18 12 08

Un jardin d'Eden

MONETC’est la saison des beaux livres et nous nous en voudrions de ne pas attirer l’attention des amateurs d’art sur un remarquable ouvrage paru cette année chez Flammarion à Paris. Rédigé par Jean-Dominique Rey et Denis Rouart, il s’intitule Monet, les Nymphéas, l’intégralité et il présente, avec une clarté remarquable et un appareil critique particulièrement complet, les 251 « Nymphéas » de Claude Monet (1840-1926) répertoriés à ce jour. Il s’agit des tableaux représentant les plantes éponymes de son jardin d’eau à Giverny, que le maître de l’Impressionnisme a peints durant 25 ans, à partir de 1899, dans une tentative admirable et parfaitement réussie de restitution, à travers les miroitements de l’eau, des jeux de la lumière mais aussi de la sensation de l’éphémère. On peut aussi découvrir, dans l’élaboration de ces « Miroirs du Temps », le chemin vers l’aboutissement d’une vie de travail et de recherche qui aura influencé l’œuvre des plus grands peintres de la seconde moitié du XXe siècle. Magnifiquement illustré, cet ouvrage se complète d’un beau dépliant de la série monumentale des « Nymphéas » exécutés par Monet pour le musée de l’Orangerie à Paris ainsi que de photographies et de lettres du plus grand intérêt. Un livre qui comblera autant les spécialistes que les amoureux de très belles choses !
Bernard DELCORD

Monet, les Nymphéas, l’intégralité par Jean-Dominique Rey et Denis Rouart, Paris, Flammarion, 2008, 160 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 31,5 cm sous reliure cartonnée et jaquette, 49 €.

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 12 08

Un joyau gothique

WAUDRUQuand, entre février 1449 et mars 1450, les chanoinesses de la bonne ville de Mons en Hainaut jetèrent les fondations d’un nouveau chœur de la collégiale Sainte-Waudru, elles lançaient pour deux siècles et demi le chantier d’un rêve, celui de la transmutation d’une église ancienne en chef-d’œuvre d’élégance et de légèreté, pour lequel des maîtres carriers reconnus, d’habiles tailleurs de pierre, des maçons adroits et des maîtres verriers princes de la lumière mettraient leurs talents au service de la plus grande dévotion, à l’instar des orfèvres, des tisserands, des sculpteurs et des ébénistes qui pourvoiraient à la décoration somptueuse de la nef et du transept. C’est au décryptage de ce rêve qu’une équipe de spécialistes placés sous la houlette de l’historien Gérard Bavay s’est attelée dans un superbe ouvrage paru à Bruxelles aux Éditions Racine sous le titre La collégiale Sainte-Waudru, illustré de remarquables photographies de Benoît Feron. Ils ont notamment procédé à un patient décryptage, pierre par pierre, des signes laissés sur celles-ci par les tailleurs, ce qui leur a permis d’établir avec certitude la chronologie de la construction et, partant, l’organisation technique et architecturale de ce monument, véritable bijou scintillant de l’art gothique le plus admirable. Avis aux amateurs de beautés sublimes !
Bernard DELCORD

La collégiale Sainte-Waudru, ouvrage collectif sous la direction de Gérard Bavay, photographies de Benoît Feron, Bruxelles, Éditions Racine, 2008, 176 pp. en quadrichromie au format 24,50 x 29 cm, couverture reliée sous jaquette, 39.95 €

