14 12 10

Un album déridant...

Gil Jourdan L’intégrale 4.jpgAu tournant des années 1970, Maurice Tillieux, qui en rédigea les scénarios avec l’immense talent qu’on lui connaît, confia le dessin de Gil Jourdan à son confrère Gos pour la réalisation de quatre derniers albums, que les Éditions Dupuis ont réunis récemment dans un fort bel album paru récemment sous le titre Gil Jourdan L’intégrale 4 (il s’agit de Carats en vrac, de Gil Jourdan et les fantômes, de Sur la piste d'un 33 tours et d’Entre deux eaux), une compilation qui clôture la réédition de toutes les aventures du jeune détective impassible, de son adjoint hilare et de l’inénarrable commissaire Hannibal Crouton.

Malheureusement interrompue par la disparition accidentelle de Maurice Tillieux en 1978, la série connut donc ses derniers moments sous le pinceau de Gos, bien connu des habitués du Journal de Spirou de l'époque. Ancien du studio Peyo, il collabora entre autres avec André Franquin sur les planches de Panade à Champignac et avec François Walthéry sur celles du Cirque Bodoni, avant de créer son propre personnage, le "Scrameustache".

Si la patte de Gos s’avère, et c’est bien normal, quelque peu différente de celle du créateur de Gil Jourdan et de Libellule, il n’en est pas moins vrai que le résultat est à la hauteur du talent du maître, et que la lecture des aventures du Rouletabille parisien n’a pas pris une ride…

 

Bernard DELCORD

 

Gil Jourdan L’intégrale 4 par Maurice Tillieux, Marcinelle, Éditions Dupuis, novembre 2010, collection « Les intégrales Dupuis », 256 pp. en quadrichromie au format 22 x 31 cm sous couverture cartonnée, 24 €

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17 11 10

Pro magna imperii gloria

Pour l'Empire (1, L'Honneur).gifLe texte ci-dessous a été mis en ligne le 17/11/2010 sur le site du magazine satirique belge Satiricon.be (www.satiricon.be) :

 

Depuis le printemps dernier, Bastien Vivès et Merwan Chabane publient une trilogie héroïco-fantastique dans l'excellente collection « Poisson Pilote » des Éditions Dargaud à Paris. Dessinant et scénarisant à quatre mains, ils invitent à suivre les péripéties de militaires chargés de repousser les frontières d'un empire fabuleux. Glorim Cortis, meneur d'hommes né, dirige une compagnie qui compte dans ses rangs l'élite des troupes impériales : Virgil, éclaireur à l’œil aussi acéré que sa libido ; Geriatuccino, archer lunatique, mais mortel ; Angox, jeune recrue prometteuse ; Calma, bras droit du général Glorim ; Statum, terreur des armées adverses et Victari, mage qui parle avec les dieux.

En trois tomes (L’Honneur, Les Femmes, La Fortune), ces héros affronteront des adversaires aussi divers qu’allégoriques, parmi lesquels la morosité du désert, des hommes aux coutumes barbares, des femmes mantes religieuses.

C’est un tour de force que réussissent les auteurs : ils racontent, au travers de dessins entre fauvisme et impressionnisme et en dépit d’une grande économie de phylactères, une aventure polysémique tout en créant un univers original, passionnant et haut en couleurs. C’est d’ailleurs à un rythme haletant que l’on tourne les pages de ces deux opus qui forment d’ores et déjà les premiers volets réussis de cette œuvre.

Pour l'Empire (2, Les Femmes).gifNul doute que les amateurs du genre apprécieront le cadeau que leur fait « Poisson Pilote » pour ses 10 ans !

 

ÉLIOGABALE

 

Pour l’Empire par Merwan Chabane & Bastien Vivès, Paris, Éditions Dargaud (collection « Poisson Pilote »), 2 tomes parus, mars et août 2010, 55 et 56 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 10,95 € chacun

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20 10 10

Des BD à déguster avec ferveur et sans modération !

