08 11 17

« La pluie est traversière / elle bat de grain en grain / quelques vieux chevaux blancs / qui fredonnent Gauguin… » (Jacques Brel – Les Marquises)

Gauguin (cover).jpgPaul Gauguin (1848-1903) est l’un des peintres français majeurs du XIXe siècle et l’un des plus importants précurseurs de l’art moderne.

Une exposition intitulée Gauguin l’alchimiste lui est consacrée à Paris au Grand Palais jusqu’au 22 janvier 2018 par l’Art Institute of Chicago, l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.

Elle retrace son étonnante carrière, dans laquelle il a exploré les arts les plus divers : peinture, dessin, gravure, sculpture, céramique... et les chefs-d’œuvre réunis pour l’occasion mettent en avant le travail de l’artiste sur la matière ainsi que son processus de création : Gauguin va bâtir son art sur la répétition de thématiques et de motifs récurrents.

Cet événement majeur est l’occasion pour les Éditions Flammarion de ressortir l’incontournable Gauguin de l’historienne de l'art et conservatrice de musées Françoise Cachin (1936-2011) paru en 1988, un essai biographique magistral richement illustré et habilement développé.

En voici la présentation de l’éditeur :

« Unique à bien des égards, la vie romanesque Gauguin est tout compte fait bien moins extraordinaire que son itinéraire de peintre qu'elle occulte souvent. Ce livre, ici réédité, retrace l'aventure artistique de Gauguin et de sa génération et les étapes majeures de l'évolution de son œuvre, à travers une abondante illustration et l'analyse d'une centaine de ses œuvres – tableaux, dessins, sculptures.

Des commentaires des tableaux au texte, on suit les interrogations et les doutes de l'artiste, ses enthousiasmes et ses brouilles, l'aventure tragique d'Arles avec Van Gogh, jusqu'au départ pour les îles. À Tahiti puis aux Marquises, on le sait, Gauguin veut retrouver la naïveté des premiers âges et ressourcer son être loin des entraves de la civilisation. Ici, l'auteur éclaire la part respective du mythe et de la mystification dans la vision de la Polynésie que nous a léguée Gauguin.

Mais, jusqu'au bout, les motifs d'inspiration polynésiens seront loin de recouvrir les composantes d'un art prodigieusement savant qui mêle les sources les plus diverses – par exemple Degas, Cézanne, Puvis de Chavanne, l'art égyptien, l'art précolombien – à une subtilité de coloris toute occidentale. »

Précisons en outre qu’un film d’Édouard Deluc intitulé Gauguin – Voyage de Tahiti avec Vincent Cassel dans le rôle-titre est sorti en salles le 20 septembre 2017

Bernard DELCORD

Gauguin par Françoise Cachin, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2017, 312 pp. en quadrichromie au format 22 x 27,9 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 € (prix France)

Informations pratiques :

Exposition Gauguin l’alchimiste

Gauguin (Gauguin l'alchimiste).jpg

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Galeries nationales

Entrée Clemenceau, place Clemenceau, Paris 8e

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Accès pour les personnes à mobilité réduite : Avenue du Général Eisenhower – Porte B

Des places de stationnement pour personnes handicapées, sous réserve de disponibilité, sont situées dans l'avenue du Général Eisenhower, devant le square Jean Perrin.

Une salle de l’exposition Gauguin l’alchimiste n’est pas accessible aux personnes en fauteuil roulant (salle accessible uniquement par 11 marches)

Horaires :

Jusqu’au 22 janvier 2018

Tous les jours de 10 h à 20 h

Nocturnes les mercredis, vendredis et samedis jusque 22 h

Fermé le mardi

Fermetures anticipées à 18 h les dimanches 24 et 31 décembre.

Fermé le lundi 25 décembre 2017

Pendant les vacances de Noël (du 23 décembre 2017 au 7 janvier 2018), ouvert tous les jours y compris le mardi de 9 h à 22 h (fermeture à 20 h le 7 janvier)

Tarifs :

Plein tarif : 14 €

Tarif réduit : 10 €

Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes de 16-25 ans) : 38 €

02 11 17

« De tous les arts, l'art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme. » (Pierre Dac)

L'Art culinaire .jpgOn apprend dans un long article très documenté mis en ligne sur Wikipédia que Marcus Gavius Apicius est une figure de la haute société romaine, dont l'existence est signalée sous les règnes des empereurs Auguste et Tibère.
 
