23 11 10

Une femme de belles lettres

A la vie à l'amor.gifConnaissez-vous Miss-Tic ? Cette jeune femme est une authentique poétesse des rues parisiennes, dont elle orne les murs de jolis graffitis au pochoir (rien à voir avec les horreurs produites un peu partout dans le monde par des bandes de jeunes puceaux de l’intelligence qui marquent, à la manière des chiens et des chats, leur territoire au moyen de déjections diverses). Elle les complète de petits mots ciselés comme « Peaux cassées », « La terreur est humaine », « Je n’ai de maternelle que la langue », « L’avenir a une excellente mémoire », « Une vie bien fête », « Est-ce que l’homme descend du songe ? » ou « Je joue, oui »…

Autant de traces de son passage dans la Ville Lumière que, Petit Poucet pas sage (elle a collaboré aussi, et excellemment, à « Siné-Hebdo »), elle égrène depuis 1985 comme des petits diamants blancs. Elle expose à partir du 1er décembre prochain à paris XVIIIe, à la Galerie W (44 rue Lepic) et c’est à ne pas rater. Car sa démarche mélodie rappelle parfaitement celle de la « dark girl » qui séduisait Léopold Sedar Senghor : comme lui, elle (dé)montre noir sur blanc que « L’Art nuit à la bêtise »…

Bernard DELCORD

 

À la vie à l’amor par Miss-Tic, Paris, Éditions Critères, collection « Opus délits », novembre 2010, 58 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,90 € (prix France)


A la vie à l'amor (invitation).jpg


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04 10 10

Un artiste inimitable

Paul Delvaux Aux sources de l'œuvre.jpgLes Éditions Racine à Bruxelles ont fait paraître, sous le titre Paul Delvaux. Aux sources de l'œuvre et sous la plume de l’historienne d’art Laura Neve, le (splendide) catalogue de la magnifique exposition éponyme qui se tient du 2 octobre 2010 au 16 janvier 2011 au Musée communal d’Ixelles joliment remis à neuf pour cette brillante manifestation invitant à une nouvelle approche de l’œuvre du célèbre peintre surréaliste belge (1897-1994), par le dialogue de ses productions avec celles des artistes qui l’ont influencé.

« Car, explique l’auteure, l’univers pictural de Paul Delvaux, à l’instar de celui de tout artiste, s’est constitué au gré d’influences diverses durant toute sa carrière. Auprès de ses premiers maîtres ou en développant différentes affinités esthétiques, Paul Delvaux s’est nourri de ces contacts pour construire un style original.

De 1920 à 1924, Delvaux peint des paysages dans l’esprit des réalistes belges comme Hippolyte Boulenger, Jean-Baptiste Degreef et Alfred Bastien. Son art se détache ensuite de leur enseignement et, passant par une période qui évoque Renoir et Cézanne, il délaisse le réalisme pour subir l’influence de Modigliani. Progressivement, dès 1930, Delvaux s’autorise à laisser parler son imaginaire, notamment au contact de l’expressionnisme de James Ensor, Gustave De Smet, Constant Permeke et Gustave Van de Woestijne. C’est au cours de cette période que la figure humaine acquiert une importance capitale : elle sera désormais omniprésente dans son œuvre.

Enfin, la découverte de Giorgio De Chirico constitue une révélation qui oriente, dès 1934, le reste de sa carrière dans un univers surréel, conforté par le surréalisme de Magritte. Alors que l’artiste trouvait la voie qui fera sa renommée, la référence au néoclassicisme d’Ingres – avec lequel il partage une grande fascination pour l’Antiquité et le nu féminin idéalisé –demeure présente dans une approche devenue pleinement personnelle. »

 

À travers cette exposition qui rassemble de très nombreuses toiles, dont certaines sont montrées au public pour la toute première fois, l’œuvre de Delvaux se découvre dès lors sous un jour nouveau, au rythme de sa propre découverte des artistes ou des courants qui ont touché sa sensibilité et l’ont amené à élaborer un univers pictural original.

 

L’occasion, aussi, de découvrir les collections de l’un des plus beaux musées belges, trop largement méconnu du grand public…

 

Bernard DELCORD

 

Paul Delvaux. Aux sources de l'œuvre par Laura Neve, Bruxelles, Éditions Racine, 128 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture cartonnée, 29,95 € (disponible en français et néerlandais)

 

Exposition :


Musée communal d’Ixelles

71 rue Jean Van Volsem à 1050 Bruxelles

Tél. + 32 2 515 64 21

www.museedixelles.be

 

Heures d’ouverture : du mardi au dimanche de 11.30h à 17.00h

Fermé le lundi et les jours fériés

Fermé les dimanches 26-12-2010 et 02-01-2011

 

Tarifs : 7 €

5 € pour les étudiants, seniors, groupes (10 personnes ou plus).

