02 08 12

De belles échappées...

 l'echappee_belle.jpgIl est des échappées qui ont la vie belle... Publié en 2001, le roman d'Anna Gavalda s'était octroyé un lifting , fin 2009, à la grande joie de ses lecteurs et d'une chronique parue sur notre blog, le 8 décembre 2009:

images.jpghttp://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2009/12/08/l-echappee-belle.html

Mais Anna Gavalda avait décidément décidé de ne pas en rester là et dote son frais roman d'un dernier (et ultime? ) chapitre.

Un chien débarque dans la vie de Garance, qui sème la pagaille et l'oblige à un grand ménage plutôt salutaire:

 "– Je t’adore, mais t’es dur quand même, hein ? T’es comme une boule de bowling… T’arrives dans ma vie et badaboum, le strike : tu fous tout par terre. Je n’ai plus envie de vivre chez moi, je suis tricarde avec ma concierge, je suis tricarde avec mes voisins, je n’ai plus de boulot, je n’ai plus de mec…Enfin, si j’en ai un autre, mais bon, il n’a pas l’air très motivé, celui-là…"

 La version complète du roman paraît conjointement (juillet 2012) aux Editions La Dilettante et J'ai lu.

L'Echappée belle, Anna Gavalda, roman, Le Dilettante & j'ai Lu, juillet 2012.

 

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31 07 12

Les secrets d'un bronzage intelligent

url (16).jpg"Quizz" littéraire idoine pour les bronzettes en bord de piscine, les apéros actifs, un mitan de vacances et de chroniques en roues libres, ce sympathique recueil de la collection  Folio 2 € chatouillera votre curiosité  d' Incipit de romans célèbres, des patronymes enfouis sous les pseudonymes de Yasmina Khadra, Stendhal, Molière... et surnoms aussi flatteurs que taureau triste, porc épique, vache bretonne de la littérature... quand vous ne cèderez au centon, procédé qui consiste à assembler des fragments littéraires célèbres pour générer un texte cohérent.

Les énigmes trouvent solutions fin du recueil, prêtes à combler les déficiences d'une mémoire au repos...

AE

Jouons avec les mots - Jeux littéraires - Edition de Julie Pujos - Gallimard - Folio 2 € - mai 2012- 144 pp

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31 07 12

Annus horribilis

url (16).jpg"L'année 1671 s'ouvre sur le départ de Mme de Grignan en Provence et se clôt sur le retour de Mme de Sévigné à Paris, après un séjour de plusieurs mois aux Rochers, en Bretagne. Le mouvement est incessant: celui des lettres lancées sur les chemins et confiées à d'inlassables postillons, celui des épistolières dont les déplacements donnent lieu à des développements géographiques mêlant connaissances livresques, souvenirs, rêveries et imaginaire des lieux"

Extraite de l'édition de la Pléiade (vol. I) établie par le regretté Roger Duchêne et son épouse Jacqueline Duchêne, la correspondance de la marquise, en cette année 1671 est conçue comme une entité cohérente.  Les annotations sont offertes en fin de volume qui éclairent le contexte de chaque missive.

Nous ne pouvons qu'approuver ce découpage - nous qui travaillons précisément sur les années 1671-1672 qui consacrent la première séparation de la marquise et de sa fille, Françoise-Marguerite,  partie  rejoindre son époux, le comte François de Grignan, nommé Lieutenant général de Provence.

Une façon vivante  d'aborder notre chère marquise, dans le quotidien d'une année cruciale  qui célèbre de concert et  début février, ses 45 printemps, les 20 ans d'un veuvage bien assumé et le départ de sa fille chérie....plutôt mal perçu.

AE

Madame de Sévigné - Lettres de l'année 1671 - Edition de Roger Duchêne - Préface de Nathalie Freidel - Gallimard - Folio classique, mai 2012 - 550 pp

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16 07 12

La plaidoirie de Galilée

url (7).jpgChoisies, traduites et adaptées par Cesare Capitani, six lettres de Galileo Galilei - le célèbre Galilée (1564-1642)  - dont une capitale adressée à Christine de Lorraine, petite-fille de Catherine de Médicis, éclairent non seulement la thèse héliocentrique de l'homme de science mais aussi sa position vis-à-vis de l'orthodoxie religieuse.

