05 10 14

« Tous les chats sont mortels, or Socrate est mortel, donc Socrate est un chat. » (Eugène Ionesco)

Chats – Une histoire illustrée des races.jpg« Énigmatiques, séduisants, mystérieux, les chats ne laissent jamais indifférent ; on les adore, ou on les déteste. Leur gracieuse beauté, leur discrète intelligence et leur farouche indépendance ont marqué leur longue histoire d'épisodes tour à tour glorieux et tragiques. Au cours des millénaires, ils furent tantôt hissés au rang de dieux et de déesses, tantôt vilipendés et massacrés par milliers. »

Ainsi s’exprime Tamsin Pickeral pour présenter son ouvrage splendide fort joliment illustré paru chez Flammarion sous le titre Chats – Une histoire illustrée des races dans lequel il célèbre le chat sous toutes ses formes, à travers l'histoire (de l’antiquité à nos jours) d’une sélection de 55 races plus ou moins connues et d'origines diverses : abyssin, angora turc, balinais, bengal, bleu russe, bobtail japonais, British shorthair, chartreux, Devon rex, donkskoy, maine coon, ocicat, nebelung, oriental, persan, sacré de Birmanie, savannah siamois, sibérien, singapura, tonkinois, toyger,...

Un ouvrage qui aurait passionné Paul Léautaud, Louis-Ferdinand Céline et Georges Brassens !

Bernard DELCORD

Chats – Une histoire illustrée des races par Tamsin Pickeral, photos d’Astrid Harrisson, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2014, 288 pp. en quadrichromie au format 24,6 x 29,7 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

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03 09 14

« Quand le vin est tiré, il faut le boire, surtout s'il est bon. » (Marcel Pagnol)

Atlas mondial du vin 2014.jpgLa version en langue française de la 7e édition (la première date de 1971) entièrement revue et mise à jour de l’Atlas mondial du vin par Hugh Johnson & Jancis Robinson vient de paraître chez Flammarion à Paris, et c’est un événement pour les amateurs de dives bouteilles autant que pour les œnologues avertis.

Accompagné de cartes détaillées de tous les vignobles décrits ainsi que d’un index des noms et d’un index géographique, cet ouvrage monumental et prestigieux dont les versions précédentes ont été vendues à plus de cinq millions d’exemplaires cumulés, offre une vue panoramique de ce que les viticulteurs produisent aujourd’hui de meilleur tout autour de la planète.

En France, bien entendu, où nos auteurs sillonnent la Bourgogne, le Mâconnais, ainsi que les alentours de Chablis, du Beaujolais, de la Champagne, de Pomerol, de Chinon et de Bourgueil, de Bandol, de Margaux, de Saint-Émilion ou de la Savoie.

En Italie aussi, et en Espagne, au Portugal, en Allemagne, en Angleterre, au Pays de Galles, en Suisse, en Autriche, en Hongrie, en République tchèque et en Slovaquie, dans les Balkans occidentaux, en Croatie, en Slovénie, en Bulgarie, en Roumanie, dans la région de la mer Noire, en Géorgie, en Grèce, en Turquie, en Méditerranée orientale, en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Afrique du Sud, ainsi qu’en Inde, en Chine et au Japon.

Un tour du monde magnifiquement enivrant !

Bernard DELCORD

Atlas mondial du vin par Hugh Johnson & Jancis Robinson, 7e édition entièrement revue et mise à jour traduite de l’anglais par Christine Mignot, Paris, Éditions Flammarion, août 2014, 400 pp. en quadrichromie au format 23,7 x 29,9 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 45 € (prix France)

10 05 14

Un ouvrage éblouissant !

La Grand-Place de Bruxelles, sculpture de lumière.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 09/05/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Véritable Michel-Ange des effets lumineux nocturnes, le « sculpteur de lumière » parisien Patrick Rimoux présente dans La Grand-Place de Bruxelles, sculpture de lumière –  un somptueux album trilingue (en français, néerlandais et anglais) paru chez Racine –, le fruit photographique de son travail appliqué à la plus belle place gothique du monde.

