29 10 11

Le plus beau musée du monde…

 

Le Petit Larousse de l'Histoire de l'Art.jpgLe texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

Rédigé par un spécialiste (diplômé de l’Institut des hautes études en sciences sociales à Paris, Vincent Brocvielle a longtemps travaillé pour le ministère français de la Culture, au musée Rodin notamment), Le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art est un ouvrage particulièrement soigné qui, en sept chapitres chronologiques allant de l’art égyptien jusqu’à nos jours, des tablettes de Mésopotamie à la photo numérique, des cathédrales gothiques aux impressionnistes, des génies de la Renaissance italienne au siècle de Picasso, permet au lecteur immanquablement sous le charme de découvrir les grandes périodes, les principaux styles et courants esthétiques, les artistes les plus marquants et les chefs-d' œuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture mondiales.

 

Chaque période s’ouvre par une introduction expliquant les différents courants et les grands principes esthétiques de l’époque, tandis que chaque courant ou artiste est présenté par une œuvre représentative de son style ou de sa démarche.

 

L’auteur replace également chaque création dans son contexte historique et montre comment les grandes découvertes et les changements de société ont influencé l’artiste qui l’a produite.

 

Quant aux splendides reproductions photographiques, elle s’accompagnent de mises en lumière des œuvres par une analyse synthétique, rythmée de commentaires d'historiens de l'art reconnus et jalonnée de réflexions parfois étonnantes des artistes sur leurs propres créations, tandis que des encadrés expliquent la manière et la technique auxquelles ils ont recouru.

 

Il n’y a pas à dire, c’st de la belle ouvrage… Alors, disons le quand même, haut et clair !

 

Bernard DELCORD

 

Le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Larousse, collection « Le Petit Larousse de… », octobre 2010, 319 pp. en quadrichromie au format 19 x 24 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,90 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage magnifique les quelques lignes suivantes :

 

Rubens

 

Peintre flamand. Orphelin de père, Petrus Paulus Rubens s’installe à Anvers et suit une formation de peintre paysagiste et d’histoire. Il voyage en Italie puis en Espagne, revient dans les Flandres et monte son atelier. Son style s’élabore en alliant l’italien (romantisme) et l’audace des compositions décoratives. L’atelier prospère, les commandes affluent (L’Adoration des Mages, l’Érection de la Croix, Jupiter et Callisto), lui permettant d’aborder tous les thèmes et d’expérimenter les effets de lumière (luminisme) et de teintes nouveaux. Son dessin est précis et son ambition infatigable. Il traduit dans chacune de ses toiles une énergie extraordinaire, une vitalité et une sensualité sans limites. Son génie s’expérimente en particulier dans les cycles décoratifs, il y fait la démonstration d’un dynamisme rythmique, d’un grand souci de lisibilité des sujets et d’une exaltation toute baroque.

 

Quelques dates essentielles

– 1577 Naissance à Siegen, Westphalie

–1610 L’Érection de la Croix

–1612 La Descente de Croix

–1621-1625 Cycle de la vie de Marie de Médicis

–1639 Les Trois Grâces

– 1640 Mort à Anvers

 

L’Enlèvement des filles de Leucippe (v. 1618)

 

Le Petit Larousse de l'Histoire de l'Art (L’Enlèvement des filles de Leucippe par Rubens).jpg

 

Les filles de Leucippe, roi d’Argos, sont fiancées lorsque Castor et Pollux les enlèvent. Le rapt a lieu dans la campagne. Cupidon tient les rênes. Deux amours ailés interviennent afin d’aider les demi-dieux à hisser les sœurs sur leurs montures.

 

La toile mesure plus de deux mètres de côté, autant dire une promenade de santé pour un artiste coutumier des grands formats. On note deux sources d’inspiration italiennes, L’Enlèvement des Sabines de Jean Bologne, une sculpture que Rubens avait vue place Signoria à Florence. Et les nus vénitiens, opulents et dorés, qui le disputent à l’époque aux beautés flamandes. Mais l’allégorie est plus ancienne, on la trouvait sur les sarcophages de l’Antiquité, elle représentait le salut de l’âme. Qu’en fait Rubens ? Il compose à partir du dédoublement des figures, s’appuyant sur des diagonales ascendantes contre lesquelles s’amalgament et s’équilibrent des masses colorées. Les mouvements sont balancés de part et d’autre de l’oblique.