Par une plaidoirie respectueuse, construite et ..sublime, Galilée s'emploie à concilier les découvertes irréfutables de l'astronomie avec le respect des Saintes Ecritures, fustigeant élégamment l'invalidité de certaines  interprétations douteuses...

" Mon sentiment est qu'il est très pieux et très juste de soutenir que l'Ecriture ne peut jamais mentir, dès lors qu'on en a pénétré le sens vrai"

Et de renchérir que si la théologie est la reine de toutes les sciences, il ne lui incombe pas pour autant de traiter de celles qui lui sont subalternes..

"Ce serait comme si un prince absolu, avec tout son pouvoir, voulait aussi soigner les gens et bâtir les maisons. N'étant ni médecin ni architecte, il s'ensuivrait de grands dangers pour la santé des malades et la stabilité des bâtiments."

Et de conclure l' époustoufflante missive  adressée à la grande-duchesse de Toscane - Christine de Lorraine -  et ...ce merveilleux recueil des éditions Triatris,  d'un cri inouï, véritable ode à la liberté de penser:

" S'il suffisait, pour éradiquer une nouvelle théorie, de fermer la bouche à un seul homme, ce serait là chose facile. Mais en réalité, pour parvenir à cette fin, il faudrait interdire non seulement le livre de Copernic et tous les écrits des auteurs qui suivent sa doctrine, mais également la science astronomique entière. Bien plus: il faudrait interdire aux hommes de regarder le ciel!"

Une remarquable mise en perspective de l'époque, de la pensée et de l'avancée scientifique du célèbre Toscan.

AE

Galilée, le combat pour une pensée libre, Cesare Capitani, Choix, traduction et adaptation de lettres de Galilée, éd. Triartis - Scènes intempestives à Grignan, 38 pp, 4,9 €

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15 07 12

C'est la première fois que je suis vieux

url (5).jpg" C'est peut-être la perspective de l'échéance qui pointe son museau, qui me donne envie de refaire le chemin à l'envers. Je dis ça comme ça, je n'en sais rien, je n'ai pas l'expérience.

C'est la première fois que je suis vieux."

Repêché d'une chute inexpliquée dans la Seine, Jean-Pierre, jeune vieillard solitaire et bougon...diantrement attachant, entreprend un séjour forcé à l'hôpital..

"On m'a vidé les bronches, plâtré ici et là. J'avais dû ricocher sur la pile du pont. Suicide raté, soirée trop arrosée, agression? On se perdait en conjonctures.

Moi, j'étais comateux, et donc sans opinion."

L'occasion rêvée - si l'on peut dire - pour  faire le point sur l'existence, la sienne et celle des autres, et promener le lecteur dans les méandres d'un passé délicieusement banal.

"La vie est un escroc sans scrupules: si on n'y prend pas garde, elle vous plume  à vif et vous laisse repartir avec les poches vides, comme un flambeur ruiné qui sort d'un casino"

L'assujettissement au milieu hospitalier et ses pratiques incongrues revêtent, sous la plume de Jean-Pierre, un comique irrésistible. D'un pinceau incisif, le narrateur brosse une galerie de portraits provocante de causticité et de ..tendresse inavouée.

Plume magistrale, nourrie de verve et de vraie humanité, saisie d'images rafraichissantes, l'auteur de La tête en friche, nous séduit hautement. Elle rejoint , en notre paradis littéraire, la prestigieuse lignée des Anna Gavalda, David Foenkinos et autres esprits de génie...

C'est dire comme je vous en recommande la lecture.

  AE

Bon rétablissement, Marie-Sabine Roger, roman, Ed. du Rouergue, mars 2012, 206 pp, 18,5€

Le roman a été primé du Prix des lecteurs de l'Express 2012

Billet de faveur

 AE : Marie-Sabine Roger, vous plonger ainsi dans le corps d’un homme vieux et ... mal en point, relève du double, du triple exploit.  On a peine à croire que le roman a été écrit par une femme, jeune encore. L’observation de la dépendance physique est, elle aussi, magistralement observée.

