27 03 16

Edith Dekyndt Solo Exhibition

La Galerie Greta Meert a le plaisir de présenter la deuxième exposition solo d’Edith Dekyndt (née à Ypres en 1960, elle habite et travaille à Berlin).

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 Installation, Théorème des Foudres, Consortium, Dijon, 2015

Strange Fruits réunit les pièces qui ont été réalisées pendant le processus d’élaboration des expositions montrées au Consortium à Dijon et au Wiels à Bruxelles en 2015 et 2016. La première était inscrite dans le territoire rural de la Bourgogne, la seconde dans celui de Bruxelles et de l’histoire du Wiels, situé dans le bâtiment de l’ancienne brasserie Wielemans-Ceuppens.

Le titre Strange Fruits fait aussi référence à la chanson Strange Fruit, interprétée par Billie Holiday d’après le texte d’un poème écrit et publié en 1937 par Abel Meeropol. Cette chanson parle des lynchages des Noirs américains perpétrés aux États-Unis après l’abolition de l’esclavage. Souvent, ces lynchages n’étaient même pas motivés par un acte criminel réel ou supposé.

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Installation, Théorème des Foudres, Consortium, Dijon, 2015

Lorsque Billie Holiday interprète pour la première fois cette chanson, trois lynchages ont déjà été commis cette année-là (1939). Un sondage de l’époque révèle que six Blancs sur dix étaient favorables à cette pratique.

Elle a été interprétée, entre autres, par Nina Simone, Carmen Mc Rae, Josh White, Diana Ross, Robert Wyatt, Jeff Buckley, Marcus Miller, Cassandra Wilson, Sting, Mary Coughlan, Ella Fitzgerald, Tori Amos, Pete Seeger, Dee Dee Bridgewater, Eartha Kitt, Tricky, Lester Bowie, UB 40, Siouxsie and the Banshees, Kanye West, Annie Lennox.

Southern trees bear strange fruit

Blood on the leaves

Blood at the root

Black bodies swinging in the southern breeze

Strange fruit hanging from the poplar trees

Pastoral scene of the gallant south

The bulging eyes and the twisted mouth

The scent of magnolia sweet and fresh

Then the sudden smell of burning flesh

Here is a fruit

for the crows to pluck

for the rain to gather

for the wind to suck

for the sun to rot

for the tree to drop

Here is a strange and bitter crop

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Installation, Indigenous Shadow, Wiels, Bruxelles, 2016

Les pièces réunies dans Strange Fruits révèlent, entre autres, le facteur humain et émotionnel qui occupe une large place dans le travail mais qui est toujours en toile de fond. Elles mettent également en évidence l’aspect tantôt noble, tantôt immonde, tantôt sacré, tantôt profane, présent dans les pièces réalisées avec des matières telles que le sang, la terre, l’argent, le vin, la laine, le velours, des fleurs brûlées ou encore des cheveux. Les différentes interprétations de Strange Fruit seront compilées et diffusées dans les trois étages du bâtiment de la galerie.

Gerrie SOETAERT

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Installation, Indigenous Shadow, Wiels, Bruxelles, 2016

Informations pratiques :

Jusqu’au 9 juillet 2016

Galerie Greta Meert

13, rue du Canal

1000 Bruxelles

Tél. : 02 219 14 22

info@galeriegretameert.com

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28 02 16

« Jamais le soleil ne voit l’ombre. » (Léonard de Vinci)

Ombres portées.jpgLes Éditions Gallimard à Paris ont ressorti, dans leur fameuse collection « Art et artistes », Ombres portées – Leur représentation dans l'art occidental, un essai d’Ernst Hans Gombrich (Vienne, 1909-Londres, 2001) qui dirigea le Wartburg Institute [1] de 1959 à 1976 tout en occupant à l'Université de Londres la chaire d'Histoire de la tradition classique.

Il demeure à ce jour l’un des historiens d’art les plus lus dans le monde, notamment avec deux ouvrages devenus classiques, The Story of Art (Histoire de l’art, 1950) et Art and illusion (L’art et l’illusion, 1960).

