14 08 14

Out of the Box

Un projet pédagogique qui sort des rangs

Bruxelles, 2014

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Jerry Uelsmann, 2002, photographie présentée à la Villa Empain,

exposition Entre deux chaises, un livre

(février-septembre 2014)

« L’éducation authentique ne se fait pas de A vers B, ni de A sur B, mais par A avec B, par l’intermédiaire du monde. »

Paulo Freire

Actuellement, on se dispute en Belgique sur le pourcentage des jeunes qui, entre 16 et 20 ans, décrochent d’un programme scolaire traditionnel, refusent d’aller à l’école et se placent délibérément en marge de tout apprentissage. Les chiffres officiels annoncent 13,9% en communauté française, mais on évoque aussi des chiffres plus dramatiques, plus confidentiels, qui atteignent près de 40% !

Ce grave problème nous concerne tous, concerne l’avenir tout entier de notre société, et le système pédagogique traditionnel ne peut à lui seul le résoudre facilement et rapidement.

De ce constat est né le projet d’ouvrir à Bruxelles un atelier pédagogique destiné aux jeunes en décrochage scolaire ou en rupture de formation. Basé sur des principes que l’école officielle offre parfois difficilement, ce projet vise l’excellence, la redécouverte du plaisir d’apprendre, la confiance et la conscience de soi, l’expression créative en dehors des cercles vicieux de l’hostilité que provoque nécessairement la situation de ces jeunes.

Cet abécédaire rend compte de l’esprit de Out of the Box :

A comme Aventure, Art, Audace, Avenir…

C’est un projet où l’aventure et l’audace ont une place importante.

Dans cet atelier expérimental, il s’agit d’apprendre (à-prendre) à être autonome tout en étant accompagné. Pour que l’avenir soit accessible par l’apprentissage et par l’art. Commençons donc par allumer une bougie plutôt que de maudire les ténèbres !

B comme Bien-être, Bienveillance…

Ici, c’est le bien-être qui est prioritaire, la base de tout !

Pour y parvenir, la bienveillance prime sur les autres comportements.

C comme Cercle, Compréhension, Confiance, Créativité…

On sait que la complexité du monde est désormais considérable ! C’est pourquoi la curiosité et la créativité de chacun doivent être mises en valeur. Le corps y participe autant que l’esprit, c’est une condition de la confiance en soi et de la communication. Dans ce cercle d’apprentissage, on se construit petit à petit. Pour comprendre les choses, pour apprendre à aimer les connaître, il faut renouer avec la culture du temps long, il faut pouvoir résister à la culture de l’impatience.

D comme Désir, Différence, Défi…

Désir d’apprendre pour devenir ce que l’on est. Au début, c’est difficile, surtout quand on se sent différent. Mais ce défi permet de révéler les dons de chacun. Et ils sont nombreux !

E comme Excellence, Éveil, Émotions, Émerveillement, Enthousiasme…

Ceux qui n’aiment plus l’école perdent leur envie d’apprendre, leur capacité d’émerveillement. Pourtant, l’éducation permet l’émancipation. Ici, il s’agit d’une autre sorte d’éducation, d’une expérience sans évaluation chiffrée, d’un autre état d’esprit : un éveil par l’excellence, l’entraide, les émotions, l’enthousiasme.

F comme Fantaisie, Formation, Futur…

Quand s’ouvrent les fenêtres, le monde devient fascinant.

Pour s’en rendre compte, il faut parfois fausser compagnie au système traditionnel et inventer d’autres façons de se former. Avec fierté, avec fantaisie, comme si c’était une fête dont le thème serait la recherche d’un Futur formidable!

G comme Générosité, Gaieté, Génie…

Osons le gai savoir contre le non-savoir qui est si triste ! Osons l’allure poétique à sauts et à gambades ! Grandir dans la gaieté et la gentillesse, avec des guides généreux, détecteurs de génie.

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Isabelle Lenfant, 2009, œuvre présentée à la Villa Empain,

exposition Entre deux chaises, un livre

(février-septembre 2014)

H comme Harmonie, Humour, Hauteur, Horizon…

Comment rendre heureux des jeunes dont l’horizon semble obscur ? Comment donner de la hauteur à leurs ambitions ? Nous pensons que l’humour participe à cette recherche d’harmonie.

I comme Idées, Imagination, Innovation, Introduction…

Informer plutôt qu’enseigner, introduire l’imagination dans l’(in)formation, inspirer de nouvelles idées, accepter l’imprévu pour accéder à un monde dont les facettes sont infinies…

J comme Jeunesse, Joie, Jeu…

L’art et la philosophie permettent la joie d’être. C’est dommage que l’enseignement traditionnel les néglige si souvent. Joindre le jeu à l’apprentissage, juxtaposer les émotions au savoir peut donner aux jeunes une jouissance inattendue.

K comme kaléidoscope…

Une communauté d’apprentissage, un atelier comparable à un kaléidoscope de couleurs, d’émotions, de découvertes, de plaisirs partagés.

L comme Liberté, Lucidité, Lumière…

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil, disait le poète René Char. Sachant cela, c’est à la lumière de différents langages et expériences qu’on accède à la liberté.

M comme Mixité, Méthode, Modèle, Médiation…

La mixité sociale et culturelle s’impose dans cette méthode expérimentale qui vise un modèle multidisciplinaire, un espace de médiation. Il s’agit de motiver chacun par un message d’ouverture.

N comme Nouveauté…

Évidemment !

O comme Orientation, Ouverture…

Out of the Box, c’est un projet qui se donne l’ouverture sur le monde comme objectif, qui ambitionne d’orienter les jeunes à travers la découverte de leurs talents respectifs.

P comme Projet, Praxis, Pédagogie, Plaisir, Persévérance…

Dans ce projet, la pédagogie est mise à l’épreuve d’une praxis qui mêle plaisir et persévérance.

Q comme Question, Qualité…

Revendiquer la qualité de toute chose pour répondre aux questions et attentes des jeunes.

R comme Rêve, Rencontres, Respect, Risque, Rire…

Il y a des rencontres qu’il faut risquer : avec les autres, avec  le monde, avec soi et son destin. Cela implique plusieurs conditions et des règles à respecter : la reconnaissance des autres, la résistance à la médiocrité, la responsabilité de ses engagements. À partir de là, on peut rêver, se réconcilier avec la réalité, reconsidérer la richesse du monde, rayonner. Rire aussi !

S comme Solidarité, Savoir, Santé, Succès…

Socrate a dit : deviens ce que tu es. Cela ne tombe pas du ciel ! Pour y parvenir avec succès, il s’agit de rendre solidaires un ensemble de conditions.

T comme Talent, Transversalité…

Tout le monde a du talent ! Mais il faut parfois traverser les murs pour le découvrir : c’est donc une approche transversale de l’apprentissage qu’il faut privilégier ici. Accepter de prendre le temps nécessaire, aussi.

U comme Urgence, Utopie…

Il est urgent d’unir nos rêves et volontés pour rendre aux jeunes le goût d’apprendre. Est-ce une utopie ?

V comme Valeur, Vitalité, Victoire, Volonté, Vocation…

Comment vaincre l’échec sans croire dans les valeurs de la vitalité et de la volonté ?

On dit qu’il y a trois rencontres essentielles dans la vie : avec l’altérité, avec la vocation, avec soi.

W comme…

Waoouh !!!

On l’aura compris à la lecture de cet abécédaire, les fils conducteurs de Outof the box sont :

L’excellence et la bienveillance pour engager l’apprentissage vers le bien-être ;

La formation d’une communauté d’apprentissage solidaire à la place d’une école ;

La proximité de l’activité manuelle et du travail de l’esprit en développant les facultés créatrices, la curiosité et le désir d’apprendre.

L’expression artistique comme moyen d’accéder à la confiance en soi et la connaissance de soi…

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Bob Verschueren, Back to the roots, 2010, œuvre présentée à la Villa Empain,

exposition Entre deux chaises, un livre

(février-septembre 2014)

Out of the Box est une initiative privée initiée par Diane Hennebert, chargée de la direction de la Fondation Boghossian depuis 2007. Ce projet, placé sous le patronage de la Fondation Boghossian est actuellement en préparation. L’ouverture du premier atelier pédagogique de Out of the Box est prévue à Bruxelles au début de l’année 2015, dans un immeuble aménagé à cet effet.

Cet atelier réunira une trentaine de jeunes en rupture d’apprentissage scolaire et issus de différents milieux sociaux et culturels.

Les méthodes de Out of the Box seront régulièrement évaluées durant les deux premières années de fonctionnement, tant au niveau de son esprit, du contenu pédagogique que des résultats obtenus.

Sur base de ces évaluations, le projet pourra être corrigé et développé.

Les frais d’accès et d’inscription à Out of the Box seront estimés en fonctions des moyens dont disposent les jeunes sélectionnés.

Membres du comité de parrainage (liste non exhaustive)

Nabil Ben Yadir, réalisateur (Les Barons, La Marche)

Luc Bertrand, chef d’entreprise

Ralph Boghossian, représentant de la Fondation Boghossian

Michel Chalude, psychologue-coach et management consultant

François de Callataÿ, professeur d’histoire et directeur de la Bibliothèque royale de Belgique

Frédéric de Mevius, chef d’entreprise

Étienne Denoël, observateur spécialisé des systèmes scolaires

Christophe Dosogne, rédacteur en chef de la revue d’art Collect et conseiller artistique de la Fondation Boghossian

Philippe Depoorter, directeur de la Banque de Luxembourg

Griet Dupont, psychiatre pour enfants et adolescents, fondatrice d’Art for Well-Being

Diana Elbaum, productrice de cinéma (Entre Chien et Loup)

Amid Faljaoui, Directeur de la revue Trends Tendances

Amin Maalouf, écrivain et membre de l’Académie française

Pascale Mussard, représentante de la société Hermès et initiatrice de Petit H

Frédéric Petit, chef d’entreprise

François Schuiten, dessinateur et scénariste

Séphora Thomas, professeur d’art contemporain (La Cambre) et psychanalyste

Sam Touzani, comédien

Arlette Vermeiren, plasticienne

Alexander von Vegesack, directeur du centre de Boisbuchet (France)

Zidani, comédienne

Sélection des participants

Les jeunes qui participeront à l’atelier pédagogique de Out of the Box seront sélectionnés sur base d’un formulaire à remplir, d’une présentation orale de leurs motivations devant un jury composé de membres du comité de parrainage et d’un engagement écrit à respecter les valeurs défendues par ce projet , dont le respect des autres, la ponctualité et la participation à une communauté solidaire d’apprentissage.

Conditions d’admission

Avoir entre 16 et 20 ans, habiter Bruxelles, s’exprimer correctement en français, s’engager à suivre le programme proposé durant 9 mois et être respectueux des valeurs défendues.

Programme d’apprentissage

Ce programme repose sur une méthode originale dont les objectifs prioritaires sont le développement d’une meilleure confiance en soi, d’un bien-être permettant de reconnaître les plaisirs de l’apprentissage à travers des activités pédagogiques spécifiques.

Le programme s’organise selon une suite d’ateliers (workshops) répartis selon trois grands thèmes et respectivement menés par des personnalités compétentes et reconnues.

–La connaissance de soi

Les trois premiers mois seront essentiellement consacrés à une meilleure connaissance de  soi à travers la maîtrise d’outils informatiques et de cinéma permettant de filmer et de diffuser les images et séquences prises lors des activités. Les jeunes seront encadrés par des informaticiens, des cinéastes et des comédiens, ce qui leur permettra d’améliorer leur maintien, leurs expressions orales, leurs rapports aux autres. Cet encadrement sera complété par des cours d’improvisation et de yoga. Une attention particulière sera également accordée à l’alimentation : chaque jour, les jeunes pourront s’initier à une cuisine saine, équilibrée et diversifiée aux côtés d’un chef qualifié. Le résultat de cet apprentissage servira de base aux déjeuners servis quotidiennement à l’ensemble de la communauté.

