01 06 10

Les chemins de la liberté

Liberty Le récit de Liberty, un album BD de Warnauts & Raives paru chez Casterman à Bruxelles, débute à Kinshasa en 1974, à l’époque du fameux match de boxe qui opposa Mohamed Ali à George Foreman, et de l’African Woodstock qui eut lieu à cette occasion dans la capitale zaïroise, avec le chanteur américain James Brown pour vedette principale. La jeune Tshilanda, 16 ans et fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international façon Memling ou Intercontinental, forcée par le manager blanc du groupe de James Brown, se retrouve enceinte. Pour éviter le scandale, il faut qu’elle quitte le Zaïre. Deux hommes au grand cœur, un jeune diplomate français et un musicien noir américain de Harlem, ancien G.I. du Vietnam devenu le batteur de James Brown, lui permettront d’obtenir une green card et d’entrer légalement aux USA, où elle accouchera d’une petite Liberty, la narratrice de sa propre histoire. Entre présent et passé (l’ouvrage se clôt avec l’élection de Barack Obama), récit direct et flash-back, Afrique et Amérique, recherche des origines et métissage, une belle histoire personnelle, un récit de vie réaliste et optimiste rappelant, si besoin était, que la femme demeure, de génération en génération, l’avenir de l’homme…
Bernard DELCORD

Liberty par Warnauts & Raives, Bruxelles, Éditions Casterman, collection « Univers d’auteurs », janvier 2010, 64 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleur, 15 €

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

26 04 10

19 septembre 1969 : les Soviétiques sont sur la Lune !

JOUR JEt si le 21 juillet 1969, Apollo XI avait explosé à cause d'une météorite ? Les Russes auraient aluni les premiers changeant le cours de l'Histoire. Et que se passerait-il à partir de là ? On appelle cela une uchronie, à laquelle nous invitent Fred Duval et Jean-Pierre Pécaud dans cette BD (géniale) où les blocs est et ouest se font la guerre froide sur notre satellite. Car pour reprendre la main, le président Nixon a décrété que la victoire se jouerait dans l'occupation de la Lune.
Cela nous vaut un passé-présent très différent de celui que nous avons connu-connaissons, passé-présent qui est le cadre d'une aventure en un tome. Génial, je vous dis.
Et ce n'est pas fini : écoutez Fred Duval, le co-scénariste de cette série sur un même thème qui s'annonce. Bien des surprises et du plaisir nous attendent.

  FRED DUVAL - Brice Depasse 1
  FRED DUVAL - Brice Depasse 2

Jour J : les Russes sur la Lune, Duval, Pécau & Buchet, Delcourt, avril 2010, 56p., 13€95.

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 03 10

Léonard, 40° génie

LEONARD35 ans et 40 tomes de génie, de bête journée qui commence en réveillant le disciple dès potron-minet, de miauleries de Raoul et de citations du crâne. ais qu'est-ce qu'il va encore inventer ? Nous n'allons évidemment pas casser les chutes des gags de ce volume qui débute par une aventure stevensonienne (mot que nous inventons sous l'égide léonardienne) en plusieurs pages et dans laquelle Léonard, découvrant que son disciple a revendu ses inventions géniales à des brocanteurs se retrouve par inadvertance en possession d'une carte au trésor.
On retrouve toujours avec autant de plaisir ce quartier imaginaire de Florence ou de Milan (allez savoir !) où l'humour absurde et potache au second degré de Bob De Groot se marie avec tant de bonheur au trait de Turk.
35 ans : quel bail, quelle emphytéose !

Bob De Groot interviewé par Jean Evrard dans des décors de Turk.

Léonard, tome 40, Un trésor de génie
, Turk & De Groot, Le Lombard, mars 2010, 48p., 9€95 env.

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (3) |  Facebook | |

20 03 10

De kat is Geluckig

GELUCK KAT"Après Le Chat est content et De Kat is tevreden, voilà que les Éditions Casterman à Bruxelles font paraître De Kat ès véés kontènt, une version en patois bruxellois de l’album désopilant de Philippe Geluck, dans laquelle la gouaille et l’insolence mâtinées de réflexions paradoxales se déploient avec un naturel et une suavité dignes de l’antique."
Et nous abondons dans le sens de ce qu'écrivait notre excellent confrère Bernard Delcord il y a quelques semaines dans ces colonnes. Depuis Le mariage de mademoiselle Beulemans et Bossemans et Coppenolle, nous savions que le parler bruxellois est le parfait idiome de la zwanze. Si pour le comprendre, il faut être un echte Brusseleer ou à tout le moins manier un minimum la langue flamande, Nicky a posé ses micros dans 'staminet du centre de Bruxelles pour y recueillir les confidences de Flup'ke Geluck et de son traducteur, Joseph Justens.

  JOSEPH JUSTENS - Nicky Depasse
  PHILIPPE GELUCK - Nicky Depasse

De Kat ès véés kontènt par Flup’ke Geluck, traduction en bruxellois par Joseph Justens, Bruxelles, Éditions Casterman, février 2010, 48pp. en quadrichromie au format22,7 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleur, 10,40 €

GELUCK JUSTENSPhoto : Charles- Louis Detournay

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 02 10

Drôleries au carré

De Kat ès véés kontèntAprès Le Chat est content et De Kat is tevreden, voilà que les Éditions Casterman à Bruxelles font paraître De Kat ès véés kontènt, une version en patois bruxellois de l’album désopilant de Philippe Geluck, dans laquelle la gouaille et l’insolence mâtinées de réflexions paradoxales se déploient avec un naturel et une suavité dignes de l’antique.
Car s’il est une chose dont on peut être certain en ce bas monde, c’est que la langue de Quick et Flupke, de Jef Kazak, de Virgile et du Manneken-Pis est intrinsèquement
– et carrément – drôle !
Et que par conséquent la rencontre du parler brusseleir et des cogitations du Chat ne pouvait que déboucher sur le titre de notre article…

Bernard DELCORD




De Kat ès véés kontènt par Flup’ke Geluck, traduction en bruxellois par Joseph Justens, Bruxelles, Éditions Casterman, février 2010, 48pp. en quadrichromie au format
22,7 x 30,4 cm sous couverture cartonnée en couleur, 10,40 €

De Kat ès véés kontènt (dessin)

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 02 10

Le dessin comme dessein

Filiation SchuitenParu aux Éditions Versant Sud à Bruxelles, l'ouvrage de Philippe Marion intitulé Filiation Schuiten analyse la culture familiale du visuel et du dessin transmise par Robert Schuiten (le célèbre architecte bruxellois, décédé en 1997) à ses enfants et petits-enfants, Luc, François, Christine, Marie Van Hasselt et son fils Thierry, Maïté et Alban...
Une filiation durablement marquée par le sceau de l'architecture, lequel souligne l'importance du dessin préliminaire aux plans : « Chez les Schuiten, le dessin nourrit l'intention créatrice, le dessein de construire ».
Veuf d'un premier mariage – Simone Louwers mourra d'une hémorragie à la naissance de leur sixième enfant – Robert Schuiten épousera Mady De Maeyer dont il aura deux enfants, François et Bernadette.
Patriarche d'une famille nombreuse bourgeoise et catholique, despote éclairé, Robert Schuiten établira une véritable sélection affective de la famille par le biais du dessin et des dispositions manifestées. Des séances collectives de dessin sont organisées en famille qu'il considère comme l'activité la plus gratifiante. Abondamment illustré des projets et réalisations du célèbre architecte, l'ouvrage de Philippe Marion s'emploie aussi à démontrer l'inscription de l'art de Luc et de François, BD, affiches et travaux de scénographie, dans cette culture familiale basée sur la passion visuelle.
Apolline ELTER

Filiation Schuiten par Philippe Marion, Bruxelles, Éditions Versant Sud, 2009, 176 pp. en quadrichromie au format 23 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleur, 39,50€

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

30 01 10

BD X

EpoxyL'article ci-dessous a paru dans la livraison du
27 janvier 2010 de l'hebdomadaire satirique
PAN à Bruxelles :

En 1966, Jean Van Hamme, cadre d’une multinationale, rencontre Paul Cuvelier, le dessinateur de Corentin, qui lui demande un scénario exaltant l’érotisme du nu féminin… Deux ans plus tard, en plein bouzouf soixante-huitard, Epoxy (que Le Lombard à Bruxelles vient de rééditer dans une version de luxe) voyait le jour, une jeune fille du XXe siècle qu’un accident maritime en Grèce a expédiée dans une sorte de coma antique. Elle y abordera à l’île des Amazones, et fera ensuite la rencontre (bien souvent amoureuse) d’Hypolite – qui est une femme –, d’un centaure, d’Héraklès, de Thésée, d’Hermès, d’Aphrodite, de Zeus, d’Héra, de Priape, de Psyché, de Dionysos, de Silène, d’Éros, d’Hadès, de Mégère, de Perséphone… L’occasion pour les auteurs d’une belle débauche de dessins en noir et blanc explicites, allusifs ou suggestifs (mais toujours en deçà des limites de la décence) et pour le lecteur… de revoir ses classiques anciens d’un œil (soixante-) neuf !
PANTHOTAL

Epoxy par Paul Cuvelier et Jean Van Hamme, Bruxelles, Le Lombard, décembre 2009,
70 pp. en noir et blanc au format 24 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en quadrichromie, reliure toile, 20,00 €

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 01 10

Une grossesse multiple

Naissances de la bande dessinéeDans un fort album intitulé Naissances de la bande dessinée paru aux Impressions Nouvelles, catalogue de l’exposition éponyme présentée à la Maison Autrique (Bruxelles) jusqu’au 28 avril 2010, le scénariste, professeur et théoricien Thierry Smolderen montre que « l'origine de cette forme est liée à une autre naissance : celle du roman moderne, qui émerge en Angleterre au cours du XVIIIe siècle. L'œuvre satirique du peintre et graveur William Hogarth a ouvert la voie, menant à des échanges d'un genre nouveau entre l'image et les médias de l'âge moderne. Au XIXe siècle, le courant impulsé par Hogarth est resté l'affaire exclusive d'un groupe particulier de dessinateurs, les illustrateurs humoristiques, qui mettent leur culture de l'image au service de la parodie, en cultivant l'art de l'hybridation stylistique. Fascinés par le graffiti, le dessin d'enfant et les images marginales, ils sont les premiers à s'emparer des médias émergents, qu'ils schématisent et combinent dans une perspective ironique. Depuis Rodolphe Töpffer, ils prennent aussi un malin plaisir à interroger les idiomes séquentiels du monde industriel à partir du passé naïf des histoires en images populaires. La bande dessinée moderne s'est forgée dans ce creuset résolument polygraphique qui n'a manqué aucune des révolutions majeures menant à l'âge audiovisuel. » Cet ouvrage – qui constitue aussi une véritable anthologie intelligemment illustrée – « éclaire donc les pièces d'un puzzle que nous croyions pourtant si bien connaître : loin d'être orpheline, la bande dessinée y apparaît comme la principale héritière d'une culture de l'image lisible aussi ancienne que l'image imprimée. La bulle, la ligne claire, l'action progressive, la mise en abîme ironique et jusqu'à la physique délirante des toons l'inscrivent dans une généalogie beaucoup plus riche que ne le soupçonnent les auteurs eux-mêmes. Son dialogue initial avec le roman d'avant-garde du XVIIIe siècle et le livre romantique, sa longue cohabitation avec les rythmes de la presse illustrée, sa symbiose avec le cinéma en font même l'ouvroir potentiel de l'image contemporaine par excellence. » Une belle et bonne leçon contre les contempteurs du IXe art !
Bernard DELCORD
Naissances de la bande dessinée de William Hogarth à Winsor McCay par Thierry Smolderen, Bruxelles, Les impressions Nouvelles, novembre 2009, 144 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 34,5 cm sous couverture cartonnée en quadrichromie, 29,50 €

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (1) |  Facebook | |

29 12 09

Tintin contre les fachos

Le sceptre d'OttokarC’est en 1942 que parut pour la dernière fois en noir et blanc l’album des aventures de Tintin dans lequel le célèbre reporter se frottait à des comploteurs d’extrême droite d’Europe centrale façon Corneliu Codreanu et sa légion de la Garde de Fer en Roumanie, Ferenc Szálasi et son parti des Croix fléchées en Hongrie ou Ante Pavelić et ses Oustachis en Croatie. Le sceptre d’Ottokar avait été publié en feuilleton dans le Petit Vingtième, le supplément illustré pour jeunes du quotidien bruxellois Le Vingtième Siècle, entre le 4 août 1938 et le 10 septembre 1939, c’est-à-dire au paroxysme de la montée des périls sur le Vieux Continent, avant de paraître en album la même année, avec succès (l’édition de 1942 annonce 20 000 exemplaires déjà vendus, un tabac pour l’époque). En 1947, cette bande dessinée reparaîtra en couleurs, dans une version remaniée. Les Éditions Casterman à Bruxelles ressortent aujourd’hui l’ouvrage en fac-similé strictement conforme à l’édition originale (couverture non pelliculée, dos toilé, papier épais, grandes cases en noir et blanc, 4 pleines pages en quadrichromie…), un must pour les tintinophiles… et les historiens en herbe !
Bernard DELCORD

Le sceptre d’Ottokar par Hergé, fac-similé de l’édition de 1942, Bruxelles, Éditions Casterman, octobre 2009, 107 pp. en noir et blanc au format 23,7 x 30,8 cm sous couverture cartonnée en couleur, 20 €

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 12 09

Une résurrection !

Spirou et FantasioLes Éditions Dupuis à Marcinelle ont publié tout récemment, sous le titre de Spirou et Fantasio, un fac-similé très soigné (avec couleurs, trame, format et finition d'origine) de l’album, paru en 1948, regroupant les quatre premières aventures de ces deux héros dessinées par Franquin, aventures au cours desquelles celui-ci se démarque du style de son maître, Jijé, et affirme progressivement le sien. Il s’agit de Fantasio et son tank, de Les maisons préfabriquées, de L’héritage de Spirou et de Le savant fou (alias Radar le robot), des histoires échevelées et bon enfant, un peu naïves certes, mais dans lesquelles point ci et là une patte de maître en devenir, celle de l’inventeur, par la suite, du marsupilami, de Gaston Lagaffe et des meilleures planches du Trombone illustré de joyeuse mémoire. Avis aux collectionneurs et autres bédéphiles !
Bernard DELCORD

Spirou et Fantasio par Franquin, Marcinelle, Éditions Dupuis, novembre 2009, 102 pp. en quadrichromie au format 22,4 x 23,7 cm sous couverture cartonnée en couleur reliée toile, 32 €

Écrit par Brice dans B.D. | Commentaires (0) |  Facebook | |