23 06 12

Un portrait lumineux

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«  Son destin fut scellé le 11 septembre 1941, le jour où elle épousa l’homme de sa vie, mon père. Le sort en était jeté. Ma mère fut qualifiée d’intrigante, d’ambitieuse. On la surnomma l’ « ange noir ». Elle ne parviendrait jamais à apprivoiser la légende, à modifier son image. Bien plus que les épreuves de la vie, les jugements et les mensonges l’avaient meurtrie, l’amenant petit à petit à se forger une carapace. Et pourtant, au-delà de celle-ci, ma mère était animée de générosité, d’humour, d’intelligence, de passion et d’enthousiasme. »  Esmeralda

Voici dix ans, le 7 juin 2002 précisément, Lilian, célèbre Princesse de Réthy, quittait la vie, en ce  domaine d'Argenteuil (Waterloo), indissociablement lié à sa mémoire.

Hommage à une femme de tête, d'élégance et de lumière, une maman animée de principes nobles, une princesse secrète et largement incomprise, l'ouvrage  que publient les éditions Racine est tout simplement magnifique.

Rassemblant ses souvenirs d'enfance, d'adolescente un rien rebelle, une  multitude d'archives familiales et de photos superbes et inédites, la Princesse Esmeralda, fille cadette de la Princesse et du Roi Léopold III, s'est assuré  la collaboration rédactionnelle de Patrick Weber, historien, journaliste, spécialiste renommé des têtes couronnées.

Ce dernier brosse de Lilian Baels, un portrait  vivant, vrai, plein de tact qui lève quelques parts d'ombre sur des traits d'une personnalité à qui ne furent pardonnés ni éclat, ni beauté, moins encore son mariage d'amour avec Léopold III,  aux temps sinistres de la Captivité.

De là à brosser d'elle l'image d'une marâtre, noire réplique d'une angélique et défunte  Reine Astrid,  il n'y avait qu'un pas, que la rumeur populaire, aigrie par des années de guerre,  largement relaya...On la dit gouvernante des enfants royaux. Faux. Intrigante, arriviste... Faux. Elle était simplement amoureuse. D'un amour jamais démenti. Le souverain le lui rendit bien qui partagea la flamme sportive - La Princesse excellait dans la pratique du golf- le goût pour  la nature, les voyages, les belles voitures, les rencontres vraies, l'harmonie familiale... de son épouse, cavalière, skieuse, ...fumeuse, passionnée d'Autriche, de chasse et de cerfs.

Icône d'élégance, servie par une ligne et un physique de star, cette princesse fascinante et attentive fut  proche des ses beaux-enfants, jusqu'à la rupture, avec Laeken ...,en 1960.

Trop discrète - elle aurait dû faire meilleure confiance aux atouts de la communication - Lilian de Belgique s'investit massivement dans le domaine de la cardiologie, prêtant soutien et domaine d'Argenteuil à des colloques, conférences, rencontres scientifiques de tous niveaux. La lourde opération cardiaque que subit  en 1957, son fils,  le regretté Prince Alexandre de Belgique a évidemment été l'élément déclencheur de son action.

Cadette d'une fratrie recomposée, la Princesse Esmeralda est  celle qui a le mieux connu ses parents, privilège d'une époque qui octroya plus de temps aux activités familiales.

Un portrait ..royal, assorti d'une galerie de photos fabuleuses.

Un vrai et bel hommage.

Apolline Elter

Lilian, Une princesse entre ombre et lumière.  Esmeralda de Belgique, Patrick Weber, Portrait – ouvrage cartonné. Ed. Racine, mai 2012, 180 pp, 24,95 €

Billet de faveur

AE, Madame, certaines photos révèlent une ressemblance physique patente avec votre Maman, rendue encore plus flagrante par la multiplication des clichés. En étiez-vous totalement consciente, avant ce travail de sélection? 

S.A.R . La Princesse Esmeralda : Je dois vous avouer que je l’ai souvent entendu dire et lorsque j’étais adolescente, cela me gênait plutôt. Par la suite,j’ai compris que c’était un compliment ! Aujourd’hui, mes enfants, en regardant les photos, s’amusent à relever ces ressemblances familiales.

