07 03 12

Conan Holmes et Sherlock Doyle

9782354170998FS.jpg" Tout va très bien. J'en suis au milieu de la dernière histoire de Holmes, après quoi ce gentleman disparaîtra pour ne jamais revenir! Je suis fatigué de son nom et de sa réputation!"

Contrairement à ce qu'affirme Arthur Conan Doyle (1839-1930) dans une lettre à sa mère,  datée du 6 avril 1693, on ne se débarrasse pas si aisément d'un héros aussi encombrant, que Sherlock Holmes ...

Les lecteurs sont là qui ne peuvent souffrir la disparition du célèbre détective. Scotland Yard s'adresse à  Conan Doyle pour résoudre des enquêtes complexes. Ce dernier doit donc se ...résoudre à le ressusciter et répondre d'une identité confondue avec la sienne. A la longue, c'est agaçant, surtout que l'écrivain a écrit nombre ouvrages qu'il voudrait également produire sur le devant de la scène.

Personnage haut en couleurs, médecin, sportif, aventurier, visionnaire, travailleur acharné, passionné d'histoire, défenseur des causes nobles,  l'écrivain eut , lui aussi, une vie des plus remplies. Emmanuel Le Bret nous la trace en tous points, détaillant avec clarté, les relations établies avec les personnages de ses romans, Sherlock H.,  particulièrement.

Avec, en filigranes, le portrait d'une Angleterre victorienne, pétrie de contrastes.

AE

Conan Doyle contre Sherlock Holmes, Emmanuel Le Bret, biographie, Editions du Moment, janvier 2012, 204 pp, 18,8 €

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07 03 12

Saisi..à point

" La vie était un jeu que les enfants pratiquaient à merveille. Avec eux, il était invincible."

9782253161738FS.jpgVéritable invitation à la métaphore alimentaire, le roman de Martin Provost est saisi (ssant) de merveilleux. Un merveilleux alerte, surprenant, farci d'humour - masculin - de loufoque,  tendresse, surréalisme, ...

Quelle en est l'assiette?

Jeune boucher à Quimper, selon la lignée familiale des Plomeur, André affronte la Grande guerre et les longues ...queues des ménagères, célibataires éphémères.

Son dévouement surpasse celui de la chair bouchère et le promeut, d'un coup, à la tête d'une progéniture nombreuse: déposés par des mères peu enclines à essuyer les foudres d'un mari revenu de la guerre, sept couffins se succèdent  à la porte la boucherie, témoins d'une paternité qu'il va dès lors assumer avec le plus grand sérieux.

"Si André avait appris à se faire respecter d'un froncement de sourcils et aimer d'un simple sourire, il savait aussi d'un geste effacer toutes les craintes"

Il embarque sa progéniture pour l'Amérique à bord du Gretchen, un  Cornu de douze mètres de long, défiant tant la mer que  l'imagination du lecteur..

Un réflexion magique sur la paternité et l'esprit de famille  qui accouchera, en toute logique saugrenue, sur la conception d'un ....hamburger.

Une superbe découverte réalisée grâce à la sélection 2012 du Prix des lecteurs du Livre de Poche

A suivre

AE

Bifteck, Martin Provost, roman, Ed. Phébus 2010, Le Livre de Poche 2012, 122 pp.

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06 03 12

Fleep Book

3620564347.3.jpgAllons bon, ça commence bien : un jeu de mots..

Mais encore:

Il était une fois

Cette nuit, j'ai rêvé

Que j'étais un(e).....

Se prêtant aux multiples états, identités qu'un rêve nocturne vous permet de revêtir - Laura Ingals, Zorro, superman, un employé de Brico, un chef-coq  et même un vampire, l'humoriste rencontre les personnalités les plus délicieuses qu'il soit : l'inspecteur Colombo, Joséphine Ange gardien et Jean-Jacques "Colleman"..

Ludique et loufoque, l'ouvrage intègre le  "fleep book" (feuilleté des pages qui voit  défiler les dessins en une sorte de film) de la capture d'une araignée. ...

AERêvéveillez-moi, Jean-Luc Fonck , essai, éditions Luc Pire, février 2012, 160 pp, 18 €

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03 03 12

Conteur d'histoires

 secrets-d-histoire-tome-2-de-stephane-bern-893168120_ML.jpgS'il se définit comme un simple "raconteur d'histoires", Stéphane Bern peut admettre qu'il est un conteur hors pair. En témoigne le succès de son émission télévisuelle Secrets d'Histoire (France 2) et sa version livresque qui en est au deuxième tome. Nourrissant son propos des découvertes d'Alain Décaux, André Castelot, Michel de Decker, Jean-Christian Petitfils, Simone Bertière, .....le célèbre chroniqueur revisite une petite centaine d'énigmes historiques, les éclairant du feu de sa passion, les restituant avec brio, d'une plume légère, rythmée et maîtrisée.

34 questions font le sommaire de ce nouvel opus qui font la part honnête - ,ous jubilons.. - au Grand siècle: Nicolas Fouquet a-t-il été victime d'un complot manigancé par un Colbert désireux de détourner l'attention de ses propres malversations? La Montespan était-elle,  finalement, une empoisonneuse? Anne d'Autriche a-t-elle soudain trahi la France au profit de l'Espagne? Henriette d'Angleterre a-t-elle été empoisonnée par le Chevalier de Lorraine, mignon - si l'on peut dire - de son mari, Philippe d'Orléans? Et René Descartes? Empoisonné, lui aussi?

Au portrait attachant de Liselotte, la (rustique, rugueuse et attachante) Palatine, seconde épouse de Monsieur et d'une Marie-Antoinette, injustement incriminée dans le "scandale du collier", succède celui d'un François Ier, monarque charmeur et charmant, "incarnation d'une certaine douceur de vivre à la française" et d'un Claude Monet, épris de femmes lui aussi.

Les vraies raisons de l'abdication d'Edouard d'Angleterre tiennent moins  à la personne de Wallis Simpson qu'à de douteuses fréquentations. Les vraies relations qui unissent Joséphine de Beauharnais à Napoléon Bonaparte sont moins ....roses que prévu tandis que l'identité de la vraie Joconde est celle d'une simple bourgeoise florentine, ni spécialement riche, ni particulièrement belle."

"Passeport pour un voyage dans le passé" ce deuxième recueil signe, espérons-le, le visa d'un troisième tome.

On en redemande!

Apolline Elter

Secrets d'histoire 2, Stéphane Bern, recueil, Albin Michel, oct.2011, 352 pp, 24 €

Billet de faveur:

AE: Stéphane Bern, ces Secrets d'Histoire que vous nous révélez avec un enjouement..passionnant résonnent comme des "rétro-scoops" . Le premier tome s'est vendu à plus de 60.000 exemplaires et a atteint un public varié, parfois très jeune, heureux de (re)découvrir une Histoire, offerte à la manière d'un polar. Vos séances de dédicaces sont affables et chaleureuses, à votre image. Quel public rencontrez-vous lorsque vous venez en Belgique?

 Stéphane Bern: Chaque fois que je viens en Belgique - comme c'est le cas cette année encore pour la Foire du Livre - je suis impressionné par la qualité d'écoute, l'intérêt réel manifesté par le public pour l'Histoire et j'ajouterais l'expression d'un sentiment chaleureux, une sorte de complicité avec moi car je défends depuis longtemps le rôle unificateur et pacificateur de la monarchie belge.

Tout cela réuni, et le fait de mes origines luxembourgeoises, plaide sans doute en ma faveur auprès d'un public belge fidèle et attentif autant que sincèrement gentil à mon égard.

Je les remercie du fond du coeur.

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 Foire du Livre de Bruxelles: Stéphane Bern dédicacera ses ouvrages, ce samedi 3 mars, de 14h à 16 heures, auprès du stand Dilibel (115)

 Ajoutons à ce billet l'information  qui nous est communiquée par les Editions Albin Michel:

"Stéphane Bern, pour son livre Secrets d’histoire 2, a reçu le Prix Roland Dorgelès, distinction littéraire délivrée pour les professionnels de la radio et de la télévision qui se distinguent dans la défense de la langue française. La remise du prix a eu lieu le 7 février 2012 au ministère de la culture."

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01 03 12

Victor Hugo, pas à pas...

9782873867751.jpgPointons pour ce premier jour de la Foire du Livre de Bruxelles , la rencontre qui aura lieu à 18 heures, dans le Forum, avec Kris Clerckx, autour de Victor Hugo et de l'ouvrage tout frais sorti des presses des éditions  Racine: Sur les pas de Victor Hugo - Promenades entre Bruxelles et Paris.

Balisant un circuit littéraire et touristique de 8 étapes, au départ de la Grand-Place de Bruxelles vers Paris,  le journaliste Kris Clerckx (De Standaard) décrit avec précision les lieux qui conservent, à des degrés divers, l'empreinte de l'illustre écrivain ou de Juliette Drouet, sa maîtresse... C'est bougrement intéressant.

Exilé en notre Capitale, en décembre 1851, le poète s'en institue observateur bienveillant et ..exigeant. Rétif à l'idée de parcourir le champ de bataille de Waterloo et les souvenirs cuisants d'une défaite, Victor Hugo attendra l'été 1861 pour opérer enfin les repérages utiles à l'écriture - en cours - des Misérables.   Le premier tome de l'oeuvre sera publié un an plus tard auprès de l'éditeur bruxellois,  Lacroix.

Villers-la-Ville, Namur, Dinant, Beaumont, Binche, Mons, Beloeil, Antoing, Tournai....ponctuent à leur tour le périple wallon, adresses de logement à l'appui,  avant le passage de la frontière française via le Nord-Pas de Calais. Un plongeon en Normandie nous rappelle la tragédie de Villequier: mariée à Charles Vacquérie, fils d'amis des Hugo, Léopoldine, la fille chérie du poète est happée, lors d'une excursion en bateau,  par une vague gigantesque et se noie dans les eaux de la Seine.

Huitième  - mais non des moindres-   étape de ce périple, le Paris de Victor Hugo nous mène du Panthéon, sa dernière demeure à la Place des Vosges  où il résida quelques années avec sa famille grâce au succès de Notre -Dame de Paris. La Maison de Victor Hugo se visite (gratuité)  - nous y reviendrons un de ces jours - 7 pièces  sont consacrées à une exposition permanente de meubles, écrits et objets lui ayant appartenu.

Clairement présenté, richement illustré, l'ouvrage de Kris Clerckx offre un magnifique éclairage sur le parcours d'un homme hors du commun

AE

Sur les pas de Victor Hugo - Promenades entre Bruxelles et Paris - Kris Clerckx, beau livre, éd. Racine, mars 2011, 176 oo, 22,95 €

A l'issue de la conférence, l'auteur se prêtera à une séance de dédicaces et de rencontre avec les lecteurs, de 19h à 20 h, au stand des Editions Racine (222)

25 02 12

Rosa...Sand

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" (...) fut-elle seulement un peintre animalier ou un peintre de paysages mettant en scène des animaux? Le problème est plus complexe  qu'il n'y paraît au premier regard, comme toujours chez cette femme qui ne ressemble à aucune autre ou presque."

Biographie magistrale de Rosa Bonheur (1822- 1899) peintre des Labourage nivernais et  Marché aux chevaux,  l'ouvrage de Gonzague Saint Bris trace l'extraordinaire force rebelle et tranquille qui permit à cette femme  hors normes d'acquérir et de conserver une indépendance à tout crin, une totale émancipation et de se distinguer de la plupart de ses contemporaines.

Mondialement connue de son vivant, particulièrement appréciée des milieux anglo-saxons, cette  adepte de la pensée saint-simonienne, acharnée du travail,  frénétique de la Nature, chimiste des couleurs - qu'elle fabriquait elle-même, "toujours très perspicace dans la gestion de sa carrière"  adopta, à l'instar de George Sand, l'allure vestimentaire masculine et vécut de longues années de discrète idylle avec son amie Nathalie Micas, puis, à la mort de celle-ci, avec l'Américaine, Anna Klumpke, qu'elle institua légataire universelle.

Spécialiste de la célèbre épistolière de Nohant (chère à notre blog...) Gonzague Saint-Bris traque les multiples traits qui rapprochent Rosa Bonheur d'une George Sand, de dix-huit ans son aînée, dans la fraternité d'un génie paysagiste commun. Une George  dont Rosa lira avec..bonheur les œuvres et qu'elle qualifiera de "sœur de plume'

"Et pourtant, à aucun moment, ne semble-t-il, ces deux femmes ne vont se rencontrer"

Mais telle la demeure de Nohant, le château de By garde intacte l'âme de son occupante:

"Si Rosa Bonheur - tous ses contemporains en témoignent - passe pour une femme exceptionnelle, exceptionnelle est aussi la conservation, pratiquement intacte, de son atelier de By, qui nous permet, plus d'un siècle après sa mort, de pénétrer dans son intimité, comme les privilégiés, admis à son époque, dans ce véritable sanctuaire de la nature et qu'elle recevait avec une hauteur courtoise, à la manière de ces princesses habituées dès l'enfance, à recevoir les hommages publics, même si, dans son cas, ceux-ci étaient dus à son génie et non à sa naissance."

Une lecture recommandée

Apolline Elter

Rosa Bonheur - Liberté est son nom, Gonzague Saint-Bris, biographie, Robert Laffont, février 2012, 250 pp + 8 pages de reproductions, 20 €

 Billet de faveur

AE – Gonzague Saint-Bris, vous déplorez le « rendez-vous manqué » de George Sand et de Rosa Bonheur. Devriez-vous  organiser une rencontre entre les deux châtelaines, choisiriez-vous le cadre de Nohant ou de By ?

Gonzague Saint-Bris :  Evidemment Rosa aurait certainement trouvé son bonheur à Nohant. De même Sand, qui partageait les mêmes passions, aurait sans doute trouvé son compte au château de By.

 Mais il est des rendez-vous manqués du passé que l'avenir peut réparer ou  que le présent peut même mettre en scène. Ayant écrit d'abord sur George Sand, la dame de Nohant et ensuite sur Rosa Bonheur, la dame de Thomery, je suis en mesure de vous inviter à assister à leurs retrouvailles virtuelles dans un lieu merveilleux, inspirant, enthousiasmant et exotique à Paris où l'on grignotte au bar avec bonheur : LE ROSA BONHEUR, une guinguette de tradition au 2 allée de la Cascade au bord du parc des Buttes Chaumont.

 agenda.jpgLe soir de la Journée de la Femme, le 8 mars 2012 à partir de 18h00, sera donné au ROSA BONHEUR (01 42 00 00 45) une LECTURE-SIGNATURE-DEDICACE en l'honneur de la sortie de mon livre : Rosa Bonheur, Liberté est son nom (éd. Robert Laffont) . Venez tous à cette fête de l'esprit où vous pourrez assouvir toutes vos gourmandises et fêter à la fois la Femme, George, Rosa et les autres...

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Arts, Biographies, Patrimoine | Commentaires (0) |  Facebook | |

23 02 12

Parmentières

preview.jpgVous parler pommes de terre

Sur un blog littéraire?

Va falloir argumenter.

Je l'avoue, je n'ai pu résister:

- à l'historique qui vit apparaître les premiers tubercules, il y a de cela quelque 8000 années, aux "papas" incas, à la parmentière de d'Antoine-Augustin jusqu'à cette "frite" qui colle à notre belgitude comme un chewing-gum sur le revers d'une chaise

- à la nomenclature délicieuse, féminine (et parfois inconnue) de nos céciles, francelines, gourmandines, charlottes, nicolas, annabelles, plate de Florenville, victorias, milvas, marabels, exemplas, bintjes, ukamas...et prodigieuses vitelottes.

- à l'énoncé de leurs qualités nutritives et d'un label "Terra Nostra" dûment protégé,  si clairement exposé , judicieusement illustré, par l'auteur de l'ouvrage, Michel Boreux, ardent défenseur de la gastronomie ardennaise, propriétaire du complexe hôtelier, l'Auberge de la Ferme (à Rochehaut-sur-Semois), animateur de l'émission Table & Terroir, diffusée sur les ondes hertziennes de la région.

- à celui des recettes, fondantes, séduisantes, incontournables, provocantes...dans leur présentation photographiques.

A nous, à vous, les potiquet de moules, croustillants, tortillas,dauphines  et javanais de bintjes, rattes en sucettes, cannelloni, millefeuilles, velouté de vitelottes, madeleines, boulettes, brioches craquettes de victorias ou leurs samosas farcis aux ris-de-veau, sushis de cécile - elle en sera consolée - francelines soufflées -il me semblait bien -  et tarte tatin de foie gras.

Il ne fait pas de doute, la pomme de terre a recouvré ses lettres de noblesse

Apolline Elter

Pommes de terre - 100 délicieuses recettes par Michel Boreux - éditions Weyrich, février 2012 -  livre cartonné 226 pp - 29 €

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22 02 12

A Sylvie

9782234070899FS.jpg" Sylvie est partie discrètement sur la pointe des pieds , en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant"

A son épouse dont il a partagé la vie durant 40 ans, Jean-Louis Fournier rend l'hommage d'une longue, très longue lettre, rythmée de courtes apostrophes. Tendre, percutant, lapidaire mais surtout très affligé par le départ de Sylvie, l'auteur évoque les situations inévitables, ironiques ou absurdes, auquel un veuf est confronté mais aussi la nostalgie des bons moments passés ensemble.

 " J'ai des moments de répit dans mon chagrin quand j'écris. J'ai l'impression de t'écrire et que tu lis par-dessus mon épaule.

 J'espère que mon livre va te plaire. Je voudrais que ce soit un livre en couleurs. J'ai l'impression de raviver nos souvenirs.

  Avec le temps, les couleurs avaient un peu pâli."

Veuf,  Jean-Louis Fournier, récit, Ed Stock, octobre 2011, 160 pp, 15, 5 €

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16 02 12

Les lendemains de la Saint-Valentin

La guerre des Rose frappe à la porte 9782226240125FS.jpgdes couples de légende, unis pour le meilleur et pour le rire - grinçant - de la déconvenue.

Traquant les anecdotes, les bons mots, les règlements de compte incisifs, Marc Pasteger publie en ce temps valentin une "petite anthologie irrésistible de l'amour vache."

Savourons:

"Lady Astor, première femme à avoir siégé au Parlement britannique,  n'aimait pas Churchill qui le lui rendait bien. Elle lui lança un jour:

- Si vous étiez mon mari, je mettrais du poison dans votre thé.

Ce à quoi le grand homme répliqua du tac au tac:

- Si vous étiez ma femme, je le boirais certainement."

AE

Je t'aime...toi non plus! Petite anthologie irrésistible de l'amour vache, Marc Pasteger, Albin Michel, février 2012, 178 pp, 10 €

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11 02 12

Espèce de savon à culotte

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 … et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir,  dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps.

 Et à vous, estimés visiteurs…

 Le roman de Sophie Arnould ( JC Lattès, mai 2010 - cfr chronique http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2010/07/15/le-roman-de-sophie-arnould.html) nous avait déjà ouvert l’appétit de métaphores et d’expressions du Siècle des Lumières.  Passionnée par un XVIIIe siècle, effronté et plutôt… libéré,  Catherine Guennec nous revient avec un recueil étoffé et exquis de noms d’oiseaux de l’époque : Les ahuris de Chaillot, bigresses, bougresses, claudes, croquefredouilles, arpenteurs de guinguette, Marie Jacasse, Jean-fesse.. disputent la vedette aux lessivés (ondulés) de la toiture, cuisinières d’archanges, pisse-verglas et autres auteurs..mal reliés, hérités d’une certaine « littérature poissarde ».

 « Crus, osés, grossiers, imaginatifs, drôles, indélicats, ..ces « gros mots » appartiennent bien sûr à la langue populaire et sont essentiellement portés par l'oral. Difficile dès lors de les retrouver. Difficile mais pas impossible. Surtout que le cœur du XVIIIe siècle nous offre avec Vadé, "le Corneille des ruisseaux", et ses imitateurs (le plus souvent anonymes), son incroyable littérature poissarde. Un genre méconnu qui a largement nourri cet ouvrage et mérite à plus d'un titre qu'on s'y attarde."

 Un recueil trrrrrrrrrès savoureux.

 Qui coiffera, sapristi, plus d’un anthropopithèque !

 Pas de doute, on en redemande.

 Apolline Elter

 Espèce de savon à culotte !… et autres injures d’antan dérobées à droite et à gauche recueillies pour l’instruction des générations présentes et à venir,  dédiées aux artichauts, aux astrologues et aux Roger-Bon-Temps., Catherine Guennec, recueil, Editions First, fév.2012, 272 pp, 13,5 €

 

 Billet de ..saveur

 AE: Préfaçant votre ouvrage, Philippe Delerm vante l'insolence et la liberté  qui souffle sur le français du XVIIIe siècle: " Au XVIIIe, sûre de ses fondamentaux, la langue française prend un grand coup de frais" . Voilà qui fait du bien après un XVIIe siècle plutôt classique.  Ce vent de fraîcheur va-t-il s'essouffler ou s'amplifier au XIXe siècle?

