05 04 11

Au cœur des mystères…

 

Mayombe.gifLe texte ci-dessous a paru dans la livraison de mars 2011 de la revue des Belges d'Afrique centrale EBENE :


"Leo Bittremieux, missionnaire de Scheut, vécut et travailla aux alentours de 1910 au Mayombe, une région boisée au nord de l'embouchure du fleuve Congo.

Il y mena non seulement un travail de missionnaire, niais y collectionna également des centaines de statuettes et d'objets confectionnés par la population locale, les Bayombe. Ces pièces furent expédiées par bateau à l'Université de Louvain. Elles arrivèrent au musée d'ethnographie, où étaient formés notamment les fonctionnaires coloniaux. Une fois en Belgique, elles déménagèrent encore à maintes reprises.

Lors de la scission de l'Université de Louvain dans les années 1960, la précieuse collection fut divisée entre les deux parties. Les statuettes uniques et fascinantes disparurent ensuite pendant des années dans les dépôts universitaires. Elles ne furent que rarement exposées au public. À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance du Congo, le musée M de Leuven a décidé de les remettre sous les projecteurs d’octobre à janvier 2011, et au Musée de Louvain-la-Neuve du 8 avril au 5 juillet 2011.

La collection est complétée par quelques pièces d'exception issues du Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Un magnifique ouvrage collectif rédigé sous la direction de Jo Tollebeek accompagne l'exposition. Il s’intitule Mayombe, statuettes rituelles du Congo, et a paru à Tielt, aux Éditions Lannoo. Outre une partie catalogue détaillée, il contient une série d'essais brefs qui permettent de mieux saisir l'origine et la signification de ces objets ethnographiques. Les auteurs mettent en lumière le contexte anthropologique et historique, brossent le portrait de Bittremieux et du travail de missionnaire colonial de ses frères d'ordre, montrent comment et pourquoi de telles statuettes étaient collectionnées et exposées par le passé.

Les essais sont illustrés par des photographies inédites. Voilà pourquoi cet ouvrage offre un regard exceptionnel, non seulement sur la tradition de collection occidentale, mais également sur le Mayombe lui-même au début du vingtième siècle, au moment où cette société connut un changement profond sous l'influence de la colonisation."

 

(N.B. : Le prière d'insérer de cet ouvrage était si bien rédigé et si conforme à ma perception de son contenu que je me suis contenté de l'aménager très légèrement : rendons à César ce qui est à César...)

 

Bernard DELCORD

 

Mayombe, statuettes rituelles du Congo ouvrage collectif sous la direction de Jo Tollebeek, Tielt, Éditions Lannoo, décembre 2010, 175 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 €

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28 01 11

Le soleil levant de l’impressionnisme

Claude Monet par Michel de Decker.gif« Il est robuste, Claude Monet, taillé d'une pièce ; capable d'être aussi généreux qu'égoïste, mais aussi faible que fort»

 

C’est une remarquable biographie que Michel de Decker consacre chez Pygmalion à Claude Monet, le père de l'impressionnisme : un portrait haut en couleurs et en contrastes d'un artiste au tempérament déterminé, un rien cyclothymique, sachant entretenir ses amitiés et se faire... entretenir quand le besoin –fréquent dans les premières décennies– s'en fait sentir.

 

Génie du regard et d'une lumière qu'il saisit dans ses infinies nuances, capable de travailler de concert sur une dizaine d’œuvres, Claude Monet laissera plus de 2000 toiles à la postérité, n'hésitant à crever d'un geste rageur celles qui n'ont plus sa faveur...

 

Né à Paris, le 14 novembre 1840, Oscar-Claude Monet perd sa mère à l'âge de 16 ans. Sa tante Marie-Jeanne Lecadre –un nom prémonitoire– le prend en charge et affection, le soustrayant aux relations tendues qu’il entretient avec son Adolphe de père. Pris sous l'aile d'Eugène Boudin, le jeune artiste commencera à faire parler de lui en 1873, lorsque son fameux Impression, soleil levant deviendra, sous la plume de Louis Leroy, l'emblème du mouvement décrié de l'impressionnisme.

