28 03 13

On se tait, on se tient

9782221131466.jpg" Aujourd'hui, je suis fière d'être  la petite-fille d'Edmond de Saint Junien, tête haute, cheveux et moustaches grisonnants, costume, cravate et souliers cirés, (...) Et de Delphine, ma grand-mère, toujours belle malgré ses soixante-six ans, collier de perles, tailleur-jupe ou pantalon, (...) . En m'appelant Fine, je porte un peu de son prénom et de l'honneur de la famille. Car on dit "fine" pour le cognac."

Rassemblée autour du couple patriarcal d'Edmond et Delphine, la famille Saint Junien vit dans un château près de Cognac. 

Surgit Nils, dix-huit ans,  fils de Rosalyne, inconnu au régiment du clan.

Surgit, peu après,  le meurtre d'une enfant, Maria, fille des concierges...

La culpabilité de Nils ne fait aucun pli pour la moitié de la famille; son innocence rassemble l'autre moitié autour de sa défense et de...l'amélioration de ses conditions de détention.

Jonglant allègrement avec les points de vue du narrateur et de Fine, observatrice interne du fonctionnement du clan, Janine Boissard nous offre une fresque familiale pétrie , certes, de quelques rancoeurs, mais surtout de fraicheur, tendresse, amour et d'une belle dignité.

Découvrant rapidement la source de la machination dont il est victime, Nils saura faire passer l'intérêt supérieur de la famille avant son salut immédiat.

Bon sang ne peut mentir

Bonne plume non plus.

Janine Boissard nous offre un moment de lecture tonique et ravigorant

Apolline Elter

Chuuut!, Janine Boissard, roman, Robert Laffont/ Best-Sellers,  mars 2013, 320 pp, 20 €

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20 03 13

Un souverain éclairé

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" Pourquoi les Français se sont-ils toujours mépris sur la taille du roi ? (...) Louis XIV était grand, et encore aujourd'hui, il serait grand puisqu'il mesurait plus de 1,80 mètre"

Soucieux d'éclairer les parts d'ombre, de transcender les visions figées, voire sclérosées, du Roi-Soleil, Gonzague Saint-Bris  parcourt la vie du célèbre souverain, sous un angle humain, singulièrement contemporain.

Un souverain dont l'autorité - absolue, après le décès du Cardinal Mazarin, en 1661 -  se double d'une courtoisie innée et d'une importante faculté d'écoute.

Maladies, guerres, fêtes, frasques amoureuses, chantier de Versailles et celui des jardins conçus par Le Nôtre, conduite de l'Etat , d'une Cour à sa merci... Louis XIV est de tous les fronts, incarnant l'image d'une France forte, respectée de tous les pays.

" Le règne de Louis XIV offre certes une face sombre, avec le Code noir, les galères, l'affaire des Poisons, Port-Royal, les dragonnades, la guerre des Camisards, la révocation de l'Edit de Nantes, le "grand hiver" ou l'invasion du Palatinat, mais  il offre aussi une face lumineuse, avec l'équipe des grands commis, de  Colbert à Louvois, les manufactures et l'encadrement économique, l'Académie des Sciences, le "pré carré" , les écrivains, les musiciens, les prêtres (...) et surtout Versailles , qui non seulement clame toujours haut et fort le génie de la France, mais encore celui de son inventeur, maître d'ouvrage exceptionnel , qui savait avec précision ce qu'il voulait et pourquoi il le voulait . Loin d'un absolutisme monolithique, le règne de Louis XIV est une aventure collective."'

Entrecoupé de synthèses thématiques et portraits, la biographie se dévore comme un roman.

AE

Louis XIV et le grand siècle, Gonzague Saint Bris, essai, éditions Télémaque, octobre 2012, 320 pp, 21,5 €

 

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19 03 13

Ilsa Schaffner

Elle se nomme Ilsa Schaffner, et se meurt, centenaire, chambre 313 de l'hôpital d'Hadamar.