 

AE : Dans son bel ouvrage, Lettres d’amour en héritage, l’écrivain belge (et psychanalyste) Lydia Flem s’interroge longuement sur la responsabilité qui échoit au dépositaire d’une correspondance amoureuse. Peut-on ou non en publier des extraits au seul motif de lui rendre vie ? Les quelques bribes de lettres, tracées des belles écritures de vos parents,  publiées dans ce livre, attisent notre intérêt.  Songeriez-vous, à en publier davantage, au nom de la vérité historique ?

S.A.R . La Princesse Esmeralda : C’est exact, c’est une responsabilité importante. J’ai à cœur la vérité historique mais je ressens également de la pudeur et de la réserve en lisant les lettres intimes que mes parents se sont adressées et qui font partie de leur domaine secret. 

AE: Patrick Weber, au terme de ce bel ouvrage, avez-vous le sentiment d’avoir fait œuvre de justice ? Restauré dans sa dignité l’image d’une grande dame, méconnue, incomprise ?

Patrick Weber : Cela serait présomptueux. J’espère seulement que ce livre offrira un portrait différent de la princesse Lilian. Une femme au tempérament volontaire mais aussi une femme généreuse, drôle et surtout, amoureuse. Elle a choisi le silence face aux attaques. D’une certaine manière, nous avons répondu à certaines rumeurs infondées et trop longtemps colportées.

AE : Si elle présente un avantage indéniable de collecte des sources, la collaboration rédactionnelle avec la famille d’un personnage historique peut aussi de grever d’obstacles affectifs, de censure latente. Comment s’est passé votre travail de ce point de vue ? 

Patrick Weber : Nous ne voulions pas écrire une biographie. Il s’agit d’un portrait et pas n’importe lequel… Un portrait vu à travers les yeux de la fille de la princesse. Personnellement, j’assume tout à fait l’aspect affectif d’une telle entreprise. Pour autant, j’ai eu la plus entière liberté par rapport aux questions posées.

AE : Aviez-vous rencontré la Princesse de Réthy ?

Patrick Weber : Non… mais d’une certaine manière, j’étais heureux d’être dans la situation du Candide pour aborder ce travail. J’étais l’égal de tous ceux qui avaient une certaine image de la princesse de Réthy sans l’avoir jamais rencontrée. Et ma perception a beaucoup évolué au fil de l’écriture et des entretiens avec la princesse.

 

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16 06 12

Le nouveau Dominique Bona

 "9782246798101.jpgYvonne et Christine Lerolle au piano, avec sa facture classique, sa maîtrise de la composition, et de la couleur, est non seulement un des chefs-d'oeuvre de Renoir, mais un de ceux qui souligne le mieux sa tendresse pour ses modèles. Si Renoir reste le peintre des baigneuses aux chairs nacrées, sensuelles et appétissantes, il est tout autant le peintre de ces jeunes filles  à la beauté tranquille et douce qu'il vient de surprendre dans l'attente de leur destin de femmes. Et que chacun, sous ce pinceau caressant et jovial, peut croire destinées au bonheur."

Tout est dit.

Intriguée par le tableau du célèbre peintre, exposé au Musée de l'Orangerie (Paris), Dominique Bona découvre rapidement que l'expression de bonheur affichée par  Yvonne et Christine,  filles du peintre Henry Lerolle, soeurs complices,  protégées par la vie, un milieu d'artistes  exubérant et une famille aimante, ne résistera pas au drame de leurs mariages respectifs avec Eugène et Louis Rouart, fils du collectionneur d'art, Henri Rouart.

Retraçant leur jeunesse dorée et les prémisses d'un mariage prometteur arrangé par Edgar Degas, la biographe nous propulse au sein d'un salon de rencontres merveilleuses, celui de Madeleine et Henry Lerolle, sis au 20 de l'avenue Duquesne (Paris).  Passionné de musique, nanti d'une ouverture d'esprit et d'une amène tolérance, le peintre fera table ouverte, recevant chez lui Renoir, Degas, Debussy, Albéniz, Paul Valery, Francis James, Paul et Camille Claudel, instillant une joyeuse  convivialité dénuée de tout académisme.