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

03 12 08

À la table des Boschman

BoschmanLa cuisine a évolué plus vite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale que durant tout le millénaire qui a précédé. Les recettes des familles ont donc beaucoup changé en trois générations. Et si les recettes de cuisine belge utilisées chez les Boschman depuis 1948 ne sont pas très différentes de celles en usage dans toutes les familles de notre pays, elles n’en ont pas moins ce petit « plus » que l’on retrouve dans l’art culinaire lorsqu’il est pratiqué par de grands chefs.
Et chez les Boschman, on sait ce que bien cuisiner veut dire ! Le cursus d’Éric en est un concentré : né en 1964 dans le Hainaut, il a fait ses études hôtelières en Belgique puis à Strasbourg. Après un passage chez Barbizon, il accède au titre de « Meilleur Maître d’Hôtel de Belgique » et, quelques mois plus tard, de « Maître Sommelier en vins de France » ; en 1988, il devient
« Meilleur Sommelier de Belgique ». On le retrouve ensuite chez Bruneau et à L’Oasis, avant que débute l’aventure de La Manufacture à Bruxelles ; deux ans plus tard, il ouvre Le Pain et le Vin avec Alain Coumont (le fondateur du Pain Quotidien). Il remporte alors le Trophée Ruinart du
« Meilleur Sommelier de Belgique ». En 2000, il crée la FAWA (Food & Wine Academy) avec Christelle Verheyden. On retrouve l’homme en télévision, à la RTBF aux côtés de Virgine Hocq dans File Moi Ta Recette, sur Bel RTL et sur Mint, ainsi que dans de nombreux titres de la presse écrite. En 2008, il renoue avec les concours, est finaliste du Trophée Willy Slavinsky des « Maîtres Cuisiniers de Belgique » et se retrouve 4e au Championnat du Monde des Sommeliers à La Havane (Cuba).
Quant à son père Jacques et son frère Alain, outre que ce sont des cuisiniers talentueux et que le second chronique à la radio, ils sont codétenteurs d’un patrimoine unique quoique national : le livre des recettes familiales de cuisine belge, rassemblées dans La cuisine des Boschman, une histoire de famille, un superbe recueil joliment illustré en couleurs qui vient de paraître chez Luc Pire à Bruxelles.
À travers ces recettes et les époques décrites dans leur ouvrage, ce sont aussi des objets, des ingrédients et des modes bien de chez nous qui sont passés en revue.
Nostalgie, quand tu nous tiens…

Bernard DELCORD

La cuisine des Boschman, Une histoire de famille par Éric, Alain et Jacques Boschman, Bruxelles, Éditions Luc Pire, 2008, 160 pp. en quadrichromie, 25 €

Cliquez sur la couverture pour découvrir une de leurs recettes et, pourquoi pas, la tester.

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (2) |  Facebook | |

19 11 08

Quelle(s) merveille(s) !

ART_NOUVEAUOn sait à quel point l’Art nouveau a fait florès en Belgique au XIXe siècle, essaimant à Paris puis à travers le vaste monde. Et si l’on connaît encore quantité d’œuvres, architecturales et sculpturales surtout, on a bien souvent oublié le nom des artistes qui les ont produites, réduits qu’ils sont pour la plupart à ne laisser trace de leur patronyme que sur les plaques des rues et des avenues de la capitale de l’Europe.
C’est à ressusciter le travail, les idées et l’atelier de 34 d’entre eux que s’est attaché Benoît Schoonbroodt dans un magnifique essai superbement et très intelligemment illustré, paru tout récemment à Bruxelles aux Éditions Racine. Il s’intitule Artistes belges de l’Art nouveau et donne à comprendre et à admirer l’œuvre de Victor Horta et de Paul Hankar, mais aussi de peintres comme Théo Van Rysselberghe, Georges Lemmen ou Armand Rassenfosse, d’affichistes et d’illustrateurs comme Auguste Donnay ou Gisbert Combaz, de sculpteurs comme Victor Rousseau, Égide Rombaux ou Charles Van der Stappen, d’orfèvres comme Philippe Wolfers ou Léopold Van Strydonck, de femmes artistes comme Lina Cauchie ou Gabrielle Canivet-Montald, de peintres décorateurs comme Adolphe Crespin ou Maurice Langaskens, de maîtres verriers comme Raphaël Evaldre, d’artisans céramistes comme Guillaume Janssens et d’artistes polymorphes et géniaux comme Privat Livemont (auquel notre auteur a d’ailleurs consacré une magnifique monographie, parue l’année dernière chez le même éditeur)… Bravo, les artistes !
Bernard DELCORD

