03 11 15

« Il n'y a pas de théâtre sans fraternité. » (Louis Jouvet)

Théâtre de Liège.jpgRafaël Magrou est architecte de formation. Journaliste (Techniques & Architecture, L’Architecture d’Aujourd’hui, AMC, EcologiK et EXE), il est aussi auteur et commissaire d’expositions. Il enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture (ENSA) de Clermont-Ferrand.

Il est aussi l’auteur d’un bel essai intitulé Théâtre de Liège En transparencesparu à Bruxelles aux Éditions Mardaga, dans la collection « Patrimoine culturel ».

Écoutons Anne Wuilleret, son éditrice :

« C’est l’histoire d’un lieu autrefois dédié à la culture et aux sciences devenu, en 2013, outil théâtral à part entière, un lieu de vie dans la ville, une scène rayonnante à l’échelle nationale et européenne.

En effet, le Théâtre de Liège, c’est :

– plus de 50 000 visiteurs en 2013-2014 ;

– par saison, près de 190 représentations de théâtre et danse, et des expositions témoignant de la richesse de la création contemporaine ;

– par saison, près de 10 productions en tournée en Belgique et à l’étranger, comptabilisant un total de 125 000spectateurs ;

– 7800 m2 répartis en 2 salles de 557 et 145 places.

En ayant pour fil conducteur le préfixe trans-, cet ouvrage raconte, en 16 chapitres, l’histoire de la transformation de l’édifice de la Société Libre d’Émulation en Théâtre de Liège.

Le livre emmène le lecteur dans les différentes dimensions du bâtiment, passant de sa façade à sa salle principale, sans oublier les coulisses et autres loges, ainsi que les ateliers de fabrication.

Il aborde autant l’aspect patrimonial du Théâtre que l’intervention contemporaine qui lui a permis de devenir la première scène de Wallonie ; de même, il se penche sur les axes de sa programmation dans un entretien avec Serge Rangoni, son directeur depuis 2004 : contenu et contenant, corps et esprit sont ici rassemblés.

L’ouvrage, dont la maquette met en lumière les différentes étapes de la transformation du lieu grâce à une iconographie exceptionnelle, convie à saisir la démarche et la posture contemporaine des architectes Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit. Il est largement illustré de photographies de Marie-Françoise Plissart qui a suivi la transformation des lieux, de François Brix qui a accompagné la conception des architectes, et de documents inédits, comme l’intervention de l’artiste Patrick Corillon dans les murs.

Une invitation à découvrir les coulisses d’un lieu qui se veut en transparence avec son public ! »

TABLE DES MATIÈRES :

INTRODUCTION. Ceci n’est pas un théâtre

1. TRANS-CENDER / Il faut sauvegarder l’Émulation

2. TRANS-MIGRATIONS / De place en place : un théâtre sans domicile fixe

3. TRANS-CRIRE / Du programme à la réalisation : alchimie de la conception architecturale

4. TRANS-FIGURER / Avec audace, permettre au Théâtre de Liège d’exister dans sa ville

5. TRANS-PARAÎTRE / À la frontière du visible et de l’invisible

6. TRANS-PARENCE(S) / Estomper les limites

7. TRANS-PORTÉ(E-S) / La grande salle reconfigurée

8. TRANS-IGER / Petits arrangements avec l’existant

9. TRANS-MUTATION / Chronique photographique d’une greffe

10. TRANS-ITION / Entretiens avec Serge Rangoni, Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit

11. TRANS-VERSAL / Réconcilier les fragments

12. TRANS-NATIONAL / Un spectacle en guise d’inauguration

13. TRANS-DISCIPLINAIRE / Un programme qui relie les disciplines de l’être et du savoir

14. TRANS-FRONTALIER / À la croisée des pays, tisser des liens

15. TRANS-METTRE / Sensibiliser et convier le public au débat

16. TRANS-IT / Suivez l’artiste !

CONCLUSION

NOTES ET ÉLÉMENTS BIBLIOGRAPHIQUES

Bernard DELCORD

Théâtre de Liège En transparencespar Rafaël Magrou, Bruxelles, Éditions Mardaga, collection « Patrimoine culturel », août 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 17 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 €

