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Les 150 printemps de Victor Horta

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Quand, en 1901, Victor Horta (1861-1947) s'attaque à la construction de l'Hôtel, pour son frère de Loge, l'avocat Max Hallet, il a déjà de belles réalisations à son actif: les hôtels Autrique, Van Eetvelde, Tassel, Solvay, ....notamment. Il peut dès lors décliner son génie en toute maturité, s'adaptant, comme chaque fois, aux besoins spécifiques de son commanditaire.

 

Député socialiste, dévoué à la cause des plus démunis, Max Hallet préfère le raffinement à toute forme d'ostentation.

 

Le marbre blanc veiné alternera dès lors avec des sols en mosaïque,  soutenant, réverbérant la luminosité remarquable des lieux. L'omniprésence de boiseries et de courbes réchauffe le coup d'oeil tandis que  l'usage des ferronneries et de métal doré allège le côté imposant des lieux.

 

De son côté, Madame Hallet, passionnée de fleurs,  se verra construire, à l'entresol, un jardin - d'hiver - ...extraordinaire: jaillies de la façade,  trois baies vitrées, lobées  offrent, sur le jardin extérieur,  une perspective en triple cul-de-four. Les radiateurs en épousent les courbes. L'eau de pluie, nécessaire à l'arrosage des plantes, est acheminée dans la pièce par un système des plus ingénieux...signé Horta.

 

Réalisation majeure de l'architecte de génie, l'Hôtel Hallet est un des rares joyaux rescapés de la destruction ou de transformations indues. Acquis en 2006, par Michel Gilbert, passionné d'Art Nouveau et propriétaire de quatre immeubles Horta, l'hôtel a bénéficié d'une restauration intégrale, dans le plus pur souci de son aspect originel. Il est désormais ouvert au public, sur rendez-vous et théâtre de réceptions privées.

 

Passionnée par l'oeuvre de Victor Horta, Michèle Goslar signe ici une monographie remarquable: elle intègre la biographie de l'Hôtel Hallet dans la perspective complète de la vie et  de l’œuvre de l’architecte mais aussi  de l'époque et de l’aménagement de la célèbre avenue Louise. L'occasion rêvée pour le lecteur de rassembler, d'organiser ses connaissances sur le sujet. Les quelque cinquante illustrations soulignent magnifiquement le propos et rendent la visite virtuelle très engageante.

 

Une lecture hautement recommandée.

 

A (s')offrir sans hésitation.

 

Apolline Elter

 

Hôtel Hallet, signé Horta, Michèle Goslar, Beau-livre,  Ed. Avant-Propos, octobre 2011, 96 pp, 24,95 €

 Billet de faveur

 

 AE : Michèle Goslar, passionnée de l’œuvre de Victor Horta, vous  l’êtes aussi de celle – littéraire – de Marguerite Yourcenar. Rappelons que vous avez créé et que vous dirigez Le Centre international de Documentation Marguerite Yourcenar, à Bruxelles.  A part le fait, comme vous le rappelez, que la célèbre écrivain est née, avenue Louise, établissez-vous un lien entre ces deux passions ?

 

Michèle Goslar : Finalement, Marguerite Yourcenar et Victor Horta ont nombre de points en commun : sens du travail acharné et lent (un livre important tout les dix ans pour Yourcenar, remise sur le chantier de ses constructions pour Horta ; recherche de l’expression la plus « exacte » pour les deux ; audace de la pensée dans les deux cas…) même si c’est le hasard d’une interview de Gérard Valley sur la biographie de Yourcenar qui m’a mise sur la voie de la continuation de l’écriture…  et la rencontre du livre sur la Maison du Peuple qui m’a conduite à écrire sur Horta. Loin de l’accident de l’avenue Louise, Yourcenar comme Horta sont, pour moi, deux passions. La seule différence entre eux, pour moi, est que l’une est écrivain et l’autre architecte.