Orval 1.gifJean-Claude Servais, le dessinateur gaumais bien connu, a relevé un challenge de taille : créer en deux tomes sobrement intitulés Orval une bande dessinée dont l’héroïne principale est la tout aussi gaumaise abbaye brassicole. Revenant sur la légende qui valut son nom au Val d'Or, découvert en 1070 par des moines bénédictins à la recherche d’un endroit pour édifier leur abbaye, le dessinateur mêle les personnages et les époques dans un récit tout en allusions subtiles qui relate les causes de la destruction au canon de l’abbaye par les sans-culottes en décembre 1793, puis la naissance d’une autre légende relative au trésor que les moines y auraient dissimulé dans ses souterrains.

En évoquant, à travers des épisodes marquants, la fondation, le rayonnement et la décadence de l'abbaye d'Orval, l’auteur brosse le portrait d'un ordre religieux animé d'un idéal de pureté, rattrapé par les turpitudes de ce monde.

Il raconte aussi l'histoire de deux hommes que tout sépare, mais dont la destinée se retrouve liée par l'abbaye. L'un y est moine et reste dans ses parages alors même qu'elle n'existe plus, tandis que l'autre en convoite les richesses supposées. Le drame, noué avant même la Révolution, éclate lorsque le fils illégitime du second surgit, et essaie d'arracher au moine reclus dans la forêt le secret de ce fameux trésor.

Les planches de cette fresque sont littéralement époustouflantes, en particulier celles représentant les bâtiments splendides de ce qui fut l’un des palais les plus mirifiques de la chrétienté occidentale. Le scénario, elliptique, ouvre à la rêverie historique et à la méditation philosophique, tandis que les êtres de chair et de sang (les femmes, en particulier) qui jalonnent le récit mêlent beauté physique et évanescence délicate dans un brassin d’images hautes en couleur.

 

Orval 2.jpgBernard DELCORD

 

Orval 1 et Orval 2 par Jean-Claude Servais, Marcinelle, Éditions Dupuis, novembre 2009 et octobre 2010, chacun 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleur, 14,50 €

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11 09 10

„Ein Volk, ein Reich, zwei Führer!“

Le fils d'Hitler.gifLes aventures en bandes dessinées muettes de Dickie, Le fils d’Hitler (par Pieter De Poortere aux Éditions Glénat) laissent le lecteur pantois ! Ainsi donc, il est possible de faire sourire et même rire en prenant pour « héros » un personnage comme Hitler, en lui inventant une progéniture secrète conçue en Flandre, sans jamais verser dans la banalisation de l’ignominie totalitaire ni dans la connivence du clin d’œil…

L’auteur, un jeune (il est né en 1976) dessinateur flamand de très grand talent, conjugue à un graphisme faussement naïf cet humour décapant et décalé qui sied si bien au surréalisme belge pour camper l’essentiel en quelques planches : la guerre de 14-18, le monorchisme d’Hitler, la nature intrinsèquement vulgaire du nazisme, la monstruosité de l’antisémitisme, les combats de 1944-45, la Shoah, la Résistance, la débâcle du régime hitlérien et la fuite de ses chefs en Amérique latine…

On croise Goebbels, Goering, le docteur Mengele, Eva Braun, mais aussi Churchill, Staline, un pilote américain ou Claus Schenk von Stauffenberg, l’artisan de l’attentat du 20 juillet 1944 contre le Führer. On décode des fresques (la guerre des tranchées, le Berghof –la résidence d'Hitler en Bavière– la côte normande avant le débarquement, l’entrée et les abords d’Auschwitz, la chute de Berlin ou encore le palais présidentiel de Juan Peron à Buenos-Aires) composées sur le thème des célèbres « Où est Charlie ? »…

Et on se gondole des inventions de l’auteur : la façon dont le caporal apprenti artiste peintre a perdu son testicule, la manière dont il engrosse une infirmière militaire, les tentatives pour exaucer les velléités de maternité d’Eva Braun (y compris en recourant au Viagra, dont les effets surprennent : ils ne font lever que le bras droit d’Adolf…), la vie du fils inconnu du tyran, les méprises qui font déporter comme juif et classer comme homosexuel ce gros garçon pataud, pas « Übermensch » pour un Reichsmark… La mégalomanie fasciste est décrite dans tous les coins : haies taillées en svastikas, monuments funéraires itou, et même le jeu de l’oie personnel du dictateur.

