la plus à même d'aller au bout de cette entreprise."

Ecrivain consacrée par la publication, en 1978, d'un roman d'inspiration autobiographique, La vilaine soeur, Maria Cristina Väätonen est rappelée à Lapérouse, son village canadien natal, pour adopter son neveu Peleete, abandonné par sa soeur aînée. Cette dernière avait eu jadis la  "tête cassée" par un accident en forêt dont Maria Cristina s'estime responsable.

Résistant à cette maternité imposée , Maria Cristina s'offre, par voie de narration, un retour sur sa prime jeunesse, son avènement à la publication, la relation ambigue et sensuelle qui la lia au célèbre écrivain déchu, Rafael Claramunt.

Gracieuse, analytique, bavarde, attachante, pimentée d'humour,  l'intrigue se meut  en une ambiance impressionniste , une veine  d'écriture élégante qui évoque celle d'Alice Ferney .

 "... il y a une certaine grâce chez les perdants, les plagiaires et les brigands"

AE

La grâce des brigands, Véronique Ovaldé, roman, Ed. de l'Olivier, août 2013, 285 pp, 19,5 €

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