 

Le groupe s’épanouit à partir des pieds jusqu’aux volutes que dessinent les crinières pour s’associer aux nuages. Les formes s’enchevêtrent et tourbillonnent comme le plus souvent dans les toiles du maître ; ses plantureux nus féminins respirent la santé, la couleur devient la substance même des personnages, leur consistance est palpable.

 

Cette scène de ravissement marque en outre un point de bascule entre la peinture classique et l’art baroque. Son lyrisme évident est un hymne à l’amour qui réussit à associer la plénitude physique de la femme au désir ardent de l’homme. « Tomber amoureux, c’est reconduire un peu du temps archaïque où les hommes devaient enlever les femmes pour assurer l’exogamie : tout amoureux qui reçoit le coup de foudre a quelque chose d’une Sabine ou de n’importe laquelle des enlevées célèbres » (Barthes).

 

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06 10 11

Beautés nouvelles…

 

Paris au temps des impressionnistes.gifAu XIXsiècle, le paysage parisien subit des transformations profondes. La ville devient tentaculaire – comme disait Émile Verhaeren – et se modernise à grands pas, avec ses cafés, ses cafés-concerts, ses brasseries, ses bals, ses cirques, ses opéras, ses théâtres, ses parcs, ses jardins publics, ses grands magasins, ses gares, son métropolitain…

 

Autant de thèmes nouveaux pour les peintres du temps qui ont pour nom Bonnard, Caillebotte, Degas, Doré, Forain, Gauguin, Manet, Monet, Pissarro, Puvis de Chavannes, Renoir, Signac, Stevens, Toulouse-Lautrec, Vallotton ou Vuillard, dont les historiennes d’art Caroline Mathieu et Isabelle Julia ont rassemblé des œuvres représentatives du thème, conservées au Musée d’Orsay, dans un fort bel album intitulé Paris au temps des impressionnistes, 1848-1914, catalogue de l’exposition éponyme qui s’est tenue dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de la capitale française jusqu’au 30 juillet 2011.

 

Une magnifique séance de rattrapage pour ceux qui ne l’auraient pas admirée !

 

Bernard DELCORD

 

Paris au temps des impressionnistes, 1848-1914 par Caroline Mathieu & Isabelle Julia, Paris, Éditions Skira/Flammarion, avril 2011, 190 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

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05 06 11

Un livre qui rend intelligent !

 

L’art contemporain depuis 1945.gifDans L’art contemporain depuis 1945, le grand spécialiste Jean-Louis Pradel (il est historien, critique et chroniqueur d’art tout en enseignant l’art contemporain à l’École nationale des arts décoratifs à Paris) fait le point avec beaucoup de clarté sur la question de l’art actuel et il replace chaque courant, groupe ou mouvement ainsi que les artistes dans leur contexte politique, social et culturel, aidant ainsi à orienter lecteur dans le labyrinthe multiforme des créations de Jean Dubuffet, Victor Vasarely, Francis Bacon, Pierre Soulages, Andy Warhol, Jackson Pollock, Ernest Pignon-Ernest, Mark Rothko, Robert Ryman, Marcel Broodthaers, Pol Bury ou Jean-Michel Basquiat ainsi que parmi les néons de Dan Flavin, les peintures de Barcelo, les installations en acier de Richard Serra, les installations vidéo de Nam June Paik, les compressions de César, les empaquetages de Christo, les vêtements d'Issey Miyake, les productions du Land Art, les personnages en fibre de verre de Duane Hanson ou les architectures de Tadao Ando et de Jean Nouvel.

