01 03 17

« Bruxelles, ma belle… » (Dick Annegarn)

100 trésors des musées bruxellois.jpgLes musées de la capitale de l’Europe débordent d’œuvres extraordinaires, comme on peut le découvrir dans le superbe ouvrage collectif intitulé 100 trésors des musées bruxellois publié à Bruxelles aux Éditions Racine, un beau livre qui se doit de trôner dans la bibliothèque de tout amateur d’art qui se respecte.

Qu'il s'agisse d'œuvres de Pieter BRUEGEL l’Ancien, Jan BREUGHEL, Jérôme BOSCH, Quentin METSYS, Rogier VAN DER WEYDEN, Hans MEMLING, ÉRASME, Albrecht DÜRER, Pierre-Paul RUBENS, REMBRANDT, Jacques-Louis DAVID, Félicien ROPS, Constantin MEUNIER, Fernand KHNOPFF, Georges SEURAT, Henri de TOULOUSE-LAUTREC, Victor HORTA, James ENSOR, Gustave DE SMET, Léon SPILLIAERT, René MAGRITTE, Paul DELVAUX, Marcel BROODTHAERS, Francis BACON, PANAMARENKO, Pierre ALECHINSKY, Salvador DALI ou Jan FABRE, des iguanodons de Bernissart, d’un canthare attique à figures rouges, d’une corne à boire mérovingienne, d'un fétiche à clous congolais, d’un porteur d’offrande chimu (représenté en couverture de l’ouvrage et rendu mondialement célèbre par Hergé dans Tintin et l’oreille cassée), du dossier judiciaire Rimbaud-Verlaine de 1872-73, de planches originales de bandes dessinées ou du Manneken Pis fondu en 1619 par Jérôme DUQUESNOY l’Ancien, les 100 trésors présentés dans ce livre appartiennent aux collections permanentes de quelque 41 musées bruxellois.

Ils ont été sélectionnés en fonction de leur portée historique, leur état de conservation, leur unicité ou leur rareté.

Pour chacune des pièces, les auteurs livrent une description, une remise en contexte et une anecdote.

Une vraie mine d’arts…

Bernard DELCORD

100 trésors des musées bruxellois, ouvrage collectif, Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 16 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19,95 €

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28 01 17

« Plus les éléments employés sont purs, plus l'œuvre est pure. » (Édouard Vuillard)

Bonnard & Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière .jpg

Les « Nabis » est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier vers 1888. Le terme Nabi, ou nebiim signifie en hébreu, dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, Nabi a été traduit par « prophète » « illuminé » ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ».

Ce cercle naît d'une controverse autour d'une peinture de Paul Sérusier, Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, réalisée sous la direction de Paul Gauguin, durant l'été 1888. Gauguin encourage Sérusier à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures et vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.

Lorsque Sérusier revient à Paris, son tableau fait naître des débats enflammés avec les autres étudiants de l'Académie Julian et de l'École des Beaux-Arts, sur le rôle sacré de l'art et de la peinture. Sérusier forme alors le groupe des Nabis, avec ses proches amis Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi ainsi que le sculpteur Aristide Maillol les rejoignent.

Ils se donnent tous un surnom, signe de leur initiation, et paraphent les lettres qu'ils échangent du sigle ETPMVMP (« en ta paume mon verbe et ma pensée ») [1].

Vuillard Jeune fille.jpg

 

Édouard Vuillard, Jeune fille la main sur la poignée de la porte (1891)

© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Jusqu’à la fin mars 2017, le musée d'Orsay présente pour la première fois dans ses murs l'ensemble de la donation de Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière consentie au cours de l'année 2010 et dont l'usufruit est tombé avec la disparition de Jean-Pierre Marcie-Rivière, le 6 janvier 2016.

Cette libéralité constitue un événement majeur dans l'histoire des collections publiques françaises qui coïncide avec la célébration des trente ans d'ouverture du musée.

La donation comprend 25 tableaux et 94 dessins de Pierre Bonnard [2] ; 24 tableaux, 3 pastels et 2 dessins d’Édouard Vuillard [3].

Commencée dans les années 1960 par André Levy-Despas, le premier mari de Zeineb Kebaïli, la collection a été poursuivie pendant plus de quarante ans par Zeineb et Jean-Pierre Marcie-Rivière.