L'étau de mariages mal assortis rendra Yvonne esclave d'un mari tourmenté - Eugène Rouart - homosexuel et tiraillé d'aspirations contradictoires , l'isolera du monde par une vie retirée  à la campagne , tandis que Christine fracassera son solide tempérament de nombreux orages matrimoniaux.

Une fresque magistrale que Dominique Bona décrit avec la rigueur historique  le rythme et le brio qu'on lui connaît.

Une lecture hautement conseillée

Apolline Elter

Deux  soeurs. Yvonne et Christine Rouart. Les muses de l'Impressionisme, Dominique Bona, biographie, Grasset, avril 2012, 384 pp, 20,9 €

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14 06 12

Jacques a dit

C'est à la lecture de l'excellente chronique, sur ce blog, de Jacques Mercier, que j'ai eu envie de découvrir l'ouvrage. Je vous en livre donc ma recommandation de lecture. Merci Jacques ...au pluriel.!

blog5095.jpg Animateur-vedette, avec André Rémy, de  Feu vert, l'émission-culte des têtes blondes (années '70), Jacques Careuil nous revient, de sa voix juvénile à l'accent bien trempé,  par le biais d'une autobiographie rédigée avec Claude Rappé.

Un récit attachant autant qu'intéressant.

"Je n'ai pas eu le père dont on peut rêver, mais il n'a pas eu non plus le fils qu'il espérait"

De  de sa prime enfance, marquée par le départ de son père, Henri Neulinger et les années de guerre, le jeune et solitaire Guido  - futur Jacques Careuil -  retiendra surtout la solide affection qui le lie à sa mère.

Années de scène, genèse de l'émission Feu vert, Liaison de trois ans avec le comédien Serge Michel et début de l'amitié vitale  qui le lie à Jacqueline Bir, ...sont l'objet de la deuxième étape de sa biographie.

L'animateur nous livre alors sans tabou, ni quelconque nostalgie, la vérité d'une homosexualité assumée et de diverses relations plus ou moins heureuses, mais aussi les coulisses de la grande RTB (F), les cabales menées et obstacles de carrière que son étiquette de gentil animateur lui valurent et qui le décidèrent à quitter délibérément la télévision publique belge.

Le "petit Careuil" était catalogué. On ne me prenait pas au sérieux. Lorsque je négociais une nouvelle saison, souvent, je n'obtenais pas une augmentation de cachets.

C'est une leçon pour beaucoup d'artistes médiatisés: quand vous tenez un succès, gardez-le! Il vous apparaîtra un jour que vous n'êtes pas assez payés, que vous êtes exploités, que votre nom vaut de l'argent, que vous aimeriez faire autre chose de plus valorisant.. Mais le jour où vous claquerez la porte, ou même si vous partez sans faire de bruit, personne, personne non, ne vous tiendra la main et on ne fera plus jamais  aucun bruit autour de vous. (...) Nous ne sommes rien dans la grande machine des médias (...) nous sommes jetables comme des mouchoirs en papier. Après, longtemps après, il vous restera des souvenirs à consigner dans un livre. J'insiste: il n'y a aucune aigreur dans ce que je viens de dire."

De cette Thaïlande où il réside aujourd'hui - Jacques Careuil partage sa vie entre Pattaya et Ibiza (Espagne) - ce "solitaire bien entouré" entend faire le point sur les idées reçues en matlère de prostitution thaïe.

Une façon de rendre hommage à la vie, à un "destin qui [lui] a régulièrement tendu la main " à un pays qui l'a accueilli, avec ce ton de simplicité et d'amène sincérité qui est la grande qualité de cet ouvrage.

Apolline Elter

 

Jacques Careuil, invité de Nathan Skweres et Brice Depasse dans le Grand Zapping de Nostalgie Pop Culture, écoutez :


podcast


podcast

 

 

Feu vert à Jacques Careuil. Rencontre avec Claude Rappé, biographie, éd. Jourdan, mai 2012, 234 pp, 15,9 €

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10 06 12

Victor Hugo en son siège crapaud

9782705805128_LArtdEtreGrandPere_2012 - copie.jpgLes dimanches se suivent et se ressemblent,

Quand ils affichent allure festive...