 

Le pop art, l’art cinétique, l’op art, l’art conceptuel, les happenings, le Nouveau Réalisme, l’hyperréalisme, le Minimal Art, Cobra, le néo-expressionnisme allemand ou la trans-avant-garde italienne sont notamment passés en revue dans l’ouvrage et joliment illustrés, avec un grand sens didactique qui permet de cerner rapidement les enjeux et de comprendre les œuvres qui en résultent.

 

Une fameuse gageure et une belle réussite !

 

Bernard DELCORD

 

L’art contemporain depuis 1945 par Jean-Louis Pradel, Paris, Éditions Larousse, collection « Comprendre & reconnaître », mai 2011, 160 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)

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10 04 11

L'art pour tous

 

Art déco 1910-1939.gifL'Art déco, nom donné au style « moderne » du XXsiècle, connut un rayonnement mondial pendant l'entre-deux-guerres, et l’ouvrage intitulé Art déco 1910-1939 paru récemment à Bruxelles, aux Éditions de La Renaissance du Livre sous la direction de Charlotte Benton, Tim Benton & Ghislaine Wood, montre combien il laissa son empreinte dans presque tous les domaines visuels, des beaux-arts à l'architecture, de la décoration à la mode et au textile, du cinéma à la photographie.

 

C’est d’ailleurs ce caractère éclectique qui fut la clé de son succès et qui contribua à le faire connaître du grand public.

 

Représenté par des artistes aussi différents que Le Corbusier, René Lalique, Man Ray, Tamara de Lempicka, Raoul Dufy, Cartier, Elsa Schiaparelli, Jeanne Lanvin, Jean Patou, Victor Margueritte, Sonia et Robert Delaunay, l'Art déco réussit à créer un style, une attitude, une approche ou un contexte autant que des traits distinctifs.

 

Sa capacité à exprimer les différentes identités nationales et son association au glamour et au chic métropolitains firent de lui un style global au-dessus des frontières régionales et nationales, tout en réconciliant l'artiste avec les méthodes de production en série afin de réaliser des objets fonctionnels, bien conçus et possédant des qualités propres, individuelles.

 

Tombé en disgrâce jusqu'aux années 1960, il fut redécouvert en Occident, grâce notamment à l'émergence d'un nouveau marché ouvert au design individualiste, et il fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte auprès des amateurs d’art.

 

Comme on les comprend !

 

Bernard DELCORD

 

Art déco 1910-1939 sous la direction de Charlotte Benton, Tim Benton & Ghislaine Wood, Bruxelles, La Renaissance du Livre, février 2011, 460 pp. en quadrichromie au format 24,6 x 28,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,50 €

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10 04 11

Le Bescherelle des arts

 

Tout sur l’art.gifLes Éditions Flammarion à Paris ont publié récemment sous le titre Tout sur l’art la traduction française des textes que quarante et un historiens d’art, critiques, experts, artistes ou enseignants ont rédigés sous la houlette de Stephen Farthing pour faire comprendre l'évolution de l'art à travers les âges et les continents.

 

Le résultat ? Plus de 1600 œuvres commentées, 85 époques et mouvements clés de l'histoire de l'art présentés en détail, 160 chefs-d' œuvre incontournables décryptés, 563 reproductions photographiques en couleurs et tous les outils indispensables fournis (glossaire, repères chronologiques, biographies d'artistes, détails agrandis, index détaillé…) dans un ouvrage somptueux, clair, original, captivant….

 