Elle exprime une sensibilité aux sujets intimes et aux compositions mystérieuses parfois jusqu'à l'hermétisme ou la caricature. Soirées musicales, portraits saisis sur le vif, intérieurs avec personnages, scènes urbaines, témoignent des correspondances étroites entre Bonnard et Vuillard au temps des Nabis. Des tableaux de la maturité des deux artistes complètent cet ensemble d'œuvres créées dans les années 1890. À cette époque, Bonnard et Vuillard s'intéressent aux mêmes sujets avec une prédilection pour les scènes intimistes représentant leur univers familier [4].

Bonnard Chien sur la terrasse.jpg

Pierre Bonnard, Chien sur la terrasse (1917)

© Adagp - Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais/Patrice Schmidt

Le superbe catalogue de cette exposition, publié par les Éditions Flammarion et le Musée d’Orsay, s’intitule Bonnard/Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, rassemble 160 illustrations ainsi que des textes remarquables de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, des as de la vulgarisation artistique.

Un ouvrage somptueux !

Bernard DELCORD

Bonnard / Vuillard – Donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, catalogue d’exposition avec des textes de Guy Cogeval, Isabelle Cahn et Leïla Jarbouai, Paris, Éditions Flammarion & Musée d’Orsay, novembre 2016, 172 pp. en quadrichromie au format 19 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)

Informations pratiques :

Musée d’Orsay

1 rue de la Légion d'honneur

75007 Paris

Salles 67, 68 et 69

Informations téléphoniques : 00 33 1 40 49 48 14

Métro : ligne 12, station Solferino

RER : ligne C, station Musée d'Orsay

Bus : 24, 63, 68, 69, 73, 83, 84, 94

Horaires :

Ouverture de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche de 9h30 à 21h45 le jeudi.

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi.

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi.

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi.

Fermeture tous les lundis.

Tarifs :

Plein tarif : 12 €

Tarif réduit : 9 €

– Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

– Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Gratuit

– Pour tous le premier dimanche de chaque mois.

– Moins de 18 ans.

– 18-25 ans ressortissants ou résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

– Enseignants des établissements français du primaire au secondaire, munis d'un Pass éducation en cours de validité.

– L'entrée du musée est gratuite et prioritaire par la porte C pour la personne handicapée (mobilité réduite, déficience auditive, intellectuelle ou visuelle) et son éventuel accompagnateur, sur présentation d'un justificatif : cartes délivrées par une MDPH (maison départementale des personnes handicapées) ou attestation étrangère équivalente, accompagnée d'une pièce d'identité avec photographie.

 

[1] [1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabi_(peinture)

[2] Peintre de personnages, figures, nus, portraits, paysages animés, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, Pierre Bonnard (1867-1947) est un artiste postimpressionniste membre du groupe des Nabis.

[3] Jean Édouard Vuillard (1868-1940) est un peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français. Membre fondateur du mouvement nabi, il s'est illustré dans la peinture de figures, de portraits, d'intérieurs, de natures mortes, de scènes intimistes, de compositions murales et de décors de théâtre.

[4] Plus d’informations sur http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/bonnard-vuillard...

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21 12 16

« Ce sera l'impression de ce que j'aurai ressenti, moi tout seul. » (Claude Monet)

Tout sur l' impressionnisme.jpgHistorienne de l'art formée à l’École du Louvre, conférencière et journaliste à Connaissance des Arts, Véronique Bouruet Aubertot est l'auteure de L'Art contemporain (Autrement, 1999) et de L'impressionnisme (Palette, 2007). Elle est aussi à l'initiative d'expositions et de projets culturels comme « Paris à petits pas » et « Paris par quartier ».

Elle a fait paraître chez Flammarion à Paris un ouvrage remarquable intitulé Tout sur l'impressionnisme – Panorama d’un mouvement, œuvres phares, repères chronologiques et notions clés dans lequel elle dépoussière une vision convenue de l'impressionnisme en resituant dans son époque et son contexte ce courant décisif qui a initié un renouvellement de l'art occidental.