Dans cette nouvelle édition d’Ombres portées – la première date de 1996–, toutes les illustrations des plus célèbres peintures montrant des ombres sont reproduites en couleurs et 18 illustrations supplémentaires (ce qui en fait 73 en tout) accompagnent la préface de Neil MacGregor, directeur du British Museum et l'introduction de Nicholas Penny, directeur de la National Gallery de Londres.

« Il suffit de regarder autour de soi, écrit Gombrich, pour remarquer les ombres projetées par les objets sur les surfaces environnantes, aussi bien en plein jour qu'à la lumière artificielle. Ces ombres peuvent s'estomper, mais elles ne disparaissent jamais tout à fait, sauf dans la majorité des peintures. Les artistes se servent des ombres portées pour attirer l'attention sur l'éclairage du tableau et pour donner plus de solidité aux objets qui interceptent la lumière.

Ces ombres peuvent contribuer au climat d'une peinture. Elles peuvent révéler la présence de quelqu'un ou de quelque chose en dehors de l'espace représenté. Pourtant, elles n'apparaissent que çà et là dans l'art occidental, qui a plutôt tendance à les oublier ou à les éliminer. »

Et Gombrich de les sortir de l’ombre !

Bernard DELCORD

Ombres portées – Leur représentation dans l'art occidental par Ernst Hans Gombrich, traduit de l’anglais par Jeanne Bouniort, préface de Neil Mac Gregor, introduction par Nicholas Penny, Paris, Éditions Gallimard, collection « Art et artistes », février 2016, 101 pp. en quadrichromie au format 16 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 39,90 € (prix France)

 

[1] L'institut Warburg est un centre de recherche qui fait partie de l'Université de Londres, School of Advanced Study ; il est spécialisé dans l'étude des influences de l'Antiquité classique sur la civilisation occidentale.

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22 02 16

Au cœur des pierres…

Romantisme – Mélancolie des pierres .jpgProfesseur d'histoire de l'art, journaliste, conférencier et, depuis 2011, directeur scientifique de la Fondation Pierre Arnaud [1], Christophe Flubacher a dirigé la réalisation de l’ouvrage collectif intitulé Romantisme – Mélancolie des pierres paru chez Fabre à Lausanne, splendide catalogue de la magnifique exposition éponyme organisée sous sa houlette par cette Fondation à Lens, sur le plateau de Crans-Montana, en Suisse.

Écoutons sa présentation :

« La vague romantique déferle sur l'Europe dans les dernières décennies du XVIIIe siècle. Venue d'Allemagne et d'Angleterre, elle bouleverse fondamentalement les conceptions artistiques, tant littéraires que musicales et picturales. Aux canons classiques, le romantisme oppose la liberté individuelle de l'artiste. À la primauté de la raison, il substitue l'expression des passions et des sentiments.

Cette nouvelle approche s'accompagne d'une conscience aigüe de la destinée humaine et de la condition éphémère de toute chose, y compris la nature dans ce qu'elle a de plus indestructible de prime abord : la pierre. Hommes et pierres sont ainsi liés par un même destin, celui qui conduit à la ruine et ramène tout à la poussière.

Cette exposition et cet ouvrage mettent en scène ce double drame, en deux actes.

L'histoire s'ouvre sur les cimes rocheuses et les flèches des cathédrales. L'homme y apparaît sous les traits du héros. Il gravit les sommets, domine la nature et élève des monuments spectaculaires. La seconde partie raconte la lente, mais inéluctable dégradation : montagnes érodées par les intempéries, bâtiments tombés en ruines. Première victime de l'œuvre du temps, l'homme, héros déchu, repose désormais sous une pierre devenue sa tombe.