Le résultat est époustouflant et fait voir dans le détail l'Hôtel de ville et les maisons qui l'entourent (de l'Étoile, des Brasseurs, du Cygne, des Ducs de Brabant, du Roi...) avec une subtilité qui laisse pantois.

Le tout est accompagné d'un texte historique de Roel Jacobs qui fournit des informations propres à éclairer encore davantage le sujet scintillant de ce livre brillant.

Une mine de diamants !

Bernard DELCORD

La Grand-Place de Bruxelles, sculpture de lumière par Patrick Rimoux & Roel Jacobs, Bruxelles, Éditions Racine, décembre 2013, 146 pp en quadrichromie au format 30 x 30 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 45 €

La Grand-Place de Bruxelles, sculpture de lumière (La Maison du Roi).jpg

La Maison du Roi

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28 03 14

C'est l'Doudou, c'est l'mama !

La Ducasse rituelle de Mons.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la livraison du 28/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Inscrite par l'UNESCO au patrimoine oral et immatériel de l'Humanité, la Ducasse rituelle de Mons à laquelle les Éditions Racine à Bruxelles consacrent un fort beau livre au titre éponyme rédigé par une large équipe de spécialistes du folklore placés sous la houlette du professeur Benoît Kanabus, (UCL), se déroule immuablement depuis huit siècles en quatre temps : la descente de la châsse de sainte Waudru, patronne de la cité ; la procession, suivie de la montée du Car d'or et, enfin, le combat dit Lumeçon qui oppose saint Georges au dragon.

L'occasion, pour les habitants de la capitale du Hainaut, le temps du week-end de la Trinité, d'une liesse collective formidable dans laquelle s'unissent tous les âges et toutes les classes sociales pour admirer un immense cortège en costumes somptueux, écouter la musique du Montois Roland de Lassus, vibrer au combat que se livrent saint Georges et le diable et, pour les plus téméraires, de pousser le Car d'or dans son ascension de la rampe Sainte-Waudru ou d'arracher au dragon dans l'arène quelques crins porte-bonheur...

Le tout accompagné d'une profusion de bières, de côtelettes al berdouille et de tartes diverses savourées dans la bonne humeur et le respect pointilleux des traditions.

L'ouvrage, magnifiquement illustré, retrace l'histoire, décrit les gestes et explique le rôle social de ce rituel collectif venu du fond des âges. Qui était sainte Waudru ? Que sait-on de saint Georges ? Pourquoi une fête de dédicace à Mons ? D'où vient l'air du Doudou ? Quelle est la symbolique du Dragon ?

Une belle plongée dans les racines profondes de la culture hainuyère et wallonne !

Bernard DELCORD

La Ducasse rituelle de Mons sous la direction de Benoît Kanabus, préface d'Elio Di Rupo, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2013, 242 pp. en quadrichromie au format 26 x 30 cm sous couverture cartonnée blanche et jaquette bicolore, 39,95 €

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11 02 14

Time is money...

Breitling.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la newsletter de janvier 2014 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Initiateur des ventes à thèmes Montres d'aventures au Cercle des Officiers à Paris, Jean-Christophe Guyon est un acteur incontournable des ventes horlogères depuis une dizaine d'années. Il est également passionné de photographie. Didier Gottardini quant à lui est le fondateur du site l'Argus des Montres.

Par ailleurs, c'est en 1884 que le Jurassien Léon Breitling a fondé la marque éponyme, devenue mondialement connue. A l'origine spécialisé dans les chronographes et les compteurs, Breitling devient peu avant la Seconde Guerre mondiale le fournisseur officiel de la Royal Air Force britannique, puis pendant la guerre celui des forces aériennes américaines, renforçant ainsi sa position dans le monde de l'aviation. L'année 1952 voit apparaître le chronographe Navitimer, qui deviendra la montre-instrument des pilotes du monde entier.