La monographie sur l’hôtel Hallet n’est qu’une excroissance d’un gros ouvrage sur Victor Horta qui doit paraître chez Mercator d’ici peu. J’y ai travaillé pendant 12 ans et c’est Michel Gilbert qui, connaissant cet autre vaste projet, m’a demandé de rédiger un livre sur son hôtel ouvert au public et à divers événements car il n’en existait pas.

 

 AE : L’année 2011 célèbre le 150e anniversaire de la naissance de Victor Horta.  Michel Gilbert lui rend un hommage remarquable avec la restauration , parachevée, de l’Hôtel Hallet :

 

Michèle Goslar : J’ai dédicacé mon gros livre sur Horta à Michel Gilbert qui réalise un travail de restauration remarquable des hôtels qu’il a acquis, construits par l’architecte. Je suis heureuse que le livre sur l’hôtel Hallet soit sorti pour cet anniversaire. J’escomptais que le livre sur la vie et l’œuvre de Horta sortirait aussi en 2011, mais il n’est annoncé que pour mars 2012, afin de le rendre unique, notamment par les illustrations (des plans de toutes les constructions de Horta).

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22 11 11

Une œuvre éblouissante !

 

Fra Angelico.gifL'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

Docteur en histoire de l’art de la Sorbonne – sa thèse portait sur « la peinture de lumière », un courant artistique italien du XVsiècle dont les maîtres furent Masaccio (1401-1428), Piero della Francesca (vers 1412 ou vers 1420-1492) et Fra Angelico (vers 1400-1455) –, université où il enseigna durant trois ans, l’éminent spécialiste Neville Rowley vient de faire paraître dans la célèbre collection « Découvertes » des Éditions Gallimard un petit ouvrage splendide intitulé Fra Angelico - Peintre de lumière à l’occasion de l’exposition Fra Angelico et les maîtres de la lumière qui se tient à Paris du 23 septembre 2011 au 16 janvier 2012 dans les locaux du Musée Jacquemart-André de l’Institut de France [1].

 

L’auteur s’y penche avec autant de clarté que de sagacité sur la tension interne du frère angélique qui, dit-on, n'arrivait pas à retenir ses larmes en peignant les nombreuses crucifixions dont il a orné les murs de son couvent de San Marco à Florence tout en se hissant au sommet de la modernité (en ce début du XVsiècle, la capitale toscane est le théâtre de l'une des révolutions artistiques les plus importantes de l’histoire, l'invention de la Renaissance), tension qui déboucha sur une œuvre artistique magnifique et paradoxale, fondée autant sur une large ouverture au progrès que sur des convictions religieuses ancrées dans la tradition la plus rigoriste.

 

Pour le plus grand bonheur des adorateurs de la beauté !

 

Bernard DELCORD

 

Fra Angelico - Peintre de lumière par Neville Rowley, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », septembre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,20 € (prix France)

 



[1] Musée Jacquemart-André, 158, boulevard Haussmann - 75008 PARIS ; Tél. : + 33 (0)1 45 62 11 59 ; www.musee-jacquemart-andre.com

Le Musée se situe à 400 m de la place Charles de Gaulle-Étoile. Métro : lignes 9 et 13 (Saint-Augustin, Miromesnil ou Saint-Philippe du Roule) ; RER : RER A (Charles de Gaulle-Étoile) ; Bus : 22, 28, 43, 52, 54, 80, 83, 84, 93 ; Parc de stationnement : Haussmann-Berri, au pied du musée, ouvert 24h/24.

Le Musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h. Nocturne les lundis et samedis jusqu’à 21h30 (pas de nocturne les 24 et 31 décembre).

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01 11 11

Un splendide musée portatif

 

Peinture - Musée d'Orsay.jpg

Publié aux Éditions Skira-Flammarion à l’occasion de la réouverture du Musée d’Orsay à Paris en octobre 2011 et du nouvel accrochage des galeries de peintures qui l’a accompagnée, le somptueux ouvrage intitulé Peinture - Musée d’Orsay est l’œuvre de Stéphane Guégan, l’actuel conservateur dudit musée.