« Accompagnant la révolution industrielle et le basculement du monde dans la modernité, écrit notre essayiste, l'impressionnisme naît de l'esprit dissident de jeunes artistes, prêts à affronter le mépris et l'opprobre pour émanciper l'art du carcan où il reste enfermé. »

L’ouvrage contient de très nombreuses illustrations et une vingtaine de chefs-d'œuvre [1] sont détaillés à travers des entrées thématiques : la ville, les lieux de plaisir, le jardin, les paysages, l'industrie, les expositions, la révolution photographique, les séries, la place des femmes, la mode, les écrivains...

L’ensemble se complète de biographies de peintres et d’une chronologie.

Un livre qui en met plein la vue !

Bernard DELCORD

Tout sur l'impressionnisme – Panorama d’un mouvement, œuvres phares, repères chronologiques et notions clés par Véronique Bouruet Aubertot, chronologie et biographies par Sylvie Blin, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2016, 384 pp. en quadrichromie au format 17,2 x 24,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 29,90 € (prix France)

 

[1] Rue de Paris, temps de pluie (1877) par Gustave Caillebotte, La Loge (1874) par Auguste Renoir, Le Déjeuner des canotiers (1881) par Auguste Renoir, Les Raboteurs de parquet (1875) par Gustave Caillebotte, L’Atelier rue de La Condamine (1870) par Frédéric Bazille, Olympia (1863) par Édouard Manet, Soleil couchant sur l’Oise (1865) par Charles François Daubigny, Scène d’été (1869) par Frédéric Bazille, La Balançoire (1876) par Auguste Renoir, Les Dindons (1876-77) par Claude Monet, Femme à l’ombrelle tourné vers la gauche (1886) par Claude Monet, Impression, soleil levant (1872) par Claude Monet, Eugène Manet et sa fille dans le jardin de Bougival (1881) par Berthe Morisot, Portrait d’Émile Zola (1868) par Édouard Manet, Madame Charpentier et ses enfants (1878) par Auguste Renoir, Nymphéas (1914-18) par Claude Monet, Un dimanche à la Grande Jatte (1884-86) par Georges Seurat, Nocturne : bleu et or – Le vieux pont de Battersea (ca 1872-75) par James Abbott McNeil Whistler, La chapelle Rothko (1964) par Mark Rothko,

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30 11 16

« Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé, il le continue. » (Auguste Rodin)

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Raphaël Masson a été conservateur au musée Rodin, chargé des archives et de la bibliothèque, tandis que Véronique Mattiussi est responsable du fonds historique de la même institution parisienne [1].

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Le Penseur (1880-81)

Il se sont associés pour rédiger un splendide album sobrement intitulé Rodin, publié chez Flammarion à Paris, rassemblant une iconographie forte de nombreux dessins, aquarelles, documents d'archives et nouvelles prises de vue des sculptures, spécialement effectuées pour ce livre qui invite à la redécouverte de l’œuvre d’Auguste Rodin (1840-1917) [2] dont les statues les plus célèbres (Les Bourgeois de Calais, Le Baiser, La Porte de l'Enfer, Le Penseur...), longtemps contestées, appartiennent au patrimoine collectif de l’art occidental.

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Camille Claudel, La Valse, 1905

Bernard DELCORD

Rodin par Raphaël Masson et Véronique Mattiussi, préface de Jacques Vilain, Paris, Éditions Flammarion & Musée Rodin, septembre 2016, 248 pp. en quadrichromie au format 20,3 x 26,1 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 25 € (prix France)

 

[1] 79, rue de Varenne, F-75007 Paris

[2] Qui fut aussi le mentor de la géniale Camille Claudel (1864-1943).

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30 11 16

« Être surréaliste, c'est bannir de l'esprit le déjà vu et rechercher le pas encore vu. » (René Magritte)

Les plus belles œuvres de René Magritte .jpgC'est jusqu'au 23 janvier 2017 que se tient, au Centre Pompidou à Paris, une exposition intitulée René Magritte - La trahison des images qui propose une approche inédite de la production de l’artiste belge.

Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d'autres peu connues, provenant des plus importantes collections publiques et privées, cet événement offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne à travers une centaine de tableaux, de dessins et de documents d’archives.

De leur côté, les Éditions Larousse à Paris ont publié, sous la plume d'Éloi Rousseau, un bel album intitulé Les plus belles œuvres de René Magritte qui offre l'occasion de découvrir son parcours original ainsi que son étonnante personnalité.

Écoutons l'auteur :

« Proche des surréalistes français mais toujours à distance du groupe qu'ils formaient, René Magritte (1898-1967) a poussé à l'extrême leur réflexion sur le rêve, l'étrangeté du réel et la mémoire, devenant un des artistes majeurs du XXe siècle. Ses tableaux stupéfiants explorent les rapports entre le mot et l'image, le nom et la chose, créant un univers trouble et déconcertant. Sa technique, précise et froide, sert des compositions qui, en défiant les lois de la proportion, de la logique et de la science, dévoilent ce qui, au-delà de la vision, demeure caché.

L'homme au chapeau melon qui exerça son ironie à l'encontre de toutes formes d'image, à commencer par celle qu'il renvoyait, n'a eu de cesse de jouer avec nos perceptions et notre conception du monde. Facétieux et provocateur, le maître du surréalisme belge est aujourd'hui un des peintres les plus surprenants, l'incarnation de la puissance de la pensée en peinture. »

Bernard DELCORD

Les plus belles œuvres de René Magritte par Éloi Rousseau, Paris, Éditions Larousse, septembre 2016, 128 pp. en quadrichromie au format 20 x 24,2 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 12,90 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu'au 23 janvier 2017

Centre Pompidou

Galerie 2

Place Georges Pompidou

F-75004 Paris

Tarifs :

Plein tarif : 14 euros

Moins de 26 ans : 11 euros

Horaires d'ouverture :

De 11h à 21h tous les jours sauf le mardi (fermeture des caisses à 20h, sortie des espaces d’exposition à partir de 20h45)

Nocturnes les lundis et les jeudis jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h, sortie des espaces d’exposition à partir de 22h45)

20 11 16

« L’art ne transforme pas. Il formule. » (Roy Lichtenstein)

Tout sur l'art.jpgStephen Farthing est peintre et directeur de recherche sur Roostein Hopkins à l'Université des Arts à Londres. Élu en 1990 professeur de la Ruskin School of Drawing à l'Université d'Oxford puis membre de la Royal Academic of Arts en 1998, il est le directeur d'ouvrage des 1001 peintures que vous devez avoir vues avant de mourir.

Il a dirigé un collectif d'auteurs constitué de journalistes, d'historiens et de critiques d'art pour faire paraître en 2010 chez Thames & Hudson à Londres un magnifique essai intitulé ART The Whole Story, dont la traduction française a paru la même année chez Flammarion à Paris sous le titre Tout sur l'art – Panorama des mouvements et des chefs-d’œuvre et qui ressort aujourd’hui sous une forme révisée.

Répondant à des questions comme : « Quel est le sens caché des Lignes de Nazca au Pérou ? », « Pourquoi Les Demoiselles d'Avignon de Picasso ont-elles tant choqué le monde artistique ? », « Quelle est la signification des peintures japonaises du XIXe siècle ? », seize historiens de l'art, critiques, experts, artistes ou enseignants ont participé à l'élaboration de cet ouvrage unique pour aider le lecteur à mieux comprendre l'évolution de l'art à travers les âges et les continents, proposant ainsi une introduction qui brosse une vaste fresque historique, artistique, sociale et culturelle et qui dessine le contexte des œuvres analysées par la suite.

Plus de 1500 œuvres y sont commentées, offrant un large éventail de techniques et de genres artistiques (peinture, sculpture, objets d'art).

En outre, 85 époques et mouvements clés de l'histoire de l'art sont présentés en détail avec une chronologie complète permettant de situer chaque œuvre et chaque artiste dans son contexte (influences et événements essentiels).

De plus, 160 chefs-d'œuvre incontournables sont décryptés grâce à un système de zoom dans l'image, à une biographie de l'artiste et à une étude approfondie de l'œuvre. Citons le Discobole (Myron, ca 450 av. J. C.), le Coran Bleu (artiste inconnu, vers 900), le Bouddha Amida (Jocho, 1053), la tapisserie de Bayeux (artistes inconnus, 1066-1077), Le Jardin des délices (Jérôme Bosch, ca 1500-1505), La Joconde (Léonard de Vinci, 1503-1506), L’Élévation de la Croix (Rubens, 1610-1611), La Grande Odalisque (Ingres, 1814), Olympia (Manet, 1863), Le Penseur (Rodin, 1880-81), La Danse (Matisse, 1910), Les Piliers de la société (Grosz, 1926), Guernica (Picasso, 1937), Vingt Marilyn (Warhol, 1962), Café Deutschland (Immendorff, 1984)… et il y en a bien d’autres encore, de toutes les époques et de tous les continents.