Marie-Sabine Roger :

Ce n’est ni un choix de style, ni une approche délibérée, c’est plutôt de l’ordre de la rencontre fortuite. Je ne connaissais pas Jean-Pierre, je ne savais rien de lui, et, un beau matin, sans préavis, il s’est mis à me raconter sa vie, comme le font toujours les personnages de mes romans,  et nous avons commencé une cohabitation de près de deux ans, le temps de l’écriture du livre.

Je n’ai jamais vu Jean-Pierre comme le personnage de roman qu’il est, mais plutôt comme un homme réel, en qui j’aurais retrouvé d’une façon ou d’une autre un peu de tous les hommes qui ont partagé ma vie, de près ou de loin. (Et il se trouve que j’ai connu un certain nombre de râleurs…)

Dès la première page  j’ai eu le sentiment d’être, non pas l’auteur du livre, mais sa première lectrice, et la visiteuse quotidienne de Jean-Pierre, dans sa chambre d’hôpital. Assise à son chevet, partageant son plateau-repas, invitée - malgré moi – dans salle de bains, collée au radiateur pour laisser place aux infirmières, médecins, aides-soignantes et visiteurs de tous poils qui envahissaient sa chambre à heures irrégulières et repartaient toujours sans refermer la porte.

Je l’ai écouté parler, penser, bougonner, fulminer, je l’ai trouvé tout d’abord agaçant, puis de plus en plus attachant et je dois dire qu’il m’a souvent fait rire.

Pour le reste, je n’ai fait que retranscrire de la façon la plus fidèle possible ce que j’ai eu l’occasion « d’entendre » ou d’observer... Aucun mérite, donc !

Quant au fait d’être une femme et d’écrire à la place d’un homme, je ne crois pas non plus que ce soit un exploit : j’aime les hommes (ne vous méprenez pas !), j’ai eu un père, un frère, des compagnons de route, et sur mes trois enfants deux sont des garçons.

Cela ne suffit sans doute pour parler « à la place de », mais il me semble que toute femme attentive peut ressentir - dans une certaine mesure - ce qui se passe dans la tête d’un homme.

Et je crois que nous ne sommes pas à ce point différents, hommes, femmes, les mêmes émotions nous étreignent devant la naissance, la mort, l’amour, la peur de la vieillesse et de la maladie, l’échec ou le succès, et tout ce qui marque un tant soit peu nos existences.

 

En ce qui concerne l’observation de la déchéance physique, vous le dites vous-même joliment, je suis une femme « encore » jeune – ce qui signifie que je ne suis plus aussi jeune que ça, malgré tout...

De fait, j’aurai bientôt cinquante-cinq ans, me voici depuis quelques temps déjà sur cette pente descendante où le temps à venir se fait obligatoirement plus court que le temps écoulé. Une fois franchie cette ligne de partage des eaux le regard sur la vieillesse s’aiguise au fil des années, et si le mien s’affine de plus en plus c’est peut-être que je commence à me sentir de plus en plus… concernée ?

 

Jean-Pierre pose un regard un peu catastrophé (et drôle) sur les petites trahisons du corps qui deviennent visibles. Il râle, il peste contre cet organisme qui le lâche, et dont les contours se relâchent. Il dit tout haut ou dans sa tête, mais en tout cas toujours pour lui-même, ce que beaucoup d’homme ressentent mais ne savent pas ou n’osent pas exprimer. Je ne crois pas que la peur de la vieillesse soit l’apanage des femmes, je pense simplement que les hommes se donnent rarement le droit d’en parler ouvertement. Question de fierté ou de testostérone, allez savoir ? Un homme ne devient pas vieux, il prend de l’âge.  Mais dans son cœur, et dans le regard qu’il pose sur lui devant le miroir, je suppose qu’il doit y avoir parfois une légère trouille, certains matins.        

 

AE : Vous décrivez, dans un passage d’anthologie, la « palette » des douleurs  qui mène parfois à l’expropriation de soi.  D’où vous vient cette science ?