 

Il y a rassemblé une magnifique sélection de 300 reproductions de tableaux que l’on peut y voir, d’artistes officiels, académiques ou de genre (Baudry, Belly, Bonnat, Bouguereau, Cabanel, Chassériau, Couture, Daumier, Descamps, Delacroix, Detaille, de Neuville, Fromentin, Gérôme, Ingres, Laurens, Stevens), symbolistes (Klimt, Moreau, Redon, Puvis de Chavannes), réalistes (Antigna, Courbet, Fantin-Latour), de l’école des Barbizon (Rousseau, Millet, Corot), impressionnistes (Bazille, Caillebotte, Cézanne, Degas, Manet, Monet, Morisot, Pissarro, Renoir, Sisley, Whistler), postimpressionnistes et autres (Cross, Derain, de Vlaminck, Gauguin, Matisse, Munch, Seurat, Signac, Toulouse-Lautrec, Van Gogh) et du groupe des Nabis (Bonnard, Denis, Vuillard)…

 

Que du beau linge !

 

Bernard DELCORD

 

Peinture - Musée d’Orsaypar Stéphane Guégan, préface de Guy Cogeval, Paris, Éditions Skira-Flammarion, octobre 2011, 335 pp. en quadrichromie au format à l’italienne 30 x 25 cm sous couverture cartonnée et toilée en couleurs, 49 € (prix France)

 

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29 10 11

Le plus beau musée du monde…

 

Le Petit Larousse de l'Histoire de l'Art.jpgLe texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

 

Rédigé par un spécialiste (diplômé de l’Institut des hautes études en sciences sociales à Paris, Vincent Brocvielle a longtemps travaillé pour le ministère français de la Culture, au musée Rodin notamment), Le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art est un ouvrage particulièrement soigné qui, en sept chapitres chronologiques allant de l’art égyptien jusqu’à nos jours, des tablettes de Mésopotamie à la photo numérique, des cathédrales gothiques aux impressionnistes, des génies de la Renaissance italienne au siècle de Picasso, permet au lecteur immanquablement sous le charme de découvrir les grandes périodes, les principaux styles et courants esthétiques, les artistes les plus marquants et les chefs-d' œuvre de la peinture, de la sculpture et de l'architecture mondiales.

 

Chaque période s’ouvre par une introduction expliquant les différents courants et les grands principes esthétiques de l’époque, tandis que chaque courant ou artiste est présenté par une œuvre représentative de son style ou de sa démarche.

 

L’auteur replace également chaque création dans son contexte historique et montre comment les grandes découvertes et les changements de société ont influencé l’artiste qui l’a produite.

 

Quant aux splendides reproductions photographiques, elle s’accompagnent de mises en lumière des œuvres par une analyse synthétique, rythmée de commentaires d'historiens de l'art reconnus et jalonnée de réflexions parfois étonnantes des artistes sur leurs propres créations, tandis que des encadrés expliquent la manière et la technique auxquelles ils ont recouru.

 

Il n’y a pas à dire, c’st de la belle ouvrage… Alors, disons le quand même, haut et clair !

 

Bernard DELCORD

 

Le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Larousse, collection « Le Petit Larousse de… », octobre 2010, 319 pp. en quadrichromie au format 19 x 24 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24,90 € (prix France)

 

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage magnifique les quelques lignes suivantes :

 

Rubens

 

Peintre flamand. Orphelin de père, Petrus Paulus Rubens s’installe à Anvers et suit une formation de peintre paysagiste et d’histoire. Il voyage en Italie puis en Espagne, revient dans les Flandres et monte son atelier. Son style s’élabore en alliant l’italien (romantisme) et l’audace des compositions décoratives. L’atelier prospère, les commandes affluent (L’Adoration des Mages, l’Érection de la Croix, Jupiter et Callisto), lui permettant d’aborder tous les thèmes et d’expérimenter les effets de lumière (luminisme) et de teintes nouveaux. Son dessin est précis et son ambition infatigable. Il traduit dans chacune de ses toiles une énergie extraordinaire, une vitalité et une sensualité sans limites. Son génie s’expérimente en particulier dans les cycles décoratifs, il y fait la démonstration d’un dynamisme rythmique, d’un grand souci de lisibilité des sujets et d’une exaltation toute baroque.

