25 02 14

De la beauté à l'état pur...

Une passion française (cover).jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de février 2014 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Riche d'innombrables chefs d'œuvre (de Pierre Bonnard, Gustave Caillebotte, Camille Corot, Edgar Degas, Maurice Denis, André Derain, Raoul Dufy, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin, Georges Lemmen, Aristide Maillol, Édouard Manet, Albert Marquet, Henri Matisse, George Minne, Amedeo Modigliani, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Odilon Redon, Pierre Auguste Renoir, Auguste Rodin, Paul Sérusier, Alfred Stevens, Henri de Toulouse-Lautrec, Kees van Dongen et, pour l'illustration de la couverture notamment, Édouard Vuillard, si l'on ne s'en tient qu'aux artistes les plus connus), la collection de Marlene et Spencer Hays a fait l'objet d'une remarquable exposition présentée au musée d'Orsay entre avril et août 2013.

Rédigé par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan et coédité par Skira et Flammarion, son catalogue somptueux s'intitule Une passion française et il se doit de figurer dans la bibliothèque de tout amateur d'art qui se respecte, tant les découvertes que l'on y fait s'avèrent inédites et passionnantes.

Écoutons ses auteurs, tous trois conservateurs au musée d'Orsay :

« Rien ne prédestinait les Hays à devenir des collectionneurs. Issus de familles modestes, éduqués loin des musées et autodidactes en histoire de l'art, ils commencent par acheter des tableaux au début des années 1970 pour décorer leur maison de Nashville. À l'instar de nombre de leurs compatriotes, ils s'intéressent dans un premier temps à l'art américain. Puis vient la passion, cet aiguillon qui bouleverse leur vie.

Au début des années 1980, ils se lient avec des historiens de l'art, des conservateurs de musée et des galeristes. Ces rencontres bouleversent leurs habitudes de collectionneur. Ils orientent alors leurs choix vers les Nabis, une peinture pleine de mystère et de rêve.

Pour faire partager leur passion de l'art et de la culture française, les Hays ont accepté d'ouvrir leurs portes à New York comme à Nashville, nous laissant découvrir des chefs-d'œuvre (...) présentés parfois pour la première fois en France. »

Une idée de génie(s) !

Bernard DELCORD

Une passion française – La collection Marlene et Spencer Hays par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan, Rome-Paris, Éditions Skira-Flammarion, avril 2013, 208 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 40 € (prix France)

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Amedeo Modigliani, Portrait de femme au chapeau, 1909,

huile sur carton, 35 x 27 cm

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19 02 14

Géricault Fragments de compassion

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Exposition au Musée des Beaux-Arts (MSK) de Gand, du 21 février au 25 mai 2014

En 1908, Les Amis du Musée des Beaux-Arts de Gand achètent pour une somme fort raisonnable, lors d’une vente aux enchères à Paris, un tableau de Théodore Géricault (1791-1824) intitulé Le Fou assassin. À l’époque, la presse parisienne qui faisait état de cette vente se demandait qui serait assez insensé pour accrocher une telle œuvre dans son salon ! 

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Portrait d'un cleptomane

Ce portrait, en réalité celui d’un cleptomane, faisait partie d’un ensemble de portraits d’aliénés, tout comme La Monomane de l’envie du Musée des Beaux-Arts de Lyon et Le Monomane du rapt d’enfants du Museum of Fine Arts de Springfield peints par Géricault à l’hôpital la Salpêtrière. 

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 La Monomane de l'envie 

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Le Monomane du rapt d'enfant

En 1819, Théodore Géricault expose son grand tableau d’histoire, Le Radeau de la Méduse, qui suscite l’admiration, mais aussi la répulsion du public en raison même des circonstances tragiques du naufrage. De plus, la toile met en évidence les erreurs politiques du gouvernement, ce qui n’a pas l’heur de plaire au pouvoir alors en place. Néanmoins, cette composition monumentale fait de Géricault le porte-flambeau d’une nouvelle manière de peindre et, avec les récents événements de Lampedusa, sa peinture est plus contemporaine que jamais. 