Dans un fort bel album intitulé Vintage watch collection: Breitling paru chez Fabre à Lausanne, Jean-Christophe Guyon et Didier Gottardini présentent les modèles mythiques de la marque au « B » ailé à travers une sélection personnelle et non exhaustive de très belles photos ainsi que, notamment, des interviews de grands collectionneurs, d'un pilote de la Patrouille de France, des photos d'archives inédites et des publicités avec, en toile de fond, le contexte historique des années 1960, 1970 et 1980.

Une riche façon de voir le temps passer !

Bernard DELCORD

Vintage watch collection: Breitling par Didier Gottardini & Jean-Christophe Guyon, Lausanne, Éditions Favre, septembre 2013, 219 pp. en quadrichromie au format 17,9 x 17,9 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29 € (prix France)

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19 01 14

Les plantes du Bon Dieu...

Jardins de curé, jardins d'antan.jpgTradition millénaire déjà consignée dans le Capitulaire de Villis écrit vers 795 à Aachen (Aix-la-Chapelle) et attribué à Charlemagne ainsi que sur les plans du monastère de Saint-Gall où les plantes ont été commentées en 842 sous forme de poèmes dans l'Hortulus par le moine Walafried de Strabo (809-849), les jardinets ecclésiastiques font l'objet ces jours-ci sous la plume de deux horticulteurs passionnés, Claudie Mangold et Philippe Ferret, d'un bien bel album paru chez Flammarion à Paris sous le titre Jardins de curé, jardins d'antan, qui invite le lecteur à redécouvrir ces potagers fleuris qui permettaient tout à la fois de nourrir le prêtre, de soigner ses ouailles et d'orner l'autel.

La démarche des auteurs a des allures proustiennes, qui invite à retrouver des souvenirs d'enfance en recréant au mieux chez soi le charme suranné des jardins d'autrefois – un espace clos au cœur d'un village, une grille patinée par le temps, des poiriers adossés à des murs lézardés, des pivoines généreuses, des glaïeuls multicolores, des bordures de ciboulette et de fines herbes, ici ou là des aiguilles de Notre-Dame, des souliers du Bon-Dieu, de la monnaie-du-pape, des chapeaux d'évêque, de la barbe de capucin, de la salade de chanoine, des bâtons de Jacob, de l'herbe de Sainte-Cunégonde, des bourdons de Saint-Jacques, des étoiles de Bethléem et des croix de Jérusalem... – par le mariage harmonieux des plantes utiles et d'ornement dans un îlot de calme et de sérénité.

Des plates-bandes spirituelles, en somme...

Bernard DELCORD

Jardins de curé, jardins d'antan par Claudie Mangold et Philippe Ferret, photographies de Laurence Maillet, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2013, 191 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 24,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil paisiblement vintage les lignes suivantes :

Un jardin plein de vie

La notion d'équilibre biologique était jadis évidente dans la vie de tous les jours, et dans la culture du jardin en particulier. Empiriquement, le jardinier connaissait l'importance des animaux nuisibles, comme celle de ses alliés. Les oiseaux, accueillis dans les arbustes et les haies, se chargeaient de détruire vers et escargots, secondés dans leur tâche par les hérissons réfugiés sous le tas de bois ; les raminagrobis, aidés des chouettes, s'attaquaient aux campagnols et musaraignes ; les bêtes à Bon Dieu (coccinelles) se gavaient de pucerons.

L'utilisation raisonnée des pesticides naturels permettait encore la prolifération des papillons et de nombreux insectes, qui pouvaient à loisir nicher et se nourrir dans les herbes folles, les orties, les haies sauvages. On rencontrait fréquemment des vers luisants et des lucioles, qui ponctuaient les visites nocturnes au jardin.

Cette faune active était religieusement respectée. Le rouge-gorge, éternel ami du jardinier, le ballet incessant des hirondelles faisant leur nid à l'abri des toits ou dans les dépendances, les troglodytes cocasses réfugiés dans les murs, les tourterelles roucoulant dans la ramée... offraient d'innombrables occasions d'observer la vie, rythmée par la ronde des saisons.