 

Quelques dates essentielles

– 1577 Naissance à Siegen, Westphalie

–1610 L’Érection de la Croix

–1612 La Descente de Croix

–1621-1625 Cycle de la vie de Marie de Médicis

–1639 Les Trois Grâces

– 1640 Mort à Anvers

 

L’Enlèvement des filles de Leucippe (v. 1618)

 

Le Petit Larousse de l'Histoire de l'Art (L’Enlèvement des filles de Leucippe par Rubens).jpg

 

Les filles de Leucippe, roi d’Argos, sont fiancées lorsque Castor et Pollux les enlèvent. Le rapt a lieu dans la campagne. Cupidon tient les rênes. Deux amours ailés interviennent afin d’aider les demi-dieux à hisser les sœurs sur leurs montures.

 

La toile mesure plus de deux mètres de côté, autant dire une promenade de santé pour un artiste coutumier des grands formats. On note deux sources d’inspiration italiennes, L’Enlèvement des Sabines de Jean Bologne, une sculpture que Rubens avait vue place Signoria à Florence. Et les nus vénitiens, opulents et dorés, qui le disputent à l’époque aux beautés flamandes. Mais l’allégorie est plus ancienne, on la trouvait sur les sarcophages de l’Antiquité, elle représentait le salut de l’âme. Qu’en fait Rubens ? Il compose à partir du dédoublement des figures, s’appuyant sur des diagonales ascendantes contre lesquelles s’amalgament et s’équilibrent des masses colorées. Les mouvements sont balancés de part et d’autre de l’oblique.

 

Le groupe s’épanouit à partir des pieds jusqu’aux volutes que dessinent les crinières pour s’associer aux nuages. Les formes s’enchevêtrent et tourbillonnent comme le plus souvent dans les toiles du maître ; ses plantureux nus féminins respirent la santé, la couleur devient la substance même des personnages, leur consistance est palpable.

 

Cette scène de ravissement marque en outre un point de bascule entre la peinture classique et l’art baroque. Son lyrisme évident est un hymne à l’amour qui réussit à associer la plénitude physique de la femme au désir ardent de l’homme. « Tomber amoureux, c’est reconduire un peu du temps archaïque où les hommes devaient enlever les femmes pour assurer l’exogamie : tout amoureux qui reçoit le coup de foudre a quelque chose d’une Sabine ou de n’importe laquelle des enlevées célèbres » (Barthes).

 

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06 10 11

Beautés nouvelles…

 

Paris au temps des impressionnistes.gifAu XIXsiècle, le paysage parisien subit des transformations profondes. La ville devient tentaculaire – comme disait Émile Verhaeren – et se modernise à grands pas, avec ses cafés, ses cafés-concerts, ses brasseries, ses bals, ses cirques, ses opéras, ses théâtres, ses parcs, ses jardins publics, ses grands magasins, ses gares, son métropolitain…

 

Autant de thèmes nouveaux pour les peintres du temps qui ont pour nom Bonnard, Caillebotte, Degas, Doré, Forain, Gauguin, Manet, Monet, Pissarro, Puvis de Chavannes, Renoir, Signac, Stevens, Toulouse-Lautrec, Vallotton ou Vuillard, dont les historiennes d’art Caroline Mathieu et Isabelle Julia ont rassemblé des œuvres représentatives du thème, conservées au Musée d’Orsay, dans un fort bel album intitulé Paris au temps des impressionnistes, 1848-1914, catalogue de l’exposition éponyme qui s’est tenue dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville de la capitale française jusqu’au 30 juillet 2011.

 

Une magnifique séance de rattrapage pour ceux qui ne l’auraient pas admirée !