Une réussite totale, puisqu’on retrouve l’âme de Charlie Chaplin dans cet album, et aussi celles de Roberto Benigni (le cinéaste de La vita è bella) et de Dani Lévy (le réalisateur du très déjanté Mein Führer), mais mâtinées de l’esprit flandrien des compères Nix et Johan De Moor, ces grands maîtres de l’absurde hilarant !

Bernard DELCORD

 

Le fils d’Hitler par Pieter De Poortere, Grenoble, Éditions Glénat, collection « 1000feuilles », juin 2010, 59 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15 € (prix France)

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14 08 10

Un héros en or de l’âge d’or…

Gil Jourdan L’intégrale 3.gifPoursuivant la réédition en forts volumes des aventures du personnage-fétiche du bédéiste belge Maurice Tillieux (1921-1978), les Éditions Dupuis ont fait paraître récemment un savoureux album intitulé Gil Jourdan L’intégrale 3 rassemblant les albums du maître parus dans Le Journal de Spirou entre 1964 et 1970, à savoir Le Gant à trois doigts, Le Chinois à deux roues, Chaud et froid et Pâtée explosive, de petites merveilles d’humour et d’inventivité, agrémentées ici de quelques histoires courtes et de l’un ou l’autre inédit de la même période.

On sait combien le scénariste d’alors des aventures de Tif et Tondu et de Jess Long, par ailleurs auteur des jours de l’inénarrable César, excellait dans la ligne claire à la Hergé, la restitution des ambiances à la Simenon, les dialogues à la Michel Audiard et les jeux de mots à la Raymond Devos lorsqu’il se mettait devant sa planche à dessin pour créer ces chefs-d’œuvre (il n’y a pas d’autre mot) que sont les aventures de l’enquêteur Gil Jourdan, du commissaire Hannibal Crouton et de leur inénarrable comparse Libellule, un ci-devant tôlard amateur de calembours.

Et si on l’ignore, il faut se précipiter chez son libraire, toutes affaires cessantes ! À moins d’avoir choisi de mourir idiot, bien entendu…

Bernard DELCORD

 

Gil Jourdan L’intégrale 3 par Maurice Tillieux, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2010, collection « Les intégrales Dupuis », 237 pp. en quadrichromie au format 22 x 31 cm sous couverture cartonnée, 24 €

 

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08 08 10

Chouette, revoilà Coluche !

Chez Francisque, tome IV, Tout fout le camp.gif

Le bistrot « Chez Francisque » est un repaire cradingue de poivrots sales et méchants dont la vie est dépeinte de manière décapante par Yan Lindingre et Manu Larcenet dans une série BD éponyme qui paraît chez Dargaud. Son tome IV, intitulé Tout fout le camp, vient de sortir et il n’est vraiment pas triste ! Car les ivrognes, les prostituées de bas étage et les demeurés qui s’y rincent la dalle à grands coups de jaja ne manquent ni de salacité ni de sagacité pour exposer plus clairement que bien des penseurs patentés les ressorts de la condition humaine…

Des exemples ? Un buveur : « Le bac, tu parles ! Maintenant tout le monde peut l’avoir… Aujourd’hui, tu peux aussi bien passer ton bac de client ou de serveur ! » Son copain : « Et alors ? Toi, tu serais foutu de rater ton bac de client ! » ; Le dragueur : « Excusez-moi, mais votre tête me dit quelque chose… » La morue : « Elle te dit merde ! » ; « L’épouse : « Maintenant, tu choisis : c’est moi ou le Ricard ! » Le mari : « Laisse-moi réfléchir… devant un Ricard ! » ; Un petit bonhomme au bar : « Le travail des enfants, je ne suis pas forcément contre… Il y a même certains avantages, par exemple on n’est pas obligé de les payer ! » ; L’amoureux : « Je t’aime plus qu’hier, mais bien moins que demain ! » Sa dulcinée avinée : « Ah ouais ? Ben, repasse plutôt demain, alors… » ; Un mec balèze : « Les gosses, faut leur cogner sur la gueule, sinon y a rien à en tirer ! » Son pote de comptoir : « Allons bon… Et de quoi tu parles ? T’as même pas d’enfant… » Le costaud : « Figure-toi que j’ai moi-même été fils ! »

