04 04 12

La faute à Voltaire?

9782705805067.jpg" Depuis plus de deux siècles, ses combats restent d'une actualité brûlante. Aujourd'hui -plus que jamais - il faut lire et relire Voltaire. Un ouvrage de Voltaire dans une bibliothèque est une arme contre la bêtise, un rempart contre l'ignorance. Plus que jamais, l'oeuvre de Voltaire est un phare, un signe de reconnaissance, une petite lueur de Raison dans un océan d'obscurantisme. C'est à nous à veiller à ce qu'elle ne s'éteigne pas."

Rassemblant les propos, bons mots et aphorismes d'un François-Marie Arouët (1694-1778) dit Voltaire, décidément très en verve, David Alliot nous offre, en guise de mise-en-bouche, un florilège de réflexions  de l'écrivain, philosophe éclairé du Siècle des Lumières. Classées thématiquement, elles alimenteront, outre nos conversations, notre carnet de citations et les sujets de quelques dissertations...

A savoir:

"Protégez-moi de mes amis, les ennemis, je m'en charge" (à Ferney)

" La vertu s'avilit à se justifier"

" Les calomniateurs sont comme  le vieux qui noircit le  bois vert, ne pouvant le brûler.""Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer"

 Sans oublier, ces "vérités" (?) criantes d'actualité:

"Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux"

"Gouverne qui peut; et quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut."

" Le grand homme d'Etat est celui dont il reste de grands monuments utiles à la patrie"

"Ce n'est point une pénétration supérieure qui fait les hommes d'Etat, c'est leur caractère."

Pas de doute, en cet avril d'électoral, l'ami Voltaire aurait eu grand mal à se taire:

"Les Français ne sont pas faits pour la liberté: ils en abuseraient."

Voltaire en verve - Mots, propos, aphorismes - Présentation et choix, David Alliot, éd. Horay, mars 2012, 130 pp, 7,7 €

AE

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04 04 12

En collier...

Les éditions Horay ont frappé fort, en cette fin du mois de mars, égrénant quatre publications, au collier de collections décidément bien sympathiques.....Nous vous les dévoilerons,perle par perle,  au menu de cette semaine (pré-) pascale:

En guise de mise en bouche, quelques savoureuses  Perles de librairies, rassemblées par David Alliot, au départ des demandes des clients, lapsus et  approximations incongrues et des réponses des libraires, qui ne le sont pas moins ...

Les mémoires d'une jeune fille rangée se font "Souvenirs d'une jeune fille oubliée' "Les Trois contes de Flaubert", le Journal d'Anne Franck, "La métamorphose de Carcasse"  ... manquent de mention d'auteur, tandis que les" Lésions dangereuses"(Choderlos de Laclos) "Sadique" (Voltaire) "Bécassine" (Racine) se disputent la vedette avec un Le Rouge et le Noir, stendhalien souhaité en achat différé:

"Je voudrais Le Rouge et le Noir de Stendhal, mais aujourd'hui, je ne vais prendre que le rouge.."

Les libraires ne sont pas en reste qui rétorquent à qui cherche Madame de Sévigné, qui "le dernier prix Nobel", que la première "ne travaille pas ici" et que, pour le second "il y a très peu de chances que je le reçoive un jour"

Quand les libraires rient...

AE

Perles de librairies, David Alliot, recueil, éd. Horay, 28 mars 2012, 142 pp, 5,99 €

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31 03 12

Y'avait Fer(di)nand...

paulette.jpg Y avait Fer(di)nand, Y a Marceline, Y avait Hortense , Guy et Simone, Y avait Muriel,  Kim , les Lulus...et puis Paulette...

Pris dans l'engrenage d'une humanité généreuse, Ferdinand voit peu à peu sa ferme se (re) peupler d'une série improbable de prochains: il y a d'abord Marceline, la voisine, qu'il propose d'héberger le temps que sa maison soit réparée, il y a les soeurs Lumière, Hortense et Simone, ravies de partager un quotidien devenu terne avec l'éclatante jeunesse de Muriel, l'infirmière et de Kim, le dernier pensionnaire. Sans oublier Guy, le vieil ami devenu veuf, les "Lulus", ses petit-fils ..et puis Paulette.

Tout ce petit monde vit en belle intelligence

Plaisant plaidoyer d'une vie intergénérationnelle  harmonieuse à laquelle notre société paraît aspirer de plus en plus,  le roman de Barbara Constantine revêt un savoureux petit air d" 'Ensemble c'est tout"

Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons.