 

Bernard DELCORD

 

Paris au temps des impressionnistes, 1848-1914 par Caroline Mathieu & Isabelle Julia, Paris, Éditions Skira/Flammarion, avril 2011, 190 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

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05 06 11

Un livre qui rend intelligent !

 

L’art contemporain depuis 1945.gifDans L’art contemporain depuis 1945, le grand spécialiste Jean-Louis Pradel (il est historien, critique et chroniqueur d’art tout en enseignant l’art contemporain à l’École nationale des arts décoratifs à Paris) fait le point avec beaucoup de clarté sur la question de l’art actuel et il replace chaque courant, groupe ou mouvement ainsi que les artistes dans leur contexte politique, social et culturel, aidant ainsi à orienter lecteur dans le labyrinthe multiforme des créations de Jean Dubuffet, Victor Vasarely, Francis Bacon, Pierre Soulages, Andy Warhol, Jackson Pollock, Ernest Pignon-Ernest, Mark Rothko, Robert Ryman, Marcel Broodthaers, Pol Bury ou Jean-Michel Basquiat ainsi que parmi les néons de Dan Flavin, les peintures de Barcelo, les installations en acier de Richard Serra, les installations vidéo de Nam June Paik, les compressions de César, les empaquetages de Christo, les vêtements d'Issey Miyake, les productions du Land Art, les personnages en fibre de verre de Duane Hanson ou les architectures de Tadao Ando et de Jean Nouvel.

 

Le pop art, l’art cinétique, l’op art, l’art conceptuel, les happenings, le Nouveau Réalisme, l’hyperréalisme, le Minimal Art, Cobra, le néo-expressionnisme allemand ou la trans-avant-garde italienne sont notamment passés en revue dans l’ouvrage et joliment illustrés, avec un grand sens didactique qui permet de cerner rapidement les enjeux et de comprendre les œuvres qui en résultent.

 

Une fameuse gageure et une belle réussite !

 

Bernard DELCORD

 

L’art contemporain depuis 1945 par Jean-Louis Pradel, Paris, Éditions Larousse, collection « Comprendre & reconnaître », mai 2011, 160 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 17 € (prix France)

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10 04 11

L'art pour tous

 

Art déco 1910-1939.gifL'Art déco, nom donné au style « moderne » du XXsiècle, connut un rayonnement mondial pendant l'entre-deux-guerres, et l’ouvrage intitulé Art déco 1910-1939 paru récemment à Bruxelles, aux Éditions de La Renaissance du Livre sous la direction de Charlotte Benton, Tim Benton & Ghislaine Wood, montre combien il laissa son empreinte dans presque tous les domaines visuels, des beaux-arts à l'architecture, de la décoration à la mode et au textile, du cinéma à la photographie.

 

C’est d’ailleurs ce caractère éclectique qui fut la clé de son succès et qui contribua à le faire connaître du grand public.

 

Représenté par des artistes aussi différents que Le Corbusier, René Lalique, Man Ray, Tamara de Lempicka, Raoul Dufy, Cartier, Elsa Schiaparelli, Jeanne Lanvin, Jean Patou, Victor Margueritte, Sonia et Robert Delaunay, l'Art déco réussit à créer un style, une attitude, une approche ou un contexte autant que des traits distinctifs.

 

Sa capacité à exprimer les différentes identités nationales et son association au glamour et au chic métropolitains firent de lui un style global au-dessus des frontières régionales et nationales, tout en réconciliant l'artiste avec les méthodes de production en série afin de réaliser des objets fonctionnels, bien conçus et possédant des qualités propres, individuelles.

 

Tombé en disgrâce jusqu'aux années 1960, il fut redécouvert en Occident, grâce notamment à l'émergence d'un nouveau marché ouvert au design individualiste, et il fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte auprès des amateurs d’art.

 

Comme on les comprend !