Durant ces trois premiers mois, il sera aussi demandé aux participants de réaliser un court- métrage (5 minutes) qui mettra en lumière un aspect de leur intimité (chambre, famille, amis, vêtements ou objets préférés, eux-mêmes…). Ces courts-métrages pourront être réalisés à partir de différentes approches techniques (dessin animé, musique, film, photos-montages…).

Sur base de l’avis et de l’accord de la communauté formée par l’ensemble des participants, les courts-métrages pourront être diffusés sur le site de Out of the Box.

–La connaissance de ce qui nous entoure

Les trois mois suivants seront consacrés à  une exploration de la ville sur base de rencontres, de visites, d’excursions, dans le but de faire prendre conscience aux participants de la grande diversité de leur environnement urbain. Il leur sera demandé de réaliser des reportages photographiques de leurs découvertes. Les photos réalisées avec l’encadrement de photographes professionnels seront ensuite commentées et sélectionnées en vue d’être publiées chaque semaine pendant ces trois mois dans un quotidien et un hebdomadaire. La publication de ces photos sera accompagnée du nom de leurs auteurs et d’une légende rédigée par eux. Les photos figureront également sur le site de Outof the Box.

–La connaissance du monde

Les trois derniers mois de l’atelier seront consacrés à la découverte de l’histoire du monde à travers celle d’une sélection d’objets anciens. Chaque participant sera invité à choisir un objet parmi une quarantaine de propositions (bijou ancien, momie égyptienne, vase chinois, manuscrit du Moyen Âge, épice, fruit, légume, plante exotique, boisson, recette, tableau, sculpture…). Les participants devront explorer l’histoire de l’objet choisi (origine, itinérance, symbolique, valeur…) et en rendre compte oralement à l’ensemble des membres de l’atelier. À partir des résultats de leurs recherches, il leur sera ensuite demandé de rédiger une histoire imaginaire des objets choisis sous la forme d’une aventure. L’ensemble des textes coordonnés par un romancier célèbre fera l’objet d’une publication (livre et site). La présentation de cette publication clôturera les 9 mois de formation.

–Évaluation des participants

Sur base des réactions et du suivi observés pour chaque participant et selon une évaluation de son comportement et de son évolution, l’équipe de Out of the Box orientera chaque jeune vers d’autres pistes d’apprentissage : retour à l’école, jury central, stage en atelier, formation artistique ou artisanale…

Encadrement pédagogique

Out of the Box bénéficiera de la collaboration de plusieurs enseignants et pédagogues de haut niveau pour encadrer les jeunes dans différentes matières : informatique, techniques cinématographiques, cuisine et diététique, yoga et méditation, théâtre et improvisation, photographie, histoire et littérature, graphisme et illustration, arts plastiques, psychologie… Ces pédagogues interviendront au fil du programme dans des ateliers thématiques.

Équipements

Out of the Box bénéficiera d’espaces de qualité (deux étages) dans un immeuble entièrement rénové, composés d’un hall d’accueil, d’un bureau, de trois salles polyvalentes, d’une salle de projection équipée, d’ateliers, d’une cuisine, d’un bar et d’une salle de détente-salle à manger, d’une bibliothèque et d’une cinémathèque, d’un équipement informatique, de sanitaires et d’un parking.

Adresse : Boulevard Louis Schmidt 97 – 1040 Bruxelles

En collaboration avec la Fondation Boghossian, Out of the Box organisera les 12, 13 et 14 septembre 2014 une vente d’objets et d’œuvres d’artistes à Bruxelles. Une centaine d’œuvres offertes par des artistes, collectionneurs et galeries seront proposées au public à des prix préférentiels. La totalité des bénéfices de cette vente sera consacrée à la mise en œuvre du projet.

 

Vernissage : le vendredi 12 septembre 2014 à partir de 18 heures

Accès libre à l’exposition-vente : les 13 et 14 septembre 2014, de 11 à 18 heures

Adresse : Boulevard Louis Schmidt 97 – 1040 Bruxelles Parking privé disponible, situé à l’arrière du bâtiment

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Hans-Peter Feldmann, 2007, œuvre présentée à la Villa Empain,

exposition Entre deux chaises, un livre

(février-septembre 2014)

Informations

Diane Hennebert, chargée de la direction de la Fondation Boghossian, et responsable du projet Out of the Box

hennebert@skynet.be / Tél : +32 475 21 16 61

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24 06 14

Pour marcher les yeux grands ouverts...

Atlas du street art et du graffiti.jpgFaisant le point sur des pratiques créatrices en plein essor à l'échelle mondiale, l'Atlas du street art et du graffiti de Rafael Schacter paru chez Flammarion à Paris en décrit les apparentements multiples (le spray can art, le pixâçao brésilien, le pop art et le land art américains, les pochoirs politiques argentins...) et les manifestations diverses, du graffiti traditionnel à l'intervention sculpturale, de l'affiche à la performance et de l'abstraction géométrique à la figuration photo-réaliste.

Très complet avec ses 750 illustrations, son focus sur 16 villes, ses 12 cartes originales créées par 12 artistes et son glossaire, ce fort bel ouvrage montre comment cet art populaire s'est développé dans des environnements très divers, de la métropole surpeuplée au désert perdu, et a été produit par des créateurs de toute nationalité, origine, religion ou culture, en présentant 113 artistes de 25 pays ainsi que le contexte historique de leur production et les influences qu'ils ont subies.

Après le road movie, voici donc le road museum...

Et son catalogue somptueux !

Bernard DELCORD

Atlas du street art et du graffiti par Rafael Schacter, préface de John Fekner, traduit de l'anglais par Denis-Armand Canal, Paris, Éditions Flammarion, mars 2014, 400 pp. en quadrichromie au format 22,8 x 24 cm sous couverture Intégra en couleurs, 39,90 € (prix France)

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01 06 14

Au pays des dentelles de pierre...