A l'Art d'être grand-mère (voir chronique de dimanche 3 juin), confrontons le titre hugolien du grand-père....

Voilà qui tombe bien, en dimanche 10 juin , fête des pères belges et ravis.

Concocté par Claude Aubry, L'Art d'être grand-père, offre une facture radicalement différente de sa tendre conjointe.  Signés Eugène Collilieux, les dessins se font toniques, humoristiques, dans la veine BD des fantas(ti)ques Pieds-Nickelés.

Les activités proposées ne sont pas en reste qui sous la houlette d'un grand-per(spicace) mèneront les galopants galopins au sommet des Tours Eiffel et Montparnasse (en ascenseur), à la chasse au papillon, chaussés d'échasses ou d'un bateau à plumes, .... Un saut en cuisine - mais oui -  se piquera d'une soupe aux orties cueillies main (et gants) et d'une tarte aux tomates et cantal, tellement utiles pour affronter la nuit à la belle étoile promise en guise de demi-anniversaire.

C'est sûr avec Grand-Père, on ne fait pas les choses à moitié...

L'Art d'être Grand-Père, Claude Aubry, dessins Eugène Collilieux, beau livre, Ed. Horay (4e édition), mai 2012, 146 pages, 23 €

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09 06 12

Un cri de l'âme

"Moi,j'attends de voir passer un pingouin, cette phrase qui m'habite et semble dépourvue de sens est un mantra pour desserrer l'étau. Entendant ou lisant ces syllabes absurdes, les hommes épris de sérieux, les représentants de l'ordre et de la loi, leurs amis, leurs alliés, les rédacteurs en chef, les directeurs commerciaux, les financiers, les responsables de tout acabit haussent les épaules et passent leur chemin.

Nous voici tranquilles."

9782362790287.jpgDe facture avenante, fraîche et (apparemment) candide,  le nouveau roman de Geneviève Brisac crie ces révoltes répétées du quotidien, qui sous la plume de l'écrivain prennent subtilement un tour existentiel.

Entamant avec le lecteur une conversation à bâtons rompus pétrie  de références livresques, d'observations linguistiques, psychologiques, philosophiques,  zoologiques...la narratrice prend à témoin une galerie de personnages courageux et marquants, tels Walter Benjamin, Rosa Luxembourg, Rosa Bonheur, Doris Lessing, Virginia Woolf ...et s'interroge sur les lignes directrices de nos existences terrestres.

La conversation est coupée de dialogues terre-à-terre avec Céleste, la femme de ménage et de requêtes de Nelson, son fils, qui manifeste 'la sagesse inquiétante des enfants qui ont pris tôt l'habitude de veiller sur des grandes personnes fragiles."

Conclu d'un autoportrait poignant, ce petit livre sincère et charmant propose plusieurs niveaux de lecture, nous invitant, si bon nous semble, à suivre l'écrivain en son émouvante fragilité.

Généreuse Geneviève Brisac.

AE

Moi, j'attends de voir passer un pingouin, Geneviève Brisac, roman, Alma Editeur, avril 2012, 108 pp, 13,8 €

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06 06 12

Prix littéraire Prince Alexandre de Belgique

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 Passionné de lectures -  à connotation historique ou scientifique principalement-   S.A.R. le Prince Alexandre de Belgique nous a quittés, il y aura bientôt 3 ans.

Pour rendre hommage à sa mémoire, son épouse, S.A. R la Princesse Léa de Belgique organise, cette année, via le Fonds d'Entraide Prince et Princesse Alexandre de Belgique,  la première édition d'un prix littéraire, qui récompensera deux essais historiques ou philosophiques (un en français, un en néerlandais) favorisant la connaissance de l'Histoire et du patrimoine de notre pays.