 

Bernard DELCORD

 

Art déco 1910-1939 sous la direction de Charlotte Benton, Tim Benton & Ghislaine Wood, Bruxelles, La Renaissance du Livre, février 2011, 460 pp. en quadrichromie au format 24,6 x 28,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,50 €

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10 04 11

Le Bescherelle des arts

 

Tout sur l’art.gifLes Éditions Flammarion à Paris ont publié récemment sous le titre Tout sur l’art la traduction française des textes que quarante et un historiens d’art, critiques, experts, artistes ou enseignants ont rédigés sous la houlette de Stephen Farthing pour faire comprendre l'évolution de l'art à travers les âges et les continents.

 

Le résultat ? Plus de 1600 œuvres commentées, 85 époques et mouvements clés de l'histoire de l'art présentés en détail, 160 chefs-d' œuvre incontournables décryptés, 563 reproductions photographiques en couleurs et tous les outils indispensables fournis (glossaire, repères chronologiques, biographies d'artistes, détails agrandis, index détaillé…) dans un ouvrage somptueux, clair, original, captivant….

 

On y va de l’art rupestre (vers 15 000 avant J.-C.) aux installations du Collectif RAQS (2009) en passant par les Lignes de Nasca au Pérou, la Mésopotamie, la Perse, l’Égée, l’Égypte, la Chine ancienne, l’art grec, l’art bouddhiste, l’art romain, l’art médiéval en Afrique occidentale, l’art byzantin, l’art hindou, l’art insulaire, l’art primitif islamique, l’art chinois des dynasties Tang, Song et Yuan, l’art coréen de la dynastie Goryeo, l’art roman, l’art précolombien, l’art primitif italien, l’art chinois de la dynastie Ming, l’art gothique international, l’art coréen de la dynastie Joseon, l’art des primitifs flamands, la première Renaissance, l’art zen du Japon, la Renaissance à Venise, la haute Renaissance, la Renaissance en Europe du Nord, l’art islamique, l’art africain de la première période moderne, le maniérisme, l’art baroque, l’âge d’or de l’art hollandais, la peinture rajput, l’art japonais de la période Edo, l’art chinois de la dynastie Qing, l’art indigène d’Océanie, le rococo, les artistes du Grand Tour, le néoclassicisme, le romantisme, l’art académique français, l’art indigène d’Amérique du Nord, l’orientalisme, l’art japonais du XIXsiècle, le préraphaélisme, le réalisme, l’esthétisme, l’impressionnisme, le postimpressionnisme, le symbolisme, le synthétisme, le primitivisme, l’Art nouveau, la Sécession, l’essor de la photographie, les réalisme, précisionnisme & régionalisme, le fauvisme, l’École de paris, l’expressionnisme allemand, le cubisme, les futurisme, orphisme & rayonnisme, les suprématisme & constructivisme, De Stijl, Dada, le Bauhaus, la Nouvelle Objectivité, le surréalisme, l’art mexicain, la sculpture moderniste, l’expressionnisme abstrait, la peinture figurative européenne, l’abstraction lyrique, l’art africain contemporain, l’art d’Extrême-Orient, le pop art, la photographie d’art, le nouveau réalisme, l’art conceptuel, l’installation, l’art d’Amérique latine, la performance, l’Arte povera, le minimalisme, l’op art, l’art vidéo, le land art, l’hyperréalisme, l’art aborigène d’Australie, le néo-expressionnisme, l’art numérique et l’art urbain, les Young British Artists et l’art indien…

 

Wonderful!

 

Bernard DELCORD

 

Tout sur l’art. Panorama des mouvements et des chefs-d’œuvre sous la direction de Stephen Farthing, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2010, 576 pp. en quadrichromie au format 18 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 29,90 € (prix France)

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09 04 11

Une compilation de l’étrange

 

Trésors insolites des musées de France.gifLes Éditions Flammarion à Paris viennent de faire paraître, sous le titre Trésors insolites des musées de France, un ouvrage extraordinaire signé Jean-Jacques Breton et Dominique Williatte, dans lequel les auteurs recensent et décrivent des chefs-d’œuvre picturaux, mais aussi architecturaux ou sculptés, dessinés, gravés, montés en vitrail ou issus des arts premiers, conservés dans près de 150 musées français et qui tous relèvent du surprenant et de l’étonnant, voire du bizarre.