La Picardie gothique.jpgDans La Picardie gothique, un joli guide orné de 170 photos en couleurs paru à Rennes aux Éditions Ouest-France, l'historien amiénois Xavier Bailly mène le lecteur à la découverte d'une quarantaine de joyaux médiévaux de l'architecture religieuse, civile et militaire en le faisant cheminer d'Abbeville à Rambures, d'Amiens à Folleville, de Beauvais à Fontaine-Chaalis, de Compiègne à Maignelay, de Saint-Quentin à Chiry-Ourscamp, de Soissons à Essômes-sur-Marne et de Laon à Braine.

Des itinéraires d'une rare richesse permettant d'admirer des cathédrales, des collégiales, des basiliques, des abbayes, des églises, des chapelles, des châteaux, des forteresses, des donjons, des enceintes fortifiées, des portes, des hôtels de ville et des beffrois jusque dans le détail de leur conception et de leur ornementation.

Les propos du cicérone sont très documentés et parfaitement limpides, les illustrations soutiennent la compréhension de l'exposé et l'objet final est constitué d'un beau petit livre méritant de figurer dans la bibliothèque de tout médiéviste, qu'il soit amateur ou professionnel !

Bernard DELCORD

La Picardie gothique par Xavier Bailly, photographies d'Hervé Ronné, Rennes, Éditions Ouest-France, collection « Itinéraires de découverte », mars 2014, 120 pp. en quadrichromie au format 16 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 14,90 € (prix France)

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16 05 14

Un génie à l'œuvre...

Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme.jpgC'est 120 ans après la disparition de Gustave Caillebotte (1848-1894) que 43 chefs d’œuvre du peintre sont exposés au grand public jusqu'au 20 juillet 2014 dans la propriété yerroise où ils ont été peints.

Ce rendez-vous majeur de l’impressionnisme est d’autant plus exceptionnel que ces œuvres n’ont, pour la plupart, jamais été exposées ou très peu, car appartenant à la famille de l'artiste et à des collectionneurs privés.

Écoutons le commissaire de l'événement :

« Gustave Caillebotte a été l'un des artistes les plus importants, les plus actifs et les plus originaux de l'histoire de la peinture impressionniste. Ses tableaux comptent aujourd'hui parmi les chefs-d'œuvre de l'époque, par la nouveauté de leur représentation et l'audace de leur point de vue. Ils ont Paris pour sujet. Caillebotte a aussi représenté la nature et les loisirs à la campagne, au bord de l'eau. Ses tableaux, "L'Yerres, effet de pluie", "Canotier au chapeau haut de forme", "Pêche à la ligne", "Les Périssoires", "Canotiers ramant sur l'Yerres", "Le jardin potager, Yerres", sont aussi extraordinaires et inoubliables que ses vues urbaines : ils ont pour la plupart été peints entre 1875 et 1879 dans sa propriété à Yerres, dans l'Essonne, à quelques kilomètres de Paris. Ils ont pour sujet son parc, les bords de sa rivière, les canotiers et leurs embarcations. (...)

Issu d’une famille aisée, Caillebotte évolue dans l’univers cossu de la bourgeoisie parisienne. Yerres et ses environs étaient particulièrement prisés par ces familles, souhaitant se retrancher de temps en temps à la campagne. La vallée de l’Yerres offrait un cadre propice au repos, à la promenade. De magnifiques demeures illustrent cette empreinte bourgeoise dans la région... »

Publié chez Flammarion à Paris et intitulé Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme, le remarquable catalogue de l'exposition en rend compte avec des études de Serge Lemoine, professeur émérite à la Sorbonne et ancien président du musée d’Orsay, et de Dominique Lobstein, historien de l'art, qui fournissent des commentaires précis pour chacune des œuvres magnifiquement reproduites.

Ajoutons que des musées français (musée d’Orsay, musée Marmottan Monet, musée des Beaux-Arts de Rennes) et étrangers (Indiana University Art Museum de Bloomington, National Gallery de Washington) ont également apporté leur concours à cette exposition unique.

Un événement à ne pas rater !

Bernard DELCORD

Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme, par Serge Lemoine et Dominique Lobstein, biographie chronologique de Gilles Chardeau, préface de Nicolas Dupont-Aignan, Paris, Éditions Flammarion, mars 2014, 166 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 27,6 cm sous couverture brochée en couleurs, 25,50 € (prix France)

Informations pratiques :

Exposition « Caillebotte à Yerres, au temps de l'impressionnisme » du 5 avril au 20 juillet 2014, à la Propriété Caillebotte (Ferme Ornée 8, rue de Concy à F-94520 Yerres, dans l'Essonne), ouverte tous les jours (sauf le lundi) de 10h à 18h, le dimanche de 10h à 19h, ainsi que les jours fériés (lundi inclus).

Nocturnes vendredi et samedi jusqu’à 20h30.

Billetterie sur place à la Ferme Ornée ou en ligne sur www.proprietecaillebotte.com.

Tarifs :

Yerrois, Val d'Yerrois : tarif plein 5 € / réduit 3 € / enfant de - de 12 ans gratuit / enfant de 12 à 18 ans 3 € / famille (2 adultes et 1 enfant payant) : gratuit pour le 2e enfant.

Le livret de l'exposition et le livret jeux pour les enfants sont en libre service à l'accueil de la Ferme Ornée.

Sites :

www.proprietecaillebotte.com

facebook.com/laproprietecaillebotte

twitter.com/caillebotte2014

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10 04 14

Art Brussels 2014

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Après avoir rigoureusement construit sa réputation au fil des années et après le succès de l’édition 2013, Art Brussels occupe désormais avec assurance une position parmi les cinq foires d’art internationales les plus importantes, tout en maintenant ses particularités exclusives et son atmosphère accueillante et conviviale.

Comme leur prolifération paraît en témoigner, les foires d’art continuent d’offrir aux artistes des opportunités importantes, tant sur le plan économique, la construction d’un réseau que sur les opportunités d’exposition. Pour les collectionneurs et le public, elles demeurent des plateformes exceptionnelles permettant de voir d’innombrables œuvres d’art et d’artistes réunis sous un même toit, ce qui n’est possible en aucune autre circonstance.

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4 motifs par Stéphane Calais (4 pochoirs PVC noir, 2013) © GDM, Paris.