Sa naissance est située approximativement en 25 avant J.-C. et son décès aux alentours de 37 après J.-C.
 
C'était un millionnaire amateur de plaisirs (notamment les plaisirs de la table), qui dépensait sans compter pour s'en procurer, et qui finit par se suicider quand sa fortune s'en trouva compromise.
 
Son luxe, son raffinement et sa gloutonnerie devinrent vite proverbiaux et fournirent chez les Romains soit des anecdotes de gastronomes, soit l'exemple même de la corruption des mœurs pour les moralistes austères.
 
On lui attribue, probablement à tort, le célèbre De re coquinaria (L’Art culinaire), œuvre plus tardive.
 
Apicius a donné son nom au « canard Apicius » créé en 1985 par le grand chef français Alain Senderens.
 
Basée ou non sur un texte apocryphe, la nouvelle édition de la traduction française par Jacques André (elle date de 1974 et avait été publiée dans la Collection des Universités de France, série latine) de L’Art culinaire d’Apicius qui vient de paraître aux Belles Lettres à Paris est un petit bijou livresque avec ses superbes illustrations et ses jolis fleurons ornant les recettes qui y sont rassemblées.
 
Celles-ci traitent du vin, des hachis, des légumes du potager, de la volaille, des oiseaux, des quadrupèdes, des produits de la mer et de plats divers surprenants (y compris à base de vulves de truies !), tout en donnant des conseils de conservation des denrées.
 
Un cadeau original pour les gastronomes férus de découvertes !
 
Bernard DELCORD
 
L'Art culinaire par Apicius, texte présenté, traduit du latin et commenté par Jacques André, illustrations et composition par Scott Pennor’s et Élie Colistro, Paris, Éditions Les Belles Lettres, octobre 2017, 296 pp. en quadrichromie au format 12 x 19,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17 € (prix France)
 
Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil antique la recette d’oiseau suivante :
 
Pour le Flamant
 
Dépouillez le flamant, lavez-le, parez-le et mettez-le dans une cocotte, ajoutez de l’eau, du sel, de l’aneth et un peu de vinaigre.
 
À mi-cuisson, liez un bouquet de poireau et de coriandre pour le faire cuire.
 
Quand la cuisson sera presque terminée, ajoutez du défritum (1) pour colorer.
 
Mettez dans un mortier du poivre, du cumin, de la coriandre, de la racine de laser, de la menthe et de la rue, triturez, mouillez de vinaigre, ajoutez des dattes caryotes (2) et arrosez de jus de cuisson.
 
Versez dans la même cocotte et liez à la fécule.
 
Arrosez de sauce le flamant dressé et servez.
 
Vous ferez de même avec la perruche.

(1)  = vin cuit.
(2)  = du palmier queue de poisson.

27 10 17

Mopettes show…

VeloSoleX – L'épopée d'un cyclomoteur.jpgLa maison d’édition parisienne Hugo & Cie a lancé un nouveau label, Hugo Motors, qu’elle inaugure avec la publication d’un beau livre intitulé VeloSoleX – L'épopée d'un cyclomoteur et rédigé par l’animateur Jean-Pierre Foucault qui revient sur l'histoire de ce deux-roues mythique.
 
À la naissance de l’engin, en 1946, le succès fut immédiat, explique l’auteur.
 
Et pourtant, sa technologie est particulièrement étrange : une répartition des masses illogique, une transmission par galet agissant directement sur la roue avant, une épouvantable instabilité de la direction en font un vélomoteur à la limite du danger sur route.
 
Mais le succès est tout de suite au rendez-vous, son prix et sa simplicité mécanique compensant ses défauts. 

Solexine.jpg

Par exemple, le moteur deux-temps utilisait de la Solexine, un carburant spécialement conçu pour lui et vendu tel quel, une nouveauté bien pratique à l’époque.
 
Génération après génération, toute une population a fait l’expérience de ce vélo motorisé.
 
Les stars en ont rapidement fait un objet très “in”. On a vu Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Steve McQueen (!) et bien d’autres l’utiliser.
 
Il a atteint le sommet de sa popularité à la fin des années 1960.
 