De beaux spécimens d’humanité, en vérité ! Des self-made men comme on en voit tant, qui se sont fait tout seuls mais, comme disent les auteurs, sans avoir été trop regardants sur les finitions…

Bernard DELCORD

 

Chez Francisque, tome IV, Tout fout le camp par Yan Lindingre & Manu Larcenet, Paris, Éditions Dargaud, juin 2010, 47 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleur, 13,50 €

 

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04 08 10

Talents au cube !

Saint-Exupéry, le dernier vol.gif

Quand deux auteurs talentueux d’origine italienne traitent de la fin tragique d’un auteur français talentueux, cela donne chez Casterman à Bruxelles une bande dessinée intitulée Saint-Exupéry, le dernier vol réalisée par Hugo Pratt et préfacée par Umberto Eco, excusez du peu ! On se souvient que le pilote lyonnais engagé en 1926 par la société Latécoère (future Aéropostale, elle-même futur Air France), par ailleurs auteur de Courrier Sud (1929), de Vol de nuit (1931, Prix Femina) et de Terre des hommes, (1939, Grand prix du roman de l'Académie française & National Book Award, USA), né en 1900, est mort pour son pays aux commandes d’un Lightning P-38 qui fut abattu par la chasse allemande le 31 juillet 1944. L’introduction de cet album d’hommage est épatante, le récit habilement (dé)construit, les dessins allusifs et propices à la méditation, les références littéraires subtiles, le « making of » intéressant, la biographie esquissée et le père du Petit Prince (paru en France à titre posthume en 1945) définitivement ressuscité, l’air de rien… Celui des cimes, bien entendu !

Bernard DELCORD

 

 

Saint-Exupéry, le dernier vol par Hugo Pratt, préface d’Umberto Eco, Bruxelles, Éditions Casterman, janvier 2010, 80 pp. en quadrichromie au format 21,7 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleur, 19,00 €

 

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24 06 10

La faute à pas de chance…

Une chance sur un millionUne chance sur un million... C’est peut-être la probabilité que l’enfant auquel vous donnerez la vie soit handicapé. Très tôt après la naissance de Laia, le diagnostic de la déficience cérébrale tombe. Une chance sur un million, c’est aussi la probabilité que la petite fille s’en sorte...
Ses parents, Cris et Migue, entourés de leur famille et de leurs amis, doivent trouver la force d’affronter cette lourde réalité.
C’est donc un thème délicat qu’aborde de manière autobiographique le couple de bédéistes espagnols Cristina Durán et Miguel Giner Bou dans leur ouvrage sensible justement intitulé Une chance sur un million récemment traduit en français chez Dargaud à Bruxelles. Entre les innombrables examens médicaux, l’allaitement difficile, les séances de massage et de rééducation, les soins pénibles et les pesantes contraintes quotidiennes ; entre l’espoir intense et le désespoir accablant, la tristesse face au sort et la joie infinie à chaque progrès de l’enfant, les auteurs témoignent simplement et en toute pudeur d’un cheminement qu’ils ont vécu au plus profond d’eux-mêmes. Le récit, nuancé et subtil, est élaboré selon une double narration, celle d’un couple soudé face à son drame et à son bonheur, accroché à cette fameuse chance sur un million que leur fille vive et grandisse... L’image, dans son pouvoir créatif et métaphorique, est maîtrisée d’un excellent coup de crayon, participant pleinement à l’émotion et à l’art du ressenti qui fait de cet ouvrage une talentueuse et touchante réussite.
Maryse DELCORD