Enfin, tous les outils indispensables sont fournis (repères chronologiques, biographies d'artistes, détails agrandis, index détaillé) pour faire de ce livre une réussite totale !

Bernard DELCORD

Tout sur l'art – Panorama des mouvements et des chefs-d’œuvre, ouvrage collectif sous la direction de Stephen Farthing, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2016, 576 pp. en quadrichromie au format 17,2 x 24,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 29,90 € (prix France)

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17 11 16

« L'architecture, c'est une tournure d'esprit et non un métier. » (Le Corbusier)

Bruxelles Art nouveau.jpgBruxelloise et licenciée en histoire, Cécile Dubois est guide conférencière, organisatrice de visites guidées et, pendant longtemps, une des organisatrices de la Biennale Art nouveau et Art Déco orchestrée par Voir et Dire Bruxelles.

Déjà auteure aux Éditions Racine à Bruxelles d’un bien beau livre intitulé Bruxelles Art Déco, elle a fait paraître un Bruxelles Art nouveau tout aussi réussi.

Voici ce qu’elle en dit :

« À la fin du XIXe siècle, la réaction contre l'académisme conduit des architectes bruxellois dans la voie de l'Art nouveau [1]. Victor Horta, dans une veine organique, et Paul Hankar, dans une tendance plus géométrique, donnent naissance à une architecture qui connaît bientôt une réputation internationale.

En une quinzaine d'années, à partir de 1893, des centaines de bâtiments Art nouveau voient le jour à Bruxelles, d'abord construits par les grands novateurs, ensuite par leurs élèves et émules également nourris, au début du XXe siècle, par la Sécession viennoise et par d'autres tendances de l'Art nouveau européen.

Ce style, dans un premier temps, répond parfaitement aux aspirations de la bourgeoisie industrielle, soucieuse de s'affirmer dans l'urbain par cette architecture nouvelle et parfois exubérante. Progressivement, des classes plus larges de la population s'approprient l'Art nouveau pour des programmes très variés : écoles, logements sociaux, maisons de maître, magasins, maison du peuple... »

Ce livre propose neuf promenades pour découvrir, dans différents quartiers, les multiples facettes de l'Art nouveau en architecture à Bruxelles. On découvre notamment la personnalité d'architectes incontournables et des techniques décoratives comme celle du sgraffite. L'auteure y dresse également les portraits, sous forme d'entretiens, de propriétaires, conservateurs ou restaurateurs de bâtiments Art nouveau, garants essentiels de ce patrimoine exceptionnel.

Une belle invite à partir à la rencontre de Victor Horta, de Paul Hankar, d’Octave Van Rysselberghe, d’Henry van de Velde, de Benjamin De Lestré, de Jean Delhaye, d’Adrien Blomme, de Privat Livemont, d’Henry Jacobs, de Gustave Strauven, de Léon Sneyers, d’Antoine Pompe et de bien d’autres grands artistes belges de talent !

Bernard DELCORD

Bruxelles Art nouveau par Cécile Dubois, photographies de Sophie Voituron, Bruxelles, Éditions Racine, août 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,95 €

 

[1] L'Art nouveau est un mouvement artistique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes. Il se caractérise par l'inventivité, la présence de rythmes, de couleurs, d’ornementations inspirés des arbres, des fleurs, des insectes, des animaux, et qui introduisent du sensible dans le décor quotidien. C'est aussi un art total en ce sens qu'il occupe tout l'espace disponible pour mettre en place un univers personnel considéré comme favorable à l’épanouissement de l'homme moderne à l'aube du XXe siècle. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Art_nouveau)

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13 10 16

« Je n'aime que la nouveauté extrême ou des choses du passé. » (Berthe Morisot)

Berthe Morisot.jpgFemme « rebelle » dotée d’un solide caractère et d’un immense talent, Berthe Marie Pauline Morisot (née le 14 janvier 1841 à Bourges et morte le 2 mars 1895 à Paris) est une peintre française, membre fondateur et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'impressionnisme, composé notamment de son beau-frère Édouard Manet, d’Edgar Degas, d’Alfred Sisley, de Camille Pissarro, de Pierre-Auguste Renoir et de Claude Monet [1].