Marie-Sabine Roger :

Je ne reviens pas sur mon âge, inutile de retourner le couteau dans la plaie… Cela suffit pour comprendre que j’ai une certaine expérience de la vie, précisément liée au temps que j’ai passé à la vivre. Une expérience qui comporte les passages obligés de la douleur, du deuil, non seulement le deuil que la mort nous impose, mais celui de la vitalité, de la santé, ou de l’indépendance, que l’on peut malheureusement observer chez nos proches ou nous-mêmes, parfois.

Il m’est arrivé d’accompagner des proches à l’hôpital, pour des temps plus ou moins longs, et des résultats plus ou moins heureux. Cela m’a permis d’observer, de me remplir, et de me souvenir de tout ce qui fait ce monde hospitalier qui est tout, sauf « hospitalier », justement. J’en ai gardé quelques souvenirs marquants, qu’ils soient de l’ordre de la douleur à proprement parler ou de cette expropriation de soi qui peut se faire de maintes façons. Un, marquant, parmi d’autres : mon père, hospitalisé quelques mois après un AVC qui l’avait laissé hémiplégique et aphasique, c'est-à-dire paralysé du côté droit (il était droitier) et incapable de parler. J’allais le voir tous les jours. Le hasard me fait arriver un jour à l’heure du repas, l’aide-soignante venait de lui laisser son plateau-repas, sur lequel il y avait un steak dans une assiette à côté de laquelle se trouvaient un couteau et une fourchette… Je rappelle qu’il était paralysé du côté droit.

Erreur de chambre, je suppose, manque de personnel, sûrement, mais mon père, incapable de parler, n’avait pu signaler l’erreur. Si je n’étais pas venue, la dame aurait sans doute remporté le plateau en disant « Eh bien ? Il n’avait pas faim, aujourd’hui, ce monsieur ? ». Et bien entendu, il n’aurait pas pu lui dire le contraire. Ce jour-là mon père m’a montré le plateau de sa main valide, il a haussé les épaules, et nous avons réussi à en rire, de ce rire sain – et même salvateur - qui peut naître parfois des situations les plus absurdes. Lorsque je repense à cette scène, aujourd’hui, j’en souris encore. 

Ceci dit, je pense qu’il n’est pas indispensable d’aller chercher dans les grandes douleurs pour savoir ce que « douleur » veut dire. Une bonne petite rage de dents, une joyeuse migraine, une belle crise de foie… Je ne vais pas plus loin dans les détails, mais les trahisons des nerfs et des boyaux, tout le monde connaît, a vécu, ressenti, et d’ailleurs on parle souvent de ses souvenirs de maladies et de fractures comme d’un trekking à 8000 ou d’un raid en milieu hostile, dont on serait revenu plus ou moins sain et sauf.  

La douleur, les douleurs, le rapport aux soignants, l’infantilisation du malade aussitôt alité dans une chambre d’hôpital, les horaires improbables, pour ne pas dire imbéciles, la tristesse des plateaux repas et l’inconfort généré par la chaleur des chambres, les soins, la maladie elle-même, sans parler du corps qui renâcle et de la gêne de ceux qui viennent rendre visite, c’est tellement propre à nous tous que chacun s’y retrouve, malade, accidenté, ami, soignant, parent.   

 

AE : Avez-vous eu des réactions de lecteurs  « alités » ou de personnel  hospitalier, à la parution de ce roman ?

Marie-Sabine Roger :

Des réactions lues dans des blogs, quelques articles dans des journaux de professionnels de santé, très cordiaux à l’égard du livre. Quelques réactions de lecteurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer, dont certains étaient médecins, infirmières, ou dans d’autres branches de la santé publique, et qui avaient ri, ce qui me touche et me rassure, car s’il y a une émotion entre toutes qu’il est bon de partager, c’est bien le rire, justement. Et, plus récemment, rapportés par des proches, deux témoignages d’hommes hospitalisés à qui l’entourage a eu la sournoise idée d’offrir mon livre (influencé par le titre, je suppose) et qui ont également dit avoir ri, et avoir dédramatisé leur séjour à l’hôpital. Et si c’est vrai, tant mieux si j’ai fait œuvre utile !