On y va de l’art rupestre (vers 15 000 avant J.-C.) aux installations du Collectif RAQS (2009) en passant par les Lignes de Nasca au Pérou, la Mésopotamie, la Perse, l’Égée, l’Égypte, la Chine ancienne, l’art grec, l’art bouddhiste, l’art romain, l’art médiéval en Afrique occidentale, l’art byzantin, l’art hindou, l’art insulaire, l’art primitif islamique, l’art chinois des dynasties Tang, Song et Yuan, l’art coréen de la dynastie Goryeo, l’art roman, l’art précolombien, l’art primitif italien, l’art chinois de la dynastie Ming, l’art gothique international, l’art coréen de la dynastie Joseon, l’art des primitifs flamands, la première Renaissance, l’art zen du Japon, la Renaissance à Venise, la haute Renaissance, la Renaissance en Europe du Nord, l’art islamique, l’art africain de la première période moderne, le maniérisme, l’art baroque, l’âge d’or de l’art hollandais, la peinture rajput, l’art japonais de la période Edo, l’art chinois de la dynastie Qing, l’art indigène d’Océanie, le rococo, les artistes du Grand Tour, le néoclassicisme, le romantisme, l’art académique français, l’art indigène d’Amérique du Nord, l’orientalisme, l’art japonais du XIXsiècle, le préraphaélisme, le réalisme, l’esthétisme, l’impressionnisme, le postimpressionnisme, le symbolisme, le synthétisme, le primitivisme, l’Art nouveau, la Sécession, l’essor de la photographie, les réalisme, précisionnisme & régionalisme, le fauvisme, l’École de paris, l’expressionnisme allemand, le cubisme, les futurisme, orphisme & rayonnisme, les suprématisme & constructivisme, De Stijl, Dada, le Bauhaus, la Nouvelle Objectivité, le surréalisme, l’art mexicain, la sculpture moderniste, l’expressionnisme abstrait, la peinture figurative européenne, l’abstraction lyrique, l’art africain contemporain, l’art d’Extrême-Orient, le pop art, la photographie d’art, le nouveau réalisme, l’art conceptuel, l’installation, l’art d’Amérique latine, la performance, l’Arte povera, le minimalisme, l’op art, l’art vidéo, le land art, l’hyperréalisme, l’art aborigène d’Australie, le néo-expressionnisme, l’art numérique et l’art urbain, les Young British Artists et l’art indien…

 

Wonderful!

 

Bernard DELCORD

 

Tout sur l’art. Panorama des mouvements et des chefs-d’œuvre sous la direction de Stephen Farthing, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2010, 576 pp. en quadrichromie au format 18 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,90 € (prix France)

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09 04 11

Une compilation de l’étrange

 

Trésors insolites des musées de France.gifLes Éditions Flammarion à Paris viennent de faire paraître, sous le titre Trésors insolites des musées de France, un ouvrage extraordinaire signé Jean-Jacques Breton et Dominique Williatte, dans lequel les auteurs recensent et décrivent des chefs-d’œuvre picturaux, mais aussi architecturaux ou sculptés, dessinés, gravés, montés en vitrail ou issus des arts premiers, conservés dans près de 150 musées français et qui tous relèvent du surprenant et de l’étonnant, voire du bizarre.

On y découvre des marrons sculptés par une religieuse, Geneviève Gallois, un paysage fantastique aux roches anthropomorphes de Gustave Courbet, une statue en bronze représentant « Le fou et la Mort » fondue par Sarah Bernhardt, l’appartement de Léonor Fini, la palette de Delacroix, une tapisserie bruxelloise du XVIsiècle narrant l’adultère de David et Bethsabée, la carapace ouvragée qui servit de berceau au roi Henri IV, une statue-menhir d’il y a 5000 ans, une statue d’après le Bernin représentant « la Bienheureuse Ludovica Albertoni » dans une extase mystique qui a toutes les apparences d’un orgasme, une sanguine effrayante de Jean-Baptiste Greuze intitulée « Portrait mortuaire de Denis Diderot sur son lit de mort », un tableau de Francisco de Zurbarán représentant Sainte-Agathe tenant ses seins coupés sur un plateau, le reliquaire de Dominique Vivant-Denon contenant, entre autres, les restes du Cid et de Chimène, une dent de Voltaire, des poils de la barbe de Henri IV – encore lui –, un morceau du linceul de Turenne, des cheveux d’Agnès Sorel et des os d’Héloïse, d’Abélard, de La Fontaine et de Molière…

Un livre mirifique, dans tous les sens du terme !