Une chance sur un million par Cristina Durán et Miguel A. Giner Bou, traduit de l’espagnol par Geneviève Maubille, Bruxelles, Dargaud, mars 2010, 128 pp. en quadrichromie au format 24 x 18 cm sous couverture cartonnée en couleur, 14,50 €

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07 06 10

Le livre noir de Léopold II

Africa Dreams, L’ombre du roiParu récemment chez Casterman à Bruxelles, le tome 1, intitulé L’ombre du roi, de la série BD Africa Dreams (dont le scénario a été rédigé par Maryse & Jean-François Charles et les dessins –remarquables– ont été exécutés par Frédéric Bihel), fera sans doute grincer quelques dents… On y voit en effet le jeune Paul, un prêtre novice, se lancer à la recherche de son père, le docteur Delisle, qui a fui la Belgique pour des raisons graves et obscures en y abandonnant sa famille avant de faire fortune et de refaire sa vie au Congo, à l’époque où Henry Morton Stanley (1841-1904) raffermissait l’œuvre de son commanditaire, le roi Léopold II (1835-1909). Sur son chemin de Damas, ce Paul affrontera la nature et croisera la cruauté des hommes, en particulier de ceux qui n’hésitaient pas à couper des mains noires par bêtise, méchanceté et cupidité… Si le portrait n’est guère flatteur pour le souverain de l’État indépendant du Congo, une postface de Colette Braeckman remet les pendules à l’heure en rappelant que si le deuxième souverain des Belges a, de nos jours, une belle quantité de détracteurs, en particulier dans le monde anglo-saxon où il est devenu l’archétype de la cruauté et de l’appât du gain, et que s’il suscite incontestablement en Belgique, et ce depuis plus de 110 ans, une certaine gêne à la suite des révélations du consul britannique à Boma Roger Casement (1864-1916), il est tout simplement, pour les Congolais d’aujourd’hui, le fondateur de leur pays auquel il a donné ses frontières, qu’ils défendent en « combattant, au nom du rêve fondateur de Léopold II, toutes les tentatives de balkanisation de leur vaste territoire… » Un comble… ou un hommage ?
Bernard DELCORD

Africa Dreams, tome 1 : L’ombre du roi, scénario de Maryse & Jean-François Charles, dessins de Frédéric Bihel, postfaces d’Arnaud de la Croix et Colette Braeckman, Bruxelles, Éditions Casterman, mars 2010, 60 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleur, 12,50 €

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01 06 10

Les chemins de la liberté

Liberty Le récit de Liberty, un album BD de Warnauts & Raives paru chez Casterman à Bruxelles, débute à Kinshasa en 1974, à l’époque du fameux match de boxe qui opposa Mohamed Ali à George Foreman, et de l’African Woodstock qui eut lieu à cette occasion dans la capitale zaïroise, avec le chanteur américain James Brown pour vedette principale. La jeune Tshilanda, 16 ans et fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international façon Memling ou Intercontinental, forcée par le manager blanc du groupe de James Brown, se retrouve enceinte. Pour éviter le scandale, il faut qu’elle quitte le Zaïre. Deux hommes au grand cœur, un jeune diplomate français et un musicien noir américain de Harlem, ancien G.I. du Vietnam devenu le batteur de James Brown, lui permettront d’obtenir une green card et d’entrer légalement aux USA, où elle accouchera d’une petite Liberty, la narratrice de sa propre histoire. Entre présent et passé (l’ouvrage se clôt avec l’élection de Barack Obama), récit direct et flash-back, Afrique et Amérique, recherche des origines et métissage, une belle histoire personnelle, un récit de vie réaliste et optimiste rappelant, si besoin était, que la femme demeure, de génération en génération, l’avenir de l’homme…
Bernard DELCORD

Liberty par Warnauts & Raives, Bruxelles, Éditions Casterman, collection « Univers d’auteurs », janvier 2010, 64 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleur, 15 €

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