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 Revenu sur les lieux où il échappa, quelque 70 ans plus tôt, à la sinistre inauguration du système de douches à gaz, imaginé par les nazis pour épurer la société des débiles et handicapés,  le narrateur, le célèbre  physicien David Rosfeld,  entreprend de réhabiliter, aux yeux de Marianne Le Bret,  la mémoire passablement malmenée de sa grand-mère.

Un dîner au restaurant, arrosé de vin blanc,  contitue le cadre et le prétexte  de ce flash back , long monologue par lequel le narrateur dévoile le stupéfiant sacrifice d'un compagnon de chambrée,  David Rosfeld et l'échange de matricule qui lui valut vie sauve.

"C'était fait. Notre échange était consommé. David ne s'était pas trompé: quand les gens ne sont plus que des numéros, il suffit de changer un chiffre pour devenir un autre."

Pas tout à fait. L'ex-"bouseux" rejeté par ses parents et placé en institution  doit désormais se montrer digne de l'âme de son défunt ami, enfant surdoué repéré par Ilsa Schaffner. Et surtout, il ne peut decevoir sa protectrice, qui misant sur sa science nucléaire, entend l'arracher, ainsi que quelques camarades semblables,  au programme d'extermination prévu à leur encontre.

"J'ai incarné le plus grand défi de sa vie. Le point culminant de ce travail sur l'intelligence auquel elle consacrait toute sa vie." 

Ancré sur l'imposture initiale d'une identité usurpée, les exigences scientifiques et celles d'une vie rendue double, le nouveau roman de Didier van Cauwelaert semble renouer avec la veine stylistique de ses premiers écrits (Un aller simple, La demi-pensionnaire...)

Apolline Elter

La femme de nos vies, Didier van Cauwelart, roman, Albin Michel, 300 pp, 19,5 €

 

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17 03 13

L'innocence en question

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17 juillet 1960: Clara Kersten, une fillette de 10 ans est mortellement projetée, de la grand-route de Malmaison, un village des Ardennes luxembourgeoises, sur les marches d'une habitation. Le chauffard ne s'est pas arrêté. D'emblée, les soupçons se portent sur Carlo Mazure, un sexagénaire imbibé d'alcool et frappé d'amnésie, suite à l'immersion de sa jeep, ce même jour, dans un proche ruisseau.

Ce délit de fuite place le thème de la responsabilité, de l'innocence coupable au coeur du nouveau roman d'Armel Job. Explorant sans concession les affres de la conscience, dans le chef du coupable, de l'inconscience, dans celui de l'accusé, l'écrivain en mesure les effets au sein des relations conjugales, amicales et professionnelles.

Et le lecteur de retrouver la gouaille, la précision, la  fluidité du style et de l'enchaînement des situations qui font d'Armel Job un conteur imparable. 

AE

Le bon coupable, Armel Job, roman, Ed. Robert Laffont, février 2013, 304 pp, 19,5 €.

  Billet de faveur

AE: Armel Job, vous êtes l'un des plus célèbres et néanmoins très apprécié, écrivain belge contemporain. On vous voit partout, en ce moment, sur les ondes télévisuelles, radiophoniques, les pages de la presse et celles des salons littéraires...  Par  égard pour  cet agenda  chargé et à la joie de vous retrouver, le jeudi 23 mai, invité du déjeuner littéraire de L'Eventail, je ne vous poserai qu'une question :  Le "bon coupable", c'est celui dont l'innocence n'est qu'"occasionnelle"....est-ce bien moral, tout cela ?

Armel Job: Le bon coupable est un titre volontairement ambigu, comme je les aime. En effet, on peut comprendre l’expression de deux façons. Le bon coupable, c’est le vrai coupable, comme dans le bon numéro au loto. Mais c’est aussi le bon coupable, comme dans le bon larron, le méchant touché par la rédemption. De la sorte, le titre s’applique aux deux protagonistes du roman. Tous les deux sont confrontés au mal dont ils se sont rendus coupables dans leur vie. L’un est bien sûr réellement coupable de la mort de la petite fille, mais l’autre aurait pu très bien l’être à quelques minutes près. De toute façon, il est coupable de bien d’autres errements dans sa vie.