 

Sa rencontre avec Ernest Hoschedé, acquéreur du tableau et mécène de la première heure, signe son destin puisque, marié avec Camille Doncieux et père de Jean, Monet s'éprend peu à peu d'Alice (Hoschedé), entretenant ainsi une liaison (conclue par un mariage) de 35 ans et une famille recomposée de 8 enfants. Les années-galère seront nombreuses qui verront la famille crouler sous les dettes, remise à flots tant bien que mal par Paul Durand-Ruel, marchand d'art avisé. La maison rose aux volets verts de Giverny et son célèbre jardin scelleront le début d'une prospérité enfin avérée.

 

Claude Monet meurt à 86 ans (en 1926), atteint d'une quasi-cécité (en raison d’une cataracte) qui a empoisonné les dernières années de sa vie.

 

Avec son style alerte, présent, précis, aux allures d'amène conversation, Michel de Decker nous trace une fresque vivante de l'époque, des événements marquants et des personnalités qui côtoyèrent Claude Monet : Renoir, Sisley, Pissarro, Sacha Guitry et Clemenceau, l'ami à vie...

 

Une lecture hautement recommandée.

 

Apolline ELTER

 

Claude Monet par Michel de Decker, Paris, Éditions Pygmalion (Flammarion), juin 2009, 336 pp. en quadrichromie au format 15 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 21,90 € (prix France)

 

Billet de faveur

 

AE : Michel de Decker, c'est en « voisin » que vous vous êtes penché, au début des années '70, sur la longue vie de Claude Monet. Votre maison de l'époque faisait face à celle de l'artiste, séparée par cette Seine qui lui fut si chère. Elle devait cependant être passablement délabrée à l'époque, puisqu'il fallut attendre la fin de la décennie et la nomination de Gérald Van der Kemp en tant que conservateur pour la magistrale restauration qu'on lui connaît.

 

Michel de Decker : Quand je suis entré pour la première fois, dans la maison de Monet, je suis resté stupéfait. J'ai compris alors pourquoi l'Institut de France, qui en était légataire, avait si longtemps hésité à me donner l'autorisation de visite. Les verrières du grand atelier aux nymphéas étaient éclatées, la maison baignait dans l'humidité et il aurait fallu une machette pour accéder à certaines allées du jardin. Et que dire de l'étang aux nymphéas... sans l'ombre d'un nénuphar car tout avait été boulotté par les ragondins qui squattaient le domaine. Il est vrai que le pauvre jardinier –un seul, quand Monet en faisait travailler sept à temps plein !– ne pouvait être sur tous les fronts. J'ai publié alors une série d'articles pour dénoncer cette misère, à la suite de quoi, Gérald Van der Kemp a décidé de prendre les choses en mains. Quand je lui ai offert la première édition de mon livre –qui lui était d'ailleurs dédié–  il m'a dit : "C'est en partie grâce à vous que cette maison rose aux volets verts a ressuscité. Vous avez précipité le mouvement..."

 

AE : vous avez écrit une première biographie de l'artiste en 1992 (chez Perrin). La réécrire, 17 ans plus tard, vous a-t-il permis d’affiner son portrait psychologique ?

 

Michel de Decker : J'ai, en effet, publié une nouvelle version de mon Monet, dix-sept ans après, mais je ne pense pas avoir changé le fond. Quelques détails nouveaux, quelques nouveaux documents débusqués ici ou là, m'ont permis de l'enrichir mais non de le bouleverser. Monet, c'est Monet. Il reste un bloc de granit aux yeux de laser !

 

AE : Qu’avez-vous pensé de l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais ?

 

Michel de Decker : Je manque rarement une grande exposition Monet. J'ai "vécu" avec lui pendant une dizaine d'années avant d'essayer de le raconter, si bien que, quand je vois telle ou telle toile de lui, je sais immédiatement où il l'a peinte et dans quel état d'esprit il était ce jour-là. Je me suis même rendu jusqu'à l'Hermitage, à Saint-Pétersbourg, pour voir des toiles qui, à mes yeux, étaient inédites. L'exposition du Grand Palais, c'est une apothéose ! C'est la plus complète qu’il m'a été donné de visiter... Et j'ai, une fois de plus, découvert de nouvelles toiles... Bon, sur les 2000 à 2500 qu'il a peintes... il en reste que j'ignore, ça me rassure...