Artistes belges de l’Art nouveau par Benoît Schoonbroodt, Bruxelles, Éditions Racine, 2008, 272 pp. au format 24,50 x 29 cm, 59,95 €

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 11 08

Les 400 goûts

CAMDEBORDEAmateurs de cuisine de bistrot, d'esprit et de bien-vivre, vous allez être comblés. Yves Camdeborde, grand maître de la cuisine de bistrot, vous donne cent recettes à faire chez vous. Une centaine de plats racontés à la première personne du singulier (J'assaisonne de bon goût) et photographiés avec amour (par Yves Duronsoy) vous inspireront, vous affameront.
Après avoir oeuvré dans la vapeur des cuisines du Crillon, du Ritz ou encore de la Tour d'Argent, Yves Camdeborde à décidé de rouler pour lui en ouvrant son propre comptoir du plaisir (Le relais St Germain à Paris). Il vous offre aujourd'hui les clés de sa cuisine car, comme le disait le chef Gusteau, "tout le monde peut cuisiner". Sauf qu'avec Simlement Bistrot, c'est facile, c'est beau et ça plaira à tous les amoureux de la vie.
A lire et à offrir.
Nicky Depasse

Simplement BISTROT (des recettes pour tous les jours), Yves Camdeborde, Michel Lafon, novembre 2008, 190p., 25€00 env.

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

13 08 08

A propos de Khalil Gibran

GIBRAN_LefebvreA la fin de notre entretien, j'offre à celui qui est aussi un spécialiste de Khalil Gibran (lisez la biographie qu'il a publiée) la très belle et nouvelle édition du prophète illustrée par Gabriel Lefèbvre.

  ALEXANDRE NAJJAR - Brice Depasse 4

NAJJAR_GIBRAN Le prophète, Khalil Gibran, Gabriel Lefèbvre, La Renaissance du Livre, juin 2008, 117p., 29€00.

Khalil Gibran, l'auteur du prohète, Alexandre Najjar, J'ai Lu, 2005, 238p., 5€60

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

22 06 08

L'actualité du bien vivre

LEBECBernard Delcord vous livre cette semaine dans notre rubrique Homelit les meilleurs ouvrages sur la cuisine et le bien vivre.
Cliquez sur la couverture ci-contre et vous découvrirez les livres suivants : Cuisiner c’est ma nature de Christian Têtedoie, Les recettes inratables de Jean-Pierre Coffe, Privat Livemont Entre tradition et modernité au cœur de l’Art nouveau de Benoît Schoonbroodt, La cuisine des voyages (Sao Paulo, Shangai, Marrakech, Naples, Lyon) de Nicolas Le Bec, Guide des maisons d’hôtes de caractère 2008-2009, de Danielle Neijs et Frances Jaarsma, Au pied de cochon de Pierre Rival, Cuisinez ! C'est la saison ! d'Annabel Langbein.

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 05 08

68, année choc

68Un livre énorme !
Pas seulement pour son format et son volume mais aussi et surtout pour son propos : 1968, année de révolutions culturelles et médiatiques, en photos et en textes.
Mai 68, la guerre du Vietnam, les Stones et les Beatles, l'assassinat de Robert Kennedy et de Martin Luther King, Johnny, Antoine et Polnareff, le mariage d'Onassis et Jackie, les J.O., le Festival de Cannes sens dessus dessous, ... en double pages et en légendes rédigées par Michel Drucker, Irène Frain, Jean-Claude Carrière, Jean-Marie Périer, Philippe Labro, ... et Patrick Mahé qui dirige cette collection et que nous recevons pour en parler, pour témoigner, 40 ans après.