Ce n’est plus un secret que Bruxelles connaît ces dernières années une renaissance créative dans tous les domaines culturels, et particulièrement dans le domaine des arts plastiques. La ville ne cesse d’attirer l’attention internationale et toujours davantage de nouveaux venus – artistes, galeristes et curateurs d’expositions.

Outre ses institutions culturelles existantes, ce phénomène consolide la réputation de Bruxelles comme l’une des villes d’art les plus intéressantes et les plus prometteuses d’Europe, et vole discrètement la vedette à d’autres métropoles culturelles établies.

Bruxelles est facilement accessible (moins de deux heures de train) à partir d’autres villes et capitales européennes majeures voisines, promet de multiples découvertes culturelles, recèle un nombre accru de nouvelles initiatives artistiques dans la ville, et possède une tradition culinaire exquise.

L’important noyau de collectionneurs installés en Belgique (tant nationaux qu’internationaux) renforce encore la position d’Art Brussels en tant qu’événement culturel proéminent en Europe occidentale et manifestation artistique phare de la capitale européenne.

Cette année, 190 galeries participent à Art Brussels [1], ce qui fait de cet événement un incontournable sur les plans national et international pour découvrir la richesse et la variété des productions artistiques contemporaines

Outre les nouveautés introduites lors de chaque édition, Art Brussels maintient son profil de foire réunissant des galeries et des artistes émergents (la section YOUNG) et des valeurs plus établies (la section PRIME), offrant de la sorte le meilleur des deux mondes : un marché qui conjugue des valeurs sûres et la fraîcheur de la nouveauté.

Art Brussels 2.jpegParallèlement, Art Brussels continue à renforcer et développer son identité de « foire de découverte » et de manifestation où l’on peut identifier les artistes dont la carrière s’amorce.

En témoigne l’extension, suite à un record de candidatures, de la section FIRST, qui inclut de jeunes galeries émergentes n’ayant jamais participé à la foire auparavant. Cette section est unique à Art Brussels et n’est accessible que sur invitation.

En plus de la section FIRST, 75 galeries exposeront dans la section YOUNG, ce qui signifie que près de la moitié de la foire est consacrée cette année à la génération émergente de galeries et d’artistes.

Cette édition met également l’accent sur les présentations individuelles dans la section SOLO, ce qui permet à la fois de présenter l’œuvre d’un artiste – émergent ou établi – de manière plus approfondie et d’exposer des projets de plus grande envergure.

Enfin, une nouvelle section voit le jour cette année : CURATOR’S VIEW. Celle-ci réunit une sélection de galeries qui présentent sur leur stand une exposition de groupe thématique.

Gerrie SOETERT

Attachée de presse

Informations pratiques :

Site Web :

www.artbrussels.com

Horaires :

Du vendredi 25 au dimanche 27 avril de 12h00 à 20h00.

Lieu :

Brussels Expo - Palais 1 & 3

1, place de Belgique

BE - 1020 Bruxelles

Métro :

Heysel / Heyzel

Brussels Airlines :

Entre le 16 et le 30 avril 2014, Brussels Airlines offre des prix promotionnels aux visiteurs d’Art Brussels : 20% de remise en b.flex economy et b.light economy sur tous les vols européens de Brussels Airlines, excepté les vols en code partagé (et à l'exclusion des taxes et suppléments).

Pour bénéficier de cette réduction, veuillez introduire le code promotionnel 11121837 lors de votre réservation.


[1] GALERIES PARTICIPANTES PAR SECTION :

– PRIME :

ADN | Aeroplastics | Paul Andriesse | Enrico Astuni | Valérie Bach | Albert Baronian | Bernier/Eliades | Bodson | BORZO | Brand New Gallery | Galleri Brandstrup | Bugada & Cargnel | Cardi | Carroll/Fletcher | Bernard Ceysson | Chambers Fine Art | Continua | Pilar Corrias | Crone | Heike Curtze und Petra Seiser | Patrick De Brock | Elizabeth Dee | Hadrien de Montferrand | DEWEER | Éric Dupont | Heinrich Ehrhardt | Imane Farès | Fifty One | Marie-Laure Fleisch | Geukens & De Vil | Gladstone | Grimm | Habana | Honor Fraser | Xavier Hufkens | Ivorypress | Jaeger Bucher/Jeanne-Bucher | Jamar | Rodolphe Janssen | JGM. | Jozsa | Kleindienst | Krinzinger | Lelong | Leme | Patricia Low | Mai 36 | Ron Mandos | Marlborough Contemporary | Maruani & Mercier | Mario Mauroner | Greta Meert | Meessen De Clercq | MOT International | Horrach Moya | mulier mulier | Galeri Nev Istanbul | New Art Centre | Mihai Nicodim | Nosbaum & Reding | Nathalie Obadia | Office Baroque | Polka | Praz-Delavallade | prometeogallery di Ida Pisani | Quadrado Azul | Almine Rech | Michel Rein | Lia Rumma S Richard Saltoun | Karsten Schubert | Senda | Mário Sequeira | André Simoens | Stephane Simoens | Filomena Soares | Sorry We’re Closed | Michel Soskine Inc. | Pietro Sparta | Galerie Steinek | Micheline Szwajcer | Suzanne Tarasieve | Daniel Templon | Transit | Triangle bleu | Tucci Russo | Valentin | Georges-Philippe & Nathalie Vallois | Van De Weghe | Isabelle van den Eynde | van der Mieden | Samuel Vanhoegaerden | Axel Vervoordt | Nadja Vilenne | Max Wigram | Wilkinson | Zidoun-Bossuyt | Zink | de Zwarte Panter.