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23 11 10

Une femme de belles lettres

A la vie à l'amor.gifConnaissez-vous Miss-Tic ? Cette jeune femme est une authentique poétesse des rues parisiennes, dont elle orne les murs de jolis graffitis au pochoir (rien à voir avec les horreurs produites un peu partout dans le monde par des bandes de jeunes puceaux de l’intelligence qui marquent, à la manière des chiens et des chats, leur territoire au moyen de déjections diverses). Elle les complète de petits mots ciselés comme « Peaux cassées », « La terreur est humaine », « Je n’ai de maternelle que la langue », « L’avenir a une excellente mémoire », « Une vie bien fête », « Est-ce que l’homme descend du songe ? » ou « Je joue, oui »…

Autant de traces de son passage dans la Ville Lumière que, Petit Poucet pas sage (elle a collaboré aussi, et excellemment, à « Siné-Hebdo »), elle égrène depuis 1985 comme des petits diamants blancs. Elle expose à partir du 1er décembre prochain à paris XVIIIe, à la Galerie W (44 rue Lepic) et c’est à ne pas rater. Car sa démarche mélodie rappelle parfaitement celle de la « dark girl » qui séduisait Léopold Sedar Senghor : comme lui, elle (dé)montre noir sur blanc que « L’Art nuit à la bêtise »…

Bernard DELCORD

 

À la vie à l’amor par Miss-Tic, Paris, Éditions Critères, collection « Opus délits », novembre 2010, 58 pp. en quadrichromie au format 15 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,90 € (prix France)


A la vie à l'amor (invitation).jpg


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04 10 10

Un artiste inimitable

Paul Delvaux Aux sources de l'œuvre.jpgLes Éditions Racine à Bruxelles ont fait paraître, sous le titre Paul Delvaux. Aux sources de l'œuvre et sous la plume de l’historienne d’art Laura Neve, le (splendide) catalogue de la magnifique exposition éponyme qui se tient du 2 octobre 2010 au 16 janvier 2011 au Musée communal d’Ixelles joliment remis à neuf pour cette brillante manifestation invitant à une nouvelle approche de l’œuvre du célèbre peintre surréaliste belge (1897-1994), par le dialogue de ses productions avec celles des artistes qui l’ont influencé.

« Car, explique l’auteure, l’univers pictural de Paul Delvaux, à l’instar de celui de tout artiste, s’est constitué au gré d’influences diverses durant toute sa carrière. Auprès de ses premiers maîtres ou en développant différentes affinités esthétiques, Paul Delvaux s’est nourri de ces contacts pour construire un style original.

De 1920 à 1924, Delvaux peint des paysages dans l’esprit des réalistes belges comme Hippolyte Boulenger, Jean-Baptiste Degreef et Alfred Bastien. Son art se détache ensuite de leur enseignement et, passant par une période qui évoque Renoir et Cézanne, il délaisse le réalisme pour subir l’influence de Modigliani. Progressivement, dès 1930, Delvaux s’autorise à laisser parler son imaginaire, notamment au contact de l’expressionnisme de James Ensor, Gustave De Smet, Constant Permeke et Gustave Van de Woestijne. C’est au cours de cette période que la figure humaine acquiert une importance capitale : elle sera désormais omniprésente dans son œuvre.

Enfin, la découverte de Giorgio De Chirico constitue une révélation qui oriente, dès 1934, le reste de sa carrière dans un univers surréel, conforté par le surréalisme de Magritte. Alors que l’artiste trouvait la voie qui fera sa renommée, la référence au néoclassicisme d’Ingres – avec lequel il partage une grande fascination pour l’Antiquité et le nu féminin idéalisé –demeure présente dans une approche devenue pleinement personnelle. »

 

À travers cette exposition qui rassemble de très nombreuses toiles, dont certaines sont montrées au public pour la toute première fois, l’œuvre de Delvaux se découvre dès lors sous un jour nouveau, au rythme de sa propre découverte des artistes ou des courants qui ont touché sa sensibilité et l’ont amené à élaborer un univers pictural original.

 

L’occasion, aussi, de découvrir les collections de l’un des plus beaux musées belges, trop largement méconnu du grand public…

 

Bernard DELCORD

 

Paul Delvaux. Aux sources de l'œuvre par Laura Neve, Bruxelles, Éditions Racine, 128 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture cartonnée, 29,95 € (disponible en français et néerlandais)

 

Exposition :


Musée communal d’Ixelles

71 rue Jean Van Volsem à 1050 Bruxelles

Tél. + 32 2 515 64 21

www.museedixelles.be

 

Heures d’ouverture : du mardi au dimanche de 11.30h à 17.00h

Fermé le lundi et les jours fériés

Fermé les dimanches 26-12-2010 et 02-01-2011

 

Tarifs : 7 €

5 € pour les étudiants, seniors, groupes (10 personnes ou plus).