Les deux sont violemment interpellés par le drame qui s’est produit. L’un rentre en lui-même et saisit l’occasion pour une véritable conversion qu’il concrétise en assumant le drame. L’autre est prêt à la même conversion, mais au dernier moment, il choisit de s’esquiver. Si le roman se terminait par les aveux du vrai coupable, on aurait une sorte de happy end réconfortant pour le lecteur, mais superficiel. Ouf, tout rentre dans l’ordre. Le lecteur n’a plus à se poser de questions. La justice triomphe et le lecteur se place spontanément dans le camp des justes. C’est son camp qui l’emporte.

Le magazine L'Eventail du mois de mai consacrera le portrait d'Armel Job, l'argument de son nouveau roman et une invitation à participer au déjeuner littéraire organisé, en son honneur, le jeudi 23 mai à midi.  Les places seront comptées - 12 lecteurs conviés: inscrivez-vous,  dès parution du magazine, selon les modalités requises...

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14 03 13

Grand siècle

le_siecle_de_dieu_01.jpg" Anne-Sophie songea à sa cousine. A la recherche du bonheur, toutes deux avaient emprunté des chemins différents. Celui de Viviane menait au village de Soumission, le sien allait-il vers la mer Dangereuse? C'était cependant cette route qui l'attirait. Les marins n'esperaient-ils pas tous échapper au naufrage? "

C'est sur fond de Grand Siècle, du règne de Louis XIV, de Cour et de salons que Catherine Hermary-Vieille signe son nouveau roman historique. En mire, le destin comparé de deux cousines, issues de la haute noblesse bretonne: Anne-Sophie et Viviane. L'une épouse le marquis de Vieilleville, une vie de fastes et de (violentes) tentations;  pauvre et idéaliste, Viviane se voue aux enfants misérables , auprès des Filles de la Charité et en particulier au sort de Marie-Aimée, sa petite protégée.

En toile de fond, aussi, la vie (réelle) de Jeanne Guyon, fondatrice de la confrérie du Pur Amour.

Nourrie d'événements, habitée de personnages historiques-  Louis XIV, Ninon de Lenclos, Madeleine de Scudéry, Jeanne Guyon, Madame de Maintenon...- la fresque couvre, au-delà du règne du Roi-Soleil, les années 1664 à 1730.

Chaleureuse et vive, la plume de la romancière rend le Grand Siècle, singulièrement présent.

AE

Le siècle de Dieu, Catherine Hermary-Vieille, roman historique, Albin Michel, février 2013, 360 pp, 20,9 €

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12 03 13

Le murmure de la mémoire

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La signature de François Emmanuel est toujours événement. Il nous revient, ce 7 mars, avec la publication d'un recueil de trois nouvelles, Les murmurantes.

"(...) je mesure aujourd'hui l'étendue de ce que nous n'avons pas pu nous dire"

Parti en Inde à la recherche de  Joy Archer, avec qui il avait eu une liaison fugace, le narrateur d'Amour déesse triste, première nouvelle du recueil, opère un travail de mémoire affective  qu'il consigne dans un journal:  "La mémoire est commme un mur sur lequel on passe la main. De quoi la main se souvient-elle? "

Une quête qui l'amène à lui-même - "Ce que l'on cherche est toujours en soi, .."-  à une vision  nouvelle de l'amour : " L'amour serait chez l'autre la découverte incrédule de cette part de soi que nous ne connaissions pas, .."