Les modalités pratiques d'organisation du prix sont confiés au Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles (  www.mlmb.be ) et à la maison d'édition Avant-Propos (www.avantpropos.eu) . Le jury est composé d'un comité de lecture  assez prestigieux, dans lequel siègent notamment  Jacques Brédael, Christian de Duve, Mark Eyskens, Hervé Gérard, Jean-Christophe Hubert, Gérard Lhéritier, Patrick Weber ....

En pratique, les candidats au prix devront être de nationalité belge et envoyer pour le 31 août au plus tard, à la maison d'édition Avant-Propos,  un texte inédit (doté d'un titre) de 200.000 à 250.000 caractères, espaces compris, susceptible d'être publié.

La proclamation du prix aura lieu, le 29 novembre, de chaque année, date anniversaire du décès de S.A.R Le Prince Alexandre de Belgique.

Outre la possibilité d'être publiés, les lauréats recevront 2.000 €.

Vous pourrez obtenir le règlement du concours ainsi que toute information pratique auprès de ses organisateurs, via les sites Internet précités (et celui du fonds d'entraide : www.fondsdentraidehulpfonds.be ) ou, pour les questions ponctuelles,  par messagerie électronique:

- François-Xavier Remion: fx@actionetcommunication.be

- Avant-Propos: info@avantpropos.eu

-  Musée des lettres et manuscrits de Bruxelles: info@mlmb.be

A suivre, assurément,

Apolline Elter

 

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05 06 12

Trekking méditatif

t2.jpg" Je rentre dans l'image, , les aplats prennent du relief, je ne suis plus seulement spectatrice, je m'incarne dans la vision.

Passagère d'un film en trois dimensions,  je voyage  au centre des couleurs, les contourne, les pénètre, les fais glisser sur ma peau..."

Les protagonistes de Comme des larmes sous la pluie, Naëlle, Simon, Grégoire, Céline, ...sont au rendez-vous du deuxième roman de Véronique Biefnot, notre compatriote, comédienne, peintre et romancière.

Hantée par des songes étranges et terrifiants, Naëlle s'envole en Bolivie  pour opérer une grande marche d'altitude ,  un "trekking méditatif" qui lui permettra de recouvrer son équilibre.  Mais elle va d'abord se perdre  - coupant toute  liaison avec Simon- possédée par des sortes de transes.

Un voyage d'intériorité étayé par la découverte de paysages sublimes.

AE

Les murmures de la terre, Véronique Biefnot, roman, Ed Héloïse d'Ormesson, mai 2012, 480 pp, 23 €

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04 06 12

Une Histoire cors(et)ée

51o9Cd07aDL._SS500_.jpgEn feront-elles gorges chaudes ces Cléopâtre, Agnès (Sorel), Isabeau (de Bavière) , Ninon (de Lenclos), Françoise (de Maintenon),Marie-Antoinette (de France Joséphine (de Beauharnais) Eugénie (de Napoléon III),  Mata Hari...qui des cordons- serrés ou non - de leurs corsages ont quelque peu impacté le cours de l'Histoire...

Répondant au principe duodécimal de la collection (Ed. Pygmalion), Michel de Decker nous promène à travers les siècles de notre ère, et les atours de femmes célèbres qui surent en jouer en des temps où l'autorité féminine relevait  (presque) du seul charme.

Et le lecteur de succomber au ton allègre et vif de cet imparable conteur qu'est l'historien, conférencier normand, Michel de Decker, de remonter le cours de l'Histoire par celui de certaines baleines. En filigranes, une vraie biographie du corset, instrument de torture et de pâmoison:

" Une femme corsetée ne pouvait que se tenir droite mais , en contrepartie, il n'était pas rare qu'elle souffrît de nausées. Le laçage étroit était en effet susceptible de déformer le squelette et de léser les organes internes. Nombre de médecins dénonçaient alors [Ndlr: XIXe siècle] ce vêtement qui meurtrissait les femmes, particulièrement les femmes enceintes."

Quoi d'étonnant que Joseph II,  le visionnaire frère de Marie-Antoinette, en interdît le port "dans les orphelinats, les couvents et toutes les institutions des Etats sur lesquels il régnait, et que, pour le rendre odieux aux femmes honnêtes, il en infligeait le port à toutes les reprises de justice qui croupissaient dans les prisons de son empire."