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12 07 12

L'effet de l'amour sur les femmes intelligentes

url (4).jpg" Voilà l'effet de l'amour sur les femmes intellligentes. Elles ne savent plus écrire de lettres" déclare Anaïs Nin à son cher Henry Miller (juin 1932)

Que du contraire.

Sont-elles amoureuses, amantes, amies, soeurs, mères, filles, femmes d'engagement, de combat, d'influence, libres, voyageuses ou incarcérées, ... ces femmes dont Laure Adler* et Stefan Bollmann nous tracent les portraits, partagent à de degrés de conscience divers,  une conception commune de l'épistolaire : " ... la lettre est un apprentissage qui devient, imperceptiblement, un agrandissement de soi-même, une croyance en ses propres possibilités."

Les  lettres d'amour "revisitées" de George Sand  à Alfred de Musset , de  Sido à sa fille, Colette, la correspondance passionnée de Juliette Drouet à son amant poète Victor Hugo, le ton direct et cru des lettres de La Palatine, seconde épouse de Monsieur (frère de Louis XIV), l'argumentaire que la grande Mademoiselle adresse à son cousin Louis XIV pour qu'il lui accorde la main de Lauzun,  la tendresse lucide de la Dame de Nohant pour son jeune ami Flaubert, celle de Françoise Dolto pour son père,  l'admiration de Colette de Jouvenel pour Marcel Proust, l'amertume de Camille Claudel envers sa mère...traversent les pages d'un bel ouvrage, joliment illustré  et qui a le mérite majeur de situer chaque trait  de plume dans son contexte biographique précis.

Une mine !

Apolline Elter

Les plus belles lettres de femmes, Laure Adler & Stefan Bollmann, Ed. Flammarion, beau livre, mars 2012, 176 pp - 150 illustrations en couleur - 29,9 €

Journaliste, écrivain et historienne du féminisme aux XIXe et XXe siècle, Laure Adler nous a  déjà ravis d'une somptueuse biographie de Françoise Giroud (2011 - voir chronique sur ce blog). Elle a publié, chez Flammarion, Les femmes qui lisent sonr dangereuses et Les femmes qui écrivent vivent dangereusement.

 Elle était présente, vendredi 6 juillet passé au Festival de la correspondance de Grignan, pour tracer un portrait des femmes philosophes, Hannah Arendt et Simone Weil, en particulier.

AE

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11 07 12

Mangez, éliminez..

Et si on l'attaquait de front, ce bel été qui se refuse à nous.. ah oui, vraiment? . Ce sera ma seule station-météo, rassurez-vous.

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 Au diable teint terne et yeux brouillés, toxines et capitons, ..  Du balai: je vous propose un grand nettoyage interne, farci de bonnes résolutions (qui vous éviteront celles de la rentrée- c'est toujours cela de gagné)..

Un programme en 28 stations, concocté par Sioux Berger -  qui nous avait déjà ravies du Cahier corps de rêve des paresseuses - délicieusement illustré des dessins de Soledad Bravi.

"Dans le cadre d'une détox, tous les émonctoires, c'est-à-dire les filtres de notre organisme, se mettent à travailler ensemble pour éliminer les toxines. Avec l'intestin, les reins se purifient rapidement dès qu'on entame un programme de détox. Ce drainage permet indirectement d'alléger le teint et notre grain de peau. On a meilleure miine quand on croque dans une carotte que lorsque l'on clope toute la soirée!"

Laissons-nous mener par un programme quotidien et des paniers de courses remplis de choux - le sont trop - brocolis, carottes, courgettes, tomates, poivrons, pissenlit, roquette, artichauts, poireaux, navets..panacées avérées de la forme sous toutes ses coutures....

Astuces, conseils, recettes et exercices vous attendent chaque jour de ces quatre semaines qui filent à la vitesse d'un éclair (sans chocolat).

Pas de doute, vos pensées y gagneront en légèreté.. et vous aborderez l'automne, repue d'un magnifique été.

Cela vaut d'être tenté.