 

Bernard DELCORD

 

Trésors insolites des musées de France par Jean-Jacques Breton et Dominique Williatte, Paris, Éditions Flammarion, avril 2011, 320 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)


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05 04 11

Splendeurs de l’Art nègre

 

Africanisme et modernisme.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison de mars 2011 de la revue des Belges d'Afrique centrale EBENE :


Dans Africanisme et modernisme paru à Bruxelles chez P.I.E. Peter Lang dans la collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies » dirigée par Marc Quaghebeur, le conservateur du Musée des Beaux-Arts de Tournai Jean-Pierre De Rycke se penche sur la peinture et la photographie d’inspiration coloniale en Afrique centrale entre 1920 et 1940.

Il s’agit en réalité du texte remanié de sa thèse de doctorat soutenue en 2000 à l’UCL, un ouvrage certes savant mais parfaitement accessible, qui introduit brillamment à la redécouverte de l’œuvre plus ou moins Art déco des peintres belges (Alexandre Iacovleff, Gaston-Denys Périer, Auguste Mambour, Pierre de Vaucleroy, Paul Colin, Fernand Allard l’Olivier…) que fascina la culture des peuples colonisés, mais aussi à la remembrance de l’épique « Croisière noire » lancée en 1924-25 par André Citroën à travers le Sahara puis la forêt tropicale (elle alla de Colomb-Béchar à Tombouctou…) pour prouver la qualité de ses véhicules, et peut-être surtout à la découverte du grand talent des premiers « imagiers » congolais, Djilatendo et Lubaki, ainsi que du premier peintre véritable du pays, Albert Mongita, un touche-à-tout de génie.

Bien entendu, l’auteur examine aussi à la loupe les rapports entretenus par les artistes et les photographes avec la propagande coloniale et il montre à quel point les maladresses (et il y en eut beaucoup) ne s’inscrivent pas tout-à-fait, dans leur chef, comme une entreprise mue par l’exploitation économique ou la notion de supériorité de leur race ou de leur religion.

On ne peut, hélas, pas en dire autant de certains autres de nos compatriotes qui s’expatrièrent aux colonies…

 

Bernard DELCORD

 

Africanisme et modernisme, la peinture et la photographie d’inspiration coloniale en Afrique centrale (1920-1940) par Jean-Pierre De Rycke, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies » dirigée par Marc Quaghebeur, décembre 2010, 321 pp. en noir et blanc + 2 cahiers de 16 et 8 pp. en couleurs au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 50,80 €

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05 04 11

Au cœur des mystères…

 

Mayombe.gifLe texte ci-dessous a paru dans la livraison de mars 2011 de la revue des Belges d'Afrique centrale EBENE :


"Leo Bittremieux, missionnaire de Scheut, vécut et travailla aux alentours de 1910 au Mayombe, une région boisée au nord de l'embouchure du fleuve Congo.

Il y mena non seulement un travail de missionnaire, niais y collectionna également des centaines de statuettes et d'objets confectionnés par la population locale, les Bayombe. Ces pièces furent expédiées par bateau à l'Université de Louvain. Elles arrivèrent au musée d'ethnographie, où étaient formés notamment les fonctionnaires coloniaux. Une fois en Belgique, elles déménagèrent encore à maintes reprises.

Lors de la scission de l'Université de Louvain dans les années 1960, la précieuse collection fut divisée entre les deux parties. Les statuettes uniques et fascinantes disparurent ensuite pendant des années dans les dépôts universitaires. Elles ne furent que rarement exposées au public. À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance du Congo, le musée M de Leuven a décidé de les remettre sous les projecteurs d’octobre à janvier 2011, et au Musée de Louvain-la-Neuve du 8 avril au 5 juillet 2011.

La collection est complétée par quelques pièces d'exception issues du Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Un magnifique ouvrage collectif rédigé sous la direction de Jo Tollebeek accompagne l'exposition. Il s’intitule Mayombe, statuettes rituelles du Congo, et a paru à Tielt, aux Éditions Lannoo. Outre une partie catalogue détaillée, il contient une série d'essais brefs qui permettent de mieux saisir l'origine et la signification de ces objets ethnographiques. Les auteurs mettent en lumière le contexte anthropologique et historique, brossent le portrait de Bittremieux et du travail de missionnaire colonial de ses frères d'ordre, montrent comment et pourquoi de telles statuettes étaient collectionnées et exposées par le passé.