De nombreux trucs et tours de main étaient utilisés pour juguler maladies et parasites.

Les petits élevages étaient très courants. Ainsi, lapins, poules, canards et pigeons agrémentaient l'ordinaire, tout en fournissant une matière organique précieuse, une véritable manne pour nourrir et régénérer la terre, garantir de bonnes récoltes.

Quelques traitements biologiques efficaces au potager :

– Utilisez une décoction de prêle contre la cloque du pêcher.

– Percez la base des tiges de tomate avec un fil de cuivre que vous laisserez en place, afin de lutter contre les maladies cryptogamiques.

– Capturez les limaces et escargots avec des coupelles enterrées à ras du sol et remplies de bière.

– Placez les rameaux supprimés lors du pincement des tiges de tomate entre les feuilles des choux, leur odeur éloignera la mouche du chou.

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14 01 14

Des lieux enchanteurs...

Les villages préférés des Français.jpgProlongeant la populaire émission de télévision qu'il anime sur le sujet, Stéphane Bern a fait paraître chez Flammarion un bel album illustré intitulé Les villages préférés des Français dans lequel sont présentées 43 localités remarquables de l'Hexagone, vitrines de l'art de vivre convivial au cœur des terroirs de l'un des plus magnifiques pays de la planète.

Une présentation qui ne manque pas de diversité : cité médiévale perchée sur une colline, village alsacien aux colombages typiques, habitations troglodytes du bord de Loire, forteresse médiévale intacte, châteaux mirifiques, églises charmantes ou somptueuses, cloitres apaisants, maisonnettes fleuries, rochers escarpés, vignobles courant dans les collines, moulin à eau séculaire, kiosques à musique, bourg côtier aux petites maisons de pêcheurs, plages ensoleillées...

Cicérone passionné, Stéphane Bern raconte les anecdotes historiques, les particularités architecturales, l'artisanat local, les spécialités culinaires, les sites enchanteurs et les sentiers de promenade à ne pas manquer.

En fin d'ouvrage, un carnet d'adresses rassemble tous les bons plans pour des escapades réussies.

Bernard DELCORD

Les villages préférés des Français par Stéphane Bern, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2013, 256 pp. en quadrichromie au format 25 x 31,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

Liste des villages présentés :

Eguisheim et Riquewihr en Alsace, Beynac-et-Cazenac et Espelette en Aquitaine, Blesle et Salers en Auvergne, Barfleur et La Perrière en Basse-Normandie, Flavigny-sur-Ozerain et Vézelay en Bourgogne, Locronan et Saint-Suliac en Bretagne, Apremont-sur-Allier et Lavardin dans le Centre, Essoyes et Saint-Amand-sur-Fion en Champagne-Ardenne, Corbara et Piana en Corse, Baume-les-Messieurs et Pesmes en Franche-Comté, Le Bec-Hellouin et Veules-les-Roses en Haute Normandie, La Roche-Guyon et Maincy en Île-de-France, Saint-Guilhem-le-Désert et Villefranche-de-Conflent en Languedoc-Roussillon, Collonges-la-Rouge et Turenne dans le Limousin, Rodemack et Saint-Quirin en Lorraine, Conques et Saint-Circq-Lapopie en Midi-Pyrénées, Maroilles et Wissant dans le Nord-Pas-de-Calais, Montsoreau et Sainte-Suzanne en Pays-de-la-Loire, Gerberoy et Parfondeval en Picardie, Angles-sur-l'Anglin et Talmont-sur-Gironde en Poitou-Charentes, Les Baux-de-Provence et Moustiers-Sainte-Marie en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pérouges et Yvoire en Rhône-Alpes.

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11 12 13

Co-los-sal

téléchargement (1).jpgAvec un titre Lewis Carollien  et la découpe d'un engrenage en guise de jaquette, la très belle monographie  que publie Thierry Bellefroid en cette fin d'année est un hommage à l'oeuvre - colossale -  de François Schuiten, célèbre et belge dessinateur, scénographe, designer urbain,  de 10 ans son aîné.