Après plusieurs rachats successifs, c’est finalement le Japonais Yamaha qui s’est retrouvé possesseur de la marque et, faute de clients, le SoleX a disparu en novembre 1988.
 
L’ouvrage de Jean-Pierre Foucault, très documenté et plaisamment écrit, abonde de belles illustrations.
 
Du quoi raviver bien des souvenirs chez ceux qui ont connu les Golden Fifties et Sixties !
 
Bernard DELCORD
 
VeloSoleX – L'épopée d'un cyclomoteur par Jean-Pierre Foucault avec la collaboration de Jean-Paul Viart, Paris, Éditions Hugo Motors, octobre 2017, 144 pp. en quadrichromie au format 24 x 28,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,95 € (prix France)

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25 10 17

« Le petit oiseau est sorti... »

Robert Doisneau (cover).jpegRédigé par Danielle Leenaerts et Virginie Devillers et publié aux Éditions Racine à Bruxelles, le catalogue de l’exposition Robert Doisneau qui se tient actuellement au Musée d’Ixelles est en tout point magnifique !
 
Il est vrai qu’il s’agit de la dernière exposition de ce musée avant les travaux de rénovation et d'agrandissement qui entraîneront sa fermeture au public entre mai 2018 et 2022 et qu’il fallait donc marquer le coup…
 
C’est une réussite totale !
 
Voici la présentation de l’événement :
 
En exclusivité en Belgique, le Musée d’Ixelles propose une rétrospective magistrale de l’œuvre de Robert Doisneau, l’illustre photographe du Baiser de l’Hôtel de ville. 150 clichés vintages y invitent à renouer avec la candeur, la malice et la beauté du quotidien de l’après-guerre.
 
Cette exposition s’articule autour de trois axes.
 
Le Merveilleux quotidien des années 1930 à 1970 offre une traversée dans l’œuvre d’un photographe qui se voulait faux témoin : il ne décrit pas le réel, mais en propose plutôt une lecture poétique.
 
Palm Springs 1960 : 30 clichés en couleurs réalisés pour le magazine américain Fortune traduisant le regard amusé d’un ethnologue improvisé sur une population de retraités bienheureux à l’opulence joyeuse.
 
Ateliers d’artistes : 55 prises de vue réalisées entre 1945 et 1971 dans les ateliers de Picasso, Braque, Utrillo, Giacometti, Brancusi ou César... (1) 

Robert Doisneau (Le baiser de l'hôtel de ville).jpeg

Robert Doisneau, Le baiser de l'Hôtel de ville, Paris, 1950 © Robert Doisneau
 
Particulièrement soigné, le catalogue est une mine de clichés et d’informations fournies par les auteures et par le préfacier, Jacques Véry, professeur honoraire au Lycée Robert Doisneau à Corbeil-Essonnes.
Un must pour les amateurs d’art et les bibliophiles !
 
Bernard DELCORD
 
Robert Doisneau par Danielle Leenaerts et Virginie Devillers, préface de Jacques Véry, versions bilingues français-anglais et français-néerlandais Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2017, 240 pp. en quadrichromie au format 24 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,95 €
 
Renseignements complémentaires :
 
EXPOSITION ROBERT DOISNEAU
Du 19.10.17 au 04.02.18
 
Adresse :
Musée d’Ixelles
Rue Jean Van Volsem 71
B - 1050 Bruxelles
Tél. +32 (0)2 515 64 21/22
E-mail : musee@ixelles.be
www.museedixelles.be
 
Horaires :
Du mardi au dimanche, de 9 h 30 à 17 h 00.
(Derniers tickets à 16 h 45.)
Fermé le lundi et les jours fériés.
 
Tarifs :
8 €
5 € : étudiants, seniors, groupes (10 personnes ou plus), Amis du Musée, Ixellois, détenteurs d'un billet Thalys et/ou d'un billet SNCB en cours de validation.
 
Accessibilité :
L'entrée du Musée d'Ixelles est accessible via un plan incliné. Le musée dispose par ailleurs d'un ascenseur et d'une chaise roulante.
 
(1) Source : http://www.museedixelles.irisnet.be/expositions/expositions-en-cours-1/robert-doisneau

16 10 17

« Les époques dégueulasses sont propices aux chefs-d’œuvre. » (Georges Wolinski)

Tous les secrets de La Licorne.jpgGeorges Remi dit Hergé, né le 22 mai 1907 à Etterbeek et mort le 3 mars 1983 à Woluwe-Saint-Lambert, est un auteur belge de bandes dessinées mondialement connu pour Les Aventures de Tintin.
 
Le Secret de La Licorne est le onzième album de celles-ci, prépublié en noir et blanc du 11 juin 1942 au 14 janvier 1943 dans les pages du Soir « volé » dont la rédaction fut dirigée de janvier 1941 à octobre 1943 [1] par le publiciste collaborationniste, belgiciste, royaliste, unitaire et rexiste Raymond De Becker (Bruxelles 1912 – suicidé à Versailles en 1969)[2]. L'album en couleurs est paru en 1943.
 
Il avait été précédé dans les colonnes du même journal par Le Crabe aux pinces d'or (1940-1941 ; cet album marque l'arrivée du capitaine Haddock dans la série) ainsi que par L’Étoile mystérieuse (1941-1942) et il y sera suivi par Le Trésor de Rackham le Rouge (1943) et par une partie des Sept boules de cristal dont la publication sera interrompue le 2 septembre 1944 en raison de l’arrivée des Alliés et de la Libération de la Belgique. La parution reprendra en 1946.
 
Bien que les circonstances de sa parution aient été sujettes à caution (après la Libération, Hergé fut interdit de publication jusqu’en septembre 1946), Le Secret de La Licorne est une immense réussite sur les plans du scénario, de la documentation et du graphisme. Hergé y peaufine sa technique déjà grande de la ligne claire [3] et y fait montre d’une extraordinaire virtuosité technique.
 
On en trouvera une preuve magnifique dans Tous les secrets de La Licorne, un superbe ouvrage publié en coédition par Gallimard à Paris et Moulinsart à Bruxelles sous la plume d’Yves Horeau, historien de la marine du XVIIe siècle, romancier et tintinophile (Tintin, Haddock et les bateaux, Éditions Moulinsart, 1999), de Jacques Hiron (coauteur avec Yves Horeau des 120 fascicules de la collection Construisez La Licorne, Paris, Éditions Hachette, 2011) et de Dominique Maricq, auteur et archiviste aux Studios Hergé.
 
Ces auteurs passionnés y détaillent par le menu la manière dont Hergé a imaginé son trois-mâts en s’inspirant des bâtiments de la marine de Louis XIV et lui a donné le nom d’un animal mythologique, ainsi que la façon dont le scénario s’est alors mis en place, le tout accompagné de plus de 300 illustrations (strips, bleus de coloriage, crayonnés, planches au trait, plans, maquettes, objets de marine et tableaux) qui permettent de saisir la genèse et d’assister au développement d’une œuvre artistique d’importance.
 
Fascinant !
 
Bernard DELCORD
 
Tous les secrets de La Licorne par Yves Horeau, Jacques Hiron et Dominique Maricq, Paris-Bruxelles, Éditions Gallimard et Moulinsart, octobre 2017, 184 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 €
 
 [1] Ce poste avait d’abord été occupé en 1940 par l’écrivain Horace Van Offel (1876-1944) et c’est le rexiste ultra Max Hodeige qui succédera à Raymond De Becker jusqu’en septembre 1944.

 [2] Condamné à mort le 24 juillet 1946 par le Conseil de Guerre de Bruxelles, Raymond De Becker verra sa peine commuée par la suite en détention à perpétuité, avant qu'il ne soit finalement gracié le 22 février 1951. Après sa remise en liberté, il publiera des ouvrages dans des domaines tout aussi variés que le cinéma, l'homosexualité, les philosophies orientales... Son goût pour le paranormal l'a aussi amené à écrire des articles pour la revue Planète. Jusqu’à sa mort, il resta en contact avec Hergé qui en a fait un personnage de Vol 714 pour Sydney (1968).

 [3] Il s'agit d'un dessin caractérisé, après la réalisation des crayonnés, par un trait d'encre noire d'épaisseur constante. Chaque élément forme une cellule isolée par son contour, et reçoit une couleur donnée. Chaque couleur se trouve donc ainsi séparée de sa voisine par un trait.