Gratuit pour les allocataires sociaux et les enfants de moins de 12 ans

 

Contact : musee@ixelles.be Tél. + 32 2 515 64 21


 

Paul Delvaux La fenêtre.jpg

 

Paul Delvaux, La fenêtre, 1936,

Collection Musée d'Ixelles,

© Paul Delvaux Foundation, St-Idesbald/Koksijde, Belgium,

info@delvauxmuseum.com, photo Mixed Media.

 

 

 


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05 09 10

Le roi du Pop Art n’est pas mort !

Warhol Vies multiples.jpgSi, conquis par la fabuleuse exposition « Le Grand monde d'Andy Warhol » qui s’est tenue dans la Ville-lumière en 2009 au Grand Palais (cf. notre billet du 24 mars 2009 : http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2009/03...), vous souhaitez parfaire votre connaissance d'Andrew Warhola, je vous recommande l'ouvrage de Pierre-Paul Puljiz et de Jean Michel Vecchiet intitulé Warhol Vies multiples, qui vient de paraître aux Éditions du CNRS à Paris.

En marge de documentaires effectués pour France Télévision, les réalisateurs ont consigné et rassemblé thématiquement des extraits de vingt-quatre entretiens menés auprès d'intimes de l'artiste : ses frères, Paul et John, son neveu James, ses assistants, des artistes et journalistes de son entourage.

De L'enfance de l'art au Crépuscule new-yorkais et à la mort, en passant par la Factory et l'attentat de 1968 qui faillit lui coûter la vie, les témoignages s'enchaînent qui parfois divergent. Et c'est ce qui en rend l'approche –et l'ouvrage– particulièrement intéressante.

 

« Il était voyeur, il laissait tourner la caméra et les gens faisaient ce qu'ils voulaient. (...) Il savait flatter les gens pour les faire sortir d'eux-mêmes et donner quelque chose qu'à froid ils n'auraient peut-être pas donné. » (Karl Lagerfeld)

 

« Warhol, c'était la colle cosmique de la Factory et tout le monde convergeait vers lui » (Ultra Violet)

 

« Ce qui a tout tué, c'est le traumatisme de la blessure infligée à Andy. » (Billy Name)

 

Une orchestration polyphonique, agréablement illustrée, des voies d'accès à une figure énigmatique, géniale et éminemment  provocatrice du XXsiècle.

Apolline ELTER

 

Warhol Vies multiples par Pierre-Paul Puljiz et Jean Michel Vecchiet, Paris, CNRS éditions, septembre 2010, 224 pp. en quadrichromie au format 19,6 x 22 cm sous couverture brochée en couleur, 29 €

 

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20 07 10

Un grand fauve aux belles griffes

Du 10 juillet au 29 août 2010, la Halle aux Blés de Durbuy (Belgique) accueille une exposition exceptionnelle consacrée à Henri Matisse, présentant 40 lithographies composées durant les dernières années de sa vie.

 

Matisse « Une splendeur inouïe ».jpgChef de file du « fauvisme », une école de coloristes qui compta en son sein Albert Marquet, Vlaminck, Derain et Kees Van Dongen, le peintre, dessinateur et sculpteur Henri Matisse (1869-1954), originaire du Cateau-Cambrésis, installa son atelier successivement à Collioure, à Vence et à Nice, pays de la grande lumière que l’on retrouve dans toutes ses œuvres inspirées aussi par des voyages en Algérie, en Italie, en Allemagne, au Maroc, en Russie, aux États-Unis et à Tahiti. S’il commença par recourir à des couleurs pures et violentes posées en aplat (technique qui donna son nom au fauvisme), Matisse, après une grave opération chirurgicale subie en 1941, renouvela son art en le tournant vers l’abstraction des lignes et l’adoucissement des pigments. On lui doit notamment Nature morte au pichet (ca 1896-1897), La Femme au chapeau (1905), Les coucous, tapis bleu et rose (1911), Porte-fenêtre à Collioure (1914), Grand nu couché (1935), Deux jeunes filles, robe jaune, robe écossaise (1941), L'Asie (1946), Nu Bleu (1952), Vigne (1953) et la chapelle du Rosaire de Vence, une production architecturale qu'il considérait comme son chef-d’œuvre. Il est également l’auteur d'importantes sculptures en bronze (bustes de Jeannette, 1910-1913 ; quatre Nus de dos, bas reliefs, 1909-1930), de près de 500 pièces gravées (eaux-fortes, bois, lithographies) ainsi que d’illustrations de livres : Poésies de Mallarmé (1932), Ulysse de Joyce (1935), Lettres de la religieuse portugaise (1946), Florilège des Amours de Ronsard (1948)…