Les essais sont illustrés par des photographies inédites. Voilà pourquoi cet ouvrage offre un regard exceptionnel, non seulement sur la tradition de collection occidentale, mais également sur le Mayombe lui-même au début du vingtième siècle, au moment où cette société connut un changement profond sous l'influence de la colonisation."

 

(N.B. : Le prière d'insérer de cet ouvrage était si bien rédigé et si conforme à ma perception de son contenu que je me suis contenté de l'aménager très légèrement : rendons à César ce qui est à César...)

 

Bernard DELCORD

 

Mayombe, statuettes rituelles du Congo ouvrage collectif sous la direction de Jo Tollebeek, Tielt, Éditions Lannoo, décembre 2010, 175 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 €

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28 01 11

Le soleil levant de l’impressionnisme

Claude Monet par Michel de Decker.gif« Il est robuste, Claude Monet, taillé d'une pièce ; capable d'être aussi généreux qu'égoïste, mais aussi faible que fort»

 

C’est une remarquable biographie que Michel de Decker consacre chez Pygmalion à Claude Monet, le père de l'impressionnisme : un portrait haut en couleurs et en contrastes d'un artiste au tempérament déterminé, un rien cyclothymique, sachant entretenir ses amitiés et se faire... entretenir quand le besoin –fréquent dans les premières décennies– s'en fait sentir.

 

Génie du regard et d'une lumière qu'il saisit dans ses infinies nuances, capable de travailler de concert sur une dizaine d’œuvres, Claude Monet laissera plus de 2000 toiles à la postérité, n'hésitant à crever d'un geste rageur celles qui n'ont plus sa faveur...

 

Né à Paris, le 14 novembre 1840, Oscar-Claude Monet perd sa mère à l'âge de 16 ans. Sa tante Marie-Jeanne Lecadre –un nom prémonitoire– le prend en charge et affection, le soustrayant aux relations tendues qu’il entretient avec son Adolphe de père. Pris sous l'aile d'Eugène Boudin, le jeune artiste commencera à faire parler de lui en 1873, lorsque son fameux Impression, soleil levant deviendra, sous la plume de Louis Leroy, l'emblème du mouvement décrié de l'impressionnisme.

 

Sa rencontre avec Ernest Hoschedé, acquéreur du tableau et mécène de la première heure, signe son destin puisque, marié avec Camille Doncieux et père de Jean, Monet s'éprend peu à peu d'Alice (Hoschedé), entretenant ainsi une liaison (conclue par un mariage) de 35 ans et une famille recomposée de 8 enfants. Les années-galère seront nombreuses qui verront la famille crouler sous les dettes, remise à flots tant bien que mal par Paul Durand-Ruel, marchand d'art avisé. La maison rose aux volets verts de Giverny et son célèbre jardin scelleront le début d'une prospérité enfin avérée.

 

Claude Monet meurt à 86 ans (en 1926), atteint d'une quasi-cécité (en raison d’une cataracte) qui a empoisonné les dernières années de sa vie.

 

Avec son style alerte, présent, précis, aux allures d'amène conversation, Michel de Decker nous trace une fresque vivante de l'époque, des événements marquants et des personnalités qui côtoyèrent Claude Monet : Renoir, Sisley, Pissarro, Sacha Guitry et Clemenceau, l'ami à vie...

 

Une lecture hautement recommandée.

 

Apolline ELTER

 

Claude Monet par Michel de Decker, Paris, Éditions Pygmalion (Flammarion), juin 2009, 336 pp. en quadrichromie au format 15 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 21,90 € (prix France)

 

Billet de faveur

 

AE : Michel de Decker, c'est en « voisin » que vous vous êtes penché, au début des années '70, sur la longue vie de Claude Monet. Votre maison de l'époque faisait face à celle de l'artiste, séparée par cette Seine qui lui fut si chère. Elle devait cependant être passablement délabrée à l'époque, puisqu'il fallut attendre la fin de la décennie et la nomination de Gérald Van der Kemp en tant que conservateur pour la magistrale restauration qu'on lui connaît.