Autour de cette thématique originale et inédite, sont rassemblées des œuvres de grands artistes romantiques européens : Théodore Géricault, Francisco Goya, Gustave Doré, Johann Heinrich Füssli, Victor Hugo, Johann Wolfgang von Goethe, Philips James Loutherbourg, John Ruskin, Carl Friedrich Lessing, Caspar Wolf, Giambattista Piranèse, Alexandre Calame, Carl Gustav Carus, François Diday... »

Tant il est vrai que, comme l’a écrit Garcia Lorca, que « la pierre est un dos fait pour porter le temps… »

Bernard DELCORD

Romantisme – Mélancolie des pierres par Christophe Flubacher, Cäsar Menz et Maïlis Favre, préface de Daniel Salzmann Lausanne, Éditions Favre, février 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 18,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 € (prix France)

Informations sur l’exposition :

Jusqu’au 17 avril 2016

Adresse :

Fondation Pierre Arnaud

1, route de Crans

1978 Lens, Suisse

Case Postale 39

Tél. + 41 (0)27 483 46 10

info@fondationpa.ch

Horaires :

Centre d’art (durant les expositions)

Du mercredi au dimanche de 10h00 à 19h00

Fermeture le lundi et le mardi.

 

[1] Cette Fondation d’utilité publique, établie en 2007 en mémoire du collectionneur et mécène Pierre Arnaud, a pour objectif de promouvoir les beaux-arts tout en mettant spécifiquement en relief la peinture suisse qu’elle présente dans un contexte européen. Elle a construit, gère et finance un Centre d’art à Lens afin d’y organiser un programme international d’expositions temporaires et de divers événements culturels.

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20 02 16

Un message chrétien inscrit dans la pierre…

Poitou roman .jpgPassionnée d’iconographie médiévale, Laurence Brugger a commencé ses études à l’Université de Genève, auprès du professeur Yves Christe, avant d’élargir son champ de recherches d’abord à l’Italie, puis à la France, où elle a officié en qualité de directeur d’études invité à l’École Pratique des Hautes Études. Comme professeur de recherches auprès de l’Université de Fribourg, elle a poursuivi des recherches sur l’Espagne romane et se consacre aujourd’hui à l’élaboration d’un vaste corpus iconographique des voussures romanes et gothiques.

Elle est l’auteure, aux fameuses Éditions Zodiaque qui ont eu le bonheur de ressusciter naguère, d’une nouvelle (et troisième) version de Poitou roman renouant avec la première, parue en 1957 et rédigée par Yvonne Labande-Mailfert [1], qui recouvrait l’ensemble des monuments de l’ancien diocèse de Poitiers, sans distinguer le Haut du Bas Poitou.

Une sélection plus étroite des églises bénéficiant de notices particulières a donc paru nécessaire à Laurence Brugger, même si, concurremment, des monuments délaissés ont regagné le devant de la scène artistique.

C’est que, dit-elle, « si l’image que l’on doit du Poitou roman au milieu du siècle dernier était celle qu’avait peu à peu sculptée René Crozet [2], celle, renouvelée, qui est aujourd’hui la nôtre a été patiemment redessinée ces trente dernières années par Marie-Thérèse Camus [3] ».

Une actualisation particulièrement bienvenue, donc, qui ouvre sur de nouvelles perspectives de compréhension des œuvres architecturales d’un des berceaux de l’Occident chrétien.

Ajoutons que, grâce à un découpage et à un regroupement des édifices en itinéraires, l’ensemble de l’ouvrage permet un survol exhaustif de l’expression romane en Poitou.

Poitou roman (Faye-la-Vineuse).jpg

Faye-la-Vineuse, collégiale Saint-Georges (Indre-et-Loire)

Élévation droite du chœur.

Un magnifique vade-mecum à emporter en vacances dans une région riche de magnifiques découvertes !