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12 06 17

« Donnez-moi un musée et je le remplirai. » (Pablo Picasso)

Musée d'Ixelles – Les collections.jpgRiche de plus de 10 000 (chefs-d’) œuvres accumulé(e)s depuis son ouverture en 1892, le musée d’Ixelles [1], l’une des dix-neuf communes de Bruxelles, vaut incontestablement une et même plusieurs visites, et la consultation de son beau catalogue (Musée d'Ixelles – Les collections) ne pourra que vous en convaincre !

Les œuvres phares des collections du musée d'Ixelles se répartissent en cinq catégories [2] :

– Art ancien (XVIe au XVIIIe siècle)

La collection d’art ancien se compose essentiellement d’œuvres d’artistes d’Europe du Nord. Paysages, natures mortes et portraits en sont les thématiques principales. Les portraits, avec leurs étoffes somptueuses et leurs regards pénétrants, témoignent de la vie des habitants. Les tables chargées de victuailles, les trophées de chasse évoquent les mœurs d’antan. De La Cigogne d’Albrecht Dürer à la Vue du Meir d’Erasmus de Bie en passant par des tableaux de Jan Fyt, Godfried Schalcken, Jan-Albrtus Rootius, Bernaert De Rijckere, Anthony De Lorme, Ludolf Backhuyzen ou Jean-Honoré Fragonard, c’est le riche passé de ces régions qui soudain resurgit.

– Affiches

C’est l’une des collections les plus emblématiques du musée – avec notamment la totalité de la production lithographique de Toulouse-Lautrec. Quelque 700 affiches d’artistes belges ou européens, de la Belle Époque aux années 1950 (Pierre Bonnard, Alfons Mucha, Privat Livemont, Armand Rassenfosse, Auguste Donnay…), témoignent des premiers usages publicitaires, vantant les voyages ou les cabarets de Paris. Ce n’en est pas moins un art à part entière. Avec leurs couleurs vives, leurs compositions novatrices, leurs femmes typiques de l’Art nouveau, les affiches ont révolutionné l’art de l’image.

– XIXe siècle

L’art du XIXe siècle occupe une place prépondérante dans les collections du musée d’Ixelles. Du réalisme au symbolisme, en passant par l’impressionnisme, le néo-impressionnisme et l’orientalisme, le parcours révèle les richesses de ce siècle épris de modernité et de liberté créatrice, avec des œuvres de Jacques-Louis David, Gustave Courbet, Théo Van Rysselberghe, Berthe Morisot, Émile Claus, Georges Lemmen, Maurice Denis, Constantin Meunier, William Degouve de, Nuncques, Léon Spilliaert, Fernand Khnopff, Félicien Rops, Henri Evenepoel... Au gré de votre visite, vous serez captés par le déferlement de couleurs, éblouis par le jaillissement de la lumière, étonnés par les jeux de matières picturales audacieuses, mais aussi interpellés par les interrogations sociales ou envoûtés par les atmosphères énigmatiques et veloutées des symbolistes.

– XXe siècle

Le XXe siècle se caractérise comme le siècle des révolutions artistiques et marque l’essor de la modernité. Les collections du musée d’Ixelles révèlent le bouillonnement si particulier de ce siècle, tant au niveau des recherches esthétiques que conceptuelles. Qu’il s’agisse des expériences abstraites ou des explorations des multiples possibilités de la figuration, toutes les tendances dialoguent aux cimaises du musée d’Ixelles : fauvisme, futurisme, constructivisme, expressionnisme, surréalisme, CoBrA jusqu’au Pop Art et à la nouvelle figuration, autour des noms de Maurice de Vlaminck, Rk Wouters, Pablo Picasso, Francis Picabia, René Magritte, Paul Delvaux, Paul Alechinsky, Christian Dotremont, Paul Bury, Marcel Broodthaers, Joan Miro, Jan Fabre…

– Art actuel

Depuis sa constitution, le musée d’Ixelles se consacre à la création contemporaine. Outre les expositions temporaires qui lui sont régulièrement dédiées, de nombreuses acquisitions représentatives des développements de l’art contemporain viennent compléter les collections permanentes. Ainsi, une commission d’experts sélectionne les œuvres d’aujourd’hui estimées devenir les valeurs sûres de demain.

Une mine d’or !