Géricault Le radeau de la Méduse, l’Argus en vue (basse définition).jpg

Le Radeau de la Méduse, l’Argus en vue

Peu après, Géricault réalise une série de portraits de malades mentaux, qui renonce aux manières conventionnelles de traduire la folie en préférant rendre aux malades représentés leur personnalité et leur humanité. 

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Fragments anatomiques

L’exposition veut montrer que loin d’être un peintre du tragique et du malsain, Géricault se révèle avant tout un homme soucieux de traduire la cruauté du quotidien avec une profonde empathie et une entière compassion pour les protagonistes de ses tableaux.

Pour ce faire, de nombreuses toiles, dessins et estampes d’ Eugène Delacroix, Jean-Baptiste Carpeaux, Francisco Goya, Johan Heinrich Füssli et Adolf Friedrich Menzel prêtées par des musées internationaux permettent de situer l’œuvre de cet artiste dans un contexte plus large.

Cette exposition, réalisée en partenariat avec la Schirn Kunsthalle de Francfort, a été rendue possible grâce à des prêts exceptionnels de L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) et du Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Elle se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Gand, du 21 février au 26 mai 2014.

Les jupons de la révolution

Une salle supplémentaire sera consacrée au rôle politique que jouèrent certaines femmes lors de la Révolution française. « Marianne » personnifie désormais la France républicaine et la Liberté. Elle n'est plus une figure idéalisée, mais revêt les traits d'une beauté roturière bien réelle.

De nombreuses femmes enthousiasmées par la portée universelle de ces idées ont voulu jouer un rôle politique.

Elles souhaitaient prendre une part active à la lutte révolutionnaire et même, en compagnie des hommes, s'enrôler dans l'armée. 

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Les jupons de la Révolution (anonyme)

Néanmoins, le pouvoir en place qui ne souhaitait pas une ingérence féminine dans les affaires de l'État, leur réserva un sort peu clément allant de l'exécution sur la place publique à la réclusion dans les premiers établissements psychiatriques. Tel fut le cas de Théroigne de Méricourt, femme politique, féministe, qui, dit-on, mena l'assaut sur les Tuileries en 1792. Elle fut déclarée folle et enfermée à la Salpêtrière tout comme L'Hyène de la Salpêtrière dont Géricault fit le portrait. Elle mourut dans cette institution psychiatrique une vingtaine d'années après son internement.

Alfredo et Isabel Aquilizan

À l’occasion de l’ouverture de l’exposition Géricault, des enfants pourront, lors d’ateliers créatifs, aider les artistes Alfredo et Isabel Aquilizan à élaborer une installation de grande dimension. Celle-ci s’inscrit dans le cadre des manifestations organisées à l’occasions de « 50 années d’émigration à Gand ». Elle fait également référence aux récentes tragédies qui ont eu lieu à hauteur des côtes de Lampedusa (Italie) et, bien entendu, au Radeau de la Méduse.

Les Aquilizan qui travaillent en couple utilisent le principe de la collecte et de la participation pour exprimer les concepts de migration de famille et de mémoire. Œuvrant dans la mesure du possible avec les collectivités locales, les Aquilizan rassemblent des objets personnels pour composer des installations complexes et formelles qui sont le reflet d’expériences individuelles concernant l’exode et le changement.

L’installation qui sera présentée au MSK revêtira la forme d’un radeau composé de centaines de petits radeaux et bateaux faits à la main. Cet assemblage de petites sculptures, réalisées par des enfants et des adultes à base d’objets et de matériaux trouvés, sera ajouté à cette œuvre en cours d’évolution. Parce qu'ils ont eux-mêmes émigré des Philippines en Australie, le travail des Aquilizan reflète leur expérience personnelle tout en instituant des échanges et en transmettant des idées qui ne connaissent pas de frontières.