Apolline Elter

Le cahier détox des paresseuses- Recettes-exercices- conseils pratiques. 28 jours pour se sentir légère comme l'air! Sioux Berger et Soledad Bravi(Illustr.) - Marabout - les (petits) guides des paresseuses- mars 2012, 140 pp, 7,9 €

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23 06 12

Un portrait lumineux

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«  Son destin fut scellé le 11 septembre 1941, le jour où elle épousa l’homme de sa vie, mon père. Le sort en était jeté. Ma mère fut qualifiée d’intrigante, d’ambitieuse. On la surnomma l’ « ange noir ». Elle ne parviendrait jamais à apprivoiser la légende, à modifier son image. Bien plus que les épreuves de la vie, les jugements et les mensonges l’avaient meurtrie, l’amenant petit à petit à se forger une carapace. Et pourtant, au-delà de celle-ci, ma mère était animée de générosité, d’humour, d’intelligence, de passion et d’enthousiasme. »  Esmeralda

Voici dix ans, le 7 juin 2002 précisément, Lilian, célèbre Princesse de Réthy, quittait la vie, en ce  domaine d'Argenteuil (Waterloo), indissociablement lié à sa mémoire.

Hommage à une femme de tête, d'élégance et de lumière, une maman animée de principes nobles, une princesse secrète et largement incomprise, l'ouvrage  que publient les éditions Racine est tout simplement magnifique.

Rassemblant ses souvenirs d'enfance, d'adolescente un rien rebelle, une  multitude d'archives familiales et de photos superbes et inédites, la Princesse Esmeralda, fille cadette de la Princesse et du Roi Léopold III, s'est assuré  la collaboration rédactionnelle de Patrick Weber, historien, journaliste, spécialiste renommé des têtes couronnées.

Ce dernier brosse de Lilian Baels, un portrait  vivant, vrai, plein de tact qui lève quelques parts d'ombre sur des traits d'une personnalité à qui ne furent pardonnés ni éclat, ni beauté, moins encore son mariage d'amour avec Léopold III,  aux temps sinistres de la Captivité.

De là à brosser d'elle l'image d'une marâtre, noire réplique d'une angélique et défunte  Reine Astrid,  il n'y avait qu'un pas, que la rumeur populaire, aigrie par des années de guerre,  largement relaya...On la dit gouvernante des enfants royaux. Faux. Intrigante, arriviste... Faux. Elle était simplement amoureuse. D'un amour jamais démenti. Le souverain le lui rendit bien qui partagea la flamme sportive - La Princesse excellait dans la pratique du golf- le goût pour  la nature, les voyages, les belles voitures, les rencontres vraies, l'harmonie familiale... de son épouse, cavalière, skieuse, ...fumeuse, passionnée d'Autriche, de chasse et de cerfs.

Icône d'élégance, servie par une ligne et un physique de star, cette princesse fascinante et attentive fut  proche des ses beaux-enfants, jusqu'à la rupture, avec Laeken ...,en 1960.

Trop discrète - elle aurait dû faire meilleure confiance aux atouts de la communication - Lilian de Belgique s'investit massivement dans le domaine de la cardiologie, prêtant soutien et domaine d'Argenteuil à des colloques, conférences, rencontres scientifiques de tous niveaux. La lourde opération cardiaque que subit  en 1957, son fils,  le regretté Prince Alexandre de Belgique a évidemment été l'élément déclencheur de son action.

Cadette d'une fratrie recomposée, la Princesse Esmeralda est  celle qui a le mieux connu ses parents, privilège d'une époque qui octroya plus de temps aux activités familiales.

Un portrait ..royal, assorti d'une galerie de photos fabuleuses.

Un vrai et bel hommage.

Apolline Elter

Lilian, Une princesse entre ombre et lumière.  Esmeralda de Belgique, Patrick Weber, Portrait – ouvrage cartonné. Ed. Racine, mai 2012, 180 pp, 24,95 €

Billet de faveur

AE, Madame, certaines photos révèlent une ressemblance physique patente avec votre Maman, rendue encore plus flagrante par la multiplication des clichés. En étiez-vous totalement consciente, avant ce travail de sélection? 

S.A.R . La Princesse Esmeralda : Je dois vous avouer que je l’ai souvent entendu dire et lorsque j’étais adolescente, cela me gênait plutôt. Par la suite,j’ai compris que c’était un compliment ! Aujourd’hui, mes enfants, en regardant les photos, s’amusent à relever ces ressemblances familiales.