Gratuit pour les allocataires sociaux et les enfants de moins de 12 ans

 

Contact : musee@ixelles.be Tél. + 32 2 515 64 21


 

Paul Delvaux La fenêtre.jpg

 

Paul Delvaux, La fenêtre, 1936,

Collection Musée d'Ixelles,

© Paul Delvaux Foundation, St-Idesbald/Koksijde, Belgium,

info@delvauxmuseum.com, photo Mixed Media.

 

 

 


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05 09 10

Le roi du Pop Art n’est pas mort !

Warhol Vies multiples.jpgSi, conquis par la fabuleuse exposition « Le Grand monde d'Andy Warhol » qui s’est tenue dans la Ville-lumière en 2009 au Grand Palais (cf. notre billet du 24 mars 2009 : http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2009/03...), vous souhaitez parfaire votre connaissance d'Andrew Warhola, je vous recommande l'ouvrage de Pierre-Paul Puljiz et de Jean Michel Vecchiet intitulé Warhol Vies multiples, qui vient de paraître aux Éditions du CNRS à Paris.

En marge de documentaires effectués pour France Télévision, les réalisateurs ont consigné et rassemblé thématiquement des extraits de vingt-quatre entretiens menés auprès d'intimes de l'artiste : ses frères, Paul et John, son neveu James, ses assistants, des artistes et journalistes de son entourage.

De L'enfance de l'art au Crépuscule new-yorkais et à la mort, en passant par la Factory et l'attentat de 1968 qui faillit lui coûter la vie, les témoignages s'enchaînent qui parfois divergent. Et c'est ce qui en rend l'approche –et l'ouvrage– particulièrement intéressante.

 

« Il était voyeur, il laissait tourner la caméra et les gens faisaient ce qu'ils voulaient. (...) Il savait flatter les gens pour les faire sortir d'eux-mêmes et donner quelque chose qu'à froid ils n'auraient peut-être pas donné. » (Karl Lagerfeld)

 

« Warhol, c'était la colle cosmique de la Factory et tout le monde convergeait vers lui » (Ultra Violet)

 

« Ce qui a tout tué, c'est le traumatisme de la blessure infligée à Andy. » (Billy Name)

 

Une orchestration polyphonique, agréablement illustrée, des voies d'accès à une figure énigmatique, géniale et éminemment  provocatrice du XXsiècle.

Apolline ELTER

 

Warhol Vies multiples par Pierre-Paul Puljiz et Jean Michel Vecchiet, Paris, CNRS éditions, septembre 2010, 224 pp. en quadrichromie au format 19,6 x 22 cm sous couverture brochée en couleur, 29 €

 

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20 07 10

Un grand fauve aux belles griffes

Du 10 juillet au 29 août 2010, la Halle aux Blés de Durbuy (Belgique) accueille une exposition exceptionnelle consacrée à Henri Matisse, présentant 40 lithographies composées durant les dernières années de sa vie.

 

Matisse « Une splendeur inouïe ».jpgChef de file du « fauvisme », une école de coloristes qui compta en son sein Albert Marquet, Vlaminck, Derain et Kees Van Dongen, le peintre, dessinateur et sculpteur Henri Matisse (1869-1954), originaire du Cateau-Cambrésis, installa son atelier successivement à Collioure, à Vence et à Nice, pays de la grande lumière que l’on retrouve dans toutes ses œuvres inspirées aussi par des voyages en Algérie, en Italie, en Allemagne, au Maroc, en Russie, aux États-Unis et à Tahiti. S’il commença par recourir à des couleurs pures et violentes posées en aplat (technique qui donna son nom au fauvisme), Matisse, après une grave opération chirurgicale subie en 1941, renouvela son art en le tournant vers l’abstraction des lignes et l’adoucissement des pigments. On lui doit notamment Nature morte au pichet (ca 1896-1897), La Femme au chapeau (1905), Les coucous, tapis bleu et rose (1911), Porte-fenêtre à Collioure (1914), Grand nu couché (1935), Deux jeunes filles, robe jaune, robe écossaise (1941), L'Asie (1946), Nu Bleu (1952), Vigne (1953) et la chapelle du Rosaire de Vence, une production architecturale qu'il considérait comme son chef-d’œuvre. Il est également l’auteur d'importantes sculptures en bronze (bustes de Jeannette, 1910-1913 ; quatre Nus de dos, bas reliefs, 1909-1930), de près de 500 pièces gravées (eaux-fortes, bois, lithographies) ainsi que d’illustrations de livres : Poésies de Mallarmé (1932), Ulysse de Joyce (1935), Lettres de la religieuse portugaise (1946), Florilège des Amours de Ronsard (1948)…