L'ouvrage Filiation Schuiten, (Philippe Marion)  paru en 2010 aux éditions Versant Sud ( chronique sur ce blog: http://editionsdelermitage.skynetblogs.be/archive/2010/02/19/schuiten-filiation.html)   avait insisté sur le rôle de Robert Schuiten, puissant patriarche, dans la formation artistique de sa nombreuse progéniture;  celui de Thierry Bellefroid , exhaustif,  illustre d'innombrables planches et dessins, le parcours d'une oeuvre riche et en mouvement, d'un univers protéiforme.

De ses douze ans date la rencontre de François Schuiten avec Benoît Peeters et le début d'une amitié profonde, jamais démentie. Elèves du collège Don Bosco, ils créent Go, un  journal , dont le ton ne plaira guère à la direction..

" Et puis, il y a le coup de poker"

Présentées au magazine bruxellois Pilote, cinq planches de l'ado de 16 ans, conquièrent la direction et sont publiées sous le titre "Mutation". Réalisées entièrement au stylo bille  - une planche est reproduite p 21 - elles permettent au jeune homme d'affronter l'autorité paternelle avec un zeste utile de confiance en soi.

La rencontre avec Claude Renard, professeur de la section BD à Saint-Luc sera aussi décisive dans la genèse de son art que celle de Camus et de Jean Grenier,  et débouche rapidement sur un travail à quatre mains.

Si la tentative première de collaboration adulte avec son ami Benoît Peeters tourne court ( Le 9e rêve)  , elle est rapidement compensée par la publication conjointe des Murailles de Samaris (publié en album en 1983, après une prépublication dans le magazine A suivre, n°s 53 à 56 chef d'oeuvre d'hommage à l'Art Nouveau.

Elle sera suivie des célèbres Cités obscures,  La Fièvre d'Urbicande, La Tour, L'Archiviste,  La route d'Armilia, ...., de conférences-fictions, de la production de récits sonores, Brüsel - "pierre angulaire de l'engagement de François Schuiten en faveur de sa ville"  et source du documentaire-fiction Le Dossier B, réalisé par la RTBF-  L'écho des cités,  L'enfant penchée - "l'album préféré" de ses auteurs -  Le guide des cités, l'ombre d'un homme,  La frontière invisible, la théorie du grain de sable, Souvenirs de l'Eternel présent, ...  témoins de cette "vision d'une étonnante limpidité"  que traduit le duo et d'une collaboration qui dure depuis plus de trente ans.

"Peeters et Schuiten sont des organismes vivants, au sens qu'ils sont "au monde" pour le recracher dans la fiction."

Tout aussi passionnante - j'oserais dire hallucinante  - est la partie de ce somptueux ouvrage consacrée aux scénographies de l'artiste. Des réalisations grandioses qui de l'opéra, du Théâtre d'Angoulême à l'exposition du Transsibérien donnent la mesure du génie schuitenien  et de son indéfectible fidélité en amitié (Benoît Peeters, Claude Renard, Marie- Françoise Plissart..) 

Inédits, planches de projets avortés, timbres postaux,  fresques urbaines, métropolitaines,  pavillonnaires  (pour trois Expositions universelles) et hotelières , vitraux, scénographie de la Maison Autrique, à Bruxelles,  de la Maison Jules Verne à Amiens, Mur lumineux de Lyon, dentelle stellaire de Lille, utopies, ... laissent le lecteur pantois, à la découverte d' une production à ce point gigantesque.

Son oeuvre impressionnante n'empêche François Schuiten de nourrir de nouveaux projets, tel ce musée des Chemins de fer belges, Train Word, à la réalisation duquel il s'attelle désormais.

" A 57 ans, Schuiten a encore faim. D'expériences. Et d'excellence."

Il fallait la passion experte  de Thierry Bellefroid et son abyssale connaissance du domaine pour donner au génie de François Schuiten - du demeurant simple et avenant - ses pleines lettres de noblesse

C'est chose faite.