 

AE : Dans son bel ouvrage, Lettres d’amour en héritage, l’écrivain belge (et psychanalyste) Lydia Flem s’interroge longuement sur la responsabilité qui échoit au dépositaire d’une correspondance amoureuse. Peut-on ou non en publier des extraits au seul motif de lui rendre vie ? Les quelques bribes de lettres, tracées des belles écritures de vos parents,  publiées dans ce livre, attisent notre intérêt.  Songeriez-vous, à en publier davantage, au nom de la vérité historique ?

S.A.R . La Princesse Esmeralda : C’est exact, c’est une responsabilité importante. J’ai à cœur la vérité historique mais je ressens également de la pudeur et de la réserve en lisant les lettres intimes que mes parents se sont adressées et qui font partie de leur domaine secret. 

AE: Patrick Weber, au terme de ce bel ouvrage, avez-vous le sentiment d’avoir fait œuvre de justice ? Restauré dans sa dignité l’image d’une grande dame, méconnue, incomprise ?

Patrick Weber : Cela serait présomptueux. J’espère seulement que ce livre offrira un portrait différent de la princesse Lilian. Une femme au tempérament volontaire mais aussi une femme généreuse, drôle et surtout, amoureuse. Elle a choisi le silence face aux attaques. D’une certaine manière, nous avons répondu à certaines rumeurs infondées et trop longtemps colportées.

AE : Si elle présente un avantage indéniable de collecte des sources, la collaboration rédactionnelle avec la famille d’un personnage historique peut aussi de grever d’obstacles affectifs, de censure latente. Comment s’est passé votre travail de ce point de vue ? 

Patrick Weber : Nous ne voulions pas écrire une biographie. Il s’agit d’un portrait et pas n’importe lequel… Un portrait vu à travers les yeux de la fille de la princesse. Personnellement, j’assume tout à fait l’aspect affectif d’une telle entreprise. Pour autant, j’ai eu la plus entière liberté par rapport aux questions posées.

AE : Aviez-vous rencontré la Princesse de Réthy ?

Patrick Weber : Non… mais d’une certaine manière, j’étais heureux d’être dans la situation du Candide pour aborder ce travail. J’étais l’égal de tous ceux qui avaient une certaine image de la princesse de Réthy sans l’avoir jamais rencontrée. Et ma perception a beaucoup évolué au fil de l’écriture et des entretiens avec la princesse.

 

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16 06 12

Le nouveau Dominique Bona

 "9782246798101.jpgYvonne et Christine Lerolle au piano, avec sa facture classique, sa maîtrise de la composition, et de la couleur, est non seulement un des chefs-d'oeuvre de Renoir, mais un de ceux qui souligne le mieux sa tendresse pour ses modèles. Si Renoir reste le peintre des baigneuses aux chairs nacrées, sensuelles et appétissantes, il est tout autant le peintre de ces jeunes filles  à la beauté tranquille et douce qu'il vient de surprendre dans l'attente de leur destin de femmes. Et que chacun, sous ce pinceau caressant et jovial, peut croire destinées au bonheur."

Tout est dit.

Intriguée par le tableau du célèbre peintre, exposé au Musée de l'Orangerie (Paris), Dominique Bona découvre rapidement que l'expression de bonheur affichée par  Yvonne et Christine,  filles du peintre Henry Lerolle, soeurs complices,  protégées par la vie, un milieu d'artistes  exubérant et une famille aimante, ne résistera pas au drame de leurs mariages respectifs avec Eugène et Louis Rouart, fils du collectionneur d'art, Henri Rouart.

Retraçant leur jeunesse dorée et les prémisses d'un mariage prometteur arrangé par Edgar Degas, la biographe nous propulse au sein d'un salon de rencontres merveilleuses, celui de Madeleine et Henry Lerolle, sis au 20 de l'avenue Duquesne (Paris).  Passionné de musique, nanti d'une ouverture d'esprit et d'une amène tolérance, le peintre fera table ouverte, recevant chez lui Renoir, Degas, Debussy, Albéniz, Paul Valery, Francis James, Paul et Camille Claudel, instillant une joyeuse  convivialité dénuée de tout académisme.