L’exposition de Durbuy est l’occasion de (re)découvrir le remarquable Matisse « Une splendeur inouïe » de Xavier Girard, paru naguère aux Éditions Gallimard à Paris dans la collection « Découvertes Gallimard », un petit ouvrage somptueusement illustré qui introduit, fort lumineusement lui aussi, à la découverte du grand artiste que son ami Picasso considérait comme son unique rival.

Bernard DELCORD


Matisse « Une splendeur inouïe » par Xavier Girard, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », janvier 2008, 176 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17, cm sous couverture brochée en couleurs, 14,60 € (prix France)

 

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10 06 10

Hoppera mundi

Edward HopperEdward Hopper (1882-1967) est un peintre et un graveur américain qui exerça son art essentiellement à New York, où il avait son atelier. Méditant la leçon des grands maîtres de la lumière (Vermeer et Cézanne), il fit très tôt entendre sa voix au sein des avant-gardes américaines, en inscrivant son œuvre dans la tradition réaliste. Il est toutefois considéré comme l’un des représentants du naturalisme américain, parce qu’il peignait la vie quotidienne des classes moyennes.
Au début de sa carrière, Hopper représenta des scènes parisiennes avant de se consacrer aux paysages des États-Unis et de devenir un témoin attentif des mutations sociales qui s’y produisaient. Il a exécuté de nombreuses huiles sur toile, mais également des affiches, des gravures à l’eau-forte et des aquarelles. Une grande partie de son œuvre exprime la nostalgie d’une Amérique passée, ainsi que le conflit entre la nature et le monde moderne. Ses personnages sont souvent esseulés et mélancoliques, évoquant des destinées humaines à jamais modifiées par l’avènement de la modernité. Peintre des petites villes et de scènes en apparence banales, l’artiste affectionne les lieux tranquilles, donnant quelques indications d’activité humaine passée ou future. Familiers et calmes comme la vie quotidienne, ses tableaux sont aussi étrangement silencieux, et ils revêtent un caractère de mystère indéfinissable.
La Fondation de l’Hermitage à Lausanne présente, du 25 juin au 17 octobre 2010, une importante exposition de ses œuvres et c’est une magnifique occasion de (re)découvrir le travail de ce grand maître contemporain. Composée de nombreux tableaux cultes, provenant essentiellement du Whitney Museum of American Art et d’importants musées d’outre-Atlantique, cette manifestation réunira également un magnifique ensemble de dessins et d’aquarelles, permettant pour la première fois d’illustrer le parcours créatif de l’artiste, des premières études aux œuvres achevées.
À ceux qui n’auront pas la chance de la voir, les Éditions Skira à Milan et les Éditions Flammarion à Paris proposent, sous le titre Edward Hopper, le catalogue de cette exposition, rédigé par une équipe de spécialistes placés sous la direction de son commissaire, Carter E. Foster, à un prix parfaitement abordable vu la grande qualité de l’objet. Une belle réunion de talents !
Bernard DELCORD

Edward Hopper, catalogue de l’exposition, ouvrage collectif sous la direction de Carter E. Foster, traductions de Laura Meijer & Monique Rival, Milan, Éditions Skira, diffusion Flammarion (Paris), 280 pp. au format 28 x 30,5 cm sous couverture brochée bleue et jaquette en quadrichromie, 39 € (prix France)