Bernard DELCORD

Poitou roman par Laurence Brugger, Paris, Éditions Zodiaque, mai 2014, 396 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Les voies de la recherche

Carte « Nord » Poitou roman

Introduction historique

Carte « Sud » Poitou roman

Chapitre 1 : Survols thématiques

Plans au sol

Élévations

Façades et portails historiés

Chapiteaux

Modillons à drôleries

Le cavalier « poitevin »

Chapitre 2 : Quelques monuments « préromans »

Le baptistère Saint-Jean de Poitiers

Saint-Pierre-les-Églises de Chauvigny

Saint-Gervais et Saint-Protais de Civaux

Saint-Généroux

Chapitre 3 : Quelques grands monuments en ruines

Saint-Sauveur de Charroux

Saint-Pierre de Maillezais

Saint-Maixent

Saint-Martin de Ligugé

Chapitre 4 : Les principaux monuments du XIe siècle

Saint-Savin-sur-Gartempe

Poitiers : Saint-Hilaire-le-Grand, Sainte-Radegonde, Notre-Dame-la -Grande, Saint-Jean -de-Montierneuf

Itinéraire 1 : Autour de Poitiers

Saint-Junien de Nouallié-Maupertuis, Saint-Maurice-la-Clouère, Notre-Dame de Lusignan, Saint-Jean-Baptiste de Jazeneuil

Itinéraire 2 : Autour de Chauvigny

Chauvigny, Le prieuré de Villesalem, Montmorillon, La chapelle prieurale de Saulgé

Itinéraire 3 : Autour de Saint-Jouin-de-Marnes

Saint-Jouin-de-Marnes, Saint-Pierre d'Airvault, Saint-Gilles d 'Argenton-les-Vallées, Saint-Médard de Thouars, l'abbatiale Sainte-Marie de Fontevraud, Saint-Georges de Faye-la-Vineuse

Itinéraire 4 : Autour de Melle et d’Aulnay

Melle, Saint-Maixent de Verrines, Saint-Pierre d 'Aulnay

Itinéraire 5 : Autour de Civray

Saint-Nicolas de Civray, Notre- Dame de Genouillé, Saint-Michel de Champagne-Mouton

Itinéraire 6 : Autour de Niort

Sainte-Eulalie de Benet, Saint-Pierre de Maillé, Saint-Vincent de Nieul-sur-l'Autise, Notre-Dame de Vouvant, Sainte-Hilaire Sainte Madeleine de Foussais, Parthenay

Itinéraire 7 : Autour de La-Roche-sur-Yon

Saint-Nicolas de la Chaize-le-Vicomte, Saint-Nicolas-de-Brem, Notre-Dame de la Chaize-Giraud

Index et bibliographie

 

[1] Yvonne Labande-Mailfert (1906-1997), entrée à l’École des Chartes en 1928, y a soutenu en 1931 une thèse sur Le premier cartulaire du monastère bénédictin de Saint-Nicolas d’Angers. Elle fut longtemps la secrétaire de rédaction des Cahiers de Civilisation médiévale.

[2] René Crozet (1896-1972) enseigna l’histoire de l’art médiéval à la Faculté de lettres de l’Université de Poitiers (où il fonda le Centre d'Études supérieures de Civilisation médiévale) et à l’université de Yale.

[3] L’historienne Marie-Thérèse Camus (1934-), docteur ès-lettres, fut directrice-adjointe du Centre d'Études supérieures de Civilisation médiévale et est professeur honoraire de l'Université de Poitiers.

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12 02 16

« Il y a un art de savoir et un art d'enseigner. » (Cicéron)

105 œuvres décisives de la peinture occidentale montrées par Michel Butor.jpgGrand prix de littérature de l'Académie française en 2013, Michel Butor, né à Mons-en-Barœul en 1926, est l'un des plus célèbres écrivains contemporains de l’Hexagone. Outre les romans auxquels il doit sa notoriété, Passage de Milan (1954), L'Emploi du temps (1956), La Modification (1957) et Degrés (1960), il a fait paraître des poèmes, des traductions de Friedrich Hölderlin, des travaux universitaires sur la littérature française et il a beaucoup écrit sur l'art.