Jean-Dominique Rey, écrivain et critique d'art, qui écrit que « son œuvre, intacte et sans une ride, s'affirme aujourd'hui comme l'une des plus hautes de son temps et révèle qu'elle fut souvent en avance et sut ouvrir la peinture à des voies nouvelles », lui consacre chez Flammarion à Paris une remarquable monographie bellement imagée de 209 illustrations et sobrement intitulée Berthe Morisot, dans laquelle il pose un regard sensible sur « la belle peintre » [2] et réunit une anthologie commentée de grandes plumes de l'époque, Edmond About, Émile Zola, Stéphane Mallarmé, Camille Mauclair,  Félix Fénéon, Joris-Karl Huysmans, Guillaume Apollinaire, Henri de Régnier ou Paul Valéry, qui reconnurent très tôt ses dons artistiques exceptionnels ou se penchèrent avec admiration sur ses toiles.

Dans la préface, Sylvie Patry, directrice générale-de la fondation Barnes (Philadelphie) après dix ans passés au musée d'Orsay, confronte son œuvre à celles de ses pairs, et met en lumière la modernité et l'originalité de ce « peintre singulièrement peintre ».

On doit à cette artiste d’exception de très nombreuses œuvres majeures, comme Vue du petit port de Lorient (1869), Le Berceau (1872), La Chasse aux Papillons (1874), Eugène Manet à l'île de Wight (1875), Femme en noir ou Avant le théâtre (1875-76), Bords de Seine (1883), Julie avec sa poupée (1884), Autoportrait (1885), Jeune fille en jersey bleu (1886), Julie avec un chat (1887), La Cueillette des oranges 1889), Le Cerisier (1891), La Coiffure (1894)…

Berthe Morisot, Le Berceau.jpg

Berthe Morisot, Le Berceau,

huile sur toile, 56 × 46 cm, 1872, Musée d’Orsay.

De pures merveilles !

Bernard DELCORD

Berthe Morisot par Jean-Dominique Rey, préface de Sylvie Patry, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 21,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 25 € (prix France)

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Berthe_Morisot

[2] C’est le titre d’un de ses chapitres.

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11 10 16

Le Reg-Art d'Emile Verhaeren

Ouvrage expo Tournai.jpg

 J'évoquai mardi passé, à votre intention,  l'exposition du Musée des Beaux-Arts de Tournai, consacrée à Emile Verhaeren. Penchons-nous, ce jour, sur le très bel ouvrage qui l'accompagne, la soutient, la révèle.

"Tout Verhaeren est dans la tension au coeur des contrastes de la lumière" affirme Marc Quaghebeur, Directeur des Archives et Musée de la Littérature, Commissaire de l'exposition. 

Centrée sur la nature "consubstantielle" de la peinture dans  l'univers et donc l'oeuvre littéraire du célèbre poète, l'exposition fait part belle à la "perception charnelle du monde" à  la lumière scaldienne, particulière et différente de sa consoeur méditerranéenne, qui traduit le regard de Verhaeren, l'expression de son art, de son être.

Illustré de belles reproductions de portraits, tableaux, sculptures, .. issus pour bon nombre des collections du Musée des Beaux-Arts de Tournai, l'ouvrage déploie poèmes , extraits d'oeuvres littéraires et de correspondances de l'écrivain, en une multitude de registres, qui vont du tendre, amical,  flamboyant, à celui tumultueux, farouchement patriote de la guerre.

" Fruit d'un travail scientifique mené depuis des décennies par les Archives du Musée de la Littérature, ce livre n'entend pas accabler le lecteur de références mais l'amener à entrer de plain-pied, et dans la Joie, au coeur d'une Oeuvre-Vie qui fut celle du dialogue des Arts et des Mots."

Apolline Elter

Des lueurs du fleuve à la lumière de la peinture, Emile Verhaeren et les siens, Marc Quaghebeur et Christophe Meurée,  volume composé dans le cadre de l'exposition "Emile Verhaeren. Lumières de l'Escaut, Lumière des Arts, Musée des Beaux-Arts de Tournai - Archives et Musée de la Littérature, Bruxelles, septembre 2016, 148 pp

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06 10 16

« La vraie maison de l'amour est toujours une cachette. » (Romain Gary)

Petites maisons – Du refuge libertin au pavillon d'habitation.jpg« On avait alors la fureur des petites maisons. J’en louais une dans le faubourg Oriental, et j’y plaçais successivement quelques-unes de ces filles qu’on voit, qu’on ne voit plus ; à qui l’on parle, à qui l’on ne dit mot, et que l’on renvoie quand on est lasse [sic]. J’y rassemblais des amis et des actrices de l’Opéra : on y faisait de petits soupers… »

Denis Diderot, Les Bijoux indiscrets

Claire Ollagnier est docteure en histoire de l'art. Après s'être consacrée pendant plusieurs années à l'étude de l'architecture féminine au XVIIIe siècle, elle a soutenu sa thèse sur les Petites maisons suburbaines au XVIIIe siècle à l'Université Paris I sous la direction de Daniel Rabreau. Actuellement chercheure post-doctorante, elle consacre ses travaux au développement de l'habitat pavillonnaire dans la première moitié du XIXe siècle.

Forte de sa science académique, elle a fait paraître chez Mardaga à Bruxelles un essai très documenté intitulé Petites maisons – Du refuge libertin au pavillon d'habitation en Île-de-France au siècle des Lumières dans lequel elle montre comment l’émergence d’un idéal architectural en France au XVIIIe siècle, celui de la « petite maison » de plaisir, a évolué vers un nouveau modèle, celui de la maison pavillonnaire que nous connaissons encore aujourd’hui.

Voici ce qu’elle en dit :

« Depuis le début du XVIIIe siècle, le concept d’un lieu situé à l’abri de tous les regards et voué aux plaisirs du libertin a envahi la littérature romanesque et théâtrale (Diderot, Sade, Crébillon, etc.). Les rapports de police et les chroniques scandaleuses regorgent également d’anecdotes piquantes à ce sujet, contribuant ainsi à créer le mythe de la “petite maison”.

Cependant, il faut attendre les années 1750 et la construction du pavillon La Bouëxière [1] pour voir émerger un nouveau type architectural dont le programme s’élabore peu à peu. S’initie alors une vague de réflexions sur ce nouveau mode d’habitat et tous les quartiers périphériques de la capitale se couvrent d’édifices aux allures diverses, mais répondant aux mêmes critères architecturaux : renouvellement des dispositifs conventionnels, réduction de la taille des appartements, adoption du plan massé et situation dans un environnement paysager.

La multiplication de ces petites maisons illustre par ailleurs l’émergence d’un nouvel art de vivre et les aspirations d’une société en mutation qui use de toutes les ressources des arts (architecture, jardin, peinture, sculpture…) pour créer de véritables écrins qui ne laisseront pas indifférent le public de l’époque.

Remontant jusqu’aux origines de l’habitat pavillonnaire, cette étude vise à montrer que si le phénomène des périphéries pavillonnaires a jusqu’alors été plutôt attribué aux retombées de la révolution industrielle et à la création de cités ouvrières, les prémices se font sentir dès la fin du XVIIIe siècle. »

Un ouvrage solide, ambitieux, fort technique et richement illustré de gravures et de plans, qui se penche sur l’histoire de l’architecture et des jardins, mais également sur celle des idées, de la littérature et du théâtre, de la politique et de la ville.

Une magnifique construction intellectuelle !

Bernard DELCORD

Petites maisons – Du refuge libertin au pavillon d'habitation en Île-de-France au siècle des Lumières par Claire Ollagnier, avant-propos de Michel Delon, préface de Jean-Philippe Garric, Bruxelles, Éditions Mardaga, collection « Architecture », avril 2016, 350 pp. en quadrichromie au format 20,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 39 €

 

[1] Dans l’actuel IXe arrondissement de Paris. Le Fermier général Charles-François Gaillard de la Bouëxière avait acheté en 1747 cette propriété pour disposer d'un petit hôtel aux portes de Paris destiné « au délassement et pour la retraite des personnes aisées et des hommes du monde ». Dès 1749, les rapports des inspecteurs de police notaient qu'il y recevait la demoiselle Marlet, danseuse à l'Opéra-comique... (https://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Ballu)

Écrit par Brice dans Arts, Histoire | Commentaires (0) |  Facebook | |