AE

Et puis Paulette, Barbara Constantine, roman, Calmann-Lévy, janvier 2012, 314 pp, 15,5 €

 

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29 03 12

Un témoignage vital

une_vie_sans_gluten_01.jpg" Malgré le chemin parcouru, je redoute toujours d'être invitée à dîner chez des amis. Si la bêtise de certains invités me surprend, c'est la méchanceté gratuite qui m'ébahit le plus. Peut-être qu'elle laisse entrevoir certains aspects de la nature humaine que je préférerais ne pas voir."

Radioscopie de la maladie coeliaque, caractérisée par une intolérance vitale au gluten, le témoignage de Delphine de Turckheim offre aux malades qui en sont porteurs - 1 personne sur 250 serait atteinte de la maladie sans le savoir nécessairement - mais aussi à leur entourage, les pistes  utiles à sa compréhension.

Si Delphine de Turckheim doit à une famille aimante et attentive, ainsi qu'à un pédiatre perspicace et obstiné de pouvoir mener aujourd'hui une vie normale et heureuse, elle n'oublie pas le parcours du combattant qui l'attendait au berceau. Séjours à l'hôpital, incompréhension de médecins, jugements expéditifs sur une sélectivité alimentaire qualifiée de caprice, développement d'une dermatite sans doute liée à une réalité "dure à avaler"  ont jalonné une jeunesse dont elle partage l'expérience avec simplicité et générosité. Recettes, conseils pratiques, liste des aliments à éviter..concluent un ouvrage, en tout point intéressant, fondamentalement optimiste.

Mannequin, animatrice - TV, Delphine de Turckheim est aussi marraine de l'AFDIAG - Association française des intolérants au gluten.

AE

Une vie sans gluten, Delphine de Turckheim, témoignage, Ed. Tchou, coll." Le corps à vivre", mars 2012, 140 pp

 

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27 03 12

Palimpseste

418LPARErPL._SL500_AA300_.jpg" A présent, je me découvre comme un palimpseste. A la façon des moines du Moyen Age, nos parents nous ont inscrit d'autres textes sur un parchemin recouvert d'un récit bien plus ancien. Notre histoire commune est là, mais dessous, dans l'épaisseur du support, un message antérieur existe toujours, nous n'en savions rien mais il palpite comme un coeur dans un corps."

Tandis que sa mère est internée dans une maison de soin médicalisée, la narratrice rejoint une mission d'anthropologues, au Kosovo, chargés d'exhumer de nombreux  corps des charniers et de déterminer les circonstances de leur décès. Un travail de reconstitution qui lui permet de reconstruire sa propre vie, allégée des strates qui lui furent néfastes.

" J'ai creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m'enferme; je l'ai déchirée au scalpel. J'ai mal à moi, à eux, j'ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre."

Entrecoupé de séances d'analyse, nourri d'une réflexion profonde sur le sens de la vie,  du déclin mental, de la mort et des "deuils blancs " qu'il faut opérer,   le deuxième roman de Nicole Roland (Kosaburo 1945 - Actes Sud, 2011 - Prix Première 2011), inscrit  douleur et  douceur au coeur d'une écriture belle et confirmée.

AE

Les veilleurs de chagrin, Nicole Roland, roman, Actes Sud, janvier 2012, 232 pp, 18,9 €

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26 03 12

Un recueil -gigogne

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"Oui, je le dis: combiner du Laspallières, c'est être un écrivain. C'est dans cet esprit qu'il a conçu son oeuvre: comme une bibliothèque ouverte où les hommes de bonne volonté peuvent puiser pour écrire, dès lors qu'ils ont du courage, du caractère et un peu de talent."

Retrouvant son cher Pierre Gould - le héros récurrent des Contes carnivores - le narrateur est invité à découvrir les sections de son étrange bibliothèque: les ouvrages écrits par des amnésiques côtoient ceux qui tuent le lecteur, le font mourir d'ennui,  lui insufflent de l'énergie, exigent un dress code, se prêtent, en vraies gigognes à une infinité de lectures et ceux qui se sont vus renier par leurs auteurs, ou dont le contenu s'évapore, faute d'être consulté.