Dans un fort bel ouvrage intitulé 105 œuvres décisives de la peinture occidentale montrées par Michel Butor publié aux Éditions Flammarion à Paris, il propose au lecteur de parcourir l'histoire de la peinture occidentale en sa compagnie, en passant des fresques aux enluminures et des gravures aux huiles sur bois ou sur toile, à la rencontre d’œuvres magistrales composant un spectre qui va, entre autres, de Giotto à Basquiat, de Michel-Ange à Rothko, du Caravage à Pollock, de Velázquez à Mondrian, de Rembrandt à Hopper, de Fragonard à Paul Klee, de Manet à Kandinsy, de Cézanne à Dali, de Gauguin à Magritte…

Cette expérience littéraire inédite se présente comme une conversation avec un ami, une déambulation dans un musée imaginaire conduite par un professeur sagace autant que passionné qui, au fil des textes, accroche l’attention par une écriture simple, parfois savante, mais toujours humble.

Du grand art !

Bernard DELCORD

105 œuvres décisives de la peinture occidentale montrées par Michel Butor, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 21,2 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

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13 12 15

Au pays des merveilles…

Bourgogne romane.jpgHistorien, ancien collaborateur de Georges Duby au Collège de France, Guy Lobrichon est professeur émérite d’histoire médiévale à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Directeur des ouvrages L'Histoire de Paris par la peinture et L'Histoire de Venise par la peinture (Citadelles & Mazenod), collaborateur du Guide de la Musique du Moyen Âge (Fayard), il a aussi écrit La Bible au Moyen Âge et Héloïse - L'amour et le savoir (Gallimard).

Ce grand médiéviste vient de réaliser une gageure exceptionnelle, celle de ressusciter, en le prolongeant et en le réécrivant, un ouvrage légendaire que l’on croyait à tout jamais défunt.

Publié il y a 60 ans aux Éditions Zodiaque de l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire à l’initiative de dom Angelico Surchamp et diffusé à 40 000 exemplaires, la Bourgogne romane, le premier ouvrage de la collection « La nuit des temps » qui comptera 88 volumes, est en effet un livre culte qui réveilla et ouvrit les yeux sur des monuments majeurs oubliés, en raison de la grande clarté de ses explications et par la magie de ses photographies en noir et blanc, de véritables bijoux d’esthétisme et de raffinement.

La pendaison de Judas.jpg

Vézelay, basilique Sainte-Marie-Madeleine (Yonne)

Chapiteau de la nef sud : la pendaison de Judas

Appuyé sur les travaux du Centre d’Études médiévales d’Auxerre dont la réputation n’est plus à faire et nourri des plus récents apports, le texte de Guy Lobrichon, qui reprend l’iconographie de 1955, propose au lecteur, en 5 chapitres et 8 itinéraires, un parcours initiatique centré sur l'intuition des créateurs des XIe et XIIe siècles qui firent de leur terre un duché sans pareil et une région inspirée.

Sous la plume alerte de l’auteur qui allie science et empathie, la magie opère et une autre Bourgogne romane surgit, où l'art redevient histoire sans perdre sa part de mystère et d'indicible.

Un vrai miracle !

Bernard DELCORD

Bourgogne romane par Guy Lobrichon, Paris, Éditions Zodiaque, novembre 2015, 372 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Art roman, Bourgogne romane

Sentences sur l'art roman

Un monde d'harmonie

Voir le visible et ce qui ne l'est pas

Décrire

L’art d'une société

L’église, un édifice public

Chapitre 1 : Naissance de la Bourgogne romane

Chemins de traverse

Un royaume, un duché, un comté

Un duché, une identité

La patrie

Chapitre 2 : La Bourgogne de l'an mil

Le nouveau duché

Le village

Troubles, Paix de Dieu, paix sur terre

Trois figures

Le « blanc manteau d'églises »

Le premier effort

Chapitre 3 : La Réforme ou le retour de Rome

Une Église, deux clergés

Le temps du pape

Le second effort : le monument réformé

Chapitre 4 : Le nouveau monde

Cluny, la seigneurie triomphante

Pèlerinage : l'apogée

Humanisme

Chapitre 5 : Révolution épiscopale. Cités de seigneurs

Le temps de la transition

Itinéraire 1 : Origines

Auxerre, Châtillon-sur-Seine, Flavigny-sur-Ozerain, Dijon, Cluny, Salmaise, Combertault