Bernard DELCORD

Musée d'Ixelles – Les collections, ouvrage collectif sous la direction de Claire Leblanc, Milans, Silvana Editoriale, novembre 2010, 192 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

 

[1] 71, rue Jean Van Volsem à 1050 Bruxelles. Tél. +32 (0)2 515 64 21. Du mardi au dimanche, de 9h30 à 17h00 (derniers tickets à 16h45). Fermé le lundi et les jours fériés. Prix d’entrée : 8 € (5 € pour les étudiants, seniors, groupes de 10 personnes ou plus, Amis du Musée, Ixellois, détenteurs d'un billet Thalys et d'un billet SNCB en cours de validation). Site Web : http://www.museedixelles.irisnet.be/

[2] Source : http://www.museedixelles.irisnet.be/presentation/collecti...

27 05 17

Un grand artiste haut en couleurs…

Rik Wouters – Rétrospective (cover).jpgFigure de proue du fauvisme brabançon et maître incontournable de l’Art moderne belge, Rick Wouters (Malines, 1882 - Amsterdam, 1916) a dominé à la fois la peinture, la sculpture et le dessin.

La rétrospective de son œuvre présentée jusqu’au 2 juillet 2017 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, en partenariat avec le Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, est tout à fait exceptionnelle, dans la mesure où elle rassemble pour la première fois la plus importante collection d’œuvres de l’artiste (200 peintures, sculptures et œuvres sur papier, prêtées par plus de 30 musées, institutions et collectionneurs privés belges et étrangers – dont certaines n’ont jamais été montrées au public).

Rik Wouters laisse une œuvre éclatante et colorée, chatoyante et spontanée, entre fauvisme et avant-garde, loin des drames qui ont marqué son existence jusqu’à sa disparition prématurée en 1916, à l’âge de 33 ans, des suites d’un cancer de la face.

Voici ce qu’écrivent les commissaires de l’exposition :

« L’art de Rik Wouters, c’est avant tout une abondance de couleurs. Il n’a pas représenté de scènes mythologiques ou religieuses ni de sujets politiques ou sociaux. Il a puisé son inspiration dans son entourage immédiat : intérieurs de maison, natures mortes, son épouse Nel, paysages de son environnement, portraits d’amis…

Par son langage visuel, la construction de ses sujets et la richesse lumineuse de sa palette, il a développé un style d’avant-garde, tout en ayant été associé à Ensor et à Cézanne.

Rik Wouters – Rétrospective (La Vierge folle).jpg 

La Vierge folle (sculpture inspirée par la danseuse Isadora Duncan, 1877 ou 1878-1927),

1912, Bruxelles, Musée d’Ixelles — © photo : Mixed Media

Rik Wouters fut rapidement apprécié par ses contemporains ; son talent fulgurant, fauché dans sa jeunesse par la Grande Guerre [1] puis la maladie, nous lègue un héritage artistique fascinant et magnifique. »

Rik Wouters – Rétrospective (Reflets).jpg 

Reflets (1912), collection privée © Olivier Bertrand

Incontestablement !

Bernard DELCORD

Rik Wouters – Rétrospective, catalogue d’exposition, préface de Michel Draguet, Paris-Bruxelles, coédition Somogy & Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, mai 2017, 304 pp. en quadrichromie au format 25,4 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu’au 2 juillet 2017.

Adresse : Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : 3, rue de la Régence - 1000 Bruxelles.

Horaires : ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h en semaine, de 11 h à 18 h le week-end. Fermé le lundi.

Tarifs : 8 € plein tarif, 6 € tarif réduit, 2 € : étudiants (-26 ans), groupes scolaires.

 

[1] Contraint, avec son régiment, de se replier sur les Pays-Bas en 1914, il y sera emprisonné jusqu’au printemps 1915, alors qu’il souffre déjà de la maladie qui l’emportera.

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18 05 17

Actes de foi...

Du Jourdain au Congo.jpegSi, passionné comme nous de culture du Continent noir, vous avez manqué l’exposition éponyme qui s’est tenue jusqu’au 2 avril 2017 au Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris et dont le commissaire, Julien Volper, officie en tant que conservateur au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, son catalogue intitulé Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale est un grand must !

Car, écrit-il, « il illustre la singulière histoire par laquelle, sur plus de cinq siècles, les traditions religieuses et politiques de différentes populations d'Afrique centrale ont incorporé la rencontre avec le christianisme par une réinterprétation d'éléments qui leur étaient étrangers, qu'il s'agisse de croyances, de rituels et/ou d'objets.

Ces œuvres (crucifix, statuettes de saint Antoine, figures inspirées du culte marial...) dévoilent ainsi tout le foisonnement artistique et culturel dans la région ».

L’ouvrage abonde d’illustrations, de cartes et d’explications permettant de comprendre le caractère métissé de la religion catholique pratiquée par les Congolais déjà à l’époque précoloniale et ensuite, mais aussi la grandeur du talent d’artistes inspirés et la profonde humanité d’œuvres en prise avec la vie comme elle allait jadis dans les villages et dans la brousse.

C’est que, comme l’écrit John K. Thornton dans un des textes du catalogue, « la conversion du royaume de Kongo fut remarquable à plusieurs égards. Il est en effet inhabituel, dans l'histoire des premiers temps de la colonisation européenne, qu'une région se convertisse en dehors d'un contexte de conquête comme celle des Amériques et des Philippines par l'Espagne, ou celle du Brésil par le Portugal.

Lorsque la conversion n'allait pas de pair avec la conquête, comme en Chine, au Japon ou en Inde, par exemple, il s'agissait en général d'une religion minoritaire tolérée à laquelle ne se convertissaient pas les élites et qui n'était pas encouragée par l'État. Ailleurs, les convertis pouvaient éventuellement se rassembler autour de forteresses ou de comptoirs, à l'écart des grandes conquêtes ou des conversions massives de pays entiers.

Le royaume de Kongo, en revanche, se christianisa par sa propre volonté. Quelques années à peine après le premier contact [avec l’explorateur portugais Diego Cão (vers 1450 - vers 1486) qui fit deux voyages le long de la côte atlantique de l'Afrique au XVe siècle.], Nzinga a Nkuwu décida de se faire chrétien et d'entraîner son pays tout entier derrière lui. C'est donc en 1491 que Nzinga a Nkuwu devint chrétien, se choisissant pour nom de baptême João 1er. Et dès 1530, la nouvelle religion, soutenue par l'État, s'était implantée dans l'ensemble du pays et possédait tout un réseau d'écoles et d'enseignants, et même son propre évêque à partir de 1518.

Du Jourdain au Congo (statuette).jpg 

Pendentif de Denis Malau,

culture kongo, XVIIIe siècle, ivoire, 13 x 4 cm,

Donald & Adele Hall collection

Si l'essor du christianisme fut si rapide dans cette région, c'est justement que la conversion ne découlait pas d'une conquête et que les dirigeants politiques de Kongo décidèrent eux-mêmes d'embrasser cette religion, usant de leur autorité et de leur pouvoir pour l'imposer.

De plus, ces dirigeants étant à l'origine de sa diffusion, les élites de Kongo purent jouer un rôle beaucoup plus important, au moment de déterminer comment la nouvelle religion allait se développer et quels aspects de l'ancienne lui seraient incorporés, que cela n'aurait été le cas s'il s'était agi d'une minorité religieuse ou d'un contexte de conquête.

En réalité, les prêtres portugais qui le connaissaient par son implication dans la mise en forme de la nouvelle foi appelaient Afonso 1er dont le règne commença en 1509, fils et successeur de João 1er, « l 'apôtre du Congo ».

Afin de soutenir cet effort théologique, un certain nombre de jeunes issus de l'élite du royaume furent, à partir de 1483, choisis et envoyés au Portugal pour y étudier ; ils revinrent ensuite au pays pour aider à imaginer comment les concepts théologiques kongo pouvaient être associés aux concepts chrétiens.

À Lisbonne, un établissement éducatif financé par les dominicains répondait aux besoins des étudiants africains ; dans les années 1530, il était dirigé par l'un des cousins d'Afonso qui portait le même prénom ».

