19 12 15

« Rêverie, ô cigare invisible du sage ! » (Victor Hugo)

Le Petit Larousse des cigares.jpgDans Le Petit Larousse des cigares, Guillaume Tesson se penche sur la longue histoire des bâtons de chaise, de l'ère précolombienne aux fumoirs d'aujourd'hui.

Il y décrit un savoir-faire ancestral qui a trouvé son aboutissement dans quatre terroirs principaux (Cuba, la République Dominicaine, le Honduras et le Nicaragua) et il fait connaître toutes les étapes de fabrication : semis, récolte, tri, séchage, fermentation, assemblage et roulage des cinq feuilles que comportent la tripe, la sous-cape et la cape du cigare.

Il y donne les clés d’un véritable art de vivre, car, de la découverte des bagues de collection à celle des figures mythiques, les cigares sont avant tout un moment de plaisir et de partage.

Il y prodigue aussi des conseils pour l'achat, la conservation et l'art de déguster des cigares, les accords avec les alcools et les boissons et fournit le répertoire des 65 marques les plus réputées et des 200 meilleurs cigares, classés par terroirs.

Pour chaque marque, la sélection du cigare « phare » est présentée sous forme de fiche détaillée et est illustrée d'une grande photo indiquant dans sa légende les dimensions, la composition, le prix, le temps de dégustation, la puissance et la saveur.

En complément, l’auteur mentionne les trois à cinq autres cigares importants de la marque et il fournit un glossaire ainsi que les adresses des civettes, fumoirs et clubs de France.

Un livre de chevet qui aurait plu à Winston Churchill…

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse des cigares par Guillaume Tesson, Paris, Éditions Larousse, septembre 2015, 352 pp. en quadrichromie au format 13,8 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,95 € (prix France)

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17 12 15

« Le savoir n’est pas difficile, seule sa mise en pratique l’est. » (Proverbe chinois)

Deyrolle – À la croisée des savoirs.jpgCréée en 1831 par Jean-Baptiste Deyrolle auquel succéda rapidement son fils Achille, la boutique-musée éponyme rassemble à Paris, dans une atmosphère de cabinet de curiosités, d'importantes collections destinées à tous les amateurs de la nature : animaux naturalisés, insectes, coquillages, curiosités naturelles, pièces rares, mais aussi des planches pédagogiques.

En effet, dès les années 1870 et jusqu'aux premières décennies du XXe siècle, la maison Deyrolle a équipé les écoles françaises ainsi que de 120 autres pays de grandes planches murales illustrées, ayant pour vocation d'enseigner les « leçons de choses » en botanique, zoologie, entomologie, physique, astronomie, géologie, minéralogie, anatomie humaine, instruction civique...

Acquise en 2001 par le prince Louis Albert de Broglie, elle a connu un renouveau certain ces dernières années, l’occasion d’une remise en valeur de son patrimoine, notamment par la publication chez Michel Lafon de deux forts volumes intitulés Leçons de choses en 2011 et 2012, rassemblés sous coffret en 2014.

Mais c’est aux Éditions de La Martinière que vient de paraître, à l’initiative de la journaliste et écrivaine Sylvie Albou-Tabart et du prince de Broglie, un passionnant album intitulé Deyrolle – À la croisée des savoirs dans lequel 85 de ces planches, reproduites en détails et en gros plan, sont chacune commentées par un scientifique de renom (primatologue, entomologiste, géologue, explorateur, chirurgien, cardiologue, virologiste...) qui apporte un éclairage sur les découvertes et sur les avancées scientifiques actuelles en la matière.

Une belle continuité du savoir !

Bernard DELCORD

Deyrolle – À la croisée des savoirs par Louis Albert de Broglie et Sylvie Albou-Tabart, Paris, Éditions de La Martinière, octobre 2015, 240 pp. en quadrichromie au format 24,7 x 31,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)

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16 12 15

« Rien que le train-train du merveilleux… » (François Coupry)

Märklin-Rêves de trains.jpg

Märklin est un fabricant allemand de trains miniatures dont le journaliste belge Alain van den Abeele passe l’histoire en revue depuis les origines jusqu’à nos jours dans Märklin – Rêves de train, un fort beau livre paru à Liège aux Éditions Luc Pire et qui réveille bien des souvenirs.

La société fut fondée à Göppingen en 1859 par Theodor Friedrich Wilhelm Märklin et elle était alors spécialisée dans les accessoires de maisons de poupée.

En 1891, les fils du fondateur fabriquèrent un premier train à mouvement d'horlogerie avec voie modulaire en forme de 8.

Dès 1895, les premiers trains électriques et à vapeur avec une voie de 45 mm de large (réduction au 1/32e) voient le jour. En 1900 est introduit l'écartement O (réduction au 1/45e).

En 1935, le fabricant introduit l'échelle OO (1/76e), avec une voie de 16,5 mm d'écartement entre deux rails, devenue le standard international, et l'alimentation du matériel roulant fait appel au courant alternatif 20 volts.

En 1937, une gamme complète de voies, accessoires, locomotives et wagons est disponible. Märklin expose un important réseau à la Foire de Nuremberg.

Dans les années 1980, Marklin rachète son concurrent Trix et harmonise les deux gammes, spécialisant Trix dans le système à courant continu (HO 1/87e) et dans l'échelle N (1/160e) sous la marque Minitrix.

Le 4 février 2009, Märklin a déposé le bilan au tribunal de Göppingen, mais, le 25 octobre 2010, les dirigeants de la firme annoncèrent une sortie de crise [1].

Märklin.jpg

Belle, puissante et lourde (500 grammes), la TT 800 en impose. On peut voir la porte de la boîte à fumée ouvrante abritant le bouton d’inversion du sens de marche par surtension. Un luxe inouï en 1951.

Magnifiquement illustré de superbes photographies, cet ouvrage d’histoire ferroviaire, qui traite aussi – succinctement, mais bellement – des concurrents de la marque en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis est tout empreint de la nostalgie d’une époque révolue où les trains, pas seulement miniatures, arrivaient à l’heure !

Bernard DELCORD

Märklin – Rêves de trains par Alain van den Abeele, photographies d’Éric de Ville, Liège, Éditions Luc Pire, octobre 2015, 159 pp. en quadrichromie au format 28 x 23 cm à l’italienne sous couverture cartonnée en couleurs, 29 €.

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A4rklin

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13 12 15

Au pays des merveilles…

Bourgogne romane.jpgHistorien, ancien collaborateur de Georges Duby au Collège de France, Guy Lobrichon est professeur émérite d’histoire médiévale à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Directeur des ouvrages L'Histoire de Paris par la peinture et L'Histoire de Venise par la peinture (Citadelles & Mazenod), collaborateur du Guide de la Musique du Moyen Âge (Fayard), il a aussi écrit La Bible au Moyen Âge et Héloïse - L'amour et le savoir (Gallimard).

Ce grand médiéviste vient de réaliser une gageure exceptionnelle, celle de ressusciter, en le prolongeant et en le réécrivant, un ouvrage légendaire que l’on croyait à tout jamais défunt.

Publié il y a 60 ans aux Éditions Zodiaque de l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire à l’initiative de dom Angelico Surchamp et diffusé à 40 000 exemplaires, la Bourgogne romane, le premier ouvrage de la collection « La nuit des temps » qui comptera 88 volumes, est en effet un livre culte qui réveilla et ouvrit les yeux sur des monuments majeurs oubliés, en raison de la grande clarté de ses explications et par la magie de ses photographies en noir et blanc, de véritables bijoux d’esthétisme et de raffinement.

La pendaison de Judas.jpg

Vézelay, basilique Sainte-Marie-Madeleine (Yonne)

Chapiteau de la nef sud : la pendaison de Judas

Appuyé sur les travaux du Centre d’Études médiévales d’Auxerre dont la réputation n’est plus à faire et nourri des plus récents apports, le texte de Guy Lobrichon, qui reprend l’iconographie de 1955, propose au lecteur, en 5 chapitres et 8 itinéraires, un parcours initiatique centré sur l'intuition des créateurs des XIe et XIIe siècles qui firent de leur terre un duché sans pareil et une région inspirée.

Sous la plume alerte de l’auteur qui allie science et empathie, la magie opère et une autre Bourgogne romane surgit, où l'art redevient histoire sans perdre sa part de mystère et d'indicible.

Un vrai miracle !

Bernard DELCORD

Bourgogne romane par Guy Lobrichon, Paris, Éditions Zodiaque, novembre 2015, 372 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Art roman, Bourgogne romane

Sentences sur l'art roman

Un monde d'harmonie

Voir le visible et ce qui ne l'est pas

Décrire

L’art d'une société

L’église, un édifice public

Chapitre 1 : Naissance de la Bourgogne romane

Chemins de traverse

Un royaume, un duché, un comté

Un duché, une identité

La patrie

Chapitre 2 : La Bourgogne de l'an mil

Le nouveau duché

Le village

Troubles, Paix de Dieu, paix sur terre

Trois figures

Le « blanc manteau d'églises »

Le premier effort

Chapitre 3 : La Réforme ou le retour de Rome

Une Église, deux clergés

Le temps du pape

Le second effort : le monument réformé

Chapitre 4 : Le nouveau monde

Cluny, la seigneurie triomphante

Pèlerinage : l'apogée

Humanisme

Chapitre 5 : Révolution épiscopale. Cités de seigneurs

Le temps de la transition

Itinéraire 1 : Origines

Auxerre, Châtillon-sur-Seine, Flavigny-sur-Ozerain, Dijon, Cluny, Salmaise, Combertault

Itinéraire 2 : Le domaine de Cluny

Sennecey-le-Grand, Berzé-la-Ville, Sologny, Domange, Péronne, Donzy-le-Pertuis, Blanot, Malay, Saint-Hippolyte, Ameugny, Taizé, Massy, Bezornay, Jalogny, Mazille, Cluny, Saint-Vincent-des-Prés, Chapaize, Brancion, Lancharre

Itinéraire 3 : Le triomphe clunisien

Cluny, Paray-le-Monial, Charlieu, Marcigny, Varenne-l'Arconce, La Charité-sur-Loire, Saint-Révérien, Iguerande, Baugy, Anzy-le-Duc, Montceaux-l'Étoile, Bois-Sainte-Marie, Saint-Julien-de-Jonzy, Champvoux, Chassenard, Perrecy-les-Forges, Bragny-en-Charolais

Itinéraire 4 : Compétition. La route des évêques

Mâcon, Tournus, Chalon-sur-Saône, Dijon, Beaune, La Rochepot, Fleurey-sur-Ouche

Itinéraire 5 : Compétition. Évêques et moines face à Cluny

Autun, Avallon, Vézelay, Saulieu, Sussey-le-Maupas, Curgy, Laizy, Sémelay, Dettey, Issy-l'Évêque, Farges-lès-Mâcon, Laives, Gourdon, Mont-Saint-Vincent, Burnand

Itinéraire 6 : L'emprise capétienne

Le Sénonais et l'Auxerrois, Sens, Auxerre, Laroche-Saint-Cydroine, Ligny-le-Châtel, Bazarnes, Vermenton, Sacy, Sainte-Pallaye, Sainte-Magnance, Escolives-Sainte-Camille, Lucy-sur-Yonne, Druyes-les-Belles-Fonrtaines, Parly, Moutiers-en-Puisaye, Cosne-sur-Loire, Donzy-le-Pré, Garchizy, Nevers, Saint-Pierre-le-Moûtier, Decize, Commagny, Bourbon-Lancy

Itinéraire 7 : L'art cistercien : de Cîteaux à Fontenay et Pontigny

Fontenay, Pontigny, Bussy-le-Grand

Itinéraire 8 : Les collégiales

Avallon, Beaune, Cervon, Châtel-Censoir, Châtillon-sur-Saône, Lancharre, Saulieu

 

13 12 15

Jésus

9782259217965.gif Il vient de paraître, extrême fin d'octobre, rédigé par un historien de talent, Jean-Chistian Petitfils (hautement apprécié de notre blog pour ses essais relatifs au Grand siècle) Le

Dictionnaire amoureux de Jésus.

Précisons d'emblée que l'historien est chrétien et l'assume fort bien.

Il soutient son propos - ses entrées -  d'un précieux glossaire, d'une impressionnante "bibliographie sommaire" .

Et nous invite à voguer au gré de nos attentes, de l'infirmation de nos doutes, ... à travers concepts et portraits singulièrement vivants; 

Je ne lirai pas l'ouvrage dans son intégralité mais me promets de le consulter, lorsqu'une question surgira en mon esprit; pour l'heure et cette matinée dominicale, j'ai lu avec intérêt le chapitre - les entrées sont généreusement étoffées - consacré à la validité historique de la vie de Jésus, si malmenée par les mythistes.

A suivre donc

Dictionnaire amoureux de Jésus, Jean-Christian Petitfils, essai, Ed. Plon, oct. 2015, 758 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

10 12 15

Mise en scène

 Il est volumineux. Il est amoureux. Il est ..fabuleux.

" Si le théâtre n'est pas mon métier, il est ma vie."

Croyez-moi, cela se sent.

Journaliste politique, Christophe Barbier n'en est pas moins passionné de la scène depuis son adolescence.  Il nous offre -  le travail  relève du cadeau - pas moins de 1178 pages et des centaines d'entrées classées par ordre alphabétique - dictionnaire oblige - qui nous ouvrent les portraits de monstres sacrés , Gérard Philippe, Marie Dorval,  Yvonne Printemps,  Raimu, Jean-Louis Barrault dont beaucoup sont gaillardement vivants, Jean Piat, Francis Huster, Jacques Weber, etc...

Il y a des absents, certes : où est passé André Dussolier? - mon monstre sacré -mais il faut l'admettre: le principe du dictionnaire amoureux est d'opérer une sélection subjective pleinement assumée par l'auteur.  Nous aurions mauvaise grâce à traquer les lacunes tant le parcours à travers les  principaux théâtres (parisiens), pièces mythiques,  termes techniques, galeries de portraits .. procure du plaisir à l'état pur.  

Les entrées sont vivantes, engagées - écoutez Christophe Barbier vous parler des oreillettes qu'il exècre, de la perruque, itou, fustiger le cérémonial des saluts et frapper votre esprit et votre mémoire de quelque formule lapidaire du meilleur effet....- 

De quelque passage de haute voltige également, tant il est dit qu'en plus d'être intéressant, le dictionnaire est vivant, magistralement rédigé.

Plongeons dans le trou (de mémoire): 

" Il est d'ailleurs remarquable qu'une des choses au théâtre dont on se souvient le mieux, c'est des trous de mémoire. (...) Le trou de mémoire dépasse l'entendement, il est une mite à mythe, il perce là où on ne l'attend pas, c'est-à-dire dans les passages les plus fameux. "

Un ouvrage de référence qui trouvera scène de choix au pied du sapin

Apolline Elter

Dictionnaire amoureux du théâtre, Christophe Barbier, essai, Ed. Plon, septembre 2015, 1178 pp

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

09 12 15

Lire est un délice

téléchargement (3).jpg Tandis que se dresse peu à peu le couvert des fêtes de fin d'année, les éditions Perrrin ont le bon goût de publier une nouvelle édition de l'abécédaire historico- gourmand du regretté André Castelot (1911- 2004)

Grands noms de la cuisine, grandes cuisines du monde, lieux mythiques, revue des principaux mets, moeurs et usages aux différentes époques de la convivialité, références littéraires, onomastiques, miscellanées et croustillantes anecdotes parcourent ce dictionnaire, riche de 704 pages.

A déguster au gré de notre appétit et de révélations découvertes surprenantes, tel le "menu coupable " que l'effronté Sainte-Beuve fit servir à ses invités et non des moindres; le prince Napoléon, Flaubert, Renan, Taine..- en plein jeun de vendredi saint (1863)

l'histoire à table- Si la cuisine m'était contée, Alain Castelot, essai, Ed.  Perrin, 2015 pour la nouvelle édition, 706 pp

 

Écrit par Apolline Elter dans Apolline Elter, Beaux Livres | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 12 15

Une contre-histoire de l’art occidental…

Bizarre – L'autre histoire de l'art.jpg

Dans Bizarre – L'autre histoire de l'art (Paris, Éditions Flammarion), Vincent Brocvielle, un spécialiste d’esthétique – on lui doit le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art – se penche avec science et sagacité sur les représentations apocalyptiques dans les manuscrits médiévaux, les anges peuplant les cieux de l'Italie renaissante, les représentations baroques du corps humain, les visions fantastiques du romantisme noir, l’inquiétante étrangeté surréaliste, l’abolition des beaux-arts à la fin du XXe siècle, les photo-mont ages, les sculptures gonflables...

Il prouve ainsi que les grands artistes ont toujours su dépasser le champ académique et repousser les limites de l'imaginaire, bien souvent en faisant fi des conventions et des censures de leur temps.

À partir d'une sélection originale d'œuvres réunies pour l'étonnement et la fascination qu'elles suscitent encore au aujourd’hui, qu'elles soient célébrissimes (Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, les portraits d'Arcimboldo, la Tête de Méduse du Caravage, Les Ménines de Velázquez) ou plus insolites (les caricatures de Léonard de Vinci, Le Bœuf écorché de Rembrandt, Le Vol de sorcières de Goya), l’auteur s'attache au bizarre, aux « pas de côté » réalisés par les artistes, aux écarts et aux débordements de l'imagination qui, à toutes les époques, interpellent le spectateur.

Bizarre – L'autre histoire de l'art (Vanitas de Ligozzi).jpg

Vanitas par Jacopo Ligozzi, début du XVIIe siècle,

Huile sur toile, collection Franco Maria Ricci, Parme.

Ce faisant, il détaille la façon dont ces chefs-d'œuvre ont été reçus en leur temps et, plus largement, il retrace l'étonnante épopée du goût, en parcourant le panorama des mythes, des démons, des monstres, des prophètes et des apprentis-sorciers qui ont amené les artistes à transformer un sentiment d’étrangeté en objet culturel.

Pour frissonner en beauté !

Bernard DELCORD

Bizarre – L'autre histoire de l'art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

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02 12 15

Cultures croisées…

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes.jpgLe catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

29 11 15

« Là où il y a charité et sagesse, il n'y a plus ni peur ni ignorance. » (François d'Assise)

François d'Assise selon Giotto.jpgAgrégé d'italien, docteur ès-lettres, Michel Feuillet est maître de conférences émérite à l'université Lyon-III-Jean-Moulin. Il a déjà consacré plusieurs ouvrages à François d'Assise (1181-1226) et à Fra Angelico (1395-1455).

Il est l’auteur d’un fort beau livre de commentaires de l'œuvre de Giotto (réunissant pas moins de 80 reproductions en couleurs) dans ses rapports avec les préceptes et admonitions de François d’Assise, un ouvrage intitulé François d'Assise selon Giotto publié à Paris aux Éditions Desclée de Brouwer, dans lequel il se penche sur le cycle de fresques de la basilique supérieure et sur les allégories franciscaines de la basilique inférieure d’Assise ainsi que sur les fresques de la chapelle Bardi dans la basilique Santa Croce de Florence.

C’est que, après la mort de François d’Assise, on voulut honorer sa mémoire par des peintures, se posa le problème de son héritage spirituel. Quelles images donner de lui ? Quelles actions représenter ?

On chargea Giotto (1267-1337) de réaliser les fresques de la basilique d’Assise en donnant satisfaction à la hiérarchie ecclésiastique, prudente et modérée. Très vite cependant, l’artiste noua une profonde complicité spirituelle avec le saint, empreinte d’une profonde empathie que confirmeront les œuvres ultérieures.

Écoutons Michel Feuillet :

« Le franciscanisme de Giotto est riche et complexe. Il est tributaire de la doctrine officielle de l'ordre. Cela étant, le génie de Giotto transcende les directives de ses commanditaires et, en de nombreux points, il rejoint le poverello dans son témoignage originel : humanité, vérité, poésie, dépouillement, amour fou, amour de ses frères les hommes, amour de toute créature et amour de Dieu, des vertus qui toutes montrent Dieu à l'œuvre dans la réalité d'ici-bas.

François chasse les démons de la ville d'Arezzo.jpg

Vie de Saint François, dans la basilique supérieure d’Assise.

Scène 10 : François chasse les démons de la ville d'Arezzo.

Ainsi, Giotto, se situe au-delà des discordes. Au-delà de toute querelle. Il synthétise les différents visages dont se réclament les héritiers. En cela, on peut vraiment dire qu’il est un disciple de François. Un frère de François… »

La rencontre de deux grands esprits, en somme…

Bernard DELCORD

François d'Assise selon Giotto par Michel Feuillet, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, mars 2015, 155 pp. en quadrichromie au format 25,3 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

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