Itinéraire 2 : Le domaine de Cluny

Sennecey-le-Grand, Berzé-la-Ville, Sologny, Domange, Péronne, Donzy-le-Pertuis, Blanot, Malay, Saint-Hippolyte, Ameugny, Taizé, Massy, Bezornay, Jalogny, Mazille, Cluny, Saint-Vincent-des-Prés, Chapaize, Brancion, Lancharre

Itinéraire 3 : Le triomphe clunisien

Cluny, Paray-le-Monial, Charlieu, Marcigny, Varenne-l'Arconce, La Charité-sur-Loire, Saint-Révérien, Iguerande, Baugy, Anzy-le-Duc, Montceaux-l'Étoile, Bois-Sainte-Marie, Saint-Julien-de-Jonzy, Champvoux, Chassenard, Perrecy-les-Forges, Bragny-en-Charolais

Itinéraire 4 : Compétition. La route des évêques

Mâcon, Tournus, Chalon-sur-Saône, Dijon, Beaune, La Rochepot, Fleurey-sur-Ouche

Itinéraire 5 : Compétition. Évêques et moines face à Cluny

Autun, Avallon, Vézelay, Saulieu, Sussey-le-Maupas, Curgy, Laizy, Sémelay, Dettey, Issy-l'Évêque, Farges-lès-Mâcon, Laives, Gourdon, Mont-Saint-Vincent, Burnand

Itinéraire 6 : L'emprise capétienne

Le Sénonais et l'Auxerrois, Sens, Auxerre, Laroche-Saint-Cydroine, Ligny-le-Châtel, Bazarnes, Vermenton, Sacy, Sainte-Pallaye, Sainte-Magnance, Escolives-Sainte-Camille, Lucy-sur-Yonne, Druyes-les-Belles-Fonrtaines, Parly, Moutiers-en-Puisaye, Cosne-sur-Loire, Donzy-le-Pré, Garchizy, Nevers, Saint-Pierre-le-Moûtier, Decize, Commagny, Bourbon-Lancy

Itinéraire 7 : L'art cistercien : de Cîteaux à Fontenay et Pontigny

Fontenay, Pontigny, Bussy-le-Grand

Itinéraire 8 : Les collégiales

Avallon, Beaune, Cervon, Châtel-Censoir, Châtillon-sur-Saône, Lancharre, Saulieu

 

05 12 15

Une contre-histoire de l’art occidental…

Bizarre – L'autre histoire de l'art.jpg

Dans Bizarre – L'autre histoire de l'art (Paris, Éditions Flammarion), Vincent Brocvielle, un spécialiste d’esthétique – on lui doit le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art – se penche avec science et sagacité sur les représentations apocalyptiques dans les manuscrits médiévaux, les anges peuplant les cieux de l'Italie renaissante, les représentations baroques du corps humain, les visions fantastiques du romantisme noir, l’inquiétante étrangeté surréaliste, l’abolition des beaux-arts à la fin du XXe siècle, les photo-mont ages, les sculptures gonflables...

Il prouve ainsi que les grands artistes ont toujours su dépasser le champ académique et repousser les limites de l'imaginaire, bien souvent en faisant fi des conventions et des censures de leur temps.

À partir d'une sélection originale d'œuvres réunies pour l'étonnement et la fascination qu'elles suscitent encore au aujourd’hui, qu'elles soient célébrissimes (Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, les portraits d'Arcimboldo, la Tête de Méduse du Caravage, Les Ménines de Velázquez) ou plus insolites (les caricatures de Léonard de Vinci, Le Bœuf écorché de Rembrandt, Le Vol de sorcières de Goya), l’auteur s'attache au bizarre, aux « pas de côté » réalisés par les artistes, aux écarts et aux débordements de l'imagination qui, à toutes les époques, interpellent le spectateur.