Il faut saluer la parution de cette monographie comme un événement majeur de l'année 2013

L'offrir, se le faire offrir. C'en est presque un devoir citoyen.

Apolline Elter 

 François Schuiten, L'horloger du rêve, par Thierry Bellefroid, beau livre, éd. Casterman, nov. 2013, 400pp, 59 €

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25 11 13

« L'optimiste a inventé l'avion et le pessimiste le parachute... »

800 avions de légende.jpgLe texte ci-dessous a été expédié dans la livraison de novembre 2013 de la newsletter des guides gastronomiques belges DELTA puis mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Préfacé par Pierre-Alain Antoine, ancien pilote de chasse et spécialiste reconnu de l'histoire de l'aviation, le magnifique ouvrage collectif intitulé 800 avions de légende paru aux Éditions Larousse à Paris restitue, avec plus de 1000 photos splendides, les grandes heures de l’aventure aéronautique, des premières machines volantes aux aéronefs contemporains les plus sophistiqués en passant par les gros porteurs commerciaux, les jets privés de luxe ou les appareils militaires les plus performants.

En dix chapitres allant du début du XXe siècle à nos jours, ce livre présente pour chaque décennie le contexte historique, social et politique ayant influé sur l'évolution technique des différents modèles.

Le tout est complété de dossiers spéciaux sur les constructeurs emblématiques (Fokker, Boeing, Cessna, Douglas, De Havilland, Airbus...) et de présentations thématiques sur les pionniers, les grands pilotes, les avions de guerre, les furtifs, les hélicoptères, les alternatives énergétiques...

Un livre qui fait de ses lecteurs des chevaliers du ciel !

Bernard DELCORD

800 avions de légende, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, octobre 2013, 320 pp. en quadrichromie au format 25,8 x 30,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 34,90 € (prix France)

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22 11 13

Des temples du savoir…

Prestigieuses bibliothèques du monde.jpgLe texte ci-dessous a paru dans la lettre d'information de novembre 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

C'est aux Éditions Oxus à Escalquens que l'historien Jean-François Blondel a fait paraître un passionnant ouvrage intitulé Prestigieuses bibliothèques du monde dans lequel il présente, photographies à l'appui, une soixantaine de conservatoires de livres parmi les plus beaux et les plus riches de la planète, dont les créateurs furent des moines, des évêques, des papes, des rois, des mécènes ou des hommes politiques persuadés que la sauvegarde de la culture et de la science ainsi que leur transmission étaient indispensables à l'éducation des peuples.

En tournant les pages, le lecteur ira de Paris à Tokyo, de Pretoria à Salt Lake City, de Dublin à Rome, de Yale à Copenhague, de Londres à Khuda Bakhsh, de Victoria au Mont-Saint-Michel, de Mexico à Pékin, de Florence à Québec, d'Amsterdam à Jérusalem, de Coimbra à Tombouctou… tout en évoquant le souvenir des plus grandes bibliothèques disparues (Alexandrie, Cordoue, Pergame ou Celsus) et en admirant quelques manuscrits et incunables, rares et précieux, comme les premiers livres imprimés – la Bible de Gutenberg, le Psautier de Mayence, les Chroniques de Nuremberg –, mais aussi des mappemondes anciennes ou encore des textes fondamentaux des religions orientales.

Et si, comme l'assurait René Descartes dans le Discours de la méthode, « la lecture de tous les bons livres est comme une conversation avec les plus honnêtes gens des siècles passés », la lecture de celui-ci illustre à merveille une jolie phrase d'Honoré de Balzac à qui nous donnerons le mot de la fin : « J'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot... ».

Bernard DELCORD

Prestigieuses bibliothèques du monde par Jean-François Blondel avec la collaboration de Sophie Huvier, Escalquens, Éditions Oxus, septembre 2013, 240 pp. en quadrichromie  au format à l'italienne 29,5 x 25,1 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

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