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08 05 10

Le maître de la Catalogne

Antonio GaudiLes livres traitant du célèbre architecte Antonio Gaudí ne sont pas légion. Raison de plus pour saluer la parution, récente, à Arles aux Éditions Actes Sud, du bel ouvrage qui lui est consacré.
S’ouvrant sur un portfolio de perspectives inédites, ce bel hommage à Gaudí (1852-1926) s’ouvre sur sa biographie. Né (près de) Reus d'une lignée de chaudronniers, Antonio doit à sa santé précaire le sens de l'observation et l'amour de la nature qui traceront ses lignes de vie. Ses rapports avec Barcelone, avec son ami et principal commanditaire, le comte Eusebi Güell, épouseront l'évolution de son art, l'expression de son engagement politique – nationaliste – et mystique.Une série d'œuvres sont passées au crible des chapitres suivants, focalisés sur de superbes illustrations, plans et photos. Le texte d'accompagnement est court, favorisant la clarté de présentation. À côté des célébrissimes Sagrada Familia, maisons Vicens, Calvet, Milà et Battló, on découvre le collège Sainte-Thérèse de l'Enfant -Jésus et la tour Bellesguard. Les projets – avortés – ne sont pas en reste puisqu'un chapitre leur est consacré, qui découvre notamment le plan d'un hôtel à New York pour le moins audacieux.
Un ouvrage qui enchâsse une pierre précieuse dans l'approche de l'humaniste de génie.
Apolline ELTER
Antonio Gaudí par Tiziana Conti, traduit de l'italien par Christine Piot, Arles, Actes Sud, février 2010, 120 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,8 cm sous couverture brochée en couleur, 23 €

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17 04 10

L’art des rues d’une « Miss Tag »

Miss.tic (Folle à délier)
























FANNY GUILLON-LAFFAILLE

présente

MISS.TIC

Du 14 avril au 29 mai 2010

Poète et plasticienne, Miss.Tic imprime ses pochoirs sur les murs de Paris depuis 1985. Pionnière, elle a donné la parole aux murs de la capitale française, semant des femmes brunes stylées, stylisées et légendées de phrases à la sémantique libertine et impertinente.
L’exposition qui propose une trentaine d’œuvres présente une nouvelle série de toiles.
Du rose pour les filles, du bleu pour les garçons. Du rose aux joues et des bleus à l’âme.
Des histoires à l’eau de rose noyées dans la vodka avec un côté fleur bleue qui aurait le feu quelque part.
Avec Miss.Tic, plongez dans le grand bleu pour voir la vie en rose !

GALERIE FANNY GUILLON-LAFFAILLE
18 rue de Miromesnil 75008 Paris
Tel : 00 33 1 45 63 52 – Fax : 00 33 1 45 61 92 91
E-mail : contact@guillonlaffaille.com

Ouvert du lundi au vendredi
de 11h à 12h30 et de 14h30 à 18h
et le samedi
de 14h30 à 18h

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23 12 09

Pour acquérir le coup d’oeil

Comment regarder un tableau (2)Se fondant sur une approche empirique (celle des émotions ressenties face à l’œuvre) l’historienne d’art Françoise Barbe-Gall, qui enseigne à l’École du Louvre, propose dans Comment regarder un tableau paru aux Éditions du Chêne à Paris, une technique très élaborée mais parfaitement accessible de décryptage du contenu d’une toile.
À partir de quelques questions simples (Quel rapport le tableau entretient-il avec la réalité ? L'artiste a-t-il idéalisé la nature ? L'a-t-il éventuellement déformée ? Le peintre a-t-il voulu provoquer un choc chez le spectateur ? Lui apporter une vision réconfortante ?...), l’auteure élabore une stratégie subtile à l’issue de laquelle l’œuvre, qu’elle soit ancienne ou contemporaine, s’offre progressivement comme une évidence.
Très abondamment illustré, l'ouvrage est aussi un magnifique livre d'art, indispensable à l’amateur comme au professionnel, où sont disséquées des peintures aussi diverses que, par exemple, le Portrait de Balthazar Castiglione de Raphaël, La Mort de la Vierge du Caravage, La Déposition de Croix de Van der Weyden, la Vénus au Miroir de Vélasquez, Le Portement de Croix de Breughel l’Ancien, Persistance de la Mémoire de Dali, Le Cri de Munch, Les Vieilles de Goya, Mademoiselle Rivière d’Ingres, Le Moulin de la Galette de Renoir, les Nymphéas de Monet, La Vision du Sermon de Gauguin, L’Aubade de Picasso, une Peinture de Soulages, Set Cadires d’Antoni Tàpies, L’Ocre de Rothko... Un livre superbe !
Bernard DELCORD

Comment regarder un tableau par Françoise Barbe-Gall, Paris, Éditions du Chêne, septembre 2009, 311 pp. en quadrichromie au format 22,8 x 18 cm sous couverture en couleur, 19,90 €

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