Bizarre – L'autre histoire de l'art (Vanitas de Ligozzi).jpg

Vanitas par Jacopo Ligozzi, début du XVIIe siècle,

Huile sur toile, collection Franco Maria Ricci, Parme.

Ce faisant, il détaille la façon dont ces chefs-d'œuvre ont été reçus en leur temps et, plus largement, il retrace l'étonnante épopée du goût, en parcourant le panorama des mythes, des démons, des monstres, des prophètes et des apprentis-sorciers qui ont amené les artistes à transformer un sentiment d’étrangeté en objet culturel.

Pour frissonner en beauté !

Bernard DELCORD

Bizarre – L'autre histoire de l'art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

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02 12 15

Cultures croisées…

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes.jpgLe catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

24 11 15

« La musique creuse le ciel. » (Charles Baudelaire)

Chagall et la musique.jpgHistorienne d’art, Ambre Gauthier est chargée des expositions et des recherches à la Fondation Marc Chagall.

Elle a fait paraître chez Gallimard à Paris, dans la collection « Découvertes », un joli petit ouvrage intitulé Chagall et la musique, intelligemment conçu et superbement illustré.

Écoutons-la :

« Omniprésente dans l'œuvre de Marc Chagall (1887-1985), la musique est intimement liée au contexte familial de l'artiste né à Vitebsk, en Russie blanche, dans une famille juive hassidique. Les liens qu'il entretient avec la musique prennent tout leur sens avec les créations scéniques pour lesquelles il réalise décors et costumes : Le Théâtre d'art juif (1919-1920), les ballets Aleko (1942), L'Oiseau de feu (1945), Daphnis et Chloé (1958) et La Flûte enchantée (1967).

Les œuvres monumentales de Chagall, dont le plafond de l'Opéra de Paris (1964) ou les fresques du Metropolitan Opera du Lincoln Canter de New York (1966), témoignent de sa conception d'un art total dans laquelle les voix données à l'espace architectural et à la musique universelle transforment ces sublimes compositions en œuvres intemporelles qui ne cessent de nous interpeller. »

Pour commémorer les trente ans du décès de l’artiste, deux expositions sont organisées à Paris jusqu’au 31 janvier 2016, l’une à la Philharmonie (« Marc Chagall : le triomphe de la musique », dont la commissaire n’est autre qu’Ambre Gauthier), l’autre à la piscine de Roubaix (« Marc Chagall : les sources de la musique »), et l'ouvrage dont nous parlons en constitue le catalogue.

Avis aux aficionados !

Marc Chagall, L’Homme à la tête renversée.jpg

Marc Chagall, L’Homme à la tête renversée, 1919

Collection particulière © Adagp, Paris 2015 – Chagall ®

Bernard DELCORD

Chagall et la musique par Ambre Gauthier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », octobre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

Renseignements pratiques concernant les expositions :

PHILHARMONIE DE PARIS

221, avenue Jean-Jaurès

75019 Paris

Horaires :

Du mardi au vendredi de 12h à 18h

Le samedi et le dimanche de 10h à 18h

En soirée les jours de représentation

Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier

Renseignements :

Par téléphone au 01 44 84 44 84, du lundi au samedi de 11h à 19h ; le dimanche de 11h à 18h

Tarifs :

Plein tarif : 10 €

Réductions éventuelles : consulter le site à l’adresse suivante :

http://philharmoniedeparis.fr/fr/tarifs-et-offres/tarifs-...

Contact groupes :

Par mail à l’adresse groupes@philharmoniedeparis.fr

Par téléphone au 01 44 84 44 84

Contact éducation :

Par mail à l’adresse education@philharmoniedeparis.fr

Par téléphone au 01 44 84 44 84

Contact publics handicapés :

Par mail à l’adresse handicap@philharmoniedeparis.fr

Par téléphone au 01 44 84 44 84

Afin de préparer votre venue et de faciliter les contrôles liés au plan Vigipirate renforcé à la Philharmonie de Paris, il vous est demandé de vous présenter aux entrées en avance.