Nouvelles, fables, allégorie de l'écriture,  les chapitres consacrés à la littérature et son absurdité jubilatoire sont coupés des récits de découvertes de villes imaginaires - ville-miroir, ville soporifique, hypermnésique... - et de travers de société pour le moins déconcertants: échangisme...d'identité, multiplication de celles-ci, rajeunissements intempestifs, ....

Renouant avec la veine drôlissime des "Contes carnivores" (Le Seuil 2008 - Prix Rossel) et celle d'un Petit Prince, en voyage en Absurdie,  l'écrivain belge  - il enseigne le Droit à Dijon - mène à son comble, avec une rigueur cartésienne,  la logique de raisonnements loufoques.

Quiriny rime avec… génie.

Apolline Elter

Une collection très particulière, Bernard Quiriny, nouvelles, mars 2012, 186 pp, 17 €

 

Prolongation de lecture:

 

AE, Bernard Quiriny, la visite de la bibliothèque de Pierre Gould dévoile une série important e de pistes de romans. C’est le côté « gigogne » d’Une collection très particulière ? 

 

Bernard Quiriny : D’une certaine manière, oui : ce livre possède un côté « malle aux trésors », ainsi qu’un côté Rubik’s Cube. Mais je crois que les faux romans inventoriés par Gould sont destinés à demeurer à l’état imaginaire. A moins qu’un auteur désoeuvré ne veuille les écrire…

 

AE :  Enrique Vila –Matas avait signé la préface des Contes carnivores. Est-il meilleur hommage que d’évoquer La Lecture assassine,  « un livre qui tue ses lecteurs. »

 

Bernard Quiriny : Non seulement il m’avait fait l’honneur de préfacer « Contes carnivores », mais il m’a cité dans son « Journal Volubile ». La moindre des choses était de l’inclure à mon tour dans ce livre, comme je l’avais déjà fait dans « L’Angoisse… ». Disons que c’est une sorte de correspondance implicite transportée par livres.

 

AE : Un écrivain a-t-il toujours besoin d’un  « caillou dans sa chaussure pour le faire boiter » ?

 

Bernard Quiriny : Je n’en suis pas sûr. C’est une théorie de Gould, mais elle ne me convainc qu’à moitié. Personnellement, le moindre caillou dans ma chaussure aurait tendance à me paralyser. Ce qui me permet, pour une fois, de n’être pas d’accord avec lui.

 

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22 03 12

Dans les cuisines d'un mandat présidentiel

9782847243857.jpgBilan pour le moins documenté du quinquennat présidentiel, l'essai de Bruno Dive met en exergue les maladresses et les faux pas qui ont émaillé le mandat sans mettre en doute la sincérité, le courage  et la franchise..impulsive de "l'hyper-président".

Savoureux "zoom" de la cuisine interne du pouvoir, de relations, tensions, formules, bons mots et  anecdotes croustillantes, La métamorphose de Sarkozy, traque les constantes du  caractère - bouillant - de Nicolas Sarkozy en même temps que les révolutions internes que l'expérience lui impose: le mariage avec Carla Bruni l'attire vers une vie plus calme, des soirées retirées à regarder des DVD en leur home-cinéma, la cohabitation avec François Fillon l'amène à enfin conférer un semblant de place à ce dernier tandis que les relations avec  la chancelière allemande Angela Merkel virent au beau fixe, après une incompréhension initiale assez nébuleuse.

"Fillon a découvert que, quand on est loyal, on peut tout dire à Sarkozy explique un conseiller élyséen."

Kafkaïen en son titre, légèrement infantilisant en son portrait du président, l'ouvrage de Bruno Dive dissèque les faits, paroles et gestes d'un personnage attachant et marquant, que les Français se plaisent tellement à critiquer, qu'ils ne pourraient peut-être pas s'en passer.

Apolline Elter

La métamorphose de Sarkozy, Bruno Dive, essai, Editions Jacob-Duvernet, janvier 2012, 262 pp, 18,9 e

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20 03 12

Le 20 mars de PPDA

rapaces.jpg"Ce 20 mars, ça ne l'arrangeait plus du tout. Son protégé baignait encore dans l'eau glacée d'un étang de la forêt de Rambouillet, et l'on comprenait mieux l'embarras du procureur de la République"

Bien qu'il est avéré que " toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n'est  que fortuite. Et regrettable"  le tout frais  thriller politico-médiatique  de Patrick Poivre d'Arvor résonne d'une actualité particulièrement ..intriguante.

