10 12 15

Mise en scène

 Il est volumineux. Il est amoureux. Il est ..fabuleux.

" Si le théâtre n'est pas mon métier, il est ma vie."

Croyez-moi, cela se sent.

Journaliste politique, Christophe Barbier n'en est pas moins passionné de la scène depuis son adolescence.  Il nous offre -  le travail  relève du cadeau - pas moins de 1178 pages et des centaines d'entrées classées par ordre alphabétique - dictionnaire oblige - qui nous ouvrent les portraits de monstres sacrés , Gérard Philippe, Marie Dorval,  Yvonne Printemps,  Raimu, Jean-Louis Barrault dont beaucoup sont gaillardement vivants, Jean Piat, Francis Huster, Jacques Weber, etc...

Il y a des absents, certes : où est passé André Dussolier? - mon monstre sacré -mais il faut l'admettre: le principe du dictionnaire amoureux est d'opérer une sélection subjective pleinement assumée par l'auteur.  Nous aurions mauvaise grâce à traquer les lacunes tant le parcours à travers les  principaux théâtres (parisiens), pièces mythiques,  termes techniques, galeries de portraits .. procure du plaisir à l'état pur.  

Les entrées sont vivantes, engagées - écoutez Christophe Barbier vous parler des oreillettes qu'il exècre, de la perruque, itou, fustiger le cérémonial des saluts et frapper votre esprit et votre mémoire de quelque formule lapidaire du meilleur effet....- 

De quelque passage de haute voltige également, tant il est dit qu'en plus d'être intéressant, le dictionnaire est vivant, magistralement rédigé.

Plongeons dans le trou (de mémoire): 

" Il est d'ailleurs remarquable qu'une des choses au théâtre dont on se souvient le mieux, c'est des trous de mémoire. (...) Le trou de mémoire dépasse l'entendement, il est une mite à mythe, il perce là où on ne l'attend pas, c'est-à-dire dans les passages les plus fameux. "

Un ouvrage de référence qui trouvera scène de choix au pied du sapin

Apolline Elter

Dictionnaire amoureux du théâtre, Christophe Barbier, essai, Ed. Plon, septembre 2015, 1178 pp

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09 12 15

Lire est un délice

téléchargement (3).jpg Tandis que se dresse peu à peu le couvert des fêtes de fin d'année, les éditions Perrrin ont le bon goût de publier une nouvelle édition de l'abécédaire historico- gourmand du regretté André Castelot (1911- 2004)

Grands noms de la cuisine, grandes cuisines du monde, lieux mythiques, revue des principaux mets, moeurs et usages aux différentes époques de la convivialité, références littéraires, onomastiques, miscellanées et croustillantes anecdotes parcourent ce dictionnaire, riche de 704 pages.

A déguster au gré de notre appétit et de révélations découvertes surprenantes, tel le "menu coupable " que l'effronté Sainte-Beuve fit servir à ses invités et non des moindres; le prince Napoléon, Flaubert, Renan, Taine..- en plein jeun de vendredi saint (1863)

l'histoire à table- Si la cuisine m'était contée, Alain Castelot, essai, Ed.  Perrin, 2015 pour la nouvelle édition, 706 pp

 

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05 12 15

Une contre-histoire de l’art occidental…

Bizarre – L'autre histoire de l'art.jpg

Dans Bizarre – L'autre histoire de l'art (Paris, Éditions Flammarion), Vincent Brocvielle, un spécialiste d’esthétique – on lui doit le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art – se penche avec science et sagacité sur les représentations apocalyptiques dans les manuscrits médiévaux, les anges peuplant les cieux de l'Italie renaissante, les représentations baroques du corps humain, les visions fantastiques du romantisme noir, l’inquiétante étrangeté surréaliste, l’abolition des beaux-arts à la fin du XXe siècle, les photo-mont ages, les sculptures gonflables...

Il prouve ainsi que les grands artistes ont toujours su dépasser le champ académique et repousser les limites de l'imaginaire, bien souvent en faisant fi des conventions et des censures de leur temps.

À partir d'une sélection originale d'œuvres réunies pour l'étonnement et la fascination qu'elles suscitent encore au aujourd’hui, qu'elles soient célébrissimes (Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, les portraits d'Arcimboldo, la Tête de Méduse du Caravage, Les Ménines de Velázquez) ou plus insolites (les caricatures de Léonard de Vinci, Le Bœuf écorché de Rembrandt, Le Vol de sorcières de Goya), l’auteur s'attache au bizarre, aux « pas de côté » réalisés par les artistes, aux écarts et aux débordements de l'imagination qui, à toutes les époques, interpellent le spectateur.

Bizarre – L'autre histoire de l'art (Vanitas de Ligozzi).jpg

Vanitas par Jacopo Ligozzi, début du XVIIe siècle,

Huile sur toile, collection Franco Maria Ricci, Parme.

Ce faisant, il détaille la façon dont ces chefs-d'œuvre ont été reçus en leur temps et, plus largement, il retrace l'étonnante épopée du goût, en parcourant le panorama des mythes, des démons, des monstres, des prophètes et des apprentis-sorciers qui ont amené les artistes à transformer un sentiment d’étrangeté en objet culturel.

Pour frissonner en beauté !

Bernard DELCORD

Bizarre – L'autre histoire de l'art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

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02 12 15

Cultures croisées…

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes.jpgLe catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

29 11 15

« Là où il y a charité et sagesse, il n'y a plus ni peur ni ignorance. » (François d'Assise)

François d'Assise selon Giotto.jpgAgrégé d'italien, docteur ès-lettres, Michel Feuillet est maître de conférences émérite à l'université Lyon-III-Jean-Moulin. Il a déjà consacré plusieurs ouvrages à François d'Assise (1181-1226) et à Fra Angelico (1395-1455).

Il est l’auteur d’un fort beau livre de commentaires de l'œuvre de Giotto (réunissant pas moins de 80 reproductions en couleurs) dans ses rapports avec les préceptes et admonitions de François d’Assise, un ouvrage intitulé François d'Assise selon Giotto publié à Paris aux Éditions Desclée de Brouwer, dans lequel il se penche sur le cycle de fresques de la basilique supérieure et sur les allégories franciscaines de la basilique inférieure d’Assise ainsi que sur les fresques de la chapelle Bardi dans la basilique Santa Croce de Florence.

C’est que, après la mort de François d’Assise, on voulut honorer sa mémoire par des peintures, se posa le problème de son héritage spirituel. Quelles images donner de lui ? Quelles actions représenter ?

On chargea Giotto (1267-1337) de réaliser les fresques de la basilique d’Assise en donnant satisfaction à la hiérarchie ecclésiastique, prudente et modérée. Très vite cependant, l’artiste noua une profonde complicité spirituelle avec le saint, empreinte d’une profonde empathie que confirmeront les œuvres ultérieures.

Écoutons Michel Feuillet :

« Le franciscanisme de Giotto est riche et complexe. Il est tributaire de la doctrine officielle de l'ordre. Cela étant, le génie de Giotto transcende les directives de ses commanditaires et, en de nombreux points, il rejoint le poverello dans son témoignage originel : humanité, vérité, poésie, dépouillement, amour fou, amour de ses frères les hommes, amour de toute créature et amour de Dieu, des vertus qui toutes montrent Dieu à l'œuvre dans la réalité d'ici-bas.

François chasse les démons de la ville d'Arezzo.jpg

Vie de Saint François, dans la basilique supérieure d’Assise.

Scène 10 : François chasse les démons de la ville d'Arezzo.

Ainsi, Giotto, se situe au-delà des discordes. Au-delà de toute querelle. Il synthétise les différents visages dont se réclament les héritiers. En cela, on peut vraiment dire qu’il est un disciple de François. Un frère de François… »

La rencontre de deux grands esprits, en somme…

Bernard DELCORD

François d'Assise selon Giotto par Michel Feuillet, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, mars 2015, 155 pp. en quadrichromie au format 25,3 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

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25 11 15

Drapeau écossais…

Whisky par Tom Bruce-Gardyne.jpgJournaliste et auteur écossais, collaborateur régulier du Herald Scotland à la rubrique des vins et spiritueux, Tom Bruce-Gardyne a écrit plusieurs ouvrages réputés sur le scotch whisky. Il est également « maître du Quaich » (autrement dit maître de la Coquille Saint-Jacques en gaélique), une association de gardiens du temple créée à la fin des années quatre-vingt pour rendre hommage à tous ceux qui ont rendu service à l'Écosse... et au whisky !

Rien d’étonnant, par conséquent, à ce qu’il soit l’auteur d’un remarquable livre-objet sobrement intitulé Whisky dont la traduction française a paru aux Éditions Larousse à Paris.

Il y présente les multiples facettes et secrets du plus fabuleux des spiritueux : sa fabrication, son histoire, ses « barons » et la visite de ses remarquables distilleries dans les plus belles régions d'Écosse.

Écoutons l’auteur :

« Si le whisky des origines était fort rudimentaire, on lui prêtait toutefois de nombreuses vertus "médicinales". Au XVe siècle, il était considéré comme un excellent désinfectant qui, de plus, soignait les yeux fatigués, la teigne et les boutons.

Très utile aussi pour masser les articulations douloureuses ou réchauffer les membres lors des hivers rigoureux, il rendait également les hommes "joyeux, spirituels et plus audacieux". Ses ingrédients modestes, de l'orge et de l'eau, lui permettaient d'être fabriqué partout en Écosse... et le plus souvent illégalement !

Quel chemin parcouru depuis ces origines jusqu'au raffinement actuel ! »

Et l’éditeur d’ajouter fort justement :

« En sillonnant avec Tom Bruce-Gardyne la “route des whiskies” à la découverte des plus belles régions d'Écosse (les Highlands, le Speyside, Campbeltown, les Lowlands, Islay et les autres îles Hébrides), les amateurs éclairés comme les néophytes trouveront dans ce livre une multitude d'informations pour apprécier plus encore le scotch whisky.

En poussant la porte des plus grandes distilleries, ils découvriront autant de témoignages de la pérennité et du dynamisme de cet alcool millénaire et... de précieuses notes de dégustation. On le sait, le whisky est une affaire des plus sérieuses en Écosse. Plus qu'une tradition, c'est un art de vivre ! Il est d'ailleurs admirablement présent dans tous les domaines de la culture : fêtes traditionnelles, music-hall, cinéma, chanson, poésie et littérature.

En plus d'un ouvrage superbement illustré, ce coffret contient 20 fac-similés très rares.

Lettre de charles Dickens.jpg

Fac-similé d’une lettre de Charles Dickens à un ami et à laquelle il joint une bouteille de « rare vieux » whisky Glenlivet. Il lui recommande de le boire « avec autant d’enthousiasme que je le boirais à votre santé ». (1852)

D'un extrait des registres du Trésor public d'Écosse avec le premier témoignage écrit de distillation de whisky (1494) au dessin original de « l'homme qui marche », symbole de Johnnie Walker, d'une lettre de Charles Dickens accompagnant l'envoi d'une bouteille de Glenlivet à un ami, au mandat de la reine Victoria pour les frères Chivas, en passant par des sous-bocks publicitaires Black & White et Buchanan, ces documents compléteront admirablement votre immersion. »

Un univers gustatif à savourer avec modération, cela va de soi !

Bernard DELCORD

Whisky par Tom Bruce-Gardyne, Paris, Éditions Larousse, traduit de l’anglais par Valérie Feugeas et Hélène Tordo octobre 2015, un coffret au format 28,5 x 32 cm contenant un ouvrage de 108 pp. en quadrichromie accompagné de fac-similés et sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 € (prix France)

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11 11 15

Allégresse et chuchotements…

Les surprises de Fragonard (cover) .jpgDans le cadre de l’exposition « Fragonard amoureux, galant et libertin » qui se tient au Musée du Luxembourg, dans la capitale française, jusqu’au 24 janvier 2016, les Éditions Gallimard ont ressorti un bel essai de Philippe Sollers intitulé Les surprises de Fragonard qui avait été publié en 1987 à l’occasion de l’importante exposition organisée au Grand Palais en 1987-1988 autour de l’œuvre du peintre né le 5 avril 1732 à Grasse et mort le 22 août 1806 à Paris.

Écoutons Philippe Sollers :

« Fragonard est un des grands peintres du dix-huitième siècle. Plus divers et fort que Watteau ; moins académique que Boucher, il domine son siècle et interroge le nôtre. À notre grande surprise, nous nous sommes aperçus que presque rien n'avait été écrit sur lui. Ce silence est-il dû à un préjugé historique, conséquence de la Révolution ? Cette question mérite d'être posée en fonction de la “commémoration” de 1989.

On se propose, ici, de commémorer d'abord Fragonard, de le faire vivre dans son effervescence profonde. Surprises de Fragonard ? À chaque instant. Ce livre est construit comme un petit roman d'aventures, images, détails, récits. Les sujets, en général interprétés superficiellement comme “érotiques et galants”, révèlent des arrière-plans inattendus, des audaces inouïes. C'est toute une société qui se dévoile dans ces coulisses : La Fête à Rambouillet, Le Billet doux, L'Étude, Le Début du modèle, La Chemise enlevée, La Résistance inutile, Les Baigneuses, Le Verrou...

Disons les choses : on a rarement eu autant de plaisir à concevoir un livre. »

Les surprises de Fragonard (La Chemise enlevée).jpg

La Chemise enlevée (vers 1770)

H. : 0,35 m. ; L. : 0,42 m.

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard.

Nous ajouterons que l’exposé, brillamment soutenu par une iconographie superbe, s’avère, lui aussi, plein d’heureuses surprises : d’érudition, de formulation et de style…

Par exemple, en réplique à une charge de Céline dans Bagatelles pour un massacre :

« Fragonard ? La meilleure thérapeutique préventive contre le toutoulitarisme. Chez lui, rien n'est tout, chaque détail est libre. Vous voulez éviter le fascisme ? La barbarie ? Le kitsch ? Le bazar de l’art moderne ? La propagande populiste ? La mode décidant de la réalité ? La dictature des media ? Faites comme les milliardaires avisés ou repentants, prenez votre valeur refuge : Fragonard. »

Enlevez, c’est pesé !

Bernard DELCORD

Les surprises de Fragonard par Philippe Sollers, Paris, Éditions Gallimard, septembre 2015, 144 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 24,6 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 25 € (prix France)

Informations pratiques relatives à l'exposition :

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Tél. : 01 40 13 62 00

Ouverture tous les jours de 10h à 19h, nocturne le lundi et le vendredi jusqu'à 21h30.

Les 24, 31 décembre et 1er janvier : de 10h à 18h.

Fermeture le 25 décembre.

Tarifs :

Plein : 12 €

Réduit : 7,5 € (16-25 ans, demandeurs d'emploi et famille nombreuse).

Spécial Jeune : 7,5 € pour deux entrées (du lundi au vendredi à partir de 17h).

Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires des minima sociaux.

Accès :

En transports en commun :

- RER : ligne B, arrêt Luxembourg (sortie Jardin du Luxembourg).

- Métro : ligne 4, arrêt Saint Sulpice ; ligne 10, arrêt Mabillon.

- Bus : lignes 58, 84, 89, arrêt Luxembourg ; lignes 63, 70, 87, 86, arrêt Saint Sulpice.

En voiture :

- Parking Marché Saint-Germain : accès par la rue Lobineau, Paris 6e.

- Parking Place Saint Sulpice, Paris 6e.

En Vélib’ :

- Stations n° 6009, 6030, 6017.

En Autolib’ :

- 2, rue de Fleurus et 18, rue Madame.

En raison des nouvelles dispositions du plan Vigipirate, les sacs et valises ne sont plus autorisés.

 

 

03 11 15

« Il n'y a pas de théâtre sans fraternité. » (Louis Jouvet)

Théâtre de Liège.jpgRafaël Magrou est architecte de formation. Journaliste (Techniques & Architecture, L’Architecture d’Aujourd’hui, AMC, EcologiK et EXE), il est aussi auteur et commissaire d’expositions. Il enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Clermont-Ferrand.

Il est aussi l’auteur d’un bel essai intitulé Théâtre de Liège En transparencesparu à Bruxelles aux Éditions Mardaga, dans la collection « Patrimoine culturel ».

Écoutons Anne Wuilleret, son éditrice :

« C’est l’histoire d’un lieu autrefois dédié à la culture et aux sciences devenu, en 2013, outil théâtral à part entière, un lieu de vie dans la ville, une scène rayonnante à l’échelle nationale et européenne.

En effet, le Théâtre de Liège, c’est :

– plus de 50 000 visiteurs en 2013-2014 ;

– par saison, près de 190 représentations de théâtre et danse, et des expositions témoignant de la richesse de la création contemporaine ;

– par saison, près de 10 productions en tournée en Belgique et à l’étranger, comptabilisant un total de 125 000spectateurs ;

– 7800 m2 répartis en 2 salles de 557 et 145 places.

En ayant pour fil conducteur le préfixe trans-, cet ouvrage raconte, en 16 chapitres, l’histoire de la transformation de l’édifice de la Société Libre d’Émulation en Théâtre de Liège.

Le livre emmène le lecteur dans les différentes dimensions du bâtiment, passant de sa façade à sa salle principale, sans oublier les coulisses et autres loges, ainsi que les ateliers de fabrication.

Il aborde autant l’aspect patrimonial du Théâtre que l’intervention contemporaine qui lui a permis de devenir la première scène de Wallonie ; de même, il se penche sur les axes de sa programmation dans un entretien avec Serge Rangoni, son directeur depuis 2004 : contenu et contenant, corps et esprit sont ici rassemblés.

L’ouvrage, dont la maquette met en lumière les différentes étapes de la transformation du lieu grâce à une iconographie exceptionnelle, convie à saisir la démarche et la posture contemporaine des architectes Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit. Il est largement illustré de photographies de Marie-Françoise Plissart qui a suivi la transformation des lieux, de François Brix qui a accompagné la conception des architectes, et de documents inédits, comme l’intervention de l’artiste Patrick Corillon dans les murs.

Une invitation à découvrir les coulisses d’un lieu qui se veut en transparence avec son public ! »

TABLE DES MATIÈRES :

INTRODUCTION. Ceci n’est pas un théâtre

1. TRANS-CENDER / Il faut sauvegarder l’Émulation

2. TRANS-MIGRATIONS / De place en place : un théâtre sans domicile fixe

3. TRANS-CRIRE / Du programme à la réalisation : alchimie de la conception architecturale

4. TRANS-FIGURER / Avec audace, permettre au Théâtre de Liège d’exister dans sa ville

5. TRANS-PARAÎTRE / À la frontière du visible et de l’invisible

6. TRANS-PARENCE(S) / Estomper les limites

7. TRANS-PORTÉ(E-S) / La grande salle reconfigurée

8. TRANS-IGER / Petits arrangements avec l’existant

9. TRANS-MUTATION / Chronique photographique d’une greffe

10. TRANS-ITION / Entretiens avec Serge Rangoni, Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit

11. TRANS-VERSAL / Réconcilier les fragments

12. TRANS-NATIONAL / Un spectacle en guise d’inauguration

13. TRANS-DISCIPLINAIRE / Un programme qui relie les disciplines de l’être et du savoir

14. TRANS-FRONTALIER / À la croisée des pays, tisser des liens

15. TRANS-METTRE / Sensibiliser et convier le public au débat

16. TRANS-IT / Suivez l’artiste !

CONCLUSION

NOTES ET ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

Bernard DELCORD

Théâtre de Liège En transparencespar Rafaël Magrou, Bruxelles, Éditions Mardaga, collection « Patrimoine culturel », août 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 €

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25 10 15

Quiétude, beauté et solennité…

Monastères & hauts lieux de spiritualité en France.jpgDans Monastères & hauts lieux de spiritualité en France, un beau livre publié chez Larousse à Paris et somptueusement illustré de photographies prises par Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, l’enseignante-chercheuse en histoire de l’art Panayota Volti (Université de Nanterre), la journaliste spécialiste des questions sociales et du monde des collectivités locales Marion Esquerré ainsi que son confrère Julien Vitry (rédacteur en chef de Lonely Planet Magazine) proposent une découverte de 19 hauts lieux de foi de l’Hexagone, monastères ou abbayes souvent installés dans des vallées reculées, des forêts profondes ou des côtes battues par la mer, qui s'inscrivent dans une nature grandiose et préservée.

En sus d’une présentation de l’architecture et du décor remarquables de ces édifices religieux, les images exceptionnelles de leur ouvrage suivent les pas de moines et de moniales pour un voyage intérieur d'une grande intensité.

Qu'ils soient cisterciens, bénédictins, bouddhistes ou orthodoxes, ces hommes et ces femmes perpétuent la tradition d'une vie humble et simple, entièrement tournée vers le recueillement et la prière.

Loin du bruit et de la fureur de notre époque…

Table des matières :

- Notre-Dame de Lérins (Alpes-Maritimes)

- Notre-Dame des Neiges (Ardèche)

- Abbaye de Sylvanès (Aveyron)

- Centre Sainte-Croix (Dordogne)

- Village des Pruniers (Dordogne)

- Centre Amma, la Ferme du Plessis (Eure-et-Loir)

- Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec (Finistère)

- Abbaye Sainte-Marie du Rivet (Gironde)

- Monastère de la Grande Chartreuse (Isère)

- Abbaye du Mont-Saint-Michel (Manche)

- Abbaye Sainte-Anne de Kergonan (Morbihan)

- Abbaye Notre-Dame de Belloc (Pyrénées-Atlantiques)

- Abbaye Notre-Dame de Tournay (Hautes-Pyrénées)

- Abbaye d’Hautecombe (Savoie)

- Prieuré Saint-Benoît (Yvelines)

- Abbaye Saint-Benoît d'En Calcat (Tarn)

- Abbaye Notre-Dame de Sénanque (Vaucluse)

- Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (Yonne)

- Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle 

Monastères & hauts lieux de spiritualité en France (Notre-Dame du Rivet).jpg

Une sœur en prière à l’abbaye Sainte-Marie du Rivet

 Bernard DELCORD

 Monastères & hauts lieux de spiritualité en France par Panayota Volti, Marion Esquerré et Julien Vitry, photographies de Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, Paris, Éditions Larousse, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 30 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,95  (prix France)

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12 10 15

Mondaines, demi-mondaines, trottins et pierreuses…

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 (cover).jpg

Catalogue de l’exposition qui se tient Musée d’Orsay à Paris au jusqu’au 17 janvier 2016, puis du 19 février au 19 juin 2016 au Van Gogh Museum d’Amsterdam, le magnifique ouvrage collectif intitulé Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 résume fort habilement ce que ses organisateurs présentent comme « la première grande manifestation qui tente de retracer la façon dont les artistes français et étrangers, fascinés par les acteurs et les lieux de ce fait social, n'ont cessé de rechercher de nouveaux moyens picturaux pour en représenter réalités et fantasmes.

Vincent van Gogh – Agostina Segatori au Tambourin.png

Vincent van Gogh (1853-1890), Agostina Segatori au Tambourin (1887)

Huile sur toile. H. 55,5 cm ; L. 46,  cm. Amsterdam, Van Gogh Museum

© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

"Pierreuses" officiant clandestinement sur des terrains vagues dans les profondeurs de la nuit, filles "en carte" et "insoumises" racolant dans l'espace public, "verseuses" employées par des brasseries à femmes, pensionnaires de maisons closes, courtisanes recevant leurs admirateurs dans leur luxueux hôtel particulier… Au XIXe siècle, la prostitution revêt de multiples visages. 

Reutlinger – La belle Otéro.jpg

Reutlinger, La belle Otéro (1875-1917)

1 album de photographies positives,

Album Reutlinger de portraits divers, vol. 3, PET FOL-NA-260 (3)

H. 10,5 cm ; L. 14,5 cm (tirages), H. 35,5 cm ; L. 40 cm (vol.)

Département Estampes et photographie, Bibliothèque Nationale de France, Paris

© Bibliothèque Nationale de France, Paris

Ce caractère protéiforme et insaisissable n'a cessé d'obséder romanciers et poètes, dramaturges et compositeurs, peintres et sculpteurs. La plupart des artistes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle ont porté leur regard sur les splendeurs et les misères de la prostitution, celle-ci devenant également un motif d'élection pour les médias naissants, tels que la photographie puis le cinématographe.

C'est en particulier à Paris, entre le Second Empire et la Belle Époque, que la prostitution s'affirme comme sujet dans des œuvres se rattachant à des courants aussi divers que l'académisme, le naturalisme, l'impressionnisme, le fauvisme ou l'expressionnisme. La ville est alors en pleine métamorphose : nouvelle Babylone pour certains, "Ville Lumière" pour d'autres, elle offre aux artistes quantité de lieux nouveaux (salons de la haute société, loges d'opéras, maisons de tolérance, cafés, boulevards…) où observer le ballet codé des amours tarifées. 

Édouard Manet – Bal masqué à l'Opéra.jpg

Édouard Manet (1832-1883), Bal masqué à l'Opéra (1873)

Huile sur toile. H. 59,1 cm ; L. 72,5 cm.

Washington, National Gallery of Art

© Courtesy The National Gallery of Art, Washington

De L'Olympia et du Bal masqué à l’Opéra de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne. 

Edvard Munch – Noêl au bordel.jpg

Edvard Munch (1863-1944), Noël au bordel

Huile sur toile. H. 60 cm ; L. 88 cm.

Oslo, Munch Museum

© Munch-museet/Munch - Ellingsen Gruppen/Bono

Dans ces représentations souvent contrastées se mêlent tout à la fois observation scrupuleuse et imagination, indiscrétion et objectivité, approche clinique et fantasmes débridés. Mais pour singuliers qu'ils soient, tous ces regards jetés sur le monde de la prostitution sont exclusivement ceux d'artistes masculins. Aussi, derrière l'évocation des plaisirs et des maux, des ascensions fulgurantes et des vies misérables, c'est aussi le poids de la condition féminine à l'époque moderne qui transparaît [1]. » 

Henri Evenepoel – Au café d'Harcourt à Paris.jpg

Henri Evenepoel (1872-1899), Au café d'Harcourt à Paris (1897)

Huile sur toile. H. 114 cm ; L. 148 cm.

Francfort-sur-le-Main, Städel Museum

© Städel Museum – U. Edelmann – ARTOTHEK

Le musée informe que certaines des œuvres présentées dans l'exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité des visiteurs (et tout particulièrement du jeune public).

Quoi qu’il en soit, nous pensons que cet événement artistique majeur vaut impérativement la visite, ne serait-ce qu’en raison de la notoriété des artistes et de la qualité des œuvres qu’il réunit !

Bernard DELCORD

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910, ouvrage collectif, Paris, coédition Flammarion et Musée d’Orsay, septembre 2015, 307 pp. en quadrichromie au format 25,2 x 30,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

Commissariat :

Marie Robert et Isolde Pludermacher, conservateurs au musée d'Orsay

Richard Thomson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Edimbourg,

Nienke Bakker, conservateur au van Gogh Museum, Amsterdam

Scénographie :

Robert Carsen, scénographe et directeur artistique

Informations pratiques :

Adresse :

Musée d'Orsay

62, rue de Lille

75343 Paris Cedex 07

Tél. : 00 33 1 40 49 48 14

Horaires :

Ouverture

- de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche

- de 9h30 à 21h45 le jeudi

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi

Fermeture tous les lundis et les 1er mai et 25 décembre.

Tarifs :

Billet musée :

Ce billet donne accès aux collections permanentes, et aux expositions temporaires, dans la limite des places disponibles.

Plein tarif : 11 €

Tarif réduit : 8,50 €

- Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

- Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

- Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Billetterie :

http://www.musee-orsay.fr/fr/visite/billets-dentree/bille...