Aquilizan (1) basse définition.jpg

Ils ont participé à des expositions individuelles (Logan Art Gallery, Brisbane, Australie, 2008 ; The Drawing Room, Manille, Philippines, 2006) et à des expositions de groupe (Biennale de Moscou, 2013 ; Biennale de Singapour, 2008 ; Biennale d’Adélaide, Australie, 2008 ; Biennale de Sydney, Australie, 2006 ; 50e Biennale de Venise, Italie, 2003).

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Prix d'entrée par personne : 10 €
  • Gantois(es) – personnes âgées de 65 ans et plus – groupes d'au moins 15 personnes – carte enseignante : 8 €
  • Moins de 26 ans : 2 €
  • Moins de 19 ans – les habitants de Gand chaque dimanche de 10h à 13h – accompagnateur de visiteurs handicapés –Amis du Musée des Beaux-Arts – membres ICOM/VMV – carte presse – carte guide : 0 €

Réservation

FNAC – Tél. 0900 00 600 - www.fnac.be

Excursion – Train + Ticket - en vente dans toutes les gares SNCB – www.sncb.be

Ateliers/groupes, visites guidées

T+32(0)9 269 87 50 – boekjebezoek@gent.be

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26 01 14

« La piu bella mamma nel mondo »...

Venise mariale 1.jpgRéputée pour avoir été fondée le jour anniversaire de l'Annonciation, le 25 mars 421, et placée dès l'origine sous la protection de la Vierge, Venise est indissociablement liée à la mère de Jésus. Nombreux sont les lieux, laïcs ou sacrés, qui y font référence et innombrables les œuvres d'art qui lui ont été dédiées ou qu'elle a inspirées au fil des siècles.

C'est ce trésor artistique unique que propose de découvrir l'historienne Noëlle Dedeyan dans Venise mariale, un guide splendide somptueusement illustré comme en témoigne l'image ci-dessous [1], à travers une série d'itinéraires thématiques (avec plans, index des lieux et des artistes) structurés autour des mystères du Rosaire, qui conduisent le lecteur-voyageur au plus près des richesses intimes et variées de la Sérénissime.

Une approche spirituelle tout autant qu'esthétique qui s'adresse à tous, croyants ou non, l'une renvoyant sans cesse à l'autre dans un double appel à la contemplation et à la beauté.

Bernard DELCORD

Venise mariale par Noëlle Dedeyan, Lausanne, coédition Favre/Les 3 Orangers, août 2013, 385 pp. en quadrichromie au format 13,2 x 21,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 € (prix Suisse)

 

 

Venise mariale 2.jpg

L'Adoration des bergers (détail) par Paolo Caliari dit Veronèse (1528-1588),

chapelle du Rosaire, basilique Santi Giovanni e Paolo (Castello)



[1] Et au prière d'insérer fort bien rédigé, qui a fortement inspiré notre texte de présentation de l'ouvrage...

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04 12 13

Un grand rénovateur...

Donatello La renaissance de la sculpture.jpgDocteur en histoire de l'art de la Sorbonne, ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, Neville Rowley a consacré sa thèse à la pittura di luce, la peinture de lumière, vaste mouvement qui occupa la scène artistique dans l'Italie du XVe siècle. Il a collaboré à l'exposition « Giorgio Morandi » au Metropolitan Museum de New York (2008) puis a été commissaire de l'exposition « Villa aperta », à la Villa Médicis (2009).

Outre différents articles dans des revues scientifiques, il a publié deux ouvrages aux Éditions Gallimard : Piero della Francesca, d'Arezzo à San sepolcro (2007) et Fra Angelico, peintre de lumière (2011) et il vient de faire paraître chez À Propos à Garches, au sein de la collection « Dans l'univers de... » recommandée par l'Association nationale française des Conseillers pédagogiques, un remarquable petit essai didactique intitulé Donatello. La renaissance de la sculpture, très clair et fort bellement illustré, consacré au grand artiste florentin (ca 1386-1466), l'un des cinq rénovateurs de l'art italien avec Masaccio, Brunelleschi, Ghiberti et Luca della Robbia.