***

 Placée sous le signe de la mémoire, la deuxième nouvelle  - La convocation - met le narrateur en présence de Stefano Minghelli, marchand d'art,  veuf de  "L.",  son ancienne maîtresse

" Monsieur, 

Ma lettre vous surprendra sans doute mais il est des silences plus lourds, plus déchirants que tous les mots de la discorde."

La rencontre se passe à Cagliari, en Sardaigne, sur fond de mission symbolique: le narrateur  est censé acquérir pour compte du marchand d'art, le dessin d'une Dormition de la Vierge, attribué à Filippo Lippi..., troublante, évocation de la disparue.

****

La troisième, éponyme et  dernière nouvelle, Les murmurantes, pose la question du testament littéraire et du lien fusionnel qui unit la plume d'un célèbre écrivain espagnol et de son secrétaire.

"J'ai écrit La Splendeur, dis-je, mais c'est sa voix qui m'a porté tout au long de son écriture."

  Poète d'une syntaxe  qu'il façonne avec une mélodie subtile, sublime, l'écrivain invite au recueillement.

AE

Les murmurantes, François Emmanuel, Trois nouvelles, Le Seuil, mars 2013, 164 pp

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05 03 13

L'envol d'une passion

url.jpgRéalisés à l'arrachée d'une première rencontre difficile et la patience d'un apprivoisement respectueux, les entretiens que la célèbre écrivain accordait, entre 1987 et 1989, à la jeune journaliste de La Stampa, Leopoldina Pallotta della Torre raviront les Durassiens.

 " Ce n'est qu'avec un deuxième livre que l'on commence à voir clair dans la direction de son écriture, à travers le lent détachement par rapport à la fascination que l'idée de littérature exerce sur nous"

Retranscrites selon la  (chrono)logique  de sa vie et de son oeuvre, les réponses de l'écrivain sont directes, frappées, semble-t-il de recul et vérité

De la tâche dévolue à la littérature, Marguerite Duras dira qu'elle est "De représenter l'interdit. De dire ce que l'on ne dit pas normalement. La littérature doit être scandaleuse: toutes les activités de l'esprit, aujourd'hui doivent avoir affaire au risque, à l'aventure. "

AE

Marguerite Duras. La passion suspendue, Entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre, Traduit de l'italien et annoté par René de Cecatty, Ed du Seuil, 194 pp, 17 €

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01 03 13

François Mauriac - intime

9782221116609.jpg" L'oeil était noir, perçant. Il voyait tout d'abord ce qui n'allait pas. (...) François Mauriac écrivait de miel auprès de ce qu'il modulait de sa voix blessée"

Dans Histoire de ma vie ( Ed. Gallimard, janvier 2013 - voir chronique d'hier sur notre blog) Françoise Giroud brosse de l'illustre écrivain un portrait pétri d'admiration et ...de terreur : "La dent était dure. A l'entrendre broyer les autres - ceux qu'il aimait, veux-je dire - , je préférais ne pas imaginer de quelle formule il m'habillerait pour l'éternité si par malheur mon nom lui venait aux lèvres."

Une belle invitation - s'il en fallait - pour nous pencher sur  la correspondance intime et la publication de lettres inédites à ce jour, patiemment rassemblées par sa bru, Caroline Mauriac, au lendemain du décès de l'écrivain, le 1er septembre 1970.

Récemment décédée, Caroline Mauriac "guidée par une véritable passion pour l'homme et pour l'oeuvre" avait traqué, au départ des lettres conservées par son beau-père le nom de ses  correspondants. Partant, elle avait récupéré nombre de lettres qui leur furent adressées. Elle nous offre de la sorte un florilège riche d'un millier de  missives, étalées sur une période de 70 ans, de 1898 à 1970, parmi lesquelles les noms de Maurice Barrès, Henri Bergson, Gilbert Cesbron, Albert Camus, le Général de Gaulle, Paul Claudel, Georges Duhamel, Julien Green, Henry de Montherlant,  Marcel Proust, Anna de Noailles et Françoise Giroud ..côtoient ceux de la famille,  en un monument de style - maîtrisé, tonique, tranchant - et de sincérité.