L'étau de mariages mal assortis rendra Yvonne esclave d'un mari tourmenté - Eugène Rouart - homosexuel et tiraillé d'aspirations contradictoires , l'isolera du monde par une vie retirée  à la campagne , tandis que Christine fracassera son solide tempérament de nombreux orages matrimoniaux.

Une fresque magistrale que Dominique Bona décrit avec la rigueur historique  le rythme et le brio qu'on lui connaît.

Une lecture hautement conseillée

Apolline Elter

Deux  soeurs. Yvonne et Christine Rouart. Les muses de l'Impressionisme, Dominique Bona, biographie, Grasset, avril 2012, 384 pp, 20,9 €

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14 06 12

Jacques a dit

C'est à la lecture de l'excellente chronique, sur ce blog, de Jacques Mercier, que j'ai eu envie de découvrir l'ouvrage. Je vous en livre donc ma recommandation de lecture. Merci Jacques ...au pluriel.!

blog5095.jpg Animateur-vedette, avec André Rémy, de  Feu vert, l'émission-culte des têtes blondes (années '70), Jacques Careuil nous revient, de sa voix juvénile à l'accent bien trempé,  par le biais d'une autobiographie rédigée avec Claude Rappé.

Un récit attachant autant qu'intéressant.

"Je n'ai pas eu le père dont on peut rêver, mais il n'a pas eu non plus le fils qu'il espérait"

De  de sa prime enfance, marquée par le départ de son père, Henri Neulinger et les années de guerre, le jeune et solitaire Guido  - futur Jacques Careuil -  retiendra surtout la solide affection qui le lie à sa mère.

Années de scène, genèse de l'émission Feu vert, Liaison de trois ans avec le comédien Serge Michel et début de l'amitié vitale  qui le lie à Jacqueline Bir, ...sont l'objet de la deuxième étape de sa biographie.

L'animateur nous livre alors sans tabou, ni quelconque nostalgie, la vérité d'une homosexualité assumée et de diverses relations plus ou moins heureuses, mais aussi les coulisses de la grande RTB (F), les cabales menées et obstacles de carrière que son étiquette de gentil animateur lui valurent et qui le décidèrent à quitter délibérément la télévision publique belge.

Le "petit Careuil" était catalogué. On ne me prenait pas au sérieux. Lorsque je négociais une nouvelle saison, souvent, je n'obtenais pas une augmentation de cachets.

C'est une leçon pour beaucoup d'artistes médiatisés: quand vous tenez un succès, gardez-le! Il vous apparaîtra un jour que vous n'êtes pas assez payés, que vous êtes exploités, que votre nom vaut de l'argent, que vous aimeriez faire autre chose de plus valorisant.. Mais le jour où vous claquerez la porte, ou même si vous partez sans faire de bruit, personne, personne non, ne vous tiendra la main et on ne fera plus jamais  aucun bruit autour de vous. (...) Nous ne sommes rien dans la grande machine des médias (...) nous sommes jetables comme des mouchoirs en papier. Après, longtemps après, il vous restera des souvenirs à consigner dans un livre. J'insiste: il n'y a aucune aigreur dans ce que je viens de dire."

De cette Thaïlande où il réside aujourd'hui - Jacques Careuil partage sa vie entre Pattaya et Ibiza (Espagne) - ce "solitaire bien entouré" entend faire le point sur les idées reçues en matlère de prostitution thaïe.

Une façon de rendre hommage à la vie, à un "destin qui [lui] a régulièrement tendu la main " à un pays qui l'a accueilli, avec ce ton de simplicité et d'amène sincérité qui est la grande qualité de cet ouvrage.

Apolline Elter

 

Jacques Careuil, invité de Nathan Skweres et Brice Depasse dans le Grand Zapping de Nostalgie Pop Culture, écoutez :


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Feu vert à Jacques Careuil. Rencontre avec Claude Rappé, biographie, éd. Jourdan, mai 2012, 234 pp, 15,9 €

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