Voici la présentation de l'éditeur :

« Donatello ? Si le nom est connu, l'œuvre l'est moins. Pourtant, avec son style en perpétuel renouvellement, plein d'ingéniosité, doté d'une imagination des plus fertiles, Donatello va bouleverser l'art de la sculpture de la pré-Renaissance et il est l'un des acteurs majeurs de cet immense mouvement artistique et culturel qui naît à Florence au début du XVe siècle : la Renaissance. Puisant aux sources de la sculpture antique, il n'hésite pas à donner aux visages et aux poses de ses statues une expressivité jusque-là inédite, alors que la conscience individuelle commence à peine à s'affirmer.

Doté d'une énergie débordante et d'une imagination fertile, il travaille aussi bien l'argile et le bronze que le bois et le marbre, multiplie les commandes à Florence, Sienne et Padoue, et s'impose dans la sculpture monumentale aussi bien que dans le bas-relief. Plongé dans l'effervescence du début du XVe siècle à Florence, il eut pour ami et, à l'occasion, rival, l'architecte Brunelleschi, et fut protégé par Côme de Médicis, admirateur éperdu du génie de l'artiste.

Tout en nous faisant revivre l'effervescence des débuts de la Renaissance aux côtés de Donatello, Neville Rowley nous invite à une lecture lumineuse de ses œuvres, parfois empreintes d'une puissance presque martiale ou au contraire très émouvantes. »

L'occasion d'admirer de bien belles choses, comme le Christ en croix (ca 1408), le Saint Georges (ca 1417), la Vierge à l'enfant (ca 1420), le Couronnement de la Vierge (1434-1437), le David (ca 1435), l'Annonciation Cavalcanti (ca 1435), la Statue équestre du Gattamelata (ca 1443), Marie-Madeleine (ca 1453) ou encore Judith et Holopherne (1457-1564), un véritable éblouissement !

Bernard DELCORD

Donatello La renaissance de la sculpture par Neville Rowley, Garches, Éditions À Propos, collection « Dans l'univers de... », septembre 2013, 64 pp. en quadrichromie au format 15,2 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12,50 € (prix France)

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25 11 13

L'art sous les sombreros...

Les peintres mexicains 1910-1960.jpgLe texte ci-dessous a été expédié dans la livraison de novembre 2013 de la newsletter des guides gastronomiques belges DELTA puis mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

À l'occasion de l'exposition « Frida Kahlo/Diego Rivera. L'art en fusion » présentée jusqu'au 15 janvier 2014 au musée de l'Orangerie à Paris, les Éditions Flammarion ont fait paraître, sous la plume de l'américaniste et historien d'art Serge Fauchereau (il a enseigné la littérature américaine aux universités de New York et du Texas avant d'œuvrer au Centre Pompidou où il fut commissaire de grandes expositions et d'exercer aujourd'hui dans diverses institutions muséales internationales), un beau catalogue intitulé Les peintres mexicains 1910-1960 riche de 286 illustrations en couleurs et d'explications en tout genre.

Voici comment l'auteur en fait la présentation :

« Après des siècles d'une culture riche et complexe dont les pyramides et de nombreux sites archéologiques continuent à nous impressionner, le Mexique semblait avoir perdu son originalité à partir de la conquête espagnole.

Son histoire coloniale tourmentée s'achève en 1910 avec le déclenchement d'une grande révolution au terme de laquelle le pays va retrouver son dynamisme.

Cette renaissance est flagrante dans le domaine des arts. Afin qu'il soit accessible au plus grand nombre, on développe l'éducation, on récuse l'art élitiste et l'on privilégie la gravure et la peinture murale. Dans les lieux publics, Rivera, Orozco, Siqueiros et d'autres peintres créent de vastes fresques flamboyantes qui révolutionnent l'esthétique et surprennent le monde.

Plus réservés, le peintre Carlos Mérida, le graveur Leopoldo Méndez ou le sculpteur German Cueto n'exaltent pas moins la culture populaire sans renoncer aux acquis de l'avant­gardisme européen ou local (le stridentisme !).

À aucun moment, ce mouvement général ne gênera cependant l'activité de créateurs indépendants parfois proches du surréalisme et dignes héritiers des joyeuses parades de squelettes de Posada.

Nommons les méconnus Jean Charlot, Marîa lzquierdo et l'inventif Tamayo, sans oublier la désormais célèbre Frida Kahlo.

Enfin, dans les années 1950, pour se libérer de l'autorité d'aînés qui peinent à se renouveler, de tout jeunes artistes amorcent un tournant qu'on nommera la ruptura.

Cuevas, Echeverrîa, Felguérez et leurs amis nous entraîneront alors vers notre siècle avec dextérité, couleur et humour. »

Dépaysement garanti !

Bernard DELCORD

Les peintres mexicains 1910-1960 par Serge Fauchereau, Paris, Éditions Flammarion, collection « Histoire de l'art », octobre 2013, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

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21 11 13

Un artiste polymorphe…

Félix Vallotton.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la lettre d'information de novembre 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Présentée jusqu'au 20 janvier 2014 aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris, l'exposition intitulée « Félix Vallotton : le feu sous la glace » consacrée à l'essentiel de l'œuvre du peintre anarchiste français d'origine suisse (Lausanne,1865-Paris, 1925) met en lumière les nombreuses facettes du talent de cet artiste touche-à-tout (il fut peintre, illustrateur, graveur, sculpteur, décorateur, critique d'art, dramatique et romancier) dont l'œuvre s'inspira de l'esthétique des Nabis, mais aussi des concepts de  la Nouvelle Objectivité.

L'occasion pour les Éditions Gallimard à Paris de faire paraître, dans un hors-série de la fameuse collection « Découvertes » et sous la plume d'Isabelle Cahn, commissaire de l'événement, un superbe petit Félix Vallotton constitué de 8 modules réunissant une cinquantaine de reproductions en couleurs habilement sélectionnées et artistement décrites.

Un véritable festival de couleurs raffinées !

Bernard DELCORD

Félix Vallotton par Isabelle Cahn, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », octobre 2013, 8 modules en quadrichromie au format 12 x 17 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,90 € (prix France)

 

 

 

Félix Valloton Paysage.jpg

Paysage (1918)

 

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25 10 13

Les couleurs de la capitale wallonne...

Namur vue par les peintres.jpgNotre compatriote Fabien De Roose a fondé en 1991 avec d'autres historiens l'asbl DÉDALE [1] qui a pour but de permettre au plus grand nombre d'amateurs, néophytes ou chevronnés, d'aborder le domaine de l'art et de la culture de manière plaisante et conviviale. Il est aussi guide à la fondation Claude Monet de Giverny depuis deux décennies et il organise des promenades picturales un peu partout (d'Ostende à Pont-Aven en passant par la Catalogne, le sud de la France, la Normandie, Paris, Bruxelles et différentes régions de la Belgique).

Aux Éditions Racine à Bruxelles, il a publié un guide intitulé Namur vue par les peintres dans lequel il propose cinq promenades dans le temps et dans l’espace de la capitale de la Wallonie [2], à la rencontre des œuvres que lui consacrèrent des peintres, professionnels ou du dimanche, connus ou inconnus (Félicien Rops, Ferdinand Marinus, Mecislas de Rakowski, Auguste et Albert Dandoy, Renée Prinz, Henri Somers, François Lorand, Paule Bisman, Marie-Christine Demeure...), qui ont immortalisé le cadre de vie de la cité mosane.

En regard de chaque peinture, une photographie actuelle permet au lecteur de saisir les différences entre le tableau et la vue urbaine actuelle, et de constater les multiples mutations et transformations subies par la ville du XIXsiècle à nos jours.

De bien intéressants contrastes !

Bernard DELCORD

Namur vue par les peintres par Fabien De Roose, Bruxelles, Éditions Racine, collection « Promenades au cœur de la ville », décembre 2012, 152 pp. en quadrichromie au format 16 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,95 €



[1] Avenue de la Nivéole, 10 à 1020 Laeken.

[2] Promenade 1 : autour de la cathédrale ; Promenade 2 : au cœur de la vieille ville ; Promenade 3 : les rives de la Sambre ; Promenade 4 : au fil de la Meuse ; Promenade 5 : la vallée mosane de Namur à Profondeville.

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08 10 13

Belgica fashionista

Mode Anvers L'Académie 50.jpgLe 8 septembre 2013, l'Académie d'Anvers fêtait ses 350 ans d’existence ainsi que les 50 ans de sa section mode par l'inauguration, en ce qui concerne celle-ci, d'une fort belle exposition qui se tiendra au MOMU jusqu’au 16 février 2014 et dont le somptueux catalogue a paru en version française chez Flammarion à Paris sous le titre Mode Anvers L'Académie 50 avec un avant-propos de Jean Paul Gaultier.

En voici la présentation par les commissaires de l'exposition :

« La section mode de l'Académie royale des Beaux-Arts d'Anvers compte assurément parmi les écoles de stylisme les plus prestigieuses au monde.

Créée il y a cinquante ans par Mary Prijot comme section mode et costume de théâtre, l'école connut une internationalisation et une professionnalisation sans précédent à partir des années 1980, sous la direction inspirante de Linda Loppa, puis de Walter Van Beirendonck. La génération des Martin Margiela et des Six d'Anvers – Ann Demeulemeester, Dries Van Noten, Dirk Van Saene, Dirk Bikkembergs, Walter Van Beirendonck et Marina Yee –  y ont largement contribué.

Cet ouvrage invite à explorer ces cinquante années d'histoire de la section mode, sa méthodologie spécifique, son défilé de mode annuel et le parcours de plusieurs générations d'étudiants, parmi lesquels certains créateurs d'exception : An Vandevorst et Filip Arickx (A.F.Vandevorst), Veronique Branquinho, Bernhard Willhelm, Peter Philips, Olivier Rizzo, Bruno Pieters, Kris Van Assche, Christian Wijnants, Peter Piotto ou Haider Ackermann. Bon nombre d'entre eux mènent une carrière internationale en tant que créateur de haute couture, styliste, directeur artistique, artiste maquilleur, d'autres occupent des fonctions influentes sur le devant de la scène ou dans les coulisses de prestigieuses maisons de couture.

Au travers d'archives inédites portant sur la section mode anversoise, ce livre démontre par le texte et par l'image comment l'Académie de mode d'Anvers a su attirer les regards de l'univers de la mode internationale, et ce, depuis plus de cinquante ans. »

Avis aux amateurs de belles choses !

Bernard DELCORD

Mode Anvers L'Académie 50, ouvrage collectif, avant-propos de Jean Paul Gaultier, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2013, 280 pp. en quadrichromie au format 22 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 50 € (prix France)

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02 10 13

Aux origines de l'art...

Art pariétal.jpgDans Art pariétal, un somptueux ouvrage extraordinairement documenté paru aux Éditions du Rouergue à Rodez, Michel Lorblanchet, un éminent spécialiste de l'art préhistorique (il est directeur de recherches honoraire au CNRS), fait l'inventaire des grottes ornées du Quercy en détaillant les grands sanctuaires archaïques [1] et les petits [2] ainsi que les onze sanctuaires magadaléniens du « groupe de Sainte-Eulalie » des vallées du Lot et du Célé [3].

Aboutissement de 45 années de travaux sur le terrain et œuvre de toute une vie, cet album magnifique à la maquette spectaculaire reproduit certes des documents précieux – analyses, relevés, photographies – et pour beaucoup inédits, mais il constitue surtout un témoignage scientifique exceptionnel portant sur la méthodologie des recherches paléographiques au sens large.

Écoutons son éditeur qui en parle avec flamme :

« Suivre ce guide passionné, c'est pénétrer dans les recoins secrets des cavités où souvent se cachent les œuvres pariétales ; c'est voir ce lion de Roucadour émerger soudain au milieu d'une centaine de figurations, après quatre années d'étude ; c'est partager les surprises et les joies de l'archéologue lorsque son dessin lui apprend peu à peu que tel petit animal est un cheval porteur de caractères particuliers tissant aussitôt des relations avec d'autres œuvres dans d'autres cavités, ou que tel autre motif impossible à identifier au premier abord se révèle finalement, par son relevé, un bouquetin allongeant sa tête pour rejoindre la concrétion qui le caractérise en lui servant de cornes ; c'est apprendre que dans telle étroite fissure de Pergouset se loge depuis quinze mille ans un cheval à l'œil incroyablement précis, dessiné en "aveugle", à bout de bras...

Ce livre ambitieux rassemble un texte scientifique, mais abordable par le grand public, faisant état des connaissances sur les grottes ornées de la région, fournissant des inventaires précis des motifs et des relevés infiniment précieux pour toutes les recherches à venir ; des photographies d’ambiance restituant les figures dans leur environnement naturel, en situation dans la grotte ; des relevés en couleur, présentant le détail des figures et des reliefs sur la paroi ; des photographies sur les détails des peintures illustrant et complétant les relevés d’ensemble. »

Pour rappel, l’histoire de l’art commence avec celle de l’homme, il y a 3 millions d’années. Mais entre 35 000 et 12 000 ans avant notre ère, l’expression artistique a connu un essor sans précédent en Europe, voyant naître un grand art animalier. Le Quercy compte à lui seul 28 grottes ornées (sur 150 sites d’art pariétal paléolithique connus en France) et une quarantaine de sites d’art mobilier. Il constitue par ailleurs un centre d’art préhistorique indépendant et original.

Un livre hors des sentiers battus !

Bernard DELCORD

Art pariétal – Grottes ornées du Quercy par Michel Lorblanchet, Rodez, Éditions du Rouergue, septembre 2010, 445 pp. en quadrichromie au format 29 x 26 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49,70 € (prix France)



[1] Pech-Merle, Marcenac, Cougnac, Les Fieux, Roucadour, Les Merveilles.

[2] Grottes de Combe-Nègre, de Janoye, de Mayrière Supérieure, du Cantal, du Cuzoul des Brasconies, des Escabasses, du moulin de Laguenay et de Foissac.

[3] Les rottes ornées de Sainte-Eulalie, Pergouset, Le Moulin, Christian, les rennes de la Bigourdane et du Bougnetou, les bas-reliefs de la Magdeleine-des-Albis, les figurations pariétales des grottes et abris de Carriot, Lagrave et Pestillac ainsi que celles de Murat.

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28 09 13

Un artiste aux mille talents !

Marcel Broodthaers Livre d'images.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/09/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Les Éditions Flammarion à Paris ont publié, conçu par sa fille Marie-Puck, un splendide album en couleurs intitulé Marcel Broodthaers – Livre d'images consacré à l'œuvre du grand artiste plasticien bruxellois qui aurait eu 90 ans le 28 janvier prochain (né en 1924, il est décédé en 1976).

L'immense talent et l'humour bien belge de ce météore du surréalisme s'exprimèrent de cent façons (poésies, manuscrits, typographies, gravures, sculptures, peintures, assemblages, accumulations, ready-mades, photographies, montages de diapositives, films...), en ce compris les expositions qu'il concevait comme des happenings tout à la fois forts et éphémères, occasions de réfléchir à l'art de montrer et de voir.

Ses variations sur des casseroles de moules – l'une de ces casseroles devenant à l'occasion Moule de moules –ou bien sa platée de frites noires en bois, par exemple, ou encore son fémur d'homme belge (un os aux couleurs du drapeau de Ce Pays), frappèrent le public et demeurent désormais dans les musées internationaux – ainsi que dans toutes les mémoires.

Et les 500 magnifiques illustrations de cet ouvrage sont, elles aussi, très bellement et très joyeusement percutantes !

Une bien agréable façon de muser dans un musée imaginaire...

Bernard DELCORD

Marcel Broodthaers – Livre d'images, par Marie-Puck Broodthaers, textes de Wilfried Dickhoff et Bernard Marcadé, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2013, 280 pp. en quadrichromie au format 22 x 28,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 65 € (prix France)

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