L’exposition de Durbuy est l’occasion de (re)découvrir le remarquable Matisse « Une splendeur inouïe » de Xavier Girard, paru naguère aux Éditions Gallimard à Paris dans la collection « Découvertes Gallimard », un petit ouvrage somptueusement illustré qui introduit, fort lumineusement lui aussi, à la découverte du grand artiste que son ami Picasso considérait comme son unique rival.

Bernard DELCORD


Matisse « Une splendeur inouïe » par Xavier Girard, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », janvier 2008, 176 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17, cm sous couverture brochée en couleurs, 14,60 € (prix France)

 

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10 06 10

Hoppera mundi

Edward HopperEdward Hopper (1882-1967) est un peintre et un graveur américain qui exerça son art essentiellement à New York, où il avait son atelier. Méditant la leçon des grands maîtres de la lumière (Vermeer et Cézanne), il fit très tôt entendre sa voix au sein des avant-gardes américaines, en inscrivant son œuvre dans la tradition réaliste. Il est toutefois considéré comme l’un des représentants du naturalisme américain, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes.
Au début de sa carrière, Hopper représenta des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages des États-Unis et de devenir un témoin attentif des mutations sociales qui s’y produisaient. Il a exécuté de nombreuses huiles sur toile, mais également des affiches, des gravures à l’eau-forte et des aquarelles. Une grande partie de son œuvre exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre la nature et le monde moderne. Ses personnages sont souvent esseulés et mélancoliques, évoquant des destinées humaines à jamais modifiées par l’avènement de la modernité. Peintre des petites villes et de scènes en apparence banales, l’artiste affectionne les lieux tranquilles, donnant quelques indications d’activité humaine passée ou future. Familiers et calmes comme la vie quotidienne, ses tableaux sont aussi étrangement silencieux, et ils revêtent un caractère de mystère indéfinissable.
La Fondation de l’Hermitage à Lausanne présente, du 25 juin au 17 octobre 2010, une importante exposition de ses œuvres et c’est une magnifique occasion de (re)découvrir le travail de ce grand maître contemporain. Composée de nombreux tableaux cultes, provenant essentiellement du Whitney Museum of American Art et d’importants musées d’outre-Atlantique, cette manifestation réunira également un magnifique ensemble de dessins et d’aquarelles, permettant pour la première fois d’illustrer le parcours créatif de l’artiste, des premières études aux œuvres achevées.
À ceux qui n’auront pas la chance de la voir, les Éditions Skira à Milan et les Éditions Flammarion à Paris proposent, sous le titre Edward Hopper, le catalogue de cette exposition, rédigé par une équipe de spécialistes placés sous la direction de son commissaire, Carter E. Foster, à un prix parfaitement abordable vu la grande qualité de l’objet. Une belle réunion de talents !
Bernard DELCORD

Edward Hopper, catalogue de l’exposition, ouvrage collectif sous la direction de Carter E. Foster, traductions de Laura Meijer & Monique Rival, Milan, Éditions Skira, diffusion Flammarion (Paris), 280 pp. au format 28 x 30,5 cm sous couverture brochée bleue et jaquette en quadrichromie, 39 € (prix France)