Journaliste-vedette du journal télévisé de 20 heures, pour le compte d'une puissante chaîne nationale, Chris Rather est retrouvé, assassiné - ce 20 mars 2012- dans un des étangs de... Hollande (toute allusion à un quelconque candidat à l'élection présidentielle étant fortuit, assurément).

Fait on ne peut plus troublant, "le vainqueur de la révolution de la cravate", est ramené sur la berge, entraîné  par le noeud de cet accessoire (et de l'intrigue...). L'enquête sera des plus délicate à résoudre, qui jette un énorme pavé dans l'étang de la campagne présidentielle.

Assassinat? Suicide (assisté)? le très populaire journaliste venait précisément d'interviewer le président de la République...

Toute ressemblance avec l'actualité politique est décidément à exclure.

Catégoriquement.

AE

Rapaces, Patrick Poivre d'Arvor, roman, Ed. Le Cherche -midi, mars 2012, 306 pp, 17 €

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17 03 12

A la recherche de Paul Rosenberg

21-rue-la-boetie.jpg

"Je suis la petite-fille d'un monsieur qui s'appelait Paul Rosenberg et qui habitait à Paris, au 21 de la rue La Boétie"

L'élément déclencheur de cette enquête minutieuse qu'Anne Sinclair entreprend sur la personne de son grand-père maternel, marchand d'art réputé, exilé à New York, durant la  seconde Guerre est la question d'un employé administratif borné, relative au lieu de naissance de ses quatre grands-parents.

" Il ne s'agit pas là de tracasseries administratives. C'est la réactivation de ce débat malsain sur "l'identité nationale ", qui empoisonne la France. "

Organisant ses recherches à travers les divers lieux de France et de New York où vécut son grand-père, la célèbre journaliste du 7/7 en retrace la carrière et quelques bribes d'une vie privée parfois douloureuse.

Intime de Picasso - pour un temps son voisin au 23 de la rue La Boétie - qu'il fait passer " de la position d'avant-garde à celle de maître de la peinture moderne", Paul Rosenberg exerce une influence déterminante sur les artistes de son temps,  tels Henri Matisse, Georges Braque, Marie Laurencin.., agissant  pour eux comme un mentor plutôt qu'un "simple" passeur d'oeuvres . Il conçoit son métier avec intégrité et panache, subissant de plein fouet le "gigantesque larcin [Ndlr: d'oeuvres d'art] opéré en France par les nazis" et l'indigne déchéance de nationalité infligée par le régime de Vichy.

Analysant avec une tendresse pourvue de rigueur et d'honnêteté ses racines familiales, sa relation avec un grand-père hors du commun et sans doute méconnu, le testament spirituel qu'il lui lègue, Anne Sinclair offre un témoignage passionnant et assez inédit sur l’avènement d’artistes au début du XXe siècle, le climat délétère de la Seconde Guerre et  la confiscation criminelle d'oeuvres d'art par l'Occupant.

Une lecture recommandée.

AE

21 rue La Boétie, Anne Sinclair, biographie, Grasset, mars 2012, 302 pp, 20.5 €

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15 03 12

A la sainte Adeline, ne te découvre pas d'un fil

images.jpg" Comme il est facile de cacher les intimes séismes de sa vie à ceux que l'on appelle ses "proches", alors que, parfois, ils sont si loin!"

Jour de fête de sa sainte patronne, Adeline décide de changer de vie. Elle interrompt une carrière bien amorcée pour se consacrer à sa vie de famille, à son mari, Hugo et à ses trois enfants, Adèle, Eugène et Elsa.

Auto-promue femme au foyer et enchantée de l'être, elle renoue avec un rêve ancien, ancré dans son adolescence : créer un opéra-rock au départ du Cid, de Corneille et de l'amour tragique que voue Chimène à Rodrigue. Sa rencontre avec Mathis, aussi fougueux que passionné de musique, l'invite à concrétiser le projet et à ...se mettre en danger. Le célèbre "Va, je ne te hais point"cornélien, la saisit qui pourrait mettre à mal l'édifice de sa nouvelle vie...

AE

 Une vie en plus, Janine Boissard, roman, Fayard, mars 2012, 522 pp, 22 €

 

salon_du_livre_de_paris_2012.jpgLa tonique  écrivain, aux quelque quarante romans, dédicacera son ouvrage et rencontrera ses fans,  ce samedi 17 mars, de 15h à 16h, au stand des Editions Fayard (N51)

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