Nul doute que cet épistolier majeur a inscrit en sa correspondance les clefs d'une personnalité complexe, ambigüe, exigeante,ironique,  passionnée, aimante, ...singulièrement attachante, les clefs de son âme, en quelque sorte

AE

François Mauriac, Correspondance intime. Réunie et présentée par Caroline Mauriac, Ed Robert Laffont, coll. Bouquins, 756 pp

 

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28 02 13

Le journal que l'on m'avait prêté..

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" Je suis une femme libre. J'ai été, donc je sais être une femme heureuse. Qu'y a-t-il de plus rare au monde? "

Il peut être délicat de publier, de façon posthume, le récit d'une femme au lendemain de sa tentative de suicide. Surtout quand cette femme revêt l'image forte et mythique du combat, de la réussite, de la célébrité.

Dans sa biographie Françoise ( Ed. Grasset voir chronique sur ce blog), Laure Adler nous avait déjà révélé l'humanité, la vulnérabilité de la célèbre journaliste, co-fondatrice, avec Jean-Jacques Servan-Schreiber,  de L'Express.

Découvrant au gré de ses recherches deux versions d'un manuscrit prétendument disparu, Alix  de Saint-André  entreprend, avec l'approbation de Caroline Eliacheff, la fille de Françoise, d'en établir l'édition.

" Reconnaissant d'emblée l'ADN de Françoise à chaque phrase, elle est d'accord pour faire un montage de la meilleure version."

Ecrit en 1960, juste après une tentative de suicide, entravée à son plus grand dépit, le témoignage de Françoise Giroud trace le bilan d'une vie - elle a 43 ans et en est au mitan -  sans concession ni atermoiements. L'écrivain se veut honnête, lucide, chirurgicale - le lecteur retrouve avec joie son phrasé dense, sobre, nourri de métaphores éloquentes et nettes  - ce qui l'amène à se déprécier quelques fois.

"Le journal que l'on m'avait prêté, je l'ai rendu"

En jeu, la relation d'amour - déçu- qui l'unit à JJSS et de travail intensive et fusionnelle qui les lient à L'Express, leur enfant.  Françoise en sera brusquement écartée - "Vous avez fait de moi une femme perdue.." - et décidera de se donner la mort.

" Aujourd'hui,  j'ai envie de le croire, de croire que Jean-Jacques, mon frère, mon camarade, ne m'a pas jetée du bord. Mais ce jour-là, j'ai compris autrement son regard et ses silences."

Françoise Giroud nous quittait le 19 janvier 2003. Son style n'a pas perdu de sa force,  sa parole, de sa vérité

AE

Histoire d'une femme libre, Françoise Giroud, récit, Edition établie par Alix de Saint-André, Ed. Gallimard, janvier 2013, 254 pp, 18,5 €

 

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26 02 13

Le vrai mal de ma vie...

 

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" L'énigme était à chercher, peut-être du côté des paroles  naïves  qui échappaien,  parfois,  à cette femme si cérébrale : " Le vrai mal de ma vie, c'est que mon coeur ne peut vivre un seul intant sans aimer..."

Cultivant les amants en un jardin secret ...célèbre, l'impératrice de Russie,Catherine II ( 1729-1796) est   présentée  sous l'angle de sa fragilité amoureuse. Fasciné par cette personnalité hors norme, le cinéaste Oleg Erdmann tente de la cerner hors de son trône , de repérer la vraie femme qui sévit en elle. La vie, les attitudes de l'impératrice trouvent alors de curieux échos dans la vie d'Oleg.

Jeu de miroirs, de perspectives, de deux époques de l'Histoire russe,  le roman d'Andréï Makine se coud sur trame de vie sidérante.

AE

Une femme aimée, Andréï Makine, roman, Le Seuil, janvier 2013, 364 pp, 21 €

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