On y découvre des marrons sculptés par une religieuse, Geneviève Gallois, un paysage fantastique aux roches anthropomorphes de Gustave Courbet, une statue en bronze représentant « Le fou et la Mort » fondue par Sarah Bernhardt, l’appartement de Léonor Fini, la palette de Delacroix, une tapisserie bruxelloise du XVIsiècle narrant l’adultère de David et Bethsabée, la carapace ouvragée qui servit de berceau au roi Henri IV, une statue-menhir d’il y a 5000 ans, une statue d’après le Bernin représentant « la Bienheureuse Ludovica Albertoni » dans une extase mystique qui a toutes les apparences d’un orgasme, une sanguine effrayante de Jean-Baptiste Greuze intitulée « Portrait mortuaire de Denis Diderot sur son lit de mort », un tableau de Francisco de Zurbarán représentant Sainte-Agathe tenant ses seins coupés sur un plateau, le reliquaire de Dominique Vivant-Denon contenant, entre autres, les restes du Cid et de Chimène, une dent de Voltaire, des poils de la barbe de Henri IV – encore lui –, un morceau du linceul de Turenne, des cheveux d’Agnès Sorel et des os d’Héloïse, d’Abélard, de La Fontaine et de Molière…

Un livre mirifique, dans tous les sens du terme !

 

Bernard DELCORD

 

Trésors insolites des musées de France par Jean-Jacques Breton et Dominique Williatte, Paris, Éditions Flammarion, avril 2011, 320 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)


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05 04 11

Splendeurs de l’Art nègre

 

Africanisme et modernisme.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison de mars 2011 de la revue des Belges d'Afrique centrale EBENE :


Dans Africanisme et modernisme paru à Bruxelles chez P.I.E. Peter Lang dans la collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies » dirigée par Marc Quaghebeur, le conservateur du Musée des Beaux-Arts de Tournai Jean-Pierre De Rycke se penche sur la peinture et la photographie d’inspiration coloniale en Afrique centrale entre 1920 et 1940.

Il s’agit en réalité du texte remanié de sa thèse de doctorat soutenue en 2000 à l’UCL, un ouvrage certes savant mais parfaitement accessible, qui introduit brillamment à la redécouverte de l’œuvre plus ou moins Art déco des peintres belges (Alexandre Iacovleff, Gaston-Denys Périer, Auguste Mambour, Pierre de Vaucleroy, Paul Colin, Fernand Allard l’Olivier…) que fascina la culture des peuples colonisés, mais aussi à la remembrance de l’épique « Croisière noire » lancée en 1924-25 par André Citroën à travers le Sahara puis la forêt tropicale (elle alla de Colomb-Béchar à Tombouctou…) pour prouver la qualité de ses véhicules, et peut-être surtout à la découverte du grand talent des premiers « imagiers » congolais, Djilatendo et Lubaki, ainsi que du premier peintre véritable du pays, Albert Mongita, un touche-à-tout de génie.

Bien entendu, l’auteur examine aussi à la loupe les rapports entretenus par les artistes et les photographes avec la propagande coloniale et il montre à quel point les maladresses (et il y en eut beaucoup) ne s’inscrivent pas tout-à-fait, dans leur chef, comme une entreprise mue par l’exploitation économique ou la notion de supériorité de leur race ou de leur religion.

On ne peut, hélas, pas en dire autant de certains autres de nos compatriotes qui s’expatrièrent aux colonies…

 

Bernard DELCORD

 

Africanisme et modernisme, la peinture et la photographie d’inspiration coloniale en Afrique centrale (1920-1940) par Jean-Pierre De Rycke, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies » dirigée par Marc Quaghebeur, décembre 2010, 321 pp. en noir et blanc + 2 cahiers de 16 et 8 pp. en couleurs au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 50,80 €

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