 

PISCINE DE ROUBAIX

23, rue de l'Espérance

59100 Roubaix

Horaires :

Du mardi au jeudi, de 11h à 18h

Le vendredi, de 11h à 20h00

Le week-end, de 13h à 18h00

Fermeture le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier

Tarifs :

Plein tarif : 10 €

Tarif réduit : 7 €

Renseignements :

Tél. : + 33 (0)3 20 69 23 60 + taper le 4

Fax : + 33 (0)3 20 69 23 61

lapiscine.musee@ville-roubaix.fr

Réservations :

Visites, animations et parcours avec promène-carnet :

Naima Ladrouz

Tél. : + 33 (0)3 20 69 23 67 (du mardi au vendredi de 09h30 à 12h30 – de 14h00 à 17h30)

Fax : + 33 (0)3 20 69 23 61

musee.publics@ville-roubaix.fr

Centres sociaux et centres de loisirs :

Jean-Luc Houzé

Tél. : + 33 (0)3 20 69 92 29

jhouze@ville-roubaix.fr

Conception de projets[publics scolaires et associatifs] :

Florence Tételain

Tél. : + 33 (0)3 20 69 23 64

Fax : + 33 (0)3 20 69 23 61

ftetelain@ville-roubaix.fr

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Beautés congolaises…

Mode Muntu (cover).jpg

Le photographe belge Michaël De Plaen est né en 1979 à Lubumbashi (R.D.C.). Formé à l’Institut Saint-Luc de Liège, il s’est spécialisé dans la reproduction photographique d’œuvres d’art et il occupe une grande partie de son temps à amener au grand jour le travail de Mode Muntu (1940-1985), peintre qu’il a côtoyé enfant au sein du musée de Lubumbashi et dont Jan Hoet, conservateur du S.M.A.K. à Gand, a dit qu’il serait le peintre du XXIe siècle [1].

Mode Muntu (Le Calendrier lunaire).jpg

 Le Calendrier lunaire Luba, 1979, 46 x 57 cm

(Collection Meir Levy Bruxelles)

Plus largement, Michaël De Plaen s’est donné pour mission de faire reconnaître internationalement le dynamisme et l’originalité de l’activité artistique au Congo.

Ses recherches à travers trois continents se sont notamment vues reconnues par la Fondation Cartier pour les arts contemporains qui a fait appel à lui pour identifier et collecter des œuvres de Mode Muntu dans le cadre de l’exposition « Beauté Congo-1926-2015-Congo Kitoko » et pour rédiger un article intégré dans le catalogue.

Dans Mode Muntu, un magnifique livre d’art paru chez Prisme Édition à Bruxelles, il fait découvrir un peintre à l’œuvre inclassable. Hors de toute forme de conformisme, dans le contexte mouvant de la République Démocratique du Congo du milieu du XXe siècle, l’artiste a ouvert la voie à un art pictural original au fondement de sa culture.

Mode Muntu (L’Entraide).jpg

 L’Entraide, 1980. Huile sur toile, 94 x 60 cm

Collection Michaël De Plaen © Mode Muntu Photo © Michaël De Plaen

Un bien bel ouvrage pour une bien belle œuvre !

Bernard DELCORD

Mode Muntu par Michel De Plaen, Bruxelles, Prisme Édition, ouvrage bilingue (français-anglais), novembre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 24 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49 €

 

[1] De son vrai nom Ngoy Mukulu Muntu, il commença à peindre en 1954 au sein de l'Académie des Beaux-Arts d'Élisabethville fondée et dirigée depuis 1951 par le peintre et pédagogue belge Laurent Moonens (1911-1991) avec le souci de préserver l'authenticité de l'art congolais. L'école d'Élisabethville, future école de Lubumbashi, rassemblait des artistes reconnus internationalement comme Pilipili Mulongoy (1914-2007), Bela Sara et Mwenze Kibwanga.

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