Écrit par Brice dans Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

25 10 15

Quiétude, beauté et solennité…

Monastères & hauts lieux de spiritualité en France.jpgDans Monastères & hauts lieux de spiritualité en France, un beau livre publié chez Larousse à Paris et somptueusement illustré de photographies prises par Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, l’enseignante-chercheuse en histoire de l’art Panayota Volti (Université de Nanterre), la journaliste spécialiste des questions sociales et du monde des collectivités locales Marion Esquerré ainsi que son confrère Julien Vitry (rédacteur en chef de Lonely Planet Magazine) proposent une découverte de 19 hauts lieux de foi de l’Hexagone, monastères ou abbayes souvent installés dans des vallées reculées, des forêts profondes ou des côtes battues par la mer, qui s'inscrivent dans une nature grandiose et préservée.

En sus d’une présentation de l’architecture et du décor remarquables de ces édifices religieux, les images exceptionnelles de leur ouvrage suivent les pas de moines et de moniales pour un voyage intérieur d'une grande intensité.

Qu'ils soient cisterciens, bénédictins, bouddhistes ou orthodoxes, ces hommes et ces femmes perpétuent la tradition d'une vie humble et simple, entièrement tournée vers le recueillement et la prière.

Loin du bruit et de la fureur de notre époque…

Table des matières :

- Notre-Dame de Lérins (Alpes-Maritimes)

- Notre-Dame des Neiges (Ardèche)

- Abbaye de Sylvanès (Aveyron)

- Centre Sainte-Croix (Dordogne)

- Village des Pruniers (Dordogne)

- Centre Amma, la Ferme du Plessis (Eure-et-Loir)

- Abbaye Saint-Guénolé de Landévennec (Finistère)

- Abbaye Sainte-Marie du Rivet (Gironde)

- Monastère de la Grande Chartreuse (Isère)

- Abbaye du Mont-Saint-Michel (Manche)

- Abbaye Sainte-Anne de Kergonan (Morbihan)

- Abbaye Notre-Dame de Belloc (Pyrénées-Atlantiques)

- Abbaye Notre-Dame de Tournay (Hautes-Pyrénées)

- Abbaye d’Hautecombe (Savoie)

- Prieuré Saint-Benoît (Yvelines)

- Abbaye Saint-Benoît d'En Calcat (Tarn)

- Abbaye Notre-Dame de Sénanque (Vaucluse)

- Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-qui-Vire (Yonne)

- Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle 

Monastères & hauts lieux de spiritualité en France (Notre-Dame du Rivet).jpg

Une sœur en prière à l’abbaye Sainte-Marie du Rivet

 Bernard DELCORD

 Monastères & hauts lieux de spiritualité en France par Panayota Volti, Marion Esquerré et Julien Vitry, photographies de Jean-François Hellio et Nicolas Van Ingen, Paris, Éditions Larousse, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 30 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,95  (prix France)

Écrit par Brice dans Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 10 15

Mondaines, demi-mondaines, trottins et pierreuses…

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 (cover).jpg

Catalogue de l’exposition qui se tient Musée d’Orsay à Paris au jusqu’au 17 janvier 2016, puis du 19 février au 19 juin 2016 au Van Gogh Museum d’Amsterdam, le magnifique ouvrage collectif intitulé Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 résume fort habilement ce que ses organisateurs présentent comme « la première grande manifestation qui tente de retracer la façon dont les artistes français et étrangers, fascinés par les acteurs et les lieux de ce fait social, n'ont cessé de rechercher de nouveaux moyens picturaux pour en représenter réalités et fantasmes.

Vincent van Gogh – Agostina Segatori au Tambourin.png

Vincent van Gogh (1853-1890), Agostina Segatori au Tambourin (1887)

Huile sur toile. H. 55,5 cm ; L. 46,  cm. Amsterdam, Van Gogh Museum

© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

"Pierreuses" officiant clandestinement sur des terrains vagues dans les profondeurs de la nuit, filles "en carte" et "insoumises" racolant dans l'espace public, "verseuses" employées par des brasseries à femmes, pensionnaires de maisons closes, courtisanes recevant leurs admirateurs dans leur luxueux hôtel particulier… Au XIXe siècle, la prostitution revêt de multiples visages. 

Reutlinger – La belle Otéro.jpg

Reutlinger, La belle Otéro (1875-1917)

1 album de photographies positives,

Album Reutlinger de portraits divers, vol. 3, PET FOL-NA-260 (3)

H. 10,5 cm ; L. 14,5 cm (tirages), H. 35,5 cm ; L. 40 cm (vol.)

Département Estampes et photographie, Bibliothèque Nationale de France, Paris

© Bibliothèque Nationale de France, Paris

Ce caractère protéiforme et insaisissable n'a cessé d'obséder romanciers et poètes, dramaturges et compositeurs, peintres et sculpteurs. La plupart des artistes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle ont porté leur regard sur les splendeurs et les misères de la prostitution, celle-ci devenant également un motif d'élection pour les médias naissants, tels que la photographie puis le cinématographe.

C'est en particulier à Paris, entre le Second Empire et la Belle Époque, que la prostitution s'affirme comme sujet dans des œuvres se rattachant à des courants aussi divers que l'académisme, le naturalisme, l'impressionnisme, le fauvisme ou l'expressionnisme. La ville est alors en pleine métamorphose : nouvelle Babylone pour certains, "Ville Lumière" pour d'autres, elle offre aux artistes quantité de lieux nouveaux (salons de la haute société, loges d'opéras, maisons de tolérance, cafés, boulevards…) où observer le ballet codé des amours tarifées. 

Édouard Manet – Bal masqué à l'Opéra.jpg

Édouard Manet (1832-1883), Bal masqué à l'Opéra (1873)

Huile sur toile. H. 59,1 cm ; L. 72,5 cm.

Washington, National Gallery of Art

© Courtesy The National Gallery of Art, Washington

De L'Olympia et du Bal masqué à l’Opéra de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne. 

Edvard Munch – Noêl au bordel.jpg

Edvard Munch (1863-1944), Noël au bordel

Huile sur toile. H. 60 cm ; L. 88 cm.

Oslo, Munch Museum

© Munch-museet/Munch - Ellingsen Gruppen/Bono

Dans ces représentations souvent contrastées se mêlent tout à la fois observation scrupuleuse et imagination, indiscrétion et objectivité, approche clinique et fantasmes débridés. Mais pour singuliers qu'ils soient, tous ces regards jetés sur le monde de la prostitution sont exclusivement ceux d'artistes masculins. Aussi, derrière l'évocation des plaisirs et des maux, des ascensions fulgurantes et des vies misérables, c'est aussi le poids de la condition féminine à l'époque moderne qui transparaît [1]. » 

Henri Evenepoel – Au café d'Harcourt à Paris.jpg

Henri Evenepoel (1872-1899), Au café d'Harcourt à Paris (1897)

Huile sur toile. H. 114 cm ; L. 148 cm.

Francfort-sur-le-Main, Städel Museum

© Städel Museum – U. Edelmann – ARTOTHEK

Le musée informe que certaines des œuvres présentées dans l'exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité des visiteurs (et tout particulièrement du jeune public).

Quoi qu’il en soit, nous pensons que cet événement artistique majeur vaut impérativement la visite, ne serait-ce qu’en raison de la notoriété des artistes et de la qualité des œuvres qu’il réunit !

Bernard DELCORD

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910, ouvrage collectif, Paris, coédition Flammarion et Musée d’Orsay, septembre 2015, 307 pp. en quadrichromie au format 25,2 x 30,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

Commissariat :

Marie Robert et Isolde Pludermacher, conservateurs au musée d'Orsay

Richard Thomson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Edimbourg,

Nienke Bakker, conservateur au van Gogh Museum, Amsterdam

Scénographie :

Robert Carsen, scénographe et directeur artistique

Informations pratiques :

Adresse :

Musée d'Orsay

62, rue de Lille

75343 Paris Cedex 07

Tél. : 00 33 1 40 49 48 14

Horaires :

Ouverture

- de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche

- de 9h30 à 21h45 le jeudi

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi

Fermeture tous les lundis et les 1er mai et 25 décembre.

Tarifs :

Billet musée :

Ce billet donne accès aux collections permanentes, et aux expositions temporaires, dans la limite des places disponibles.

Plein tarif : 11 €

Tarif réduit : 8,50 €

- Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

- Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

- Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Billetterie :

http://www.musee-orsay.fr/fr/visite/billets-dentree/bille...

29 09 15

"Escaut ! Salut... Une splendeur !

 

escaut.jpg« J'ai donné au poète une carte, il en a fait un territoire, de lettres et de mémoire mêlés », écrit l'éditeur Thomas Joiret pour Opium éditions! On connaît des ouvrages qui joignent photographie et poésie, mais celui-ci est particulier : Il s'agit d'un voyage entre Antoing et Anvers, au fil de l'Escaut. Ce sont l'image et le texte qui nous prennent par la main, qui nous font glisser d'un lieu à un autre ; avec un incroyable talent, dans cette Belgique si bien ressentie :

« La Belgique est un

grand entonnoir

et partout où il pleut

c'est un peu la

Belgique »

Nous sommes en Picardie et nous arriverons, transformés, à l'embouchure de l'Escaut, dans cette ville où le poète Werner Lambersy est né d'une mère francophone. Une « voix majeure de la littérature poétique de langue française » :

« En ville repose

la dormeuse à peine

pubère de l'eau

qui s'agite dans la littérature

de son rêve et

montre

son épaule

ombreuse parmi

un frou-frou de nuée »

Le photographe, Romain Mallet, propose avec ses photos : « un partage d'instants inestimables ».

N'hésitez pas à vous immerger dans cette beauté pure :

« Le fleuve

tricote la longue

écharpe tranquille que

portent au cou

les cygnes qui vont du

parc aux écluses »

Il existe deux volumes, l'un est bilingue, dans une traduction de Guy Commerman : « Schelde ! Gegroet ». Saluons aussi le travail magnifique de l'éditeur qui « ose » la poésie et le beau-livre !

 

Jacques MERCIER

 

« Escaut ! Salut », Werner Lambersy et Romain Mallet, poésie et photographie, Opium éditions, 2015, 64 pp. 60 euros. Www.opiumeditions.fr

 

Écrit par Jacques Mercier dans Beaux Livres, Jacques Mercier, Poésie | Commentaires (0) |  Facebook | |

04 08 15

La Merveille de l’Occident…

Mont Saint-Michel – Une île mythique et une baie d'exception (cover).jpgGéologue, titulaire d’un DESS en environnement, photographe professionnel, auteur de nombreux livres et expositions, Arnaud Guérin parcourt le monde au gré des éruptions volcaniques, des reportages et des voyages thématiques qu’il crée et encadre pour les amateurs de découvertes de la nature.

Son camp de base est en Normandie, qu’il parcourt sans cesse pour capter sa lumière unique et où il guide régulièrement des voyageurs venus découvrir autrement le mont Saint-Michel, dont il est fin connaisseur.

Le Mont-Saint-Michel est une commune française située dans le département de la Manche, qui tire son nom d’un îlot rocheux consacré à saint Michel où s’élève aujourd’hui l’abbaye du Mont Saint-Michel.

L’architecture du Mont-Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et l'un des dix plus fréquentés en France avec près de deux millions et demi de visiteurs chaque année. Une statue de saint Michel placée au sommet de l’église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage.

L'abbaye et ses dépendances sont classées au titre des monuments historiques dans la liste de 1862 [1] tandis que la commune et la baie figurent depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO [2].

Mont Saint-Michel – Une île mythique et une baie d'exception (1).jpg

Le Mont Saint-Michel en 2004. © Jakob Voss.

Depuis l’année 2015, les visiteurs peuvent se rendre au Mont par les nouveaux ouvrages d'accès créés par l'architecte Dietmar Feichtinger. Une nouvelle digue et une passerelle sur pilotis laissant passer l'eau par dessous desservent désormais l'île.

Mont Saint-Michel – Une île mythique et une baie d'exception (2).jpg

Le Mont Saint-Michel en 2014 avec la nouvelle jetée à marée haute. © Mathias Neveling.

À l'occasion du rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel, Arnaud Guérin a fait paraître, chez Glénat à Grenoble, un beau livre abondamment illustré intitulé Mont Saint-Michel – Une île mythique et une baie d'exception dans lequel il mène le lecteur à la rencontre d'un joyau architectural et d’une merveille naturelle façonnée par les troisièmes plus grandes marées au monde.

Car la baie du Mont Saint-Michel est le théâtre des plus grandes marées d’Europe continentale, jusqu’à 15 mètres de marnage [3]. La mer se retire ensuite à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L’expression consacrée est « qu’elle revient à la vitesse d’un cheval au galop ».

 

Le Mont Saint-Michel n’est entouré d'eau et ne redevient une île qu’aux grandes marées d'équinoxe, cinquante-trois jours par an, pendant quelques heures. Mais c’est un spectacle impressionnant qui attire de nombreux touristes ces jours-là. 

Mont Saint-Michel – Une île mythique et une baie d'exception (3).jpg

Bas-relief représentant les quatre évangélistes (XVIe siècle). © Arnaud Guérin.

Depuis la vision de l'archange saint Michel reçue par saint Aubert, il y a plus de mille trois cents ans, jusqu'à aujourd'hui, l’auteur dévoile l'histoire et les richesses du mont, de son abbaye, de son village… et il fait découvrir la baie dans tous ses aspects (faune, flore, géologie…), en mettant en lumière leurs liens indissociables.

Une vision… paradisiaque !

Bernard DELCORD

Mont Saint-Michel – Une île mythique et une baie d'exception par Arnaud Guérin, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Patrimoine », mai 2015, 192 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,99 € (prix France)


[2] Source : Wikipédia.

[3] Différence entre basse et haute mers.

Écrit par Brice dans Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 07 15

« Une image vaut mieux que mille mots. » (Confucius)

Une autre histoire de la photographie.jpgÀ partir du noyau assemblé par deux amateurs passionnés se sont constituées les collections du Musée français de la Photographie (78, rue de Paris à F-91570 Bièvres) actuellement en rénovation, qui détient aujourd'hui plus de 25 000 objets, un million de photographies, une bibliothèque et un fonds documentaire technique unique.

Les photographies présentées dans le bel album collectif intitulé Une autre histoire de la photographie paru chez Flammarion à Paris, largement inédites, dessinent une histoire de la discipline allant de son invention à nos jours en tenant compte de la dimension sociale de ses usages.

Du fonds vernaculaire au numérique, en passant par les revues spécialisées et les éditions d'artistes, c'est un large ensemble de cette vaste collection protéiforme qui y est analysé par des spécialistes de renom.

Un ouvrage généreusement illustré qui constitue un outil destiné aussi bien au professionnel qu'à l'amateur curieux.

Bernard DELCORD

Une autre histoire de la photographie par Julie Guiyot-Corteville, Éric Karsenty et Rémi Calzada, préface de Christian Caujolle, Paris, Éditions Flammarion, « Les collections du Musée français de la Photographie », mai 2015, 240 pp. en quadrichromie au format 23 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 39 € (prix France)

Écrit par Brice dans Arts, Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

01 07 15

Grand œuvre…

Les plus belles œuvres de Velázquez .jpgDans un article de qualité [1], Wikipédia assure que « Diego Rodríguez de Silva y Velázquez (baptisé à Séville le 6 juin 1599 et mort à Madrid le 6 août 1660), dit Diego Velázquez, est un peintre baroque considéré comme l'un des principaux représentants de la peinture espagnole et l'un des maîtres de la peinture universelle.

Il passa ses premières années à Séville, où il développa un style naturaliste à base de clairs-obscurs. À 24 ans, il déménagea à Madrid, où il fut nommé peintre du roi Philippe IV et, quatre ans plus tard, il devint peintre de chambre, charge la plus importante parmi celles dévolues aux peintres de la cour. Comme artiste, par son rang de peintre de cour, il réalisa essentiellement des portraits du roi, de sa famille et des Grands d’Espagne ainsi que des toiles destinées à décorer les appartements royaux. Comme surintendant des travaux royaux, il acquit en Italie de nombreuses œuvres pour les collections royales, des sculptures antiques et des tableaux de maîtres, et il organisa les déplacements du roi d'Espagne.

Sa présence à la cour lui permit d'étudier les collections de peintures royales. L'étude de ces collections ajoutée à l'étude des peintres italiens lors de son premier voyage en Italie eut une influence déterminante sur l'évolution de son style, caractérisé par une grande luminosité et des coups de pinceau rapides. À partir de 1631, il atteignit sa maturité artistique et peignit de grandes œuvres comme la Reddition de Breda.

Pendant les dix dernières années de sa vie, son style se fit plus schématique, arrivant à une domination notable de la lumière. Cette période commença avec le Portrait du Pape Innocent X peint lors de son second voyage en Italie, et vit la naissance de deux de ses œuvres maîtresses : Les Ménines et Les Fileuses.

Son catalogue contient de 120 à 125 œuvres peintes et dessinées. Après sa mort, la réputation de Velázquez atteignit un sommet de 1880 à 1920, période qui coïncide avec les peintres impressionnistes français pour qui il fut une référence. Manet fut émerveillé par sa peinture et il qualifia Velázquez de “peintre des peintres”, puis de “plus grand peintre qui ait jamais existé”.

La majeure partie de ses toiles, qui faisaient partie de la collection royale, est conservée au musée du Prado à Madrid. »

Une exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de ce peintre espagnol majeur se tient pour la première fois dans la capitale française, au Grand Palais, jusqu’au 13 juillet 2015.

À cette occasion, les Éditions Larousse ont publié, rédigé par Johann Protais et Éloi Rousseau, Les plus belles œuvres de Velázquez, un album donnant une présentation attrayante et pédagogique des 100 œuvres les plus marquantes de l'artiste, avec pour chacune des précisions sur le lieu et la date d'exécution, les dimensions, le support ainsi que le matériau utilisé.

Magnífico !

Bernard DELCORD

Les plus belles œuvres de Velázquez par Johann Protais et Éloi Rousseau, Paris, Éditions Larousse, mars 2015, 128 pp. en quadrichromie au format 20 x 24 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 12,90 € (prix France)

Informations pratiques :

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Ouverture : dimanche et lundi de 10h à 20h

Du mercredi au samedi de 10h à 22h

Fermé le mardi

Dernier accès à l'exposition : 45 min avant la fermeture des Galeries.

Fermeture des salles : à partir de 15 minutes avant la fermeture des Galeries.

Tarif normal : 13 €

Tarif réduit : 9 € (16-25 ans, demandeurs d’emploi, famille nombreuse).

Gratuit pour les moins de 16 ans. (Réservation obligatoire pour tout enfant ou jeune de moins de 16 ans accompagnant un visiteur muni de réservation.)

01 07 15

En mode polémique…

Yves Saint-Laurent 1971 – La collection du scandale.jpgParu chez Flammarion, le superbe catalogue de l’exposition Yves Saint Laurent 1971 – La collection du scandale qui se tient jusqu’au 19 juillet 2015 à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent à Paris revient sur un moment capital de la carrière du grand couturier français (1936-2008), moment qui le propulsa définitivement sur le devant de la scène internationale, en dépit des cris d’orfraie poussés par le public huppé et la presse unanime dans l’erreur…

Petit rappel des faits, par les auteurs :

« Le 29 janvier 1971, Yves Saint Laurent présente sa collection de haute couture printemps-été : épaules carrées, robes-chemisiers imprimées, fourrures et semelles compensées défilent dans les salons du 30 bis, rue Spontini. Les réactions du public et de la presse ne sont qu'aversion et consternation pour ces lignes clairement inspirées des années de guerre et d'Occupation. La collection jugée "la plus laide de Paris" est pourtant immédiatement adoptée par la rue.

En inventant le style "rétro", Yves Saint Laurent fait entrer avec fracas la mode dans la modernité. »

On sait par ailleurs que la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent conserve précieusement les archives de la maison de haute couture : modèles, croquis originaux, fiches d'ateliers, échantillons de tissus et photographies de défilés.

Conçu à partir de tous ces documents, témoins des différentes étapes de la création, le catalogue permet de reconstituer les quatre-vingt-quatre passages de cette « collection du scandale » qui marqua définitivement l'histoire de la mode.

Avis aux amateurs de vintage de grande classe !

 

Informations pratiques :

3 rue Léonce Reynaud, 75116 Paris

Tél. : 00 33 1 44 31 64 00

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 18h (dernière entrée à 17h30).

Fermé le 14 juillet.

Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Métro Alma Marceau - Ligne 9

Bus 42 - 63 - 80 - 92 - 72

Parking avenue George V

Plein tarif : 7 €.

Tarif réduit : 5 € pour les étudiants et les moins de 18 ans sur présentation d’un justificatif.

Gratuit pour les détenteurs de la carte ICOM-ICOMOS, les enfants de moins de 10 ans et les demandeurs d’emploi sur présentation d’un justificatif de moins d’un an.

Paiement par carte bancaire ou chèque à partir de 15 €.

Bernard DELCORD

Yves Saint-Laurent 1971 – La collection du scandale, par Olivier Saillard, Alexandre Samson et Dominique Veillon, préface de Pierre Bergé Paris, Éditions Flammarion, mars 2015, 176 pp. en quadrichromie au format 18,7 x 27,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 30 € (prix France)

30 06 15

As des as…

Eddy Merckx & Jacky Ickx (Eddy Merckx 1969).jpgDans le cadre de l'exposition MERCKX-ICKX qui s’est tenue au Trade Mart de Bruxelles jusqu’au 21 juin 2015, les Éditions Racine à Bruxelles ont fait paraître deux très beaux ouvrages consacrés à ces champions sportifs belges de premier plan.

Dans le premier, Eddy Merckx 1969, paru aussi à l'occasion du 69e anniversaire d'Eddy Merckx, Tonny Strouken, spécialiste de la photographie sportive, et l'écrivain Jan Maes remontent dans le temps jusqu'en 1969, probablement l'année la plus mémorable de la carrière du plus grand champion cycliste belge. Jamais sa domination ne fut plus absolue, jamais il n’anéantit ses adversaires avec autant de suprématie.

Malgré cela, deux événements jetèrent une ombre sur cette prédominance : sa lourde chute à Blois et le « cas de dopage » de Savone.

À travers douze lettres originales adressées à Eddy Merckx, Jan Maes évoque à nouveau les moments charnières de cette année exceptionnelle.

En 1968 et 1969, Tonny Strouken accompagna Eddy Merckx sue les routes. Il a sélectionné, spécialement pour cet ouvrage, les images fortes de ses abondantes archives. Merckx 69 offre pour la première fois un regard sur ce trésor visuel capté dans la roue du Cannibale.

Dans le second, Jacky Ickx, avec une préface d’Eddy Merckx, Pierre Van Vliet trace le portrait du survivant d'une époque où la mort guettait les pilotes au détour de chaque virage.

Eddy Merckx & Jacky Ickx (Jacky Ickx).jpgMiraculeusement ressorti des flammes dévorant sa Ferrari en 1970 en Espagne, Jacky Ickx s'est bâti en un quart de siècle un des palmarès les plus riches de l'histoire de la course automobile : deux fois vice-champion du monde de Formule 1, vainqueur de huit Grands Prix, deux fois champion du monde d'endurance, vainqueur du Paris-Dakar... Il détient aussi le record des victoires aux 24 heures du Mans, avec six triomphes à  compter de celui, mythique, de 1969.

Sa carrière éclectique, d'une longévité exceptionnelle, est retracée dans ce beau livre en 24 moments-clés illustrés d'images superbes et souvent inédites [1].

Bernard DELCORD

Eddy Merckx 1969 par Tonny Strouken et Jan Maes, Bruxelles, Éditions Racine, mai 2014, 180 pp. en quadrichromie au format 30 x 3’ cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 €

Jacky Ickx par Pierre Van Vliet, préface d’Eddy Merckx, introduction de Jacky Ickx, Bruxelles, Éditions Racine, décembre 2014, 240 pp. en quadrichromie au format 25 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €



[1] Sources : Éditions Racine.

Écrit par Brice dans Beaux Livres, Bernard Delcord | Commentaires (0) |  Facebook | |

14 05 15

Quinze minutes avec les frères Bogdanov

BOGDANOV.jpgGrands vulgarisateurs depuis 40 ans bientôt, Igor et Grichka Bogdanov sont aussi de grands communicateurs. Certains scientifiques leur reprochent leur capacité à "s'abaisser" dans des émissions grand public.

Et pourtant. Et pourtant combien de physiciens, d'astronomes d'aujourd'hui ne se sont-ils pas passionnés et n'ont-ils pas bâti leur carrière après avoir regardé Temps X ? Quelles seraient les notions de base du grand public sur l'espace qui nous entoure s'ils ne tendaient pas l'oreille volontiers lorsque les deux frères apparaissent dans une émission ou les colonnes d'un magazine ?

Leur dernier livre, 3 minutes pour comprendre la grande théorie du Big Bang, est une nouvelle prouesse dans le genre : une approche ludique tous azimuts pour comprendre le phénomène fondateur de l'univers.
podcast

3 minutes pour comprendre la grande théorie du Big Bang, Igor et Grichka Bogdanov, Le courrier du livre, octobre 2014, 192 pages illustrées avec CD audio, 21€40.

BIG BANG.jpg