– YOUNG :

0gms | Aanant & Zoo | Algus Greenspon | Alice | Alma | annex14 | Base-Alpha | Catherine Bastide | Battat |Anita Beckers | Boetzelaer / Nispen | Bourouina | Thomas Brambilla | Carbon 12 | C L E A R I N G | CONRADS | Cortex Athletico | COSAR HMT | Crèvecoeur | Cruise&Callas | D+T Project | dépendance | Tiziana Di Caro | Umberto Di Marino | Christian Ehrentraut | Eleven Rivington | Ex elettrofonica | Thomas Fischer | Foxy Production | Galerist | GDM | Green Art | Grimmuseum | Eva Hober | Hopstreet | Horton | Jeanroch Dard | Juliette Jongma | Jousse | Kevin Kavanagh | Martin Kudlek | Christian Lethert | Elaine Levy |mariondecannière | Martos | Maskara | Max Estrella | Max Mayer | Mario Mazzoli | Ani Molnár | Múrias Centeno |On Stellar Rays | OSL contemporary | Odile Ouizeman | P420 | Alberta Pane | Paradise Row | Parrotta | Tatjana Pieters | Pippy Houldsworth | Elisa Platteau | Jérôme Poggi | Profile | ProjecteSD | Raum mit Licht | Ricou | Rossicontemporary | Rowing | s o b e r i n g | SpazioA | stieglietz19 | Teapot | The Third Line | Steve Turner | Vartai.

– FIRST :

Samy Abraham | Bischoff Projects | Campagne Première | DITTRICH & SCHLECHTRIEM | Division of Labour | Emmanuel Hervé | Hannah Hoffman | Jeanine Hofland | Rose Issa Projects | Laveronica | LETO | Harlan Levey | Real Fine Arts | Barbara Seiler | Joe Sheftel | Joseph Tang.

– SOLO :

Catharine Ahearn (Office Baroque - BE) |Rana Begum (Christian Lethert - DE) | Patrick Bernatchez (Battat - CA) | Andreas Blank (Christian Ehrentraut - DE) | Katya Bonnenfant (Anita Beckers - DE) | David Brian Smith (Albert Baronian - BE) | Thorsten Brinkmann (Hopstreet - BE) | Romain Cadilhon (Rossicontemporary - BE) | Michael Cline (Horton - US) | Claudia Comte (Gladstone - BE) | Anneke Eussen (Tatjana Pieters - BE) | Andres Galeano (grimmuseum - DE) | Alexander Gorlizki (Martin Kudlek - DE) | Gabriel Hartley (Praz-Delavallade - FR) | Diango Hernández (Marlborough Contemporary – U.K.) | Robert Janitz (s o b e r i n g - FR) | Nikita Kadan (Transit - BE) | Zilvinas Kempinas (Vartai - LT) | William Klein (Polka - FR) | Nevan Lahart (Kevin Kavanagh - IE) | Wesley Meuris (Jérôme Poggi - FR) | Marc Nagtzaam (ProjecteSD - ES) | Goran Petercol (Krinzinger - AT) | Heather Philipson (Rowing – U.K.) | Esther Stocker (Alberta Pane - FR) | Boris Tellegen (Alice - BE) | Joris Van de Moortel (Nathalie Obadia - FR) | Anna Vogel (Conrads - DE) | Nil Yalter (Galerist - TR).

– CURATOR'S VIEW :

- Plaster Mind, commissionné par Sébastien Janssen(Sorry We're Closed Gallery - BE) avec Hans Arp - Daniel Arsham - César - Allan Mc Collum - Urs Fisher - Hans-Peter Feldmann - Thomas Houseago Jean Antoine Houdon - Eddie Martinez - Giullio Paolini - Anthony Pearson - Emilie Pischedda - Stefan Rinck - George Segal - Jan van Oost - Didier Vermeiren - Rebecca Warren - Franz West - Spin Doctor, commissionné par Johan Creten (Galerie Transit - BE) avec Virginie Bailly - Serge Bratkov - Luc Dondeyne - Thomas Huber - Mehdi-Georges Lahlou - Johan Creten - From Here to Somewhere else, commissionné par Joël Benzakin(Axel Vervoordt Gallery - BE) avec Tauba Auerbach - Larry Bell - Lucia Bru - Teresita Fernandez - Anish Kapoor - Toba Khedoori - Wolfgang Laib - Luisa Lambri - Helen Mirra - Michel Mouffe - Hiroshi Sugimoto - Lee Ufan - Jef Verheyen - Rachel Whiteread - Landscape is a Social System, commissionné par Lucrezia Cippitelli(Ex Elettrofonica Gallery - IT) avec Michela de Mattei - Margherita Moscardini - Leonid Tsvetkov - At the dawn of metamorphosis, commissionné par Léa Bismuth(Galerie Eva Hober - FR) avec Nicolas Darrot - Patrick Neu - Jérôme Zonder - Public Intimacy, commissionné par Simon Delobel(mariondecannière - BE) avec Cristian Bors & Marius Ritiu - Anton Cotteleer - Gerben Gysels - Savage - WassinkLundgren.

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29 03 14

Ceci est un grand peintre...

Magritte.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Si sa gestion muséale fut contestée par d'aucuns ces derniers temps, Michel Draguet, docteur en philosophie et lettres et agrégé de l'enseignement supérieur en philosophie et lettres, par ailleurs toujours directeur général des Musées royaux des beaux-arts de Belgique, est sans conteste l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la vie et de l'œuvre de l'auteur de Ceci n'est pas une pipe à qui il a consacré une remarquable biographie parue sous le simple titre de Magritte chez Gallimard dans la fameuse collection « Folio ».

Rédigé dans une langue parfaite et avec un grand talent narratif, cet essai remarquable vulgarise avec brio la pensée et les techniques de l'un des plus grands artistes du XXe siècle qui « fit subir aux espaces et aux objets une infinité de modifications, fragmenta l'échelle onirique, inventa des territoires nouveaux, transforma des espaces connus, pratiqua une utilisation incongrue des titres : Ceci continue à ne pas être une pipe, Le Salon au fond d'un lac, La Philosophie dans le boudoir. »

Car, sous son air bonhomme, le Bruxellois René Magritte (1898-1967) ne manquait ni d'humour contestataire ni de zwanze, mais avec une conscience aiguë du malaise humain qu'il transcendait dans l'imaginaire, et de la vanité des choses, dont il riait avec désespoir.

Un paradoxe bien belge, à l'instar de nos institutions politiques ô combien surréalistes...