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08 05 10

Le maître de la Catalogne

Antonio GaudiLes livres traitant du célèbre architecte Antonio Gaudí ne sont pas légion. Raison de plus pour saluer la parution, récente, à Arles aux Éditions Actes Sud, du bel ouvrage qui lui est consacré.
S’ouvrant sur un portfolio de perspectives inédites, ce bel hommage à Gaudí (1852-1926) s’ouvre sur sa biographie. Né (près de) Reus d'une lignée de chaudronniers, Antonio doit à sa santé précaire le sens de l'observation et l'amour de la nature qui traceront ses lignes de vie. Ses rapports avec Barcelone, avec son ami et principal commanditaire, le comte Eusebi Güell, épouseront l'évolution de son art, l'expression de son engagement politique – nationaliste – et mystique.Une série d'œuvres sont passées au crible des chapitres suivants, focalisés sur de superbes illustrations, plans et photos. Le texte d'accompagnement est court, favorisant la clarté de présentation. À côté des célébrissimes Sagrada Familia, maisons Vicens, Calvet, Milà et Battló, on découvre le collège Sainte-Thérèse de l'Enfant -Jésus et la tour Bellesguard. Les projets – avortés – ne sont pas en reste puisqu'un chapitre leur est consacré, qui découvre notamment le plan d'un hôtel à New York pour le moins audacieux.
Un ouvrage qui enchâsse une pierre précieuse dans l'approche de l'humaniste de génie.
Apolline ELTER
Antonio Gaudí par Tiziana Conti, traduit de l'italien par Christine Piot, Arles, Actes Sud, février 2010, 120 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,8 cm sous couverture brochée en couleur, 23 €

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17 04 10

L’art des rues d’une « Miss Tag »

Miss.tic (Folle à délier)
























FANNY GUILLON-LAFFAILLE

présente

MISS.TIC

Du 14 avril au 29 mai 2010

Poète et plasticienne, Miss.Tic imprime ses pochoirs sur les murs de Paris depuis 1985. Pionnière, elle a donné la parole aux murs de la capitale française, semant des femmes brunes stylées, stylisées et légendées de phrases à la sémantique libertine et impertinente.
L’exposition qui propose une trentaine d’œuvres présente une nouvelle série de toiles.
Du rose pour les filles, du bleu pour les garçons. Du rose aux joues et des bleus à l’âme.
Des histoires à l’eau de rose noyées dans la vodka avec un côté fleur bleue qui aurait le feu quelque part.
Avec Miss.Tic, plongez dans le grand bleu pour voir la vie en rose !

GALERIE FANNY GUILLON-LAFFAILLE
18 rue de Miromesnil 75008 Paris
Tel : 00 33 1 45 63 52 – Fax : 00 33 1 45 61 92 91
E-mail : contact@guillonlaffaille.com

Ouvert du lundi au vendredi
de 11h à 12h30 et de 14h30 à 18h
et le samedi
de 14h30 à 18h

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23 12 09

Pour acquérir le coup d’oeil

Comment regarder un tableau (2)Se fondant sur une approche empirique (celle des émotions ressenties face à l’œuvre) l’historienne d’art Françoise Barbe-Gall, qui enseigne à l’École du Louvre, propose dans Comment regarder un tableau paru aux Éditions du Chêne à Paris, une technique très élaborée mais parfaitement accessible de décryptage du contenu d’une toile.
À partir de quelques questions simples (Quel rapport le tableau entretient-il avec la réalité ? L'artiste a-t-il idéalisé la nature ? L'a-t-il éventuellement déformée ? Le peintre a-t-il voulu provoquer un choc chez le spectateur ? Lui apporter une vision réconfortante ?...), l’auteure élabore une stratégie subtile à l’issue de laquelle l’œuvre, qu’elle soit ancienne ou contemporaine, s’offre progressivement comme une évidence.
Très abondamment illustré, l'ouvrage est aussi un magnifique livre d'art, indispensable à l’amateur comme au professionnel, où sont disséquées des peintures aussi diverses que, par exemple, le Portrait de Balthazar Castiglione de Raphaël, La Mort de la Vierge du Caravage, La Déposition de Croix de Van der Weyden, la Vénus au Miroir de Vélasquez, Le Portement de Croix de Breughel l’Ancien, Persistance de la Mémoire de Dali, Le Cri de Munch, Les Vieilles de Goya, Mademoiselle Rivière d’Ingres, Le Moulin de la Galette de Renoir, les Nymphéas de Monet, La Vision du Sermon de Gauguin, L’Aubade de Picasso, une Peinture de Soulages, Set Cadires d’Antoni Tàpies, L’Ocre de Rothko... Un livre superbe !
Bernard DELCORD

Comment regarder un tableau par Françoise Barbe-Gall, Paris, Éditions du Chêne, septembre 2009, 311 pp. en quadrichromie au format 22,8 x 18 cm sous couverture en couleur, 19,90 €

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26 11 09

Dieu, que c'est beau !