  PATRICK MAHE - Brice Depasse 1
  PATRICK MAHE - Brice Depasse 2

68, nos années choc, Collectif dirigé par Patrick Mahé, Plon, mai 2008, 317p, 35€00

Commander « 68, nos années choc »

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

17 04 08

Feue la Belgique de papa

FRANCE DEBRAY EXPO 58Il y a cinquante ans, la Belgique était au centre du monde : l’Expo 58 (la première exposition universelle de l’après-guerre) battait son plein, à l’enseigne de la Belgique joyeuse et de la modernité « atomi(umi)que » conçue par l’architecte Waterkeyn, et accueillait en 186 jours 41 454 412 visiteurs venus de tous les horizons, dont 30 millions ont franchi le seuil des pavillons américain et soviétique, 15 millions celui du Saint-Siège, 5 millions celui du pavillon chinois et de la tour japonaise ou de l’un ou l’autre des 38 états également représentés. Le Congo Belge, à lui tout seul, comportait sept pavillons et se voulait la vitrine d’un colonialisme exemplaire. Ironie de l’histoire, les autorités belges profiteront de l’occasion pour organiser en juillet une table ronde sur l’émancipation à laquelle participera Patrice Lumumba qui, cinq mois plus tard, revendiquera l’indépendance, effective le 30 juin 1960. Les sciences sont mises à l’honneur, et la consommation de bonnes choses, chocolat, bière, pâtisseries, confortée par les progrès techniques : frigos made in USA, poêles qui n’attachent pas, cuisinières à gaz… Ailleurs, on s’agglutine autour de Spoutnik 1 ou de la Citroën DS. La société de consommation, y compris culturelle et de loisir, est en marche et l’on se presse pour écouter les vedettes d’outre-Atlantique, les Louis Armstrong, Duke Ellington, Benny Goodman, Platters et autres Dizzy Gillespie… On danse, on va au spectacle, on assiste à la finale de la 3e coupe d’Europe de football entre l’AC Milan et le Real Madrid, on boit et on mange, on s’intéresse à mille choses de demain, on s’émerveille, on a une foi inébranlable en l’avenir… Les Éditions de la Renaissance du Livre à Bruxelles ont fait paraître, à l’occasion du cinquantenaire de cette apogée des Trente Glorieuses, un fort beau livre (accompagné d’un DVD) signé France Debray, intitulé Expo 58, le grand tournant et très joliment illustré, empreint de nostalgie mais lucide sur le côté « chant du cygne » de cette mémorable manifestation…
Bernard DELCORD

France Debray, Expo 58, le grand tournant, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 2007, 160 pp. + DVD, 35 €

Acheter « Expo 58. Le grand tournant »

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

15 04 08

Pour le plaisir des yeux

VLAMINCKJusqu’au 20 juillet 2008, le Musée du Luxembourg (Sénat français, 19 rue de Vaugirard à 75006 Paris, tél. 00 (33) 1 42 34 25 95) accueille une magnifique exposition qui rassemble des œuvres chatoyantes du peintre fauviste Maurice de Vlaminck (1876-1958) produites à Chatou entre 1900 et 1915, exposition dont les Éditions Skira à Milan publient en français le somptueux catalogue sous le titre Vlaminck, un instinct fauve. Et c’est un festival de couleurs éclatantes, de vivacité du trait, de restitution scintillante de la lumière, dans le prolongement de Van Gogh, de Gauguin, des Nabis, de Cézanne et de Signac, mais avec une trempe nouvelle, toute pétrie des recherches menées par l’artiste avec son ami André Derain et menant à de magnifiques et audacieux débordements : « Je haussais tous les tons, je transposais dans une orchestration de couleurs pures tous les sentiments qui m’étaient perceptibles. J’étais un barbare tendre et plein de violence » (in Tournant dangereux, 1929). Un livre d’une perfection technique incomparable dans son rendu des œuvres picturales ou en céramique et par la qualité des documents parfois inédits qu’elle met à la portée du grand public. De la beauté à l’état pur…
Bernard Delcord

Vlaminck, un instinct fauve, catalogue de l’exposition du 20 février au 20 juillet 2008, Milan, Éditions Skira, 223 pp., 34 €

Écrit par Brice dans Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |