11 01 12

La possibilité d'une île?

 Rentrée littéraire 2012 - Parution ce jeudi 12 janvier

41hcBf7NUJL._SL500_AA300_.jpg" Il n'était pas sûr d'être absolument sincère. Mais il soupçonnait que, en temps voulu, ce qu'il venait de dire serait vrai, ce qui le rendait vrai, ou presque, à l'instant présent."

Radioscopie incisive de notre mode de vie occidental - américain en l'occurrence -  le roman de Lionel Shriver, nous fait partager le quotidien de deux couples d'amis, Glynis & Shep, Carol & Jackson, atteints par la maladie: le cancer rare et invasif de Glynis et la dystonie familiale, invalidante,  de Flicka, fille aînée du second couple.  A quoi s'ajoute l'opération esthétique ratée qu'a tentée Jackson.

 Personnage central du roman, Shep voit s'effondrer, avec la maladie de son épouse, le rêve essentiel et vital d'une échappée en "Outre-Vie", sur l'ïle de Pemba, près de Zanzibar. L'asservissement à l'argent qu'il tentait de fuir de la sorte lui revient de plein fouet, l'obligeant à composer avec la défection d'une sécurité sociale particulièrement perverse.

 Sondant sans tabou et avec une lucidité désabusée les tréfonds de l'âme humaine, Lionel Shriver envoûte  une nouvelle fois le lecteur du rythme d'un récit percutant, tracé  d'une plume alerte, maîtrisée qui transperce la judicieuse traduction opérée par Michèle Lévy-Braun.

 Tout ça pour.... la possibilité d'une île...?

 Apolline Elter.

 Tout ça pour quoi, Lionel Shriver, roman, traduit de l'américain par Michèle Lévy-Braun, Belfond, janvier 2012, 528 pp, 23 €

31 12 11

L'au revoir à 2011

La nostalgie n'est pas la vocation de notre blog; l'hommage, oui. Ce dernier jour de l'an saluera une lecture marquante de 2011. Une lecture qui laisse des traces en l'esprit et un sentiment de reconnaissance.  David Servan-Schreiber est décédé le 24 juillet de cette année, vaincu par la rechute d'une tumeur cérébrale qu'il avait maîtrisée depuis bientôt vingt ans.

 "Le livre Anticancer  se terminait sur l'aveu que je ne savais pas combien de temps j'allais vivre encore. Mais que, quoi qu'il arrive, j'aurais été heureux d'avoir choisi le chemin qui consiste à cultiver au maximum toutes les dimensions de ma santé, car ce choix m'avait déjà permis de vivre une vie bien plus heureuse. Je réitère aujourd'hon-peut-se-dire-au-revoir.jpgui cette affirmation: il faut nourrir sa santé, nourrir  son équilibre psychique, nourrir ses relations aux autres, nourrir la planète autour de nous. C'est l'ensemble de ces efforts qui contribue à nous protéger, individuellement et collectivement du cancer, même si nous n'obtenons jamais de garantie à 100 %"

Confronté à la perspective inéluctable de son proche décès, le neuropsychiâtre repasse sa méthode au crible d'une analyse sans concession: avait-il tout faux quand il dispensait ses conseils anticancer, fruits de son expérience personnelle?

 Certainement pas: loin de l'aveu d'échec, l'auteur propose une nouvelle pondération des éléments et surtout, il constate que la principale erreur, en son chef, a été de ne pas respecter les rythmes que la Nature lui imposait. Le succès de ses ouvrages, les conférences et les besoins de la promotion à travers plusieurs continents  ont eu raison du rythme biologique qu'il aurait dû conserver.

 Le bilan se mue en credo et DSS d'affirmer, en une analyse lucide, honnête et personnelle, la nécessité d'être humble face à la maladie, celle de veiller à l'équilibre de son corps mais aussi de son environnement Partant, il propose une méthode d'approche des malades, simple et respectueuse.

 "Me découvrir fragile, mortel, souffrant, effrayé m'a ouvert les yeux sur l'infini trésor de la vie et de l'amour. Toutes mes priorités en ont été bouleversées, jusqu'à la tonalité émotionnelle de mon existence. Le fait est que je me suis senti beaucoup plus heureux après  qu'avant, ce qui est tout de même inattendu."

Un essai qui converse, convertit et conserve, au-delà du décès de David Servan-Schreiber, une extraordinaire force de vie.

 Apolline Elter

 On peut se dire au revoir plusieurs fois, David Servan-Schreiber, essai, Robert Laffont, juin 2011, 160 pp, 14 €

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24 12 11

Joyeux Noël..toqué

9782226219176.jpgElle vient de nous parvenir entre les mains, la "petite anthologie savoureuse de l'esprit à table" concoctée par Laurent Mariotte, chef et animateur de plusieurs émissions-TV et le journaliste Marc Pasteger. Traquant les (bons) mots jusque dans leur chair, ce dernier avoue éprouver "un vrai plaisir à cuisiner autrui."

 Et les compères de convier Sacha Guitry, Napoléon, Curnonsky, Mary Welsh et son célèbre Bloody Mary, Alexandre Grimod de la Reynière...à la table d'un facétieux festin verbal et des formules... assaisonnées de personnages qui n'avaient pas leur langue en poche.

 "Sacha Guitry sort de mauvaise humeur d'un restaurant: " Le vol-au-vent, c'était du vol, il n'y avait que du vent!"

Et toque. Petite anthologie savoureuse de l'esprit à table, Laurent Mariotte et  Marc Pasteger, Albin Michel, novembre 2011, 182 pp

22 12 11

Une magnifique fresque du grand âge

Sans titre2.jpgImpensable de conclure 2011 sans partager avec vous une belle, une très belle découverte. Ce coup de coeur, je le dois à Emmanuel Khérad et son émission radiophonique hebdomadaire  La Librairie francophone.

L'émission, diffusée le week-end du 19 et 20 novembre 2011, recevait la romancière québécoise Jocelyne Saucier, lauréate du dixième Prix des Cinq Continents, pour son roman, Il pleuvait des oiseaux.

 Un roman?

 Pas vraiment. Bien plutôt un récit aux allures de conte.

 "L'histoire s'installe tranquillement. Rien ne se fait très vite au nord du 49e parallèle. Tom et Charlie commencent leurs journées en dépliant leurs membres endoloris par le sommeil puis se dirigent lentement vers le poêle pour l'attisée du matin et les patates aux lardons."

 Partie à la recherche du  peintre Ted Boychuck, un des derniers survivants des Grands Feux  de 1916, qui anéantirent, plusieurs villes du Grand Nord (le nord de l'Ontario), une photographe rencontre  ses compagnons d'ermitage, Charlie et Tom, deux vieillards qui ont décidé de fuir la vie civilisée et l'irrémédiable tyrannie du sort réservé aux personnes âgées.

  " A eux trois, ils ont formé un compagnonnage qui avait assez d'ampleur et de distance pour permettre à chacun de se croire seul sur sa planète"

Mais Ted est apparemment mort, qui emporte ses secrets avec lui.

 Survient alors Gertrude, aussitôt baptisée Marie-Desneiges, qui renaît à la vie après 66 années passées dans une institution psychiatrique.

 Et c'est cette nouvelle naissance, la possibilité d'une vraie vie, la rencontre de l'Amour et l'apprivoisement conjoint de la mort, "vieille  et [patiente] amie" qui rendent ce roman à ce point émouvant. La plume de Jocelyne Saucier, nourrie d'humanité, de tendresse introspective, de rythme et d'un sens neuf de l'image le rend ...exceptionnel.

"La mort est une vieille amie. Ils en parlent à leur aise. Elle les suit de près depuis si longtemps qu'ils ont l'impression de sentir sa présence tapie quelque part, en attente, discrète le jour mais parfois envahissante la nuit. Leur conversation du matin est une façon de la tenir à distance. Dès qu'ils prononcent son nom, elle arrive, se mêle à la conversation, insiste, veut toute la place, et eux la rabrouent, s'en amusent, l'insultent parfois, puis la renvoient, et elle, bon chien, s'en retourne ronger son os dans son coin. Elle a tout son temps."

Merci, Jocelyne Saucier

 Apolline Elter

 Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier, roman,  Editions XYZ (Canada), coll. Romanichels, 1er trimestre 2011, 182 pp,

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21 12 11

64 libraires passent à la casserole

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Les éditions de l'Epure  fêtaient, cette année, leurs 20 ans d'existence. L'occasion de s'adjoindre la complicité de libraires amis, français et belges, et de les ...passer à la casserole.

En effet, outre la révélation de leur recette-fétiche, les 64 libraires participants étaient invités à préciser l'ouvrage culinaire qui les a le plus marqués et assaisonner le tout d'un extrait littéraire cher à leurs yeux.

Notre blog ne se sent dès lors plus d'aise, qui traque, consulte et collectionne, les liens entre la table et la littérature (voir notre rubrique "Gourmandises")

 S'il opte pour un extrait de l'ouvrage d'André-François Ruaud, Les nombreuses vies d'Hercule Poirot  (réédité en 2012), le Libraire Toqué (Namur) nous propose un Crumble de chicons aux épices...pas tristes, tandis qu'il rend hommage à Christiane et Dédée van Goidsenhoven et leur fabuleuse "Cuisine à qiatre mains" .

 A Grignan, la librairie Colophone (Chantal Bonnemaison) propose de déguster un passage extrait de Le sang noir de Louis Guilloux, où il est question de quatre-quart trempé dans du vin.., saisissant le prétexte des origines bretonnes de l'auteur pour révéler la recette d'un authentique far breton.

 Plus savoureux les uns que les autres, les noms des libraires défilent - L'Ecume des pages, la 25e Heure, La Machine à Lire, Le Goût des Mots, Dédicaces.....- tandis que les extraits et les recettes mettent le lecteur en appétit conjoint  d'une anthologie qui se décline si joliment autour de la table.

Apolline Elter

Les yeux plus gros que le ventre. Ou comment 64 libraires passent du livre à la casserole, collectif, Editions de l'Epure, septembre 2011, 160 pp, 15 €

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17 12 11

Bruxelles, très belle

 Sans titre4.jpgQu'il est bon de voir Bruxelles décrite sous la plume aimable d'écrivains aussi prestigieux qu'Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Erasme, Colette, Victor Hugo, Gérard de Nerval,  Théophile Gautier, Jacqueline Harpman ...

 " La Belgique est un livre d'art magnifique dont [...] les chapitres sont un peu partout, mais dont la préface est à Bruxelles et n'est qu'à Bruxelles. A toute personne qui serait tentée de sauter la préface pour courir au livre, je dirais qu'elle a tort, qu'elle ouvre le livre trop tôt et qu'elle le lira mal" (Eugène Fromentin)

 D'autres, tels  Châteaubriand, Voltaire ou Baudelaire . règlent son compte d'un mépris bien suspect - forcément subjectif - lui faisant parfois payer le prix d'un exil mal digéré...

 Quoi qu’il en soit, ils en parlent de notre chère "cosmopole" , révélant, de leurs écrits, la part sans doute..capitale, qu'elle prit un jour dans leur destinée.

 Spécialiste de Bruxelles, du bruxellois, qu'il pratique et enseigne, Georges Lebouc a extrait de sa prodigieuse culture littéraire un florilège de citations, passages, anecdotes...consignant les impressions - variées...-  d'écrivains célèbres. La ballade dans la ville est on ne peut plus instructive, qui s'assortit de photos magnifiques.

 Décidément, cette fin d'année regorge de bijoux à (se faire) offrir!

 Apolline Elter

 Bruxelles vue par les grands  écrivains, Georges Lebouc- Préface de Jean-Baptiste Baronian, beau livre, éd. Luc pire, novembre 2011, 162 pp, 29 €

Billet de ferveur

AE: Georges Lebouc, quelque quatre-vingts écrivains - et non des moindres - passent sous la loupe passionnante de votre bien allègre plume.  Mentionnons aussi le précieux index biographique que vous leur consacrez en fin d'ouvrage. Rares - heureusement -  sont les écrivains que Bruxelles laisse indifférents. Avez-vous eu des surprises à cet égard, cherchant vainement les traces d'un quelconque état d’âme?

 Georges Lebouc: J’ai, en effet, pour principe, de ne pas étaler mes états d’âme mais puisque vous m’invitez à me « déboutonner », je vous avouerai que la plus surprenante des idées relatives à Bruxelles, je l’ai trouvée sous la plume d’Alfred Jarry, lui qui imagina qu’on pourrait transformer les Vierges à l’Enfant en… vierges au Manneken-Pis. Aggravant son cas, il ajoutait que cela nécessiterait une « canalisation ingénieuse » et, pire encore, justifiait que puisqu’on « met le gaz dans les églises, pourquoi pas l’eau ? ». Il fallait être le créateur d’Ubu pour oser se permettre une idée aussi blasphématoire avec une aussi tranquille impudeur !

AE: vous séjournez à Paris, en ce moment. J'ose espère qu’à son tour,  la ville ne vous laisse pas indifférent..

 Georges Lebouc: En effet, Paris fut la ville de mes grands-parents et mon père y est né. J’en garde la double nationalité et j’ai écrit, comme mon grand âge m’y autorise, un Paris des jeunes seniors (j’insiste sur jeunes) ouvrage qui me fut commandé par des éditeurs parisiens, étonné que je connaisse certains coins de la Ville Lumière aussi bien qu’eux. Oserais-je écrire « Parfois mieux » sans rougir ?

15 12 11

Une écologie de l'âme

terre-en-heritage.jpg

Il nous avait enchantés en 2009, avec La mémoire du petit prince (voir chronique du 25 octobre 2099: http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2009/10...), Jean-Pierre Guéno nous revient en cette fin 2011 avec un (très) beau livre et la complicité de son génial metteur en images, Jérôme Pecnard, magnifique hommage au testament d'Antoine de Saint-Exupéry.

 Vous l'aurez compris: le superlatif est de mise.

 "Nous vous laissons la Terre en héritage. Puissiez-vous ne jamais arrêter de porter sur elle ce regard neuf qui protège de la vieillesse; puissiez-vous ne pas en faire le désert de nos aigreurs et de notre ingratitude, mais plutôt le nouveau monde de nos rêves et de nos espérances"

 Instituant le célèbre écrivain-aviateur, père spirituel de notre écologie contemporaine, Jean-Pierre Guéno revêt le costume marin du Petit Prince et  l'esprit de Saint-Exupéry enfant pour délivrer un vibrant message d'amour de notre Terre - de mises en garde aussi - illustré de splendides photos issues de la photothèque d’ Yann Arthus-Bertrand, ainsi que de la Nasa.

 Traversant les thématiques de l'eau, la nuit, la ville, la planète (et sa nécessaire sauvegarde), l'auteur choisit d'en montrer les merveilles plutôt que de s'enliser dans un discours culpabilisant. Des extraits d'œuvres  (Terre des Hommes, Citadelle, Lettre à un otage, Le Petit Prince, Vol de nuit, ..) et des dessins d'Antoine de Saint-Exupéry jalonnent les chapitres qui révèlent le côté visionnaire de l'écrivain de génie et la rare beauté de cette planète qui nous est donnée..en héritage.

 L'écologie se fait admirative, diversifiée, sociale,  citoyenne, responsable..visant l'être, atteignant l'âme, au terme d'un  ouvrage que je vous recommande particulièrement.

 Apolline Elter

 La Terre en héritage. Antoine de Saint-Exupéry: Sauver la planète du Petit Prince, Jean-Pierre Guéno (Mise en image Jérôme Pecnard), beau livre, Editions Jacob-Duvernet, oct. 2011, 144 pp, 25,5 € 

 Billet de ferveur

 AE: Jean-Pierre Guéno, révélé par la passion qui vous lie à l'écrivain, le testament d'Antoine de Saint-Exupéry est porteur d'un message fort, extraordinairement positif. Voyez-vous en lui, un nouveau Messie? Un messie porteur d'un message d'éternité et de salut de l'âme?

 Jean-Pierre Guéno : Il n’y a pas de messies : uniquement certains hommes de bonne volonté qui à force d’empathie avec les autres hommes arrivent à déduire de leur trajectoire passée le devenir de leur trajectoire future. On les pense visionnaires alors qu’ils ne sont en fait que de fabuleux déducteurs capables de poser leur stéthoscope sur le cœur de l’histoire pour en percevoir les battements et pour projeter ces battements dans l’avenir… Au cœur  des années 1930, l’écrivain avait connu les grandes mégalopoles nord et sur américaines. Son œil  d’aviateur lui donnait ce recul qui permit 40 ans plus tard aux terriens de comprendre la valeur de leur planète lorsqu’ils en découvrirent les photos prises dans les premiers vol habités de la Nasa, les vols des missions Apollo.

 AE: Etes-vous un humaniste? Avançant peu à peu dans la découverte de vos écrits (Les Diamants de l'Histoire, La Vie en toutes lettres, Paroles de détenus,  La mémoire du Petit Prince, Paroles de l'Ombre, ..), je suis portée à le croire..

 Jean-Pierre Guéno: Notre vie ne s’éclaire que lorsque nous la tournons vers les autres. C’est un  peu le message essentiel du créateur du Petit Prince. Je ne cesse de traquer depuis que je suis en état de le faire la petite musique de l’âme des hommes, la vibration de leur âme. Je m’efforce d’être à la fois le passeur de leur mémoire et celui de cette petite musique…

 AE: une partie des bénéfices issus de la vente du livre sera versée à la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la jeunesse. Dotée de parrains prestigieux, tels le docteur Bertrand Piccard, Antoine Gallimard, Xavier Emmanuelli, Patrick Poivre d'Arvor, André Borchberg et Marie-Christine Barrault, ... et vous-même, elle a pour mission de diffuser "les valeurs humanistes universelles d'Antoine de Saint-Exupéry". C'est dire comme votre ouvrage s'inscrit dans cette vocation!

 Jean-Pierre Guéno: J’ai divisé par deux les droits habituels qu’un auteur reçoit pour écrire un livre illustré. Cela permet à mon éditeur de verser une partie des recettes de l’ouvrage à la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la jeunesse. J’ai déduit du livre  une exposition de 33 panneaux qui à partir de Février 2012 va faire le tour de notre beau pays. Organisée elle aussi au profit de la Fondation Antoine de Saint-Exupéry pour la Jeunesse, elle a été parrainée et financée par le Musée des Lettres et Manuscrits situé 222 Boulevard Saint-Germain à Paris. Grâce au Président de ce Musée, Gérard Lhéritier, l’exposition « La terre en héritage »  sera accessible gratuitement au public et comme elle pourra exister à trois exemplaires simultanés, elle devrait avoir un bel impact. Le 21ème siècle est et sera celui de la transmission : transmission de ces valeurs et de ces points de repère dont les jeunes ont tant besoin, à l’heure de la grande Mondialisation et de la grande virtualisation qui parfois donnent le vertige.

 Ma citation, ma pépite  préférée dans ce livre que j’ai eu tant de plaisir à écrire est tirée de Pilote de Guerre et suffit à résumer le message clef de Saint-Exupéry : « Nul ne peut se sentir à la fois responsable et désespéré ». Si vous vous sentez en déserrance, si vous vous sentez désespéré, tournez-vous vers les autres. Assumez des responsabilités. Devenez à votre manière à votre échelle, devenez un berger : le désespoir et le spleen, si caractéristiques de la société du « tout à l’égo » qui nous encercle, s’envoleront comme par magie ! 

 

14 12 11

Jumeau du Roy

Sans titre6.jpgPremier volet, d'une saga consacrée à Versailles, "Le Palais de toutes les promesses", le roman de Jean-Michel Riou pose la pierre du gigantesque chantier et du destin énigmatique, tragique, de Toussaint Delaforge, jumeau de naissance de Louis XIV, né, comme lui, le 5 juillet 1638.

 La destinée royale et celle de Toussaint, issu d'un cloaque, et d'une mère aussitôt morte - étouffée - seront évoquées en parallèle, pour converger, animées d'une même passion sur le chantier du futur palais.

 Pris sous l'aile de  l'architecte Louis Le Vau, Toussaint s'annexe au célèbre trio Le Brun - Le Nôtre - Le Vau , maîtres incontestés des lieux. Mais il lui faut aussi chercher son père - inconnu au bataillon - et le secret bien caché de ses origines obscures. Il le fera avec une cruauté amère,  assez inattendue pour un héros de roman. ...

 Deviendra-t-il ce "Roi noir de Versailles" qui nous donne rendez-vous, début 2012, pour le deuxième tome de la saga?

 Soucieux de marquer le départ entre fiction et réalité historique, Jean-Michel Riou dote son ouvrage d'une notice qui remet les pendules à l'heure de l'Histoire.

 Apolline Elter

 Un jour, je serai Roi- Versailles, le Palais de toutes les promesses(I), Jean-Michel Riou, roman historique, Flammarion, novembre 2011, 622 pp, 23 €

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13 12 11

Quiz-tionnaire

9782709638104FS.jpg "A un an près, Napoléon aurait été Italien", Niepce, le papa de de la photographie se prénommait Nicéphore (et non Népomucène comme vous l'auriez cru), Louis de Funès était un excellent pianiste de jazz,  des pigeons furent portées aux nues pour leur rôle de messagers durant la Grande Guerre, les ennuis dentaires de Louis XIV, ne datent pas d'hier et le forcent à "cacher son sourire édenté derrière une bouche pincée". Un monarque qui a,  d'ailleurs, le privilège historique d'étrenner le"bistouri à la royale" pour traiter sa fistule anale.  Ajoutons que le célèbre masque de fer était peut-être en velours...

 Vous l'aurez compris, regroupant,  en 10 chapitres chronologiques les détails croustillants de l'Histoire de France, le Quiz de Laurent Boyer et de Clémentine Portier-Kaltenbach - la journaliste nous avait enchantés l'an passé d'un excellent Grands Zhéros de l'Histoire de France (JC Lattès - chronique sur ce blog) - constitue un cadeau idoine pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Alternant avec les"Le saviez-vous", les "Vrai ou faux" cultivent ces délicieuses miscellanées issues de l'émission historique, diffusée, chaque week-end sur les ondes de RTL. Située au bas de chaque page, une ligne du temps permet de situer les anecdotes dans la perspective historique de leurs événements.

 Les chemins de l'Histoire ont, décidément, de bien plaisantes stations.

Apolline Elter

Le grand Quiz des Histoires de France, Laurent Boyer et Clémentine Portier-Kaltenbach, beau livre, JC Lattès/RTL, novembre 2011, 280 pp, 20 €

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