Magritte par Michel Draguet, Paris, Éditions Gallimard, collection« Folio biographies », février 2014, 413 pp. en noir et blanc et un cahier photo de 8 pp. en couleurs au format 10,7 x 18 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8,90 € (prix France)

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26 03 14

Un immense artiste...

L'imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay.jpgOriginal et superbe, le catalogue de l'exposition Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir,que l'on peut admirer au Musée d'Orsay à Paris jusqu'au 11 mai 2014, l'est à plus d'un titre.

Par sa forme, d'abord : celle d'un journal de grand format – 30 x 42 cm –, à la fabrication et à la mise en page soignées ressuscitant le grand médium du XIXe siècle dans lequel l'artiste a si souvent excellé.

Par la qualité de ses reproductions de dessins, de caricatures, de gravures, d'aquarelles et de peintures, ensuite, qui permettent de mesurer de près l'étendue du talent de ce maître incontesté et toujours admiré de nos jours.

Par la qualité de son commentaire, enfin : rédigée par un doctorant, une brillante synthèse (publiée en français et en anglais) qui met en lumière de façon synthétique les éléments biographiques et les enjeux artistiques qui ont présidé à la création de plus des dix mille pièces de l'œuvre graphique monumentale de ce Simenon du crayon et du pinceau.

Une belle réussite éditoriale, donc, intitulée L'imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay, dont peuvent s'enorgueillir les Éditions Flammarion à Paris.

Il est vrai que cette exposition organisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France est la première rétrospective depuis trois décennies sur cet artiste majeur.

Voici ce qu'en écrit le site du Musée :

« Gustave Doré est sans doute l'un des plus prodigieux artistes du XIXe siècle. À quinze ans à peine, il entame une carrière de caricaturiste puis d'illustrateur professionnel – qui lui vaudra une célébrité internationale – avant d'embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture.

L'immense talent de Doré s'investit aussi dans les différents genres, de la satire à l'histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques...

En tant qu'illustrateur, Doré s'est mesuré aux plus grands textes (la Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantès, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), faisant de lui un véritable passeur de la culture européenne. Il occupe ainsi une place cruciale dans l'imaginaire contemporain, de Van Gogh à Terry Gilliam, sans compter son influence certaine sur la bande-dessinée ; autant d'aspects que cette première rétrospective depuis trente ans souhaite explorer. »

Un événement et un catalogue à ne pas rater !

Bernard DELCORD

L'Imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay par Damien Delille, Paris, Éditions Flammarion, février2013,  32 pp en quadrichromie au format 30 x 42 cm sous couverture piquée Singer en couleurs, 9,50 € (prix France)

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22 03 14

De la passion à la spéculation

 

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"Siècle après siècle, les œuvres les plus décriées ont souvent été la source de courants picturaux révolutionnaires: nymphéas, déconstruction cubiste, photos repeintes par Andy Warhol, lyrisme de Miró, bien mal avisés ceux qui brocardent la création artistique: elle est un acte de foi qui grandit l'homme."

Les accros de Yann Kerlau - dont je suis -   ne seront pas déçus: le  rendez-vous que nous propose  le passionné d'histoire, esthète éclairé,  procède une nouvelle fois d'une recherche documentaire  abyssale et d'une culture qui ne l'est pas moins.

Chercheurs d’art. Les marchands d’art hier et aujourd’hui.

Rendu passionnant par l'effet  cumulé d'un talent de conteur et d'une plume magistrale, l'essai, tout frais paru, ce 12 mars, auprès des Editions Flammarion, dresse le portrait de sept marchands d'art,  Théodore Duret, Paul Durand-Ruel, Ambroise Vollard, Daniel-Henry Kahnweiler,  Peggy Guggenheim, Charles Saatchi et Larry Gagosian , trace l'atmosphère de leurs époques respectives.  De Paris à New York, du XIXe siècle à nos jours, c'est le portrait d'une profession qui se dessine , celui d'un génie aussi, nourri de passion, de flair, de flammes et de son inéluctable évolution vers la spéculation.

Point de départ de cette puissante fresque : le scandale de la Maison Knoedler. Parangon d'honorabilité en matière de vente d'oeuvres picturales, la célèbre galerie new-yorkaise fermait ses portes en 2011, ruinée et taxée de trafic de faux.

«  Les leçons de Kahnweiler, d’Ambroise Vollard et de leurs émules ont porté leurs fruits depuis des décennies : l’art moderne est un formidable jackpot qui fait fantasmer collectionneurs, marchands, hommes d’affaires et néophytes. Même si nombre d'artistes crèvent de faim, les gains faramineux des heureux élus font oublier la déconvenue des laissés-pour-compte »

Une épopée passionnante dont je vous recommande vivement la lecture

Apolline Elter

Chercheurs d’art. Les marchands d’art hier et aujourd’hui, Yann Kerlau, essai, éd. Flammarion,  mars 2014, 300 pp, 20 €

 

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02 03 14

Dans ma rue...

Street art mode d'emploi (2).jpgJérôme Catz est commissaire d'exposition indépendant depuis 2003 et il milite activement pour que les arts plastiques urbains gagnent leur place dans le monde de la culture. Il organise chaque année des expositions et a créé le réseau de centres d'art Spacejunk en France.

Il a aussi fait paraître chez Flammarion un fort intéressant album illustré intitulé Street art mode d'emploi dans lequel il initie le lecteur aux productions artistiques urbaines contemporaines qui sont tantôt provocatrices, politiques, monumentales ou poétiques – mais toujours sauvages... – et se déclinent sous des aspects aussi divers que le pochoir, l'installation, l'anamorphose, la sculpture, le collage ou les exploits.

Autant de champs d'interventions et de techniques que son ouvrage propose de décrypter afin de repérer et de mieux comprendre ce dernier-né des mouvements artistiques, qui se déploie à l'échelle planétaire et qui occupe désormais une place officielle dans l'histoire de l'art.

L'ouvrage se clôt sur l'élucidation de 30 notions clés, l'indication de 20 dates repères et la présentation de 30 artistes incontournables.