C'est  quand le bât blesse que les choses se corsent...

Apolline Elter

12 corsets qui ont changé l'Histoire, Michel de Decker, essai, éd. Pygmalion, oct 2011, 384 pp, 15,9 €

 

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03 06 12

La fête des (grands-) mères

51UaGrudZIL._SL500_AA300_.jpgEn ce jour dédié aux mamans, de France et de Navarre - soyez dûment fêtées -  il nous paraît logique et ....tellement agréable de nous pencher sur L'Art d'être grand-mère.

Réédité début mai auprès des éditions Horay, le bel ouvrage de Claude Aubry et de Claire Laroche paraît tout droit sorti d'une vitrine du Comptoir de famille.. tant ses illustrations - scrutez la couverture -nous ramènent aux bonheurs d'antan, à ces moments familiaux où l'on prenait le temps de vivre en contigü, tuant le temps de mille passe-temps qui ne demandaient qu'à nous faire grandir, forgeant,  à coups de souvenirs, des trésors pour toute la vie...

Nostalgie d'un bonheur révolu?

Que non! proclament Claude  (Aubry) et Claire (Laroche). Ce n'est pas parce que les grands-mères n'ont plus de chignon, et surfent sur Internet qu'elles n'ont plus de créativité. Plus que jamais, dégagées des contraintes de l'éducation et d'une vie professionnelle accaparante, elles se réjouissent de puiser dans la manne de leur propre enfance, les secrets de ces activités, sources de merveilleuses complicités.

Les oranges se piquent de clous de girofle, les patates se font tampons encreurs,  les pompons pomponnent joyeusement , tandis que la cuisine se fait antre de recettes par trop délicieuses,... à déguster en toute impunité.

Un art - d'être grand-mère -qui a surtout des allures de fête!

AE

L'Art d'être grand-mère, Claude Aubry et Claire Laroche, beau livre, Ed. Horay, mai 2012,  152 pp, 23 €

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02 06 12

Rayon de soleil portatif

Le petit livre à offrir à un amoureux de la Provence parce qu'il [Ndlr: le livre]sent bon la lavande, la bouillabaisse et les vacances.9782845677661.jpg

Le mieux à faire avec les poncifs liés à la Provence - olives, lavande, acceng du midi, pastis, pétanque, Pagnol et compagnie..- est de les prendre à bras-le-corps et de les ...célébrer  sans arrière-pensée.

Rédigé par la pétillante Raphaële Vidaling, ce nouveau P.L.A.O est un vrai "rayon de soleil portatif" qui vous entraîne de Marseille à l'Isle-sur-la-Sorgue, à la découverte d'us locaux et de bons plans délicieusement farfelus.

Soufflant la douceur de vivre de trente-deux vents aux noms charmants - Mistral, Mountagnierao, Vent dou doulèu, Labech...- la Provence chante le français,  d'expressions radieuses et ..approximatives.  Planté, le capitaine Haddock, qui voit son répertoire se décupler de jurons à la Babouatte, broque d'incapable, chiapacan,  pessuguet, rascous et galapias,  fondus de service... Un lexique d'injures au volant vous est fourni qui permet d'estomper l'allure septentrionale de votre véhicule.

Palette d'huiles d'olive, secrets de composition des pastagas (pastis additionnés de sirops) et des vrais Noëls provençaux, recette commentée de la vraie bouillabaisse ...feront battre vos coeurs à l'unisson d'une région tellement attachante qu'on arrive pas à lui tracer de frontières.

Parce qu'on a tous un coin de Provence en notre coeur,  qui brille de cette lumière si particulière à la contrée, si nécessaire à notre ..félicité.

Un petit livre à (se faire) offrir, tout simplement, radieux

Apolline Elter

Le petit livre à offrir à un amoureux de la Provence parce qu'il sent bon le lavande, la bouillabaisse et les vacances, Raphaële Vidaling  Editions Tana, mai 2012, 130 pp, 15,10 €

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