 Catherine Guennec:Le XIXe siècle, c’est le français moderne. Avec l’apparition de nouveaux termes (politiques, sociaux, scientifiques…) Les dictionnaires se font de plus en plus gros. La langue populaire et l’argot s’immiscent en littérature. Soit. Et la langue fait preuve comme toujours d’une capacité de création et de renouvellement mais moi, je n’y retrouve pas cette petite « musique », ces petites folies… qui me font préférer le siècle des Lumières où à côté des préciosités mondaines des salons apparait une prose incisive, mordante qui s’affirme avec les philosophes. Le Français devient une grande langue diplomatique internationale, parlé dans toutes les cours des rois et les ambassades quand parallèlement il se fait drôle, imaginatif, débridé, provocateur… avec notamment le genre poissard qui reprend sans fausse pudeur les mots de la rue et des halles. Pour exploser de bonne humeur, d’insolence, d’incongruités «  qui sonnent dru, qui sonnent vrai, qui disent l’amour de la vie » comme l’écrit si justement Philippe Delerm.

 AE: Certains mots  ont évolué et semblent avoir changé de connotation au cours du temps. Je songe à "astrologue", qui n'est plus une injure aujourd'hui ou à "arsouille" dont la connotation est plus tendre désormais que celle de "mauvais sujet, fêtard, voyou". Ce doit être passionnant d'étudier, aussi, l'évolution sémantique des vocables:

 Catherine Guennec: Oui, le sens de beaucoup de mots glisse au fil des ans. Et c’est très amusant de voir les changements de signification pour un même mot : c’est vrai pour astrologue, artichaut, bestiole, cupidon, cœur, charrue, arbalétrier…

  L’intérêt de cette recherche est triple en fait, indépendamment du plaisir  de croiser de succulentes expressions :

  -         Elle fait découvrir des mots et des expressions anciennes qui ont su traverser les années et rester en usage

  -         Elle met en avant leur changement - ou pas-  de sens

  -         Elle remet enfin en lumière des mots complètement oubliés.

  Mon travail peut aussi se résumer par un «  à la recherche des mots perdus »… Qui se souvient encore de gogurlu, béjaune, rigri, coquefredouille, ramasse-ton-bras, Nicolas tac tac, Roger bon temps, Perrette à l’oignon…

 AE: Vos recherches sur les injures - étayées par une impressionnante bibliographie - ont dû vous mettre sur la voie de délicieux mots doux... Pourriez-vous en évoquer certains, en cette période de Saint-Valentin?

 Catherine GuennecMes recherches m’amènent effectivement à faire de jolies rencontres. Des trésors de vocabulaire oublié qui m’ont  d’abord séduite pour leur musique, leur joliesse et qui m’ont aussi fortement intriguée. Parce que leur sens m’échappait. Que voulait dire par exemple : un endormeur de mulot, un soupir du Danemark, un cataplasme de Venise ? Que voulait dire encore faire un trou à la lune ou la prendre avec ses dents ? s’amuser à la moutarde ? avoir le soleil qui luit dans le ventre ? voir des anges violets ?  rêver à la Suisse ?...  Je traque  tous ces mots, ces expressions. J’en ai une collection impressionnante ! Les gros mots et les insultes d’autrefois qui paraissent aujourd’hui ne sont qu’un volet de mes recherches qui comportent, aussi,  bien entendu, l’incontournable thématique de la douce chose…

 Pour la Saint Valentin, soyons donc « tournés à la friandise » et préparons-nous, heureux pélerins de Cythère,  à  faire la carpe pâmée, à jouer de la harpe…  et recevoir en pluie nourrie  tous les cachets de l’amour (des baisers) Refusons de  mourir comme les citrouilles  (disparaitre sans avoir connu l’amour). Ne faisons pas trois queues d’une cerise  (se refuser sous de futiles prétextes). Préférons mourir tout debout ! (avoir fortement le béguin)

 Autres jolis petits mots encore :

 Voici l’entendourinette (une petite curieuse qui écoute aux portes les secrets des amoureux au risque de se mettre le feu aux oreilles), les bagatelles de la porte (les préliminaires)…

 Finissons par de plus « salés »  comme : passer du B dur au Bémol (perdre de sa vigueur…), folichonner l’as de trèfle, saigner une femme entre les orteils (lui faire l’amour), trinquer du nombril, faire du potage à quatre genoux, faire zon…

 Les expressions sont nombreuses et croustillantes. Une petite dernière encore et pas des plus laides : faire les yeux en coulisses (faire les yeux doux). Joli, non ?