Signalons en outre aux amateurs qu'ils pourront voir une interview de l'auteur publiée sur Internet en se rendant à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=Txi1aAeC5nk

On n'arrête pas le progrès !

Bernard DELCORD

Street art mode d'emploi par Jérôme Katz, Paris, Éditions Flammarion, collection « Mode d'emploi » dirigée par Élisabeth Couturier, mai 2013, 256 pp en quadrichromie au format 19,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,90 € (prix France)

 Pour vous, nous avons recopié dans cet album la présentation suivante,

d'une artiste dont nous admirons le talent [1] :

Miss.Tic

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 1.jpg

Qui est-elle ?

Fille d'une famille modeste au destin tragique, Miss.Tic choisit son nom de scène dans le monde de la BD populaire. Née en 1956, orpheline à 16 ans, elle se lance dans le théâtre traditionnel et dans le théâtre de rue avant de tenter l'expérience américaine fin 1979. De retour à Paris trois ans plus tard, l'enfant de Montmartre conjugue les planches avec les arts appliqués et commence à marquer son territoire à coups de sentences réalisées au pochoir sur les murs. Miss.Tic est l'une des rares artistes féminines du street art de l'époque héroïque, l'une des plus connues et celle dont l'endurance et l'acharnement forcent le respect.

 Poète du bitume, elle harangue le passant avec ses mots, aphorismes et faux proverbes. Tic incontrôlable ou toc sous contrôle, elle raconte avec drôlerie et esprit son rapport ou Mâle. Elle décline sa passion pour cet autre à qui elle ressemble par le risque physique qu'elle prend lors de ses interventions urbaines, alors même qu'elle soigne son image glamour. Elle crie haut et fort sa féminité comme celle de ses sœurs, avec ses états d'âme, ses envies et ses blessures et décline avec élégance et esprit la guerre des sexes ...

Carnets intimes impudiquement révélés au quidam via un humour corrosif, prose en prise directe avec les tréfonds de nos âmes, parfois « brut de décoffrage », les œuvres de Miss.Tic parlent de la fragilité de l'existence, des joies et des peines qu'il faut vivre pleinement.

Son œuvre :

Ses textes courts et incisifs, provocateurs ou questionnant, accompagnent l'image d'une femme aguicheuse et sexy qui figure dans toutes les œuvres de la miss. Le rapport entre image et mots invite le passant à la réflexion. Ses pochoirs, où le noir et le rouge se chevauchent un brin, créent ce qu'il faut de contraste et de profondeur sur le béton ou la brique.

Depuis 1986, ses déclinaisons mots/images sont régulièrement transposées sur toile ou autres supports transportables et vendues en galerie. En usant de matériaux issus de la rue, comme du métal rouillé, des reconstitutions de murs, du bois ou des affiches lacérées, Miss.Tic introduit dans les intérieurs des collectionneurs la part indissociable d'urbanité attachée à son travail. Ses déclinaisons trouvent aussi leur place dans le monde de l'affiche, pour le cinéma ou la musique, et la grande maîtresse des haïkus parisiens s'expose de Venise à Londres, de Berlin à Singapour pour le meilleur et pour l'empire... de la poésie ! Citant Prévert ou elle-même, elle s'inspire de la mémoire des rues, elle s'engage et prend position, persiste et signe...

Elle a acquis une reconnaissance légitime, n'ayant jamais failli... d'ailleurs l'aurait-elle pu ?

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 2.jpg

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 3.jpg


[1] Les deux dessins que nous avons ajoutés en fin de présentation ne figurent pas dans l'album qui contient une photo de grand format qu'il ne nous a pas été possible de reproduire ici.

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25 02 14

De la beauté à l'état pur...

Une passion française (cover).jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de février 2014 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Riche d'innombrables chefs d'œuvre (de Pierre Bonnard, Gustave Caillebotte, Camille Corot, Edgar Degas, Maurice Denis, André Derain, Raoul Dufy, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin, Georges Lemmen, Aristide Maillol, Édouard Manet, Albert Marquet, Henri Matisse, George Minne, Amedeo Modigliani, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Odilon Redon, Pierre Auguste Renoir, Auguste Rodin, Paul Sérusier, Alfred Stevens, Henri de Toulouse-Lautrec, Kees van Dongen et, pour l'illustration de la couverture notamment, Édouard Vuillard, si l'on ne s'en tient qu'aux artistes les plus connus), la collection de Marlene et Spencer Hays a fait l'objet d'une remarquable exposition présentée au musée d'Orsay entre avril et août 2013.

Rédigé par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan et coédité par Skira et Flammarion, son catalogue somptueux s'intitule Une passion française et il se doit de figurer dans la bibliothèque de tout amateur d'art qui se respecte, tant les découvertes que l'on y fait s'avèrent inédites et passionnantes.

Écoutons ses auteurs, tous trois conservateurs au musée d'Orsay :

« Rien ne prédestinait les Hays à devenir des collectionneurs. Issus de familles modestes, éduqués loin des musées et autodidactes en histoire de l'art, ils commencent par acheter des tableaux au début des années 1970 pour décorer leur maison de Nashville. À l'instar de nombre de leurs compatriotes, ils s'intéressent dans un premier temps à l'art américain. Puis vient la passion, cet aiguillon qui bouleverse leur vie.

Au début des années 1980, ils se lient avec des historiens de l'art, des conservateurs de musée et des galeristes. Ces rencontres bouleversent leurs habitudes de collectionneur. Ils orientent alors leurs choix vers les Nabis, une peinture pleine de mystère et de rêve.

Pour faire partager leur passion de l'art et de la culture française, les Hays ont accepté d'ouvrir leurs portes à New York comme à Nashville, nous laissant découvrir des chefs-d'œuvre (...) présentés parfois pour la première fois en France. »

Une idée de génie(s) !

Bernard DELCORD

Une passion française – La collection Marlene et Spencer Hays par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan, Rome-Paris, Éditions Skira-Flammarion, avril 2013, 208 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 40 € (prix France)

Une passion française (Modigliani).jpg

Amedeo Modigliani, Portrait de femme au chapeau, 1909,

huile sur carton, 35 x 27 cm

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