Larousse des cathédralesŒuvres souvent géniales et parfois démesurées, les cathédrales sont un des miroirs les plus scintillants de l’histoire occidentale et mondiale. Prouesses techniques autant qu’expression d’une foi plus ou moins éthérée, elles ont été bâties avec des pierres parce que le Christ en avait fait les fondements de son Église en affublant le principal de ses disciples d’un prénom « pétrifiant ». Tournées vers la Jérusalem terrestre, elles se voulaient bien souvent avant-goût de la Jérusalem céleste et, parce que « Dieu est lumière », elles se sont ouvertes de vastes baies décorées au moyen de vitraux quelquefois stupéfiants. C’est aussi sur leurs chantiers que naquit le compagnonnage, cet éclaireur de la franc-maçonnerie. D’Aix-la-Chapelle à Brasilia, de Saint-Denis à Cracovie, de Saint-Pierre de Rome à Montréal, de Notre-Dame de Paris à Prague, en passant par Compostelle, Pise, Canterbury, Vienne, Bruges, Mexico, Melbourne ou Tokyo, elles ont fait la grandeur de la chrétienté d’hier et l’étonnement des architectes d’aujourd’hui, ou quelquefois l’inverse. C’est à leur présentation et à leur décryptage que s’est attelé l'historien d'art Gérard Denizeau dans un magnifique Larousse des cathédrales paru récemment et abondamment illustré, qui dépeint le monde des cathédrales et recense les cathédrales du monde à travers 300 illustrations splendides, judicieusement choisies et habilement commentées. Expression du génie humain, ces monuments ont (pour la plupart) triomphé des outrages du temps, en dépit des opinions philosophiques ou religieuses des hommes, et ils ouvrent à la méditation sur leur devenir. Quelles que soient d’ailleurs leurs croyances personnelles…
Bernard DELCORD

Larousse des cathédrales par Gérard Denizeau, Paris, Éditions Larousse, septembre 2009, 311 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 29,5 cm sous couverture cartonnée en couleur, 39,90 €

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19 11 09

Un grand musée à domicile

Histoire de la peinture pour les NulsSi le troisième art dans la classification de Hegel vous semble un fatras hermétique réservé à l’élite intellectuelle, précipitez-vous sur L’Histoire de la peinture pour les Nuls qui vient de paraître chez First à Paris. De l'art pariétal au pop art en passant par l’Égypte antique, la peinture grecque, les fresques de Pompéi, les images de dévotion médiévales, le Quattrocento italien, les primitifs flamands, la Renaissance, le baroque, le XVIIe siècle français, le Siècle d’or espagnol, les maîtres de la lumière en Belgique et aux Pays-Bas, le rococo, le néoclassicisme, le réalisme, les pompiers, l'impressionnisme, le symbolisme, les avant-gardes, l’art abstrait, le surréalisme, l’art moderne du XXe siècle et l’art conceptuel, mais aussi les productions d’Asie (Chine, Japon, Inde), la calligraphie et les miniatures islamiques ou les arts premiers des Amériques, d’Océanie et d’Afrique, cet ouvrage propose en effet une initiation remarquable de clarté et de simplicité à l'histoire de cette discipline merveilleuse. Reproduisant 60 tableaux en couleur tout en illustrant la vie des peintres les plus fameux et en ouvrant la porte de leur atelier pour dévoiler les différentes étapes de leur création, il donne un accès libre aux plus grands chefs-d'œuvre de tous les temps. Libéré de tout préjugé, vous pourrez grâce à lui visiter d’un œil neuf les musées et les expositions et vous découvrirez les enjeux des différentes techniques picturales. Ce vade-mecum se complète par la présentation de dix décors peints (les « Chambres » de Raphaël, la chapelle Sixtine, la galerie des Glaces, les fresques du Palais national de Mexico…), de dix collections célèbres (Wallace, Barnes, Rupf, Saint-Laurent/Bergé…), de dix romans sur la peinture (Le chef d’œuvre inconnu de Balzac, L’œuvre de Zola, La Semaine sainte d’Aragon, Da Vinci Code de Dan Brown…) ainsi que par de nombreuses annexes (les grandes dates de l’histoire de la peinture, un glossaire, un carnet d’adresses…). Un livre qui en met véritablement plein la vue !
Bernard DELCORD

L’Histoire de la peinture pour les Nuls par Jean-Jacques Breton et Dominique Williatte, Paris, Éditions First, octobre 2009, 564 pp. en noir et blanc au format 19 x 23 cm accompagnées de deux cahiers en quadrichromie sous couverture souple en couleur, 22,90 €

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