 

Michel de Decker : Quand je suis entré pour la première fois, dans la maison de Monet, je suis resté stupéfait. J'ai compris alors pourquoi l'Institut de France, qui en était légataire, avait si longtemps hésité à me donner l'autorisation de visite. Les verrières du grand atelier aux nymphéas étaient éclatées, la maison baignait dans l'humidité et il aurait fallu une machette pour accéder à certaines allées du jardin. Et que dire de l'étang aux nymphéas... sans l'ombre d'un nénuphar car tout avait été boulotté par les ragondins qui squattaient le domaine. Il est vrai que le pauvre jardinier –un seul, quand Monet en faisait travailler sept à temps plein !– ne pouvait être sur tous les fronts. J'ai publié alors une série d'articles pour dénoncer cette misère, à la suite de quoi, Gérald Van der Kemp a décidé de prendre les choses en mains. Quand je lui ai offert la première édition de mon livre –qui lui était d'ailleurs dédié–  il m'a dit : "C'est en partie grâce à vous que cette maison rose aux volets verts a ressuscité. Vous avez précipité le mouvement..."

 

AE : vous avez écrit une première biographie de l'artiste en 1992 (chez Perrin). La réécrire, 17 ans plus tard, vous a-t-il permis d’affiner son portrait psychologique ?

 

Michel de Decker : J'ai, en effet, publié une nouvelle version de mon Monet, dix-sept ans après, mais je ne pense pas avoir changé le fond. Quelques détails nouveaux, quelques nouveaux documents débusqués ici ou là, m'ont permis de l'enrichir mais non de le bouleverser. Monet, c'est Monet. Il reste un bloc de granit aux yeux de laser !

 

AE : Qu’avez-vous pensé de l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais ?

 

Michel de Decker : Je manque rarement une grande exposition Monet. J'ai "vécu" avec lui pendant une dizaine d'années avant d'essayer de le raconter, si bien que, quand je vois telle ou telle toile de lui, je sais immédiatement où il l'a peinte et dans quel état d'esprit il était ce jour-là. Je me suis même rendu jusqu'à l'Hermitage, à Saint-Pétersbourg, pour voir des toiles qui, à mes yeux, étaient inédites. L'exposition du Grand Palais, c'est une apothéose ! C'est la plus complète qu’il m'a été donné de visiter... Et j'ai, une fois de plus, découvert de nouvelles toiles... Bon, sur les 2000 à 2500 qu'il a peintes... il en reste que j'ignore, ça me rassure...

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23 11 10

Une femme de belles lettres

A la vie à l'amor.gifConnaissez-vous Miss-Tic ? Cette jeune femme est une authentique poétesse des rues parisiennes, dont elle orne les murs de jolis graffitis au pochoir (rien à voir avec les horreurs produites un peu partout dans le monde par des bandes de jeunes puceaux de l’intelligence qui marquent, à la manière des chiens et des chats, leur territoire au moyen de déjections diverses). Elle les complète de petits mots ciselés comme « Peaux cassées », « La terreur est humaine », « Je n’ai de maternelle que la langue », « L’avenir a une excellente mémoire », « Une vie bien fête », « Est-ce que l’homme descend du songe ? » ou « Je joue, oui »…

Autant de traces de son passage dans la Ville Lumière que, Petit Poucet pas sage (elle a collaboré aussi, et excellemment, à « Siné-Hebdo »), elle égrène depuis 1985 comme des petits diamants blancs. Elle expose à partir du 1er décembre prochain à paris XVIIIe, à la Galerie W (44 rue Lepic) et c’est à ne pas rater. Car sa démarche mélodie rappelle parfaitement celle de la « dark girl » qui séduisait Léopold Sedar Senghor : comme lui, elle (dé)montre noir sur blanc que « L’Art nuit à la bêtise »…

Bernard DELCORD

 

À la vie à l’amor par Miss-Tic, Paris, Éditions Critères, collection « Opus délits », novembre 2010, 58 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,90 € (prix France)


A la vie à l'amor (invitation).jpg


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