Surprenant, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Du Jourdain au Congo – Art et christianisme en Afrique centrale, catalogue d’exposition bilingue français-anglais, Paris, coédition Flammarion & Musée du quai Branly-Jacques Chirac, novembre 2016, 216 pp. en quadrichromie au format 20,4 x 26,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

03 05 17

Ses fans n'oublient pas

004585378.jpgOn se rappelle sa chevelure, flamboyante, son regard, doté d'un subtil strabisme-  magnétique- ses Paroles, paroles, aux "r" roulés, en duo avec Alain Delon, .. Bambino  et compagnie, ...  et la façon brusque dont Dalida quitte la vie, le 3 mai 1987, lestée d'une importante dose de barbituriques.

L'hommage que lui  rendent Fabien Lecoeuvre et Philippe Lorin ( merveilleuses illustrations et portraits) , à l'occasion de ce poignant  trentenaire, nous permet de remonter le cours de la vie Yolanda Gigliotti, depuis sa naissance, près du Caire, le 17 janvier 1933, son élection au titre de "Miss Egypte", en 1954, sa montée à Paris, ses premiers amours, amants, succès, qui la mènent de l'Olympia aux galas en USA jusqu'à ses deux tentatives de suicide, en 1967 et 1987

"Faussement forte", la diva a-t-elle succombé à ses doutes, angoisses existentielles, à la peur de se voir vieillir, celle de la solitude, au suicide de trois de ses anciens compagnons,  à l'impossibilité d'avoir pu enfanter, après un avortement? 

Une chose est sûre, le public n'oublie pas, qui l'entend encore déclarer, de son timbre velouté: " Pour moi, le public a le visage de l'amour" 

Apolline Elter

Chez Dalida- Le temps d'aimer, Fabien Lecoeuvre, Philippe Lorin (illustrations), beau livre, Ed. du Rocher, janvier 2017,  120 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres, Biographies | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 04 17

« J'ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m'en suffiraient. » (Jules Renard)

Chambord – Le rêve d'un roi.jpgGrand reporter au Figaro Culture et sur le figaro.fr, Claire Bommelaer-Bettan est l’auteure, chez Gallimard à Paris, de Chambord – Le rêve d'un roi, un magnifique hors-série de la fameuse collection « Découvertes » dans lequel elle convie le lecteur à une passionnante promenade derrière et hors les murs de l’un des plus prestigieux joyaux de l’architecture castrale de la Renaissance française.

En voici la présentation :

« Lorsque, à l'occasion d'un séjour à Amboise, François Ier, passionné de chasse, découvre le petit château érigé par les comtes de Blois au cœur d'un vaste territoire giboyeux, il n'a de cesse d'y bâtir un somptueux édifice, symbole de toute sa puissance. Ce chantier audacieux commence en 1519 se déroule sur une période de trente ans et est le point de départ d'une aventure qui dure depuis cinq siècles, au sein d'un splendide domaine de la taille de Paris intramuros.

Léonard de Vinci a sans doute été associé au projet et l’escalier à double révolution au centre du château qui lui est attribué constitue un objet de fascination depuis le XVIe siècle, qui attire aujourd'hui encore les visiteurs du monde entier.

Au fil du temps, les propriétaires successifs ont fréquenté le domaine sans s'y établir longuement et il a plusieurs fois frôlé la ruine, voire la destruction.

Propriété de l'État français depuis 1930, classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, le domaine de Chambord a connu plusieurs périodes de restauration, aussi bien pour le monument que pour son parc et sa forêt.

Aujourd'hui, de nombreux événements culturels sont organisés au sein du bâtiment et à ses abords, valorisant ainsi ses atouts et permettant à un large public de découvrir l'âme de Chambord dont la beauté et le charme sont – et resteront – l'éternelle expression du génie de la Renaissance. »

Une destination de vacances toute trouvée !

Bernard DELCORD

Chambord – Le rêve d'un roi par Claire Bommelaer-Bettan, Paris, Éditions Gallimard, hors-série de la collection « Découvertes Gallimard », avril 2017, 48 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 20,5 cm sous couverture Integra en couleurs, 14,50 € (prix France). Une version en langue anglaise est en vente au château.

Sommaire :

Introduction : les mille vies de Chambord

  1. Le château de Chambord, un rêve de pierre
  2. Une vision de la Renaissance
  3. Le château remeublé et ses collections
  4. Ceux qui ont bâti l'histoire de Chambord
  5. Un domaine giboyeux réputé pour la chasse
  6. Une nature intacte au cœur d'un site grandiose
  7. Chambord : un patrimoine tourné vers l'avenir